L'amour est un sentiment que l'on ne peut contrôler
AUTEUR: Girl-of-Butterfly
NOTE DE L'AUTEUR: Cette fic se situe pendant la 7ème année de nos héros: Harry, Ron et Hermione.
Elle sera principalement centrée sur Harry et Hermione. Love/Hate
Je mettrais; soit à la fin, soit au début de la potterfiction; une chanson de Mariah Carey qui aura rapport avec le chapitre. Je trouve ses chansons très émouvantes et c'est ma chanteuse préférée!
DISCLAIMER: Les personnages ne m'appartiennent pas, mais à Joanne Kathleen Rowling, sauf ceux de mon invention.
PETITE NOTE : Salut tout le monde ! Avant toute chose j'aimerais que vous sachiez à quel point je suis navrée, désolée, et plus encore de ce retard impardonnable. Si vous saviez comme j'ai honte ! J'ai même peur de poster ce chapitre tellement je me sens coupable.
Mais je tiens tout de même à m'expliquer. Lorsque j'ai posté le chapitre 24, le chapitre 25 était déjà bien avancé. Mais je l'ai arrêté parce que j'avais le BAC à passer. Après les résultats, je l'ai repris et il ne me manquait vraiment que quelques scènes à écrire quand mon ordinateur m'a lâché. Je n'avais pas de clé USB et j'ai absolument tout perdu ! Toutes les scènes que j'avais écrites en avance, mes photos, mes musiques. Tout ! La pilule a été dure à avaler, mais je n'ai pas lâché prise et je l'ai recommencé. Arrivée à la moitié du chapitre, rebelote. Mon ordi plante encore! Cette fois j'abandonne et je pars en vacances en septembre. A mon retour, je profite de la semaine et demi qui me reste avant la rentrée pour recommencer une troisième fois ce chapitre et mon ordinateur abandonne… Désespérée je laisse tomber et je me décide à reprendre plus tard.
Mais avec les cours de fac (je suis en double-licence), les horaires impossibles, les devoirs, et l'absence des vacances, je n'ai pas trouvé le temps de réécrire ce chapitre.
Je l'ai recommencé en février, pendant le week-end qui séparait mon dernier partiel du deuxième semestre, et j'ai écrit petit à petit. Enfin, j'ai profité de mon nouvel ordinateur portable et des vacances d'avril pour terminer ce chapitre 25. Et le voilà, ce chapitre 25 !
J'espère que vous ne me détesterez pas !
Bonne lecture !
Chapitre 25 : De bouleversantes rencontres en rencontres imprévues
Lorsque Matthew transplana à l'intérieur du domaine de Keyrath, la matinée touchait presque à sa fin et la température avoisinait dangereusement les 30°C couvrant son front d'une fine sueur. Il avança prudemment le long d'un sentier battu, se passant régulièrement la main dans les cheveux et dans sa barbe de deux jours. Il grimaça en sentant les poils drus sous sa main et jura de se raser une fois qu'il serait arrivé dans ses appartements.
Voilà deux jours qu'il était parti en mission pour le compte du Lord. Une mission plus ou moins périlleuse qui se serait déroulée avec succès si seulement il n'avait pas pris le risque d'être en retard. Il porta un regard furtif à sa montre alors qu'il traversait les grilles du portail et soupira. Pourvu que le Lord ne se rende compte de rien. S'il apprenait qu'il avait rendu visite à Hermione Granger, il se retrouverait dans de beaux draps. Il décida alors de passer par la porte de derrière afin de monter directement dans sa chambre et feindre d'être là depuis quelques minutes déjà.
A la suite de l'intervention de l'Ordre dans la demeure du Lord, lorsque Dumbledore avait réussi à récupérer Hermione, ce dernier s'était vu obligé de changer de lieu. On pouvait dire qu'il n'avait pas lésiné sur le confort et le luxe. Matthew porta un regard à la vaste cour qui était à l'arrière du château et qui servait dorénavant de lieu de fête pour les mangemorts qui venaient lorsque le Lord les y conviaient. Il ne put néanmoins admettre qu'il était vrai que la cour et son jardin devenaient un lieu magique, la soirée, illuminés de leurs bougies et décorés avec soin par les petits elfes de maison.
Le mangemort poussa la porte de l'arrière-cour avec prudence et entreprit d'enlever sa cape qu'il portait sur lui depuis deux jours déjà. Qu'est-ce qu'il détestait porter deux fois de suite le même vêtement ! Il jeta un coup d'œil autour de lui et remarqua l'inhabituel silence des lieux. Avec un froncement de sourcil, il poursuivit son chemin dans les longs couloirs et passa en cuisine chercher une bouteille d'eau afin de se rafraîchir. Quel ne fût pas son étonnement en voyant des elfes s'activer derrière les fourneaux et certains faire des allers-retours en faisant léviter devant eux toutes sortes de couverts que le Lord sortait uniquement pour les grandes occasions. Intrigué par toute cette activité, il suivit un elfe qui se précipitait vers la salle de réception, une vaste pièce avec de hauts plafonds et dont les fenêtres donnaient sur le jardin. La salle était en train d'être décorée et les tables, nappées, attendaient d'être dressées par les elfes.
« Te voilà enfin ! Approche Matthew ! Lui fit une voix froide. »
Matthew sursauta et se tourna pour apercevoir les deux hommes qui se tenaient debout de l'autre côté de la salle, près d'une table où des dossiers reposaient. Keyrath lui faisait signe de la main et un autre homme demeurait à ses côtés, la main dans la poche d'un costume gris coupé sur mesure, un verre contenant un liquide ambré dans l'autre. Il le regardait avec un demi-sourire, l'air inquisiteur, et Matthew pesta intérieurement. Qu'est-ce que son père venait faire ici ? Il fallait dire qu'il était plutôt rare qu'il se déplace dans l'antre de Keyrath à moins que ce ne soit pour des circonstances exceptionnelles. Très vite, Matthew se demanda s'il avait failli à sa mission avant de regarder les visages des deux hommes qui n'étaient en rien accusateurs ou en colère. Il porta de nouveau son attention vers son père et remarqua plus que jamais la ressemblance qui existait entre eux deux. A vrai dire, il était son portait craché. Exceptés la barbe-moustache que Matthew avait l'habitude de laisser pousser et les cheveux blancs qui commençaient à garnir les tempes de son père, physiquement la ressemblance était frappante : le visage anguleux, la mâchoire carrée, le nez droit et volontaire, les yeux d'un bleu scintillant, les cheveux clairs coupés très courts, la carrure athlétique et les mêmes expressions de visage.
« Père ! S'inclina brièvement Matthew. Que faîtes-vous ici ?
- Voilà une drôle de façon d'accueillir son père, Matthew… Répondit l'homme en tournant son verre d'un mouvement du poignet. Tu n'es pas content de me voir ?
- Je voulais simplement dire que je n'ai pas l'habitude de vous voir… encore moins en présence du Lord. Précisa son fils.
- Henry a tenu à te faire une surprise. »
Matthew fronça les sourcils et se tourna vers Keyrath en l'interrogeant du regard.
« Que se passe-t-il ici ?
- Je tenais juste à organiser une fête en ton honneur après la mission que tu as accompli avec succès. Est-ce que la salle te plaît ? Lança le Lord d'un ton léger qui sonnait horriblement faux.
- Ce n'était pas nécessaire. Répondit l'intéressé sans regarder la salle. J'aurais préféré me reposer en haut. Je suis épuisé.
- Tu n'es pas sérieux ? S'exclama son père. Je tiens à ce que tu sois là. Je ne suis pas venu pour voir les autres mais seulement toi, tu pourrais faire un effort. Nous tenons juste à te féliciter. »
Le regard que lui envoya son père signifia qu'il n'avait pas intérêt à se dérober pour la soirée. Matthew se mit alors à serrer les poings en sentant la colère l'envahir. Comment, à presque trente ans, pouvait-il encore être contrôlé par son père ?
« Il me tarde que toute cette histoire prenne fin, déclara son père en portant l'alcool à ses lèvres, que je puisse enfin m'occuper de ma famille.
- Hermione Granger ne pourra pas nous échapper très longtemps. Rassura Keyrath. Tu sais à quel point nous sommes en train de l'entourer, sa naïveté finira par la perdre.
- Si tu veux mon avis, une fois qu'on se sera débarrassé de ce Potter, cracha l'autre, elle nous sera plus accessible.
- Et si tu veux le mien, tu te laisses trop envahir par tes sentiments personnels. Un peu de patience et nous aurons enfin ce que nous voulons, n'est-ce pas Matthew ? »
Le regard ailleurs, Matthew repensa à sa rencontre avec la jeune femme quelques heures plus tôt. Si seulement il avait pu lui en dire plus ! Les machinations de son Lord commençaient à aller trop loin et au fur et à mesure que sa grossesse avançait elle devenait de plus en plus vulnérable à ces attaques. Ils étaient en train de parler de personnes comme si elles étaient des pantins que l'on déplaçait et avec lesquels on s'amusait à sa guise. Sentant que la question était trop longtemps restée en suspend, il répondit :
« Vous avez raison, maître.
- Est-ce qu'il est toujours aussi formel avec toi ? Interrogea son père en reprenant un dossier entre ses mains pour le consulter.
- Tu as un fils très polie. Fit Keyrath en regardant le concerné de ses yeux froids. Il ne m'a jamais manqué de respect.
- Tout de même ! Tu pourrais faire un effort Matthew… Nous sommes entre nous. Dit son père sans lever le nez de ses papiers. »
Matthew retint sa respiration et fixa les yeux de celui qu'il considérait comme un ennemi, comme son adversaire. Une envie de vomir le saisit soudain en se rendant compte que si les mots franchissaient ses lèvres, Keyrath jubilerait. Son père leva les yeux vers lui, impatient.
« Tu fais du très bon travail Matthew. Reprit-il. Tu ne devrais pas avoir peur d'être un peu plus proche d'Henry. Il s'agit de ton oncle après tout. »
Le visage fermé de son fils voulait tout dire. Le lien de parenté qui pouvait exister entre le Lord et lui, le répugnait au plus haut point et il était hors de question qu'il considère celui-ci comme son oncle. Cela n'arriverait jamais.
Harry suivait Hermione à travers les couloirs du château. Les joues de la jeune femme étaient rouges - signe qu'elle était en colère - et ses cheveux semblaient plus ébouriffés ce qui lui donnait un air sauvage. Ses talons claquaient fermement contre le sol et Harry pria afin qu'elle puisse garder le contrôle d'elle-même. Les élèves, qu'ils rencontraient sur leur passage, leur jetèrent des regards effrayés. Hermione semblait littéralement menaçante et Harry tendit le bras pour tenter de la calmer.
« Hermione, calme-toi… Tenta-t-il.
- Laisse-moi Harry ! Répondit la jeune femme en se dégageant. »
Hermione accéléra le pas lorsqu'elle monta les escaliers qui menaient au quatrième étage et Harry se demanda où est-ce qu'elle trouvait cette énergie soudaine alors que la grossesse était censée la fatiguer.
« Accio baguettes ! Lança Hermione en sortant sa propre baguette de sa poche. »
Le sort se dirigea vers un petit attroupement d'élèves à l'intérieur duquel deux garçons de sixième année se lançaient des sorts et aux vues de leurs contusions ils semblaient s'être battus avant d'en venir à la baguette.
« Si l'un de vous deux tente quoique ce soit, je peux vous assurer qu'il le regrettera ! S'exclama la jeune femme en s'approchant. »
Les élèves la laissèrent passer et Hermione posa son sac parterre pour venir se planter entre les deux garçons en mettant ses poings sur les hanches, furieuse.
« Mais qu'est-ce qui se passe ici ?! Tonna la jeune femme en leur lançant des regards meurtriers.
