Bonjouuuur !
Hé oui, ça fait plusieurs mois, mais me revoilà ^^ J'ai enfin terminé le lycée, et j'ai au moins deux mois d'écriture paisibles devant moi :) J'espère que tout le monde n'a pas décroché...
Voilà un résumé des précédents chapitres pour vous remettre dans le bain :

Premier axe : Mr. Wistily et les Maraudeurs

Âgé de vingt-quatre ans et professeur dans une école moldue, Percy se reproche la mort de Fred pendant que George prépare en toute illégalité l'Indicible, une potion capable de le projeter dans le passé afin d'empêcher le pire événement de sa vie de se produire (en l'occurrence, le décès de son jumeau). Seulement, Percy fait accidentellement les frais des effets de la potion en atterrissant en 1975, époque où il n'est pas encore né et où vivent les Maraudeurs. Dumbledore l'aide à protéger son secret en faisant de lui Mr. Wistily, le professeur d'Étude des Moldus de Poudlard. Le temps d'une année, Percy se lie d'amitié avec ses élèves, parmi lesquels on compte les fameux Maraudeurs, mais aussi Lily Evans, Severus Rogue, Evan Rosier, Nil Youngblood, Quirinus Quirrel, Franck Londubat et Alice Prewett. Percy intervient malgré lui dans la vie des Maraudeurs, par exemple en les aidant à devenir animagi en s'appuyant sur sa propre expérience d'animagus non déclaré. Il découvre également sa famille sous un nouveau jour puisqu'il rencontre ses parents, alors à peine plus âgés que lui. Parallèlement, l'apparition de Fred et George à cette époque permet à Percy de renouer avec ses frères. Il finit par comprendre que le pire événements de sa vie, l'erreur qu'il est censé réparer afin de trouver la paix, est justement sa propre naissance. Le fait de ne pas avoir su empêcher sa naissance le condamne à ne jamais regagner son époque d'origine, à moins qu'il se pardonne entièrement tous ses torts.

Deuxième axe : Ailazur et l'odeur intemporelle

A l'aube de la sixième année des Maraudeurs, le professeur Wistily se retrouve avec une classe très restreinte sur les bras, et le moral de ses élèves n'est pas au beau fixe. Il prend la décision d'intégrer (de force) Severus Rogue à son cours, entres autres par souci d'arranger les tensions qui règnent entre le Serpentard et les Maraudeurs. Suite à cela, un voyage scolaire à Londres à l'occasion des vacances de Noël soude efficacement sa classe. Percy n'est pourtant pas au bout de ses peines. Après avoir cédé aux avances audacieuses de Sirius, il se surprend à trouver une certaine sérénité dans leur liaison parfois mouvementée, jusqu'au jour où Regulus Black lui fait savoir qu'il connaît et désapprouve la nature de la relation qu'entretient le professeur avec son élève. Comme Percy refuse de révéler à son amant le nom de la personne qui les menace, Sirius le vit comme la preuve que Percy ne lui fait pas confiance. Le couple subit des tensions que les conflits entre les Maraudeurs ne font qu'accentuer. Le dernier en date : Sirius a incité Severus à pénétrer dans la Cabane Hurlante un soir de pleine lune. Les conséquences - désastreuses - font comprendre deux chose à Percy. La première, qu'un rat peut donner du fil à retordre à un loup-garou. La seconde, qu'il ne peut plus envisager sa vie sans que Sirius en fasse partie, d'autant plus qu'il a découvert que l'odeur de la potion d'Indicible et celle de Sirius se confondent.

J'espère que la suite vous plaira ! On arrive à la fin du deuxième axe... ;)
Bonne lecture !


Chapitre 24 : Question de confiance

Dans la Grande Salle, à peine quelques élèves de Gryffondor manifestèrent de l'intérêt à James et aux autres, trop accoutumés à leurs aventures épiques, et ceux qui leur demandèrent des précisions furent déçus par leur récit évasif. Le Poursuiveur était d'habitude le premier à se pavaner et à narrer leurs exploits avec force de détails. Il était très bon conteur mais apprécia pour la première fois les bienfaits du silence, ainsi qu'il l'avoua à Sirius alors que les rumeurs lui prêtaient une force prodigieuse lors d'un affrontement avec les centaures de la Forêt interdite.

