SWEET DREAMS ARE MADE OF THIS...
Fichtre, cet enfoiré de redneck m'avait mise dans un drôle d'état pensais je en m'éventant avec la liasse de documents que j'avais en main, je flânais dans les couloirs, simplement contente de ne plus être clouée au fond d'un lit, en repensant à l'attitude de Daryl je m'arrêtais un instant perplexe. J'avais la désagréable impression qu'il m'avait mené en bateau dans le but de détourner la conversation.
-Ce crétin m'a noyé la peau de l'ours avant d'avoir vendu le poisson, y a clairement baleine sous gravillon. Me murmurais-je à moi-même.
-Tiens tiens, si s'est pas la belette des enfers qui cause toute seule.
Je me tournais surprise pour faire face à un Davis qui claudiquait calmement vers moi, les mains dans les poches, le regard pétillant et un sourire malicieux sous sa barbe folle.
-Des enfers ? Demandais je dubitative.
-Yep, Caleb raconte à qui veut l'entendre que t'as développé une nouvelle souche du virus zombie et que tu t'es transformée en démon.
-Espèce de sale... bouffeur de curry !... bon, ok, je reconnais que je l'ai bien mérité... mais quand même... Et puis j'lui ai sauvé la vie merde, il va pas jouer les chochottes tout ça parce que je lui ai pété le nez !
-Tu lui as pété le nez !
-Oh à peine ! Répliquais-je légèrement gênée.
-T'es complètement dingue. Rigola Davis.
-C'est fort possible... Murmurais je pensive.
-Bon et sinon tu as enfin retrouvé ton souffre-douleur préféré ?
-Nan, Daryl est repartis en pèlerinage histoire de communier avec la nature et de retrouver son ''moi intérieure''. Répondis-je blasé.
-Intéressant comme tu as tout de suite compris que je parlais de lui. Me dit-il le regard malicieux.
Je souris avant de lui donner un léger coup d'épaule, le faisant un peu tituber.
-Me cherche pas ou je te re-pète la jambe. Rigolais-je.
-Même pas peur. Au fait tu te rends où là au juste ?
Je relevais les yeux des notes que je feuilletais en marchant pour regarder autour de moi.
-Et bien jeeeuuuh...
-Je vois, t'es encore perdue, allez dit à tonton Davis où tu vas, il va t'aider. Et si t'es gentille t'auras une sucrerie.
-Tu sais que tu peux être très flippant quand tu t'y mets. Ma maman m'a toujours dit de ne pas suivre les inconnus qui me proposaient des bonbons.
-Te connaissant, c'est une consigne qu'il devait t'être difficile de respecter. Dit-il en souriant.
-Eh bien il est vrai que la situation ne s'est jamais présentée. Dis-je pensive.
Mais j'étais pas vraiment accro au glucose quand j'étais p'tite en fait.
-Si tu le dis... Sourit Davis pas vraiment convaincu.
Bref ou est-ce que tu allais au final… ?
-Papa Noël m'a demandé de rejoindre Tina dans l'enclos des chiards pour faire une auscultation général et quelques vaccins.
-... Tu veux parler de la garderie ?
-Ouais enfin ces mômes sont plus proches des tyrannosaures qu'autre chose alors...
-Les enfants doivent t'adorer.
-Oh m'en parle pas, mes stages en maternité et en pédiatrie ont étés un enfer. Ces résidus de préservatif passent leur temps à crier, mordre, griffer, faire pipi/caca, crier...
-T'as dit deux fois crier.
-Mais parce qu'ils braillent non-stop ! M'exclamais désespérée.
-Quand t'en auras un à toi ça seras différent.
Je me stoppais net pour lui lancer un regard blasé.
-Sérieusement ! Tu crois vraiment qu'avec la situation actuelle j'ai envie de me lancer dans le repeuplement de la terre... En plus l'accouchement c'est carrément flippant. Dis-je avec un frisson d'horreur en reprenant mon chemin.
-Si tu le dis...
-Arrête avec t'es « si tu le dis » où je te fais bouffer ta barbe !
Davis ne répondit rien mais un grand sourire qui voulait tout dire ornait ses lèvres, je levais les yeux au ciel exaspérée avant de me retrouver ''enfin'' devant la fosse aux lions, où garderie pour ceux qui croient encore que ces petites têtes blonde sont des anges et pas des suppôts de Satan.
Beth, au centre, était assise au sol avec les plus petits et jouais avec eux, tandis que Tina et Jake étaient dans un coin en train de préparer le matériel sur une table.
