25 – Rendez-vous
voilà le nouveau chapitre... avec encore un peu moins d'entrain aujourd'hui... le précédent a reçu a peine 7 commentaires de votre part... j'imagine que mon histoire vous lasse, ne vous intéresse plus... certains d'entre vous ont dû cesser de lire mes chapitres (moins de lecteurs) et les autres n'ont plus envie de commenter... Peut-être ai-je "trop" demandé/invité à me laisser une review et ça vous a lassés... J'en suis navrée.
Chaque jour, j'écris au moins 2 pages, pour poster 2 fois par semaine un chapitre qui totalise 7 ou 8 pages de traitement de texte... Aujourd'hui, je n'ai plus envie.
Moi aussi, l'actualité me démoralise.
Moi aussi je travaille (et je n'ai pas les moyens de partir en vacances...alors je travaille...encore)
Moi non plus je n'ai pas le moral (je n'ai même pas une épaule sur laquelle me pencher et, aujourd'hui, je me demande sincèrement si un jour j'aurais "le droit" d'avoir une vie de couple, une vie de famille, des enfants... et, là, maintenant... je crois que je dois tirer un trait sur tout ça... alors, non ça ne va pas)
et quoi qu'il advienne, même si j'ai autre chose à faire, j'écris pour ceux qui me lisent. Et les retours sont de mois en moins nombreux. Je ne veux plus de ça. Alors aujourd'hui, je le dis. Aujourd'hui, je cesse d'être l'illustre inconnue qui, derrière son écran, poste des chapitres. Je dévoue ma vie autres et le soir, à écrire pour d'autres, à me mettre la pression pour les autres. Alors stop. Je vais repasser à un chapitre par semaine. Et puis si les reviews continuent comme ça, j'arrêterai de poster ma fic. Je la finirais juste pour moi. Et je la posterai en PM à ceux qui laissent des commentaires réguliers.
Pour info, j'ai 18 followers pour cette fic. Et de cette liste il y a... une personne qui laisse systématiquement un comm à chaque chapitre... et 3 ou 4 qui laissent plus ou moins régulièrement... et les 5 autres qui prennent le temps et la peine de laisser un mot sont des gens non inscrits sur le site. A quoi bon mettre une alerte, suivre une fic, si c'est pour ça ?!
En attendant, merci à Nami84 (qui souffre des mêmes écueils que moi et qui, comme moi, veut arrêter), à Dona et neko84 qui toujours me postent un mot... A Mayrine qui le fait très souvent elle aussi... à Cléo, Loony (les plus anciennes...!), Ju, Rose et Candice qui ne manquent jamais une occasion de me laisser une review.
Ce soir, je n'ai pas envie de poster. Ce soir, j'ai envie de virer le chapitre 26 qui est fini et le début du 27. Et effacer toute cette fiction. Et mon compte. Voilà.
Bonne lecture,
je suis navrée, mais je n'ai pas envie d'écrire plus... C'est nul, parce que, du coup, c'est les gens qui reviewent qui sont "pénalisés"... Peut-être demain, je laisserai un mot en fin de chapitre. On verra.
Salut.
Plus filiforme que jamais dans son costume gris, le psychologue la salua d'une franche poignée de main doublée d'un sourire franc.
- Bonjour Madame Renoir. Vous n'avez pas eu de mal à retrouver mon cabinet ?
- Bonjour Monsieur Antharn… Non, aucun souci, je vous remercie…
- Parfait… Entrez, je vous en prie…
La pièce était aussi calme et sereine que lors de l'expertise…
- Je vous laisse vous installer sur un fauteuil… Je ne vous propose pas le divan, pour une première séance. Vous déciderez selon votre bon vouloir, pour nos prochaines rencontres…
Candice le remercia tout en s'asseyant sur un des sièges qu'il désignait d'un geste de la main. Face à elle, l'homme s'arma d'un stylo noir et d'une fiche Bristol sur laquelle il nota son nom puis il releva la tête, lui faisant face.
- J'ai appris que cette… enquête… de l'IGPN s'était achevée. Vous voulez bien m'en parler ?
