Disclaimers (euh… Mon copier coller est sur un autre ordi, alors pour une fois je reformule…) : Tous les personnages, la trame de Twilight et les phrases empruntées au dialogues de cette scène (et Gargantua sait combien il y en a) appartiennent à Stephenie Meyer et à son grand art. Point.
Remerciements : Ca y est, je me souviens comment dire merci en arabe ! Mais mon clavier bug donc je peux pas le mettre ;). Lol, promis, c'est pour la prochaine fois. Sinon, merci à tous, en particulier ceux qui m'encouragent. Merci à mon correcteur, qui remet à plus tard –encore… ses révisions de dernière minute pour moi.
NDA : Euh… Rien à dire. C'est rare. Je trouverais sans doute l'inspiration en tapant… ça vaut le coup d'essayer… A propos, quelqu'un sait comment on fait le ç majuscule avec Alt+… ? C'est déprimant, j'ai oublié…
Lol, sinon désolée d'avoir mis si longtemps à poster (en fait, nous sommes deux à être désolés) mais en nous envoyant des mails pour la correction avec mon correcteur, nous avons perdu un bout du chapitre... Non, non, pas de réflexions... Il a fallu le réécrire pour que ça colle ;).
Je ne voulais pas m'éloigner, m'éloigner trop d'elle. Je ne pouvais pas la toucher, je ne pouvais pas être trop familier avec elle, et pourtant je le voulais. Je le voulais. Trop pour mon propre bien, trop pour son propre bien, aussi. Une vie complexe ? Non. Une vie de complexes.
Une fois de plus, son odeur emplissait l'habitacle. J'avais claqué la portière sur elle quelques minutes auparavant. Je m'étais à mon tour glissé dans la voiture, quelques secondes à peine après, me contentant de garder une vitesse à peu près humaine.
J'étais pressé, trop pressé. Non seulement je voulais connaître sa théorie, cette théorie qui pouvait d'un coup effacer tous mes faux-semblants, mais aussi ne plus me contraindre à mentir, à me cacher… Une théorie, une simple idée, qui ferait s'effondrer tous les efforts que j'avais fait pour me construire une vie « normale », une vie « banale ». Une vie humaine, en quelques sorte.
Quelques mots… inutile de rêvasser, Edward. il y avait peu de chances, bien peu de chances pour qu'elle touche la vérité, de près comme de loin. Aucune chance, à bien y réfléchir. Aucune chance.
Je ne parlai pas. Elle faisait de même. Nous n'avions pas démarré depuis deux minutes. Je ne pouvais pas parler. Je ne pouvais rien faire.
Me concentrer, essayer de me concentrer que autre chose que son odeur… C'était devenu un challenge, une idée fixe. Là, alors que nous étions seuls tous les deux, perdus au milieu de ce silence, j'essayai de l'oublier, oublier cette magnificence olfactive.
Je ris. Un rire silencieux. J'étais devenu arrogant. J'étais devenu vaniteux. « Magnificence Olfactive ». On aurait cru entendre Jasper parler, un de ces jours où il se replongeait dans les méandres de sa vie passé.
La quatre voie. Nous y étions. Le moment que je m'étais fixé. Que je nous avait fixé. Je lui avais laissé le temps de récupérer, de comprendre ce que je lui avait révélé. A mon tour de poser les questions. A mon tour de savoir où j'allais m'aventurer, à mon tour de risquer le tout pour le tout pour une vérité… Si dure soit-elle à entendre.
-Et maintenant… A ton tour.
J'avais pris une voix assurée, une voix calme. J'essayais de lui ressembler. Et, à dire vrai, j'y arrivai fort bien. Rester calme. Elle ne savait rien. Elle allait encore me sortir un conte, une histoire quelconque qui me ferait rire, rire de ce moment incongru passé avec elle en train de se questionner sur la véritable nature de mon existence. Rire. Rire de ses idées. Rire d'elle.
-Tu m'autorises une dernière petite question ?
Impatience… Je devais la maîtriser. Je devais me montrer maître de moi même. Une question de plus… Une seule… Quel mal y avait-il ?
-Une seule alors.
Beaucoup, à bien y réfléchir. Quelques mots l'avaient convaincue de me livrer son explication, quelques mots pourraient également l'infirmer et la mener sur la bonne voie. Non. La mauvaise. La pire qu'elle puisse choisir. Celle de savoir.
-Comment as-tu devinée que je n'étais pas entrée dans la librairie mais que j'étais partie vers le Sud ?
