Le véhicule s'éloigna sans autre forme de procès, d'un réalisme pathétique. Je me sentis aussitôt annihilé de tout sentiment, défense du corps. Une sorte de transe.
Le pire, c'était le souvenir de sa peau, cette chaleur dans ma poitrine qui se glacerait la nuit venue.
Lundi.
…
Mardi.
…
Mercredi.
…
Jeudi.
…
Vendredi, samedi, dimanche…
Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi…
Tout revenait normalement. Je ne l'oubliais pas. Tout revenait, je veux dire… Les habitudes. Les mêmes qu'avant, avant lui. Mais si je ne me sentais pas plus léger, je me souvins de comment je passais le temps avant. Je me souvins que j'étais champion du monde poids lourd, avec indifférence d'abord, les premiers jours. Puis, doucement, au lieu de me décomposer comme je l'avais pensé, The Champ réapparut. Je devins plus surchargé que jamais. Toute occasion était bonne à prendre : galas, shows, œuvres de charité, Smackdown!, ECW, fédérations de développement, séances de dédicaces, séances photos et interviews, la fondation Make-A-Wish, bénévolat, soirées… Du matin au soir. Je m'arrangeais pour que l'on me trouve toujours quelque chose, et les occasions ne manquaient pas. Vince en était au point de douter pour ma santé, suite à mes blessures, mais se frottait les mains devant tout l'argent que je rapportais. Il me laissa donc faire, même s'il ne cessa de me demander qui m'avait blessé. Il clamait que mon corps lui appartenait, que c'était son gagne-pain. Et une douleur effroyable me serrait tout à coup. Un coup de poing, un étau. Mon corps n'appartenait pas à Vince. Et je me précipitais pour demander s'il avait d'autres projets pour moi.
La chose qui devint une obsession aussi fut mon portable. Jamais personne ne réussit à me l'enlever une seconde, pour n'importe quelle raison. Plusieurs fois je me retrouvais à court de batterie, et, dans un affolement maîtrisé, un caprice de gamin, je m'obstinais à arrêter immédiatement que je faisais pour aller le recharger. Nuits et jours. A l'aube, le matin, le midi, l'après-midi, le soir, la nuit… Je le gardais toujours sur moi, regardais frénétiquement, n'importe quand, mes appels manqués. Si je restais totalement discret sur ce que je pensais, voire muet, ce qui embêtait Punk et Mysterio qui auraient voulu que je leur en parle, je ne pouvais empêcher un lourd battement de cœur, en relevant ma tête tout à coup, alerte, lorsque mon portable sonnait. Je regardais. Fausses alertes. Ma voix n'était jamais aussi troublée que quand je répondais à la personne qui m'appelait à ce moment-là.
- Allô ?
- Désolé. Soupira Punk en sentant ma mélancolie.
J'inspirai longuement. Il savait très bien ce que j'attendais, et, comme on n'était qu'à la fin de la première semaine… J'avais toujours un peu de mal à me ré-acclimater. Il était parti le dimanche.
- Tu vas bien ? Demandai-je d'une voix plus enjouée. On est quel jour ?
Il ne devait pas trop m'en demander aussi, c'était le matin ! Je me levai en boitillant, tombant à moitié en descendant de mon lit. Mon lit de mon chez moi. Que c'était bon.
- Mardi.
Je fermai mes yeux niaisement un quart de seconde, tandis que ce fichu cœur me faisait mal sans une quelconque autorisation. Mardi ? Seulement le deuxième jour ?
- D'accord. Répondis-je, replongé dans le sommeil. T'as prévu quelque chose aujourd'hui ?
- C'est pour ça que je t'appelle, reprit-il aussitôt de sa voix rapide, je viens te chercher dans une heure pour une séance de dédicaces. Ca te va ? … On passera un peu de temps en amoureuses…
Je ris en regardant par la fenêtre, puis finis mon sourire en descendant mes yeux vers le sol. Bonne idée. Rien de meilleur pour le moral que Phil et les fans. Un second pouffement me prit et je m'exclamai :
- No problem ! C'est sympa de venir me chercher, j'ai encore pas mal mal. Tais-toi. Ordonnai-je en riant quand j'entendis son rire à un jeu de mot hypra débile.
- Ha ! Je suis grillé. Nan, en fait je t'avoue, c'était pour impressionner la demoiselle avec ma belle voiture.
- Ca va te rester, cette histoire de gonzesse, remarquai-je, un sourire dans la voix.
