Bonjour à tous !

Me revoilà avec un nouveau chapitre tout frais ! Les choses avancent, avancent. Très, très lentement... Lentement... Mais ! Surement. Enfin autant que possible ! Le jeu de la jalousie a commencé alors bonne lecture !


Camus jeta son sac de sport sans ménagement dans l'entrée, retira ses chaussures et sa veste avant de s'avancer dans le salon. Ainsi, il laissa ses affaires en plan comme à son habitude, Milo passerait très certainement derrière lui pour ranger. Il râlerait sur le moment. Mais Camus se ferait pardonner comme il se doit et de la plus agréable des manières.

En silence, il s'arrêta sur le seuil de son salon. Aiolia était assis sur le canapé, les coudes sur les genoux, les mains sous le menton et il le fixait dans un silence pesant. Depuis combien de temps l'attendait-il ? Et pourquoi le regardait-il ainsi ?

« Où est Milo ? Demanda-t-il pour se donner une contenance.
_Qu'est-ce qu'il t'a raconté ?
_Hein ?
_Shun. Qu'est-ce qu'il t'a raconté ? »

Camus haussa un sourcil. C'était donc pour cela que son ami – est-ce qu'il pouvait réellement le considérer comme un ami en sachant qu'il était avant tout le meilleur ami de son propre petit ami, qu'ils n'avaient rien en commun, s'entendaient à peu près sur rien et que moins ils passaient du temps ensemble, mieux ils se portaient ? Donc, l'ami de son ami – bof – cette connaissance ? Nul. Aiolia, voilà, c'est plus simple. C'était donc pour cela qu'Aiolia attendait – et squattait par la même occasion, encore une fois – son canapé ? Il croisa les bras. Le stress avait tendance à le rendre longuement silencieux tandis que les différentes facettes de sa personnalité débattaient sur la marche à suivre. Lui répondre ? L'ignorer ? Simuler une crise d'épilepsie ? Mais il n'était pas épileptique... D'où l'utilisation du terme « simuler ». S'enfermer dans la salle de bain jusqu'au retour de Milo ? Et s'il se mettait à courir maintenant, il avait peut-être une chance de lui échapper... Enfin, Aiolia était très rapide. Et lui était fatigué. Il avait besoin d'une douche et de straps sur la tempe. Et d'un café. Et de Milo. Mais surtout d'un café.

Subitement, il fut ramené à l'instant présent par un raclement de gorge. Il redressa le menton et lança :

« Je n'ai rien à te dire. »

Voilà. Une réponse claire, précise, qui ne laisserait place à aucune discussion. Malheureusement pour le joueur de hockey, les sourcils d'Aiolia se froncèrent et d'un bond, il se leva. Puis il s'avança, menaçant. Alors que Camus commençaient à faire un pas en arrière, pour prendre son élan et la fuite en passant, son téléphone émit un son familier. Il venait de recevoir un SMS. Aiolia l'observa un moment. Son regard paraissait effervescent, si clairs et en total contradiction avec le teint halé de sa peau. Ses yeux ne le quittaient pas, comme s'ils pouvaient lire en lui comme dans un livre ouvert. Sous la pression de ces deux orbes d'un bleu topaze, Camus détourna, juste une demi-seconde, la tête et Aiolia devina aisément l'émissaire.

« C'est lui, n'est-ce pas ?
_Cela ne te regarde pas. »

Pourquoi fallait-il que Shun lui réponde maintenant alors qu'il lui avait envoyé un message il y a dix minutes ? Ils s'étaient quittés il y avait même pas une demi-heure. Il voulait simplement savoir quand ils se reverraient, mais Shun avait quand même le temps d'y réfléchir un peu plus, non ?

« Dis moi.
_Non. »

Il fit encore un pas vers lui et Camus se décida enfin à le contourner. Il ne voulait pas affronter un Lion en colère et totalement en manque d'affection pour le moment. Il était encore épuisé de son match et après avoir discuté une bonne heure avec Shun, il ne souhaitait qu'une seule chose, dormir. Mais une soudaine et brusque pression dans le dos lui fit perdre l'équilibre et il s'étala sur le canapé. Cependant, tandis qu'il rassemblait ses idées pour comprendre ce qui venait de se passer, une lourde emprise se fit sur ses hanches.

« Donne moi ton téléphone ! » Rugit vivement Aiolia en bloquant tout mouvement de fuite.

Camus écarquilla les yeux, outré, et se débattit.

« Lâche moi tout de suite ! »

Mais déjà, les mains du Lion parcouraient son corps à la recherche de ses poches.

« Aiolia ! Arrête ça ! »

Il tenta un coup de coude dans les côtes mais il n'avait pas assez d'amplitude. Il rua encore et réussit finalement à se retourner. Mais Aiolia pesait de tout son poids sur ses jambes. Il le frappa alors dans l'estomac mais cela eut pour seul intérêt de lui faire immobiliser les mains au dessus de la tête. Dans cette position, il ne pouvait plus faire quoique ce soit, totalement à la merci du sportif.

