24 : Ce n'est qu'un au revoir (Première partie)
Le mois de mai touchait à sa fin, amenant avec lui l'habituel stress des examens et les longues heures d'études. Les cinquièmes années étaient particulièrement angoissées et même les Maraudeurs avaient été pris à étudier avec application. Et pourtant, l'élève la plus appliquée de l'école, elle, n'était pas plongée dans ses cahiers mais déambulait dans les couloirs d'un air pensif. Portant une main à son front, Lily se massa le crâne d'un air douloureux. Elle ne savait pas trop pourquoi, depuis le matin, un mal de tête insupportable lui vrillait les tempes avec acharnement. Sans doute parce qu'elle n'avait pas assez dormi, trop plongée dans ses pensées pour trouver le sommeil. Mais comment pouvait-elle dormir quand son fils venait la voir et l'appelait désespérément ? Lily s'arrêta au détour d'un couloir, se massant la tête et repensant à son rêve. C'était toujours le même rêve et toujours aussi douloureux pour la jeune fille.
Depuis qu'elle savait la véritable identité d'Harry McDrell, soit Harry Potter, les rêves qu'elle faisait à son sujet avaient totalement changé. Si autre fois elle l'entendait appeler sa mère et son père d'une voix chagrinée, à présent, elle le voyait face à elle lorsqu'il était enfant, un air malheureux sur le visage, des vêtements déchirés et des yeux brillant de larmes. Lily essayait de le rejoindre, mes ses pieds étaient fixés au sol, l'en empêchant. Alors elle l'appelait, lui disait de venir vers elle en tendant la main, mais Harry n'avançait pas. Il restait planté au même endroit en pleurant et en l'appelant, désespérément.
Et à toutes les questions que Lily se posait, il n'y avait aucune réponse. Seul son fils pouvait réellement lui dire pourquoi elle rêvait de lui et pourquoi il apparaissait aussi triste et désespéré. Mais Lily ne savait pas si elle voulait vraiment savoir la réponse à sa question. Elle ne savait pas si elle voulait vraiment lui demander ce qu'il s'était passé dans son avenir. Quel qu'en soit les raisons, elles ne pouvaient être que dramatiques.
'Mais d'un autre côté, je ne peux pas rester avec ce rêve éternellement', pensa la jeune fille.
Appuyée contre un mur, Lily soupira. Si seulement elle était sûre qu'il puisse l'aider… Relevant doucement la tête, elle se mit à avancer d'un pas incertain vers sa destination première : le bureau d'Harry. Elle l'y savait attablée, car elle avait d'abord demandé à Ginny si elle savait où était son époux. La jeune femme, occupée à soigner des Gryffondor qui s'étaient battus avec des Serpentard, lui répondit d'aller voir dans son bureau. Depuis l'approche des examens, Harry y passait tout son temps, préparant questionnaires et épreuves pour les plus jeunes. Lily avait sourit, se demandant quel genre de questions son fils réservait aux élèves. Elle n'était pas concernée par les questionnaires d'Harry, car un examinateur viendrait, comme chaque année pour interroger les élèves passant leur BUSE.
Lily sortit de ses pensées quand la porte du bureau de son fils se présenta face à elle. Déglutissant, la jeune fille leva courageusement la main et frappa à ladite porte, espérant que tout irait bien. La voix enjouée d'Harry résonna dans la pièce, la priant d'entrer.
« Salut, fit Lily en entrant dans le bureau maintenant familier.
- Salut, répondit Harry, penché sur un parchemin parcourut de rature. Comment vas-tu ?
- Bien, répondit Lily en s'asseyant. Bien… »
Harry releva tout de suite la tête, la fixant. La jeune fille regarda les yeux verts scrutateurs de son fils et se sentit rougir. Il savait qu'elle mentait. Lily préféra détourner le regard et regarda fixement les mains encore bandées de son fils. Les rumeurs avaient vite circulé sur les raisons des nombreuses blessures de Harry McDrell et Lily, qui avait appris la véritable histoire par la bouche de son fils, était subjuguée de voir à quel point c'était proche de la vérité. Les élèves racontaient entre eux que, pour se venger de son humiliation, Voldemort avait kidnappé les enfants d'Harry, l'obligeant ainsi à combattre contre le mage noir. On disait qu'il avait sauvé ses enfants et s'était enfui du château, gravement blessé. Mais Lily, elle, savait que son fils avait risqué sa vie pour ne sauver qu'un mystérieux élève dont il cachait précieusement le nom. Elle savait que ses petits-enfants n'étaient pas vraiment en danger lorsqu'ils avaient été 'enlevés', vu qu'ils étaient dans leur époque.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Harry en reposant sa plume doucement, l'air soucieux. Et ne viens pas me dire qu'il n'y a rien, je sais que c'est faux. »
Lily sourit timidement, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille.
« Tu me connais bien, murmura-t-elle doucement. Mais ce que j'ai à dire n'est pas facile… »
Harry la regarda, confiant. Lily plongea son regard dans ses yeux verts identiques aux siens, repensant au début de l'année, lorsque cet homme n'était alors qu'un simple ami auquel elle était plus attachée que jamais. Elle repensa à la fête d'Halloween où il l'avait sauvé et à tous les autres bons moments qu'elle avait passés avec lui. Comment il l'avait fait sourire et sauvé à de si nombreuses reprises. Comment grâce à lui, elle pouvait enfin vivre avec l'homme qu'elle aimait, confiante – ou presque – pour l'avenir. Et malgré elle, elle sentit son cœur se serrer. Dans moins d'un mois, cet homme qu'elle aimait tant allait partir définitivement. Il allait disparaître de sa vie, continuer la sienne, dans un autre temps ou une autre elle lui sourirait fièrement. Et cela lui semblait si loin, si impossible. Harry se leva en voyant l'émotion à laquelle la jeune fille était en proie et vint se placer près d'elle, à genoux devant sa chaise. Sans pouvoir se retenir plus longtemps, Lily se serra contre lui, pleurant.
« Je ne veux pas que tu partes ! dit-elle enfin. Je ne veux pas ! »
Harry sourit doucement dans les cheveux auburn de sa mère plus jeune et passa doucement sa main dans son dos.
« Il le faut, murmura-t-il. Ma vie n'est pas ici… »
Lily renifla piteusement, le regardant.
« Toutes les bonnes choses ont une fin, commenta Harry. Ma présence ici en est une, autant pour moi que pour toi. Il me faut partir, tu comprends ? »
Lily regarda son fils et hocha de la tête, essuyant ses larmes avec sa manche.
« Oui, dit-elle. Oui, je comprends… Mais je ne le veux pas pour autant… »
Harry sourit doucement et sortit un mouchoir qu'il lui tandis.
« Tu n'étais pas venue pour ça, n'est-ce pas ? demanda-t-il doucement. Alors pourquoi ? »
Lily se réinstalla dans sa chaise, tentant de se calmer. Elle le regarda et ses yeux montèrent jusqu'à la cicatrice dissimulée. Harry frissonna des pieds à la tête, portant sa main à son front.
« Oui, dit doucement Lily en regardant Harry. C'est pour cela que je suis venue. Pour cette cicatrice. »
Le visage d'Harry était devenu blanc d'horreur tandis qu'elle lui parlait, mais Lily ne voulait pas renoncer. Elle voulait savoir.
« Depuis que tu es là, expliqua-t-elle, chaque fois que je regarde ta cicatrice, j'ai d'étranges scènes qui se déroulent sous mes yeux. Et des rêves… Je fais toujours d'étranges rêves que je n'arrive pas à comprendre. Et tu y es toujours ! Tu pleures, tu appelles… Mais personne ne te répond jamais… »
Harry s'était redressé et regardait Lily d'un air légèrement effrayé. Lui tournant le dos, il sembla prendre plusieurs inspirations avant de parler.
« C'est… C'est grâce à toi que j'ai cette cicatrice, murmura Harry.
- Grâce à moi ? répéta Lily, étonnée.
- Oui, dit Harry, lui tournant toujours le dos. Grâce… à un sortilège très ancien… et très puissant. »
Lily regarda le dos de son fils dont le visage lui était caché. Lentement, elle se leva, désireuse de voir les yeux d'Harry. De voir s'il ne lui mentait pas. Entendant son mouvement, Harry se retourna, les yeux brillant étrangement.
« Un sorcier en avait après moi, expliqua rapidement Harry. Tu m'as lancé ce sort et par la même occasion, sauvé la vie. »
Lily regarda Harry. Elle n'était pas dupe. Il y avait autre chose.
« Et ? demanda-t-elle.
- Et rien d'autre, répondit évasivement Harry. Du moins… rien que je ne puisse te dire sans changer le temps. »
Lily stoppa et regarda son fils d'un air inquiet. Visiblement, elle avait touché un point très sensible.
« Que s'est-il pass ? demanda Lily. Dis-moi…
- Non, répondit Harry vivement. Je ne peux rien te dire, désol
- Mais, fit Lily. Et ces cauchemars ? »
Harry releva la tête et la regarda, l'air préoccupé.
« Je pense que ça devrait s'arrêter lorsque je serai rentré chez moi, répondit-il. Est-ce que tu te souviens si tu étais soumise à ces cauchemars quand j'étais absent de cette époque ? »
Lily réfléchit un instant, évitant de regarder son fils.
« Pas vraiment, non, avoua Lily. Ça remonte assez loin… »
Harry se contenta de hocher la tête.
« Bien, je ne pense pas que tu auras d'autres visions une fois que je serai rentré chez moi… mais en attendant… »
Harry se pencha sur son bureau et prit un morceau de parchemin. Il gratouilla rapidement quelques mots dessus et y apposa son sceau professoral.
« Apporte ça à Ginny. Elle te donnera ce qu'il faut pour que tu n'ais plus ces rêves… D'accord ? »
Lily hésita puis prit le morceau de parchemin qu'Harry lui tendait.
« D'ac… D'accord, répondit-elle. Tu ne peux vraiment rien me dire, n'est-ce pas ? essaya-t-elle encore.
- Non, répondit fermement Harry. Non, je ne peux pas… »
Lily hocha simplement de la tête et fit un sourire crispé à son fils. Elle avait bien vu que le sujet abordé était pour lui difficile et qu'il ne lui dirait rien. Peut-être aurait-elle insisté si cela n'avait pas semblé bouleversé autant Harry. Ou si ça ne lui avait pas fait si peur…
Dans la salle commune, les cinquième année de Gryffondor étudiaient religieusement… Enfin, presque tous les cinquièmes années… Balançant sa chaise en arrière, James souffla d'un air agacé. Il en avait vraiment marre. Marre de chez Marre. Etudier, étudier, étudier et encore étudier ! La vie ne lui avait jamais semblé plus ennuyeuse, plus soporifique ! Depuis le matin, il ne faisait que revoir sa métamorphose pour le test du lendemain. Alors qu'il savait déjà tout ce qu'il y avait dans le livre… Agacé, James finit par bailler, s'attirant quelques regards sombres de la part de ses camarades.
« James, fit Rose, agacée. J'essaye d'étudier !
- Essayer est le bon mot ! fit remarquer Remus. J'en ai marre !
- Enfin quelqu'un qui est d'accord avec moi ! fit James, triomphant. Je désespérais ! Je comptais sur Sirius pour réagir, mais visiblement, il me laisse tomber…
- Il ne t'a pas laissé tomber, fit remarquer Calypso. Il dort… »
Tous regardèrent le jeune Black qui, la tête appuyée sur son livre de métamorphose, semblait avoir plongé dans les bras de Morphée. Malgré eux, les jeunes Gryffondor pouffèrent.
« Il est désespérant, marmonna Rose.
- Pas autant que Peter, répondit Remus en regardant le gros joufflu qui avait mis de la confiture sur son livre. En parlant d'étudier, où est Lily ? »
Tous se tournèrent vers James qui remit ses lunettes convenablement avant de répondre, d'une voix détachée :
« Elle est allée voir Harry… »
Cette simple phrase sembla jeté un froid entre les amis.
« Il va bientôt partir, non ? demanda Rose, l'air pensive.
- Oui, répondit James d'un air attristé.
- Hé, Cornedrue ! s'exclama Sirius, arrêtant sa comédie de l'élève endormi. Tu as gagné ton pari ! »
Tous regardèrent Sirius d'un air perplexe.
« Un pari ? demanda Remus.
- Quel pari ? demanda Rose.
- Celui qu'on avait fait en début d'année ! Quand on avait parié qu'il ne durait pas toute l'année ! Tu es le seul à avoir dit que si, il tiendrait… »
James écarquilla les yeux. Il avait complètement oublié cette histoire de pari. Ça remontait à bien trop loin.
« Bon sang, fit Sirius. On est déjà à la fin de l'année…
- Et ouais, fit Remus.
- Salut les jeunes ! s'exclama Dave en entrant, accompagné de son meilleur ami, Mondingus.
- Salut, fit Calypso en allant embrasser Dave.
- Vous en faites, une tête ! s'exclama Mondingus en regardant les Gryffondor.
- Harry va bientôt partir, expliqua James.
- Ah…, fit Dave. C'est vrai. J'avais complètement oublié qu'il repartait en fin d'année… »
Les adolescents se regardèrent un instant, hésitants. La salle commune se remplissait de plus en plus, les adolescents faisant silence en voyant les cinquième et septième année plongés dans un silence macabre.
« Qu'est-ce qui se passe ? demanda Franck Londubat en arrivant.
- McDrell s'en va…
- Maintenant ? s'inquiétèrent certains élèves.