De longues minutes durant, Renoir expliqua leur affaire. Chaque fois qu'elle s'arrêtait, le psychologue l'incitait à reprendre, revenir sur un point, détailler son ressenti, expliciter sa perception de la situation…
- Pouvez-vous me dire ce que vous avez pensé, dans cet appartement ?
Candice resta silencieuse
- Madame Renoir… ?
- Que c'était une journée de… tuiles… Pire encore que la veille… Ce que je ne croyais pas possible. Soupira-t-elle
- Le veille ? Que s'était-il passé ? Releva l'homme
- Je me suis séparé de mon… compagnon… David…
- Vous voulez bien m'en parler, s'il vous plait ?
- Hum… Hésita la blonde avant de continuer : En réalité… Je ne souhaite pas spécialement revenir sur ce sujet…
- C'est dommage…
- Pourquoi ? Répondit-elle vivement
- Pourquoi ne souhaitez-vous pas parler de cet épisode ? Questionna le psychologue
- Parce que c'est douloureux.
- Pourquoi pensez-vous que je vous demande d'aborder cet épisode en séance ? reprit-il
- … parce que c'est douloureux…
- Exactement… Lorsque nous nous sommes rencontrés, pour votre expertise, vous m'avez avoué avoir eu l'impression… Commença Antharn tout en compulsant une fiche cartonnée bleue. Voilà ! Avoir eu l'impression que les hommes vous en voulaient… Je pense que cette rupture est un des… éléments… de ce… nœud…
- Ce nœud dans mes relations aux hommes ?
- Ca, Madame Renoir, c'est vous qui l'avez dit… Vous pensez avoir un souci dans vos rapports avec les hommes ? Demanda-t-il aimablement
- Certainement… revenons-en à ma rupture avec David…
De l'autre côté du bureau, le psychologue eut un sourire entendu. Il avait compris qu'elle préférait parler de la séparation plutôt qu'aborder le fond des choses…
- Je suis rentrée un soir, David était avec une autre. Fin de l'histoire. Résuma la blonde
- Il vous a trompée, et vous l'avez surpris… ?
- Oui. Non…
- Expliquez-moi… Fit doucement l'homme
- Mes enfants l'épiaient et… Ils l'ont vu avec une femme, sur le bateau.
- Qu'avez-vous fait ?
- Je l'ai rejoint.
Le psychologue opina du chef, attendant la suite…
- Ils étaient en pleins préliminaires. La… suite… est assez évidente et logique. J'ai rompu.
- Et votre compagnon… pardon, votre ex-compagnon… n'a pas tenté de vous retrouver, se justifier… ?
- Si… Candice hésitait, devinant que la suite était potentiellement dangereuse
- Pourquoi émettez-vous des réserves, Madame Renoir ?
- …
- Cette discussion demeure purement confidentielle, vous le savez ? Juste entre vous et moi. Le seul témoin est cette fiche sur laquelle je prends des notes…
- … c'est compliqué… Avoua la blonde, penaude
- Mon travail concerne justement ce qui est douloureux et, ou, compliqué… Je vous propose de finir cette première séance avec ce que vous avez à me dire…
- Très bien, soupira Candice. J'ai quitté le bateau de David puis je suis rentrée. Antoine, mon ancien second est arrivé… et David aussi, quelques instants plus tard.
- Rien de très compliqué, pour l'instant…
- Antoine et moi avons eu un échange très court mais… tendu… durant lequel, sous le coup de… la fatigue… l'agacement… la… déception… je lui ai… avoué… que je venais d'être à nouveau trompée… David a débarqué à ce moment-là…
- Se sont-ils battus ? proposa le psychologue aimablement
- Non !
- Alors… que s'est-il passé de… compliqué… Madame Renoir ?
- Antoine m'a embrassée.
La phrase était sortie très vite, comme s'il fallait l'évacuer avant de taire à nouveau cette vérité dérangeante. Antharn semblait songeur…
- Le problème… est de quitter un homme pour vous retrouver immédiatement en couple avec un autre ?
- Non, on n'est pas en couple, Antoine et moi !
