Hello à tous !
Voici le nouveau chapitre, très en retard par gros manque de temps et production de trop d'OS.
Camus est convoité, l'ambiance est follement amicale et Kiki joue encore des tours dangereux.
Shun avance et Hyoga recule, Shaka s'obstine et Ikki reçoit de merveilleux cadeaux.
Chamailleries stériles et boissons trafiquées sont au programme.
Bonne lecture à tous !
Titre: Cadeaux empoisonnés
Couple: Milo x Camus
Disclaimer: Tout à M. Kurumada, Shueisha, Toei.
Cadeaux empoisonnés
La soirée commença tout de suite sous de mauvais auspices, Milo arrivant dans le groupe juste à temps pour voir Saga et Kanon jeter le même regard bavant de convoitise sur le postérieur moulé de Camus.
Camus, ne se rendant encore compte de rien, avait prudemment happé un verre de jus tropical, et fût très surpris quand son amant lui serra trop fort le bras.
- Aie ! Fais attention, Milo… se plaignit le Français.
- Va te changer immédiatement Camus ! siffla l'arachnide, ses yeux virant fugitivement au rouge de Dark Milo.
- Pourquoi ? demanda tranquillement le magicien de l'eau et de la glace, inquiet du ton furibond de son petit ami.
- Saga et Kanon ne font qu'observer ton c…
- Tu deviens parano, l'interrompit le Verseau, glissant un œil sur les jumeaux qui avaient à la vitesse de la lumière détourné leurs têtes gémellaires et chafouines vers les héros Lions de la fête.
- Ils te mataient ensemble ! brama le Scorpion, ivre de jalousie malsaine.
- Mais je suis juste en jeans et en chemise, plaida Camus, estomaqué.
- Il est plus serré qu'une chaussette taille trente-six sur un pied quarante !
- Quelle sens de la comparaison, Milo, soupira le Français qui sentait déjà poindre une migraine.
- C'est du médium, hein ? Moi je prends du large et…
- Du small, sourit doucereusement un homme qui détestait que l'on se mêle de ses affaires de coiffure, de vêtements et de cigarette.
- Quoiiiiiiiiiiiiiiiii ? C'est bon pour Shun, ça ! beugla cette fois Milo. Pourquoi tu te fourres dans des trucs aussi collants ?
- C'est élégant, renifla le seul noble de l'assemblée – dur dans ce Sanctuaire de brutes. Et je suis mince, moi.
L'éternelle querelle Scorpion/Verseau fût interrompue opportunément par Ikki, le Phénix ayant saisi au passage le nom de son cadet, et venant fourrer ses plumes immortelles dans l'affaire.
- Pourquoi vous parlez de Shun ? cracha le Japonais, du saké à la main.
- Bon anniversaire, le dindon, clama Milo avec un terrible sens de la provocation.
- Sale insecte de… commença Ikki, aussitôt interrompu par Athéna en personne divine.
- Ikki ! Milo ! On ne se chamaille pas pendant un anniversaire ! Quel mauvais sens de la camaraderie voyons ! Embrassez-vous !
Milo rougit de colère, et Ikki devint aussi vert que les cheveux de Shaina.
- JAMAIS ! sifflèrent-ils en chœur, pour une fois du même avis.
- Alors serrez-vous la main, transposa et minimisa la Déesse de la Sagesse, prunelles indéfinissables ourlées de perles salines, moue suppliante.
Le huitième gold et le cinquième bronze/divin le firent comme si l'autre était contagieux de la peste bubonique.
- Parfait !
Milo bouda un moment, Ikki s'envola vers des cieux plus cléments – la table garnie de chips et de zakouskis, et surtout de cocktails -, et Camus s'était brutalement volatilisé.
- Camus ! appela en vain le Scorpion, au milieu de la chaîne Hi-fi qui venait de se mettre en route à la puissance quasi maximale, couinant bizarrement l'ouverture du Lac des Cygnes.
Le Verseau réapparût d'ailleurs à ce moment, le visage tiré de contrariété, et repoussa DeathMask qui jouait une fois de plus les DJ improvisés.
- Arrête ça ! intima le Français. Tu vas abîmer mon CD collector !