-Tiens Siri, tu es venue nous donner un coup de main, tu es suffisamment remise ? Me demanda gentiment la blondinette en se relevant, un bébé dans les bras.
Regarde William, s'est tata Siri.
Je jetais un œil au petit tas de couvertures qu'elle berçait, le bébé qu'on avait trouvé à Barnesville gazouillait joyeusement.
-Ah vous l'avez appelé William finalement ? Demandais je pensive.
-Oui comme le Prince, regarde il commence à avoir des jolies petites boucles rousses. S'extasia Beth en me tendant le paquet que je gardais à bout de bras.
J'observais de loin la royale petite chose rose et baveuse et... rousse effectivement.
-Eh ben la citrouille, t'as pas fini d'en baver avec ta tignasse. Annonçais-je en m'adressant au bébé.
Je n'eus pour réponse qu'un regard d'incompréhension et le bruit d'une petite bulle de bave qui éclatait au coin de ses lèvres.
-Charmant... Bon plus vite on aura commencé, plus vite je sortirais de ce nid à microbes. Dis-je en fourrant le bébé dans son berceau.
J'allais me diriger vers Tina quand je sentis quelque chose tirer sur le bas de ma robe.
-Dis madame, j'ai besoin pipi.
-Oh misère...
-Reviens ici espèce de sale petit... RaAah ! Hurlais-je en poursuivant avec une seringue un gamin de sept ans.
-Nan t'es méchante, je t'aime paaaas !
-Bah moi non plus ça tombe bien !
C'était le dernier môme dont il fallait s'occuper, et également le plus ''turbulent'' pour être polie.
Ça faisait bien dix minutes que je lui courrais après sous les rires et les moqueries des autres crétins qui se payaient ma tronche.
-Je crois que la belette a trouvé son maître. Rigola Davis.
-Quand on racontera ça à Caleb, il va jubiler. Renchérit Jack.
-On devrait p'têt même aller le chercher pour qu'il voit ça en direct ? Fit Tina tranquillement installée sur le rebord d'une table.
À côté, Beth ne disais rien mais souriait amusée en berçant Judith.
Pliée en deux, je soufflais fortement en prenant appui sur mes genoux. Je relevais la tête pour voir le morveux me narguer en me tirant la langue. Je tournais mon regard derrière moi pour voir la brochette ''d'adulte'' se fendre la poire à mon détriment.
-Et vous bande de nouilles, ça vous tuerais de donner un coup de main !
-Oh je t'en prie, ici tout le monde te décrit comme le super médecin de l'apocalypse. Tu devrais réussir à venir à bout d'un gamin de moins de dix ans quand même. Sourit Tina d'un air sournois.
Je la regardais ahurie.
-Mais t'es une garce toi en fait !
-T'as pas idée chérie. Rigola Jake en faisant un high five à sa comparse.
Je me redressais furieuse et déterminée avant de fixer le gamin en fronçant les sourcils. Je pointais mon doigt vers lui.
-Écoute moi bien espèce de petite peste, si tu ramènes pas tes fesses tout de suite je dis à Carol de te priver de desserts jusqu'à la fin de l'année et ensuite je... je demande à Daryl de t'emmener en forêt où tu finiras par te faire bouffer par les zombies !
Un gros blanc suivit ma déclaration avant que Davis ne prenne la parole.
-Heu Siri, t'y a p'tèt été un peu fort là.
-Meuh nan voyons, il va pas mourir d'être privé de desserts... les zombies en revanche... Dis-je sournoisement en glissant un regard vers le petit monstre.
Ce dernier avait considérablement pâlit et commençait à revenir tout penaud vers moi.
Ni une ni deux, je me dépêchais de lui faire son injection dans la fesse.
-Et bah voilà, c'était pas si compliqué. Fis-je fière de moi.
À peine eu-je dit cela que je sentis un violent coup dans le creux de mon genou.
-T'es méchante et t'es pas belle !
-Oh toi espèce de sale petit... Hurlais-je en recommençant une course poursuite.
-Oh bon sang, j'suis claquée. Soufflais-je en m'effondrant sur mon lit.
Je fixais le plafond au-dessus de moi, sans penser à rien, pendant de longues minutes avant de me tourner sur le côté. Je posais ma main à plat sur le mur qui séparait ma cellule de celle de Daryl, je sentis un frisson glacé courir à travers mon corps. En soupirant j'ôtais ma main en la laissant glisser le long de la paroi, les nuits se faisaient de plus en plus froides, l'automne ne saurait tarder.
Me relevant, je retirais rapidement ma robe pour me glisser dans un survêtement plus chaud avec plaisir.