- Alors expliquez-moi…
- …
- … Antoine… C'est bien lui, votre ancien adjoint, qui a quitté la brigade et participé à l'enquête de l'IGPN ? Celle-là même qui a justifié votre expertise psychologique ?
- Oui, murmura Candice, piteuse
- Le problème vient-il… de votre rupture sentimentale… brutale… de ce baiser qui vous aurait… troublée… des… motivations… de ce baiser… ou du fait que votre second, qui devait être… neutre… du fait de cette enquête auprès de l'IGPN, a omis de mentionner ce détail… ce qui le mettait en… péril ?
- …
- Je vous laisse réfléchir à cela. Nous en reparlerons la semaine prochaine… Conclut tranquillement le psychologue en se levant afin de la saluer
…
Incapable de rester en place, ce samedi matin, Candice se rendit à la BSU. Elle observa les différentes photos du logement de Mélissa Lemoine, persuadée de passer à côté de quelque chose… Elle soupira à nouveau. L'appartement ne comportait aucun élément personnel, nul cliché sur lequel des individus apparaissaient… Rien. C'était incompréhensible. Cette jeune femme avait bien une vie, avant de prendre cette fausse identité !
…
Elle passa une bonne partie de l'après-midi devant son miroir, essayant des tenues qu'elle rejetait immédiatement… pour les reprendre quelques minutes plus tard… et recommencer… Pas de robe, ça ferait trop… dîner romantique… Songea-t-elle en caressant une tenue achetée quelques mois plus tôt mais jamais portée. La toilette, noire, s'arrêtait en dessous du genou mais était agrémentée d'un charmant décolleté… Candice n'avait pu s'empêcher de l'acquérir, imaginant la porter un jour pour Antoine. Lui dont les yeux glissent toujours vers la poitrine des femmes que l'on croise… Juste à côté, sagement placé sur un cintre, patientait un chemisier couleur framboise, choisi pour les mêmes raisons.
La blonde finit par se rabattre sur un simple et ample pantalon noir qui dissimulait ses courbes, agrémenté d'une longue tunique rose pâle qui se marierait très bien avec son sac fuchsia… Camor s'en accommoderait, elle ne comptait pas faire davantage d'effort. Après tout, elle n'éprouvait pas le moindre sentiment amoureux à son égard…
Leur repas fut agréable et distrayant. Tous deux bavardèrent avec plaisir, riant parfois aux traits d'humour de l'autre. Candice appréciait la soirée, savourant de quitter enfin ses préoccupations quotidiennes. Après le dîner, ils décidèrent de se balader au bord de la plage. Renoir assistait, perturbée, aux tentatives de rapprochement de son compagnon de soirée… Qu'est-ce que je dois faire… le repousser ? Tenter l'aventure… ? Mais je ne ressens rien pour lui… !
Ils s'immobilisèrent sous un lampadaire, devisant sur cette nuit magnifique et le calme olympien qui régnait, à quelques pas de la corniche. La taquinerie au sujet de la couleur de son sac fit rire aux éclats Renoir qui réalisa tardivement que Camor se penchait vers elle. Sans qu'elle s'en aperçoive, une main s'était logée sur sa hanche… Son instinct lui soufflait que l'homme allait l'embrasser d'un instant à l'autre. Elle n'en éprouvait aucun plaisir, aucun émoi… Un véritable désert de sentiments… Une vague d'angoisse la submergeait à l'idée d'être devenue incapable d'aimer lorsque, soudain, un frisson lui parcourut le dos. Comme une onde de plaisir… Naissant au creux de ses reins et remontant jusqu'au cuir chevelu, la couvrant de chair de poule… Ce ne fut qu'à cette seconde qu'elle prit conscience de cette silhouette, immobile, devant eux. Qui les fixait.