- Ce gryffondor se doit d'apprendre le respect… !
- Ferme-là, Taylor ! T'as de la chance qu'elle soit arrivée, je t'aurais fais la peau ! Répliqua le gryffondor en s'essuyant sa lèvre ensanglantée.
- Approche un peu… Fit Taylor en s'avançant vers lui. »
Hermione le bloqua d'une main.
« Je ne veux même pas savoir comment ça a commencé mais tout ce que je sais c'est que j'enlève trente points à vos deux maisons… Commença la jeune femme.
- Mais c'est lui… Commença le gryffondor
- Ce n'est pas mon problème ! Il est interdit de se battre au sein du château. De plus vous utilisez la magie à mauvais escient. Je vous donne une retenue pour ne pas avoir respecté le règlement. Les temps sont assez durs pour que vous en rajoutiez avec ces histoires de maisons, vous ne trouvez pas ?!
- Je n'ai aucun conseil à recevoir d'une sang-de-bourbe dans ton genre, Granger. Fit le serpentard d'un ton de dégoût. »
Taylor, le serpentard, fit mine de partir mais Hermione, plus rapide, lui attrapa l'oreille à l'aide de ses ongles et le tira près d'elle. Les élèves eurent un éclat de rire et Harry pouffa silencieusement. Les joues de la jeune femme devenaient écarlates et sa voix se fit menaçante.
« Tu n'imagines même pas ce que je suis capable de te faire, alors si j'étais à ta place j'éviterai de me mettre en colère. Murmura-t-elle en tirant plus fort, arrachant un cri de douleur au serpentard. Puisque tu t'estimes supérieur aux sang-de-bourbe, tu passeras le reste de ton séjour à aider les petits elfes à récurer les toilettes du château sous le contrôle de Rusard. A présent, tu ferais mieux de déguerpir et je n'ai pas intérêt à te voir de la journée ! Est-ce que c'est compris ? Demanda-t-elle en tirant davantage. »
Le jeune homme hocha la tête, grimaçant de douleur et Hermione qui était plus petite que lui dut se lever sur la pointe des pieds afin d'entendre sa réponse.
« Excuse-moi mais je n'ai rien entendu ! Dit-elle.
- Oui, j'ai compris… Articula-t-il avec difficulté. »
Hermione relâcha la pression et Taylor porta sa main à son oreille comme pour vérifier qu'il ne saignait pas et reporta son regard sur Hermione qui était vraiment impressionnante dans son attitude.
« Cela vaut aussi pour toi ! Lança-t-elle à l'adresse du gryffondor qui pensait qu'on l'avait oublié. »
Peu à peu la foule se dissipa, les deux élèves partirent dans des directions opposées en se lançant des regards noirs et Harry put rejoindre Hermione qui se passait une main dans les cheveux.
« Tu leur as vraiment fait peur, tu sais ? Fit Harry en la prenant par la taille. »
La jeune femme se dégagea et prit son sac qu'elle mit sur son épaule. Le gryffondor fronça les sourcils.
« Est-ce que ça va ?
- Je vais très bien, Harry, fit Hermione en prenant la direction des cachots afin d'assister à leur cours de potion.
- Non tu ne vas pas bien. Tu es énervée.
- Je ne suis pas énervée ! S'énerva Hermione.
- Quelque chose me dit que ce n'est pas cette bagarre qui t'a contrariée. Laissa-t-il échapper. »
Harry n'aimait pas lorsque la jeune femme se fermait. Il avait l'impression qu'il était obligé de deviner ce qui n'allait pas. Dans ces cas-là Hermione n'était pas très coopératrice et demeurait dans ses sautes d'humeur à moins qu'une crise de larmes ne surgisse, donnant l'occasion à Harry de la consoler. Mais cette fois-ci il savait très bien ce qui posait problème, à savoir la présence de cet inspecteur dans le château qui devait à ce moment même se trouver dans le bureau de Dumbledore. Cette visite aussi l'intriguait au plus haut point mais il devait à tout prix tenter de calmer Hermione.
« Tu sais que l'énervement n'est pas bon dans ton état. Lui rappela-t-il à ses côtés.
- Je t'ai dit que je n'étais pas énervée ! Répondit-elle en ne le regardant toujours pas, les joues toujours aussi rouges. Oh, et puis laisse-moi tranquille ! Ajouta-t-elle en accélérant le pas. »
Harry s'arrêta et la regarda s'éloigner, surpris.
« Alfred. Accueillit Dumbledore en se levant. Bienvenue à Poudlard.
- Albus ! C'est un plaisir pour moi d'être reçu. Répondit Alfred Surtout en serrant la main du directeur. »
Aucune tension ne se laissait transparaître dans l'attitude du vieil homme qui posait son éternel regard bienveillant sur l'inspecteur. Il l'invita à s'asseoir et fit apparaître sur la table une théière ainsi qu'une carafe de jus de citrouille, accompagnées de deux tasses et de biscuits secs.
« Désirez-vous à boire ? Demanda Dumbledore pendant que son invité se débarrassait de ses capes. »
Alfred désigna la théière, puis jeta un coup d'œil autour de lui. Le bureau du directeur ressemblait à un musée tellement les objets d'antiquités s'entassaient ici et là mais il n'y avait aucune cohérence ce qui lui conférait un certain charme. Fumseck était posé sur son perchoir et semblait le fixer d'un regard perçant.
« C'est une pièce très… spéciale que vous avez là, Albus. Tous ces bibelots… Commença-t-il.
- Toute une vie s'y trouve, Alfred. Mais vous savez aussi bien que moi que les goûts et les couleurs se trouvent dans la nature. Fit Dumbledore avec un sourire. C'est une expression moldue.
- Je ne connaissais pas celle-là. Mais nous n'allons pas perdre de temps. Déclara Alfred en sortant un petit calepin de son sac ainsi qu'une plume. Vous savez pourquoi je suis là.
- Est-ce une question ou une affirmation ? Demanda Dumbledore.
- Le Ministère m'envoie enquêter sur la manière dont vous gérez le château depuis quelques mois.
- Pas de ça entre nous, Alfred. Mit au clair Dumbledore d'un ton sec. J'ai déjà dû m'expliquer devant le ministre lui-même sur les récentes attaques qui se sont déroulées à Poudlard depuis le début de l'année. Mr Scrimgeour m'oblige à rendre des comptes toutes les semaines sur ce qui se passe ici ; qu'il envoie par la suite aux départements des aurors m'a-t-il dit. J'ignore quelles étaient ses intentions en vous envoyant en nous prévenant à la dernière minute. Mais cela n'est pas un problème, vous savez très bien que vous serez toujours reçu à Poudlard.
- J'imagine que le Ministre espérait créer un effet de surprise et que je vienne découvrir ce qui se passe réellement ici. Y'a-t-il des choses que vous nous cachez, Albus ? Posa Alfred en tentant de lire à travers les yeux du directeur qui demeuraient impénétrables.
- Vous êtes libres de le vérifier vous-même. »
Alfred soupira et entreprit de chasser une poussière invisible de son pantalon. Interroger Albus Dumbledore n'était en rien comparable avec ses autres interrogatoires. Le vieil homme était si détendu, si sûr de lui et rien que sa présence et sa voix imposaient un respect qu'il avait du mal à outrepasser. Il se faisait d'habitude plus dur avec ses autres suspects, mais l'illustre Dumbledore semblait être une exception.
« Nous avons reçu une information il y a quelques jours. Dit Alfred d'une voix rauque. Une rumeur… Il paraîtrait qu'un enlèvement ait eu lieu dans l'enceinte même du château.
- Lequel ?
- Une élève. Hermione Granger. »
Le regard de Dumbledore sembla se durcir quelques secondes et Fumseck vola de son perchoir afin de s'installer sur le rebord de la fenêtre de son maître comme pour mieux sonder celui qui semblait l'importuner.
« Que voulez-vous savoir, exactement ?
- Hermione Granger s'est-elle fait enlevée par des mangemorts ? Précisa Alfred d'un ton impatient.
- En effet. Répondit Dumbledore avant de regarder son interlocuteur par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune. Mais il semblerait que vous en sachiez davantage, n'est-ce pas ? »
L'inspecteur se racla la gorge. Les rôles semblaient s'inverser.
« Albus, je vais être direct. Fit-il en rangeant son calepin. Vous risquez gros sur ce coup-là. Le Ministère estime que vous avez mis en danger la vie de deux êtres humains : Hermione Granger et le bébé qu'elle porte. De plus vous avez pris un risque énorme en le cachant au Ministère.
- Si vous n'avez pas eu vent de cet enlèvement, c'était pour protéger les principaux concernés. Rectifia Dumbledore.
- Comment comptez-vous les protéger si vous ne dîtes rien au Ministère ? Haussa Alfred. J'ai l'impression que vous ne vous rendez pas vraiment compte de ce qu'il se passe ici. Un enlèvement, Albus ! Et de surcroît de la meilleure amie d'Harry Potter, qui est enceinte ! Elle est une cible de choix pour les mangemorts. Elle avait besoin de protection et vous le lui en avez privé ! Comme pour tous vos élèves, d'ailleurs ! Ajouta-t-il.
- Pour ce qui est de mes élèves, Alfred, je fais de mon mieux pour les protéger des attaques extérieures et je dispose d'hommes pour veiller sur eux. J'ai demandé à Rufus de m'envoyer quelques aurors à la condition qu'ils soient discrets afin de ne pas perturber les élèves et de ne pas êtres visibles pour les mangemorts. Mais il a sûrement oublié de vous dire qu'il n'a pas donné suite à ma demande parce qu'il désirait que les aurors soient assez visibles pour dissuader les mangemorts. Mais Poudlard n'est pas le lieu où l'on essaie d'inciter les sorciers à voter pour lui aux prochaines élections. Déclara Dumbledore d'un ton posé. En ce qui concerne Miss Granger, elle bénéficie d'une protection rapprochée dont elle-même ne se doute pas.
- Que voulez-vous dire, Albus ? »
Les yeux d'Alfred se plissaient afin de sonder le directeur.
« Miss Granger est assez fragile pour le moment pour ne pas qu'elle s'inquiète davantage sur le fait qu'elle puisse être observée dans tout ce qu'elle fait. Reprit Dumbledore. J'ose espérer qu'il n'y aura pas de tapage médiatique sur son enlèvement.
- Est-ce une menace ?
- Je privilégie simplement le bien-être de mes élèves.
- Qu'est-ce que vous ne nous dîtes pas sur les raisons de son enlèvement ? Je suis persuadé que vous savez pourquoi elle a été enlevée !
- N'est-elle pas la meilleure amie d'Harry Potter ? Rétorqua Dumbledore »
Il était vrai que la raison sautait aux yeux. Mais elle semblait tellement évidente pour l'inspecteur qu'elle lui semblait fausse. Dumbledore ne lui disait pas tout et il se demandait s'il devrait se contenter de cette réponse. Il soupira en prenant conscience qu'il n'avait aucune piste réelle sur les raisons de cet enlèvement.
Lorsqu'Harry arriva dans le cachot, il eût juste le temps de voir Hermione dont le visage était anormalement pâle avant que Rogue ne pénètre dans la salle dans son mouvement de cape légendaire. La jeune femme avait attaché ses cheveux en chignon, comme elle le faisait toujours pour le cours de potions, et posa son regard sur lui avant de détourner précipitamment les yeux. Il alla se placer à ses côtés, mais Neville le devança, et quelque peu énervé il alla s'installer auprès de Ron.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Ron alors qu'Harry sortait son livre de potions de son sac d'un geste rageur.