- Non, répondit Sirius. Mais bientôt… La fin de l'année approche. »
Le silence régna de nouveau dans la salle commune. Le tableau pivota, laissant entrer Lily qui regarda la pièce d'un air presque effrayé.
« Quelqu'un est mort ? » demanda-t-elle, craintive.
Certains Gryffondor pouffèrent, dont James qui alla récolter sa petite amie dans ses bras.
« On s'est juste rendu compte que McDrell allait bientôt partir…
- Moui, fit Lily d'un ton chagriné. Je sais… »
Il y eut de nouveau un blanc, durant lequel les Gryffondor s'observèrent d'un air triste.
« On peut pas le laisser partir comme ça ! s'exclama Sirius, frappant dans sa main.
- On ne peut pas le séquestrer, intervint Rose.
- Non, fit James. Mais on peut lui faire une surprise.
- Une surprise ? s'écrièrent certains élèves, l'air enjoué.
- Oui, une surprise, s'enthousiasma Remus. Pour lui souhaiter bon voyage. Le départ du meilleur professeur de DCFM, il faut que ça se fête !
- Il faut que ça soit inoubliable ! Tout comme il est ! s'exclama Sirius en montant sur une chaise.
- Il faut tout faire en secret ! s'exclama James, se plaçant à son tour en hauteur, imité par Remus et Peter. Il faut qu'il ne se doute de rien !
- Mais quand la ferions-nous ? demanda Clémentine Deschamps.
- Après les examens ! s'exclama James. Juste avant qu'il ne parte !
- C'est impossible, intervint Rose. On ne peut pas lui préparer une fête en pleine période d'examen… Il ne nous reste même pas une semaine !
- Il n'est pas dit que nous devrions le faire tous seuls ! fit remarquer Lily en montant à son tour sur une chaise. Après tout, il n'est pas aimé que de nous. Demandons l'aide des autres élèves. Des Serdaigle ! »
Des cris de joies approuvèrent l'idée.
« Et des Poufsouffle, dit une fille de quatrième année.
- Et des Serpentard ! fit Peter.
- Ooh, non, pas eux ! dit Tom Parkins.
- Si ! dit Lily en souriant. Ça ne concerne pas juste une minorité de l'école, ça concerne toute l'école ! Y compris les Serpentard.
- Et les professeurs, dit une jeune fille de Sixième sous le nom d'Aurélie Languependue. Sans eux, nous n'irons pas bien loin ! »
Des commentaires enjoués fusèrent de toute la salle, les Gryffondor s'échangeant des commentaires entre eux. Bien vite, un brouhaha infernal régna dans la salle commune. Les Maraudeurs échangèrent un signe de tête et levèrent leur baguette. Quatre détonations résonnèrent dans la salle, ramenant le silence.
« Ça suffit, dit James, sérieux. Nous ne pouvons pas préparer une surprise dans ses conditions. Il nous faut une certaine organisation.
- Une organisation ? demanda un petit premier année.
- Oui, une organisation, répéta James. Tout d'abord, il est clair que si tous les élèves passent dans le couloir en se murmurant des choses, ça n'ira pas loin. Ainsi, je profite de mon droit de parole pour que nous élisions des chefs d'années.
- Comment ça ? demanda un quatrième.
- C'est très simple, fit Remus qui avait compris. Chaque année des Gryffondor sera représentée par un élève. Cet élève devra se rendre aux réunions données par le comité… le comit
- Surprise ! dit Sirius. Le comité surprise.
- Oui, voilà, dit Remus. Chacun d'entre nous sera représenté par un membre de notre année et de notre maison. Chaque soir, nous nous réunirons pour aller discuter des avancées et des projets à soulever aux professeurs. Je pense qu'il nous les faudrait avant mercredi.
- Mais on ne peut pas, dit un troisième année. Nous avons des examens.
- Bien sûr que si, on peut, intervint James. Il nous suffit d'élire les élèves les plus intelligents pour porter ce rôle. Ainsi, il aura moins à étudier. Qu'en pensez-vous ?
- Ouais ! s'exclamèrent les élèves.
- Alors faites ça maintenant ! » dit James.
Aussitôt, le brouhaha reprit, les élèves se déplaçant pour aller discuter avec leur année. On aperçut bien vite des groupements de première, deuxième, troisième et autres année occupées à discuter ensembles. Les cinquièmes aussi parlaient entre eux, les Maraudeurs et Lily ayant sauté de leur chaise.
« Je pense que ça devrais être toi, James.
- Moi ? demanda le concerné. Je ne vois pas pourquoi. Remus est le plus diplomate et si on doit fréquenter les Serpentard….
- C'est toi qui as les meilleures idées, Cornedrue, dit Sirius. Et puis tu as une âme de chef ! »
James rougit puis regarda les autres cinquièmes.
« Vous êtes d'accord ? »
Des oui fusèrent de tout côté de leur petit groupe.
« Bon… ben, je n'ai pas vraiment le choix, alors… »
Lily sourit et déposa un baiser sur la tempe de James, celui-ci souriant doucement.
« Je t'aiderai à étudier, dit-elle. Si jamais tu manques de temps… »
James hocha la tête, heureux.
« Bien. Allons voir où en sont les autres… »
Le groupe des cinquième s'éparpilla, chacun allant écouter près des autres, voir même apporter une solution. Bientôt, sept élèves se retrouvèrent posté devant tous les autres Gryffondor.
Pour les septième année, sans trop de surprise pour la bande des cinquième, Dave Goujon fut sélectionné. Planté à côté des autres, il adressa un clin d'œil à Calypso qui pouffa.
Chez les sixième, une jeune fille aux cheveux courts et en bataille avait été désignée difficilement. Elle n'était pas la plus intelligente, mais elle voulait à tout prix participer, faisant fit des difficultés qu'elle rencontrerait pour les examens. Ses amis avaient insisté pour qu'elle ne soit pas désignée, mais Lily avait fini par trancher que, si c'était ce qu'elle voulait, alors pourquoi pas ? Elle s'appelait Tess Gardel et souriait d'un air heureux et enjoué.
Les quatrième année, grande exception, étaient représentés par les Jumeaux Hilarion. Tout deux étaient calmes et d'un sérieux à faire peur. Leurs cheveux noirs étaient coiffés de la même manière et même leurs vêtements étaient froissés aux mêmes endroits. Sirius disait qu'ils faisaient peur, mais tout les Gryffondor avaient fini par savoir que le comportement des jumeaux venait de la stricte éducation qu'ils avaient reçu dans leur famille. L'un s'appelait Babel, l'autre Baldwin. Les deux B, comme disait souvent James. Ou les deux bébés, raillaient les Serpentard. Les deux garçons étaient en effet d'une petite taille, mais remarquablement puissants et intelligents.
Pour les troisième, Tom Parkins s'était proposé, mais il avait été évincé par Samantha Jasper. Bien habillée et distinguée, elle promettait d'être 'une sacrée pimbêche', disait Rose quand elle la croisait dans un couloir. James, lui, la savait timide, mais volontaire.
Les deuxième et première avait choisi deux personne de la même famille. Marc-Antoine sixième du nom représentait les deuxième et son jeune frère, Paul-Henri, les première. Ces deux-là étaient aussi aristocratiques que l'on pouvait l'être et ils rivalisaient de fierté avec tout les Malfoy réunis. Mais ils étaient de bons Gryffondor et avaient un esprit facétieux qui concurrençait les Maraudeurs.
« Bien, dit James en souriant à ses collègues. Ce que je propose, c'est qu'on élise un délégué par maison. On ne peut réunir trente-deux élèves par jour dans une même pièce. Et encore moins aller tous trouver Dumbledore en même temps pour lui soumettre notre idée. Il faudra donc un délégué par maison. Mais ne le faisons pas maintenant, attendons d'avoir les autres maisons avec nous.
- Nous allons les prévenir maintenant ? demandèrent Babel et Baldwin d'une même voix.
- Oui, dit James. Le plus tôt sera le mieux. Dave, tu viens avec moi voir les Serpentard. Tess, tu prends Paul-Henri et Babel et tu vas voir les Poufsouffle. Samantha, avec Marc-Antoine et Baldwin, tu vas voir les Serdaigle. Les autres, faites vos activités habituelles et surtout… n'en parlez pas ! À personne, même pas entre vous. Vos chefs d'année vous diront quoi ce soir. À plus tard ! »
Les Gryffondor sourirent et s'éparpillèrent, certains quittant la salle en même temps que les chefs d'année, d'autres allant dans leur dortoirs. Les cinquième année retournèrent à leurs études, non sans avoir souhaité bonne chance à James qui suivit Dave dans les couloirs, en direction des cachots.
« Pourquoi c'est à moi que tu as demandé de venir ? demanda Dave.
- Tu crois qu'ils m'auraient écouté si je me pointais avec Marc-Antoine ou encore Paul-Henry ? »
Dave pouffa d'un air amusé.
« Non, je pense pas… »
Les deux garçons se mirent à rire sans trop pouvoir s'en empêcher, descendant les escaliers menant au rez-de-chaussée.
« Et bien, dit une voix qui les fit tressaillir. Que vaut cette hilarité, je me le demande. »
James se retourna, crispé, pour faire face à Harry qui souriait dans les escaliers.
« Ooh, salut Harry, dit James en lui souriant, jetant un rapide coup d'œil à Dave qui fit un sourire identique au sien à leur professeur. Comment ça va ?
- Bien, répondit Harry, fronçant les sourcils. Et vous ?
- Très bien ! répondit James, souriant. Bon, on doit y aller, à la prochaine... »
Harry eut l'air perplexe tandis que James entraînait Dave vers le Hall.
« Et où allez-vous ? demanda Harry.
- Aux cuisines, dirent Dave et James en même temps.
- Oh, fit Harry. Bonne appétit...
- Merci! » dirent les deux garçons, se dépêchant autant qu'ils le pouvaient.
Ils rirent, malgré eux, tandis qu'ils couraient vers les cachots, l'image bien encrée de la tête d'un Harry perplexe. C'est vrai qu'il y avait de quoi trouvé leur excuse louche quand on savait que le dîner ne remontait pas à fort loin. Les couloirs défilaient autour d'eux, s'assombrissant tandis qu'ils approchaient du mur dissimulant l'entrée des quartiers des serpents. James arrêta Dave alors qu'ils approchaient.
« Je sais qu'on est pas là pour ça, dit James, mais j'ai bien envie de leur faire un sale coup, si tu permets…
- Je ne sais pas si c'est raisonnable, intervint Dave. Nous allons devoir coopérer tous ensemble pendant un certain temps et se les mettre à dos n'est pas vraiment… Conseiller.
- Ne t'inquiète pas, dit James en souriant. Ça ne sera pas bien méchant. Je vais juste les surprendre…
- Les surprendre ?
- Suis-moi et ne dis rien… »
James s'approcha du mur nu et sourit d'un air amusé. D'une voix impérieuse, il indiqua :
« Œil-de-lune ! »
Le mur coulissa et James se tourna vers Dave.
« Fais comme si de rien était ! »
Dave sourit et hocha la tête. Alors, ils entrèrent, les Serpentard ne leur accordant même pas un regard, tous étant occupés à travailler où à discuter. James pouffa et s'approcha de la table centrale où des élèves studieux étaient attablés. Dave s'arrêta à côté de la table, regardant James monter sur le banc, puis sur la table. Les élèves qui y travaillaient s'arrêtèrent et relevèrent la table, sursautant en reconnaissant le Gryffondor.
« Oyez, oyez, chers amis vert et argent ! dit James, s'attirant l'attention de toute la salle commune. Je demande votre attention.
- Qu'est-ce que tu fous là, Potter ??? demanda Rosier, se levant prestement de son fauteuil.
- Pas de panique, ma rose, dit James, Rosier s'énervant déjà du surnom que les Maraudeurs lui avaient donné. Je veux juste m'adresser à l'ensemble de votre maison.
- Et pourquoi ? demanda Lucius Malfoy, accoté au mur près des escaliers.
- Problème de soin capillaire, dit James. Non, non, je plaisante !! fit-il rapidement en voyant une centaine de baguettes se levée dans sa direction.
- Dis-nous ce que tu veux, Potter et vite, dit Severus en arrivant des dortoirs. Tu n'es pas s'en savoir que tu es une cible parfaite… »
James fit un léger sourire à Rogue qui en fut étonné.
« Bon, bon, dit James en levant les mains en un geste apaisant. C'est d'accord, j'arrête de plaisanter. Si je suis là… C'est pour une question de… Soutien inter-maison.
- Pardon ? fit un Serpentard de septième année au physique avantageux.
- Tu as bien entendu, dit James en souriant. Nous avons besoin de votre aide. »
Les Serpentard échangèrent un air suspicieux.
« Non, ce n'est pas un piège, dit James, comprenant leur hésitation. Nous avons vraiment besoin de votre aide.
- Et pour faire quoi ? » demanda Lestrange.
James sourit puis regarda Dave.
« Hé, Dave ! Je ne suis pas là tout seul ! Lève-toi et explique ! »
Dave rougit puis, sous les yeux des Serpentard, alla rejoindre James sur la table.
« Bien, dit Dave, sérieusement. Comme vous le savez tous, Harry McDrell va bientôt nous quitter. »
James surprit un léger regard attristé de la part de Severus.
« Et pour le remercier de l'enseignement de première qualité qu'il nous a donné cette année, nous, les Gryffondor, avons décidé de lui organiser une fête pour le remercier et lui souhaiter une bonne route.
- Typiquement Gryffondor, railla un garçon de quatrième, les Serpentard éclatant de rire.