Mes pensées dévièrent vers le chasseur, un peu plus tôt Glenn m'avait informé que Daryl serait sûrement parti pour plusieurs jours.
-S'il préfère faire mumuse avec les sangliers et se geler les noix dans la forêt, grand bien lui fasse ! M'exclamais-je en m'enfonçant sous mes couvertures.
Je m'agitais pendant de longues minutes, tournant dans tous les sens en cherchant le sommeil, poussant un soupir de frustration j'ouvrais les yeux sur l'obscurité.
-Je sens que les prochains jours vont pas être très drôles...
Le lendemain je me réveillais tard, le soleil était déjà haut dans le ciel. J'avais passé la nuit à faire des rêve tous plus bizarres les uns que les autres. J'avais le vague souvenir d'un tyrannosaure en couche culotte me poursuivant avec une arbalète pour me forcer à donner des cookies aux zombies.
Je poussais un gémissement désespéré en enfonçant ma tête dans l'oreiller, j'avais pas envie de me lever, j'étais fatiguée et pas motivée pour quoi que ce soit.
-Alors la marmotte, tu comptes entrer en hibernation ?
Toujours étalée comme une crêpe face à mon matelas, je tournais mollement la tête vers l'entrée de ma cellule pour constater la présence de Michonne et Carl, je poussais un léger grognement avant de répondre.
-J'ai pas accumulé assez de gras pour pouvoir hiberner.
Au prix d'un effort surhumain, je me forçais à passer en position assise, me frottais les yeux avant de m'étirer en baillant.
-Et sinon pour quelle raison vous êtes venu déranger la bête dans son antre ?
-On pensait te voir au petit déj' et quand à midi t'étais toujours pas là, on a cru que tu t'étais encore égaré quelque part. M'informa Michonne.
-On à perdu à la courte paille, alors c'est nous qui avons été chargé des recherches. Compléta mini Rick.
-Je suis quand même capable de m'occuper de moi-même une journée toute seule ! M'exclamais-je.
À ce moment, mon estomac décida de se rappeler à mon bon souvenir en émettant un son fort disgracieux.
-...ah... j'ai faim...
Il eu un bref silence avant que Michonne n'éclate de rire.
-Allez viens frenchie, on est de corvée de cuisine, tu pourras grignoter en nous donnant un coup de main.
-Parce que tu sais cuisiner toi? Demandais-je étonnée en m'extirpant de mes couvertures.
-C'est quoi cette question, bien sûr que je sais!
-Bah, s'est juste qu'à part pour tailler les zombies en salami, je t'imaginais pas vraiment dans une cuisine. Fis je en enfilant mes vêtement à la hâte.
-Sache jeune ignorante que je suis la reine du jambalaya de l'apocalypse! S'exclama-t-elle avec une pointe de fierté
-Grave, c'était une tuerie la dernière fois qu'elle en a fait ! Renchérit Carl tout excité.
L'espace d'un instant je me retrouvais à rêvasser de ce plat chaud et épicé...
-Aller arête de baver et ramène tes grosse fesses. M'invectiva mini Rick avant de m'attraper par la main et de me traîner à sa suite.
-Hey mais qu'est ce que vous avez tous avec mes fesses... elles sont très bien !
-Pour le booty shake elles sont parfaites.
-Je vous emmerde bande de nazes...
-Aaaah, j'ai trop kiffé ma race. M'extasiais-je en me tapotant le ventre satisfaite.
L'après-midi était passé rapidement entre la préparation du repas du soir et les disputes débiles entre Carl et moi auxquelles était venu s'ajouter Jack, lui aussi présent en cuisine, le tout sous les encouragements de Michonne qui venait en remettre une couche.
-Franchement, ce plat c'était pas de la tarte à faire mais je trouve qu'on s'en ai plutôt bien sorti. Dis-je toute guillerette.
-Oui enfin si je vous avais laissé faire, on aurait pas eu grand-chose à manger. Intervint Michonne.
Entre vos batailles de riz et vos lancers de poulets, on était pas prêt de voir le repas.
-Je maintiens que s'est le poulet qui à attaquer Carl de son propre chef moi j'y suis pour rien. Dis je en levant les mains en signe d'innocence.
Enfin bref, je m'incline devant toi ô maître du jambalaya.
-C'est sûr qu'il n'y a rien de tel pour ragaillardir nos troupe. Approuva Papa Noël avec bonhommie.
-Et d'un point de vue santé publique, il vaut mieux bouffer ça une fois par mois que de la merde tous les jours. Je vais vous dire, à ce niveau-là, c'est plus de la gastronomie, c'est de l'érotisme. Affirmais-je avec conviction.