- J'aurais du me douter qu'un truc ringard comme ça t'appartenait, ricana le Cancer, qui se sentait en position de force – enfin, plus que d'habitude – par le partage du secret des lettres intimes.
Camus récupéra hâtivement son CD, déclenchant des rires de la part d'un groupe de fêtards peu formés à la beauté de la musique classique.
- Petit pédant, attaqua Angelo.
- Béotien, barbare, inculte, iconoclaste, répliqua le Verseau.
Le quatrième gardien plissa ses paupières à certains de ces termes péjoratifs, intrigué mais n'avouant pas son ignorance.
- Tu es bandant, avec ce jeans, on te dévorerait tout cru, réattaqua-t-il sous un autre angle moins littéraire, ce qui lui attira un piaillement jaloux d'Aphrodite qui lança une rose noire droit sur son crabe préféré.
Athéna, courageuse, professionnelle, à son troisième verre de saké, intervint encore en interrompant le vol de la rose avec son cosmos divin.
- Par Papa ! cria-t-elle, joues d'un seyant grenat prononcé. Assez de batailles !
- Oui, ma Saori a raison, assez de batailles ! corna en écho Pégase, prêt à lancer ses plus terribles attaques dans tous les sens.
Milo était retenu au loin par Aiolia, qui le remerciait encore pour le gros paquet emballé de papier cadeau fantaisie qui trônait sur la table dévolue à cet effet - bien qu'il n'ait pas encore vu de quoi il s'agissait.
DeathMask avait cette fois lancé de la musique à se trémousser, et il invita Aphrodite pour se faire pardonner. Le Poissons, frétillant, ne se fit pas prier.
Camus, qui soufflait sur son CD, fût encadré soudain par les jumeaux maudits.
- Alors, mon coco, se marra Kanon à droite en lui expirant dans le cou. On a eu mal pendant des jours après la découverte de l'amour physique ?
- Kanon ! protesta Saga, choqué d'une telle hypothèse.
- Tu n'y étais pas, tu ne sais rien ! clama fièrement le Maître des Glaces.
- " Si tu as encore du mal à marcher, ne t'inquiète pas, c'est normal, après tout c'étaient les premières fois pour toi. Je te promets que ça sera de mieux en mieux. ", cita avec malice et componction l'ex-Dragon des Mers.
Camus du Verseau, onzième gardien au service d'Athéna, évolua au même ton que sa chemise ivoire.
- Kanon ! Comment… fit le Petit Pope, en profitant pour enrouler la taille de Camus de bras désintéressés et amicaux.
- Faut pas laisser traîner ton courrier du cœur, mon poussin ! se réjouit l'enfant terrible du Sanctuaire.
- Tu… tu as fouillé dans notre chambre ! s'étrangla le Verseau, outré d'un tel manque de savoir-vivre.
Et fâché contre lui-même. Il le savait, que conserver stupidement et sentimentalement les épîtres dangereusement… passionnelles de Milo représentait un danger.
Scripta Manent.
Plus loin, un Shaka inquiet couvait de ses prunelles fermées le cadeau destiné à l'oiseau de feu.
L'homme le plus proche des dieux, mais singulièrement aveugle à son entourage le plus proche, était lui-même couvé de deux iris jades, chagrinés et furieux. Mü du Bélier, énervé, rompît ses propres principes pour avaler cul sec un verre d'ouzo et lâcher son apprenti Kiki dans le Temple du Scorpion.
Ravi de cette liberté, le petit trublion commença à jouer plusieurs tours : faire disparaître l'alcool des verres pour le téléporter dans sa bouche, pincer les fesses de Miho puis celles de Camus pour avoir une idée de comparaison homme/femme, faire rouler ses billes au centre de l'espace dévolu à la danse, ce qui eût pour conséquence une rencontre brutale entre le sol et des couples comme Cancer et Poissons, Saori et Pégasounet.
Le petit Atlante profita de la mêlée et des cris des danseurs pour repincer à deux mains les fesses compressées du Verseau, Verseau qui balança une gifle bien sentie à Kanon, son voisin de gauche, et griffa comme un chat la joue de Saga, son voisin de droite.
- Pervers de Gémeaux ! grinça le magicien de l'eau et de la glace, aussitôt rejoint par Milo du Scorpion, amant possessif et jaloux.