- Ça fait des années que je m'use la voix pour vanter nos mérites alors qu'il m'aurait suffi de hausser les épaules et de répondre aux questions par un sourire énigmatique !

Sirius n'arriva pas à décider si son meilleur ami regrettait ses efforts passés ou s'il s'extasiait devant cette nouvelle perspective. Pendant ce temps, Remus triturait machinalement son oreille à laquelle il manquait toujours un morceau de chair, enfermé dans un mutisme songeur. Aucun d'entre eux n'aima les rides qui lui barraient le front, pourtant ils acceptaient sans rien dire son attitude comme punition à leur bêtise. Les trois jeunes animagi n'eurent pas besoin de se regarder pour savoir qu'ils ressentaient exactement la même chose : l'envie que Lunard brise la glace et s'ouvre à eux se mélangeait à l'angoisse qu'il le fasse. Sirius songea que leur amitié tenait à un fil bien mince, en dépit de tout ce qu'ils avaient vécu. Et au moment où il pensait cela, un rayon de soleil pointa le bout de son nez parsemé de taches de rousseur.

- Lupin ? Tu peux me passer la salade, s'il te plaît ?

Remus tressaillit légèrement et, hébété, approcha le saladier de la rouquine qui le remercia d'un ton guilleret. Les Maraudeurs n'avaient même pas remarqué qu'elle s'était assise à côté d'eux, là où d'habitude elle préférait mettre la plus grande distance possible entre James et elle.

- Tu m'as manqué en Arithmancie, continua-t-elle avec la même légèreté. On vient de commencer un nouveau chapitre auquel je n'ai rien – com – pris.
- Toi ? Ne pas comprendre un chapitre d'Arithmancie ? répéta Remus avec un demi-sourire.

Lily imita à la perfection un air chagriné en hochant la tête, bien que personne ne crut réellement à son petit mensonge. Elle commença par lui expliquer vaguement les notions étudiées en son absence puis, si la conversation eut du mal à démarrer, elle dériva sur des sujets bien plus plaisants avec une facilité déconcertante. James resta étonnamment naturel, drôle et enjoué, et même Peter se mit à participer à la discussion.

Sirius fut soufflé par l'habileté de la jeune fille à faire ressortir chez les autres le meilleur d'eux-mêmes. De temps à autres, il jetait un regard vers la table des professeurs ; Ailazur les observait mais il avait visiblement l'esprit ailleurs. L'adolescent s'interrogea un instant sur ce qui pouvait bien ennuyer ainsi son professeur mais renonça rapidement car il y avait trop de motifs possibles à son accablement pour les lister de tête. Il aurait aimé se lever, traverser la Grande Salle et...

- Le prof était avec vous cette nuit, pas vrai ? chuchota Lily à l'intention de Sirius.

Celui-ci lui jeta un regard en coin avant de répondre avec une froideur non voulue.

- Oui.
- Vous avez l'air de l'apprécier...
- Et ça a l'air de t'étonner, remarqua James.
- Reconnaissez qu'il n'est pas votre... genre ?

Cornedrue ne put refréner totalement quelques gloussements devant la gêne de Sirius. En réalité, Mr. Wistily était totalement son genre, néanmoins il avait acquis le bon sens de ne pas le mentionner.

- Je dois dire que c'était inespéré qu'ils se mettent à respecter un « parfait idiot péteux doublé d'un rat de bibliothèque », dit Remus d'un ton affable, selon les propres termes de Patmol.

L'intéressé sourit d'un air contrit.

- Le miracle tient plutôt du fait qu'il se soit pris d'affection pour une « bande de jeunes avortons irrévérencieux », souligna-t-il.
- Le coup de la « brochette de misérables boutonneux » occupera à tout jamais une place spéciale dans mon cœur, intervint solennellement James.

Ils parlèrent de Mr. Wistily et ses manières mi-sévères mi-excentriques jusqu'à la fin du repas. Comme Remus partait devant pour s'entretenir avec Peter, James et Sirius en profitèrent pour glisser un mot à Lily :

- C'est très gentil ce que tu fais.
- Continuer de t'adresser à Remus sans t'inquiéter de savoir ce qu'il est, précisa Sirius.

La jeune fille secoua doucement la tête.