- SILENCE ! ordonna James. Je sais que vous avez pour habitude de vous démarquer des autres maisons en faisant le contraire de leurs actes, mais cette fois, nous avons besoin de vous !
- Et parce que les preux Gryffondor sifflent, les lâches Serpentard doivent arriver en courant ? invectiva Lucius Malfoy.
- Non ! dit James. Parce que l'école réclame votre participation, vous devez nous aider.
- L'école ? Jusque maintenant, vous n'avez parlé que des Gryffondor, dit une jeune fille assez mignonne.
- D'autres délégués de notre maison sont actuellement chez les Poufsouffle et les Serdaigle, intervint Dave. Si tout se passe bien, sept élèves de chacune des maisons représenteront les années et seront prêt à se lancer dans l'aventure.
- Pourquoi avoir choisis un élève de chaque année ? demanda une première au cheveux noirs.
- Pour la bonne et simple raison que nous allons entrer en examen, dit James. Nous ne pouvons pas tous nous lancer là-dedans. Nous avons donc décidé de désigner l'élève le plus intelligent d'une année pour tout mettre en ordre et informer ses condisciples.
- Les cinquièmes t'ont choisi, Potter ? Railla Lestrange. Tu es intelligent ? Je n'étais pas au courant… »
Les Serpentard éclatèrent de nouveau de rire.
« La ferme ! » cria Severus Rogue.
Tous les élèves se turent d'un coup.
« J'accepte, dit Severus.
- QUOI ? firent d'une même voix l'ensemble de la maison verte et argent.
- McDrell est le meilleur professeur que nous ayons eu, dit Rogue en fixant James dans les yeux. Et s'il s'en va, je ne veux pas qu'il croie que nous ne sommes que de sales petits égoïstes. J'accepte. Je représenterai les cinquièmes, si les autres sont d'accord… »
Aucun cinquième année ne se leva pour protester. Rogue alla se placer près de la table où James et Dave étaient postés.
« Qui est volontaire dans les premières années ? demanda Rogue.
- Moi !!! dit une petite fille, levant vivement la main.
- Eulalie !! » firent les premières années d'un air atterré.
Mais la petite fille fit semblant de rien et alla se poster près de Rogue.
« Severus a raison, dit-elle. Moi aussi, je veux le remercier. Je suis volontaire.
- Moi aussi, dit un garçon de septième année, celui qui était plutôt bien batti. Je lui dois beaucoup… Je suis volontaire ! »
Dave sourit au septième année.
« Bienvenu, Bolger. »
Le dénommé Bolger se contenta d'un simple hochement de tête avant d'aller près des deux autres délégués. Les Serpentard se regardèrent d'un air hésitant. Jamais la maison verte et argent n'avait été à ce point divisée.
« Nous aussi, on veut participer », dirent deux voix douces.
Deux jumelles s'avancèrent et lancèrent un regard de défis aux deuxième année. Rogue leur fit un bref sourire avant de regarder les sixième, troisième et quatrième années qui ne s'étaient toujours pas décidé.
« Décidez-vous, dit Bolger d'un air impérieux. Et que ça saute ! »
Un élève de troisième année lança un regard d'excuse à ses camarades avant de s'avancer vers les volontaires.
« Jeremiah Callais. Je suis volontaire… »
James lança un regard aux troisièmes et fronça les sourcils. Le petit Jeremiah allait rencontrer de grandes difficultés…
« Les quatrièmes ! scanda Bolger. Allez ! »
Une fillette avec des lunettes légèrement tombantex s'avança d'un air digne. Ses cheveux blonds étaient retenus en nattes et elle portait des petits nœuds bizarres autour des poignets.
« J'en suis, dit-elle avec un sourire déterminé.
- Les Sixièmes ? » gronda Bolger.
Lesdits sixième échangèrent un regard hésitant. Visiblement, ils n'avaient aucune envie de participer.
« Dois-je vous convaincre ? » demanda Severus en jouant négligemment avec sa baguette.
Les élèves blêmirent en même temps et se tournèrent tous vers un garçon aux cheveux courts.
« Nan ! Pourquoi moi ? J'ai pas envie !
- Fais pas chier, Avery ! Tu es celui qui s'entend le mieux avec lui de notre année ! Tu y vas ! »
Ronchonnant, Avery vint rejoindre les autres.
« Bien, dit James. Maintenant que c'est fait, je vous demanderai, même supplierai de ne parler de ça sous aucun prétexte !! Même pas entre vous ! Le secret doit être bien gard !! Quoi qu'il arrive, n'en parler à Personne ! Même pas entre amis ! Les professeurs ne doivent rien savoir pour l'instant. Les délégués de Serpentard, vous venez avec nous.
- Où on va ? demanda la première année.
- Chez les Poufsouffle, dit James. Ils sont les plus proches. Avec de la chance, les Serdaigle et autres Gryffondor penseront à nous rejoindre ! Venez ! »
Les délégués Serpentard hochèrent la tête et suivirent prestement James et Dave. Sorti de la salle commune verte et argent, James fit signe à ces camarades de se taire et d'être discret avant d'avancer pour remonter rapidement vers le hall. Là, le jeune Gryffondor vérifia que personne n'arrivait avant de leur faire signe de le suivre discrètement. En catimini, les élèves traversèrent le Grand Hall pour tomber face à face avec les Serdaigle et les autres membres des Gryffondor qui avaient été désignés comme ambassadeurs.
« Chez les Poufsouffle », indiqua James.
Les Serdaigle et Gryffondor hochèrent la tête. Tous en même temps, ils se mirent en marche vers la maison jaune et noir.
« Vous connaissez le mot de passe ? demanda Bolger en allant près de James et Dave.
- Oui, répondit James en souriant.
- On se demande comment tu les as appris…, railla Rogue.
- Crois-moi, tu ne veux pas savoir », dit James avec un frisson.
Dave émit un petit rire face au cinéma de James qui sourit également. Arrivé devant une toile représentant une salle éclairée par un fort rayon de soleil, James s'exclama :
« Qu'est-ce donc, séant ?! Du soleil en pleine nuit ! Merlin, j'ai la berlue !
- Par ma barbe non, dit un vieil homme en apparaissant dans le cadre. C'est bel et bien du soleil en pleine nuit !
- Et d'où vient cette lumière satanique, on se le demande.
- Ça oui, on se le demande, dit le vieil homme en faisant une révérence. Bonne journée.
- De même », répondit James en s'inclinant.
À l'étonnement des Serpentard et Serdaigle, le cadre pivota, laissant place à une salle hexagonale décorée aux couleurs des Poufsouffle.
« Ingénieux, dit le Serdaigle représentant les septièmes années. Au lieu d'avoir un seul, mot, ils ont donné toute une conversation. Ça permet à certains élèves de ne pas entrer… »
Il lança un regard appuyé à James qui eut un léger sourire.
« Preuve que non, vu que je savais le texte, dit-il gaiement. Allez, entrez ! On n'a pas toute la journée ! »
Les Serdaigle, Serpentard et autre Gryffondor rentrèrent dans la salle déjà bondée des Poufsouffle. James fronça les sourcils face au manque d'espace et sortit discrètement quelques plans qu'il avait dans sa poche. La salle de classe la plus proche était celle que le professeur de Botanique utilisait lorsque les serres étaient inondées.
« Ils n'ont pas l'air d'être fort décidé, dit Rogue qui était à côté de James en regardant les Poufsouffle qui élisaient leurs délégués.
- Non, dit James. Et on va étouffer, ici… Je pense qu'on devrait donné rendez-vous au Poufsouffle et les attendre dans une autre salle.
- O ? demanda le Septième année des Serdaigle.
- La salle de classe de Botanique n'est pas loin, dit James. On devrait pouvoir tous y tenir et au moins, on pourra tous s'y asseoir.
- Bonne idée, dit Dave. On y va. James, tu fais le message... ?
- Attends, Dave ! Dit James en l'attrapant par la manche. Vas-y d'abord en éclaireur, histoire de voir si personne n'est dans les couloirs ! »
Dave hocha la tête et partit en éclaireur. James regarda les différents groupes de Poufsouffle qui continuaient de parler d'un air ennuyé.
« Pourquoi ont-ils autant de difficultés à élire un représentant ? demanda le jeune homme, agacé.
- Parce qu'aucun n'est intelligent ? proposa Rogue.
- Follement drôle, dit James d'un air agacé. Il faut intervenir… »
Sans attendre, James se dépêcha d'aller jusqu'aux premières années.
« Quel est le problème ? demanda James en s'arrêtant, les jeunes élèves semblant impressionnés par sa présence à leur côté.
- Frédéric refuse d'être délégu ! » se plaignit l'une des petites filles.
James leva les yeux au ciel et regarda ledit Frédéric. Le garçonnet semblait tiré la tête et regardait ailleurs.
« Bon, dit James. Vous aimez Harry ?
- Oui, dirent les premières années d'une même voix.
- Et vous ne voulez pas qu'il parte sans qu'on ne lui dise au revoir, n'est-ce pas ?
- Ben non…
- Alors débrouillez-vous comme vous voulez, mais élisez un délégu ! Clair ? »
Les premières années hochèrent la tête d'un air terrifié et se mirent à parler entre eux avec véhémence. James leva les yeux au ciel et voulut passer aux deuxième quand il vit Dave qui semblait le chercher.
« Dave ! cria James en fendant la foule des Poufsouffle. Je suis l !
- Le professeur Dumbledore arrive avec la nouvelle prof de Botanique, informa Dave. Il faut se cacher au plus vite !! »
Un silence pensant s'installa parmi les élèves.
« On a le temps d'aller jusqu'à la salle de classe ?
- Non, répondit Dave.
- Allons dans les dortoirs, dit la première année des Serpentard.
- Bonne idée, dit James en souriant. Ça ne vous dérange pas ? demanda-t-il en regardant les Poufsouffle.
- Non, dépêchez-vous d'y aller, dit Amos Diggory. On viendra vous prévenir le moment venu… »
James hocha la tête et se tourna vers les autres.
« Tous dans les dortoirs », ordonna-t-il.
Avec synchronisation, les délégués se précipitèrent vers les diverses portes. James se retrouva dans la salle de bain des filles de sixième année avec une Serdaigle qu'il ne connaissait pas.
« J'espère que ça ne sera pas trop long, dit-il en allant regardé par le trou de serrure. J'ai de la métamorphose à revoir… »
La Serdaigle derrière lui pouffa.
« Comme si tu t'en préoccupais, dit-elle. J'ai entendu dire que tu étais l'un des meilleurs… »
James se retourna et regarda la jeune fille d'un air légèrement perplexe. Il ne l'avait jamais vue jusqu'à présent et ne se sentait pas vraiment d'humeur à parler avec une parfaite étrangère.
« Sarah Watson, se présenta la jeune fille, regardant dans le miroir comment étaient placés ses longs cheveux roux.
- Enchanté, dit James en s'appuyant sur le mur.
- C'est toi qui as eu cette idée de fête ? demanda Sarah en remettant son uniforme convenablement.
- Entre autre, dit James. Il y avait aussi les autres Gryffondor…
- Oui, mais c'est toi qui as proposé, non ?
- Je ne sais plus, dit James. Je ne sais plus vraiment qui a proposé quoi… »
La Serdaigle eut un sourire et James se surprit à la trouvée jolie. Pensant à Lily, il se remit devant son trou de serrure.
« Tu arrives à la voir ? Demanda la Serdaigle.
- Qui ? demanda James, sursautant en sentant la jeune fille soudain proche de lui.
- La nouvelle prof de botanique », dit-elle.
James bougea un peu de la tête, mais il ne vit que les dos des Poufsouffle.
« Non, informa-t-il. Tu veux qu'on aille voir un coup ?
- On ne peut pas ! dit la Serdaigle en le regardant, ses yeux brillants d'excitation. On pourrait se faire repérer !
- Oh, non, dit James en se levant et en ouvrant doucement la porte. Il y a tellement de Poufsouffle… On ne nous repéra pas dans la mêlée… Fais comme tu veux, moi, j'y vais. »
Et sans attendre, il se glissa hors des douches, soulagé de quitter sa collègue. Il n'avait pas trop apprécié ses regards aguicheurs, ses sourires déplacés. Non pas qu'il ait été tenté, mais si Lily apprenait ça, il ne donnait pas cher de sa peau ! Caché dans les Poufsouffle, James se mit sur la pointe des pieds pour essayer de voir la nouvelle professeure. Ce qu'il vit le fit sourire. Elle avait l'air assez sympathique et s'adressait à ses élèves avec sympathie.
« Je suis fort heureuse d'être maintenant votre professeur de botanique et votre directrice de maison, dit-elle d'une voix douce. J'espère de tout cœur que nous nous entendrons bien et, si le moindre problème se pose, n'hésitez pas à venir m'en parler. Ma porte vous sera toujours ouverte ! »
Les Poufsouffle applaudirent et James fit semblant, histoire de ne pas se faire repérer.
« Potter ! souffla une voix à son oreille. Qu'est-ce que tu fais l ?? »
James se retourna et sourit à Amos Diggory.
« Du tourisme, répondit James. Comment elle s'appelle ?
- Chourave, répondit Amos. Potter, si Dumbledore te voit...
- Il ne dira rien, l'interrompit James. Au pire, il croira qu'on fomente une petite blague pour vous, mais il ne dira rien…
- Quel favoritisme », dit Amos en pinçant le nez.
James eut un léger sourire.
« Ce n'est pas du favoritisme, dit-il. C'est lui qui nous a demandé de faire des blagues aux autres élèves…
- Quoi ? demanda Amos, l'air indigné.
