Note : Bonne lecture, chers amis. Profitez de ce retour qui durera un été entier avant que je n'hiberne une nouvelle fois dans la caverne de la Khâgne, aussi enrichissante que désespérante.
Dumbledore regarda avec bienveillance tous les membres de l'Ordre réunis autour de la grande table du Square. Il savait que ce regard les rassurerait. Il reprenait les choses en main et il en était plutôt satisfait. La guerre allait pouvoir reprendre son cours et l'espoir de voir Voldemort mourir réapparaissait. Molly l'observait avec une certaine admiration, persuadée qu'il avait sauvé ses fils. Il lui fit un sourire qu'elle rendit avec plaisir. Même les plus jeunes étaient présents, Dumbledore avait autorisé leur présence de manière exceptionnelle. Après tout cette réunion les concernait aussi...
Harry était à ses côtés, ne manifestant aucune émotion. Il levait la tête, fier face à tous ses regards mitigés venant de certains membres de l'Ordre. Dumbledore reconnaissait en lui le digne fils de son père et il savait que ce garçon serait un grand sorcier. Il était désolé des méthodes par lesquelles il avait du recourir... mais c'était pour le bien de tous.
Le brouhaha de la salle s'estompa quand le vieil homme leva la main en l'air, signifiant sa prise de parole.
- Aujourd'hui, mes compatriotes, est un beau jour. Harry a accepté, sous quelques conditions, de devenir membre de l'Ordre du Phénix et de combattre le Seigneur des Ténèbres à nos côtés.
Il n'y eut pas un mouvement de joie unanime et Dumbledore s'y attendait. Harry avait laissé une bien mauvaise image de lui en aidant le jeune Malfoy. Des regards se croisaient, sceptiques et méfiants. Tous se demandaient si ce jeune homme était réellement capable de les aider.
- Harry est quelqu'un de confiance, les rassura-t-il. Il a aidé le jeune Malfoy et cela montre une pureté que nous n'avons plus. Il a vu le bien dans quelqu'un dont nous nous serions méfiés. Je peux vous confirmer que Draco Malfoy n'est pas un Mangemort et qu'il restera ici jusqu'à nouvel ordre.
Les réactions se firent instantanées. Des tollés de contestations venant des fervents contestataires des Sang-Purs. Qu'il était dur de satisfaire toutes les opinions, souffla le directeur. L'Ordre du Phénix se composait, certes, de personnes voulant faire tomber le Seigneur des Ténèbres mais aussi des personnes qui voulaient rompre les lignées des Sang-Purs et certains de leurs privilèges. Une haine raciale faisait rage dans le monde sorcier depuis des lustres et était au cœur même de la guerre. Il était donc compréhensible que ces gens n'acceptent pas les Sang-Purs. La famille Weasley, par leur bienveillance et leur amour, n'avait jamais été considéré comme un ennemi... heureusement.
Face à la cacophonie, Dumbledore leva une nouvelle fois la main, réduisant la salle au silence.
- La parole est à Podmore.
- Dumbledore, êtes-vous naïf? l'attaqua-t-il, virulent. Ce garçon a la marque! C'est un espion de Vous-Savez-Qui! Il a même embobiné le jeune Potter! Si seulement ses parents le voyaient...
Le directeur allait reprendre la parole mais une autre voix le coupa.
- Draco n'a pas la Marque. Ce que vous avez tous pu voir sur son bras cette nuit n'était pas la putain de Marque de ce connard, rétorqua-t-il. Draco a été puni pour m'avoir aidé et sauvé. Cette Marque est semblable à celle des Mangemorts mais elle a d'autres fonctions... Elle permet de lui lancer un doloris à distance. Je ne vous demande pas de l'aimer mais juste de l'aider. Si je suis en face de vous aujourd'hui, c'est grâce à lui alors arrêtez d'être aussi égoïste! Vous-
- Ce que Harry veut dire, reprit le vieil homme d'une manière démagogue voyant les visages s'offusquer face au discours du plus jeune, c'est qu'il ne faut pas juger le jeune Malfoy. Il n'est qu'héritier des bêtises de son père.
- Sale Sang-Purs! Les Malfoys sont les pires! clama une voix.
Harry jeta un regard noir à l'assemblée mais aussi à Dumbledore.
- Je n'en disconviens pas. Mais leur fils est différent. Nous allons aider le jeune Malfoy à stabiliser son état le temps que Pomfresh trouve un remède pour couper le lien avec Vous-Savez-Qui.