« Aiolia, gronda-t-il alors que ses doigts agiles s'aventuraient dans les poches avants de son pantalon.
_T'avais qu'à me le donner tout de suite.
_Ce que Shun m'a dit ne te concerne pas !
_A d'autres. Et pis, même. Je veux savoir qui c'est, cet enfoiré... »

Alors c'était cela, la principale raison de sa colère. Le joli garçon aux cheveux bleu d'encre qui avait accompagné l'ancien lycéen. Oui, face à cette peau d'un blanc virginal, à la délicatesse de ses traits et à la taille visiblement adaptée à celle de Shun, Aiolia avait toutes les raisons du monde d'être en colère. Mais celle de Camus, quant à elle, ne cessait de croître.

« Je suis pas ton pote, vire tes mains de là ! » Explosa-t-il quand la main d'Aiolia se dirigea vers ses poches arrières.

Mais un sourire de victoire naquit sur les lèvres du Lion quant il en sortit son smartphone. Sans pour autant le lâcher, il le déverrouilla et tomba sur la page d'accueil où la photo d'un Milo grimaçant l'attendait. Il fit défiler les pages et les nombreuses applications jusqu'à trouver celle des messages. Et un second sourire prit place sur son visage. Il s'agissait bien d'un message de Shun.

« Honnêtement, si je ne vous connaissais pas aussi bien, je penserais que vous m'attendiez pour un plan à trois... »

Les deux jeunes hommes levèrent la tête pour tomber sur Milo, au seuil du salon, les bras chargés de sacs de courses. Derrière lui, Aphrodite et Deathmask se retenaient difficilement de rire. Camus vit rouge et se débattit de plus belle.

« Mais viens m'aider, bordel !
_Tu t'y prends de la mauvaise manière aussi. » Répliqua Milo en s'éclipsant à la cuisine.

Aphrodite s'approcha en souriant alors que Deathmask s'affalait sur le fauteuil club. Il attira son petit ami sur ses genoux et poussa un ricanement moqueur.

« Pourquoi tu n'en profites pas ? C'est pas tous les jours qu'un vrai mâle te chevauche.
_Je t'emmerde, répondit le gymnaste de la pièce voisine.
_Non, sérieusement, que quelqu'un le pousse de là...
_Il dit rien, son message ! S'énerva le châtain. Qu'est-ce qu'il t'a dit ce midi ?!
_Mais rien !
_C'est cela, oui. Vous avez passé une heure et demi à parler du beau temps et du cours de la bourse au japon !
_Figure toi que oui. » Trouva-t-il le moyen de plaisanter.

Mais Aiolia fronça les sourcils, encore une fois, menaçant. Camus déglutit et jeta un coup d'œil vers sa cuisine. Ce serait bien que Milo lui vienne en aide au lieu de ranger ses fichues courses... Ce n'était pas comme s'il habitait ici, ce n'était pas à lui de remplir son frigo.

« Milo ? Hasarda-t-il.
_Oui ? Minauda l'autre.
_Ramène tes fesses ici ! »

Finalement, il passa la tête par l'entrebâillement de la porte.

« Je te signale que j'essaye de rendre figure humaine à ton frigo vide, là.
_J'en ai rien à carrer. Vire TON meilleur ami de MON corps où j'en fais de la pâté pour le stupide chat que tu lui as offert le mois dernier ! »

Milo fit la moue et s'approcha.

« Laisse Sôma tranquille, voyons ! Déjà qu'il s'en occupe à peine alors si tu le tues...
_Le pauvre, tout seul en ce moment même dans ton grand appartement vide... Commenta Aphrodite en jouant avec les cheveux de son chéri.
_Ouais, ajouta le chéri en question, affamé et mourant dans un coin du salon...
_Hey ! Je l'ai laissé avec tout le nécessaire ce matin ! Et je rentre chez moi bientôt, juste après qu'il m'ait raconté son déjeuné avec Shun !
_Oh, tu as mangé avec Shun ce midi ? S'enquit le coiffeur en se redressant. Comment il va ? »

Camus repoussa une dernière fois Aiolia, sans succès, et poussa un long soupir à fendre l'âme.

« Bien. Il va bien. Il a déjà fait copain-copain avec un gars de son groupe.
_Et Aiolia ? Il t'a parlé d'Aiolia ? » Fit Milo.