- Hermione et ses sautes d'humeur ! Pesta-t-il entre ses dents. Je te raconterai plus tard. »
Ron acquiesça et ils portèrent leur attention sur Rogue qui d'un geste de la main fit disparaître tous les livres de Potions provoquant les exclamations de surprise de ses élèves. Il leur sourit, de ce sourire qui lui était si particulier.
« Il me semble avoir accompli mon travail cette année. Annonça Rogue en posant un regard aussi noir que la couleur de ses yeux sur les gryffondors. Les ASPICS approchant, il est temps de mettre en application ce que je vous ai appris durant les sept années que vous avez passé ici. Il nous reste deux semaines pour vérifier si vos têtes servent à autre chose qu'au Quidditch, ou penser à mettre des âneries dans vos copies.»
Comme le silence demeurait, il poursuivit :
« Par groupe de deux, vous allez devoir fabriquer des potions que vous verserez dans des petites fioles. Vous devrez me rédiger trente centimètres de parchemin sur les origines, l'utilité, et l'efficacité de la potion, que vous me remettrez à la fin de l'heure. Chaque jour, je vous donnerai les ingrédients dont la présence est impérative pour l'élaboration de la potion. J'ai eu le loisir de faire les binômes suivants… »
Des exclamations se firent entendre alors que les élèves choisissaient déjà leurs partenaires. Chacun s'arrêta dans son élan.
« Potter et Parkinson, Weasley et Goyle, annonçait Rogue… »
Les noms s'enchaînèrent et des plaintes fusèrent, des insultes surgirent - ce qui n'était pas étonnant en soi.
« Zabini et Granger… »
Hermione retint sa respiration et se tourna vers le métis. Ce dernier la regarda avec un rictus aux lèvres et la bouche de la jeune fille s'ouvrit comme pour faire une réclamation. Mais Rogue était plongé dans la lecture de ses binômes. Lorsqu'il eut fini, il se tourna vers le tableau et inscrivit les ingrédients nécessaires pour la préparation de la potion : « Foie de dragon, feuilles d'orties séchées ». Hermione réfléchit rapidement à la potion dans laquelle le foie de dragon et les feuilles d'orties séchés étaient présentes. Elle n'eut pas à attendre longtemps avant de penser à la potion d'Enflure.
« Granger, je n'ai pas que ça à faire ! Lança Zabini en portant son chaudron. Tu ferais mieux de te dépêcher. »
La jeune femme lui répondit par un regard noir avant d'aller chercher les ingrédients dont elle aurait besoin pour sa potion.
« Même si nous ne nous supportons pas, nous allons devoir travailler en groupe Zabini, que cela te plaise ou non. Dit-elle lorsqu'elle s'approcha de sa table. Alors garde ton mauvais langage pour toi !
- Mais avec plaisir, Granger… Ricana Zabini. »
Le regard qu'il lui lança, la fit frissonner sans qu'elle puisse en expliquer la cause. Elle tenta de prendre de la distance et de se concentrer sur la potion. Malheureusement elle sentait le regard de son partenaire appuyé sur elle.
« Non mais Potter, tu dors ou quoi ?! S'exclama Pansy en se mettant devant Harry qui jetait un coup d'œil à Hermione sans accorder le moindre regard à Pansy Parkinson. Je te signale que cette potion ne va pas se faire toute seule ! »
La serpentarde s'enquit à retoucher son maquillage et Harry la regarda avec dégoût.
« Rien ne t'empêche de commencer ! Lui lança-t-il. »
Au bout d'une heure et demi, les potions n'avançaient guère, remarqua Rogue d'un air dépité. Trois chaudrons avaient brûlés, et certains élèves cherchaient toujours quelles potions pouvaient bien contenir les deux ingrédients qu'il avait marqués sur le tableau noir. Ils n'avaient toujours pas compris comment se révisait le cours de Potions.
Hermione, de son côté, finit de poser une étiquette sur la fiole dans laquelle reposait sa potion.
« Voilà ! S'exclama-t-elle avec un léger sourire. »
Elle la reposa prudemment dans son étui et se tourna vers Zabini qui n'avait pas été d'une grande aide au cours de l'heure passée. Elle rejeta une mèche de cheveux qui était sortie de son chignon et lui demanda :
« Faut-il que je fasse le parchemin ou est-ce que tu peux le faire ?
- Tu vois bien que c'est le cadet de mes soucis ! Répondit-il en relevant le nez du bouquin qu'il lisait. »
Hermione haussa les épaules. Après tout, autant finir ce qu'elle avait commencé. Elle se rassit sur sa chaise avec un soupir de soulagement. Rester debout pendant plus d'une heure trente avait mis son dos à l'épreuve. Elle posa ses mains de part et d'autre de ses reins et entreprit de les masser doucement comme le lui avait conseillé l'infirmière. Elle ferma les yeux afin de se détendre ne serait-ce que deux petites minutes avant de se mettre à rédiger le parchemin. Soudain elle se figea dans un sursaut.
« Qu'est-ce que tu fais Zabini ? Murmura-t-elle.
- Aurais-tu besoin d'un massage Granger ? Lui demanda-t-il dans un sourire. »
La jeune femme se releva de son siège si brusquement qu'elle perdit son équilibre. Elle le retrouva bien vite en prenant appui sur sa table. Sentir les doigts du serpentard à travers le fin tissu de sa cape lui avait donné des frissons. Il la regardait d'une lueur dangereuse.
« Tu ne faisais pas ta petite sainte-nitouche lorsque Travis t'a presque mis dans son lit. Déclara-t-il. »
La gryffondor pâlit soudainement et vérifia autour d'elle que personne n'ait entendu ce que venait de dire Zabini. Comment se faisait-il qu'il sache ?
« Je ne vois pas de quoi tu parles… Fit-elle la voix tremblante en faisant mine de fouiller dans son sac.
- Ton séjour chez le Lord a été trop court, mais ne t'en fais pas on y remédiera.
- Tais-toi… Murmura-t-elle.
- Non, c'est toi qui va m'écouter ! S'exclama Zabini en l'attrapant par le bras. Tu feras moins la maligne lorsque nous t'aurons récupérer parmi nous.
- Vous êtes malades… Fit-elle en tentant de masquer son effroi. Lâche-moi !
- Tu devrais te sentir honorer que le Lord te courtise autant. Renchérit le métis en resserrant sa poigne comme elle essayait de se retirer de son emprise. Nous n'avons pas pour habitude de traiter les Sang-de-Bourbes aussi bien que tu l'as été. Tu seras traitée comme une reine chez nous, alors arrête de te faire désirer et rejoins-nous. Tu n'imagines même pas tout ce que tu peux avoir. Mais tout ce que tu recevras nécessitera un respect sans bornes pour ceux qui te sont supérieurs. »
Une nausée violente submergea Hermione qui fit de son mieux pour ne pas rendre le peu qu'elle avait réussit à ingurgiter très tôt dans la matinée. Son estomac se contracta tandis qu'il la lâchait, l'air fier et le regard belliqueux.
« Je ne vous suivrais jamais, Zabini. Eut-elle la force de déclarer. Je ne m'abaisserais jamais à être comme tes petits chiens autour d'un chef présumé totalement ridicule. Fais passer le message ! »
Sur ces mots elle attrapa ses affaires afin de retourner à sa place et de mettre le plus de distance possible entre elle et le serpentard. Pendant la demi-heure qui suivit elle s'efforça de rédiger son parchemin avec le plus de précisions possible mais son esprit demeurait ailleurs. Elle repensa à l'intervention de Matthew et s'arrêta dans sa rédaction. On cherchait à l'attaquer au sein même de Poudlard. Zabini ne venait-il pas de la menacer ? Il fallait à tout prix qu'elle en parle à quelqu'un. L'esprit embrumé, c'est à peine si elle entendit la sonnerie. Une main vînt frôler son épaule et elle sursauta dans un léger cri de stupeur. Harry la fixait avec une réelle inquiétude dans les yeux.
« Je ne voulais pas te faire peur. Dit-il en l'attrapant par les épaules.
- Tu ne m'as pas fait peur. Harry… fit-elle. »
Les battements de son cœur s'accélérèrent.
« Tu es pâle. Est-ce que ça va ? »
La jeune femme plongea son regard dans le sien et y lut toute l'inquiétude qu'elle lui causait et se maudit intérieurement pour lui faire subir cela. Elle se mordit la lèvre inférieure en jurant intérieurement.
« Je suis désolée. Dit-elle au bout d'un moment en se précipitant pour ranger ses affaires. J'ai quelque chose à faire ! »
Elle déposa sa fiole et son rouleau de parchemin sur le bureau de Rogue et tenta de sourire au jeune gryffondor qui ne la lâchait pas du regard, les sourcils froncés. Hermione sortit du cachot d'un pas pressé en tentant de se rassurer. Après tout, elle n'était sûre de rien. Mieux valait ne pas inquiéter Harry, aujourd'hui. Cela ne servirait rien.
Harry regardait la jeune femme s'en aller, les poings serrés. Il ne ferait rien pour la rattraper, quelque chose n'allait pas et tant qu'elle ne serait pas disposée à le lui dire il ne tenterait rien au risque de provoquer d'autres sautes d'humeurs. Mais cela avait l'air d'être plus qu'une simple saute d'humeur, se dit-il en regardant en direction de Zabini et Malefoy qui chuchotaient avant d'éclater de rire.
« Si tu veux mon avis, ils doivent être en train de mijoter quelque chose. Lui fit Ron qui l'avait rejoint.
- Je ne sais pas ce que Zabini a fait à Hermione, mais elle avait l'air bouleversé. Dit Harry en se rappelant la manière dont elle avait réagi lorsqu'il l'avait touchée.
- Ca ne m'étonnerait pas de lui. Que voulais-tu me dire ?
- Le Ministère nous a envoyé un inspecteur pour enquêter sur Poudlard. Annonça Harry d'un ton plus bas. Il a l'air d'être au courant pour l'enlèvement d'Hermione.
- Comment est-ce possible ? S'alarma Ron. Puis il se calma en se rendant compte du regard des élèves sur lui. A part nous, personne n'était au courant.
- Soit on nous a trahis. Pensa Harry. Soit quelqu'un le savait sans qu'on ne le sache. Mais je ne vois pas l'intérêt de l'avoir rapporté au Ministère. Je pense que c'est cela qui perturbe Hermione.
- Tu m'étonnes ! Rajouta Ron en pénétrant dans la Grande Salle. Avec l'exposition de sa grossesse, ça fait déjà beaucoup pour une matinée. Et la journée n'est pas encore terminée… »
Ils s'installèrent à la table des gryffondors et Cherie qui venait tout juste d'arriver vint se mettre à côté de Ron. Dans quelques minutes la salle serait remplie et les élèves pourraient entamer leur déjeuner avant de commencer la deuxième partie de la journée.
« Il y a une dame et deux photographes qui n'arrêtent pas de prendre des photos de tout et de tout le monde. Dit Cherie. Vous les avez vus ?
- De qui tu parles ? L'interrogea Ron en fronçant les sourcils.
- Cet inspecteur est arrivé avec une femme et deux photographes. Expliqua Harry. Ils prennent des photos, dis-tu ?
- Elle a interrogé quelques élèves puis elle a demandé à ses deux acolytes de prendre quelques photos. J'ai posé pour eux. Répondit Cherie avec fierté.
- Ca ne m'étonne pas. Fit Ron en se penchant pour l'embrasser. Tu es la plus belle… »
Harry fut soudain attiré par les couverts posés sur la table et siffla pour cacher sa gêne. Les effusions de tendresse entre Ron et Cherie étaient souvent très démonstratives. Cela lui rappelait qu'il était encore seul alors que tous ses amis avaient leurs copines. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Il fut interrompu dans ses pensées par un frais parfum sucré qui flottait près de ses narines. Hermione venait de s'installer à ses côtés.