- C'est normal. Je vois mal comment une minorité pourrait s'en prendre à une autre minorité. En tant que Née-Moldue, je sais ce que ça fait d'être repoussé pour quelque chose qu'on n'a pas choisi d'être.

Un sourire mutin étira ses lèvres.

- En fait, je crois que je le comprends. Moi aussi je me transforme en une bête féroce et incontrôlable une fois tous les vingt-huit jours.

Sirius regarda la Née-Moldue s'éloigner pour rejoindre Rogue et Rosier, la bouche entrouverte, et James partit dans un de ses fameux rires déments. Un peu plus loin, Peter s'adressait à Remus sans oser croiser son regard.

- Je suis vraiment désolé... j-je ne voulais pas te faire mal ! couina-t-il. Mais James était dans une mauvaise posture et Mr. Wistily était sans défense...
- Du calme, sourit le lycanthrope.

Peter sursauta à la façon d'un petit animal craintif quand Lunard posa sa main sur son épaule.

- Je voulais te remercier de les avoir protégés. Je ne me serais jamais pardonné de leur avoir fait du mal. Tu t'es montré très brave.
- Ce... peuh... n-non, c'était instinctif... bredouilla Peter.
- Tu crois que c'est dans l'instinct d'un rongeur de se jeter sur un prédateur qui fait quinze fois sa taille ?

L'animagus émit un petit rire étouffé.

- J'étais terrifié, t'imagines même pas... tu sais bien que je ne suis pas très courageux.
- L'absence de peur, ce n'est pas du courage mais un manque inquiétant de discernement.

Remus laissa Peter méditer sur ses dernières paroles, se plongeant de son côté dans une réflexion moins agréable. Il sourit lorsque James bondit quasiment sur lui pour passer un bras autour de son cou et le décoiffer consciencieusement. Il avait beau savoir qu'il ne pourrait jamais reprendre l'affection qu'il vouait à ses amis d'enfance, Remus ne se voilait pas la face pour autant : ils avaient perdu sa confiance et il ne serait jamais capable de la leur accorder à nouveau.


Une cigarette à moitié consumée entre les doigts et appuyé contre la rambarde du petit balcon de sa chambre, Percy contemplait la nuit comme cela le lui arrivait de temps en temps, généralement lorsque le sommeil le fuyait. Il faisait presque bon pour un mois de février ; le printemps serait précoce, cette année-là. Il aurait été si doux d'en profiter pleinement, de se vautrer dans l'insouciance...

Le rouquin eut un sourire amer en se formulant que, d'aussi loin qu'il se souvienne et quelles que soient les circonstances, l'insouciance n'avait jamais été son fort.

Il écrasa soigneusement le mégot de sa cigarette sur la pierre avec une pensée pour la métaphore de Sirius. « L'amour, c'est comme la cigarette. » Il avait été stupide de croire que sa mauvaise habitude moldue remplacerait un tant soit peu la présence de son amant qu'il avait aperçu pour la dernière fois au déjeuner.

Déjeuner au cours duquel Percy avait compris que Dumbledore avait non seulement modifié les souvenirs de l'infirmière, mais aussi ceux du professeur McGonagall. Comment osait-il ? Comment pouvait-il croire qu'il lui ferait encore confiance, après cela ? Percy ne niait pas que moins de personnes connaîtraient la mésaventure des Maraudeurs et de Rogue, mieux le secret serait gardé. En revanche, il ne pouvait tolérer qu'on portât atteinte à la mémoire d'autrui – c'était une perspective qui l'avait toujours révulsé, même lorsque cela s'appliquait aux Moldus qui en avaient appris trop long sur la sorcellerie.

Fou de rage, Mr. Wistily avait bien été incapable de s'intéresser vraiment à ses élèves éparpillés dans la Grande Salle. Il avait seulement remarqué que ses quatre protégés mangeaient avec Lily et que Rogue se comportait normalement avec Rosier. Lui avait-il parlé de l'accident ? Quelles étaient les rumeurs qui circulaient au sujet de la nuit passée ? Est-ce que Remus en voulait particulièrement à Sirius ?