Candice leva la tête et croisa des prunelles vertes. Envoutantes. Celles qui hantaient ses nuits… Antoine… Il était là, figé, les lèvres entrouvertes, à demi plongé dans la pénombre. Comme statufié… Surprit, probablement, de les rencontrer au bord de la plage. Prisonnière de son regard, il lui semblait y distinguer de l'étonnement et… quelque chose qui lui brisa le cœur. De la souffrance… La jeune femme en avait le souffle coupé. Des lèvres se posèrent sur les siennes tandis qu'elle caressait des yeux celles d'Antoine, se remémorant leur douceur, leur fermeté… Elle sursauta. Le souvenir n'avait rien à voir avec ce qu'elle ressentait… Ludovic ! Elle posa la main sur le torse de son compagnon de soirée et le repoussa, quittant du regard son ancien collègue.
- Je… Euh… Excuse-moi, Ludovic, je…
En face d'elle, l'homme semblait avoir blêmi.
- J'ai passé une soirée… sublime… La meilleure depuis des semaines… Tu comprends, tu m'as fait oublier les tracas de ces dernières semaines mais… Je ne me sens pas prête… pour une autre histoire… et puis… je crois qu'on s'entend tellement bien… Je ne voudrais pas risquer une… amitié… sincère… pour une relation éphémère… Bafouilla la blonde, cherchant désespérément à justifier ce rejet sans froisser le policier
- Oui… Oui, je comprends… Excuse-moi, trop de vin, sûrement… Répondit Camor dont le visage avait repris des couleurs
- Oh, oui ! S'exclama Candice dans un éclat de rire. On a un peu abusé, ce soir, je crois !
Elle n'entendit pas sa réponse. La place était vide… Antoine avait déserté les lieux, la laissant seule avec ses doutes. Avait-elle bien lu ces émotions, enfouies parmi les ombres de ses prunelles ?
…
Pour une fois, Candice était arrivée tôt au poste de police. Forte de ses bonnes résolutions du dimanche et de son meilleur atour pour parvenir à ses fins, elle avait reçu Attia, soupiré de la faible progression de l'enquête… Puis l'avait suivie dans son bureau. La commissaire s'était absentée l'espace d'un bref instant, avant de revenir… talonnée par Antoine. Dieu qu'il est beau… Leurs yeux se croisèrent, comme ce fameux soir, quelques dizaines d'heures auparavant.
- Dumas, commença la commissaire, nous avons un souci. La BSU est en sous-effectif depuis votre départ. Suite à l'incident… que vous connaissez… le brigadier Badhou n'est pas autorisé à intervenir en mission et doit suivre une psychothérapie. Le commandant Renoir a aussi une… obligation… de rencontrer Monsieur Antharn. La brigade se retrouve donc, une majorité du temps, réduite de moitié…
- C'est problématique, je vous l'accorde… Qu'est-ce que je peux faire pour vous, Commissaire ?
La voix de son ancien adjoint paraissait emprunte de doute et d'hésitations…
- Renoir m'a expliqué le problème de son équipe et il m'est venu une solution. Vous… Je vous explique, Dumas… La PJ fonctionne depuis des mois avec seulement deux officiers. Sans difficulté majeure… Et vous seul connaissez la BSU, ses… fonctionnements… et l'affaire en cours…
- …
- L'affaire Lemoine. La victime de la balle perdue de Bérard. Je vous propose une mise à disposition temporaire pour la BSU… Acheva Attia
- Une mise à disposition…
Antoine semblait étonné par la tournure que prenait la conversation.
- Oui. Officiellement, il s'agira d'une mutation pour une période donnée. A la fin de ce délai, ou, si vous préférez, de cette enquête, vous réintégrerez la PJ. Ou n'importe quelle autre brigade que vous pourriez demander…
- Attendez… Vous me demandez de quitter l'équipe de Leclerc pour réintégrer celle de… du commandant Renoir… pendant… un certain temps… puis… repartir ?!
- Oui. Vous les aidez pour cette enquête. Pendant ce temps, j'ouvrirai un recrutement pour la BSU ainsi que la PJ. Lorsque le dossier Lemoine sera bouclé, vous serez prioritaire pour intégrer le poste vacant de votre choix…
Candice observait la scène, un brin interloquée. Attia tentait à tout prix à ferrer son poisson, pour démontrer sa suprématie… et apporter à son insupportable commandant ce « miracle » auquel elle ne croyait pas… La commissaire était prête à tout, s'engageant à octroyer à Antoine un emploi dans la brigade de son choix. Le jeune homme paraissait en pleine réflexion, partagé sur le choix à faire. Renoir commençait sérieusement à douter du génie de son plan… Elle qui, le vendredi, était certaine de retrouver son ancien second, sentait poindre une sourde angoisse.