- Peut-être que Vous-Savez-Qui peut nous entendre et nous localiser avec cette connerie! C'est de la Magie Noire! s'inquiéta une autre personne.
- Ne vous en faites pas! Nous avons les choses en main, rassura-t-il. Harry va m'aider dans ma mission pour vaincre le Seigneur des Ténèbres sans que le jeune Malfoy ne soit au courant de quoique ce soit, si cela peut vous rassurer, comme vous! Je vous prie de me faire confiance comme vous l'avez toujours fait. Pour le plus grand bien. Nous avons besoin d'être uni pour vaincre la Magie Noire qui règne sur notre monde en ce moment. Le jeune Malfoy sera constamment surveillé.
- Il faut reprendre espoir, mes amis! continua-t-il d'une voix plus forte. Les combats vont reprendre bientôt! Harry vient juste d'arriver et n'a qu'une expérience limitée du combat. C'est pour cela que j'ai décidé d'intensifier les séances d'entraînements pour les plus jeunes d'entre nous. Mademoiselle Granger, Monsieur Weasley, vous serez chargé d'aider Harry dans son apprentissage théorique. Vos tuteur seront Severus et Sirius.
Cette fois, il reçut une mauvaise réaction de la part de Severus Rogue. L'espion était calme depuis un certain moment et Dumbledore voyait que l'influence qu'il avait sur lui s'estompait de jour en jour, remplacée par une amitié étrange avec Sirius, son ennemi de toujours...
- Dumbledore! s'insurgea Molly Weasley. Ils sont trop jeunes!
- Molly, sans vous manquer de respect, je pense que vous serez ravis que vos enfants soient entraînés le jour où ils se retrouveront dans une bataille impromptue. Toutes les forces sont nécessaires, rétorqua le directeur.
Les jeunes étaient plus enthousiastes, heureux de pouvoir participer d'une quelconque manière dans les combats et aider les plus vieux. Harry restait impassible à côté de lui, ne montrant aucune émotion, ne pipant mot. Le vieil homme savait qu'il avait réussi à avoir une certaine main mise sur le jeune homme mais elle restait bien fragile face à l'amour, plus incandescent, plus fort et peu influençable...
- L'entrainement commencera dans quelques jours. En attendant, je vous prie d'évacuer le Square le temps d'une remise à niveau des défenses. Elles sont de plus en plus fragiles. Les enfants iront au Terrier. Je vous remercie pour votre attention, finit-il avant de quitter la pièce.
Il sentit le regard du Survivant lui brûler le dos de haine et de colère.
- Grmph, ronchonna-t-il.
- Quelle pertinence dans tes propos, ironisa Harry. On sort d'une réunion avec l'Ordre du Phénix. Je pensais que tu voulais un petit récapitulatif.
- Y-a-t-il autre chose que des insultes à mon égard?
- Oui, je suis aussi la cible de leurs langues de vipères mais, moi, je suis intelligent et je m'en contrefiche.
Draco foudroya le brun du regard.
- Bref, reprit Harry en levant les yeux au ciel. Dumbledore a trouvé quelque chose pour calmer la Marque le temps de trouver une solution définitive. Une sorte de sortilège, j'ai pas trop compris. Ils vont apaiser tes douleurs.
Le soulagement que le brun put lire dans son regard lui brisa le cœur. Les cris avaient été si forts hier...
- Nous allons faire un entrainement intensif avec les autres de notre âge. Nos parrains vont être les tuteurs. Je dois apprendre la théorie avec Hermione et Ron. Mais je crains que cela ne soit pas nécessaire.
- Tu es si prétentieux. Sortilège de lévitation?
La question fusa, la réponse de même.
- Ascensio.
- C'était facile, riposta le blond. Cite moi toutes les propriétés du sang de dragon.
- Tu ne me les as jamais dites! Je sais juste qu'il y en a douze!
- C'est ce que je dis, prétentieux! Il ne faut pas que tu cesses d'apprendre. D'ailleurs, nous allons continuer tous les deux, surtout sur les plantes... On ne sait jamais si tu dois fuir ou quoique ce soit il faut que tu sois capable de survivre en pleine nature, de savoir quoi manger, ce qui peut te servir pour te guérir et-
Il fut couper dans sa tirade par les lèvres du brun qui monta complètement à califourchon sur lui. Un silence régna dans la pièce, seulement coupé par les bruits de baisers et de respirations, de plus en plus saccadées. La porte s'ouvrit brusquement.