- Mais je n'ai rien fait ! piailla de bonne foi Saga, tâtant la griffure sanglante qui le défigurait un brin.
- Sale petit con ! clama l'ex-Marina, personnalité peu encline à encaisser une gifle sans riposter aussitôt, ce qu'il fît en tentant un coup de poing à l'estomac.
Camus l'évita souplement, mais trébucha sur son petit ami qui le retint fermement contre son torse.
- Scarlett Needle ! beugla l'arachnide, qui ne prisait pas les explications mais assassinait d'abord, à l'instar du Phénix.
Trois rayons rouges frôlèrent la tête de Camus, et Kanon rejoua son rôle sous la guerre contre Hadès : le traître à Athéna poussé sur le chemin de la rédemption par la grâce de la torture scorpionnesque.
- Aieuh ! brailla le cadet des jumeaux.
Le sang gémellaire de Saga ne fit qu'un tour du labyrinthe qu'était sa cervelle, et il se solidarisa avec son frère.
- Galaxian Explosion ! proféra-t-il majestueusement, envoyant le couple qui lui donnait des cheveux gris se fracasser contre une colonne.
- CHEVALIERS !
Athéna apparût à nouveau, relevée de la piste de danse par Pégase, et éprouvant visiblement une joie particulière et sadique à jouer les surveillantes de pensionnat.
- Explications ! exigea la Déesse de la Sagesse, tapant impatiemment de son talon haut sur le marbre du sol.
- Camus a giflé Kanon et m'a griffé, dénonça le Petit Pope. Et Milo a attaqué mon frère ! J'ai défendu Kanon et…
- Et attaqué l'homme que tu prétends aimer comme un fou ? beugla Seiya.
- Heu, c'était un réflexe filial, se justifia un homme qui avait pourtant enfermé en son temps sa seule famille dans un trou putride et sans espoir.
- Ils m'ont pincé les fesses ! intervint Camus, qui s'était rapidement relevé et avait aidé son petit ami à en faire autant.
- Et Kanon a voulu le taper ! hurla Milo.
- On ne t'a pas touché, le pingouin ! grinça Kanon. Pas cette fois ci en tout cas…
- Restez loin les uns des autres, conclut Saori, furieuse. Et ne gâchez pas ce bel anniversaire par vos querelles de mâles en rut !
Kiki se roulait de rire des conséquences de sa farce, et repartit aussitôt pour d'autres aventures.
Ikki survivait. Il y avait heureusement plus de monde qui se pressait autour du sociable Lion plutôt qu'autour de sa sauvagerie brute, et l'oiseau de feu sirota son ouzo caché derrière la colonne la plus reculée.
C'était compter sans son petit frère bien aimé, qui prônait comme Athéna l'entente, le pardon, les joies de groupe. Catapulté au milieu de Shiryu, Shunreï, Hyoga, June et Mü du Bélier, Ikki se fendit d'un essai de sourire qui donnait plutôt à penser à une psychopathologie bien ancrée dans le cerveau du sujet.
Shaina s'immisça bientôt, sans masque, troublante dans un bustier blanc trop moulant et un pantalon de cuir noir – Ikki s'interrogea une seconde sur ce qui semblait être la dernière mode au Sanctuaire.
- Bon anniversaire, poulet rôti, fit-elle, étirant ses lèvres brillantes en rictus bizarre. On danse ?
L'oiseau immortel allait se récrier avec colère, mais son frère attentionné le poussa dans les bras de l'Ophiucius et il retint ses protestations au bout de son bec. Quand Shun le regardait avec un tel regard de petit garçon suppliant, humide, étoilé, Ikki ne savait point résister.
Satisfait d'avoir fait son devoir filial, et plus égoïstement de pouvoir conter fleurette tranquillement avec son beau Cygne, Andromède s'éclipsa hors de la vue du Phénix.
Pendant que la danse emportait Ikki dans un flot de rage et de sensations qu'il ne comprenait pas, Shiryu et Shunreï échangeaient des paroles chinoises et enchantées par dessus leur eau minérale naturelle et non pétillante.
Le couple le plus zen du Sanctuaire avait en effet mis à son propre crédit le fait hautement satisfaisant de voir un Jabu en tee-shirt mauve se déhancher main dans la main avec une Miho enroulée dans une robe de coton violette.