« A quoi pensais-tu ? Demanda-t-elle en retirant la serviette de son plat.
- A rien. Où étais-tu ?
- Je suis allée me rafraîchir. Répondit Hermione en lui accordant un regard. »
Même si les traits de la jeune femme demeuraient soucieux, elle semblait avoir retrouvé des couleurs. Ses cheveux bruns encadraient son visage à l'ovale parfait et ses lèvres étaient si rouges qu'elles semblaient le tenter. Même simple, Hermione demeurait la tentation à l'état pur, pensait Harry. Sur une impulsion, il lui prit la main et la baisa délicatement. Le contact de ses lèvres contre sa peau fit frissonner la jeune femme qui demeura immobile tout en regardant le gryffondor faire. Sa bouche s'assécha à l'idée que ce simple baiser pourrait aller plus loin.
« Je me suis inquiété. Dit Harry.
- Je vais bien. »
Sa voix s'éleva comme un souffle et elle retira sa main avec douceur, mal à l'aise. Pourquoi réagissait-elle avec tant de violence à l'égard de son ami ? Elle semblait presque oublier la fièvre qui les avait pris lors du réveillon de Noël… A cette pensée elle posa une main sur son ventre dans lequel le bébé s'agitait comme s'il ressentait le trouble de sa mère. Elle leva les yeux et rencontra le regard brûlant de Gregory qui était sur le point de s'installer à la table des Poufsouffles. Ses yeux semblaient refléter de la colère ainsi qu'un désir contenu. Un regard qu'elle ne connaissait que trop bien pour l'avoir vu si souvent dans ses yeux lorsqu'il la voyait avec Harry. Apparemment leur séparation ne l'empêchait pas de continuer à être jaloux du gryffondor. Elle secoua la tête et reporta son attention sur la table des professeurs où l'inspecteur et sa délégation avaient pris place. Le déjeuner n'allait pas tarder à commencer. Dumbledore se leva afin de demander le silence aux élèves dont les conversations emplissaient la salle et qui posaient des regards curieux en direction des nouveaux venus.
« Chers élèves, avant de vous inviter à commencer le repas, je souhaiterais faire les présentations. Déclara le directeur de sa vieille voix rauque. Poudlard accueille entre ses murs l'inspecteur Alfred Surthout qui passera la journée parmi nous. »
Des murmures commencèrent à s'élever. La présence d'un inspecteur semblait rappeler la présence de la redoutée Dolores Ombrage qui avait semé la zizanie au sein de l'école deux ans plus tôt et laissait un très mauvais souvenir aux élèves.
« Mr Surthout sera amené à interroger quelques uns d'entre vous et il est inutile de préciser qu'il attend la plus grande sincérité de votre part et qu'il ne tiendra pas rigueur de votre absence de réponse si vous avez le moindre doute… Elodie Walsh, journaliste à « Sorcière Hebdo », nous fait l'honneur d'accorder son prochain numéro à Poudlard. »
La femme se leva de son siège avec un sourire séducteur sur les lèvres et la plupart des garçons la sifflèrent. Il fallait avouer que malgré ses airs hautains elle demeurait une très belle femme qui avait sûrement déjà dépassé la quarantaine. Dumbledore continua les présentations avec le colosse qui servait de protection à Surthout et les deux photographes qui travaillaient pour Sorcière Hebdo puis il invita les élèves à manger et les conversations reprirent.
« Je ne comprends toujours pas pourquoi le Ministère a tenu à envoyer ce fouineur à Poudlard. Releva Harry.
- Est-ce que tu te souviens de ce qu'il s'est passé en deuxième année ? Demanda Hermione en ne touchant guère à son plat. »
Le jeune homme fronça les sourcils. Tellement de choses s'étaient passées lors de leur deuxième année avec l'ouverture de la chambre des secrets et Tom Jedusor qui avait failli tuer Ginny.
« Lorsque le Ministère avait pris conscience que les élèves étaient menacés par ce qui avait tué Mimi Geignarde il y a cinquante ans… Précisa Hermione.
- Oui je m'en souviens. Fit Harry. Mais je ne vois pas où tu veux en venir…
- Dumbledore avait été renvoyé de Poudlard… »
Harry s'arrêta dans son mouvement et se tourna vers elle. Elle regardait le directeur d'un air inquiet et il vit aussitôt où allait son raisonnement. La personne qui avait vendu la mèche avait été très habile et devait avoir eu vent de ce qui s'était passé cinq ans auparavant. Si le Ministre jugeait Dumbledore incompétent à diriger le château alors que le nouveau Lord gagnait du territoire, il n'hésiterait pas à le renvoyer ce qui laisserait le champ libre aux mangemorts pour attaquer Poudlard. Merlin ! Qui espérait une chose pareille ?!
« Est-ce que tu penses à un mangemort ? Demanda Harry.
- Je n'ai aucune idée, Harry. Murmura Hermione en sentant un frisson la parcourir. »
Elle essaya de repenser à ce que Matthew lui avait dit et aux menaces de Zabini mais rien n'y faisait. Etait-ce lui qui avait donné des informations au Ministère ? Qu'attendait Matthew en la mettant en garde ? Devait-elle prévenir quelqu'un comme Dumbledore ou devait-elle seulement être prudente ? Le tout pour le moment était de faire en sorte que tout se passe bien afin que la journée se passe sans anicroches et que cet inspecteur – qui ne cessait de lui jeter des coups d'œil – s'en aille sans avoir rien à redire sur la manière dont Dumbledore s'occupait du château…
Le temps à l'extérieur commença à se gâter après le déjeuner. L'air était toujours aussi lourd mais le ciel s'était assombri et de gros nuages faisaient leurs apparitions. Il n'allait pas tarder à pleuvoir, pensait Hermione en sortant de la bibliothèque les bras chargés de bouquins. La journée touchait presque à sa fin mais elle avait déjà fini ses cours. Elle sortait après avoir été enfermée pendant plusieurs heures dans la bibliothèque qui regorgeait d'élèves. Avec la chaleur étouffante et les élèves qui se faisaient de plus en plus bruyants, elle avait décidé de terminer ses révisions dans sa chambre afin d'être plus tranquille et de se reposer quelque peu. Après le déjeuner, elle avait convoqué les préfets en leur demandant de veiller à la bonne conduite des élèves et à ce qu'aucun incident ne se déclare. La discrétion avait été de mise afin que personne ne se doutât de rien. Elle avait été sur des charbons ardents toute la journée et elle ne pensait plus qu'à retrouver le confort de sa salle commune tout en priant pour que Gregory ne s'y trouve pas. Harry avait passé le reste de sa journée avec une partie de son équipe pour monter une stratégie pour la finale qui approchait. Hermione jura en se disant que rien d'autre n'était plus important dans la vie d'un sorcier que le Quidditch. Elle s'était presque sentie frustrée qu'il ne lui propose pas de passer le reste de la journée avec lui. Mais de quoi auraient-ils bien pu parler ? Des cours ? Des examens ? Du bébé ? D'eux ? Elle se secoua la tête avant d'accélérer le pas. Cette frustration était la cause de son enfermement dans la bibliothèque. Elle devait diriger ses pensées vers autre chose que vers Harry Potter.
Des éclats de voix se rapprochaient dans sa direction et elle se figea au détour d'un couloir lorsqu'elle s'aperçut qu'Elodie Walsh discutait avec un groupe d'élèves très enjoué à l'idée d'être interviewé par une journaliste. La jeune femme tenta alors de faire marche arrière discrètement en espérant qu'on ne la remarque pas. Il y avait tant d'élèves, qu'elle ne devrait pas avoir de mal à se fondre dans la masse. Elle se retourna alors précipitamment et fit demi-tour.
« Miss Granger ! L'appela une voix. »
La jeune femme se mordit la lèvre et serra ses livres contre elle comme elle avançait plus vite.
« Miss Granger ! Je ne m'appelle pas Rita Skeeter ! Ajouta la journaliste. »
Hermione fût bien obligée de s'arrêter et elle se retourna pour voir Elodie Walsh s'approcher d'elle avec un sourire.
« Miss Walsh, je suis ravie de vous rencontrer, fit-elle, mais je suis très pressée…
- Ca ne durera que quelques minutes. Je vous promets de ne pas vous importuner… »
Le regard de la journaliste semblait si sincère qu'Hermione accepta et la conduisit jusqu'à ses appartements où elle l'invita à s'asseoir et à prendre une petite collation. Elle servit son invitée d'un thé à la menthe et se contenta d'un grand verre d'eau pour calmer la migraine qui tapait à ses tempes.
« C'est très charmant. Complimenta Elodie Walsh en faisant le tour de la pièce principale. Vous avez bien des avantages à être Préfète-en-chef.
- C'est vrai. Acquiesça doucement Hermione. On est plutôt tranquille ici. »
La journaliste reprit place sur le canapé couleur crème et ses yeux bleus se posèrent sur Hermione.
« Vous vous faîtes très discrète, Hermione Granger. Aucune interview en trois ans… Conta-t-elle.
- Il faut dire que je n'ai pas eu une très bonne expérience des journalistes. Dit Hermione en s'asseyant sur un fauteuil.
- Rita Skeeter a été une exception dans notre métier. Nous ne sommes pas tous comme elle.
- Mais vous cherchez dans la vie des gens ce qui serait susceptible d'intéresser la population sorcière et augmenter les ventes de vos magazines quitte à inventer des idioties.
- Certains journalistes manquent cruellement d'intégrité et d'honnêteté. Admit son interlocutrice en croisant les jambes. Mais je peux vous assurer que je ne suis pas de cette catégorie là. Avez-vous déjà lu mes rubriques dans « Sorcière Hebdo » ? »
Hermione rougit et but une gorgée de son verre pour se donner de la contenance. Cela faisait des années qu'elle ne lisait plus ce magazine. Elle hocha ainsi négativement la tête par soucis de franchise et Elodie lui retourna un sourire bienveillant.
« Je me suis toujours contenter de retranscrire la vérité. Je ne donne aux journaux que ce que mes clients m'autorisent à dévoiler. Jusqu'à présent je n'ai reçu aucune plainte. J'ose espérer que vous me ferez assez confiance pour vous interviewer très prochainement…
- Je ne sais pas si je dois accepter… Hésita Hermione. Je ne veux pas voir ma vie exposer à l'ensemble de la population.
- Croyez-moi, par expérience, l'interrompit l'autre femme, les gens sont davantage curieux et se mettent à colporter un tas de rumeurs lorsque rien ne leur ait dit. Votre grossesse fait déjà beaucoup de bruit, Miss Granger, je ne sais pas si vous vous en rendez compte. Tous les journalistes vont tenter de s'arracher vos photos et tenter de déterminer si vous entretenez une relation avec Harry Potter ou…
- Mais en quoi cela les regardent-ils ? S'énerva Hermione. Il s'agit de ma vie !
- C'est ce qui se passe lorsque l'on est célèbre et qu'on est susceptible d'être un exemple pour une certaine catégorie de la population. En ces temps d'insécurité les gens ont besoin de s'identifier à quelqu'un et de voir autre chose dans le journal que la mort d'une dizaine de personnes à Cambera dont on soupçonne le nouveau Lord d'être l'auteur. Répondit Elodie avec un sourire contraint. »
Hermione soupira en sachant que la journaliste disait vraie. Elle ne mesurait pas vraiment l'impact que sa grossesse avait eu puisque l'annonce n'avait été faite que dans la matinée même. Outre les lettres des journalistes, elle n'avait eu affaire qu'à un petit nombre d'élèves qui l'avaient questionnée sur sa relation avec Harry, mais rien de bien nouveau. En revanche lorsqu'elle sortirait de Poudlard elle devrait faire face aux regards des sorciers et ce serait sûrement à ce moment-là qu'elle prendrait conscience de la situation. Non ! Parler aux journaux était malgré tout trop prématuré. Comment leur parler d'une chose qu'elle n'avait toujours pas éclaircie elle-même ? Gregory ignorait toujours qu'il n'était pas le père du bébé et même si Harry ne l'avait jamais pressée quant à une future révélation, Hermione savait très bien que le temps pressait. Elle ne pourrait pas continuer à le lui cacher indéfiniment. Elle devrait le lui dire bien avant que quelqu'un d'autre ne le découvre. Son estomac se tordait rien qu'à la pensée de lui avouer la vérité.