- Harry-Oh! Pardon! Vraiment! s'exclama Hermione, en refermant la porte derrière elle avant de l'ouvrir à nouveau. Je t'attends tout de suite dehors Harry!
Les deux garçons s'étaient lâchés sous la surprise. Draco semblait terriblement contrarié ce qui fit rire le brun.
- On aura d'autres moments, répondit-il. Pendant ce temps, repose-toi! L'entraînement commence dans quelques jours. Ce soir, nous dormons au Terrier.
Il l'embrassa une dernière fois avant de se sauver, curieux face à la requête d'Hermione. En sortant de la pièce, il n'eut pas le temps de faire un pas avant de se faire accoster par Severus. Ce dernier l'embarqua dans une pièce attenante, visiblement sur ses gardes. Harry le suivit sans rien dire, sachant pertinemment sur quel sujet voulait s'entretenir le parrain de Draco.
- Potter... Expliquez-moi un peu votre plan sur lequel vous avez gracieusement oublié de nous éclairer, susurra le professeur de potions.
Harry soupira. Que faire?
- Je pense vous avoir prouvé jusque là que vous pouvez me faire confiance. Vous m'avez envoyé chercher Draco et les jumeaux seul car vous savez que j'en étais capable. Aujourd'hui, je sais que je suis capable d'affronter ce nouvel obstacle, seul.
- Potter, êtes-vous inconscients? grogna Severus. Il ne s'agit pas seulement d'infiltrer des donjons autant troués qu'une passoire! Il s'agit d'affronter le Seigneur des Ténèbres! Dumbledore vous-a-t-il embobiné?
- Arrêtez d'employer ce terme, tous! s'énerva le brun. J'ai une conscience! Je suis capable de réfléchir et d'agir par moi-même! Je ne vous demande pas de comprendre mais de m'aider! Faites-moi juste confiance, Severus. Je ne suis pas un petit garçon qui a le cerveau aussi vide qu'une huître. Je sais ce que je fais.
La détermination d'Harry effraya le professeur autant qu'elle le rassura. Il ne lâcherait rien.
- Vous ne pouvez pas agir seul. Parlez-en au moins à Draco. Il...
Face à au regard soudainement triste d'Harry, Severus comprit. Il ricana et maudit l'amour d'être tombé aussi bas pour faire tomber deux personnes aussi opposées amoureuses dans un contexte aussi dramatique.
- Vous protégez Draco et le mettez à l'écart. Il va vous haïr pour ça, vous vous en rendez compte?
- C'est pour le plus grand bien, ironisa Harry.
- Harry, n'oublie pas de prendre la pile de bouquins sur le bureau de Ron avant de partir au Terrier... C'est ce que tu vas lire pendant les prochains jours! déclara Hermione d'un ton qui ne laissait aucune échappatoire.
Le brun tourna son regard vers ladite pile qui menaçait de s'écrouler à tout moment. Il retient un soupir désemparé. Hermione était une forcenée du travail et il comprenait pourquoi Dumbledore avait associé Hermione ET Ron. Ce dernier réclamait sans cesse de la pratique ce qui poussait la brune à sortir de ses bouquins pour combattre le roux en deux mouvements avant de lui ordonner de retourner dans la théorie. C'était plutôt drôle.
Hermione avait clairement insinué vouloir lui parler seul à seul mais l'occasion ne s'était pas encore présentée. Il sentait qu'elle se méfiait de la maison en elle-même et préférait parler dans un endroit plus certain. Pendant ce temps, Harry avait été prié d'aider à ranger pour débarrasser un peu la maison et voir si rien ne pouvait être utile au Terrier où ils allaient accueillir quelques membres de l'Ordre pour les prochains jours.
- Harry, je ne sais pas si on te l'a dit mais... ton ami va être renvoyé chez lui, fit Ron tout en rangeant.
- Quoi? s'exclama le Survivant. Je n'étais pas au courant!
Il sortit précipitamment de la pièce, se dirigeant vers la chambre de Peter qui était resté inconscient jusqu'alors. Dumbledore ne perdait rien pour attendre s'il pensait pouvoirs tout lui cacher!
En entrant dans la pièce, la clarté de la pièce le surprit. Le vide aussi. Peter n'était plus là. Harry fouilla les pièces alentours mais elles étaient toutes vides. La colère le submergea peu à peu. Il sentit ses mains trembler, son corps se chauffer et son pouvoir fourmiller dans son corps pour sortir. Mais il se retint.