-Ta notion de l'érotisme est assez spéciale. Intervint Glenn.
-Nan mais sérieux, vous trouvez pas qu'un bon petit plat maison ou une décadente pâtisserie pleine de crème et de fruits sucrés y a rien de plus sexy. Dis-je le regard lointain et presque en salivant rien qu'en y pensant.
-Pauvre Daryl... Murmura Carol en secouant la tête amusé.
-Hein ?
-Nan c'est rien. Tu viens Rick, ça va être notre tour de prendre la relève. Demanda Carol en se levant de table.
Je jetais un œil vers le shérif, qui s'était montré bien silencieux au cours du repas, il avait l'air plus taciturne que d'habitude et son air sombre était légèrement inquiétant.
-Couvrez-vous bien les nuits commence à se rafraîchir. Leur conseilla Hershel.
Ils hochèrent brièvement la tête avant de se diriger vers la sortie du réfectoire. Peu de temps après, s'était Beth et son père qui quittaient la table en nous souhaitant une bonne nuit, nous laissant seul Glenn, Maggie et moi.
-Oh fait Jackie Chan, tu m'as pas dit exactement combien de temps Darylounet était parti traumatiser nos amis les animaux ? Parce que vu les températures à l'extérieur, il est foutu de nous revenir avec une pneumonie si il force trop. Alors autant je reconnais que sa chasse est toujours bien utile pour préserver les stocks, autant je suis pas trop pour se ruiner la santé pour un ragoût d'opossums.
Je vis mon interlocuteur échanger un bref regard avec sa compagne et il semblait clairement mal à l'aise lorsqu'il me répondit.
-Tu sais, c'est Daryl, on sait jamais vraiment combien de temps il peut partir. Mais c'est un grand garçon il sait se débrouiller tout seul. Finit-il avec un sourire bancal.
-Tu es un très mauvais menteur Pinocchio. Dis-je en plissant les yeux et en croisant les bras.
Glenn se tourna gêné vers Maggie qui hocha la tête après quelques instants.
-En fait c'est pas grand-chose, s'est juste qu'après que tu lui ai dit que t'avais vu quelque chose dans les sous-sols, Daryl a commencé à patrouiller dans ce secteur et là il a voulu pousser un peu plus loin dans la forêt pour plus de sécurité. M'expliqua l'asiatique sur un ton bas pour que personnes ne nous entendent.
Je le regardais les yeux exorbités avant de lui répondre.
-Hein ! Mais il est malade, moi-même je me souviens de rien de ce qui s'est passé ce jour-là, j'étais complètement à côté de mes pompes. Et même en temps normal j'suis pas très net dans ma tête, tiens rien que ce matin j'étais persuadé en me réveillant qu'il y avait un dinosaure dans ma cellule !
-Peu importe, l'expérience nous a appris que dans ce genre de situation il vaut mieux faire preuve d'un excès de prudence qu'autre chose. Dit sagement Maggie en se relevant suivit de près par Glenn.
J'acquiesçais vaguement avant de distraitement les regarder s'éloigner.
Je me décidais finalement à quitter la salle quand je vis qu'il ne restait presque plus personne. Je saluais au passage Davis qui papotait avec Jack et Tina. Cette dernière me lança un regard ironique alors qu'elle berçait tranquillement un petit William sage comme une image. Je levais les yeux au ciel, continuant mon chemin sans plus de commentaires.
À mesure que j'avançais, je tentais vainement de me remémorer ce qui s'était passé dans les sous-sols. On m'avait vaguement raconté ce qui m'était arrivé et sur le coup je n'avais pas pensé que Daryl ai pu prêter une réelle attention à ce que j'avais pu dire.
Quand j'y repensais, la seul chose qui me revenait était cette impression de froid et de vertige teinté par un vague sentiment de peur que j'avais surtout attribué à ma situation. Perdue, seule dans un lieu isolé et sombre. En me focalisant la dessus je me rappelais peut être vaguement cette impression d'être observé, mais là encore peut être mélangeais-je les événements, s'était juste une réminiscence du moment où Daryl m'avait trouvé.
Je secouais la tête pour me sortir de mes sombres pensées une fois arrivée devant ma chambre.
Je me préparais pour la nuit, sortant quelques affaires de mon sac je me rappelais les paroles de Maggie avec un frisson « il vaut mieux faire preuve de prudence ». Je sentais comme un poids au fond de mon estomac alors que ma main se refermait autour du manche de ma hachette, j'avais pris l'habitude ici, comme tout le monde, de me balader sans aucune arme, mais il est vrai que s'était là une erreur qui pourrait être fatale.