- Ne parle pas si fort, dit James qui vérifia que Chourave était toujours en train de parler aux élèves et que Dumbledore n'avait pas entendu l'exclamation du Poufsouffle. Il nous a demandé ça cet été… Pour distraire les élèves.
- Nous distraire, dit Amos d'un air incrédule. Il est vraiment tar
- Elle s'appelle comment ? dit soudain la voix de Severus Rogue derrière eux.
- Rogue !! dit Amos. Retourne dans les dortoirs ! Tu vas tout faire capoter.
- Il est bien là, lui, fit remarquer Rogue en pointant du doigt James.
- Oui et il va retourner dans sa salle de bain illico ! dit Amos. Je n'ai pas envie que le plan tombe à l'eau !
- Tu marches avec nous ? demanda James, les yeux brillants.
- Oui, oui, allez ! Retournez dans vos cachettes. »
James et Severus pouffèrent face à l'inquiétude d'Amos et retournèrent rapidement dans leur cachette respective. Mais James déchanta vite quand il vit que sa camarade de cache avait profité de son absence pour aller prendre une douche. Rougissant, il ressortit aussi vite qu'il était rentré.
« Potter ! le sermonna Amos. Ne m'oblige pas à t'y enfermer…
- Désolé, vieux, mais Watson prend sa douche...
- Watson ? dit Amos. Sarah Watson de Serdaigle ?
- Oui », répondit James.
Amos regarda à gauche et à droite et se dirigea discrètement vers la porte qu'il entrebâilla. James lui asséna un coup sur l'arrière du crâne en refermant la porte.
« Pervers, gronda James.
- Oh, arrête, comme si tu t'étais pas rincé l'œil quand tu y es entré, dit Amos.
- J'ai une petite amie, tout comme toi, il me semble, fit remarquer James. Et je lui suis fidèle ! Tout comme tu dois l'être !! »
Amos grimaça et lança un autre regard d'envie à la porte.
« Mais c'est Sarah Watson ! dit Amos d'un air désespéré. Cette fille est un canon ! »
James serra les dents et croisa les bras, s'appuyant contre la porte.
« T'es pas drôle, Potter, dit Amos en faisant une moue attristée.
- Va écouter le discours de ta directrice de maison, obséd ! ordonna James. Moi, je reste ici. »
Rallant, Amos retourna se mêler aux Poufsouffle, James levant les yeux au ciel. Il ne remarqua pas tout de suite qu'à côté de lui, Dumbledore était appuyé sur le mur en souriant. Quand enfin il aperçut le vieil homme, James sursauta si fort que certains Poufsouffle se retournèrent négligemment pour regarder ce qu'il se passait avant d'écarquiller les yeux d'effroi en voyant que James Potter s'était fait prendre. Dumbledore, lui, souriait et leur fit signe qu'il n'y avait pas de problème.
« Puis-je savoir ce que vous faites dans la maison des Poufsouffle, Monsieur Potter ? demanda Dumbledore en souriant malicieusement.
- Moi ? demanda James. Je suis en visite, répondit le jeune homme en souriant. J'ai été cordialement invité pour prendre le th
- Le th ? répéta Dumbledore en regardant James d'un air étonné.
- Oui, répondit le jeune homme.
- Et les quatorze élèves de Serpentard et de Serdaigle, de même que les six autres Gryffondor également, je présume… »
James fit un sourire innocent au directeur.
« Rejoignez-moi tous ce soir dans la pièce gauche à côté de la Grande Salle, dit le directeur. Nous en discuterons tous ensemble… »
James écarquilla les yeux de stupeur avant d'hocher de la tête d'un air joyeux. Décidément, le directeur de Poudlard savait toujours tout !
« J'en reviens pas ! fit Sirius. Même pas une heure et Dumbledore sait tout ! Il est trop fort, ce type !! »
James, étalé sur son lit, lança un regard à Sirius qui, depuis plus de vingt minutes, semblait prêt à exploser.
« Qu'est-ce qu'il a ? demanda James en regardant son meilleur ami exécuté des pirouettes dans le dortoir des cinquième année où ses amis et lui étaient rassemblés.
- Bonne question, répondit Rose, affalée dans le lit de Remus. Depuis tout à l'heure, il n'arrête pas de gesticuler et de parler… Impossible d'étudier !
- Je crois qu'il a hâte d'être à la fête, dit Remus en souriant, assis aux pieds de Rose. Comme quasiment tout les Gryffondor, d'ailleurs. »
James eut un sourire amusé et serra Lily un peu plus fort contre lui.
« Avant de faire la fête, nous avons des examens à passer, intervint Calypso, remontant ses nouvelles lunettes sur son nez. Je pense qu'on devrait s'y mettre.
- Ma chère Calypso, dit Sirius en tournant sur lui-même, évitant de peu Peter qui faillit se retrouver avec un pied dans la figure. Depuis que tu as tes lunettes, tu deviens beaucoup trop intellectuelle à mon goût ! Où donc est passé le temps où nous nous réunissions pour concocter des blagues ??
- Il est passé aussi vite que les dix derniers mois ! dit James en soupirant. Et demain, on a BUSE de métamorphose ! En piste, les mecs ! Faut se bouger si on veut passer…
- Comme si tu ne savais pas déjà tout sur le sujet, dit Rose en haussant les épaules.
- Moi, peut-être, dit James, mais vous, non ! Alors au boulot ! »
Les cinquième année gémirent de dépit en chœur, des 'sans cœur' et 'tortionnaire' résonnant dans le dortoir. James sourit et sortit son livre d'enchantement, tout comme Sirius qui savait aussi tout ce qu'il fallait sur la métamorphose. Être animagus apportait bien des avantages. Notamment une bonne base pour la pratique.
« James ? demanda Calypso. Tu peux me dire pourquoi mon gant de cuisine se promène dans toute la pièce ?
- Sans doute parce que tu ne lui a pas enlevé ses pattes, dit le jeune homme sans même lever la tête de son livre.
- Il était déjà transformé avant, dit Calypso. Il ne peut pas être redevenu normal entre-temps à moins que… Siriuuuuus… »
Le jeune homme fit semblant de sortir de son livre, un air indéchiffrable sur le visage.
« Plait-il ? demanda l'animagus d'un air innocent.
- Qu'est-ce que tu as fait à mon gant ??
- Il s'ennuyait, alors je lui permets d'aller voir ailleurs ! »
Calypso souffla d'un air agacé en lui envoyant le coussin qu'elle avait à portée de main à la figure. Sirius rit en réceptionnant le projectile.
« J'ai du mal à croire que la cinquième se termine, dit Rose en mangeant une sucette d'un air rêveur, lisant à une vitesse incroyable son livre de métamorphose.
- Moi, j'ai du mal à croire que tant de choses ont changé depuis le début de l'année, dit Lily en peaufinant ses notes avec celles de Remus. Vous vous rendez compte qu'en début d'année, je n'aurai même pas imaginé me retrouver ici avec vous ? »
James offrit un sourire tendre à Lily et caressa ses cheveux avec tendresse.
« Et moi, je n'aurai jamais imaginé qu'on allait survivre à tout ses horribles évènements, dit Peter en frissonnant. Des géants, des Mangemorts et des Détraqueurs, des serpents géants… Heureusement que McDrell était l ! »
Tout les autres tournèrent lentement la tête vers Peter, le fusillant du regard.
« Quoi ? demanda Peter. C'est vrai, non ? »
Mais seul le silence lui répondit. James lança un regard craintif vers Sirius qui avait appuyé sa tête sur ses bras, dissimulant son regard. Rose asséna un coup à Peter qui poussa une plainte qu'il étouffa rapidement en voyant le calme régnant dans la pièce.
« Heu…, fit Remus. Patmol ? »
Sirius ne répondit pas et se mit à trembler, émettant de drôle de petit bruit. Les autres se regardèrent d'un air affolé puis se levèrent d'un air hésitant.
« Sirius, ça va ? » demanda Rose.
La réponse de Sirius fut inattendue. Il renversa la tête en arrière, secoué d'un rire incontrôlable !
« Peter, tu es un génie !! s'exclama le jeune homme en se jetant sur le pauvre garçon joufflu qui poussa un cri de surprise.
- Que… quoi ?? fit-il.
- Mais oui ! dit Sirius, un sourire radieux sur le visage. Il nous a donné la raison parfaite pour attirer Harry dans notre petite soirée ! Pourquoi ne pas lui faire croire qu'il y a un problème à Poudlard !!
- Un problème ? demanda Rose.
- Oui, dit Sirius, visiblement surexcité. Une attaque de Détraqueurs, des Mangemorts en tutu dans la Grande Salle… Ce que vous voulez, mais un problème pour l'attirer dans un endroit voulu ! On pourrait même le distraire toute la semaine avec de fausses attaques !
- Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? demanda Remus. Qu'on envoie une lettre à Voldemort 'Pourrions-nous vous louer quelques Mangemorts pour la semaine' ?
- Non, pas besoin d'en arriver à de telle extrémité, dit Sirius en riant. Je pensais plutôt à une mascarade. Que quelqu'un se déguise en Mangemort pour le distraire.
- Trouve quelqu'un qui veut bien affronter Harry… Je veux voir qui sera assez taré pour ça ! dit Rose.
- Personne ne sera volontaire, dit James. Mais Dumbledore aura peut-être une idée. Je lui en parlerai ce soir ! En tout cas, l'idée de la menace pour faire venir Harry au bon endroit ce jour-là est parfaite ! »
Sirius s'inclina devant ses amis qui rirent de son manège. James se leva, faisant tomber Lily brusquement.
« Je dois y aller, s'excusa le jeune homme. La réunion avec Dumbledore va commencer ! »
La jeune fille lui fit un sourire compréhensif avant de retourner à ses notes. James fit un vague salut aux autres et quitta le dortoir des cinquième année. Les autres délégués de Gryffondor présents dans la salle commune se levèrent en le voyant arrivé, synchronisés. James leur accorda un sourire, puis ils sortirent.
« N'oubliez pas, dirent Babel et Baldwin d'une même voix. Si on se fait voir… On est en retenue…
- Quand avons-nous décidé ça ? demanda James.
- Quand tu n'étais pas l », répliqua Samantha, la troisième année.
James se contenta de suivre les autres en hochant vaguement de la tête. Ils marchèrent un long moment dans un silence étonnant pour des élèves réputés si bruyants. Autour d'eux, les tableaux les regardaient d'un air étonné et perplexe. Les couloirs et escaliers défilaient auprès d'eux et James révéla à ses collègues délégués l'un de ses raccourcis préférés.
« À votre avis, on peut y aller ? » demanda la représentante des sixièmes, Tess Gardel.
Ils étaient alors cachés derrière une tapisserie, juste devant la pièce où Dumbledore leur avait demandé d'aller.
« Oui, dit James. Connaissant Dumbledore, il s'est débrouillé pour que personne ne vienne... »
Les Gryffondor hochèrent la tête et sortirent de leur cachette. D'un même mouvement, ils franchirent l'espace les séparant de la porte en trois enjambées rapides. James frappa un coup bref à la porte, puis entra. Il fut étonné de découvrir que les Serdaigle étaient déjà là, de même que le directeur.
« Bien le bonjour ! dit Dumbledore en leur souriant. Je vous en prie, chers élèves, installez-vous ! »
Les Gryffondor hésitèrent un instant, impressionnés par la salle dans laquelle ils avaient débouché. Elle était assez grande, et totalement ronde. Une immense table, de la même forme que la pièce, était placée au centre et une quarantaine de chaises l'entouraient.
« On croirait la Table Ronde, dit Tess en souriant d'un air rêveur.
- Mais c'est elle, Miss Gardel, dit Dumbledore en souriant d'un air amusé. Allons, n'hésitez pas, asseyez-vous ! »
Bien que légèrement perplexes, les élèves s'exécutèrent, se plaçant aux côtés des Serdaigle. James en profita pour observer la pièce. De hautes fenêtres jusqu'au plafond donnait une vue d'ensemble sur le parc et, au loin, il pouvait voir les arbres de la forêt interdite bouger d'un air lugubre.
« Comment vont les révisions ? demanda le vieil homme qui semblait présider la table tant le fauteuil dans lequel il était assis était impressionnant.
- Plutôt bien, répondit James, voyant que ses camarades n'osaient parler. Comment va mon père ?
- Bien, répondit Dumbledore. Il m'a demandé de vous dire que votre mère vous embrasse… »
James grimaça, les autres élèves pouffant face à la marque d'affection qui gênait le jeune homme. Soudain, un coup fut frappé à la porte et celle-ci s'ouvrit pour laisser passer Jonathan Carpiel. James écarquilla les yeux de surprise, tous les élèves se tournant d'un même mouvement vers le directeur.
« J'ai prit la liberté d'inviter les autres enseignants, dit Dumbledore en leur souriant. Nous aurons besoin de leur aide… »
Les élèves se contentèrent d'un simple hochement de tête tandis que le professeur de potions allait s'installer près du directeur. Il regardait les élèves d'un air interrogateur, preuve qu'il ne savait absolument pas pourquoi il était là. Cinq minutes passèrent encore avant qu'un autre coup de soit frappé à la porte et que les Serpentard, accompagnés du professeur McGonagall et Flitwick n'entrent. Une demi-heure plus tard, les trente-deux élèves représentants de l'école étaient présents, de même que les quatre directeurs de leur maison.
« Bien ! dit Dumbledore en se levant. Tout d'abord, je propose aux élèves de se lever, histoire de se présenter à Madame Chourave, directrice des Poufsouffle, qui est arrivée aujourd'hui. »
Les élèves applaudirent poliment la nouvelle enseignante qui leur fit un léger sourire. McGonagall avait l'air de s'ennuyer profondément.