- Voilà une bonne action, se satisfît sans vergogne le Dragon.
- Oui, tu as tout à fait raison, approuva la Chinoise, qui avait abandonné sa tresse pour la soirée au profit d'une liberté de cheveux faisant sourire rêveusement Shiryu.
" Et qui nous apportera la paix à l'heure du déjeuner " compléta mentalement le vertueux Chevalier de bronze/divin.
Mü, lui, avait pris sa toison laineuse à deux mains pour amorcer un début de réconciliation avec Shaka de la Vierge, incarnation de Bouddha – disait-il.
- Pourrions-nous discuter ? entama le Bélier en effleurant le bras nu de son blond tourmenteur en sari, sari d'un bleu assorti à ses prunelles closes.
- Il n'y a rien à dire sur l'inqualifiable outrecuidance de tes prétentions, cher Mü, lapida derechef le ton limpide de la perfection sur terre.
L'Atlante pinça ses lèvres roses de dépit, et Camus qui était placé derrière eux secoua impatiemment la tête, et en cessa de nourrir gracieusement Milo de petits fondus croustillants, au chèvre chaud.
- Mmm, encore ! protesta le glouton Scorpion, qui ouvrait les mandibules pour recevoir le plus et le meilleur de la blanche main aimée.
- Tu n'es pas un chien de salon, Milo, soupira le Français. Tu as entendu ? Ce pauvre Mü, il n'en a pas fini, Shaka est si orgueilleux que…
L'Indien était peut-être aveugle à la raison et à son environnement graphique, mais il possédait des petites oreilles extrêmement fines, qui comme celles de Saori n'entendaient que ce qui l'arrangerait lui et dérangerait les autres.
- Oh, ne te mêle pas de ça le chlorotique, hein… siffla-t-il tel un cobra.
- Chloro…quoi ? s'informa Milo, voulant être certain que c'était bien une insulte que Shaka avait proférée à l'égard de son amant.
- Anémique par manque de fer, grinça Camus, vexé. Laisse tomber, Milo, ce n'est pas grave. Au moins, la chlorose se soigne, alors que son cerveau défait par trop de mysticisme restera en chou-fleur pour le restant de ses jours…
Le Scorpion hurla de rire en se tapant sur la cuisse, suivi par tous ceux qui avait une dent contre l'homme le plus proche des dieux. Cela fît beaucoup de bruit, et rameuta immédiatement l'incontournable réincarnation d'Athéna pour la joie et l'amour du monde entier.
- Encore une dispute, mes chers Chevaliers ?
A la façon doucereuse et accentuée dont était prononcé le " chers ", les têtes se raccourcirent, et les échines se plièrent. Shaka, lui, se redressa comme en présence d'un inférieur, sa blondeur auréolée de vertu rayonnant à des mètres à la ronde.
- Il faudrait les occuper, ma Saori, claironna soudain Pégase, mains dans les poches. Tu sais, en temps de paix, des guerriers, ça s'ennuie…
- Certes, Pégasounet, ronronna Athéna.
- Il faudrait des activités amusantes ! insista inconsidérément le Japonais, malgré les furieux et peu discrets signes de dénégations des autres.
Lancer Saori/Athéna sur des plans de groupe était un suicide annoncé et programmé.
- Bientôt, le club de théâtre sera ouvert, promit incontinent Saori, radieuse. Toutes les suggestions de pièces seront les bienvenues !
Kanon et Saga, retournés dans le sillage tentateur des fesses moulées du Verseau, échangèrent un regard gémellaire et effrayé. Puis, le premier jumeau endossa rapidement la peau d'un courtisan comme il usurpait aisément n'importe quel rôle.
- Quelle merveilleuse idée, Athéna ! s'écria-t-il. Il y a un tel manque de culture au Sanctuaire… N'est-ce-pas, Camus ?
L'approbation du onzième gold fût la cause d'un étranglement d'arachnide avec un fondu au chèvre chaud, et Kanon dût lui taper avec bienveillance et amicalité dans le dos, à lui démolir toutes les vertèbres. Milo avala, et reprit son souffle.
- Maieuh, chouchou, protesta le Scorpion rebelle aux simagrées artistico-culturelles.
- Allons, mon Milo, soupira avec une langueur perverse le magicien de l'eau et de la glace, langueur accompagnée d'une micro-moue sans conteste provocatrice.