« Je saurai faire appel à vous lorsque le moment sera venu, Miss Walsh… Articula Hermione.
- Je patienterai d'ici-là. Acquiesça la journaliste. Détendez-vous Miss Granger ! Parlons de Poudlard à présent… »
Soulagée, Hermione lui sourit à travers son verre.
Harry et Ron flânaient paresseusement dans les couloirs du château, les mains dans les poches comme deux adolescents insouciants qui profitaient du calme qui étaient à leur disposition. Les gouttes de pluie qui commençaient à tomber maintenant au-dehors les avaient dissuadés d'y faire un tour. Vingt heures n'était toujours pas arrivé que le ciel était presque aussi sombre que si la nuit était tombée. Les torches du château étaient toutes en feu mais aucune chaleur ne s'en dégageait ce qui préservait une certaine fraîcheur à l'intérieur du château. Certains élèves commençaient à se précipiter pour s'installer pour le repas du soir mais les deux jeunes gryffondors préféraient prendre leur temps.
« Je ne m'en fais pas pour le match de Vendredi. Fit Ron d'un large sourire.
- Les poufsouffles sont très bons. Prévint Harry, pensif. Je serai plus tranquille une fois que le match sera arrivé.
- Tout le monde attend ce match avec impatience, fit Ron en voyant un groupe d'élèves avec le badge « Allez Poufsouffles » inscrit dessus. Quelle bande d'imbéciles ! Jura-t-il alors que les élèves le regardaient en biais. Pourquoi ces serdaigles soutiennent-ils Poufsouffles ? Tu peux me le dire ?! »
Harry haussa les épaules dans un rire. Ron était quelqu'un de très compétitif qui voulait à tout prix gagner… et ne jamais perdre. C'était peut-être pour cette raison qu'il était devenu un excellent gardien après les échecs cuisants de ses débuts.
« Nous mettrons toutes les chances de notre côté pour ce match. En espérant qu'il ait lieu…
- Pourquoi penses-tu une chose pareille ? Demanda Ron.
- Au point où on en est, le ministre aura sûrement peur que quelque chose se prod… »
Le gryffondor fut coupé dans sa réponse par la vision d'Alfred Surthout qui s'approchait d'eux, comme heureux de pouvoir enfin les approcher. Harry l'avait esquivé toute la journée et il fallait qu'il tombe sur lui à quelques minutes du dîner.
« Mince ! Pesta-t-il.
- Qu'est-ce que tu veux ? Demanda Ron. »
Harry tourna la tête dans sa direction. Ce n'était pas à lui qu'il parlait mais à un petit garçon de première année étrangement très petit alors qu'il devait avoir onze ans au moins. A sa cape on devinait qu'il faisait partie de la maison des poufsouffles et ses grands yeux bruns semblaient effrayés.
« Il y a quelqu'un qui m'a demandé de l'aide… Fit-il d'une voix tremblante.
- Mais de quoi parle…
- Monsieur Potter ! S'écria Alfred Surthout, une fois face à lui. Cette fois-ci je vous tiens ! Vous n'irez nulle part, vous devez me suivre.
- Ce garçon souhaite nous dire quelque chose... S'impatienta Harry, énervé, en reportant son attention au petit garçon.
- Je dois vous interroger sur les récentes attaques. Insista l'inspecteur d'une voix dure. Cela ne peut pas attendre ? »
Son regard se posa sur le petit garçon qui sursauta à l'entente de la voix dure. Il se tortilla les mains et hocha négativement de la tête. Il regarda Harry, l'implorant du regard et murmura :
« Il y a un élève blessé qui m'a demandé de l'aide. Dit-il. Mais je ne savais pas quoi faire…
- Un élève blessé ? Fit l'inspecteur en haussant les sourcils.
- Où ça ? »
Le poufsouffle pointa du doigt un couloir et Alfred le bouscula en avant comme pour leur indiquer l'endroit et les trois hommes s'élancèrent à sa suite. Harry jura intérieurement. Pourvu que ce ne soit qu'une petite blessure et que cela n'ait rien avoir avec une attaque. Chaque jour l'infirmière accueillait au moins un élève qui se blessait. Ils traversèrent un sombre couloir qui débouchait sur la salle commune des Poufsouffles. Une fois arrivé, l'élève s'arrêta comme apeuré et on put distinguer de faibles gémissements. Alfred les arrêta d'un geste de la main comme s'il avait la situation en main et il sortit sa baguette enfoui dans la poche de son pantalon. Harry et Ron n'eurent que faire de ces précautions et le devancèrent. Une forme à l'allure masculine était allongée, le dos contre le mur et se tenait la jambe droite dans des gémissements de douleur. Alfred se précipita vers le jeune homme et s'accroupit auprès de lui.
« Merlin ! Comment cela est-il arrivé ?! Demanda-t-il en se penchant sur la jambe du jeune homme totalement ensanglanté et dont on devinait qu'il avait été brûlé.
- … mangemort… Réussit-il à articuler. »
Le cœur d'Harry fit un bond dans sa poitrine en reconnaissant la voix. Il s'approcha de lui et à la lueur d'une flamme, il distingua d'abord des cheveux châtains qui tombaient sur un front luisant de sueur et un visage contusionné. Son regard tomba sur l'insigne des poufsouffles et remonta sur son visage. Ron posa une main sur son épaule et hocha de dépit la tête.
« Harry on a un problème sérieux… »
Harry serra les poings tandis que Gregory donnait son nom à l'inspecteur. Cette attaque ne pouvait pas plus mal tomber.
« Le ministre est en route pour Poudlard. Déclara Alfred Surthout à l'adresse de Dumbledore. Il sera ici dans une dizaine de minutes… »
Le directeur acquiesça dans un mouvement de tête. Ils se trouvaient à l'infirmerie et Gregory était allongé dans son lit, la jambe bandée ainsi que la tête qui avait été durement cognée contre le mur selon ses dires. Un hématome s'était formé et lui causait une migraine terrible. Pomfresh avait insisté pour lui administrer la potion de sommeil mais Alfred avait refusé estimant que le récit de Gregory ne pouvait attendre le lendemain. Il lui fallait des explications immédiates. Si la journée avait été fructueuse et pauvre en informations, la soirée était beaucoup plus intéressante. Il avait réellement espéré repartir de Poudlard avec un calepin vierge d'informations qui pourraient satisfaire Rufus Scrimgeour, mais le destin en avait décidé autrement. Ses obligations l'avaient forcé à faire appel au premier ministre aussitôt qu'il l'avait pu et ce malgré la pluie qui tombait dru. Des éclats de tonnerre se faisaient entendre et la pluie martelait contre les vitres du château. La porte de l'infirmerie s'ouvrit et Ben entra.
« Comment vont les choses ? Lui demanda Dumbledore.
- Les élèves sont tous dans la Grande Salle et le repas leur a été servit il y a quelques minutes. Répondit Ben en regardant furtivement l'inspecteur. Ils seront raccompagnés par les préfets dans leurs dortoirs tout de suite après.
- Vous auriez dû accepter la proposition du ministre, Albus. Des aurors auraient été mieux à même de protéger les élèves ! Appuya Alfred.
- Moins de bruit ! Ordonna Pomfresh en surgissant de son bureau. Mon patient a besoin de repos. Il serait préférable que vous sortiez.
- Je n'irai nulle part, je n'en ai pas fini avec lui ! »
Alfred s'approcha du lit de Gregory et le regarda en travers, d'un air contenu. Il devait être calme pour poser ses questions. Gregory leva un regard fatigué sur lui et soupira d'un air nonchalant.
« Je pourrais peut-être vous répondre demain. Lui fit-il en portant la main à la tête. Comme vous le voyez je ne suis pas vraiment en état de vous répondre. Je vous ai dit tout ce que je savais !
- Que faisiez-vous dans ce couloir, Monsieur Jefferson ?
- Je suis un Poufsouffle et j'emprunte le chemin que tous les poufsouffles utilisent pour accéder à leur salle commune. Répondit-il comme si cela était évident.
- Mais vous possédez déjà votre propre salle commune que vous partagez avec Miss Granger.
- Peut-être. Mais mes amis se trouvant dans la salle commune des Poufsouffles, je suis allé les voir dans LA salle.
- Comment être sûr que c'est bien un mangemort qui vous a fait cela ? Fit Alfred en regardant sa jambe.
- Je ne connais pas nombre d'élèves capable de jeter un tel sort ! Releva Pomfresh. Il a la jambe littéralement brûlé.
- Est-ce que vous apprenez de tels sorts à vos élèves ?
- Ce sort ne s'apprend pas durant les sept premières années d'étude. Répondit Ben. Il est appris lors de certains concours comme l'entrée au concours pour devenir auror. Vous devriez pourtant le savoir, Monsieur Surthout… »
Alfred chassa cette remarque d'un geste de la main. Dumbledore se détourna de la fenêtre et posa son regard bleu sur Gregory qui détourna aussitôt les yeux, gêné de cette attention soudaine.
« Pourquoi vous, monsieur Jefferson ? Murmura Alfred les sourcils froncés. Parmi tous les élèves présents, on vous a choisi vous ? »
Alfred hocha la tête alors que la porte de l'infirmerie s'ouvrait de nouveau.
« D'abord le professeur Petterson, miss Granger, puis monsieur Potter et enfin vous. Continua-t-il à énumérer, perdu dans ses pensées. Quel lien peut-il y avoir entre Ben Petterson, Hermione Granger, Harry Potter et Gregory Jefferson ?
- C'est aussi la question que je me pose… »
Le premier ministre de la magie anglaise fit son entrée de sa démarche quelque peu claudicante aidé d'une canne. Sa démarche se faisait plus difficile après une chute dans les escaliers de sa luxueuse maison londonienne. McGonagall le suivait, le visage tiré et referma silencieusement la porte derrière elle.
« Bienvenue Rufus. Accueillit Dumbledore de son éternel ton posé et confiant.
- Bonsoir à vous Albus. Grogna le premier ministre en allant serrer la main du directeur. J'aurais préféré ne pas avoir à me déplacer pour de telles circonstances. Comment allez-vous ? Ajouta-t-il à l'adresse de Gregory qui venait de laisser échapper un gémissement de douleur. »
Le jeune homme avait les yeux fermés et hocha la tête de haut en bas comme pour signifier qu'il allait bien, ce qui n'était visiblement pas le cas.
« Ce garçon a bien du courage. Fit Scrimgeour en se tournant vers l'infirmière. Peter Jefferson a été prévenu de l'agression de son fils et viendra sûrement demain matin à son chevet. Comment se fait-il qu'une attaque ait encore eu lieu dans ce château Dumbledore ? Je pensais que vous le protégiez ? »
Sa voix se faisait rageuse et son regard aigu semblait transpercer Dumbledore. Le ministre avait du mal à cacher l'hostilité qui le liait au directeur. La cause ? Harry Potter qui s'était engagé pour le vieil homme au lieu de prendre son parti afin de s'assurer de sa légitimité aux yeux des sorciers anglais.