Camus lui lança un regard torve mais sous les trois autres regards bleus fixés sur lui, il grimaça et ajouta :

_Je n'ai pas abordé le sujet et lui non plus. »

Les épaules d'Aiolia s'affaissèrent et il s'écarta à regrets. Et sur le moment, Camus se sentit désolé pour lui. Mais il n'allait pas lui dire directement que Shun était totalement en manque de son Lion attitré. Ce n'était pas son boulot après tout. Le jeune étudiant en médecine n'avait cessé de lui demander des nouvelles, à vouloir savoir si oui ou non, Aiolia avait vu quelqu'un d'autre, s'il avait parlé de lui, s'il lui avait manqué, s'il avait pleuré. Et Camus avait dû lui avouer que son chaton avait fini en épave en moins de deux jours après son départ. Cela avait eu le don de le calmer un peu.

« Comment on va faire alors... Murmura pensivement Aphrodite en se grattant la joue du bout de son ongle manucuré.
_Moi, je sais ! S'exclama Milo. Tu vas chez lui pour discuter et tu ne lui laisses aucune porte de sortie. Il sera coincé et bien obligé de t'écouter.
_Est-ce qu'on t'a bercé trop près du mur ou... ? Demanda le nageur.
_Comment tu as fais pour survivre à ton enfance... S'interrogea Deathmask avec un sourire sardonique.
_Benh ma tante a beaucoup aidé ma mère alors..
_C'était une question rhétorique, tête de buse !
_Hein ? »

Le couple explosa d'un rire moqueur mais commun et Milo fit la moue. Camus se leva et étira ses muscles endoloris.

« Ce n'est pas la solution, Milo. Déjà parce que cela risquerait de brusquer Shun. Et parce qu'il y a soixante-quinze pour cent de chance que Ikki soit là aussi. Et on ne veut pas retrouver Aiolia avec un nez cassé...
_Ouais, c'est pas faux.
_Ce qu'il faudrait juste, fit finalement Aiolia, c'est que je puisse lui parler sans risquer d'être dérangé... Tout en ne m'imposant pas à lui...
_Je ne te suis pas là...
_Genre, que je le croise comme par hasard, Milo ! Genre dans la rue ou...
_Ou à une soirée ! » S'exclama vivement le gymnaste.

Tous les regards convergèrent vers lui et il se fit soudainement plus petit.

« Quoi ? J'ai encore dit une connerie ?
_Non, souffla Camus. Non, c'était en fait très bien pensé..
_C'est vrai ?
_C'est étonnant.
_Surprenant.
_Incroyable.
_Impossible.
_Hé ! S'indigna Milo suite aux commentaires de ses soit-disant amis. Je vous emmerde tous, okay ?!
_Comment on procède alors ? »

Camus se dirigea d'un pas lent vers la salle de bain tout en suivant silencieusement la conversation. Un bon bain bien chaud lui ferait du bien. Ensuite, il virerait les trois parasites de son appartement et tannerait Milo pour commander des sushis. Voilà un bon programme.

« C'est bientôt l'anniversaire de Shaka, non ?
_Il voudra jamais le fêter...
_Alors on lui fait une fête surprise !
_Mais qui dit Shaka, dit Ikki...
_C'est pas grave, ça. On le fera boire et il y aura aussi son petit aveugle chéri avec lui. Il sera trop occupé.
_D'ailleurs, on devrait p'tète lui dire pour..
_Non, on ne se mêle pas des histoires de cœur d'Ikki.
_Oui mais là, ça devient long.
_Ouais mais tu veux pas finir brûler vif pour avoir ouvert ta bouche.
_On peut en revenir au sujet principal ? S'agaça finalement Aiolia.
_Hein ? Firent trois voix sur le même ton.
_Shun !
_Ah oui..
_C'est vrai...
_Je l'avais oublié, celui-là. Benh, ce qu'il faut, c'est que Camus l'invite. » Répondit Milo, l'air de rien.

Ledit Camus tiqua alors que sa baignoire commençait tout juste à se remplir.

« Camuuus ! Reviens ! » S'écria Aphrodite.

Le patineur retint un soupir et réapparut à l'entrée de la salle de bain.

« Quoi ? Croassa-t-il.
_T'as pas entendu ? Il faut que tu appelles Shun, insista Aiolia.
_Si, j'ai entendu.
_Alors ?
_On fait la soirée chez qui ? »

Le silence s'installa alors que les quatre compères regardaient Camus avec des yeux de merlans fris.

« Oh, s'exclama soudainement Aphrodite. Chez moi !
_Sérieux ?!
_Bah quoi ?
_Tu ne veux jamais qu'on fasse la fête dans ta maison de poupée Barbie !
_Oui mais là, je veux être au courant de tout ce qu'il se passe. Et... La maison sera assez grande pour vous trouver un petit coin tranquille, tu vois ? » Roucoula le coiffeur en faisant un clin d'œil au Lion.

Aiolia acquiesça en silence avant de sourire et de se retourner vers Camus.