Percy aurait aimé que Sirius soit là, mais pas uniquement pour répondre à ces questions qui l'empêchaient de dormir. Décidément, le jeune homme lui manquait. L'ami, l'amant, le pitre, l'oreille attentive, l'étreinte enveloppante, le discours provocant, la plaisanterie lancée au pire moment possible... tout cela lui manquait affreusement. À ses yeux, Sirius s'était éloigné depuis bien trop longtemps. Son absence lui faisait l'impression d'un gouffre sans fond taillé en plein milieu de son esprit tourmenté et débordé par les événements. Et dire qu'il y a quelques mois encore, il s'efforçait de repousser ses avances envahissantes.

Il avait laissé sa porte ouverte ce soir-là, nourrissant l'espoir incohérent que le jeune Black vînt le rejoindre en dépit du nombre incalculable de fois où il lui avait défendu de le faire. À sa connaissance, rien n'était plus pitoyable qu'une porte ouverte qui demeurait infranchie.

Aussi, Percy ne chercha pas à dissimuler sa surprise à Sirius quand celui-ci pénétra timidement dans la chambre. Il la traversa à pas de loup et s'arrêta sur le balcon, à quelques enjambées de Percy qui le dévisageait, bouche bée.

- Bonsoir, dit-il simplement.

L'effort que son élève fit pour sourire se traduisit par un genre de tic nerveux qui agita sa bouche. Le professeur avala difficilement sa salive.

- Il est très tard. Que fais-tu là ?
- Je t'ai vu faire les cent pas puis t'arrêter, sur la Carte du Maraudeur. Je venais vérifier que tu ne t'étais pas endormi dehors, ajouta Sirius. Mais si tu veux que je m'en aille...
- Non, reste. S'il te plaît.

Sirius lui sourit plus franchement.

- Il me plaît.

Il s'avança aux côtés de Percy pour s'appuyer également sur la rambarde, quoiqu'au contraire du plus âgé il tournait le dos au parc de Poudlard.

- Tu vas bien ? demanda-t-il en regardant droit devant lui, c'est-à-dire vers la chambre plongée dans la pénombre.
- Un peu fatigué, avoua Percy.
- Tes cauchemars ?
- Pour ça, il faudrait que je m'endorme.

Le rouquin accordait à la lune une attention qu'elle ne méritait pas afin d'éviter de croiser les regards que lui jetait ponctuellement Sirius.

- Tu dors mieux quand je suis là.
- C'est indéniable, murmura-t-il en sentant ses oreilles devenir brûlantes.
- Il faut toujours t'arracher les mots de la bouche, hein.

Percy s'agrippa plus fermement à la rambarde froide pour s'empêcher de trembler.

- Je n'ai jamais aimé m'épancher sur des sujets personnels.

Sirius s'enferma dans un mutisme revêche. Que répondre à ça ? Il ne pouvait pas relancer la conversation alors que son amant lui avait clairement indiqué que cela l'importunait.

- J'ai tellement l'impression que tu lis en moi comme dans un grimoire ouvert que je ne vois pas l'intérêt de te dire certaines choses, précisa Percy. Je ne suis pas naturellement démonstratif, mais... je peux y travailler. Je peux te dire que je déprime depuis qu'on s'éloigne l'un de l'autre ou encore que ma peau brûle de ton absence. Et ça, tu ne pouvais pas le deviner, mais je n'aimerais pas que tu renonces à braver mes interdictions.

Le jeune animagus l'observa et ne put s'empêcher de sourire en le voyant résolument accroché à sa rambarde, rouge comme une pivoine et le regard lointain. C'était du Ailazur tout craché, ça.

- Bien rattrapé, consentit-il.
- Parfois, tu as l'air de croire que j'aurais cédé aux avances de n'importe quel élève suffisamment têtu. Rien n'est plus éloigné de la vérité. Il n'y a que pour toi que je suis prêt à me détourner de mes principes.
- Comme le respect du règlement ?
- Comme le respect du règlement, confirma Percy en plantant son regard dans le sien. Et j'ai été préfet-en-chef, tu sais.

Sirius sourit de plus belle et, n'y tenant plus, combla l'espace les séparant pour le serrer contre lui. Percy répondit à son étreinte avec force en enfouissant son visage contre son cou. Chacun eut le loisir de s'étonner de son propre soulagement face au contact de l'autre. Il n'y avait personne pour les surprendre, aucune raison de se tenir sur ses gardes. C'était inespéré. C'était divin.