Il y avait tant de questions à poser… Sur le pourquoi. Sur mes motivations pour la suivre. Sur moi, même, j'y aurait certainement répondu avec moins de gêne. Moins d'appréhension.
Mais je ne pouvais pas, non, je ne pouvais pas.
Lui dire, ce serait révéler mon animalité, ma… bestialité.
Non.
-Je croyais que nous étions d'accord pour être francs.
Etre francs.
Certes.
Franc.
Quand avais-je usé de ce mot… Et même de cette attitude pour la dernière fois ? Je n'étais pas, je n'avais jamais été ce genre d'hommes.
La franchise.
Si simple. Si simple pour ceux qui n'ont rien à cacher. L'arme des faibles, l'arme des neutres. L'arme des purs. S'il y avait bien quelque chose que je ne possédais plus… C'était la pureté. La blancheur de mon âme.
Mais avec elle…
Sa réaction. Je voulais la voir, la connaître.
-Tu l'auras voulu. Je t'ai flairée.
Elle sembla encaisser le choc. Je ne la regardai pas, fixant mes yeux sur le pare-brise encore empli de buée, mais je guettai le moindre frémissement de son cœur, le moindre signe de peur, de frayeur… De dégoût.
Mais non. Rien. Rien du tout, rien de tout cela. Quand elle reprit la parole, elle sembla plus… Plus frustrée qu'autre chose.
-Tu n'as toujours pas répondu à ma première question.
Non. Non, en effet. Je n'avais pas de réponse, Bella. Pas la moindre. Ni pour toi… Ni pour moi. Ni pour personne, d'ailleurs. Je décidai de jouer les innocents, un rôle qui d'ordinaire… Bref, restait un rôle.
-Comment tu arrives à lire dans les pensées des gens ?
Joe. Joe, pas moi, Bella…
-Ca marche avec tout le monde ? N'importe où ? Tu t'y prends de quelle façon ? Est-ce que tes frères et sœurs…
Franchise, Edward. Franchise.
Non.
-Ca fait beaucoup de questions, tout ça.
Elle ne répondit pas.
Franchise, Edward. Franchise.
Oui.
-Non.
Un silence. Réponse à son accusation.
-Non, je suis le seul. Ça ne réussit pas toujours. Je dois être assez proche des gens d'ailleurs. Plus la voix m'est… familière… plus je la capte de loin. Dans un rayon de quelques kilomètres seulement, cependant.
Je cherchai une image pour représenter l'étrange impression que donnait le fait de lire dans les pensées. Cette sensation de plénitude… D'omniscience… Bientôt remplacée par la solitude, la solitude d'être un être de chair, d'exister au milieu de toutes ces voix.
-C'est un peu comme si tu étais dans un grand hall, rempli d'une foule hétéroclite. Tout le monde parle en même temps. Je ne perçois guère plus qu'un brouhaha, un bourdonnement, jusqu'à ce que je me focalise sur une seule voix. Alors, ce que pense la personne devient plus… Clair.
Pas toujours, non. L'image était simple, trop simple peut-être. Une réalité amoindrie.
-En général, j'évite l'exercice, parce qu'il est assez perturbant. Et puis, il est quand même plus facile de paraître (j'hésitai à employer le mot humain, avant de me raviser)… Normal. Normal, en répondant aux questions de quelqu'un plutôt qu'à ses pensées.
Il est trop dur de paraître humain, Bella.
-A ton avis… Pourquoi tu ne m'entends pas, Bella ?
Franchise, Edward…
Oui, oui… Oui.
-Je ne sais pas. J'imagine que ton esprit ne fonctionne pas de la même manière que celui des autres. Disons que tu émettrais sur ondes courtes alors que e serais branché sur les grandes.
Je souris. Comparaison hasardeuse. Elle n'était pas une radio. Elle.
Elle parut vexée, vexée par mes paroles. Son sang ne fit qu'un tour, les battements de son cœur devenant plus rapides, plus rapides et bien plus séduisants encore.
-Mon esprit est détraqué ? Je suis dingue ?
Elle ? Je lui avouai lire dans les pensées de tous les hommes, de toutes les créatures, quelles qu'elles soient, et elle se croyait folle ? Qu'avais-je à penser ? Que pouvais-je espérer de son attitude ? Que… Si elle se croyait folle…
Que pouvais-je bien être à ses yeux ?
Je ne pouvais pas lui demander, pas comme ça, pas après une réflexion aussi sibylline, sortie sur le coup de la colère. Je choisis la voix de la dérision, une fois de plus. Facile. Plus facile. Une esquive déguisée.