« Appelle le ! Appelle le ! »

Camus leva les yeux au ciel, arracha son téléphone des mains du Lion qui l'avait toujours en sa possession et composa le numéro de Shun. Avant de s'affaler sur le canapé, entre Milo et Aiolia. Le châtain trépignait d'impatience à ses côtés et il lui donna un coup de coude pour le calmer.

« Oui, allo ? »

Aiolia sentit son cœur se gonfler d'amour en entendant la voix douce et claire de Shun. Rien que le son, le timbre de sa voix le faisait vibrer de bonheur. Camus mit le haut parleur.

« Salut c'est nous !
_Coucou ! Ajouta Aphrodite en s'approchant.
_Yo ! Fit Deathmask.
_Lut, marmonna Milo tout bas.
_Wah, il y a du monde à l'autre bout du file.. Nota Shun avec un rire tendre. Qui est là exactement ?
_Oh, la bande habituelle, tu sais... Dite', son mec, Milo et moi..
_Et c'est tout ! Osa s'exprimer le gymnaste avec un faux air détendu, s'attirant le regard noir d'Aiolia.
_Je vois, je vois..
_On te dérange pas ? Demanda précipitamment Aphrodite.
_Non, je suis avec Frodi. On révisait.
_Frodi, hein ? »

Camus lança un coup d'œil inquiet au châtain et put clairement voir le feu de la jalousie brûler dans ses yeux. Shun savait. Il savait qu'il écoutait.

« Oui. Frodi, sois gentil et dis bonjour ! Fit Shun en tendant le téléphone vers son nouvel ami.
_Euh... Bonjour ?
_Bonjour ! Répondirent les quatre autres étudiants en cœur.
_Il est un peu timide, plaisanta le garçon aux cheveux verts en reprenant son téléphone.
_Alors, commença Aphrodite avec une voix de velours, est-ce qu'il est mignon ? »

Aiolia lui tapa le bras et le nageur lui pinça les côtes.

« Oh, euh... Eh bien... »

Ils pouvaient littéralement entendre Shun rougir... Aiolia se mordit la lèvre, de plus en plus stressé.

« Oui, très mignon, avoua finalement le plus jeune dans un gloussement tandis que le châtain pâlissait à vue d'œil.
_Vraiment ? Insista le jeune homme aux cheveux bleus ciel en jouant avec une de ses mèches. Plus qu'Aiolia ?
_Eh bien... »

Il y eu un bruit à l'autre bout du fil. Ce que prirent les étudiants pour un bruissement de papier n'était en fait que Shun qui se retenait difficilement de rire aux éclats.

« Ils sont tous les deux... Différents, je dirais. » Énonça-t-il lentement, peinant pour garder son calme.

Les épaules d'Aiolia s'affaissèrent et il se rencogna dans le dossier du canapé en boudant. Milo marmonna un « Mauvaise réponse » et Camus et Aphrodite s'entre-regardèrent. C'était le moment parfait.

« Mais dis-moi, on se posait une question... Débuta le littéraire avec une fausse hésitation.
_Laquelle ? Feint l'étudiant en médecine.
_Est-ce que tu es encore amoureux d'Aiolia ? » Demanda finalement Camus.

Aiolia releva la tête, les yeux exorbités. Niveau discrétion, c'était un zéro pointé. Il essaya de lui prendre le téléphone des mains, pour raccrocher et le lui enfoncer au fond de la gorge. Il était même prêt à l'étrangler mais la poigne puissante de Deathmask le força à ne pas bouger et surtout à ne pas faire un bruit. Shun hésita longuement à l'autre bout du file et Aiolia enfouit son visage entre ses mains. Shun allait l'humilier devant ses amis. Amis qui n'hésiteraient pas à se foutre de sa tronche, sauf peut-être Milo qui faisait la moue depuis que Shun était en ligne avec eux.

« Voyons, Camus, tu sais très bien que je ne peux pas l'oublier comme cela... Je ne sais même pas si j'y arriverais un jour. » Répondit finalement le garçon avec une réelle tristesse dans la voix.

Le silence se fit. Aiolia écarta lentement les doigts, les yeux écarquillés. Il se redressa et se pencha vers le téléphone, prêt à dire quelque chose, mais se ravisa au dernier moment. Puis, Shun reprit avec une fausse joie :

_Mais rien ne m'empêche d'essayer, pas vrai ?
_Tu es libre de faire ce que tu veux, marmonna pensivement Camus.
_Sinon, pourquoi tu m'appelais ? »

Ils se retrouvèrent tous un peu bête, ayant oublier la raison de leur appel.