- Très bien.
- Pardon ?! Firent en cœur les deux femmes
- J'accepte votre mutation temporaire… à cette condition de choisir ensuite le poste vacant qui me plaira.
…
C'est décidé, cette fois, je vais bien voir s'il n'en a que faire de moi ou si je l'attire un minimum… Son attitude, samedi… c'était trop étrange ! S'il y a bien une chance que je lui plaise, hors de question de la laisser filer !
En pensant cela, la blonde observait son second. Antoine avait retrouvé son bureau dans l'open-space. Il était plongé dans l'examen des photographies de l'appartement. Aucun bruit ne le dérangeait… Chrystelle et Meddhi, profitant de son retour, s'étaient absentés pour rendre les documents au couple de bailleurs. L'occasion est trop belle… Candice le rejoignit, s'asseyant à sa droite. Se rapprochant de lui, elle se pencha afin de lui montrer certains détails sur les clichés. Les minutes glissaient et Dumas semblait inébranlable. Inconscient de ses discrètes tentatives de séduction. La chef de groupe se rencogna sur sa chaise, dépitée. Ce matin, elle avait choisi tout spécialement ce fameux chemisier framboise. Elégant, sobre et doté d'un décolleté à faire chavirer tous les hommes… dès qu'elle se penchait ! Et pourtant, le capitaine restait de marbre… Elle soupira avant de montrer, sans arrière-pensée cette fois, les quelques cadres accrochés dans le salon de la victime. Tous représentaient des paysages… Rien de personnel, encore une fois. Candice remarqua cependant un élément intéressant… qui ne concernait absolument pas l'enquête. La main d'Antoine semblait particulièrement crispée… Inclinant le buste vers lui, sous prétexte de saisir une image, elle nota que les articulations devenaient livides sous la pression de ses doigts… La blonde eut un sourire de triomphe. Enfin ! Elle le troublait… Cette fois, c'était indéniable : il réagissait à ses charmes ! Mue par une soudaine impulsion, Renoir se leva et prit appui d'une main sur son l'épaule. Lentement, elle tendit le bras pour saisir le répertoire téléphonique de Mélissa Lemoine. L'objet se trouvait suffisamment éloigné d'eux pour que l'échancrure de son chemisier se situe tout près du visage d'Antoine… Du coin de l'œil, elle constata avec ravissement les effets de sa petite manœuvre. Le stylo de Dumas vibrait presque, tant il le serrait entre ses longs doigts… Une seconde après, Candice se mordait la lèvre, retenant difficilement un gémissement : prise à son propre piège, elle n'avait pas prévu que le souffle chaud de Dumas sur la peau sensible de sa gorge la bouleverserait autant… Elle se redressa, lentement, juste à temps pour voir débarquer ses deux autres équipiers.
- Je te dépose l'attestation de réception pour les documents du couple de loueurs…
Chrystelle avait pris la parole d'un ton neutre et pourtant, elle fronçait les sourcils. Comme une adolescente prise en faute, Candice sentit ses joues rosir… La lieutenant avait, d'un simple regard, deviné la tentative de séduction de sa supérieure… qui se sentait honteuse.
- Au fait, Mélissa Lemoine… Elle bossait dans une boutique de sous-vêtements… Sa chef et sa collègue travaillent cet après-midi, vous y allez ? Avait repris Da Sylva
Renoir surprit un étrange échange de regards entre Chrystelle et le jeune brigadier. Une connivence qui la perturbait. Ses deux recrues lui cachaient quelque chose… Chassant cette impression de son esprit, elle les remercia et regagna son bureau.