« Commençons donc par les Serdaigle », dit Dumbledore.
Les élèves à l'écusson bleu et bronze hésitèrent, puis le plus petit se leva.
« Je m'appelle Allan Sharback, dit le garçon d'un air déterminé. Je suis en première année. »
Le premier se rassit, regardant sa voisine qui sourit et passa machinalement une main sur sa robe avant de se lever.
« Julia Harris, dit-elle d'un ton détaché. Seconde année. »
Elle dévisagea un instant l'élève à côté d'elle, le garçon se levant tandis qu'elle se réinstallait.
« Anthony Ferres, troisième année.
- Martin McFee, quatrième année.
- Katrine Bédard, cinquième année.
- Sarah Watson, sixième année. »
James échangea un regard amusé avec Amos Diggory, assit à l'extrémité de la table.
« Mathew Terkan, septième année. »
Le dernier Serdaigle se rassit avec raideur et Dumbledore leur sourit.
« Les Gryffondor ? » proposa le vieil homme.
Un à un, les élèves de la maison du Lion se levèrent, déclinant leur identité à leur nouveau professeur. Madame Chourave adressait à chacun un signe de tête polit et joyeux.
« Les Serpentard…
- Eulalie Saxe, dit la petite fille en se levant. Premier année.
- Fay, dit l'une des jumelles en se levant, suivit de sa jumelle.
- Félicity, dit la seconde.
- Deuxième année, dirent-elles en cœur.
- Jeremiah Callais, troisième année.
- Amélia Lippman, quatrième année.
- Severus Rogue, cinquième.
- Jeremy Avery, sixième.
- David Bolger, septième. »
James échangea un regard amusé avec Dave. Dans le genre présentation froide, les Serpentard étaient imbattables. Tous s'étaient dressés avec raideur, affichant un regard méprisant et fier. Même Eulalie qui était considérée comme une douce Serpentard avait fait preuve de sévérité. Madame Chourave n'en fut pas impressionnée pour autant.
« Poufsouffle ? » invita Dumbledore avec sympathie.
La première année des jaune et noir se leva en souriant à Madame Chourave. De toute évidence, les Poufsouffle aimaient déjà beaucoup leur directrice de maison.
« Sophia Soizic, première année, dit-elle en faisant un léger salut, pour finir par se rasseoir.
- Fabian Derini, deuxième année, dit le jeune garçon à côté de Sophia en souriant aussi de toutes ses dents à sa directrice.
- Ursula Darl, troisième année, dit une jeune fille assez jolie en se levant.
- Karl Jarsin, quatrième année.
- Albane Jasàcourt, cinquième année.
- Altaïr Abbot, sixième année.
- Amos Diggory, septième année. »
Madame Chourave leur fit un large sourire à tous et James sentit qu'il aimait bien cette prof. Son air amical l'avait rassuré et il était un peu triste de ne pas avoir de cours avec elle avant l'année suivante.
« Bien, dit Dumbledore. À présent que les présentations sont faites, il me semble préférable que vous expliquiez à vos professeurs la raison de cette tardive réunion. Je sais qu'aucun porte-parole n'a été désigné, mais je vous demanderai de ne pas avoir peur et de tout dire. »
Les élèves de Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard se tournèrent d'un même mouvement vers les Gryffondor, six d'entre eux se tournant vers un James dépité. Il sentit le rouge lui monter aux joues en comprenant qu'il ne pouvait pas réchapper à la position de Porte-parole et se leva, un peu gauche.
« Heu, fit James, mal à l'aise avec tous ces yeux posés sur lui. Voilà, dit le jeune homme. Comme vous le savez, le professeur McDrell va bientôt nous quitter et… Comme nous l'apprécions tous beaucoup, les autres Gryffondor et moi avons pensé qu'il serait bien de lui souhaiter un bon départ. De lui faire une sorte de fête surprise. »
James se tut un instant, regardant ses camarades pour voir s'ils n'avaient rien à dire. Il se tourna de nouveau vers les professeurs.
« Seulement, comme cela concerne toute l'école, nous avons cru bon d'en avertir les trois autres maisons qui ont accepté de préparer cette petite fête. Mais comme les examens commencent demain, nous avons cru bon de sélectionner un élève par promotion, si possible le plus intelligent, pour sauvegarder la réussite des examens. Et c'est ainsi qu'est né le comité surprise. »
McGonagall leva les yeux au ciel face au nom du comité, mais Flitwick sourit d'un air amusé.
« Nous savons que nous sommes en examen, mais nous tenons vraiment à cette fête, commenta James. Avec trente-deux élèves, il est possible de s'organiser pour préparer cela. Le problème demeure dans le secret. Il faut à tout prix qu'Harry ignore tout ! Quand il sera dans sa classe avec les élèves, il n'y aura pas de problème, mais en soirée ou pendant les heures de libre, il nous faudra de l'aide. Sans compter que la préparation d'une fête demande beaucoup d'organisation…
- Et vous n'avez pas pensé que les Elfes de Maison pouvaient se charger de ça ? demanda McGonagall.
- Si, bien sûr que si ! dit James. Mais nous voudrions préparer la salle nous-même. Je sais que ça peut paraître étrange, surtout qu'en temps d'examen, l'aide des Elfes nous serait salutaire… Mais nous voulons le faire. C'est la moindre des choses… »
McGonagall ouvrit la bouche pour critiquer, mais Carpiel parla en premier.
« Et vous, les Serpentard, vous êtes d'accord pour préparer une fête de vous-même ??? »
Le jeune professeur de potions semblait plus surpris que jamais. Mais ce ne fut rien quand tout les Serpentard hochèrent vivement de la tête.
« C'est le monde à l'envers, rit Carpiel. Rien que pour cet effort de mes élèves, je suis d'accord ! J'en suis ! »
Les élèves applaudirent vivement leur professeur de potions, Dumbledore souriant joyeusement. McGonagall leva les yeux au ciel et Flitwick accompagna les élèves dans leur ovation. Madame Chourave, elle, souriait toujours.
« Bien, bien, dit Dumbledore, ramenant le silence. Je vous remercie de votre accord, professeur Carpiel. Professeur Flitwick, qu'en pensez-vous ? »
Le petit professeur sembla hésiter un instant, regardant tour à tour les trente-deux élèves réunis devant lui.
« Je suis d'accord, dit-il, une nouvelle ovation se déclenchant. Mais…, ajouta-t-il, le silence revenant, à la seule condition qu'il y ait une répartition des tâches juste et claire. Il ne faut pas qu'un seul élève se charge de tout. Vous êtes trente-deux, il y a moyen que vous n'y consacriez qu'une ou deux heures par jour avec de l'organisation. »
Les élèves hochèrent de la tête, approuvant le point de vue de leur professeur.
« Professeur Chourave ? demanda le directeur.
- Je ne vois pas de raison de m'y opposer. Si chaque élève y met du sien, il devrait avoir assez de temps pour étudier librement. »
Les élèves applaudirent, souriant à leur nouveau professeur qui leur plaisait déjà beaucoup. Alors, tous se tournèrent vers McGonagall dont le visage sévère fit monter l'angoisse dans le cœur des élèves.
« Vous avez fait exprès de me prendre en dernière, n'est-ce pas, Albus ? demanda la vieille sorcière, le directeur affichant alors un air innocent. Je crois que je n'ai pas vraiment le choix. Je suis d'accord. »
En même temps, les élèves poussèrent des hourras de joies tout en applaudissant le professeur McGonagall qui esquissa un léger sourire.
« Bien, dit Dumbledore en souriant. Je pense maintenant qu'il serait bien de savoir ce que vous compter faire pour cette fête de départ. »
Cette fois, aucun élève ne se tourna vers un autre. Les mains se levèrent poliment demandant la parole. Le vieil homme autorisa d'abord Sarah Watson à parler.
« Je pense qu'il faudrait faire ça dans une salle assez grande, mais à laquelle le professeur McDrell n'aurait pas accès. Il faut absolument éviter qu'il y mette les pieds !
- Pour cela, il y a une salle très intéressante dans les sous-sols… Personne n'y va jamais car les escaliers sont dissimulés, mais je peux vous en accorder le passage.
- Les sous-sols ? intervint Eulalie Saxe, de Serpentard. Ce n'est pas très joli…
- C'est là que tu vis, je te ferais signaler, rétorqua la première année de Poufsouffle.
- Mes enfants, allons, dit Flitwick. Je pense que pour la décoration, les septièmes années pourraient peut-être faire usage du sortilège de faussefenêtre… »
Les quatre septièmes années sourirent à leur professeur d'enchantements.
« Il reste un problème, intervint Dumbledore. La salle a été légèrement endommagée lors d'un combat contre des serpents géants et il risque d'y avoir beaucoup de résidus de ces créatures. Il faudrait donc la nettoyer. Cependant, je refuse que les premières années mettent les pieds dans cette salle tant qu'elle n'est pas propre. Ainsi, il faudrait que les 'nettoyeurs' soient les quatrième, cinquième, sixième, voir septième s'ils en ont le temps. Quand vous voyiez que vous avez une heure de libre, il vous suffit d'y aller. Je ne vous demande pas de tout faire à vous tout seuls, mais… Du moins de nettoyer ici et là. »
Les élèves hochèrent la tête. James entendit vaguement une Serpentard murmurer que, peut-être pour cette tâche, les Elfes de Maison pourraient le faire. Mais personne ne l'entendit et le Gryffondor en fut soulagé. Il voulait vraiment tout faire de lui-même.
« Quoi d'autre ? demanda le directeur pour couper les murmures de conversation entre les élèves.
- Pour la soirée, je serrai d'avis qu'on offre un cadeau au professeur McDrell, dit Rogue. Pour le remercier. »
Cette proposition fit naître des protestations. Surtout parmi les premiers années qui explosèrent d'horreur : ils n'avaient plus d'argent et il leur serait difficile d'en obtenir de leurs parents alors qu'ils n'en avaient pas besoin en temps d'examen. Le professeur McGonagall ramena le silence en émettant une détonation avec sa baguette.
« Silence ! ordonna-t-elle inutilement, tous s'étant tu. Poursuivez, Monsieur Rogue. »
Rogue fit un signe de tête en gratitude puis jaugea ses camarades.
« Je ne dis pas que nous devons tous lui acheter un cadeau. Il y a plus de mille élèves dans cette école, ça n'est pas possible. Ainsi, ce que je propose, c'est une cotisation générale. Chacun donne ce qu'il peut et après, nous réunirons la somme pour acheter un cadeau à notre professeur.
- Quelle sorte de cadeau ? demanda Tess, assise à côté de James.
- Je ne sais pas, avoua Rogue. Je pense qu'il nous faudrait d'abord voir la somme que nous réunirons et ensuite, nous aviserons.
- Mais alors, il nous faut un trésorier, dirent Babel et Baldwin. Pouvons-nous tenir ce rôle ?
- Vous ? dit Avery, méprisant. Je ne confierais pas mon argent à des troisièmes années de Gryffondor, même si ma vie en dépendait et je sais d'avance que les autres sixièmes années de Serpentard que je représente refuseront.
- Alors tu n'as qu'à pas leur dire, répliqua Katrine, de Serdaigle. Personnellement, je n'ai pas peur de donner mon argent aux jumeaux Hilarion, surtout quand on sait que leur père est l'un des plus honnêtes et puissants banquiers du pays ! »
Avery fronça les sourcils et lança un regard perçant aux deux jumeaux, comme s'ils étaient pour lui une insulte personnelle.
« Qui est d'accord pour que les jumeaux Hilarion soient les trésoriers ? » demanda McGonagall.
Trente et une mains se levèrent. Tous les élèves se tournèrent vers James d'un air étonné, les professeurs se contentant d'afficher un air interrogateur.
« Monsieur Potter ? demanda McGonagall. Quel est le problème ?
- Il n'y en a pas vraiment, Professeur, dit James. Je me disais juste qu'il paraîtrait bizarre que des Serpentard, Serdaigle, Poufsouffle et même Gryffondor courent partout après les jumeaux pour leur donner de l'argent. Pourquoi ne pas trouver un système plus simple et plus discret ?
- Auriez-vous une proposition, Monsieur Potter ? Demanda Carpiel.
- Je pensais aux sabliers des points, dit James. Ce qu'il nous faudrait ce serait une sorte de boîte aux lettres. Un endroit bien gardé, dans lequel nous pourrions glissé ce que nous voulons mettre. Et pour bien faire, je dirai que la boîte devant contenir l'argent devrait se trouver dans un endroit inaccessible pour nous tous… Donc, caché. Je ne crains pas de vol dans notre tirelire collective… Mais je pense que ça serait tout de même plus prudent. »
Dumbledore sembla réfléchir un instant puis sourit à James.
« C'est une remarquable idée. Je pense qu'il serait intéressant de mettre l'ouverture de cette boîte de cotisation à l'ouverture du sous-sol. Cela vous permettra de savoir exactement où elle est. Quand à la boîte en elle-même, elle sera dans la pièce. Ainsi, chaque fois que vous irez, vous pourrez constater son augmentation. Professeur McGonagall et Flitwick, pensez-vous pouvoir nous faire ça ce soir ?
- Sans problème, répondit McGonagall. Mes examens sont prêts, ils n'attendent que leurs élèves. »
Lesdits élèves échangèrent un regard inquiet tandis que le professeur Flitwick affirmait la même chose.
« Bien, répondit le professeur Dumbledore. Ensuite, la pièce en elle-même. Que voulez-vous y faire ?