« Eh bien..
_L'anniversaire de Shaka ! S'exclama Aphrodite.
_Ah oui. On organise une fête surprise pour son anniversaire. Disons, le week-end prochain. Tu viendras ?
_Oh... Le neuf, c'est ça ?
_Oui, pourquoi ? Tu n'es pas disponible ? S'enquit Camus avec inquiétude.
_Eh bien, on devait faire un truc avec Ikki. Mais on le fera plus tôt dans la journée. Je peux ramener un ami ?
_Frodi, c'est cela ? Minauda Aphrodite en souriant.
_Oui, rit l'adolescent. Il vient d'arriver, il ne connaît encore personne alors... »

Aiolia secoua la tête. Pas question que l'autre enfoiré soit là ! Shun devait être seul ce soir là. Rien ne devait interférer dans son plan pour le reconquérir et lui faire comprendre qu'il était, au fond, quelqu'un de bien !

« Bien sûr, accepta Camus.
_Tu peux même en ramener plusieurs ! Fit Aphrodite. Les étudiants en médecine savent vraiment faire la fête, eux ! »

Aiolia les fusilla tous les deux du regard, s'attirant un clin d'œil de la part du littéraire tandis que le nageur lui envoyait un baiser du bout des lèvres.

« D'accord ! Je vais lui demander alors. »

Il y eu de nouveau un bruissement, les sons de voix appartenant aux deux futurs chirurgiens et l'exclamation joyeuse de Shun.

« C'est bon ! Je proposerais aussi à deux autres personnes en passant et je vous tiens au courant.
_C'est parfait, nota Camus.
_Mais du coup, hésita subitement l'adolescent. Tu as prévenu Ikki ?
_Comme si on ne pouvait pas l'inviter à l'anniversaire de Shaka, grogna Aphrodite. Mais on te laisse lui annoncer la bonne nouvelle, d'accord ?
_D'accord ! Je suis sûr qu'il sera ravi !
_D'ailleurs, il en est où, ton frère, de son côté ? S'enquit Aphrodite, toujours en quête de potins croustillants.
_Boooah, nul part ! Ils me désespèrent un peu tous les deux. Ils auront adopter un gosse ensemble avant de se rendre compte qu'ils s'aiment... »

Sa remarque eut le mérite de les faire rire avant qu'une voix peu familière les interrompent. La voix de Frodi. Et Aiolia se renfrogna quand cette voix trop suave, trop lisse prononça le prénom de sa princesse à lui...

« Hé Shun, cela ne te dit pas de venir travailler l'anatomie chez moi ? On serait bien plus à l'aise, si tu vois ce que je veux dire..
_Oh oui, bonne idée ! Bon, les gars, je vous laisse, j'ai encore plein de choses à apprendre. A la prochaine ! »

Après avoir raccroché, Shun se tourna vers Frodi, un sourire quelque peu surpris aux lèvres.

« C'était quoi, ça ? »

Frodi se fit séducteur et se pencha vers lui.

« Une fausse proposition à découvrir ma pauvre chambre étudiante de neuf mètres carré. Et en particulier, mon matelas de quinze centimètres d'épaisseur, lui susurra-t-il.
_Oh... Mais j'espère qu'il y a quelque chose de plus intéressant à voir. Et qui fera plus de quinze centimètres. » Répondit l'adolescent sur le même ton.

Ils s'entre-regardèrent longuement, yeux dans les yeux, avant d'exploser de rire.

« J'aurais vraiment tout donné pour voir sa tête ! » S'exclama Shun en se tenant le ventre alors que Frodi acquiesçait, tout aussi pris par son fou rire.

De son côté, Camus tourna lentement la tête vers Aiolia avant de frémir et de déguerpir du canapé en vitesse. Son bain l'attendait, non ? Milo pinça les lèvres et s'approcha de son meilleur ami verdissant.

« Allez, fais pas cette tête. Cela ne veut rien dire..
_Tu sais aussi bien que moi ce que cela veut dire. » Murmura Aiolia d'une voix blanche.

Gentiment, Milo lui tapota le dos dans un geste solidaire.

« Tu veux rester dormir ici ? »

Aiolia secoua la tête. Pour une fois, il avait besoin d'être seul. Enfin, pas complètement. C'est pour cela qu'une fois rentré chez lui, il s'affala dans son lit et câlina le petit chaton roux qui vint immédiatement le rejoindre. La petite boule de poil le renifla avant d'émettre un miaulement. Un léger sourire naquit sur ses lèvres et il le caressa jusqu'à plonger dans un sommeil sans rêves. Il aurait quand même l'occasion de parler à Shun très bientôt. Et tout s'arrangerait.

OoOoO

Ikki se gara et serra le frein à main. Tout le voyage s'était déroulé dans un silence religieux et lentement, il leva les yeux vers Shun. Ce dernier caressait distraitement un pétale de chrysanthèmes alors que les deux petits bouquets sur ses genoux resplendissaient de beauté et de pureté. Délicatement, il attrapa sa main, attirant le regard vert de Shun sur lui.