- Je t'ai manqué à ce point ? ricana Sirius pour détourner l'attention de sa propre fébrilité.
- Oui.

Le plus jeune s'écarta légèrement puis colla son front contre le sien.

- Merci d'avoir dit tout ce que j'avais besoin d'entendre, murmura-t-il.

Il l'embrassa une première fois ; Percy sentit un courant électrique moldu le traverser de la tête aux pieds. Sirius recommença et expira profondément par le nez en sentant l'une des mains du rouquin remonter le long de son dos, câliner ses épaules et appuyer sur sa nuque pour l'embrasser d'autant plus passionnément. L'autre s'attardait sur le bas de son dos – ou le haut de ses fesses, selon le point de vue.

Il ne sut pas très bien comment il termina les quatre fers en l'air sur le lit de Percy, piégé entre ce dernier et le matelas, et soit dit en passant à moitié nu. Il n'en avait cure et savourait ses baisers empressés.

- Tu m'as tellement manqué... tellement...

Le souffle précipité de Percy contre sa peau lui aurait donné la chair de poule. Il tourna la tête et l'enfonça un peu plus dans l'oreiller alors que son amant s'attaquait patiemment à son cou. Percy glissa sa jambe entre les siennes pour se coller davantage contre lui et Sirius poussa un soupir quasi extatique.

L'aîné s'immobilisa et capta son regard, perplexe.

- Tu as gardé ta baguette sur toi ou tu es content de me voir ? plaisanta Percy, faisant d'une pierre deux coups une croix sur son sérieux et sa subtilité.
- J'ai dix-sept ans, 'Val, siffla Sirius. Dix-sept ans. T'imagines pas l'effet que tu me fais...

Percy gloussa bêtement, flatté par ce qu'il sentait contre sa cuisse, mais fut surpris de se retrouver coincé sous Sirius l'instant d'après. L'élève tenait fermement ses poignets relevés au niveau de sa tête. Percy arqua un sourcil hautain avant de remonter sa jambe ; il se félicita des réactions du jeune animagus, ce qui l'incita à poursuivre son manège qui laissait Sirius pantelant.

- Saligaud, soupira-t-il.

Mais Percy se formula que Sirius aurait tout aussi bien pu lui susurrer « je t'aime », et ce exactement sur le même ton.


Patmol émergea en sentant une caresse sur son visage, quelques heures à peine après s'être endormi comme une masse, le corps couvert de sueur et frissonnant de plaisir. Il battit plusieurs fois des cils avant d'apercevoir son amant qui le contemplait. Assis sur une chaise à côté de la table de chevet, Percy était entièrement habillé. Il lui sourit en s'étirant paresseusement.

- Il est tard ? demanda l'adolescent d'une voix un peu rauque. J'ai seulement cours à dix heures aujourd'hui, mais quand même...
- Non, à peine huit heures. C'est que je dois m'en aller parce que j'ai eu des nouvelles de mes frères et je préférais te prévenir. Je pars voir George pour lui parler de certaines choses qui me tiennent à cœur.
- Chouette programme. Tu leur passeras le bonjour.

Percy acquiesça. Il tendit la main pour chasser les mèches qui lui tombaient sur le front et caresser son visage, sa gorge, ses épaules. Sirius soupira rêveusement.

- Si l'avenir du monde dépendait de nos ébats, je crois qu'on a évité l'apocalypse.
- Deux fois, confirma l'aîné avec un sourire.

Le jeune Gryffondor rouvrit les yeux, décelant dans le silence de son professeur une envie de dire quelque chose qu'il taisait.

- Un souci ?

Percy secoua lentement la tête avant de se pencher pour lui voler un baiser, peut-être pour se donner du courage.

- Je vais y aller, conclut-il en se levant. Je rentrerai ce soir, je ne sais pas à quelle heure, mais n'hésite pas à dormir ici.
- J'y compte bien.
- Tu seras discret, n'est-ce pas ?
- J'emprunterai la cape d'invisibilité de James, si ça peut te rassurer.

Mr. Wistily enfila sa cape de voyage, posa sa main sur la poignée de la porte et s'immobilisa. Il fit volte-face en prenant une grande inspiration.

- Je te fais confiance et ça a toujours été le cas. Je voulais t'éviter une souffrance inutile, c'est pour ça que je ne t'ai rien dit.