- Tout ce que tu veux, mon Camus, vira aussi sec le cerveau reptilien du Grec.
- Parfait ! Merveilleux ! Quel bel effort mes Chevaliers ! approuva la Déesse de la Sagesse, repartant pour d'autres aventures et surtout d'autres cocktails triplement alcoolisés.
- Viens danser chouchou, imposa Milo pour entraîner son homme loin des jumeaux diaboliques.
L'ex-Dragon des Mers hulula d'un rire de chacal affamé.
- Tssst, en fait Camus est un sacré petit manipulateur… Il se sert de ses battements de cils pour faire changer Milo d'avis sur tout et n'importe quoi…
- Arrête, Kanon ! écuma le Petit Pope, outré. Camus est un ange innocent, c'est lui qui est manipulé par ce monstre possessif et violent de Milo !
- Il me semble, à moi, qu'il ne fait que ce qu'il veut bien, au final, intervint Aiolia, le héros de la fête étant amer de voir son fier ami si macho réduit au rôle de toutou domestique – un peu comme lui.
- Disons qu'ils se manipulent l'un l'autre, c'est ça le couple et l'amour, acheva avec un ricanement haineux un homme sans illusion aucune, nommé Ikki du Phénix.
Echappé du cercle de danse, Shaina osa l'y ramener d'une poigne ferme, et à la stupeur générale, le volatile immortel la suivit pour recommencer à se trémousser les plumes en cadence.
- Ça, c'est la meilleure de la soirée ! s'étonna Shura du Capricorne.
Et même de l'année.
Dans la salle de bains du Scorpion, Hyoga et Shun étaient imbriqués plus efficacement que le bouchon de la baignoire dans sa bonde.
- Oh Shun, mon Shun, aspirait régulièrement le Russe en même temps que le minimum d'air vital pour un être doué en apnée.
- J'en ai marre, grinçait l'ex-hôte d'Hadès, ses mains baladeuses sous les plumes du Cygne, le regard éperdu de désir, les joues rondes et roses, et l'haleine alcoolisée à quarante degrés.
- De moi ? s'effraya aussitôt un individu sans le minimum requis de confiance en lui.
- Mais non, idiot. De nous cacher ! D'être chaste ! Je vais avoir seize ans, franchissons l'obstacle !
Un obstacle aussi haut que le plus haut des icebergs pour le blond Hyoga.
- Hum, hum, huuuuh, proféra le Cygne. Oui, mais… Je ne me sens pas prêt !
- Ton glaçon de Maître croyait ne pas l'être non plus, résultat il a adoré !
- Comment le sais-tu ?
- Simple intuition.
- Il paraît qu'il a eu très mal, que Milo l'a blessé… Je ne veux pas prendre le risque de te brusquer ! hulula avec des trémolos amoureux le Russe qui avait vu dans la contre-contre rumeur une échappatoire en or.
- Je peux être le seme, et plus de problèmes ! arrangea Shun avec toute la logique que lui donnait la vodka et l'ouzo.
Hyoga du Cygne, Chevalier des Glaces, s'en étrangla et en renversa le verre et la brosse à dents de son Maître vénéré. Maman, à l'aide !
Le Cygne maudit fût sauvé in extremis d'un attentat à la pudeur sur ses plumes immaculées, par un rugissement extrême d'hommes avinés.
- Les cadeaux, les cadeaux, les cadeaux ! scandait en chœur l'échantillon supérieur de la Chevalerie d'Athéna sur terre.
- Allons-y ! imposa Shun, l'œil pétillant de curiosité.
Une petite menotte atlante, aux ongles bordés de saleté, glissa subrepticement une substance hautement suspecte dans le verre de jus d'ananas de Shaka de la Vierge, hautaine réincarnation de Bouddha qui avait l'audace de repousser son maître.
Puis, la menotte passa au dessus de la limonade à l'orange de Camus, de la coupe à champagne de Milo du Scorpion, pour finir dans celle de sa grande déesse vierge, Athéna en personne.
Les yeux violets d'innocence, le sourire du sphinx scotché à ses lèvres barbouillées de jus de framboises, Kiki de l'Appendix rafla une poignée de petits fours et se logea dans un petit coin discret pour suivre les événements.