Las, je soupirais en fermant la porte de ma cellule avant de me mettre au lit, glissant mon arme entre le mur et mon matelas pour qu'elle soit à portée de main.
À peine ma tête posée que je sentis Morphée m'emporter pour des rêves qui cette fois s'avéreraient bien sombres.
Je me réveillais en sursaut après ce qui me semblait être quelques minutes de sommeil seulement, je me sentais étourdis, vaseuse et totalement perdue, ne comprenant pas ce qui m'avait tiré de mes songes. Alors que j'avisais le petit réveille près de moi qui indiquait trois heures du matin, j'entendis un hurlement suivit par plusieurs autres ainsi que des bruits de lutte.
Je me levais d'un bond sur le qui-vive, mon cœur battait à cent à l'heure assourdissant mes oreilles me forçant à prendre appuie sur le mur pour retrouver mon équilibre.
Je glissais mes pieds dans mes chaussures discrètement avant d'attraper ma hache.
J'essayais de déverrouiller le plus silencieusement possible ma cellule tout en tendant l'oreille mais un calme absolu régnait.
Je ne me sentais vraiment pas bien, j'avais l'impression que mon estomac voulait se diviser en deux, d'un côté pour rejoindre mes pieds et de l'autre pour sortir par ma bouche.
Je scrutais la pénombre à l'autre bout de la passerelle, on aurait dit qu'il y a avait comme un son de pas étouffés et l'obscurité elle-même semblait se mouvoir, est ce que j'avais rêvé.
Je commençais à relâcher la prise sur mon arme quand je perçus du mouvement dans mon dos, je me retournais vivement la lame en l'air prête à attaquer avant de me stopper net quand je reconnus Davis, blanc comme un linge, qui levait les bras dans une tentative de défense.
-Mais qu'est ce...
Je stoppais sa phrase en plaquant ma main sur sa bouche avant de le traîner vivement dans ma cellule, je lui fis signe de se taire puis jetais un œil à l'extérieur pour voir s'il y avait du mouvement.
Revenant à Davis je chuchotais tous bas.
-Qu'est-ce que tu fais là, d'où tu viens ?
Il fronça les sourcils et le clair de lune qui passait par les barreaux des fenêtres me dévoila sa mine inquiète.
-Je me sentais barbouillé, alors j'suis sorti prendre l'air une petite heure. Me répondit-il sur le même ton.
-Et t'as rien vu d'étrange ?
-J'en sais rien je viens juste de rentrer. Siri qu'est ce qui se passe ?
-Je sais pas, j'ai cru un instant que...
Je fus interrompu par un bruit mat et sourd qui semblait se répercuter dans les murs.
-T'as entendus ça ?
Davis acquiesça silencieusement.
-Je crois qu'il y a des intrus dans la prison...il faut prévenir les autres vite.
-J'ai pas d'armes...
-Attend moi là.
Je vérifiais les alentours avant de me diriger à gauche pour entrer dans la chambre de Daryl sur la pointe des pieds. Je farfouillais dans les affaires du chasseur un moment avant de tomber sur une paire de couteau de chasse et un vieux colt. Faisant le chemin inverse je donnais le pistolet ainsi qu'une lame à Davis avant de glisser la deuxième dans mon sac que je me hâtais d'enfiler sous le regard interrogatif de mon binôme.
-J'suis comme les scout, toujours prête.
Pour atteindre le prochain dortoir il nous fallait traverser un couloir et descendre un étage, je me sentais terriblement à découvert sans aucun recoin pour se cacher si nécessaire.
-L'infirmerie est juste à côté on devrait p'tèt allez vérifier avant d'entrer dans cette salle. Me signifia Davis alors qu'on se rapprochait des portes du dortoir.
J'allais répondre quand on perçu de léger bruits de raclement. Je continuais de m'approcher prudemment et tentais de pousser une des portes battante doucement, en vain, les portes avaient l'air bloquées de l'intérieur.
Je tournais la tête pour faire signe à Davis qu'on ne pouvait pas entrer, quand un bruit violent me fit sursauter. Je reportais mon attention sur le hublot de la porte où je vis avec horreur une femme à l'état de zombie grogner à notre intention.
-Oh seigneur... Murmurais-je tétanisée.
-Cette fois ci c'est sûr, il faut donner l'alarme ! S'exclama Davis.
J'étais toujours immobile quand je le vis passer devant moi pour aller actionner l'alarme incendie quelques mètres plus loin.
-Aller Siri, il faut sortir. Dehors il y a encore des gardes il faut qu'on les rejoigne pour pouvoir secourir les autres.