Je savais.
J'avais toujours su tromper les gens, la tromper. Elle.
-C'est moi qui décrypte les cerveaux des autres et c'est toi qui te crois folle !
J'éclatai alors d'un rire tonitruant, un rire faux qui devait pourtant sonner naturel à ses propres oreilles, ses pauvres oreilles d'humaine. Je continuai, me rappelant ma voie.
-Ne t'inquiètes pas, c'est juste une théorie… Ce qui nous ramène à toi.
Son visage se ferma, anxieux, alors que je me mettais à sourire. Je la fixai pendant quelques instants, l'observant pâlir, puis devenir livide, plus blanche encore que moi. Mes sourcils se froncèrent, et je m'apprêtais à ouvrir la bouche quand elle se mit à hurler.
-Nom d'un chien, Edward ! Moins vite !
Je sursautai, déstabilisé non seulement par l'intensité de son cri, mais aussi par son origine. Moins vite ?
Moins vite ?
Je ne l'avais pas pressée, loin de là, pour qu'elle me livre sa théorie !
Moins vite…
-Qu'y a t-il ?
-Tu roules à cent soixante kilomètres heure !
Je retins un sourire, un sourire franc cette fois-ci. Ma… conduite l'effrayait ?
-Du calme, Bella.
-Tu veux notre mort ou quoi ?
Non !
Non.
Pas la tienne, Bella, je ne veux pas ta mort. Je n pourrais jamais la vouloir… Jamais plus. Non. Pas ta mort. Non.
Quand à la mienne…
Non.
Non, Bella, plus maintenant.
-Pas de panique !
-Tu as une urgence ?
Sa voix montait dans les aigus, plus enfantine que jamais, plus douce aussi. Un son cristallin. Les battements de son cœur s'étaient fait rapides, trop rapides pour que j'en suive le rythme, et je me forçai à les écouter, à les capter, à essayer de les adoucir. Sans grand succès à priori.
La panique avait empli l'habitacle, plus fort encore que quand Jasper se mettait à faire ses petites… expériences sur nous. Une vraie panique, de sa part du moins. Je ne pouvais pas rester indifférent, et je m'obligeai à rester de marbre.
Dans une brève tentative de détendre l'atmosphère, je souris, l'air consciencieux, fixant cette route que je n'avais pas besoin de regarder.
-J'aime bien conduire vite…
Je ne pus résister et tournai la tête vers elle en prononçant ses paroles, juste pour voir quelle serait sa réaction. C'était puéril de ma part, c'était inutile, aussi, mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir… Puissant.
-Regarde où tu vas !
Son cri avait été encore plus impressionnant que les autres, bien que son rythme cardiaque se soit sensiblement calmé. Je décidai de jouer le jeu, de me plier à ses exigences, aussi ridicules soient-elles… Sans céder facilement, cependant.
-Je n'ai jamais eu d'accident, Bella. Ni d'amende. J'ai un radar intégré…
-Très drôle.
Sa voix s'était fait dure, presque… méprisante. Je la fixai avec intérêt. C'était a première fois qu'elle employait ce ton avec moi. Elle continua.
-Charlie est flic, je te signale. On m'a appris à respecter les lois. Je sais bien que si tu enroulais ta Volvo autour d'un arbre, tu t'en sortirai sans une égratignure…
-Mais pas toi.
Mon pied appuya sur la pédale de frein, doucement, et je rétrogradai, toujours aussi doucement, les yeux fixés sur l'extérieur, et la route.
Moins vite.
Moins vite, mais plus longtemps.
Je passerais plus de temps avec Bella en roulant moins vite. C'était un élégant compromis… Très plaisant, à bien y regarder.
-Contente ?
-Presque.
Je soupirai.
-Je déteste rouler lentement.
-Parce que tu trouves ça lent ?
De nouveau ces accents hystériques dans sa voix. Je soupirai, nerveusement. Assez. Je n'avais jamais été… d'un naturel patient.
-J'en ai assez de tes commentaires, Bella ! Raconte moi ta théorie, plutôt.
Je la fixai, les yeux dans les yeux, mais elle détourna bien vite les siens, se tournant vers l'extérieur, que je ne voie rien des traits de son visage, de ses émotions. Je fronçai les sourcils. Rapidement.
-Je ne rirai pas.
Elle n'eut qu'un sourire contrit, un peu vexé, comme si ce n'était pas l'ide qu'elle espérait.
-J'ai plus peur de ta colère, à dire vrai.
-C'est si délirant que ça ?
