Excentricité attachante

Percy était totalement prêt avec son blouson en main à attendre bêtement qu'Annabeth arrive. Elle lui avait envoyé un message la veille au soir pour lui rappeler qu'elle avait une option sur son samedi et qu'il devait être prêt pour neuf heures du matin. Il attendait donc qu'elle se pointe en regardant l'heure toutes les minutes, fusillant la grande aiguille qui semblait vouloir prendre son temps pour faire le tour du cadran.

Un klaxonne retentit en bas de l'immeuble et lorsqu'il se pencha à la fenêtre pour voir ce qu'il se passait, il trouva Annabeth dans un cabriolet bleu qui fit sourire Percy. Il claqua la porte derrière lui et dévala les escaliers en courant pour se retrouver face à la blonde qui sursauta lorsqu'elle se cogna à son torse.

« J'allais sonner, rit-elle.

— Je suis plus rapide. Bonjour.

— Bonjour.

— Tu m'emmènes où ?

— C'est une surprise ! sourit Annabeth en remontant dans la voiture. »

Percy se laissa conduire jusqu'au port de San Francisco et là, ils prirent un bateau où étaient déjà plusieurs familles de touristes. Annabeth enfila un gilet de sauvetage, en tendant un au brun qui grimaça, n'ayant jamais aimé en porter, comme con père d'ailleurs. Cependant, il savait aussi que c'était à cause de ça que son père était mort, et il ne ferait pas la même bêtise. Enfilant son gilet, il regardait autour de lui pour savoir où ils allaient comme ça jusqu'à ce que l'homme à la barre prenne un micro.

« Bonjour Messieurs, Dames, bienvenu sur mon humble navire pour vous faire découvrir la vie maritime de notre jolie côte ouest. Vous pourrez voir, si le temps et si les animaux s'y prêtent, des dauphins, des baleines et peut-être même quelques requins qui sont plus peureux.

— En fait, c'est juste qu'on ne les intéresse pas, dit Percy à l'oreille d'Annabeth.

— Comment ça ?

— Les requins ne s'approchent des hommes qu'à deux conditions, lorsqu'ils sentent l'odeur du sang, ils ont un excellent odorat, où lorsqu'il y a des surfeurs. Ils les confondent avec les tortues qu'ils adorent manger et attaquent. En général ils relâchent leurs victimes tout de suite dès qu'ils sentent que ce n'est pas ce qu'ils pensaient.

— Ah, monsieur est un passionné ? demanda le capitaine avec un sourire.

— En fait, c'est mon métier.

— Votre métier ?

— Je suis soigneur.

— Oh, vous avez visité les locaux de l'association ?

— Oui.

— On en reparlera plus tard, dit le capitaine avec un clin d'œil. Reprenons. »

L'homme continua son discours pour les touristes alors que Percy s'en détournait pour mieux observer l'océan qui s'étendait sous ses yeux. Annabeth à ses côtés, l'air iodé et les vagues qui cognaient contre la coque du bateau le rendait plus heureux qu'il ne l'aurait pensé.

Une petite fille cria soudainement, faisant se retourner tout le monde et pointa du doigt la queue d'une baleine qui plongeait sous l'eau. Tous sortirent leurs appareils photos pour immortaliser le moment, sauf Percy qui fixait le mammifère avec un semblant de nostalgie et d'amour évident pour l'être marin.

« Ça te plaît ? demanda doucement Annabeth à ses côtés.

— Tu as le don pour m'emmener qu'à des endroits fabuleux, sourit Percy sans pour autant la regarder.

— Je suis contente alors. J'avais peur que tu t'ennuies.

— Impossible, reprit Percy. Merci. »

Le brun se tourna finalement vers elle et se pencha pour déposer un baiser sur sa joue. Alors que ses lèvres allaient toucher la peau d'Annabeth, cette dernière se tourna vers lui brusquement pour lui montrer la nouvelle baleine qui venait d'apparaître et leurs lèvres se rencontrèrent. Un baiser involontaire qu'ils cessèrent dans la seconde, se fixant bouches bées.

« Je suis désolé, dirent-ils en même temps. »

Percy continuait de fixer la blonde, Annabeth continuait de le fixer aussi. Elle passa en première ses mains dans les cheveux du brun qui accrocha ses hanches pour la faire venir jusqu'à lui. Le second baiser ne fut pas accidentel. Il était voulu et il avait un goût de frustration, de non-dit et de sentiments enfouis pendant trop longtemps.

Ils s'écartèrent lorsque respirer fut de nouveau indispensable et se fixèrent, les joues rouges et le regard luisant d'un désir pour l'autre évident. La baleine décida que c'était le moment parfait pour elle pour éclabousser la petite troupe de touriste et ils se retrouvèrent trempés de la tête aux pieds, Annabeth éclata de rire et Percy s'ébroua comme un chien faisant de nouveau rire la blonde mais aussi la petite fille à ses côtés.

« Un souvenir pour vous, rigola le capitaine. »

Le bateau continua sa route et Percy décida de mettre ses doutes de côtés le temps du voyage et prit Annabeth dans ses bras alors qu'elle grelotait, collant son torse au dos de la blonde qui agrippa les bras chaud et réconfortant de Percy de ses mains alors qu'il posait son menton sur le sommet de sa tête.

Percy était bien. Il se sentait bien. Son cœur battait joyeusement la chamade dans la poitrine et il respirait. Pas comme d'habitude. Il respirait comme s'il n'avait plus pu respirer depuis que l'avion d'Annabeth avait décollé quelques années plus tôt, depuis qu'elle avait quitté New York.

« Merci d'avoir choisi notre compagnie pour votre voyage, compléta le capitaine. J'espère que vous avez aimé notre petite rencontre avec les baleines ! À bientôt ! »

Les gens commençaient à quitter le bateau lorsque le capitaine se posta devant eux et pointa Percy du doigt.

« Jackson, c'est ça ?

— Oui, comment vous savez ?

— J'ai connu votre père, sourit l'homme. J'ai fait quelques missions avec lui en mer. Un gars bien. J'ai été très triste d'apprendre sa mort.

— J'ignorais qu'il avait travaillé sur la côté californienne.

— Oh, trois fois tout au plus, mais c'était suffisant pour qu'on se souvienne de lui. C'est super que vous repreniez le flambeau.

— Merci, sourit Percy les joues rouges.

— Venez me voir quand vous voulez ! J'ai toujours adoré les missions de sauvetages ! s'exclama le capitaine. Je suis bénévole à l'association.

— J'y manquerais pas. »

Percy serra la main de l'homme qui les salua une dernière fois avant de les laisser partir et Annabeth glissa ses doigts entre les siens lors qu'ils furent assez loin pour ne plus entendre l'énergumène chanter.

« Il a l'air sympa.

— Un peu excentrique pour moi, rit Percy.

— Tu manges tous les midi avec la fille la plus excentrique de San Francisco, se moqua Annabeth.

— Fiona est d'une excentricité attachante, la défendit Percy. C'est encore autre chose.

— Attachante ?

— Tu as comprit, rit le brun sous le regard moqueur de la blonde. »

Percy proposa un restaurant mais Annabeth était frigorifiée. Ils se séparèrent lorsqu'elle le raccompagna en bas de l'immeuble où il logeait et il soupira une fois seul, se rendant compte qu'il était dans de beaux draps.

Le jeune homme attrapa son ordinateur et ouvrit l'application Skype pour appeler Nico qui répondit heureusement très rapidement.

« Yo.

— Nico.

— Quoi ?

— Je crois que je suis dans la merde. »