Il se retint car Draco n'était pas loin. Il ne voulait pas lui montrer cette facette incontrôlable de lui. Cette partie de lui dont il avait peur. Parfois, il en venait à penser que le Seigneur des Ténèbres pouvait lui aussi prendre contrôle de son corps, lui imposer sa force. Cet homme était bien plus puissant que lui après tout. Comment pouvait-il rivaliser à côté?
Il mesurait à peine l'ampleur de la tâche qui l'attendait. Il devait être prudent dans ses mots, dans ses actes. Paraître pour le leader. Être un leader. Mener des troupes. Les persuader. Rien de cela ne lui correspondait. Il n'était pas un leader. Il n'était qu'Harry, orphelin ayant vécu une vie misérable mais enviable par rapport à d'autres. Ce Harry avait disparu pour laisser place à un Harry combattant, entrant dans une guerre dont il n'était même pas né lorsqu'elle avait commencé.
En soi, le fait que Peter aille mieux était une bonne nouvelle. Il savait que l'Ordre n'allait pas faire de mal à son ami. Sa mémoire serait juste altérée. Peter allait oublier tout ce qu'il savait sur le monde magique. Mais au delà de ce léger oubli, Harry savait qu'en faisant disparaître Peter de son champs de vision, il faisait disparaître son passé et ses amis. Avant d'en arriver à pratiquer maintes sortilèges, il avait eu une vie. Il avait été au lycée, avait eu des amis, des souvenirs. Cependant, cette époque semblait lointaine et presque effacée. C'était un monde auquel il ne pouvait plus appartenir.
Il murmura ses vers qui remontèrent à sa mémoire.
"Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !"
La littérature se mêlait constamment à la réalité. Cela lui manquait. Les livres, les études et une vie paisible. Aujourd'hui, c'était une tranquillité à laquelle il n'avait plus accès. Il avait un combat à mener. Peter avait oublié la magie et dans un même temps, cela signifiait qu'il devait oublier Harry.
Après tout, que lui avait apporté le monde des moldus? Une famille minable et une vie pathétique. Qu'aurait-il fait de sa vie? Il se serait perdu. Il était tombé dans un endroit ravagé par la haine et la guerre et pourtant il ne s'était jamais senti aussi bien, aussi complet dans ce monde. Il était l'espoir de redonner la lumière d'antan à ce monde et il le ferait.
C'était certainement la dernière fois qu'il voyait Peter de sa vie et c'est peut-être pour cela que ne pas l'avoir revu lui crevait le cœur. Cependant, aujourd'hui, il devait aller de l'avant car demain n'était pas assuré. Sa vie non plus. C'était la guerre. Il y avait toujours des conséquences.
Draco traînait derrière, sa valise à bout de bras, morigénant sur le fait d'habiter chez des Weasley. Harry leva les yeux aux ciel, s'arrêtant pour rejoindre le blond qui était loin derrière.
- Fais un effort, s'il-te-plaît! C'est seulement quelques jours!
Le Sang-Pur s'arrêta totalement pour exprimer son mécontentement.
- Ce n'est pas dans cette baraque que l'on va être protégé, Potter! Heureusement que ce n'est que quelques jours! Si Tu-Sais-Qui apparaît dans le coin pour te zigouiller, on saura pourquoi!
- Je fais confiance en ces personnes, Dray, souffla le brun. S'ils ont jugé que nous étions en sécurité ici, nous le sommes.
- Je ne pense pas qu'ils se rendent compte de la gravité de la situation, Potter, rétorqua mauvaisement Draco. Le Seigneur des Ténèbres est au courant de ton existence. Il va te traquer, te trouver, cramer toutes les maisons de l'Ordre du Phénix. La première famille qui s'affiche clairement comme membre de l'Ordre du Phénix... c'est la famille Weasley! Ils ont fait la guerre à mon père! Je ne me suis pas rendu malade pendant des mois pour te protéger pour que ces putains de débiles gâchent tout en t'envoyant là-dedans! hurla-t-il.
- Draco, murmura-t-il. Je sais tout ce que tu as fait pour moi et je t'en suis tellement reconnaissant. Aujourd'hui, il est temps que tu te laisses guidé. Pas dominé. Juste guidé. Tu ne peux pas combattre seul, on ne peut pas être qu'à deux. Il faut qu'on s'unisse pour mieux vaincre.