« Tu te sens bien ? »

Le garçon acquiesça et lui offrit un sourire doux. Il embrassa sa joue avant de se détacher et de sortir de l'habitacle. Ikki fit de même mais récupéra un panier dans le coffre avant de le rejoindre devant les grilles du cimetière. Une fois à sa hauteur, ils se reprirent la main et s'avancèrent lentement et en silence entre les tombes. C'était leur rituel lors des fêtes et des anniversaires. A chaque fois qu'ils avaient quelque chose à fêter, ils venaient là, tous les deux. L'heure du déjeuné était passé depuis dix minutes déjà. Mais ils n'étaient pas pressés.

Dans un silence religieux, ils s'agenouillèrent devant une tombe précise. Shun déposa chaque bouquets dans deux petits puits réservés à cet effet, devant les inscriptions gravées et Ikki fit brûler un bâton d'encens juste à côté. Il éteignit la petit flamme d'un mouvement de main et aida son petit frère à arracher les mauvaises herbes poussant tout autour de la pierre. Ils nettoyèrent la tombe avec de l'eau puis passèrent un coup de balai tout autour. Puis, toujours en silence, ils se recueillirent un moment devant la petite crypte de leur famille où les deux urnes de leurs parents reposaient.

Shun ouvrit finalement les yeux et laissa ses mains retomber sur ses genoux après de longues minutes à prier. Ikki fit de même et ils commencèrent à manger des petits gâteaux que Shun avait préparé avec l'aide de son frère. Finalement, Ikki sortit une petite bouteille de saké de son sac et la lui tendit.

« Tu es un homme, maintenant. » Expliqua-t-il avec un sourire moqueur.

Shun la prit avec un grand sourire et se blottit sous l'aile de son aîné.

« Merci, Ikki..
_Joyeux anniversaire, Shun. » Murmura le plus vieux en le serrant contre lui.

Une expression apaisée sur son visage marqué par des années de travail acharné et par des heures angoissantes et angoissés, Ikki posa la joue sur le haut de son crâne et se reposa. Ils avaient bien mérité ce moment de calme, d'autarcie, où rien ne pourrait les atteindre et les blesser. Où ils n'avaient ni froid, ni faim, ni peur du lendemain.

« Ils me manquent, tellement... Alors que je ne les ai jamais connu..., chuchota-t-il tout bas.
_Hn. Moi, c'est notre mère surtout, énonça Ikki.
_Parle moi d'elle, demanda doucement son petit frère en serrant sa main, comme à chaque fois qu'ils venaient là.
_Tu lui ressemble beaucoup. Elle avait les cheveux verts, comme les tiens. Mais ils lui arrivaient au bas des reins. Je me souviens... Je les adorais... Ils étaient doux et soyeux, je me cachais le visage dedans quand notre père me grondait.
_Elle était gentille ?
_Oui. »

Shun se redressa et croisa son regard.

« Ikki... Je suis désolé de l'avoir tué... »

L'aîné secoua la tête.

« Arrête avec cela. Ce n'est pas ta faute. Ce genre de choses arrive parfois.
_Oui mais..
_Il n'y a pas de mais. Elle a donné sa vie pour te mettre au monde et je lui ai promis de prendre soin de toi. C'est tout. Elle se savait condamné de toute façon... Et c'est à lui que j'en veux.
_Ikki.. »

Le regard de son frère s'était assombri alors qu'il dévisageait la tombe. Peu après la mort en couche de leur mère souffrant en même temps d'une maladie insidieuse, leur père, le cœur brisé, avait disparu. Ils les avaient abandonné, laissé à un orphelinat presque en ruine. Puis, quelques mois plus tard, une nonne était venu annoncer à Ikki qu'ils avaient retrouver le corps de son père, battu à mort, le sang plein d'alcool et de drogues en tout genre.

Shun l'enlaça, comme s'il pouvait étouffer cette colère sourde qui brûlait et brûlerait toujours au fond de son cœur. Il embrassa sa joue et Ikki finit par se tourner vers lui, rasséréné.

« Et si on rentrait ? Proposa-t-il à son petit frère avec un léger sourire.
_Allons-y. »

OoOoO

« Bon, vous y allez ?
_En fait, on a ce qu'il faut dans nos armoires, pas besoin de faire les magasins. »

Camus grogna et se retint de frapper son petit ami.

« Mais si. Aiolia a besoin de nouveaux vêtements pour reconquérir Shun comme il se doit. Et les boutiques ferment dans une heure alors vous feriez mieux d'y aller, intervint Aphrodite depuis le canapé.
_Nan, c'est bon. J'ai déjà assez de fringues comme ça. » Répliqua le châtain en croquant dans une pomme.