- Moi, je verrai bien une illusion de pétales de fleur, dit Julia Harris, de Poufsouffle. Il adore les illusions.
- Aucun de nous ne peut tenir toute la soirée à faire une illusion, fit remarquer Bolger, de Serpentard.
- Non, c'est vrai, dit Amos Diggory. Mais il doit y avoir un moyen… Une potion où un objet quelconque… ?
- Il existe une potion, dit Severus. Mais elle est dure à préparer et prend du temps. De plus, elle doit être faite dans la pièce concernée.
- Bien, tu la feras donc au sous-sol.
- Vous m'avez entendu, quand j'ai dit qu'elle serait dure à préparer ? railla Rogue. Une semaine devrait suffire, mais je veux réussir mes examens.
- Ne sommes-nous pas les élèves les plus intelligents ? dit doucement Katrine en souriant à Severus. Nous t'aiderons. Nous pouvons couper les ingrédients, éplucher ou même surveiller. Il te suffit de donner ton accord. »
Severus rougit sous le regard de la jeune fille et hocha de la tête.
« Je vous donnerai les ingrédients, intervint Carpiel.
- Autre chose ? Demanda Rogue.
- Une banderole ? dit Paul-Henri. Même si c'est une décoration commune, je pense qu'il en aura besoin pour savoir ce qu'il se passe… »
Les élèves rirent en imaginant un Harry complètement dépité face à une fête incompréhensible.
« Il faut la faire le jour de son départ et l'attirer là-bas d'une manière inattendue, dit James. Sirius m'a proposé de lui faire croire à une attaque… En fait, ça serait la meilleure manière de le tenir éloigné pendant qu'on fait les préparatifs.
- Nous proposeriez-vous d'aller chercher quelques Mangemorts, Monsieur Potter ? plaisanta Dumbledore.
- Non, dit James. Mais du moins de faire en sorte qu'il croie à une attaque proche. De la sorte, le jour de son départ, un élève viendra l'appeler au secours, lui disant que des Mangemorts… s'introduisent par le sous-sol.
- Il nous faudra l'aide de personnes qui sauraient le tromper, dit Dumbledore d'un air pensif. J'entends par là des personnes d'un autre niveau que les élèves. Des personnes qui le connaissent très bien. »
James comprit tout de suite ce que son directeur voulait dire.
« Oh, professeur ! s'écria James, se levant d'un bond. Est-ce que je pourrai le faire ?? S'il vous plaît.
- Monsieur Potter, je ne sais pas si c'est une bonne idée que ça soit vous…
- Je vous en prie, professeur ! dit James. Depuis qu'il est là, je souhaite aller chez lui. S'il vous plaît… »
Dumbledore parut soucieux un instant, puis sourit.
« D'accord. Mais vous devrez me promettre de vous montrer raisonnable et de ne pas chercher à savoir, James….
- Je vous le promets, professeur », dit James en souriant, son visage brillant de joie.
Les autres élèves échangèrent un regard étonné, ne comprenant visiblement pas de quoi parlaient James et Dumbledore. Ils finirent par hausser les épaules de dépit et par en revenir avec la préparation de la fête. Ce ne fut que tard dans la soirée qu'ils eurent fini de parler. Dumbledore quitta la pièce dix minutes puis revint, assurant les élèves que Harry était occupé. Aussitôt, les élèves en profitèrent pour rejoindre leurs salles communes. Rentrés dans la leur, les Gryffondor s'écroulèrent dans les fauteuils et les divans, près de la cheminée où un petit feu chauffait légèrement la pièce déjà tiède à cause de la chaleur estivale.
« Je ne pensais pas que ça durerait aussi longtemps, commenta Samantha.
- Moi non plus, gémit Marc-Antoine. Et j'ai encore plein de choses à étudier avant demain… »
Les sept élèves se regardèrent d'un air inquiet. C'était leur cas à tous ! D'un même mouvement, ils se levèrent et allèrent chercher leurs livres dans leur dortoir, enviant secrètement leurs camarades en train de dormir. Ils redescendirent en même temps et s'installèrent à une table, ensemble. Ils ouvrirent leurs cahiers, poussèrent un soupir à fendre l'âme et commencèrent à réviser encore pour le lendemain.
« Vous croyiez qu'on va y arriver ? demanda soudain Dave. Pour demain, ça va. Je pense que nous avions un peu tous revu. Mais pour les autres jours ? Ça va être un cauchemar, si on doit étudier la nuit… »
Les élèves se regardèrent entre eux.
« On pourrait peut-être demandé une potion d'insomnie…, proposa Tess.
- J'imagine mal Pomfresh accepter, commenta Babel.
- Pomfresh n'acceptera pas, dit James. Mais Rogue, peut-être… »
Les Gryffondor échangèrent un regard.
« J'essaierai de lui demander discrètement, demain, dit James. On devrait se voir dans la Grande Salle, pendant que le professeur McGonagall et les examinateurs nous donneront nos places. »
Les autres hochèrent la tête et ils se replongèrent tous sur leur cahier. Aucun d'eux ne s'aperçurent qu'ils s'endormaient.
Ce fut de loin la pire semaine de la vie des trente-deux élèves sélectionnés. C'était à peine s'ils arrivaient à s'en sortir. Au petit matin, ils étaient tirés du lit par leurs camarades qui demandaient des nouvelles, tandis qu'en soirées, ils étaient de nouveau réunis dans la salle de la Table Ronde avec les professeurs pour discuter des avancements. Mais ce n'était rien comparé aux nombreuses heures qu'ils passaient dans la pièce du sous-sol.
Comme l'avait dit le professeur Dumbledore, elle était idéale pour faire une fête. Personne n'y avait accès à part les trente-deux élèves et les quatre professeurs généraux. Ce fut avec une certaine excitation que les élèves avaient poussé la porte leur cachant la grande pièce. Ils furent tout d'abord émerveillé par les murs hauts et couverts de tentures vert émeraude. Et que dire du merveilleux sol en marbre noir strié de veines blanches ??? Mais ils déchantèrent quand ils virent la chaire en décomposition du reste des reptiles, le sang séché sur le sol, les tentures légèrement brûlée et les pavées éclatées. Et ce n'était rien quand ils aperçurent l'immense dragon de pierre endormi dans un coin de la pièce. Ils faillirent renoncer avant même d'avoir commencer.
Ils ne changèrent d'avis que grâce à l'aide inespérée de leurs camarades. Voyant leur état de fatigue et de stress, Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard faisaient ce qu'ils pouvaient pour simplifier la vie de leur camarade. Repas amenés à eux dans la salle commune, manuels prêts à leur retour des réunions, potions énergétiques préparés par les élèves les plus doués en la matière, thermos de café préparés spécialement pour eux, jamais les trente-deux déléguées n'eurent à demander quoi que ce soit. Leurs camarades veillaient constamment à ce qu'ils aient tout, sans distinction.
Distraire Harry ne fut pas une chose difficile. Le jeune professeur ne semblait plus vraiment être là, depuis son dernier combat, sans doute parce qu'il souhaitait rentrer chez lui plus que tout au monde. De plus, les examens l'accaparaient bien plus que les élèves ne l'avaient prévu. Mais bien vite, les délégués eurent besoin de plus de liberté de mouvement et donc, d'une diversion. James devait donc aller 'chez Harry' pour ramener ses proches qui pourraient les aider. Si ses camarades pensaient que le jeune garçon allait simplement aller en Amérique en Portoloin, Dumbledore et James, eux, savaient que ce n'était pas si simple. Pour aller chez Harry, il fallait voyager dans le temps. Et pour voyager dans le temps, il fallait la lanterne. Lanterne qu'il fallait emprunter à Harry sans qu'il ne remarque rien. Lily se porta volontaire pour distraire le jeune homme pendant quelques minutes, de sorte que James pourrait voyager à sa guise. Ils choisirent le mercredi pour leur mission. L'examen de DCFM se passant le jeudi, Lily pourrait faire semblant de paniquer complètement et James en profiterait pour voyager. Le jeune garçon ne savait pas trop comment allait se passer le voyage, mais il avait hâte d'être dans le futur.
Ainsi, le mercredi de cette semaine-là, Lily, accompagnée de James sous sa cape d'invisibilité, se rendit au bureau de Harry où elle frappa poliment à la porte.
« Entrez », indiqua Harry d'une voix distraite.
Lily respira un bon coup avant de saisir la poignée et d'afficher une expression paniquée. Elle ouvrit la porte sèchement et rentra rapidement. James eut tout juste le temps de rentrer avant que la porte ne se referme violemment.
« Harry !cria Lily d'une voix énervée. Il faut que tu m'aides, je ne sais pas quoi faire ! »
Harry releva la tête des examens qu'il corrigeait, fixant Lily d'un air étonné.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? s'enquit-il, reposant sa plume.
- Je n'y arrive plus ! dit Lily. Je n'arrive plus à faire le patronus, Harry !!! Qu'est-ce que je vais faire, demain, devant les examinateurs ??? Tout le monde saura le faire sauf moi, je vais avoir l'air d'une cruche !!!
- Lily, allons, du calme ! dit Harry en se levant pour aller asseoir Lily sur une chaise.
- Et je n'arrête pas de m'emmêler avec le sort d'entrave et de stupéfixion… C'est pourtant si simple… Harry, c'est horrible !!
- Lily! Dit Harry d'une voix impérative. Calme-toi, ça ne sert à rien de paniquer ! »
Lily se tut aussitôt, serrant ses mains entre ses genoux, comme si elles menaçaient de s'échapper.
« Lily, la panique n'a jamais aidé personne, dit Harry d'une voix douce. Je suis sûr que tu t'en sortiras à merveille, il faut simplement garder la tête froide.
- Mais si jamais je rate ?? s'écria aussitôt Lily, bondissant presque de sa chaise. Je vais me retrouver en cinquième, tandis que les autres vont continuer… Tu imagines la honte ? Je n'oserai plus jamais regarder James en face ! »
Le concerné, les yeux écarquillés, fixait sa petite amie avec étonnement. Il n'aurait jamais cru que sa Lily était une aussi bonne comédienne.
« Lily, tu ne rateras pas, dit Harry, conciliant.
- Comment peux-tu en être aussi sûr ? gronda Lily, énervé.
- Tu es la jeune fille la plus intelligente de cette école, Lily, dit Harry, lui souriant. Si toi tu n'y arrives pas, je ne donne pas chère de la peau des autres… »
Mais Lily ne semblait même pas l'écouter et elle tremblait d'un air inquiet.
« Mais je ne suis pas intelligente ! cria-t-elle tout à coup, James et Harry sursautant d'un coup. Je vais tout rater !!! »
Et avec un brio qui laissa James pantelant, Lily fit semblant d'éclater en sanglot, le visage dans les mains.
« Lily, allons, dit Harry, l'air inquiet et attentif. Il ne faut pas t'en faire pour si peu… Viens, je vais te conduire à l'infirmer...
- PAS L'INFIRMERIE !!!!! cria Lily, sa voix perçant les tympans des deux jeunes hommes.
- Bon, alors je vais aller chercher Ginny…
- NON ! cria Lily, tout aussi fort. JE ME FOUS DE GINNY, JE VEUX RÉUSSIR MON ANNÉE !! EN QUOI POURRAIT-ELLE M'AIDER, HEIN ??? »
Et tandis qu'elle criait, Lily s'était levée d'un bond, gesticulant d'un air effrayant. Harry leva les mains pour essayer de l'apaiser, mais il n'eut même pas à prononcer une parole. Lily s'évanouit, lui tombant dans les bras.
« Et merde », fit Harry, tenant tant bien que mal la jeune fille.
Celle-ci fit semblant d'ouvrir les yeux, calmée.
« Ooh, Harry, je suis désolée, dit Lily. Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais j'ai si peur de rater… »
Harry lui tapota doucement le dos, hochant de la tête d'un air compréhensif.
« Est-ce que tu... est-ce que tu pourrais m'accompagner à l'infirmerie ? Et rester avec moi pendant que j'y suis ? »
Harry eut l'air de vouloir refuser, mais Lily s'accrocha à son pull d'un air angoissé.
« J'ai si peur de l'infirmerie, s'il te plait, Harryyy…. »
Le jeune homme finit par hocher de la tête.
« D'accord, dit-il. Tu peux marcher ?
- Je… Non, je n'en aurai pas la force… »
Lily fit semblant de se remettre à pleurer, Harry paniquant visiblement à l'idée qu'elle ne fasse une autre crise.
« Allons, Lily, du calme. Je vais te porter, la rassura-t-il.
- C'est vrai ? dit Lily. Oooh, Merci, Harry, je ne saurai jamais te montrer combien je te suis reconnaissante... »
Harry fit un léger sourire crispé puis souleva sa mère dans ses bras avant de sortir difficilement de la pièce avec la jeune fille, la tête appuyée sur son épaule d'un air épuisé. Quand la porte se referma, James poussa un soupir de soulagement.
'Eh béh, pensa James. Quand Lily joue la comédie, elle ne lésine pas sur les moyens…'
Pouffant légèrement en repensant à l'embarras de son fils, James se dit tout de même qu'il se rappellerait de ne jamais énerver Lily dans les années futures. Revenant à l'instant présent, James regarda autour de lui et ne mit pas longtemps à trouver la lanterne. James savait qu'Harry la laissait dans son bureau, car c'était là qu'il était la plupart du temps et ses amis lui envoyaient assez souvent des messages par ce moyen. Prenant l'objet, James la regarda un instant d'un air impressionné. Pouvait-il vraiment aller dans le pass ?
'Pas le temps de réfléchir, se dit James. Je n'ai que quelques minutes….'