Ma colère ? Il n'y avait qu'une chose pour laquelle je pourrai sortir de mes gonds… Et elle n'était pas près d'approcher la vérité, non, jamais.
-Pas mal, oui.
Je ne répondis pas, attendant qu'un souffle, un soupir annonce le commencement de son histoire. Mais rien. Rien ne vint.
-Vas-y.
Elle pinça les lèvres, et ses joues rougirent légèrement, une fois de plus. Une fois de plus, je fus tenté de me rapprocher d'elle, mais j'attendis.
Attendre.
Toujours attendre.
-Je ne sais pas trop par quoi commencer.
-Par le début… Tu m'a dit que tu n'avais pas trouvé ta théorie toute seule.
-Non.
-Qu'est-ce qui t'a mis dans cette voie ? Un livre ? Un film ?
-Non.
Un silence. Un silence pesant. Je n'étais pas décidé à le rompre. Elle devait le faire. J'avais avoué, à son tour de me confier les quelques idées sans doute délirantes qu'elle avait conçues sur moi et mes prétendues différences d'avec les autres.
Un silence.
Elle le brisa, d'une petit voix, une voix si fragile que je n'aurais pas cru qu'elle puisse lui appartenir. Je la regardai, les yeux rieurs, la bouche prête à sourire.
Un soupir. Elle allait commencer.
-Ca s'est passé samedi, au bord de la mer.
Newton. Mike Newton. Il ne pouvait y avoir que lui pour avoir tenté de faire adhérer Bella à des suppositions folles, et certainement pas très bénéfiques, ni même très positives, me concernant.
Mike Newton.
Je ne pouvais tolérer qu'elle continue à le fréquenter. Je ne pouvais croire… Qu'il avait essayé de la monter contre moi. En fait, si, si bien sur, je pouvais le croire. Je devais le croire. Oui, bien sur, il était ce genre de personnes. Je m'empêchais de penser le mot « adversaire ». Il ne l'était pas. Il ne le serait jamais. Nous ne jouerions jamais dans la même cour, lui et moi. Je revins à Bella, en me promettant de lapider, consciencieusement, Mike Newton, la prochaine fois que je le croiserais dans une ruelle sombre… Et déserte.
Le cœur de Bella avait repris un rythme erratique, qui me confirmait que sa théorie était assez…. Incroyable.
Ses joues étaient plus rouges que jamais, plus rouges et pourtant plus belles. J'observais le sang monter, petit à petit, jusqu'à son visage. Je suris, espérant qu'elle ne le prendrait pas mal.
Elle ne m'accorda pas même un regard, se contentant de fixer la fenêtre, dans une attitude très… humaine.
-Je suis tombée sur un vieil ami de la famille. Jacob Black. Son père et Charlie se connaissent depuis que je suis petite.
J'étais perdu. Complètement perdu.
Peut-être ne me faudrait-il pas tuer Mike Newton…
Quoique… Ce serait tout de même plaisant.
J'écoutais la suite. Maintenant que Bella était lancée, elle semblait ne plus vouloir cacher quoi que ce soit.
-Son père est un des anciens de la tribu Quileute.
Non.
Non.
Ne plus parler, Bella.
Ne plus rien dire.
Plus un son, Bella.
Jacob Black.
Comment n'y avais-je pas pensé ?
Jacob Black.
Ephraim Black.
Jacob Black.
Tais toi, Bella.
Tais toi.
Je ne veux pas entendre la suite, je ne veux pas risquer de savoir ce que tu penses.
Tais toi Bella !
Tu n'as pas le droit !
Il n'avait pas le droit !
Non, Bella, non !
Ne jamais… Ne jamais plus parler… Plus… Jamais.
Jacob Black.
Un nouveau, oui, un nouveau.
Un éternel recommencement.
Mais plus maintenant. Plus… Aujourd'hui.
Elle continuait, cependant.
Toujours. Toujours attirée par la vérité. Non, Bella.
Il ne faut pas savoir.
Non, Bella !
-Nous nous sommes promenés… Et il m'a raconté quelques unes de leurs vieilles légendes, histoire de me faire peur.
Les légendes des Quileutes… Je ne les connaissais que trop bien, oui, trop bien. Tais toi, Bella. Plus un mot, maintenant. Il n'est pas trop tard.
Pas encore.
Pas trop tard.
Trop tard pour faire marche-arrière, mais pas trop tard pour s'arrêter, Bella. Mais je ne pouvais pas, plus parler. Je ne pouvais pas, plus lui dire de s'arrêter. Je ne pouvais pas… Plus lui dire de se méfier, de ne pas…
Etre. Etre moi.