On avait fini notre conversation, j'avais raccroché et regardé mes appels manqués. Rien. Quelques heures plus tard, nous étions toujours en train de signer avec les fans. Je ne savais pas où Phil avait réussi à nous dégoter cette séance là à l'improviste, mais c'était bondé. Fidèle aux fans, je ne bougeai pas tant qu'il restait du monde. Qu'avais-je d'autre à faire ? Je me rappelai rapidement que j'avais effectivement beaucoup de choses à faire, mais les réunions passaient après les fans, et je n'allais pas me casser de nouveau le bras pour aller plus vite. Excuse bidon. Un enfant d'une dizaine d'années s'approcha avec son père, casquette « U can't see me » sur la tête, un t-shirt de Jeff Hardy et le collier de Triple H au cou. Il me fit sourire, et je ris lorsque son visage admiratif ouvrit en grand sa bouche.
- Hey ! Lançai-je, jovial, tentant toujours de les mettre à l'aise.
- Tu es John Cena !
- Il paraît. Répliquai-je.
Je m'approchai de lui pour chuchoter :
- Mais on n'est pas sûrs…
Il rit.
- Tu plaisantes !
Je me reculai puis lui demandai s'il voulait, à tout hasard, un autographe.
- Oui ! S'exclama-t-il, d'une façon qui laissait présager que ses quarante Noël à venir ne vaudraient pas ce moment. Et on peut faire une photo ?
J'acquiesçai, signai, soulevai le bonhomme qui était un poids plume pour moi puis le posai sur moi. La photo fut prise. Je dis au revoir au garçon. Plusieurs dizaines de personnes passèrent. Puis vinrent l'espèce de personne que je ne détestais pas, mais qui me faisait me crisper depuis dimanche. Les fans et groupies de Randy. J'en vis débarquer une avec ce que je pensais être son copain. Ils semblaient heureux comme pas possible et se donnaient la main.
- Enchantés ! Dirent-ils à l'unisson.
Le fait qu'ils soient amoureux, et que la fille porte le t-shirt de Randy où il figurait les bras nus, son air méchant qu'il décernait à ceux qui lui étaient étrangers, et à moi surtout, pour me montrer qu'il était le plus fort, sonnait étrangement. Le garçon quant à lui, portait le t-shirt de la Legacy où l'on voyait les épaules de mon Golden Boy, aussi ne jetai-je qu'un regard rapide avant de baisser les yeux vers les objets à dédicacer. J'étais concentré sur ma signature lorsque le garçon me demanda :
- Vous êtes amis dans la vraie vie ? … Avec Orton, je veux dire.
- Non, rétorquai-je platement. Je le respecte, mais il n'y a pas d'amour entre nous.
- C'est dommage ! Il a l'air d'être un type cool !
Je souris.
- Si on aime le genre psychopathe, assez ouais. J'inscris quel nom ? Demandai-je en relevant la tête vers la demoiselle.
- Samantha !
Je ne fis aucune tête particulière. Samantha…
- Comme la femme de Randy ! Affirma-t-elle fièrement.
Le mardi suite à cela me parut interminable.
Randy.
Mercredi Jeudi. Vendredi. Les jours se suivaient, paresseux, et je pensais que malgré mes occupations, j'aurais pu dire depuis combien de minutes exactement il était parti. Je sortais mon portable, regardais mes appels manqués. Rien. Je passais devant des camions de la WWE à son effigie, ma photo juste à côté. Je croisais des fans, je croisais Phil et Mysterio qui me lançaient ce regard qui jaugeait à quel point j'étais mal. Je voyais en boucle le clip annonçant son départ.
Randy.
- Une autre. Demandai-je.
Le premier week-end était arrivé et Phil m'avait invité à une soirée. Traîné plutôt. Je lui en voulais d'ailleurs, et lorsque j'avais fait semblant de lui faire la tête, il m'avait supplié de le pardonner devant tout le monde, et la scène que nous avions fait alors avait fait rire les catcheurs. On était dimanche soir. La fête avait d'abord eu lieu le samedi, et j'y avais été convié, mais j'avais insisté ce soir là pour rester chez moi. Je ne savais pas pourquoi… J'avais cru… J'avais cru que… C'était idiot bien sûr. J'étais complètement idiot. Comme s'il allait…
- Une autre. Réclamai-je lorsque la bouteille fut sifflée.
Puis, ce matin, lorsque je m'étais réveillé seul, j'avais dû me rendre à l'évidence et, sous les nombreux sms que j'avais reçus, j'avais cédé pour venir à la fête. Je regrettais d'être ici… On ne savait jamais. Un dimanche soir… Peut-être que… Je fouillai de ma poche de jean pour vérifier si j'avais mon portable. Ne le trouvai pas. Avant de paniquer, je cherchai dans l'autre poche, puis regardai mes appels manqués. Rien. L'alcool commençait à me tourner la tête, m'endormait dans une sorte de transe douceâtre et lâche, qui faisait résonner la musique endiablée derrière moi dans des échos douteux. J'étais au bar.