« J'ai commis une erreur, Rufus. Concéda Dumbledore. Quelqu'un s'est introduit dans le château traversant toutes mes barrières de sécurité… à moins que ce ne soit quelqu'un du château lui-même qui est commis cette agression…
- Ne soyez pas ridicule Dumbledore ! Vous ne savez plus quoi dire et vous décidez à mettre en cause un élève ?! S'écria Rufus en frappant sa canne contre le sol.
- Ne vous énervez pas ainsi, monsieur Scrimgeour. Tenta de calmer McGonagall.
- Me calmer alors que j'entends des idioties pareilles ! Depuis le début vous mettez la vie de nos enfants en danger, Dumbledore ! Vous avez refusé l'aide des aurors que je vous ai proposé !
- Des aurors qui ne serviraient qu'à décorer le château pour vous assurer d'une réélection ? Ce n'est pas ce dont Poudlard a besoin. Répondit Dumbledore d'une voix plus forte qu'à l'accoutumé. Il le regarda par-dessus ses lunettes. Je vous le dit encore une fois que le château est extrêmement bien protégé.
- Vous ne réussirez pas à me faire croire que le problème vient de l'intérieur, Albus. Les mangemorts gagnent petit à petit du terrain, il est hors de question qu'ils en gagnent sur Poudlard. Je dois prendre des mesures urgentes, dès ce soir. D'autres affaires m'attendent !
- Que voulez-vous dire ? Fit Ben inquiet.
- Des aurors arriveront cette nuit pour apporter une protection efficace à cette école. Annonça Scrimgeour d'un ton sec. Quant à vous, Dumbledore, vous ne passerez pas une nuit de plus ici. »
Un cri de stupeur se fit entendre et tout le monde se retourna pour voir Harry et Hermione qui venaient d'arriver. Harry regardait alternativement Scrimgeour et Dumbledore, incompréhensif et Hermione venait de plaquer une main contre sa bouche effarée.
« Miss Granger, que faîtes-vous ici ? S'énerva Ben en se dirigeant vers elle pour la faire sortir. »
A l'entente de son prénom, Gregory ouvrit les yeux et tenta de se redresser pour apercevoir la jeune femme.
« Dumbledore n'ira nulle part. Refusa Hermione en se dégageant de son professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il ne peut pas quitter Poudlard. Nous avons besoin de lui.
- Ce n'est pas à vous de décider, Miss Granger ! L'arrêta le ministre en haussant le ton. Si vous vous inquiétez pour votre sécurité, ne vous en faîtes pas, des aurors s'assureront de votre protection.
- Ce ne sont pas d'eux dont j'ai besoin ! Claqua-t-elle en s'avançant vers son interlocuteur les joues rouges de colère. C'est de Dumbledore dont j'ai besoin.
- Ecoutez-moi, jeune fille, commença-t-il en se rapprochant d'elle les cheveux encore plus roux que jamais, le visage défiguré par l'agacement et la colère. Ce n'est pas parce que vous avez un rôle important dans cette école que je vous permettrais de défier mon autorité ou encore de me parler sur ce ton. C'est moi qui fixe les règles !
- Je n'ai que faire de vos règlements stupides ! S'énerva Hermione en rejetant ses cheveux en arrière les poings fermement serrés. Nous voyons tous clair dans votre jeu. Vous savez très bien que Poudlard est l'endroit le mieux protégé et ces attaques sont justes le moyen de vous assurer d'un vote aux prochaines élections en barricadant Poudlard de quelques aurors. Ca ne marchera pas ! Si Dumbledore part, Poudlard s'effondre avec ! »
La respiration de la jeune femme se faisait plus saccadée, ce qui était un signe avant coureur d'une crise de nerfs qui n'allait pas tarder à arriver. Bientôt elle ne se contrôlerait plus et il fallait à tout prix la faire taire.
« Vous allez trop loin, Miss Granger. Minerva prendra la direction du château le temps que Dumbledore soit entendu par la commission d'enquête. Coupa Scrimgeour. Un mot de plus de votre part et je vous vire de cette école ! »
Alors qu'Hermione s'apprêtait encore à répondre, Harry lui attrapa le bras et lui pria de garder son calme et surtout de ne rien dire. Elle soutint le regard jaune et menaçant du premier ministre puis se tourna vers Gregory qui la regardait silencieusement. Elle vit une once d'espoir éclairer le regard du jeune homme mais elle détourna bien vite ses yeux qui se posèrent sur le directeur qui hochait négativement la tête comme pour lui intimer de se taire. Elle ne pouvait admettre son départ. Le premier ministre était totalement inconscient.
« Je dois m'en aller. Fit-il après un moment prenant son silence comme une abdication. Dumbledore je vous attends dans mon bureau pour huit heures. Minerva, je vous charge de la direction temporaire. »
Le premier ministre n'attendit pas un moment de plus pour sortir de l'infirmerie faisant bien claquer la porte derrière lui. Alfred Surthout s'excusa et partit à sa suite. Il ne restait plus que Dumbledore, McGonagall, Ben, Pomfresh, Harry et Hermione qui se tenaient en silence dans la pièce, essayant de calmer les tensions intérieures. Hermione fut la première qui tenta de briser le silence mais aucun son ne sortit comme elle s'aperçut que les larmes lui montaient aux yeux. Après un regard pour Gregory, Dumbledore s'approcha des deux gryffondors.
« Harry veux-tu bien raccompagner Miss Granger à sa salle commune, je te prie ? Demanda-t-il d'un ton doux. »
Gregory émit un son rauque de frustration et se recoucha en tapant du poing contre le matelas, énervé. Dumbledore dissuada Harry de le contredire et Hermione qui semblait déjà ailleurs se laissa entraîner comme un pantin vers la sortie. Elle se tourna une dernière fois pour apercevoir Dumbledore qui lui souriait à travers ses lunettes.
« Tout se passera bien, Miss Granger. Ne vous inquiétez pas. Lui assura-t-il. »
Elle hocha la tête puis se blottit contre Harry qui la tenait fermement serrée contre lui comme s'il avait peur qu'elle ne s'effondre.
Mais c'est en arrivant dans la salle commune qu'elle éclata en sanglots en s'agrippant contre sa chemise. Seigneur, qu'est-ce qu'elle détestait pleurer ! Ces fichus hormones la mettaient hors d'elle. Elle avait l'impression de ne plus se contrôler. Elle venait de se faire ridiculiser par le premier ministre et c'était de sa faute parce qu'elle n'avait pas su se taire. Mais comment pouvait-elle rester de marbre alors que le premier ministre ordonnait à l'un des sorciers les plus puissants de quitter les lieux comme l'avait fait son prédécesseur avant lui ?
« Hermione tout ira bien. Tenta de rassurer Harry en lui caressant doucement les cheveux. »
Pour cela il aurait d'abord fallu qu'il en soit convaincu lui-même. Le départ de Dumbledore se faisait comme un cauchemar qu'il devait revivre malgré lui. Pourquoi la volonté de puissance de certains hommes l'emportait-elle sur la raison ? Il ne comprenait pas lui-même la décision du ministre alors qu'ils l'avaient tous deux redoutée durant toute la journée.
« Harry, appela Hermione à travers ses larmes, j'aurais dû me douter que quelque chose arriverait.
- Tu ne pouvais rien prévoir…
- Mais on m'a prévenu ! Insista-t-elle dans un hoquet.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Harry en prenant son visage ravagé par les larmes entre ses larges paumes.
- Zabini… commença-t-elle, il m'a dit qu'ils étaient prêts à tout prix pour me récupérer. »
Harry fronça les sourcils et transporta la jeune femme, qui avançait fébrilement, jusqu'au fauteuil.
« Quand Hermione ?
- Pendant le cours de Potions… Il m'a menacé et… Fit-elle d'un ton perdu.
- Mais enfin pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?! S'écria Harry en l'attrapant par les épaules. »
Les pleurs de la jeune femme redoublèrent et Harry se calma face à sa détresse. Elle semblait vraiment mal et n'arrivait plus à contrôler ses larmes. Ses yeux mordorés rencontrèrent ceux d'Harry et elle hocha désespérément la tête.
« Excuse-moi, je ne voulais pas te brusquer. Dit-il en tendant la main vers elle. »
La jeune femme se dégagea violemment et se releva presque aussitôt, le corps secoué de sanglots. Hermione fit un effort surhumain pour combattre ses larmes mais ses nerfs ne l'écoutaient pas. Elle s'en voulait terriblement de n'avoir rien dit. Elle aurait dû s'écouter et prévenir Dumbledore des menaces de Zabini. Mais comment aurait-elle pu se douter que ses menaces connaîtraient une exécution immédiate ?
« Hermione, calme-toi. Ca te ferait peut-être du bien de prendre une douche pour te changer les idées. Conseilla Harry du ton le plus doux possible. Je serai à côté, n'aie crainte. »
La jeune femme acquiesça et tenta de sourire à travers ses larmes. Une douche lui ferait sûrement du bien, se dit-elle en se dirigeant vers la salle de bains. Harry se rassit dans un mouvement totalement disgracieux. La journée avait été horrible sur tous les plans. Il avait d'abord fallu que Rita Skeeter fasse publier cette photo par l'intermédiaire d'un autre journaliste, puis le ministère avait envoyé cet inspecteur qui dieu merci n'avait pas eu le loisir de lui poser des questions. Mais cela aurait été largement préférable à voir Dumbledore quitter le château. Comment Poudlard ferait-il sans lui ? La présence d'Aurors était presque inutile face à ce qui les menaçait. Il prit le temps de se reposer les questions qui avaient surgi dès qu'il avait accompagné Surthout et Gregory à l'infirmerie. Comment se faisait-il que le poufsouffle soit demeuré seul dans ce couloir et que l'attaque fut passée inaperçu ? Pourquoi les mangemorts s'attaquaient à lui ? Il se passa une main dans les cheveux et porta un regard à sa montre. Voilà une bonne vingtaine de minutes qu'Hermione était allée se doucher et depuis plus aucun son n'émanait de la salle de bains. Il se releva et alla frapper doucement à la porte de la jeune femme. Aucun bruit. Craignant qu'il ne lui soit arrivé quelque chose, il ouvrit la porte à la volée et tomba sur la gryffondor qui était en train de tresser ses cheveux pour la nuit assise à la coiffeuse de sa chambre. Elle se retourna et Harry remarqua ses traits tirés. Elle avait l'air étrangement épuisé.
« Désolé de cette entrée. Fit-il en refermant la porte derrière lui. Tu ne répondais pas et j'ai cru que…
- Je n'ai pas entendu. Répondit-elle en finissant sa tresse. »
Elle se releva pour se diriger vers son lit impeccablement fait, aux draps immaculés. Harry la suivit du regard en jurant en silence. Qu'elle était belle !
« Approche-toi, Harry. Lui intima-t-elle. »
Le jeune homme ne se le fit pas redire deux fois et s'approcha d'elle en observant la courbe de son visage et de son corps habillé d'un pyjama deux pièces en soie qui épousait l'arrondie de son ventre.
« Je pense qu'il vaut mieux que je te laisse dormir à présent… Fit-il gêné en se raclant la gorge. Bonne nuit. »
Il se releva et se retourna pour partir et lorsqu'un coup de tonnerre surgit, Hermione lui attrapa brusquement le poignet.
« Reste. Lui dit-elle dans un murmure. »
Ses yeux l'imploraient du regard et il fut presque tenter par cette main si douce qui lui tenait le poignet.
« Hermione… Fit Harry malgré tout en tentant de partir.