Trop dur en ce moment.
Trop dur à ses cotés.
-L'une d'elles…
Non, Bella !
-Portait sur…
Non, Bella. Pas ce mot non.
Non, pas ce mot. Pas maintenant. Pas ce soir.
Non, Bella.
Non, Jacob !
-Les…
Stop, Bella. Tu ne devais pas savoir. Tu n'aurais jamais du savoir, jamais du me rencontrer.
-Les Vampires.
Tuer.
Dire.
Tuer.
Black.
Jacob Black.
Ne plus exister.
Etre un rêve, un mythe.
Des lois.
Des mots.
Vivre.
Tuer.
Sang.
Savoir.
Aimer.
Tout était interdit, Bella !
Tais-toi, Bella.
Ne parle plus, Bella.
Masque.
Me composer un masque.
Elle ne devait pas savoir !
Tu ne devais pas savoir !
Rien dire, jamais !
Il existe un pacte, Jacob Black.
Tuer.
Si facile à présent.
Sans me cacher, jamais.
Un pacte, Black.
-Et tu as aussitôt songé à moi ?
Voix calme.
Articuler.
S'en croire capable.
Réussir.
Non, Bella.
Je suis mort.
-Non. C'est lui qui… a mentionné ta famille.
La pacte, Black ! Tu es mort avec moi, Black.
Mort.
Je serrai le volant entre mes doigts, mes doigts devenus blancs. Ne rien dire. Ne pas trahir, ne pas se trahir. Je ne pouvais plus vivre.
-Il estime que ce sont des superstitions idiotes. Apparemment, il n'escomptait pas que je les prendrais au sérieux. C'est ma faute, en fait. Je l'ai amené à m'en parler, exprès.
-Pourquoi ?
Voix sèche. Dure. La mienne. Ma vraie voix.
-Lauren a fait une allusion à toi. Pour me provoquer. Et un indien plus âgé a rétorqué que ta famille ne mettait pas les pieds dans la réserve. Sa phrase paraissait être à double sens, alors j'ai réussi à isoler Jacob et à le manipuler.
Non, Bella. Tu ne peux pas être responsable. Il faut que je trouve un coupable à punir. Ce ne peut pas être toi, Bella ! Pas toi, non !
-Comment t'y es tu prise ?
Toujours ce ton froid, impersonnel.
-Je…
Elle paraissait gênée.
-Je l'ai dragué. Enfin, j'ai essayé. Ça a fonctionné au delà de mes espérances, d'ailleurs.
-J'auras voulu voir ça. Et tu oses m'accuser d'éblouir les gens… Pauvre Jacob Black !
Oui. Il ne méritait pas, plus de mourir.
Trop jeune.
Il n'en faisait pas partie, pas encore.
Il ne savait pas… Pas encore.
Bella savait, elle.
-Ensuite ?
-J'ai fait des recherches sur Internet.
-Et ça t'a convaincue ?
J'aurai voulu briser cette glace qui nous séparait, maintenant, cette glace de la vérité. Je ne pouvais pas. Je n'avais pas le droit.
Elle devait choisir.
Choisir entre vérité et mensonge.
Choisir entre vivre et survivre.
-Non. Rien ne correspond. La plupart de ce que j'ai trouvé était stupide. Et après …
-Quoi ?
-J'ai décidé que ça n'avait pas d'importance.
-Pardon ?
Pas d'importance ?
Pas d'importance, le fait que je sois en train de me battre pour sa survie, sa vie ?
Pas d'importance que je puisse à tout moment me perdre, la perdre, me laisser aller à mes désirs primitifs ?
Pas d'importance… Que je ne sois pas humain ?
-Non… Ce que tu es n'a pas d'importance.
Ne dis pas ça, Bella !
Je souffre à cause de ce que je suis.
Tu souffres à cause de ce que je suis.
Tout le monde souffre, tout le monde a souffert un jour à cause de nous, parce que nous n'étions pas capable d'aimer, de vivre comme tout le monde.
Tout le monde nous hait, Bella.
Tout ceux, et ils ne sont pas nombreux, qui connaissent notre existence refusent tout contact avec nous.
Nous sommes des monstres, Bella.
Tuer est ce qui a le plus d'importance pour nous… Pour moi, aussi, Bella. Tuer. Simplement tuer… Te tuer, aussi, Bella.
Pas que pour moi.
Pour nous tous, oui.
-Que je sois un monstre inhumain te serait égal ?
-Oui.