L'étudiant en littérature manqua de se frapper le front du plat de la main. Les deux grecs se devaient de partir au plus vite de son appartement. L'anniversaire de Shaka avait lieu dans trois heures et Shun devait arriver d'une minute à l'autre pour se préparer avec eux pendant que Milo et Aiolia ne seraient pas là. Mais voilà qu'à la dernière minutes, ces deux narvalos refusaient de partir parce qu'ils avaient tout simplement la flemme d'aller s'acheter un ou deux nouveaux vêtements.

« Franchement, Aiolia, tu n'as pas envie de te faire beau pour Shun ? Essaya Camus plus doucement.
_Hé ! Je suis déjà beau ! Se vexa l'étudiant en bombant le torse.
_Je n'ai jamais dis le contraire mais... Tu sais, tu pourrais t'acheter quelque chose qu'il adorerait te piquer par la suite pour... Je ne sais pas, moi, dormir avec ? Et porter ton odeur ? »

Aiolia plissa les yeux et sembla y réfléchir sérieusement, très intéressé par cette possibilité.

« Hmm... Peut-être... Mais si jamais cela ne lui plaît pas ?
_C'est pour cela que Milo va venir avec toi, marmonna le patineur, pour t'aider à choisir.
_Hein ? Mais moi je sais pas ce qu'il aime, Shun !
_On s'en fout, tu y vas quand même ! »

Les deux sportifs arquèrent un sourcil, méfiant. Camus était à cran et Aphrodite ne quittait pas sa manucure des yeux. Il y avait quelque chose de louche.

« Et pourquoi il vient pas avec nous, Deathmask ? Demanda Milo en croisant les bras.
_Parce que je suis en train de faire la playlist de ce soir, tête de pine.
_Hey toi/..
_On ne se dispute pas et on sort.
_Attendez une minute... Commença Aiolia. Pourquoi vous voulez nous mettre à la porte ? Quelqu'un doit venir ? »

En voyant les deux amis blêmirent d'un coup, les yeux d'Aiolia s'agrandirent.

« Shun va arriver ?
_Non.
_Si !
_Non ! »

La colère évidente de Camus voulait tout dire et un tourbillon d'émotions remua Aiolia. Il allait venir, n'est-ce pas ? Il allait le voir et passer un peu plus de temps avec lui ? Il... Ses réflexions furent interrompues par la sonnette de la porte. Il devança tous ses amis et alla ouvrir. Mais la déception l'envahit très vite et ses épaules s'affaissèrent, tout comme son sourire.

« Qui a invité Marine ? Grogna-t-il face à la jeune femme.
_Moi, répondit Camus en l'écartant. Maintenant, filez tous les deux. »

Les deux garçons grognèrent, râlèrent et tentèrent encore de débattre, mais finalement, Aiolia préféra tirer son ami dehors. Camus poussa un soupir de soulagement. Loué sois Marine et sa ponctualité à toute épreuve.

« Je dérange ? Finit-elle par demander. Je peux repasser sinon...
_Non, c'est bon. Shun ne va pas tarder.
_Tu crois vraiment qu'il acceptera de m'écouter ?
_Il n'y a pas de raison, répondit Aphrodite.
_Si. Il en a plein, répliqua Camus. Mais notre présence devrait le rassurer. »

La jeune femme acquiesça doucement et suivit Camus au salon. En tenue de civile, elle avait l'air toute menue, presque fragile. Elle salua brièvement Deathmask et s'assit sur le fauteuil en silence. Quelques minutes plus tard, Shun toqua à la porte et Camus ouvrit à une tornade verte.

« Bordel de merde, j'ai dû me jeter derrière un container à verres pour éviter qu'il me voit ! Pourquoi il était encore là ?
_On a eu du mal à le faire décoller. Tu sais ce que c'est, les poussins...
_Mais les poussins ne volent pas et... Marine ? »

Shun s'arrêta sur le seuil du salon, sa veste autour de la taille et son sac en bandoulière affaissant légèrement son épaule gauche. La jeune femme se leva dans un petit sourire.

« Bonjour Shun.
_Salut.. Qu'est-ce que tu fais là ? » Demanda le jeune étudiant, les dents serrées et sur ses gardes.

La rousse sentit toute l'animosité et la jalousie que pouvait éprouver le garçon à son égard et leva les mains en signe d'apaisement.

« Je viens en amie. Pour discuter un peu avec toi.
_Je crois que la dernière fois que l'on a « discuté », cela n'a pas eu que de bonnes répercutions alors..
_Écoute la une minute, tu veux ? Insista Camus en le faisant s'asseoir sur le canapé, près de Deathmask.
_Et après, on va te chouchouter pour te rendre irrésistible ! » Intervint Aphrodite de la cuisine.

Le garçon aux cheveux verts grogna et détourna le regard mais Marine sut qu'il allait l'écouter. Elle s'approcha prudemment et s'assit face à lui, à même la table basse. Shun prit le temps de l'observer. Elle portait une jupe crayon grise ainsi qu'un chemisier blanc. Ses talons vernis noirs étaient immensément hauts et elle avait tout l'air d'une vraie femme avec sa poitrine généreuse et ses hanches rondes. Et malgré lui, Shun l'envia.