Nous nous apprêtions à faire marche arrière quand trois hommes apparurent au bout du couloir.
L'un était habillé avec une tenue de protection de garde de la prison tandis que les deux autres portais ce qui semblait être des tenues de soignant couvertes de sang, de leurs visages on ne pouvait distinguer que les yeux, des masques effrayant couvrant le bas de leurs visages, il avait tous des espèces d'armes de fortune faite avec des objets piquant ou tranchant et qui visiblement avait servies.
Le ''garde'' leva sa main et pointa son doigt vers nous pour nous désigner à ses compagnons.
-C'est des vivants... Murmurais-je hébétée.
Un coup de feu sonna à mes oreilles et je vis un des trois hommes s'effondrer avant de me sentir happer en arrière.
-Cours Siri !
Je me repris bien vite pour suivre Davis qui me traînait en courant dans le dédale de couloirs pour semer nos assaillants.
Alors que je tentais de tenir le rythme de cette course effrénée j'entendais des bruits d'armes à feu et de combat qui semblaient venir d'un peu partout dans la prison. Au moins nous savions qu'il y avait des survivants et qu'un semblant de défense se mettait en place, mais nous ignorions d'où sortais ces ennemis et combien ils étaient.
-Fait chier, ils nous suivent partout, on dirait qu'ils connaissent les lieux aussi bien que nous ! Pesta Davis.
-Aussi bien que toi tu veux dire parce que si s'était que moi, y a belle lurette qu'ils se seraient perdus.
-C'est pas le moment de faire de l'humour. Me réprimanda-t-il légèrement à bout de souffle.
Siri, à trois tu te baisses. Un, deux, TROIS !
J'eus à peine le temps de m'accroupir que deux tirs se firent entendre. Je me relevais vivement pour voir que Davis avait dézingué nos poursuivants.
-Ouah Dav' tu gère ta race au tir ! M'exclamais je admirative.
-C'est sûr que s'il fallait compter que sur toi...
-C'est pas le moment de faire de l'humour. Répliquais-je de mauvaise foi.
Je reprenais doucement mon souffle alors que Davis regardais par la fenêtre pour tenter de voir à l'extérieur ce qui se passait.
-Il y a des combats dehors, je compte une vingtaine d'hommes armés et ça à l'air mal barré pour nous. Énonçât-il froidement.
Je sentais mes yeux brûler et une forte envie de hurler de rage.
-Il faut suivre le plan, on doit rejoindre le bus et tenter de ramener autant de monde que possible.
J'allais répondre quand le son de pas se répercuta dans le couloir, je levais ma hachette alors que Davis braquait son colt dans la direction d'où il provenait. Je poussais un soupir de soulagement quand je vis apparaître Tina et Jack au détour du couloir, ils étaient couvert de sang mais ne semblaient pas gravement blessés.
-Dieux merci vous allez bien. Souffla Jack en nous apercevant.
-Mais qu'est ce qui se passe ici, vous avez vu d'autres habitants dans les parages ? Demanda Davis en regardant Tina.
-On dormait quand tout ce merdier a commencé, j'ai été réveillé quand une femme de notre dortoir s'est mise à hurler, il y avait une dizaine de gars bizarres et ils avaient déjà égorgés la moitié d'entre nous. Dit l'asiatique en tentant de réprimer la panique qui transperçait dans sa voix.
-On a mis du temps à réagir, on était comme stone en se réveillant, Glenn, Maggie et un autre type sont venus nous aider à nous enfuir mais on a été séparés. Continua Jack.
On a réussi à avoir deux gars ennemis, ils avaient pas d'armes à feu mais ils sont balèze, on dirait des bêtes sauvages, si vous aviez vu ce qu'ils faisaient aux corps...
À ce moment Christina laissa échapper un sanglot qui me fit comme un coup dans l'estomac.
Elle se reprit et s'essuya les yeux avant de s'adresser à nouveau à nous.
-Il faut aller à l'étage, Glenn et Maggie s'y rendaient, la plupart des familles et des enfants sont là.
J'échangeais un regard avec Davis, c'était trop risqué, nous devions juste rejoindre le bus au plus vite et récupérer tous les habitants que nous pouvions en chemin.
-Tina, on peut pas, c'est trop dangereux, ces types sont partout, il faut évacuer au plus vite. Lui dit son ami en posant une main compatissante sur son épaule.
-Mais les enfants...
-Dans cette situation les enfants seront une gêne plus qu'autre chose... Dis-je tous bas.