James enleva sa cape qu'il mit dans sa poche et prit sa baguette. Tenant la lanterne d'une main, James dit d'une voix basse, mais claire :
« Lumos ! Poudlard, 17 juin 2001… »
James eut à peine le temps d'appuyer sur le gros bouton argenté sur le dessus de la lanterne avant de se sentir quitter le sol. Une lumière dorée l'aveugla un instant, puis il put discerner qu'il était dans le parc de Poudlard et qu'il tombait. Qu'il tombait très vite… ! James poussa un cri d'horreur quand il sentit ses pieds entrer en contact avec quelque chose de froid qui l'engloba rapidement. Il respira rapidement avant de se retrouver immergé dans le lac, la main serrée sur la lanterne. James battit furieusement des jambes, sa tête ressortant du lac. Il poussa un soupir agacé en voyant que oui, il était bien dans le lac.
« Ça n'arrive qu'à moi, ce genre de chose », gémit James, commençant à nager vers la rive.
Il l'atteignit assez rapidement, sans rencontrer de créatures dangereuses, à son grand soulagement. Il sortit du lac en grognant face à ses vêtements imbibés d'eau et à ses cheveux collés sur ses lunettes.
« Et bien, dit soudain une voix. Ça, c'est de l'entrée ou je ne m'y connais pas... »
James écarta les cheveux qui lui bloquaient la vue et eut un grand sourire en reconnaissant Ron Weasley, le meilleur ami de son fils.
« Bonjour, dit James. Je suis content de vous voir...
- Moi aussi, dit Ron. Même si je me demande ce que tu fais l
- J'ai besoin d'aide, dit James.
- Je me doute que tu ne viens pas ici pour le plaisir de te baigner dans le lac, rit le rouquin. Néanmoins, avant de discuter, je vais t'emmener dans un endroit plus chaud où tu pourras mettre des vêtements plus secs... »
James sourit à Ron et le suivit cahin-caha dans le château. Il laissait derrière lui de grosses traces d'eau et le jeune homme se demanda si Rusard était encore concierge à l'époque et, si oui, s'il allait avoir une retenue pour 'encrassement de couloir'. Ron, qui suivait du regard les faits et gestes de James, comprit tout de suite pourquoi le jeune homme jetait des regards curieux autour de lui et rit.
« Rusard est mort il y a trois ans, déclara Ron, faisant sursauter le jeune homme. Miss Teigne, elle, a disparu dans le château. On ne sait pas vraiment où elle est, mais la rumeur prétend que Peeves l'a enfermé dans un endroit que seul lui connaît pour se venger du concierge qui tentait de le faire renvoyer.
- Miss Teigne ? dit James.
- Son chat, dit Ron. Il n'en avait pas, dans le pass ?
- Si, répondit James. Mais il en avait un autre…
- Oui, je suppose qu'il a dû acheter Miss Teigne à la mort de son autre chat… Était-il insupportablement chiant ?
- Oui, dit James en riant. Une vraie plaie !
- Tu m'étonnes, dit Ron.
- Pourquoi n'y a-t-il personne dans les couloirs ? demanda James, regardant autour de lui.
- Et bien, parce que nous sommes en examens, dit le rouquin. Tout comme toi, si je ne m'abuse.
- Oui, répondit James. Mais je suis là pour une bonne raison. Il faut réunir tous les proches d'Harry…
- Tous ? dit Ron en arrivant devant une porte et en l'ouvrant, invitant James à entrer.
- Oui, tous, dit-il. Nous avons besoin de vous pour leur préparer une surprise.
- Une surprise ? dit Ron, un sourire apparaissant sur son visage. Je sens que ça va me plaire ! Reste-là, je vais te chercher une serviette. »
James hocha de la tête et profita de l'absence de Ron pour détailler la pièce. Il se trouvait dans un appartement où le beige et le bleu dominaient. Les fauteuils étaient d'un beige relaxant et le tapis bleu ciel. Les murs, eux, étaient recouverts d'un papier peint beige également, mais plus foncé que les fauteuils. L'ambiance de la pièce était étrangement apaisante, si bien que pendant un instant, James oublia qu'il devait se hâter de prévenir tout le monde. Mais quand Ron revint, il se souvint tout de suite de la raison de sa présence.
« Je n'ai pas beaucoup de temps, intervint James, parlant rapidement. Il faut à tout prix que vous persuadiez les personnes les plus puissantes et les plus proches d'Harry ! Nous avons besoin de vous.
- Pour quoi faire, exactement ? demanda Ron.
- Je vous l'ai dit ! dit James. C'est pour une surprise. Comme Harry est notre professeur préféré, nous avons décidé de le remercier pour tout ce qu'il nous a apporté. Alors nous lui préparons une fête. Le problème, c'est qu'il ne doit pas savoir ce que nous préparons et qu'il faut qu'il reste dans l'ignorance le plus longtemps possible. Alors, nous avons décidé d'appeler à l'aide les seules personnes qui pourraient le berner mieux que nous. C'est-à-dire vous. Si nous lui faisons des diversions, il saura tout de suite identifier nos magies.
- Parce que tu crois qu'il ne sera pas capable d'identifier la nôtre ? demanda Ron. Non, votre plan est bancal… À moins que…
- Oui ?? dit James.
- Je n'en connais qu'un qui saurait tromper Harry mieux que personne… Quoi qu'à la réflexion, je dirai trois…
- Qui sont-ils et quand peuvent-ils venir ?? s'exclama James, heureux de voir trois personnes supplémentaires les aider.
- Oh, du calme, dit Ron. La première personne est extrêmement prise, je ne sais pas s'il pourra venir.
- Qui est-ce ?
- Draco Malfoy, répondit Ron. Harry connaît très bien son aura, mais Draco peut la modifier à sa guise.
- Mon fils est ami avec Draco Malfoy ? dit James. Il ne me l'avait jamais dit !
- C'est normal, rien que pour raconter ça, il faudrait trois ans à Harry… Il faudra que j'envoie une lettre à Draco. Le connaissant, il sera ravi de jouer un tour à notre ami commun, mais il faut voir s'il est disponible...
- Qui est la deuxième ?
- Sirius, dit Ron en souriant. Il est resté un bon Maraudeur et son pouvoir a grandi au fil des ans. Mais lui aussi, est très occupé.
- Si Patmol est le même qu'autre fois, il acceptera !
- Sans aucun doute, dit Ron. Mais Il ne faut pas qu'on le reconnaisse... Enfin, pour ça, nous pourrons nous arranger.
- Et la troisième ? demanda James.
- La troisième, dit Ron en soufflant. La troisième n'acceptera pas. Il s'agit de Severus Rogue.
- Rogue ? dit James en grimaçant. Ce type est un proche d'Harry ?
- Pas exactement, répondit Ron. Mais il le connaît bien et est un maître en tromperie. Cependant, je ne lui demanderai pas. Il refusera…
- Pourquoi ? »
Ron garda le silence, pensif.
« À cause d'une ancienne haine qu'il y a entre Harry et lui… Depuis quelques temps, nous espérons une amélioration, mais…
- Mais ?
- Non, rien, répondit Ron. Combien de temps as-tu ?
- Très peu, dit James. En fait, il vaudrait mieux que je rentre…
- Ok, dit Ron. Rentre dans ton temps, je dirai aux autres de venir te rejoindre….Mince, il nous faudrait un lieu de rendez-vous discret…
- Demain ! s'écria James. Nous devons aller à Pré-au-lard, avec Severus ! Ils n'ont qu'à nous y rejoindre. On se débrouillera pour qu'ils rentrent à Poudlard discrètement.
- D'accord, dit Ron. Je devrai pouvoir me débrouiller pour les avertir de venir. Vers quelle heure ?
- Seize heures. »
Ron hocha pensivement de la tête.
« Seize heure, demain, à Pré-au-lard, dans le pass », dit le rouquin en se tournant vers son bureau.
James se retourna et fut plutôt étonné de voir une plume marqué ce que Ron avait répété exprès. Il n'avait même pas vu le roux jeter un sort à l'écritoire.
« Vous aussi, vous faites de la magie sans baguette ? » demanda James, étonné.
Ron sourit.
« Être ami avec quelqu'un d'aussi puissant que ton fils pousse à l'être également, dit Ron. Je le suis moins que lui, mais… je me défends. »
James sourit puis attrapa la lanterne qu'il avait posé pendant qu'il se séchait les cheveux.
« J'y vais, dit James. Je crains que Lily ne l'ait pas gardé assez longtemps.
- D'accord, dit Ron. Au revoir.
- Au revoir », répondit James.
Et sans attendre, il déclama haut et fort la date, le lieu et même l'heure, par sécurité. Aussitôt, il disparut sous l'air amusé de Ron. Le jeune homme se dirigea vers sa cheminée et lança un peu de poudre verte après s'être agenouillé dedans. Sa tête voyagea un long moment avant qu'il n'arrive dans un âtre au feu paisible devant lequel une petite fille aux cheveux noirs jouait à la poupée.
« Bjour, Adèle ! dit Ron, la petite fille criant de surprise. Est-ce que ton père est l ?
- Voui ! répondit la petite fille. Je vais l'appeler ! »
Ron lui fit un simple sourire et attendit un instant. Un 'PAPAAAAAAA' lui indiqua qu'Adèle accomplissait bien sa mission.
« PAPAAAAAAAA ! cria encore la petite fille. Y'A RON DANS LA CHEMINÉE !! »
Le concerné rit en entendant la petite fille qui, après quelques instants, revint devant lui.
« Il a dit qu'il arrivait, dit Adèle.
- Ooh, fit Ron. Alors, ma petit chérie, comment ça va ?
- Ça va super ! dit Adèle. Papa nous a emmené faire du… Du…
- Quidditch ? proposa Ron.
- Vouiii ! C'est ça, dit Adèle, tout sourire. Mais il n'a pas voulu que je monte toute seule sur un balai…
- C'est normal, tu es encore trop petite… »
Adèle fit une grimace, n'appréciant visiblement pas le commentaire. Ron pouffa, s'émerveillant encore de la transformation de la petite fille depuis que Sirius l'avait adoptée. Adèle s'était métamorphosée. De courts et sales, ses cheveux étaient devenus longs et brillants. Toute personne la voyant disait d'elle qu'elle était une petite fille adorable. Et sur ce point, Ron était tout à fait d'accord. Mais si Adèle avait changé, ce n'était rien comparé à Nicolas. De muet, le petit garçon était devenu enjoué, bavard et blagueur. La compagnie de Sirius, qu'il ne lâchait pas d'une semelle, lui avait donné l'acquisition du sens de l'humour de l'Animagus auquel il était plus attaché que tout au monde. Et quand Sirius entra dans le salon richement décoré de Gardens Manor, Ron eut la joie de voir Nicolas, trottinant sur les talons de son père adoptif.
« Excuse-moi de t'avoir fait attendre, Ron, dit Sirius. Je m'occupais d'un cas difficile.
- Pas de problème, dit Ron. Comment se porte l'orphelinat ?
- Il prend forme, dit l'Animagus en s'installant dans un fauteuil devant l'âtre. Alors, qu'est-ce qui t'amène ?
- Il y a vingt ans, tes amis et toi avez bien fait une surprise à votre professeur de DCFM, non ? demanda Ron.
- Bien sûr, dit Sirius, riant. Je m'en souviendrai toute ma vie, c'était merveilleux !
- Tant mieux, dit Ron. Car tu es demandé comme 'détournement de professeur gênant' pour la semaine qui suit ! »
Un grand sourire apparut sur le visage de Sirius.
James eut tout juste le temps de se re-cacher derrière sa cape avant qu'Harry n'arrive. Il sortit avant que le jeune homme n'ait refermé la porte de son bureau et poussa un soupir de contentement. La question qu'il se posait à présent était comment il allait annoncer à tout le monde que deux hommes venaient les aider et surtout, comment il allait les reconnaître sous le déguisement qu'ils allaient probablement emprunter pour venir… Finalement, il décida qu'il n'avait qu'à faire croire à Severus qu'il ne les avait pas vu. Il dirait simplement la vérit : il avait rencontré un des amis d'Harry qui lui avait promis d'envoyer deux personnes. D'un pas rapide, James se dépêcha de rejoindre la salle de la Table Ronde. Vingt heures ayant sonnés, les membres du comité l'attendaient. Ensuite, il aurait droit à un interrogatoire en règle de ses camarades de classe qui l'attendaient dans son dortoir.
'Si j'avais su que j'allai être autant occupé, j'aurai demandé un retourneur de temps', pensa James, souriant en pensant à la lanterne qu'il avait laissé dans le bureau de son fils.