Ne rien dire.
Qui était-elle ?
Pouvait-elle être aussi indifférente ?
Pouvait-elle être aussi… différente ?
-Tu es en colère. J'aurais mieux fait de me taire.
Oui. Oui, Bella.
La faute m'en revient.
Je n'ai pas eu le courage de te dire d'arrêter, de ne plus dire un mot, un seul.
-Non. Je préfère savoir ton opinion. Même si elle me met en rogne.
Tu n'as pas le droit de passer outre ainsi ma nature, Bella ! Tu n'as pas le droit de te mettre en danger ainsi !
-Je me serais donc trompée une fois de plus ?
-Ce n'est pas ça !
Non, Bella. Non. Tu ne t'es pas trompée. C'est moi qui ai été berné. C'est tout.
-C'est ton attitude aussi… Désinvolte.
-J'ai raison ?
Une prière dans sa voix. Une tristesse, aussi.
Ma tristesse.
Je ne m'étais pas attendu à la ressentir ainsi, non seulement aussi forte, mais aussi naturelle. Malgré tout ce qu'elle pouvait dire… Elle ne pouvait pas… Elle avait peur de moi. Je la révulsais, aussi.
-Parce que ça aurait de l'importance, hein.
-Pas vraiment.
Mon cœur.
Espoir.
Infime, mais Espoir.
L'espoir. Enfin.
-Mais je suis curieuse.
-Curieuse de quoi ?
Joie. Aussi.
-Quel âge as-tu ?
Question facile.
En cent ans, j'avais eu le temps de connaître la réponse… Cette réponse qui ne changerait jamais. Jamais.
-Dix sept ans.
-Et… depuis combien de temps ?
Non. Pas aujourd'hui. Pas maintenant. Pas le droit.
Trop personnel.
-Un bon moment.
Un sourire, un sourire sur son visage. Si beau… Si doux, aussi.
Elle n'avait pas peur.
Pas du tout.
-Ne ris pas, mais… Comment se fait-il que tu sortes en plein jour ?
Je ris. Hilarité retrouvée, hilarité soudaine. Si soudaine, d'ailleurs…
-C'est un mythe.
-Le soleil qui vous réduit en cendres ?
-Mythe.
-Vous dormez dans des cercueils ?
-Mythe… Je ne dors pas.
-Pas du tout.
Non. Il y a mieux à faire, Bella.
-Jamais.
Je voudrais, Bella. Ne pas être fatigué de la vie, ne pas être fatigué de vivre comme je le suis. Etre un homme. Un tout petit peu plus humain, mais humain quand même.
Je la regardai. Il restait une question, une seule.
La plus importante.
La plus belle.
La plus dure.
Aussi.
-Tu as oublié le plus important.
-Quoi ?
-Mon… Régime alimentaire ?
-Oh. Ça…
-Oui, ça. Tu n'as pas envie de savoir si je bois du sang ?
Elle tressaillit. Si j'avais su pleurer, une larme aurait roulé sur ma joue. Pour ne pas dire, ne pas savoir. Ne pas penser. Elle était innocente, elle.
-Jacob à dit quelque chose à ce sujet.
Jacob.
Il n'était plus Jacob Black.
Jalousie.
Sa terrible morsure.
Plus encore que Mike Newton.
Rien à voir avec la race, nos races.
Notre légendaire haine commune, notre… légende.
Lui. Seulement.
Et moi.
Et Bella.
Moi.
-Et qu'a dit Jacob ?
Prononcer son nom me faisait mal, mais je ne le montrai pas, me contentant de grimacer.
-Que… Vous ne chassiez plus les humains. Que ta famille n'était pas censée représenter un danger. Que vous vous nourrissiez exclusivement… D'animaux.
-Il a dit que nous n'étions pas dangereux ?
Dangereuse affirmation.
Inexacte.
Pitoyable.
-Pas exactement. Juste que vous n'étiez pas censés l'être. Même si les Quileute ne veulent pas de vous sur leur territoire… des fois que…
Oui. Bien joué, Jacob.
C'est ça.
Exactement.
-Alors il a raison ? Vous ne chassez plus les humains ?
-Les Quileute ont bonne mémoire.
Elles soupira.
-Ne te réjouis pas trop vite. Ils ont raison de garder leurs distances. Nous restons une menace.
-Comment ça ?
-Nous faisons des efforts. D'ordinaire, nous sommes très doués pour tout ce que nous entreprenons. Il arrive cependant que nous commettions des erreurs. Ainsi, quand je m'autorise à rester seul avec toi…
-C'est une erreur ?