…
Ils restèrent silencieux durant le trajet, plongés dans leurs pensées respectives. Candice, de son côté, songeait aux paroles de sa collègue et amie légiste. Cette dernière avait cherché à lui faire comprendre qu'Antoine n'était pas insensible à sa personne, mais elle n'y croyait guère… C'était pourtant ces mots, doublés de l'étonnant mutisme du jeune homme lors de leur rencontre impromptue près de la corniche, qui l'avaient menée à réaliser le petit test… Lequel s'était avéré concluant. Ce qu'elle ignorait c'était si Dumas était troublé à la vue du décolleté ou… par le fait qu'il s'agissait de sa poitrine, à elle…
- J'espère que tu ne m'en veux pas, pour ce retour à la BSU, souffla-t-elle
- …
- A ce point ? Je… Je croyais que… comme on s'était expliqué… Bredouilla la blonde, confuse
- Arrête Candice… Je me demandais comment réintégrer la brigade… Avoua son interlocuteur
Profitant d'un feu rouge, elle se tourna vers lui. Dumas regardait résolument par la fenêtre, comme s'il refusait d'affronter son regard. Elle redémarra.
- Et puis, si je n'avais pas voulu, reprit Antoine, ce n'est pas à toi que j'en aurai voulu. C'est Attia qui a pensé cette solution…
- …
- … mais tu lui as soufflé l'idée… Conclut le capitaine
- Noooooon… Protesta faiblement Renoir. Je lui ai juste dit qu'il était impossible de trouver quelqu'un qui connaisse la BSU, ses membres, son fonctionnement et… qui maîtrise cette enquête dans ses moindres subtilités…
- C'est ce que je dis, Candice… Tu l'as amenée à cette solution… Et elle est persuadée d'en être… l'instigatrice…
- Hum… moui…
Elle jeta un coup d'œil au jeune homme, pour s'assurer qu'il ne prenait pas mal cette initiative. Il secouait la tête, amusé. Surement perçut-il son regard car il lui fit face. Son sourire fit totalement fondre la blonde…
- Merci, souffla-t-il
Ils trouvèrent une place pour stationner non loin de la boutique dans laquelle Mélissa Lemoine travaillait depuis près de deux ans. A quelques mètres de l'enseigne, la chef de groupe se figea…
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Demanda son second, visiblement inquiet
- Chrystelle…
- Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a, Chrystelle ? Répéta Antoine, interloqué
- Ce n'est pas un magasin de sous-vêtements… ni même de « simple » lingerie…
D'un mouvement du menton, elle désigna la devanture. Son compagnon de route resta muet en découvrant la vitrine sur laquelle s'étalait, en lettres rouges « jeux de mains… Jeux de coquins ! ».
En entrant, la jeune femme vit sa première impression se confirmer. L'échoppe était spécialisée dans la vente de dessous sexy, avec un rayon où se côtoyaient jeux coquins et huiles de massage aphrodisiaques… Une femme d'une quarantaine d'années les accueillit d'un charmant sourire et leur pria de bien vouloir lui accorder quelques instants. Candice acquiesça, et celle qui devait être la gérante reprit sa communication téléphonique. Profitant de ce bref interlude pour admirer les modèles présentés, la chef de groupe s'éloigna de quelques pas. Ses yeux glissaient sur des parures qui rivalisaient de suggestivité, entre dentelle et fins rubans, couleurs vives ou délicatement irisées, le tout parsemé de bustiers et guêpières…
La commandant s'arrêta près de la vitrine. La conversation de la patronne touchait à son terme et ils allaient pouvoir l'interroger. Quelque chose effleura sa hanche. Baissant les yeux, elle découvrit avec surprise la main de son second qui frôlait un soutien-gorge vert jade avant de se poser délicatement sur sa taille.
- Joli, ça… Je suis sûr que ça t'irait bien…
Les mots autant que son souffle brûlant contre sa nuque lui arrachèrent de longs et voluptueux frissons… Candice était en transe, n'espérant qu'un baiser, une caresse de cet homme qui la rendait folle…
- Me voilà… Que puis-je pour vous, Messieurs-dames ?
La voix de la propriétaire du magasin résonna, brisant le charme. Renoir rouvrit les yeux à regret et sentit la main d'Antoine glisser lentement puis quitter son corps…