Les deux Lions héros de la fête – volontairement d'Aiolia, par la contrainte en ce qui concernait Ikki -, furent poussés en direction de la table chargée de cadeaux de formats variés, d'emballages divers et de poids changeant du simple au triple.
- A moi l'honneur, je suis la déesse, ordonna Athéna. Miho, rends-toi utile pour une fois et donne les cadeaux que je t'indiquerai !
- Mais, ragea la douce Japonaise, ses couettes bleues hérissées d'une saine indignation.
- Tu dois obéir à Saori, lui hennit avec reproche Seiya, sous les regards électriques de défi que se lançaient les deux femmes éprises de sa modeste crinière de canasson ailé.
Dents serrées, Miho saisit le paquet qui portait calligraphié " d'Athéna à Aiolia ". Le quatrième gardien s'inclina, se gratta le museau et déballa le papier brillant et violet, arrachant un ruban rose dans son élan.
Il était l'heureux possesseur d'un tee-shirt imprimé " Sainte Maxime " en bleu électrique sur du jaune flashy.
- Oh ! Ah ! Oh ! s'exclama le Grec, en une série d'onomatopées à interprétation libre. C'est trop, Déesse Athéna. Je vous remercie !
La mesquine divinité inclina sa tête mauve, et Miho tendit un deuxième paquet au Phénix, qui le tripota dans tous les sens, semblant supputer les possibilités d'une explosion nucléaire.
- Mais ouvre, voyons, Ikki ! s'impatienta Saori.
Ikki n'était point pressé de découvrir un cadeau choisi par la Japonaise, chose qui pouvait aisément se comprendre. Poussé par sa fierté, épié par une foule d'yeux malins, il s'y décida tout de même et déchira le papier à sa manière sauvage.
Un croassement d'agonie retentit.
Le cadeau de sa chère déesse était un assortiment de produits de beauté : gel douche, shampoing, après shampoing, eau de rasage, petites savonnettes fantaisies et soin de corps, tout cela parfumé suavement de jasmin odoriférant – presque trop.
Soit Athéna avait choisi un cadeau en fonction de ses propres goûts de jeune fille, soit il s'agissait d'un message fort au sujet de l'hygiène douteuse de son cinquième chevalier de bronze.
Des couinements retenus de rire remuèrent l'assistance, pliée en deux à l'idée de plumes de Phénix embaumant le jasmin.
- La ferme ! les cloua le rude Japonais, serrant les poings sur la trousse transparente et décorative contenant l'outrageux cadeau.
Shun intervint, entre deux rires d'alcoolique, et la blanche paume de son frère calma aussitôt le bouillant Ikki. Saori battit des mains, ravie, et ordonna la suite des présents.
Kiki, lui, tendait serviablement un plateau de boissons à la ronde, veillant à donner à ses victimes les verres incriminés par la drogue volée à Kanon.
Le petit rouquin était sûr qu'on allait bien s'amuser.
Deux heures plus tard, les fêtards avaient tous du papier cadeau froissé jusqu'aux chevilles, l'ambiance avait monté de quarante degrés – d'alcool -, et chaque Lion avait des cadeaux jusqu'au museau.
Aiolia s'était pris de passion pour sa veste en cuir, à la satisfaction de Milo et Camus.
Ikki avait beaucoup apprécié les mangas glauques que Seiya lui avait offerts, assez bien le nouveau sac à dos de Shiryu, et franchement un peu moins les patins à glace provenant de Hyoga. L'oiseau immortel se demandait bien où et quand pratiquer le patinage, et surtout dans quel but.
Il adora cependant les patins quand il ouvrit le cadeau de son frère : un costume chic trois pièces, cravate assortie, et un livre au titre japonais et peu tentateur, " Les plus beaux haïkus d'amour pour charmer une femme ".
La grimace fraternelle du malheureux gagnant fût très censurée et il tapa sur l'épaule de sa seule famille avec des essais de remerciements.
Les moqueries fusèrent encore, et Milo se fît remarquer en criant à la discrimination.
- Pourquoi les femmes ? Et si on veut écrire des poèmes d'amour à un homme ?
- T'as qu'à les inventer, l'insecte, cracha Ikki.