Il s'arrêta un instant, le temps de souffler un peu et de fermer ses yeux fort fatiguer par les nombreuses nuits blanches qu'il faisait. Les potions de Severus Rogue pour combattre la fatigue et les mélanges énergétiques de ses camarades ne l'aidaient pas assez. Bien qu'il soit suffisamment en forme pour tenir pendant une semaine sans dormir, James sentait que chaque particule de son corps réclamait un repos bien mérité, tout particulièrement ses yeux. Tous étaient dans le même état et tous commençaient tout doucement à piquer du nez et à s'énerver. La frustration, la colère, la tension exacerbée à cause des examens, tout poussait les élèves à s'agiter d'un coin à l'autre, brassant de l'air pour aller plus vite, mais ralentissant pourtant au fil des jours et de la fatigue accumulée. James, comme les autres, était saisi par cette agitation inutile et épuisante et il commençait à désespérer de voir arriver le jour de la fête. Quand il pensait qu'il restait encore quatre jours, James se surprenait à paniquer et à sentir un désespoir alarmant l'enserrer de toute part. Soufflant encore une fois, il reprit sa route, mais plus lentement. Il avait tant envie de dormir un peu…
Il ne sut pas vraiment combien de temps il prit pour arriver à la salle de la Table Ronde, mais quand il entra, il constata que tous les élèves étaient dans le même état que lui : ils étaient affalés sur la table, les yeux se fermant péniblement pour se rouvrir avec angoisse quelques secondes plus tard. Dans leur chaise, les cinq professeurs les regardaient d'un air apitoyé. Et il y avait de quoi. James serra les mains. Ils ne devaient pas se laisser aller. Ça ne ferait qu'empirer les choses. Il claqua la porte avec énergie, faisant sursauter toute l'assemblée. D'un pas faussement énergique, avec un sourire parfaitement bien simulé, James alla s'installer dans sa chaise, se tenant bien droit et affichant une détermination qui en étonna plus d'un. La manœuvre eut l'effet escompté. Piqués dans leur fierté, les Serpentard se redressèrent, effaçant leur fatigue. Bien vite, les Gryffondor répliquèrent en faisant pareil. Les Serdaigle mirent un peu de temps à s'en convaincre, mais ils firent bonne figure. Quand aux Poufsouffle, ils soufflèrent, s'étendirent et se redressèrent. Les yeux de Dumbledore scintillèrent d'amusement et il fit un léger signe de tête reconnaissant à James. Celui-ci fit comme si de rien était et regarda Severus.
« C'est OK, pour demain. Nous irons à Pré-au-lard. C'est là que les amis d'Harry nous rejoindrons…
- Combien ont accepté de venir ? demanda Dumbledore.
- Deux, seulement, répondit James. Son parrain et l'un de ses meilleurs amis. Les autres ne pouvaient pas, leur travail ne leur permet pas… »
Dumbledore hocha la tête.
« Bien. Je pense que le mieux serait de réviser une dernière fois notre liste de course pour demain… »
Les élèves soupirèrent d'un air ennuyé. En deux jours, ils n'avaient cessé de revoir la liste de courses à faire à Pré-au-lard pour la fameuse fête.
« Des décorations, de quoi boire, le cadeau spécial et top secret et, bien entendu, la carte d'adieux. Ce n'est pas comme si c'était difficile de connaître ça, professeur, s'impatienta Severus.
- J'en suis parfaitement conscient, Monsieur Rogue, mais il est important que vous n'oubliez rien. L'après-midi durant laquelle vous allez partir à Pré-au-lard est exceptionnel et ne pourra pas être octroyée une fois de plus. Cela nous a demandé beaucoup d'organisation, tout particulièrement vis-à-vis de vos examens. J'en profite pour demander aux cinquième année présents dans cette pièce de faire passer le message : l'examen de théorie des sortilèges aura lieu plus tôt demain matin, vers sept heures. James et Severus, vous passerez en dernier pour la pratique qui se fera en après-midi. Soyez rentrer pour seize heures. Est-ce clair ? »
Les deux jeunes hommes hochèrent de la tête.
« Bien, dit Dumbledore. Où en est la rénovation de la salle et le montage des fenêtres ? »
Et la discussion s'orienta sur un autre sujet. James n'écouta que d'une oreille Mathew Terkan, de Serdaigle, signaler que l'épaisseur de la pierre de jade des murs posait problème. Quand aux plaintes des premières années des maisons – qui étaient alors les détourneurs d'Harry – il ne les écouta même pas. Il ne pensait qu'au lendemain et à ce qui l'attendait. Il devait passer son examen théorique de sortilège et ensuite, filer à Pré-au-lard. Bien entendu, tout ça devait se faire en toute discrétion. Or, Harry n'avait pas d'examen le lendemain. Ce qui augmentait les chances de se faire prendre. Pour résoudre ce problème, James avait résolu d'emprunter le passage, mais le problème était l : si Harry regardait la carte des Maraudeurs – carte dont il avait vaguement parlé à James – alors Severus et lui seraient fait comme des rats. Sans compter que le plan serait fortement entrav
Soupirant, James sursauta en voyant que les élèves se levaient tour à tour pour rejoindre leur salle commune. Il s'empressa de rejoindre les Gryffondor et, après vérification, quitta la pièce de la Table Ronde pour se rendre dans la tour. Comme un zombi, il se rendit dans sa tour où il eut la surprise de voir ses camarades, tous occupé à discuter joyeusement.
« Salut James ! dit Sirius. Alors, quoi de neuf lors de cette réunion ?? »
James s'affala sur son lit, juste à côté de Lily et enfouit son visage dans son oreiller. Il finit par relever la tête et dit :
« L'examen de théorie d'enchantement aura lieu demain matin, à sept heures… Quand à la pratique, elle ne bouge pas, sauf que ceux qui, dans l'ordre alphabétique, sont après Rogue et moi. Ils remontent d'un cran… On passera en dernier...
- Vous allez toujours à Pré-au-lard ? demanda Rose.
- Oui, dit James en fermant les yeux. On y va tout de suite après la théorie… »
Les autres cinquième année échangèrent un regard perplexe.
« Heu... James… Tu ferais peut-être mieux de revoir Enchantement, non ? », fit doucement Peter.
James rouvrit péniblement les yeux, fixant un regard sombre sur Peter.
« Si, Peter… Tu as raison », dit-il.
Péniblement, James se leva et se dirigea vers la salle de bain d'un pas douloureux. Les autres cinquième année le regardèrent d'un air attristé, mais aucun n'osa élever une protestation quelconque.
Arrivé dans la salle de bain, James se passa un peu d'eau sur le visage et prit une bouteille de potion énergisante. Ce truc avait un goût infect, mais il était indéniablement très utile. D'un coup, James cala toute l'horrible décoction et déglutit péniblement. Une énergie fictionnelle entra en lui, se déversant dans son corps comme un torrent. Mais les cernes sous les yeux bleus de James étaient toujours l
« James ? fit Lily en entrant craintivement dans la salle de bain des garçons. Est-ce que ça va ? »
James souffla et se retourna.
« Oui, ma Lily, ça va… »
Mais le regard inquiet de Lily lui prouva bientôt qu'il ne l'avait pas berné.
« En comptant ce week-end, ça fait seulement quatre jours que je subis ce régime, dit doucement James. Et j'ai l'impression que chaque minute est une torture… Je me lève, je révise, je vais faire mes examens, je mange dans la salle de fête en travaillant, je vais passer ma théorie puis je retourne dans la salle de fête jusqu'à la réunion de la Table Ronde. Alors, je reviens étudier et j'y passe la nuit en espérant glaner une heure de repos… Je suis fatigué, Lily… Et j'ai mal… Tout mon corps semble soupirer après un lit et j'ai l'impression que le sol tourne sans arrêt… Et mon cœur bat vite… Si vite… »
Les yeux de Lily se remplirent de larmes. Doucement, elle prit James dans ses bras et le serra contre elle. Elle sentit elle aussi le cœur de son petit ami pulser fort dans sa poitrine. Ce n'était pas normal.
« James, tu dois te reposer, dit Lily. Ça ne peut plus continuer ainsi…
- Je ne peux pas me reposer, Lily… Je n'ai pas le temps…
- Alors il faut le trouver ! décréta Lily. Si tu es dans cet état, j'ose à peine imaginer ceux des autres… Il faut faire une tournante…
- Une tournante ? demanda James.
- Oui ! dit Lily. Pourquoi n'échangerions-nous pas un peu ??? Chaque élève est impliqué ! Ce n'est pas uniquement aux trente-deux délégués d'agir ! Pour les réunions, c'est vrai, c'est à vous d'agir, mais pas pour la décoration ou la rénovation de la salle de fête ! Viens ! »
Et sans laisser le temps à James de parler, Lily le tira par la main pour faire irruption dans le dortoir et ensuite descendre dans la salle commune. Là, les autres délégués de Gryffondor tentaient vainement d'assimiler leur matière du lendemain. D'un mouvement brusque, Lily intima le silence à James qui s'apprêtait à parler et pointa sa baguette sur sa gorge pour amplifier sa voix et ensuite crier à plein poumon :
« GRYFFONDOR !!! »
Des cris se firent entendre dans les dortoirs, mais bien vite, des élèves de chaque année émergèrent des portes et des escaliers, gagnant leur salle commune d'un air hébété.
« Ça ne peut plus durer, dit Lily une fois que tout les élèves furent présents dans la pièce et firent silence. On ne peut laisser nos camarades s'épuiser ainsi sous prétexte qu'ils sont des délégués…Il faut les aider !!! »
Un silence pesant accompagna cette déclaration.
« C'est ridicule, Evans, intervint sombrement Tess Gardel, déléguée des sixièmes. Tous les élèves ne peuvent entrer dans la salle de réunion.
- Je ne fais pas référence aux réunions, Tess, dit calmement Lily. Je parlais de la rénovation et de la décoration de la salle. Voir de la distraction d'Harry. Vous ne pouvez pas vous charger de tout et nous ne pouvons pas fermer les yeux à attendre que vous vous effondriez. Nous devons vous aider…
- Si trop d'élèves rentrent dans la salle de fête, Harry va s'en apercevoir, fit remarquer Samantha Jasper, délégué des troisièmes.
- Nous serons alors plus nombreux pour le distraire, dit Lily. Il nous suffira de nous organiser pour que Harry n'aille pas dans ce couloir !
- Ça demandera bien trop d'organisation, dit Dave. Nous n'avons pas de temps à perdre…
- Moi, si ! dit Lily. J'aimerai que les Gryffondor prêts à aider se mettent en ligne devant moi ! »
Il y eut quelque hésitation, mais bien vite, il y eu une trentaine d'élève devant Lily qui recopia attentivement les noms. Les délégués, qui s'étaient rassemblés, regardèrent leurs amis se porter peu à peu volontaires pour des tâches tel que 'décorations' 'distractions' ou autre. Les huit élèves soupirèrent en haussant les épaules. Après tout, pourquoi pas ? Ça pouvait peut-être marcher….
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(Gros soupir de la mort qui tue) J'étais censée travailler à C de c, ce soir… Et je me retrouve là… Déjà que j'ai pas la force de simplement manger… Je n'ose même pas imaginer des RAR… Aussi, je vous demande de me pardonner, mais comme vous avez été trèèès généreux, avec le chap 22 (dont je dois toujours faire les RAR depuis des mois) je me coltine plus de 150 réponses à faire… Et s'il me faut deux heures pour en faire une trentaine, je n'ose imaginer 150 ! Ainsi, je les laisse platement tomber. Si jamais, dans l'une de vos reviews, une questions nécessitaient à tout prix une réponse, envoyer moi un mail ! Personnellement, j'en ai un peu marre de répéter cent fois la même chose…
Un grand merci, pour leur review, à (ptain, ça va être long…) : Clem, solar, Luc 'Racatte' Granger, Phantme, marion-moune, Tiffany Shin, DW ( ou Ptite Elfe), pimousse fraise, bubblejoyce, alpo, Ginny McGregor, le duo de choc (LPDP est-elle revenue ??), Deedlit, Mayreendalmrin,The Dark Queen, Oceane la malicieuse, mimille, Lunenoire, Mary-Evy, LeDjiNn (quel nombre impressionnant de Review ! Merci !), tyloup.purply, Les maraudeuses, Philippe Gryffondor, crystal yuy, xaebhal, gaia666, Polly Pink, celine.s, Kyzara, Titou Moony:-p, chen, Ccilia (MERCHIII a toiiii !!!), Miya Black, Alex-13, Mona-Potter, satell, Alyssa7, Rose de Crystal, Lara Radcliff, p'tite puce, siria potter, Eowyn10, Cyngathi, hermione2005, Unomy, Morgane Ceridwen, marie, louloute, Remus James Lupin, lol, tobby, van, lou, Pallas-via-Caesar, RLA, Pascale, Giga, POISSON ROUGE, popov, LolieShing, cami, éternamm, Allima, agnes black, Lara-leuse-, Deedlit, celine.s, Tigrou, Arwena Bloom, Dumati, Johp5, fy, Gaiyle, sirie-stefie, Kyzara, mary-evy, shadow, Ron Ravenclaw, Alliel, Nymia, Naughty Reviewer, godric2, kila, Sealunis, frimouss, tibo, Harry Gryffondor, phenix67, kikou224, Emy, Ambre Saphira P, bizalajou, Boneless, alinemcb54, Little Yuki, ludivine.
Pour ceux que ça intéresse, j'ai réussi mon devoir. J'ai eu 81/100 avec les Félicitations de mon professeur pour le résumé cohérent du livre portant sur le sujet du devoir, pour la diversité de la documentation et enfin, pour la rédaction excellente de la synthèse. Je ne fais ici que recopier ce qu'elle m'a dit, personnellement, j'ai trouvé ça merdique… Oui, encore…
Comme vous l'avez remarquer, ce chap est seulement la première partie du 24. La seconde est loin d'être terminée.. une fois de plus, soyez patient.. Personnellement, j'entre bientôt en examen… Et je vais devoir Bosser comme jamais… mais j'espère pouvoir publier la fin de ce chap dans le courant du mois de Juillet et l'épilogue avant la rentrée scolaire… Mais je ne promets rien, ne vous faites pas de faut espoirs ! Encore merci à tous pour vos compliments ! Pour ceux que ça intéresse, mon adresse est la suivante :
Umbre77(le joli petit a que tout le monde connaît…)msn.com
Merci de votre compréhension et à la prochaine… ! J'essayerai de faire les RAR, cette fois l ! ;