- Une autre.
La bière avait des effets dépresseurs sur moi, mais j'en avais trop besoin ici, tout seul, pour avoir la force d'arrêter.
Que faisait-il ? J'avais été complètement naïf. De découragement, je frappai ma tête contre le bar, ce qui fit sauter tous les verres et, au passage, explosa la moitié de la bouteille sur mon front, me faisant, au passage, assez mal. Le barman s'exclama de surprise, releva ma tête pour savoir si je faisais un coma, regarda mes yeux hagards qui parcouraient tout autour de moi.
- Vous avez trop bu, Monsieur Cena… Vous devriez arrêter.
L'effet dépresseur avait commencé à partir avec la dernière bière, aussi réclamai-je dans un américain pas très compréhensible :
- Une autre.
Le barman attrapa un chiffon propre, secoua la tête pour refuser et entreprit de m'essuyer et d'enlever le bout de verre qui m'avait éraflé le front. Que faisait-il en ce moment ? Dire que j'avais cru qu'il allait venir me voir… Trop naïf. J'avais passé ma journée à la WWE, pensant qu'il… m'attendrait là-bas. Il m'avait dit qu'il rentrerait. Il m'avait dit qu'on se verrait le week-end…
- J'ai eu une semaine chargée, réussis-je à articuler, une dernière.
Le barman soupira, mais ma renommée fit le reste, il me sortit une autre bière, que je bus d'un trait. Alors, je me trouvai entièrement anesthésié, dans une jolie transe. Je me levai, me tins aux chaises hautes, puis baladai mon regard sur la piste de danse illuminée. Elle était bondée. D'autres catcheurs étaient toujours attablés, tandis que certains étaient assis sur des canapés, ambiance boîte de nuit. Je ne voyais rien. Je ne le voyais pas. Si… Là… Sur le slow… Il débarquait à l'improviste… Mes yeux me piquèrent, et quand j'arrêtai de cligner des yeux, CM Punk était devant moi.
- Allez, viens.
Il passa mon bras valide sur ses épaules, comme Randy l'avait fait une semaine plus tôt, puis m'emmena vers un canapé de libre. La musique était moins forte ici. Il m'assit, s'assit à son tour. Un léger silence s'installa, que je ne remarquai plus.
- Je pensais que tu allais mieux…
Plusieurs secondes furent nécessaires pour que je réponde.
- Non.
Un autre silence. Il ne pouvait en rien me rassurer. Me dire que Randy m'aimait ? Que je lui manquais ? Qu'il n'avait pas pu venir ? Qu'à son retour tout s'arrangerait, que ces semaines lui auront fait réaliser que j'étais le meilleur choix et qu'il serait là plus que jamais auprès de moi ? Il ne pouvait en rien me garantir cela, il savait que la chute serait mille fois pire, que le doute et la douleur quotidienne, habitudes, valaient peut-être mieux que de vivre dans le mensonge. … Ne le faisions-nous pas ? Ne me mentait-il pas déjà, et en ce moment où je ne savais pas où il était ?
- Je suis persuadé qu'il pense à toi. Chuchota-t-il fort dans mon oreille, pour couvrir le bruit de la musique.
Ce serait mignon. Penser à l'homme que l'on baise et que l'on supplie une fois loin. Très ironique.
- Tout ce qu'il veut, c'est que je ne le touche que lui. Crachai-je, amer.
- Arrête John… Tu sais bien que c'est faux. Il tient à toi, il a juste du mal à te faire passer le message.
Il ne pouvait pas me le dire simplement alors ? C'est vrai qu'il était plus doux, c'est vrai qu'il souriait plus, maintenant. Ou peut-être l'alcool embrouillait-il tout. J'avais envie de vomir. Il fallait vraiment que je mette fin au carnage. Je me tournai vers Punk, qui était nonchalamment assis contre le dossier du canapé, puis me rapprochai de lui.
- Mais moi, ce n'est pas à lui que je tiens… Suppliai-je d'une voix sensuelle.
Je me rapprochai encore, tandis que Punk fronçait les sourcils. Encore plus près…
- John ? Fit-il, pas rassuré.
Je n'étais qu'à une vingtaine de centimètres de son visage, le regardai longuement. Puis, brusquement, je changeai de direction pour lui embrasser la joue. Je me reculai et ris comme un beau diable.
- John ! Connard, tu m'as fait peur !
- C'était grandi-xcellent ! Lançai-je, hilare. Tu aurais vu ta tête !
Il se mit à rire aussi, soulagé.
- C'est pas beau l'alcool… Philosopha-t-il, en secouant la tête de dépit.
- Eh, mec ! Je me venge, c'est tout !