À peine avais-je fini ma phrase que je sentis ma joue brûler sous le coup d'une gifle, Christina me regardais avec des yeux brûlant de rage.
-Tu es monstrueuse ! Me hurla-t-elle.
Je ne dis rien mais je savais qu'elle avait raison, j'avais essayé de raisonner avec logique mais rien qu'à l'idée de ce qui pouvait arriver à tous ces mômes si on les abandonnait je frissonnais d'horreur. L'image du petit William s'imposa à moi et je n'hésitais pas plus longtemps.
-Quitte à mourir... Murmurais-je.
On peut tenter de prendre l'échelle de secours, ça devrait nous permettre d'atteindre l'étage supérieur sans trop de difficultés. Fis-je en regardant Davis dans les yeux.
Je le vis hésiter un instant avant d'accepter.
-Très bien mais dépêchons nous, il n'y a plus une minute à perdre.
Les escaliers n'étaient pas très loin mais alors que nous étions presque arrivé, un groupe de cinq hommes nous tomba dessus sans qu'on les voit venir. J'eus à peine le temps d'apercevoir dans la main de l'un d'entre eux les têtes zombifiées de trois femmes qu'il tenait à bout de bras, que les quatre autres se jetaient sur nous en poussant des cris gutturaux.
J'avais amorcé un mouvement d'attaque avec mon arme qui fut stoppé immédiatement quand une immense masse me plaqua au sol faisant valser mon arme un peu plus loin. Je tentais de me dégager mais le gars au-dessus de moi pesait une tonne et bloquait mes mouvements.
Je me mis à paniquer quand il plaça ses mains autour de ma gorge dans le but de m'étrangler. J'avais beau griffer et me débattre rien n'y faisait, je percevais vaguement les autres pris dans leurs propre combat et qui ne pouvait me venir en aide.
Commençant à suffoquer, je tentais désespérément d'ouvrir la bouche en quête d'oxygène, des tâches lumineuse envahissait ma vision et la seul chose que je voyais encore était le sourire sadique et le regard fou de mon agresseur qui se rapprochait de moi.
Tout était brumeux autour et alors que je sentais mes muscles se relâcher doucement, j'entendis quelqu'un crier mon nom. Dans un dernier sursaut d'énergie je rouvris les yeux et envoyais mon poing dans le nez de l'homme en face.
Ce dernier surpris relâcha sa prise, me laissant aspirer dans un râle douloureux quelques précieuses inspirations sifflantes.
Je reprenais à peine mes esprits que j'eus l'impression qu'on me fendait le crâne en deux, le colosse venait de m'éclater la pommette et enchaîna avec une droite dans la mâchoire qui m'envoya dans le décor.
Je me retrouvais face au sol et mon propre sang me brouillait la vue, je gémis en allongeant les bras devant moi dans une triste tentative pour me relever, je sentis ma main se poser sur quelque chose de froid alors même que deux étaux se refermaient sur mes chevilles et me traînaient en arrière. Sans plus me poser de question j'empoignais l'objet et l'envoyais dans la tête du type en pivotant sur mon dos.
Le gars me regarda quelques secondes ahuris avec ma hache plantée en travers du visage avant de s'effondrer dans un gargouillis sanglant.
Je ne pris pas le temps de m'attarder plus longtemps et récupérais mon arme pour aider Christina qui était plaquée au mur par un mec du même gabarit que le précédent. Sans qu'il me voit venir je plantais ma lame entre les omoplates de ce géant, mais s'est à peine s'il avait bronché. Il se tourna furieux vers moi près à m'attaquer quand sa tête explosa littéralement sous mes yeux dans une gerbe de sang.
Je tournais le regard pour voir un peu plus loin Jack avec le colt de Davis. Les garçons avaient réussi à venir à bout de leurs assaillants. Je fis un signe reconnaissant vers Jack avant de pousser un soupir et d'aller reprendre mon arme. À côté Davis plantait la lame de son couteau dans les trois têtes décapitées qui s'agitaient toutes seules au sol.
-Bon tout le monde est Ok ? Demanda ce dernier.
-Je suis pas prête de gagner le concours de Miss Monde avec ma tronche mais ça devrais le faire. Dis-je en crachant le sang qui avait envahi ma bouche.
Pour le traumatisme émotionnel on verra ça plus tard.
-C'est pas le moment de faire de l'humour.
Je souris en le regardant, sourire qu'il me rendit avant de me faire signe vers l'échelle de secours.
Et c'est repartit pour un tour !
Jack pris la tête, suivit par moi, Christina et Davis lors de la monté.