- Harry, reste. Pria-t-elle. S'il te plaît, ne t'en vas pas. »
Le regard du Survivant se durcit et une ombre de désir passa dans son regard. Comment pourrait-il réussir à dormir alors qu'il n'avait espéré qu'une chose durant toute la journée : poser ses lèvres sur celles d'Hermione ? La jeune femme l'attira alors à elle et il entreprit de se déchausser et de se dévêtir. Il enleva sa chemise ainsi que son pantalon qu'il posa soigneusement sur une chaise et s'allongea entre les draps. Il se coucha avec prudence, les mains croisées derrière la tête, tendu comme il ne l'avait jamais été. Pourtant ce n'était pas la première fois qu'il dormait avec la jeune femme. Il avait passé la nuit avec elle lorsque Gregory l'avait agressée. Mais les circonstances de ce soir là avaient fait qu'il n'avait pas eu le temps de penser à ces choses-là ! Mais il y avait aussi eu ce soir de décembre où pris par le feu de la passion il lui avait cédé. A cette pensée il mit davantage de distance entre lui et Hermione. Pourtant, comme si la jeune femme ne prenait pas conscience de son débat intérieur, elle se rapprocha de lui lentement mais sûrement. Sentant la chaleur de la jeune femme se rapprocher, Harry ouvrit les yeux et les abaissa pour la voir. Ses yeux étaient fermés et elle tendait une main qui vint se loger sur son torse finement bâti.
« J'ai été exécrable pendant toute la journée, Harry. Je te prie de m'excuser. Fit Hermione les yeux brillants levés vers lui.
- Tu n'as pas à t'excuser… Lui répondit le jeune homme aux cheveux noirs en se raclant la gorge. Il est normal que tu aies des excès d'humeur. »
Il repoussa une mèche bouclée qui pendait sur le haut de son visage et retira sa main comme s'il s'était brûlé. Il ne devait surtout pas la toucher.
« Mais cela ne me donne pas le droit de te parler comme je l'ai fais… Ni comme j'ai osé parler à Scrimgeour.
- C'est fini, Hermione. Tu ferais mieux de dormir. La journée a été plus que fatigante. Murmura Harry en voyant les épaules de la jeune femme se relâcher. »
Faisant fie de son cheminement intérieur et n'écoutant que son cœur, il attrapa le corps de la jeune femme qui se colla presque aussitôt contre le sien. Le bras du gryffondor vint se poser dans le creux de ses reins sous le fin tissu de sa chemise de nuit et il la sentit frissonner. Il huma le parfum de ses cheveux en retenant un râle de plaisir alors qu'Hermione entrelaçait ses jambes aux siennes. Elle le tentait, pensa-t-il au contact de ces douces jambes contre les siennes. Bon sang, elle ne se rendait pas compte de ce qu'il endurait ! Il la sentit lentement se détendre avant de sentir sa respiration devenir lente et régulière. Elle s'était enfin endormie. Harry posa un baiser sur sa tempe, ferma les yeux, et bercé par le son de la pluie, il s'endormit.
Le jour se levait sur Poudlard lorsqu'Harry émergea de son sommeil. Il papillonna des yeux qui se plissèrent à l'entrée du soleil dont les rayons traversaient les rideaux. Désorienté il se demanda un instant où il se trouvait. Un doux parfum emplissait la pièce et une certaine tranquillité planait, aucun ronflement et surtout il n'avait pas l'habitude de cette douce chaleur auprès de lui. Se faisant à la lumière du soleil il ouvrit les yeux et jeta un coup d'œil circulaire. Tout lui revenait enfin à l'esprit. Il se pencha contre la jeune femme qui était blottie contre lui et l'embrassa légèrement sur la joue. Elle remua légèrement mais ne se réveilla pas. La main du jeune homme reposait sur le ventre de la gryffondor et il soupira. La nuit n'avait pas été des plus tranquilles.
Au cours de la nuit, Hermione avait été prise de violents vomissements et de maux d'estomac qu'Harry avait tenté de calmer à coup de tisanes et de bars chocolatés. Au bout d'une heure et demie, elle s'était rendormie et Harry avait gardé un œil sur elle. L'envie d'avoir recours à l'infirmière l'avait tiraillée mais la jeune femme s'y était fermement opposée prétextant qu'elle ne souhaitait pas être seule pour la nuit. Pour éviter de la contrarier Harry avait accepté mais en demeurait tout du moins inquiet. La journée de la veille avait été éprouvante et avait mis les nerfs de la future maman à rude épreuve, ce qui n'était pas bon dans son état. Il leva le bras pour jeter un coup d'œil à sa montre et quand il vit qu'elle indiquait huit heures, il tenta de se dégager lentement des bras de la jeune femme qui fronça les sourcils dans son sommeil quand il se sépara d'elle. Il la recouvrit chaudement de la couverture lorsqu'il sentit un frisson le parcourir et se glissa hors de la chambre sur la pointe des pieds.
La pièce centrale était totalement éclairée et Harry prit le temps de l'observer à sa guise. C'était la première fois qu'il venait dans la salle commune des préfets-en-chefs pendant la journée. Il ne l'avait jamais vue de jour et cela eut pour effet de le détendre tellement la pièce était agréable. Tout était impeccablement rangé, et il s'amusa même à passer un doigt sur un meuble ancien qui n'avait pas l'ombre d'une poussière. Même si la propreté était sûrement due aux elfes de maisons, il ne devait y avoir qu'une responsable de l'ordre qui y régnait : Hermione. A cette pensée, il se demanda ce qu'il en serait de ses relations futures avec la jeune femme vis-à-vis du bébé. Sachant que la jeune femme n'était plus avec Gregory, où vivrait-elle ? Auraient-ils des appartements séparés l'un et l'autre, se partageant la garde de leur fille ? Il soupira et cette idée le mit soudainement de mauvaise humeur. Il n'aurait jamais le courage de proposer à Hermione de vivre avec lui. Cela paraissait complètement absurde, pensait-il en posant une bouilloire sur le feu. Il savait que la gryffondor tenait à son indépendance. Et puis à part le bébé, il n'y avait absolument rien qui les obligeait à vivre ensemble. Il jura en se brûlant contre la bouilloire et referma violemment le placard. Une porte grinça et il se retourna. Hermione se tenait dans l'encadrement une main portée à son front, les yeux plissés par le sommeil.
« Bonjour, fit-elle avec un léger sourire.
- Je suis désolé ! Répondit Harry. Je ne voulais surtout pas te réveiller !
- Ce n'est pas grave. De toute façon, je n'avais plus sommeil. »
Elle s'approcha de la table de la petite cuisine et se laissa tomber sur une chaise.
« Comment te sens-tu ce matin ? Demanda Harry en mettant la table pour le petit déjeuner.
- Nauséeuse… souffla-t-elle, et un léger mal de tête. A part ça tout va bien.
- Tu ferais mieux d'aller te recoucher, suggéra Harry, et de te reposer. La journée d'hier a été éprouvante et il faut que tu récupères.
- Harry, fit Hermione d'une voix douce. Je ne suis pas du tout fatiguée. De plus, je ne peux pas me permettre de paresser au lit alors que McGonagall va sûrement faire appel aux préfets pour éclaircir la situation et prendre des dispositions. Je dois me préparer. »
Le jeune homme posa un plat de toasts sur la table et regarda la jeune femme, les sourcils froncés. Elle se tenait les mains serrées entre les cuisses comme si elle avait froid et tremblait légèrement. Et elle voulait lui faire croire qu'elle allait bien ! Il n'était pas dupe, mais Hermione était aussi têtue qu'on pouvait l'être.
« Mais ce qui t'est arrivé cette nuit m'a tout de même inquiété. Si je te laisse partir est-ce que tu me promets que tu iras voir Pomfresh pour qu'elle puisse s'assurer que tout va bien ? Dit-il suspicieux. »
Peut-être que l'infirmière réussirait à la renvoyer dans sa chambre.
« J'irai voir Pomfresh, si ça peut te rassurer. Accepta Hermione en se relevant, une main posée sur son ventre. Mais tu ne dois pas t'inquiéter autant pour moi… »
L'attitude d'Harry lui faisait réellement chaud au cœur. Il avait été totalement présent cette nuit quand elle avait eu cette violente crise et avait veillé sur elle de la même manière dont il avait agit après que Gregory ait tenté de la violer. Mais l'idée que cette soudaine attention ne soit due qu'au fait qu'elle porte son enfant la tourmentait. S'il n'y avait pas eu cette enfant, seraient-ils là tous les deux, prêt à partager ce petit déjeuner, et discutant comme si rien ne s'était jamais passé. Elle avait la terrible sensation de brûler les étapes et peut-être avait-elle été trop loin en lui demandant de rester pour la nuit. Elle sortait tout juste de sa relation avec Gregory que déjà elle s'endormait dans les bras d'un autre homme… Mais elle aimait la manière dont Harry la regardait, avec tendresse et … désir. Non ! Comment pouvait-elle être désirable alors qu'elle grossissait à vue d'œil et qu'elle avait l'air boudiné dans ce petit pyjama.
Harry la regardait froncer les sourcils. Qu'est-ce qui n'allait pas ?
« En fin de compte, je pense que je vais aller me préparer maintenant. Déclara-t-elle. Il se fait déjà tard et je ne voudrais pas faire attendre McGonagall. Je ne veux pas non plus que tu sois en retard, Harry. Une fois que tu auras fini, tu pourras partir. Merci encore pour… pour tout. »
Le jeune homme la regarda s'en aller, interloqué. Etait-ce une manière polie de le mettre à la porte, se demandait-il ? Mais qu'est-ce qui s'était passé ? En l'espace de quelques secondes, elle avait changé d'attitude. Qu'avait-il dit ou fait pour qu'elle réagisse de la sorte ? Quelque peu agacé par le comportement de son amie, il attendit d'entendre le bruit de l'eau couler dans la salle de bains pour aller chercher ses affaires et retourner à sa salle commune. Depuis la veille, elle semblait réellement distante et c'était à ne plus rien comprendre.
Hermione fit un détour à l'infirmerie avant de passer au bureau de McGonagall, dans le but d'apporter quelques vêtements propres à Gregory. Se sentant plus disposée, après une bonne douche, elle s'avançait vers l'infirmerie d'une démarche souple, pensive, se demandant comment est-ce qu'elle devrait se comporter face au poufsouffle. Le jeune homme avait eu l'air de souffrir, la veille, et elle ne pouvait pas se montrer glaciale avec lui alors qu'il n'était pas en pleine possession de ses moyens. Elle opterait plutôt pour l'indifférence, afin qu'il ne puisse penser qu'elle passait sur tout ce qui s'était passé. Elle lui déposerait ses affaires et repartirait comme si de rien était. Avec un petit peu de chance, peut-être serait-il en train de dormir ? Elle souffla en relevant le sac qu'elle portait. Pourquoi avait-elle l'impression d'être si lourde aujourd'hui ? Etait-ce parce qu'elle avait enfilé ces chaussures à talons malgré le fait que ses chevilles aient enflés ou parce qu'elle avait des maux d'estomac qui ne s'étaient pas estompés durant toute la nuit ? Elle aurait mieux fait de suivre les conseils d'Harry et de dormir un peu plus longtemps.
Hermione redressa les épaules lorsqu'elle fut devant la porte de l'infirmerie, faisant bouger ses cheveux maintenus dans une haute queue de cheval. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle se sentait aussi tendue à l'idée de faire face à Gregory. Elle entra dans l'aile et observa les quelques élèves qui étaient allongés, soit à cause d'une allergie, ou d'une potion qui avait mal tourné et autres choses encore, avant de s'approcher du lit de Gregory. Un paravent avait été disposé, mais il ne cachait pas l'homme qui était assis sur la petite chaise, penché auprès de son ex petit-ami. Elle contourna alors le paravent, et se tourna vers Gregory qui se redressa aussitôt en la voyant arriver. Il était aussi pâle que la veille et son visage semblait surpris. Ses cheveux bruns étaient tout ébouriffés sur le sommet de sa tête et il la regardait comme s'il ne s'attendait vraiment pas à la voir.