- Il ferait mieux de ne pas écrire du tout, hein mes agneaux ? susurra avec une sournoiserie méchante Aphrodite des Poissons.
Camus rougit à l'idée de lettres de Milo en otage entre les griffes malveillantes du nouveau Gémeaux et ex-Dragon des Mers, lettres maladroites mais auxquelles il tenait.
- Que veut-il dire ? s'enquit soupçonneusement le huitième gardien.
Le Verseau lui chuchota prudemment, à l'oreille et en français le crime de vol dont s'étaient rendues coupables les trois commères du Sanctuaire.
- Garde ton calme, Milo ! adjura Camus, inquiet. Nous réglerons ceci plus tard.
- Soit, consentit le Scorpion, désireux de ne pas gâcher l'anniversaire d'Aiolia.
Pourtant, il sentait curieusement des bouffées homicides lui monter au cerveau. Et la vue du cou blanc de Camus si près de ses lèvres lui donnait envie d'y mordre comme un vampire.
Bordel, il avait déjà connu ça à Sainte-Maxime !
Espérant se tromper, le Grec serra très fort la main de son petit ami dans sa pince cruelle.
Shaka de la Vierge, incarnation suprême et unique de Bouddha, condescendant à se souiller l'âme en se joignant à une vulgaire fête d'anniversaire sans aucun intérêt spirituel, passa le temps des cadeaux à observer sans en avoir l'air son amant – ex-amant – entre ses longs cils recourbés et fournis.
Comme il donnait en permanence l'illusion d'avoir les paupières scellées, personne ne le remarqua.
Shaka ne fût mis en évidence que lorsqu'Ikki déballa son coffret à cigares, et se fendit d'un remerciement et d'un vrai sourire indiquant que tout était pardonné, même le grattage de fesses.
Soulagé, l'Indien s'était alors remis à la contemplation béate de son agneau, la chaleur et l'harmonie montant en lui davantage à chaque gorgée de jus d'ananas.
C'était évident, aveuglant, lumineux : il avait effectivement des torts indignes d'un presque dieu, et Mü avait eu mille fois raison de les lui faire remarquer.
Il devait expier par la chair ses terribles péchés.
Le Bélier eût donc la surprise de sentir le sixième gardien lui mordiller l'oreille avec un petit rire bête.
- Shaka ? dit l'Atlante, ébaudi.
- Pardonne-moi, Mü, j'ai manqué de sagesse et de modestie. SI tu veux bien agréer mes excuses, je tenterai de réparer mes torts.
Le premier gardien profita de l'aubaine en clamant un " oui " sonore, mais s'inquiéta tout de même des étincelles de stupre et de luxure qui dansaient dans le bleu de ciel des prunelles virginales.
Définitivement, il y avait un problème !
Plus loin, Athéna avalait sans discernement le champagne trafiqué, mais avait visiblement une excellente résistance divine aux stupéfiants, car elle ne manifestait encore aucun effet secondaire autre qu'une ivresse stupide et bruyante.
- Ne bois pas trop, ma Saori, s'inquiétait un canasson qui gagnait en maturité avec son rôle influent de co-directeur.
- Promis Seiya ! mentit l'héritière de l'empire Kido.
Un peu en retrait, Milo, pupilles orangées, avait cédé à son désir en enfonçant ses dents à la jonction cou/épaule de son amant.
Camus poussa non un cri de protestation, ce qui aurait été normal, mais jeta un regard brûlant au Grec, se passant la langue sur ses lèvres en une invite sans équivoque, et soupirant avec une langueur inappropriée pour un magicien de l'eau et de la glace doté d'un public.
- Allons dans la chambre, proposa le Verseau à qui quelques gorgées de limonade avaient suffi à faire virer sa cuti vers l'hyper-sensualité démonstrative.
- Je pourrai t'attacher, te tourmenter et te faire mal ? feula Dark Milo, de retour après une longue absence.
- Le Mal venant de toi, mon Milo, c'est le Bien !
Encouragé par ce douteux aphorisme, le Scorpion entoura sa proie avec un ricanement malsain.
Ravi de sa blague, Kiki jouait les innocents en se servant de ses pouvoirs pour faire flotter des sucreries autour de lui.
Ce n'était pas sa faute si tous ces grands Chevaliers ne supportaient pas une petite plante toxique et hallucinogène, non ?