À l'étage, tout était calme, mais de nombreuses traces de sang nous indiquaient qu'il fallait se tenir sur nos gardes. Quelques mètres plus loin plusieurs corps gisaient sur le sol, quelqu'un avait fait le ménage, on voyait qu'ils avaient tous la trace net d'un coup porté au crâne.
-Tu crois que s'est Glenn et Maggie qui sont passés ? Demandais-je en chuchotant à Jack.
-J'en sais rien... attend chut !
Nous faisions silence à l'affut du moindre bruit. Il semblait que des grognements agités venaient d'un peu plus loin.
Dans une chambre trois zombies s'acharnaient sur un placard cadenassé.
Davis nous désigna Jack et moi pour qu'on s'attaque chacun à un mort alors qu'il s'occupait du dernier. En silence nous nous sommes approchés pour les planter simultanément avec nos lames. Les trois corps sont retombés à nos pieds dans un bruit mat.
-... au secours...
La faible voix d'un enfant résonnait à l'intérieur de l'armoire.
-Vite trouver moi un truc pour péter le cadenas... ça va aller gamin on est là. Tenta de rassurer Davis.
-Tiens essaye de faire levier avec ça. Dit Jack en tendant une grossière lame de métal qui avait servie d'arme à nos assaillants.
Après quelques efforts la porte s'ouvrit nous révélant la présence du gamin qui m'avait fait tourner en bourrique la veille. Dans ses bras il tenait un couffin d'où émergeait la petite tête rousse de William. Christina se précipita pour prendre le bébé alors que le môme se jetait dans mes jambes en pleurant.
-Maman, m'a mis dans le placard en me disant de m'occuper de Will et de surtout pas faire de bruit jusqu'à ce qu'on vienne me chercher. J'avais tellement peur. Dit-il en me serrant plus fort.
Je m'accroupis pour le serrer dans mes bras et le réconforter.
-Tout va bien maintenant, tu as été très courageux. Dis-je en glissant ma main dans ses cheveux jusqu'à sa nuque.
Je le sentis tressaillir et je m'horrifiais alors que je regardais ma main couverte de sang. Penchant un peu plus ma tête je constatais la trace d'une morsure à l'arrière de son cou. Sans que l'enfant le voit j'échangeais un regard équivoque avec Davis et Jack face à moi. Ce dernier ferma fort les yeux avant de se retourner. Davis me fit un signe avant de sortir son couteau.
-Elle est où ma maman ? Gémit la petite voix dans mon cou.
-Elle va bien. Dis-je en tentant de contrôler les trémolos dans ma propre voix.
Tout ira bien maintenant, tu vas la retrouver, il n'y a plus de méchants et tu as été très courageux mon grand. Continuais-je en le berçant.
-C'est vrai on peut...
Je resserrais ma prise alors que le petit corps s'affaissait dans mes bras. Derrière, Davis dont des larmes silencieuses coulaient de ses yeux bleus rougit, avait toujours la main sur la garde du couteau enfoncer dans le crâne de l'enfant.
Je levais les yeux au ciel pour tenter de réprimer mes larmes et inspirais profondément. Posant doucement le corps au sol je me relevais.
-Il faut se dépêcher...
Jack et Tina réagirent de suite en se mettant en chemin mais je dus prendre Davis par la main pour le forcer à se relever et nous suivre.
-Viens Dav' on a encore besoin de toi. Lui dis-je doucement.
Il hochât légèrement la tête avant de m'emboîter le pas.
La suite des événements se passa comme dans un brouillard pour nous tous, je nous voyais comme depuis l'extérieur descendre l'escalier de secours jusqu'à la cour où les combats continuaient.
Nous nous fîmes discret pour rejoindre les voitures sans trop d'encombres, le bus n'était déjà plus là, alors sans chercher plus nous sommes montés en vitesse dans le premier véhicule à notre portée.
Davis a tracé à travers tous le chemin jusqu'au portail, heurtant quelques corps au passage dont je n'aurais su dire s'il était morts ou vivants, amis ou ennemis.
À peine les grilles passées que nous aperçûmes le bus sur le bas-côté remplis par ce qu'il restait de nos amis...
Je voyais la sombre silhouette de la prison s'éloigner derrière nous et de tout mon cœur je ne souhaitais qu'une chose... me réveiller.
Et voilà les mordus, l'histoire s'est un peu assombrie et on un entre dans un registre où je suis moins à l'aise alors n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de la tournure des événements.
Le prochain chapitre est en cours de correction (encore et toujours un grand merci à Salamandera) et je viens de commencer le 27 qui devrait être un peu plus joyeux.
Voilà j'espère que ça vous à plu. A+