« Hermione ! Appela-t-il. »
Elle s'apprêtait à lui répondre lorsque l'homme, qui était assis auprès du poufsouffle, se releva faisant ainsi grincer sa chaise, attirant par la même occasion l'attention d'Hermione. La jeune femme se retourna dorénavant à l'homme qui lui faisait face.
Son cœur s'arrêta de battre.
Sa respiration se coupa.
Son sac tomba à terre, sans qu'elle ne s'en rende compte et ses yeux s'accrochèrent, écarquillés, aux yeux d'un bleu profond de cet homme. Merlin ! Cela ne pouvait être possible !
L'homme, aux tempes grisonnantes, qui la dominait de sa haute taille tendit une main vers elle sans qu'elle ne prit même conscience de cette main tendue vers elle, trop éprise par le visage qu'elle avait en face d'elle.
« Vous êtes encore plus ravissante que sur les photos, Miss Granger. Lui fit-il avec un sourire. Quel plaisir de pouvoir enfin rencontrer la fiancée de mon fils. »
Stupéfaite, Hermione resta bouche bée.
Avait-elle une hallucination ou cet homme ressemblait à s'y méprendre à Matthew…
Didi : Merci beaucoup pour tes encouragements et je suis réellement désolée du retard que j'ai pris. J'espère néanmoins que tu auras encore le courage de me suivre. Ca m'attriste aussi que la saga Harry Potter se soit achevée mais nous somme tous là pour continuer à la faire vivre. Bisous !
miiss-vaness-nessa : Je ne te tiendrais vraiment pas rigueur de ne pas avoir laissé de reviews parce que tout d'abord je ne poste pas régulièrement et puis quand je vois le nombre de lectures ça me fait déjà énormément plaisir. Je ne sais pas si on est réellement débarrassé de Gregory mais pour le moment avec Hermione c'est un peu compliqué. Harry a l'air de profiter du nouveau statut d'Hermione mais il ne sait pas trop non plus où il en est. Bisous !
Alex : Moi aussi j'adore les Harry/Hermione. J'espère que ça t'a plu. Bisous !
Gaabrielle : Il me semble que tu me suis depuis le début et je suis sincèrement désolée pour le retard que j'en ai tellement honte. Hermione a bien cessé de se laisser berner, comme tu dis, par Gregory et elle ne semble pas gêné plus que ça par ce qui lui est arrivé. Comme on l'a vu dans ce chapitre, les médias risquent bien de bouleverser Harry et Hermione mais ils ne se rendent pas encore vraiment compte de l'impact de cette révélation. Mais la présence d'Alfred et les menaces de Zabini ont été dur à encaisser et ce n'est pas encore fini. Merci encore pour ta fidélité. Gros bisous !
Saika Garner : Il me semble que tu as déjà laissé quelques reviews et quand bien même tu ne l'aurais pas fait que je ne t'en voudrais pas du tout ! Je ne sais pas si c'est la rupture d'Hermione qui va profiter au couple Harry/Hermione mais en tout cas cela s'annonce bien. Merci. Bisous !
Raundi : Je n'ai aucune idée de quand cette histoire se finira vraiment ! Lol. Il reste des intrigues à dénouer et j'en ai encore pour quelques chapitres. Merci beaucoup pour tes compliments et bisous !
Lana51 : Moi induire les gens en erreur ? Je n'oserais jamais, voyons ! Pourquoi doutes-tu de l'innocence de Gregory ? J'ai bien aimé que tu puisses penser qu'il y ait une possibilité que Gregory se fasse manipuler, ça change des affabulations des autres reviewers lol ! Tu maintiens ta position, Ben ne serait pas clair. On verra bien. Je ne sais pas s'il me cache des choses à moi. Il est vrai que Matthew est très important et tu t'en rendras davantage compte dans le prochain chapitre. En tout cas je dois te dire que tu es un auteur très remarquable dans le suspens parce que tu vois vraiment plus subtilement que les autres et je le vois même dans tes histoires ! Gros Bisous !
pupusssse972 : Comment ai-je pu laisser Hermione si longtemps avec Gregory ? A vrai dire je n'en ai aucune idée. Ils étaient si mignons ensemble, non ? J'espère que ça t'a plu. Bisous !
lise : Je suis réellement navrée de vous avoir fait attendre autant de temps et encore plus que tu te sois inquiétée pour moi, c'est vraiment gentil ! Mais je vais très bien, c'est vraiment les cours, le bac, et la fac maintenant qui m'ont pris du temps ainsi que mon ordinateur qui m'a fait des misères. Tu m'as l'air inquiète que le couple Gregory et Hermione soit réellement fini. Lol. Il est vrai que l'irruption de Matthew dans Poudlard est plutôt étrange et je suis étonnée qu'Hermione n'ait rien dit ! Quant à savoir si Gregory et Matthew ne forment qu'une seule et même personne, tu auras ta réponse dans le prochain chapitre. Mais en qui concerne le frère d'Hermione… Je suis surprise lol. Matthew serait le frère d'Hermione, pour toi ? On verra bien, je ne sais pas. Merci encore pour ta review. Gros Bisous !
carolane : Tout le monde a l'air ravi que ce soit fini avec Gregory, lol. Ravie que ça vous plaise ! Harry et Hermione c'est effectivement pour bientôt. Matthew ne restera plus longtemps très mystérieux. Bisous !
pauline : Hermione a effectivement prit conscience que Gregory n'était pas fait pour elle (mieux vaut tard que jamais). C'est vrai qu'Harry fait preuve d'une grande maturité et semble assumer sa paternité et c'est tant mieux ! La relation entre Harry et Hermione évolue mais elle n'est toujours pas très clair, on verra bien dans les prochains chapitres comment ça se conclura. Bisous !
cradoss : Tu as eu bien du courage de lire cette histoire aussi rapidement. C'est vrai que la relation entre Gregory et Hermione a duré longtemps, 24 chapitres ! Mais comme je l'ai dit plus haut, je ne sais pas si c'est cette rupture qui sera à l'origine du nouveau couple mais en tout cas c'est bien partie ! En ce qui concerne Matthew que tu penses être le demi-frère de Gregory, je ne peux rien dire pour le moment mais vous le saurez dans le prochain chapitre ça c'est sûr ! Le nom du bébé sera connu à la naissance. Jusqu'à présent avec tout ce qui leur arrive, Harry et Hermione n'y ont même pas pensé. Merci beaucoup pour ta review ! Gros Bisous !
Athenais : Encore une fidèle revieweuse ! Si la confrontation entre Harry et Hermione t'a fait plaisir, j'espère que tu seras enchantée par la suite ! Là j'explose de rire : Gregory, psychopathe ? C'est bien trouvé. Mais en quoi est-il psychopathe ? Fou, oui. C'est vrai qu'Harry et lent et je ne sais pas pour toi mais il avait l'air très tendu pendant ce chapitre. Je ne sais pas ce qu'il attend. C'est vrai que ça m'a fait mal de voir qu'Harry et Hermione ne finissait pas ensemble dans les bouquins, mon oncle m'a dit (pour l'anecdote) que si ça ne me plaisait pas que je pouvais lui apporter une gomme pour qu'on efface la fin lol ! J'aurais tellement aimé, mais bon ! Merci pour ta review et gros bisous !
Vicky-The-Best : C'est vrai que Gregory ne sait toujours pas qu'il n'est pas le père de l'enfant et moi aussi je suis assez pressée de voir comment il va réagir et surtout de quelle manière il va l'apprendre ! Merci pour ta review bien que je poste près d'un an après. Merci de ta patience. Bisous !
Iris : Je suis désolée de t'avoir fait attendre si longtemps ! Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que la suite t'aura plus ! Bisous !
Manon : Encore une fois désolée ! Sincèrement désolée de faire attendre aussi longtemps les lecteurs ! J'espère néanmoins que la suite t'aura plus.
Tequila : En voilà un (ou une) qui n'est pas pressé(e) de voir la relation Harry/Hermione se concrétiser. Tu préfères la voir s'installer. Pour l'instant, tu es bien servit. Pour répondre à ta question, Hermione est enceinte de 23 semaines environ soit un peu plus de cinq mois. Bisous !
Lilie : Merci beaucoup pour ta review et j'essaie vraiment d'écrire quand je le peux ! J'espère aussi qu'elle se finira vite ! Bisous !
Harmonyforever07 : Mieux vaut tard que jamais. Ce n'est pas grave si tu n'as jamais laissé de reviews, lol ! Tu penses que Gregory n'est pas prêt à laisser Hermione tranquille, je le pense aussi mais bon je ne sais pas vraiment ce qu'il cherche. Tu as bien vu qu'Harry et Hermione se rapprochaient mais on est encore loin du compte ! L'histoire n'est pas encore finie et il nous reste encore des bons et des mauvais moments à partager ! Gros Bisous !
Cho13 : Tu es ravie que ce soit fini entre Gregory et Hermione. Ravie que ça te plaise alors ! Mais je ne sais pas si Gregory cache réellement quelque chose. En ce qui concerne Matthew j'aimerai bien aussi qu'Hermione en parle enfin à quelqu'un ! J'espère que ça t'a plu. Bisous !
Schtaline le grand : Salut, je vais très bien merci et toi-même ? Je suis contente que mon histoire te plaise et j'espère que tu continueras à la suivre ! Bisous !
Yumi34 : C'est vrai qu'il reste encore des intrigues à dénouer : la relation entre Gregory et Hermione n'est vraiment rien par rapport à ce qui les attend. Je ne sais pas si Harry va découvrir ce qu'il s'est passé entre eux lorsqu'ils étaient en froid, c'est à voir. Quant à l'intervention du ministère tu as bien vu ce que cela a provoqué et la situation n'est pas prête de se rétablir.
Garance : Tu as eu bien du courage de lire cette histoire d'un trait ! Félicitations ! Merci pour tes compliments ça me fait réellement plaisir même si j'ai du mal à les accepter parce que je vous fais attendre tellement longtemps que ça en devient abusé. Il m'arrive aussi de faire des fautes d'orthographes, et des fautes d'attention, mais bon on fait comme on peut ! Merci à toi ! Bisous !
Wendy's Stories : Matthew le fils de Ben ? D'où te vient cette idée ? Je serais bien curieuse de la savoir ! Toutes les hypothèses sont les bienvenues ! Pour rien au monde je n'arrêterais cette histoire ! Même lorsque je n'écris pas, j'y pense tellement elle fait partie de moi, donc tu n'as aucune inquiétude à avoir là-dessus, lol ! Merci beaucoup ! Gros Bisous !
Black666 : Il est vrai que cette histoire est à la base une romance mais je n'imaginais pas une romance où tout serait beau. Il faut que ça se complique, que ce soit dur pour que l'achèvement n'en soit que plus beau ! Si tu aimes, ça me fait plaisir ! Merci ! Bisous !
_______________________________________________________________________________________________________________
Voilà ! J'espère que ce chapitre vous aura fait plaisir. J'ai une confidence à faire : les deux dernières scènes du chapitre n'étaient totalement pas prévues pour être dans ce chapitre-là. C'étaient le début de mon chapitre 26, mais au dur et à mesure que je répondais à vos reviews, je me suis dis que je ferais mieux de les ajouter. Je sais que c'est mal coupé ! Je suis désolée de vous laisser sur votre fin.
Je suis sûre que maintenant vous aurez un tas d'hypothèses et je les lirai avec plaisir. Merci encore infiniment du plaisir que VOUS m'apportez avec vos reviews ça m'encourage à continuer.
Merci encore pour vos reviews ! Bisous !
GirlofButterfly.