Cette déclaration lui attira l'attention de Sirius qui commençait à redouter la suite.

- C'est Regulus. Ton frère, il sait pour nous deux. Tu devrais aller le voir, lui parler gentiment et essayer de le comprendre. Notre relation lui déplaît fortement mais ne lui en veux pas, je t'en prie.

Sirius déglutit après être resté un long moment silencieux. Il s'obligea à sourire.

- Merci de me l'avoir dit. Je ferai mon possible, si c'est important pour toi. Passe une bonne journée, 'Val.
- Toi aussi.

Et Percy quitta la pièce, laissant dans son lit un Maraudeur songeur. La surprise le disputait au soulagement d'avoir appris la vérité de la bouche d'Ailazur. Il comprenait pourquoi Percy avait tenu à garder secrète l'identité de Regulus. L'habile professeur ne savait que trop bien que leurs rares échanges étaient d'une froideur déplorable. De plus, Sirius devinait que Percy aurait aimé mieux s'entendre avec ses propres frères et que, par transposition, il voulait l'aider à recoller les morceaux avec Regulus.

Sirius poussa un long soupir. Très franchement, il ne voyait pas l'intérêt de parler gentiment au petit con qui lui servait de frère, mais si ça pouvait faire plaisir à 'Val...


Pendant ce temps, alors que la plupart des élèves étaient déjà en cours, Percy gagnait le bureau du directeur. Il frappa et entra après y avoir été invité. Dumbledore eut nul besoin de lever les yeux des parchemins disposés devant lui pour sentir l'animosité qui émanait du jeune homme.

- Bonjour, Mr. Weasley.
- Bonjour, monsieur.
- Vous vouliez vous entretenir avec moi, n'est-ce pas ?

Le vieux sorcier le fixa, ni méchamment ni gentiment, uniquement avec une attention courtoise.

- Après tout, le Portoloin ne partira que dans cinq minutes.
- Vous savez parfaitement que je ne cautionne pas la désinvolture avec laquelle vous modifiez la mémoire de votre entourage, répondit Percy avec raideur. Ce comportement incite à tout sauf à vous faire confiance.

Dumbledore ne sembla pas lui tenir rigueur de son ton péremptoire. Il le jaugea une poignée de secondes avant de répondre :

- C'est justement une question de confiance. En l'occurrence, Mr. Lupin est un garçon très méfiant. C'est lui qui m'a demandé d'effacer le souvenir de sa nature de l'esprit des personnes présentes, cette nuit-là. Il a même caressé l'idée de modifier les souvenirs de ses camarades et vous ne devez qu'à moi que personne n'eût touché à votre propre mémoire.

Percy tressaillit, touché dans son orgueil, mais surtout attristé par l'idée que Remus ne lui faisait pas confiance en dépit de l'année qu'ils avaient passée. Cela lui fit l'effet d'une douche froide qui le ramena à la réalité de sa situation : il n'appartenait même pas à cette époque et il était le professeur des Maraudeurs. Remus le respectait, Peter le redoutait toujours un peu, James le voyait comme un gentil prof un tantinet barbant... il se sentit soudainement très seul. Ce sentiment était évidemment exagéré par la surprise d'apprendre que son élève aurait souhaité lui effacer la mémoire, car il s'entendait bien avec ses collègues, Fred et George, Franck et Alice, sa famille (quand bien même Arthur et Molly ignoraient qu'ils fussent apparentés).

Et il y avait bien sûr Sirius – son Sirius. L'adolescent occupait à présent une place non négligeable dans sa vie et dans sa tête. Elle fourmillait souvent de pensées dirigées vers son amant et, plutôt que de s'en alarmer, il découvrait qu'il pouvait être plaisant, soulageant de se consacrer sans retenue à ce béguin.

- Mr. Weasley ?

Percy se reprit à l'entente de son nom. Dumbledore lui sourit.

- Le portoloin, annonça-t-il en lui désignant un journal datant du mois précédent.
- Merci, monsieur, déclara Percy plus aimablement qu'auparavant.

Il s'agrippa sans attendre à l'objet ensorcelé et disparut du bureau du directeur.


Et voilà pour ce chapitre :) Le prochain s'intitulera "Liens du sang", cette fois c'est sûr ! A bientôt !