Ne sois pas triste, Bella. Un jour, tu sauras.
Je sais, Bella.
Il faut apprendre à vivre ainsi, dans la peur et le doute, dans l'appréhension.
Devenir humain.
-Un erreur redoutable.
Mais tellement plaisante.
Le silence tomba entre nous. Pesant, trop pesant.
Je ne pouvais pas, je ne voulais pas le briser. C'était au dessus de mes moyens.
-Dis m'en plus…
Un regard.
Si tendre…
Elle avait l'air sincère.
-Que veux tu savoir ?
-Pourquoi vous chassez les animaux et pas les hommes.
Des larmes. Ses yeux humides.
Ne pleure pas, Bella.
Ne pleure plus.
Jamais.
-Je ne veux pas être un monstre.
Non.
Pas un monstre.
Pas humain, certes.
Mais pas un monstre.
-Pourtant, les animaux ne sont qu'un pis aller…
Oui, oui, Bella.
Je lui expliquai. Rapidement. Je ne voulais pas m'étendre sur le sujet.
-C'est très difficile pour toi en ce moment ?
Difficile ?
Un mot bien faible, bien trop faible pour décrire ce que j'éprouve…
Je soupirai.
-Oui.
-Alors que tu n'as même pas faim…
-Qu'en sais-tu ?
Avait-elle remarqué ça… Aussi ?
-Tes yeux.
-Très observatrice, hein…
Je ris. Distraitement.
-Tu étais parti chasser, ce week-end, avec Emmett ?
-Oui. Je n'en avais pas envie, mais c'était nécessaire. Il m'est plus aisé de te fréquenter quand je n'ai pas faim.
-Pourquoi ne voulais tu pas y aller ?
Non…
Non, Bella.
Plus difficile encore à avouer que ma nature.
Non, Bella.
Je ne veux pas.
Je le dois.
Avouer…
Pour toi.
-Ca me rend anxieux d'être… loin de toi.
Elle se tourna vers moi, sans sourire. Comprendre. Aimer. Pouvait-elle ?
-Je ne plaisantais pas, jeudi dernier, lorsque je t'ai demandé de ne pas tomber à l'eau ou d'éviter de te faire écraser. J'avais la tête ailleurs tant je m'inquiétais pour toi. Et après ce qui s'est passé ce soir… (elle frissonna) je suis surpris que tu sois sortie indemne de ces deux jours. Enfin… Presque indemnes.
Le sang sur sa paume coulait moins vite, avec plus de sécurité que d'habitude. Une blessure. Presque refermée, certes, mais une blessure.
-Comment ça ?
-tes mains.
-Je suis tombée.
-J'ai eu cette impression. Mais bon, avec toi, ça aurait pu être pire. Et ça m'a torturé tout le temps où j'étais loin de toi. Ces trois jours m'ont paru une éternité. J'ai vraiment tapé sur le système d'Emmett.
-Trois jours. Tu n'es pas rentré aujourd'hui ?
-Dimanche.
Elle détourna la tête.
-Pourquoi n'étais-tu pas au lycée ?
Sa voix était un murmure, doux mais triste. Un soupir, qui projetait son odeur vexée sur moi.
-Tu m'as demandé si je craignais de sortir au grand jour, et je t'ai répondu que non. Néanmoins, mieux vaut que j'évite le plein soleil. Du moins, en public.
-Pourquoi ?
-Je te montrerais, un jour.
Promesse d'un autre jour, d'une autre rencontre.
Elle ne protesta pas.
Je crus même apercevoir un peu de rouge envahir ses joues, une fois de plus. Un rêve, sans doute. Rien de plus.
-Tu aurais pu m'appeler.
Pardon ?
-Il n'y avait pas de raison. Je savais que tu allais bien.
Je l'avais vue. Je savais qu'elle était… non pas heureuse, mais vivante.
-Certes, mais moi j'ignorais où tu étais, et…
-Oui ?
Savoir.
Comprendre.
J'étais naïf, Bella, si naïf.
-Je n'ai pas aimé. Ne pas te voir. Moi aussi, je uis anxieuse quand tu n'es pas là.
Respirer.
Ne pas oublier de respirer.
Anxieuse.
C'était déjà beau.
C'était … Tout ?
Anxieuse ?
Respirer.
L'aimer.
Peu importait.
Je me composai un maque dur. Il ne fallait pas qu'elle sache. La laisser hésiter. Pour elle. son propre bien.