Harry s'en voulut tellement en prononçant cette phrase qu'il coupa la conversation en embrassant Draco avant de reprendre son chemin, seul. Il lui mentait tellement sur toute la ligne qu'il s'en rendait malade.
Il monta la dernière colline avant d'apercevoir ce qui allait lui servir de logis durant les prochains jours. Il fut non seulement stupéfait par la stabilité inquiétante de cet habitat mais agréablement surpris par la chaleur et l'amour qui en ressortaient. Ce n'était pas froid, ni familier. Au contraire, il dégageait de cette maison une originalité peu commune dont Harry tomba amoureux sur le champ.
- Draco! Elle est tout géniale, cette baraque! rit-il de bon cœur.
Il rattrapa rapidement les autres en entendant l'exclamation choquée de Draco.
Arrivé à l'entrée de la maison, son admiration ne fit que croître face au bric à brac qui régnait dans cette maison. Des objets volaient de toutes parts, un brouhaha s'élevait de plus en plus fort. Harry était ravi. Il n'avait jamais vu un telle maison, si chaleureuse. La maison des Dursley était si commune, fade et froide. Elle reflétait l'esprit de la famille. Les Weasley étaient aimant, chaleureux et avait un vision optimiste à toute épreuve. Harry ne pouvait trouver ça que géniale.
- Harry! s'exclama Ginny en l'apercevant. Attends, je vais t'aider et te montrer ta chambre.
D'abord surpris par son enthousiasme, il lui répondit par un petit sourire timide avant de la suivre dans les escaliers.
- Tu es dernier étage. C'est petit mais on s'y fait!
- Il n'y a pas de problème, j'aime beaucoup! Sais-tu si je suis avec Draco?
- Maman a pensé à l'isoler au cas où il y aura d'autres problèmes... à cause de... tu-sais-quoi... balbutia-t-elle.
Loin d'être dupe, Harry ne se formalisa pas des réactions gênées de la jeune fille. Tout était fait pour les séparer.
- Montre-moi la chambre de Draco, exigea-t-il.
- Elle est au premier étage, murmura la rousse, le guidant jusqu'à une pièce au fond du couloir.
Harry entra dans la chambre, suivi de Ginny qui l'interrogeait du regard.
- Je pense que je vais dormir ici avec Draco, décida-t-il.
- Mais... on avait prévu une place pour toi en haut! Ce serait plus confortable... tenta-t-elle.
- Non. Je suis très bien ici. Plein Sud. J'adore le Sud. C'est parfait, sourit-il d'une manière narquoise.
Au même moment, Draco rentra à son tour dans la chambre et fut surpris d'y voir déjà quelques personnes.
- Il me semblait avoir réclamé une chambre individuelle, ironisa-t-il. Et je me retrouve avec une Weaslette et un Gryffondor téméraire... Quelle chance!
- Espèce de- ragea la rousse.
- Serpentard mal-léché! coupa précipitamment le brun avant que cela ne déclenche de nouvelles hostilités. Ginny, tu peux nous laisser nous installer, merci de ton aide.
- Tu es sûr? Je...
- Il vient de demander de dégager... merci! fit Draco joyeusement, se prenant un regard d'avertissement de la part de Harry. Quoi? Tu as fait pareil!
- De manière plus civilisée et polie, rétorqua-t-il. On a qu'un lit une place... j'espère que ça ne te dérange pas de te serrer contre moi? continua-t-il, aguicheur.
- Je suis trop pur pour dormir avec un pervers comme toi.
Harry ricana et vint enlacer le blond, profitant de ce moment de détente. Il savait que la nuit serait plus longue.
Un review fait toujours plaisir à l'auteur!
Les vers viennent du poème de Rimbaud, "Bateau ivre". Quelques mots d'explications quant à sa place ici : Rimbaud dans son poème parle d'un bateau (qui représente le poète) qui vit une expérience poétique sensuelle et intellectuelle. Cependant, lorsque l'expérience se termine, il est incapable de vivre comme avant et de retourner comme un vulgaire bateau (ou homme)... Le poète devient au-dessus des mortels donc inaccessible et isolé. C'est ici le statut d'Harry. Il est un sorcier donc il ne peut retourner vivre avec les moldus car il aura connu un monde beaucoup trop beau pour y retourner. C'est encore plus fort ici puisqu'Harry est même au-dessus de ses congénères sorciers... Il a connu la mort et en est ressorti vivant... Il est donc isolé, haï et admiré... et ne peut vivre tranquillement. :)