« Écoute, débuta-t-elle. Je n'aurais jamais dû te raconter tout ce que j'ai pu te dire cette nuit là. Je pensais faire cela pour ton bien mais... Il est évident que j'aurais mieux faire de m'abstenir ou de m'y prendre autrement. Et je regrette vraiment...
_Un mail aurait suffit pour me dire ça, hein ?
_Je préfère te le dire en face. Et même, ce que j'ai à te dire ensuite... Cela ne s'écrit pas. »

Shun jeta un coup d'œil curieux à Camus et celui-ci lui fit signe d'écouter attentivement. Puis il regarda Deathmask, absorbé par son ordinateur.

« Bon... Qu'est-ce que c'est ? Accepta-t-il finalement.
_Aiolia ne m'a jamais dit qu'il m'aimait. »

Il releva les yeux vers elle, surpris.

« Qu-quoi ? Comment..
_Il ne l'a jamais dit. Ni à Mû. Si je me souviens bien, il lui répondait « Idem » ou « Moi aussi ». Mais, le dire tel quel... Jamais. Et si cela peut te rassurer, il n'est plus amoureux de moi. »

Shun resta longuement silencieux, réfléchissant à ce qu'il venait d'apprendre. Si ce que lui avait dit Camus quelques jours plus tôt sur l'état post-rupture d'Aiolia l'avait rassuré, il était désormais bien plus apaisé. Il la remercia du bout des lèvres, perdu dans ses pensées, et Marine se releva en silence.

« Je vais vous laisser, murmura-t-elle au littéraire en reprenant son sac à main.
_D'accord.
_Et... Prenez bien soin de lui. Ils doivent – et elle insista sur ce terme – retourner ensembles. J'irais m'excuser auprès d'Aiolia quand il sera un peu plus calme à mon sujet...
_Tu vas devoir attendre un moment alors... »

La policière sourit et quitta l'appartement, un poids en moins sur les épaules. Camus se tourna alors vers Shun.

« Bon, on a pas beaucoup de temps, tu viens ? »

Un sourire forcé éclaira brièvement le visage de l'adolescent et il se leva.

« C'est parti ! » S'exclama Aphrodite

Ils s'installèrent dans la chambre de Camus, Shun devant la coiffeuse datant de plusieurs siècles. Aphrodite caressa longuement ses cheveux.

« Comme ils sont beaux, légers et doux. C'est si rare aujourd'hui... Bon ! Camus, musique ! »

Le jeune homme grogna et fouilla dans les vinyles présents avant d'en mettre un. Quand les premières notes de Pretty Woman débutèrent, le coiffeur se retourna brusquement, les poings sur les hanches.

« C'est de très mauvais goût, ça !
_Mais c'est dans le thème, non ?
_Non. Change moi cela. »

Shun rit en voyant, à travers le miroir, Camus bouder et changer de disque. Aphrodite se tourna derechef vers lui. Il huma un instant l'air et sourit.

« Tu as pris ta douche avec le shampoing à l'amande douce que je t'ai donné ? »

L'adolescent acquiesça timidement. Il en sortait tout juste et ses boucles vertes finissaient de sécher naturellement. Aphrodite se saisit d'une pince et de quelques épingles.

« Et si on relevait tout cela pour dégager cette superbe gorge? » Proposa-t-il alors que les premières notes de Take on me se jouait derrière eux.

Camus s'approcha et se saisit de sa main. Un peu tendu, Shun lui demanda implicitement de ne pas lui mettre de vernis et il se saisit alors simplement d'une lime à ongle avec un air désabusé.

« Bon, bon... On va égaliser tout cela, pour éviter de griffer... Et après, je m'occuperais de ta tenue. »

Un sourire conquis s'étala sur le visage de Shun et il se laissa faire sagement, impatient de revoir Aiolia à cette soirée.


Et Voila ! Les choses sérieuses peuvent enfin commencer ! J'espère revenir très vite avec la suite. Bientot le dénouement final, les petits pots ! Je pense qu'il doit rester environ deux ou trois chapitres pour l'histoire principale ! Et ensuite, je peux vous l'annoncer, des OS (ou spin-off ?) sur les autres couples de la fic comme, en priorité Milo et Camus, Aphrodite et DM, etc... Et surtout, sur la prochaine génération ! Oui, vous l'aurez compris, sur les (futurs, probables, potentiels..) enfants !

Sinon, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Du comportement de chacun ? Ou même de la brève apparition de Frodi et Marine ?

Sur ce, à la prochaine ! Encore merci pour vos reviews et gros, gros bisous !

Bisous, bisous !