-Ca ne va pas du tout…
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tu ne comprends donc pas, Bella ? Que je me rende malheureux est une chose, mais je refuse de t'impliquer. Je ne veux plus t'entendre dire de pareilles balivernes.
Que je voulais croire, que je voulais tant croire.
-C'est malsain, dangereux. Je pourrai te faire du mal, Bella. Il faut que tu en aies conscience.
De nouveau ce ton paternel, de nouveau ce ton que je voulais sur… Qui n'était pas moi et qui ne rendait pas justice à mes mots.
-Je m'en fiche !
-Je suis sérieux.
-Moi aussi. Je te le répète, je me moque de ce que tu es. Il est trop tard, de toute façon.
Non, Bella.
Non.
-Tais-toi !
Trop dur, peut-être.
Trop dur.
Beaucoup trop.
Elle ne dit rien, se contentant de renifler.
-A quoi penses-tu ?
Pas de réponse. Mon ton était doux, pourtant. Je me tournai vers elle. ses yeux étaient clos, et elle se tenait délibérément le plus loin possible de moi.
-Tu pleures ?
-Absolument pas.
Cette voix…
Brisée.
Je ne voulais pas, plus l'entendre.
Je levai la main, pour la poser sur la sienne.
Non.
Je ne pouvais pas.
Je l'avais blessée.
Je reposai ma paume sur le volant.
-Je suis désolé.
Bien faible.
Désolé pour tout, Bella.
Etre ce que je suis…
Désolé, Bella. Véritablement.
-Dis moi…
-Oui ?
Réponse empressée, encore un peu hésitante, cependant. Vexée.
-Qu'avais-tu en tête, ce soir, juste avant que je n'arrive ? Tu n'avais pas l'air effrayée… Plutôt très concentrée.
-Je m'efforçais de me rappeler comment on liquide un agresseur. Les techniques d'autodéfense. Je m'apprêter à leur enfoncer le nez dans le cerveau.
-Tu voulais te battre ? Au lieu de t'enfuir ?
Aucun instinct de survie, Bella…
-Je me casse la figure dès que j'essaye de courir.
Pas faux.
-Tu n'as pas songé à appeler au secours ?
-J'allais le faire.
-Tu avais raison… te garder en vue est un vrai défi lancé au destin.
Mais un défi qui vaut le coup d'essayer.
Nous étions arrivés. Déjà. Elle allait bientôt partir, et me laisser seul dans ma voiture, seul avec son odeur.
-Je te vois demain ?
Je me tournai vers elle, un sourire aux lèvres. Oui. Bien sur, oui. Pas une journée de plus.
-Oui. J'ai un devoir à rendre.
Excuse minable.
-Je te garde une place à la cantine.
Elle me sourit.
Je coupai le contact, attendant qu'elle s'éloigne. Ce qu'elle ne fit pas.
-Me jures tu d'être là demain ?
Elle désirait ma compagnie, comme un ami sans doute, mais elle la désirait, et rien ne pouvait me faire plus plaisir.
-Oui.
Elle se leva, les effluves de son parfum m'envahirent. Elle retira ma veste te me la tendit.
-Garde la, tu en auras besoin.
Qu'elle s'imprègne de toi, le plus longtemps possible…
Elle me la tendit, et je l'attrapai sans comprendre.
-Je ne veux pas avoir à expliquer ça à Charlie.
Je ris, et elle aussi.
-Bella ?
-Oui ?
-Promets moi quelque chose à ton tour.
-Oui ?
-Ne t'aventure pas dans les bois toute seule.
-Pourquoi ?
Black. Jacob. Peut-être pas lui, mais les autres Quileute… Les loups.
-Disons que je ne suis pas la créature la plus dangereuse des environs. C'est tout.
Elle frissonna, mais acquiesça.
-D'accord.
-A demain.
Je soupirai. Seul…
-A demain.
Elle ouvrit la portière
-Bella ?
Je me penchai vers elle. elle tourna le visage, étonnée.
-Dors bien.
Les yeux un peu flous, elle sortit de la voiture en trébuchant. Je souris, avant de refermer la portière derrière elle. Je la regardai s'éloigner, aller jusqu'à la porte. Je démarrai alors, et m'éloignai, seul avec son odeur.
Bientôt.
Bientôt, je serais avec elle.
Eh voila, fini Le plus long chapitre depuis le début ;). J'atteins, non sans une certaine fierté, la catégorie de "+ de 100 000 mots", avec pour seul colocataire de cette catégorie Naikyy lol. C'est très gratifiant, d'être dans la plus haute catégorie de fanfictions. ;)