Il était vrai que j'en profitai que Randy n'était pas là pour faire ma blague, ce qui l'avait rendue plus réaliste. Dans ma bêtise, je décidai de me calmer et d'aller me coucher, avant que l'alcool n'atteigne son apogée dans mon corps. Sinon quoi Phil, et Mysterio qui était là, devrait passer la nuit à surveiller que je ne hurle pas à tort et à travers « Orton suce ! Orton jouit ! Randy baise John-John ! », une bouteille à la main. Cela risquerait d'être une annonce ma foi assez particulière.
- Je vais me coucher… Annonçai-je à Punk.
- Ça va aller pour monter jusqu'en haut ?
Je ne savais plus qui avait décidé d'installer des lits à l'étage, mais c'était un génie.
- Oui, t'inquiète. Bonne nuit.
- Bonne nuit, à demain. C'est sympa d'être venu.
- J'me suis bien amusé, assurai-je avec un sourire.
Alors que je commençais à traverser la salle, j'aperçus Ted. J'eus un éclair de lucidité - qui ne dura pas longtemps. Ted, évidemment ! Je n'avais pas pensé qu'il pouvait être à la soirée… Il devait sûrement avoir des nouvelles de Randy par Sam, l'avoir vu… Je m'approchai de lui. Il était à côté de la piste, dans un coin. Il me regardait. Le regard sûr qu'il m'adressait me laissa penser qu'il m'avait observé toute la soirée. Je me dirigeai vers lui, en butant dans deux ou trois chaises et divas.
- Tu as de la chance… Me lança-t-il avec un sourire quand je fus assez près.
Je m'arrêtai en face de lui.
- Ah d'accord… Tu me surveilles ? Compris-je.
Il sourit.
- Tu t'en doutes bien !
Il était vrai que ce n'était pas surprenant. Nous nous décalâmes un peu à l'écart, seuls. Malgré le fait que j'étais complètement saoul, je devinai que la soirée tirait sur sa fin : c'était le moment des slows. J'oscillai sur ma jambe valide, incertain. Il plaqua sa main sur mon bras pour me rattraper.
- Alors… Qu'est-ce que je lui dis dans mon rapport ?
Il parlait de Punk. Ted devait avoir vu la scène, et, d'ici, je n'étais pas certain qu'il ait vu que je ne l'avais pas embrassé. Si Randy l'apprenait… Non… Je ne voulais pas qu'il parte…
- Tu ne lui diras pas hein ? Demandai-je, l'alcool battant son plein dans mon sang.
Il me jaugea vivement, sa main toujours refermée sur mon bras pour me soutenir.
- Non. Finit-il par dire. Je sais que tu l'aimes.
Je hochai la tête longuement, d'un air très instructif. J'aimais bien Ted, c'était juste dommage qu'il soit ami avec … Qu'est-ce que je racontais ? Je pouvais le fréquenter maintenant, il suffisait juste que personne ne se doute qu'il y avait un lien avec mon psychopathe…
- T'es gentil Ted, je t'aime bien. Répétai-je, mais je ne sus plus si je lui avais déjà dit.
Il sourit de nouveau, d'un air compatissant au vu de mes capacités réduites.
- Dis-moi… comment il va. Réclamai-je en fronçant les sourcils de détresse.
Il soupira.
- Je suis désolé. Je n'ai pas grand-chose. Il n'appelle que Sam… Mais il a l'air d'aller bien.
Je sentis ma poitrine brûlée par les drogues se comprimer de souffrance. Il l'appelait, elle. Je demandai, bafouillant :
- Mais… tu l'as pas… vu ce week-end ?
- Non… Rétorqua-t-il, surpris. Il n'est pas rentré !
J'eus un haut-le corps à cause de la bière, puis ce fut à mon tour de hausser les sourcils.
- Il n'a pas pu. Précisa-t-il.
Je baissai les yeux au sol, d'un air endormi, déçu - et bourré - puis tombai lentement en avant. Je m'en aperçus quand mon muscle froissé me tira, et, la seconde d'après, j'étais entièrement avachi dans les bras de Ted. Celui-ci me releva sans hésitation et me garda contre lui pour me soutenir.
- T'es lourd, Cena… Souffla-t-il en souriant.
- On me le dit souvent.
Il continua en me disant qu'il vaudrait mieux que j'aille dormir, ce que j'aurais aimé faire, mais monter les escaliers me semblait impossible maintenant. Je lui expliquai dans un jargon approximatif. Alors, il regarda autour de lui, les escaliers qui étaient juste derrière nous, puis, en soufflant sous l'effort, me porta, installant mes jambes autour de lui. Mes yeux clignèrent de fatigue, alors que le geste m'indifférait totalement. Cependant, j'avertis, prenant un peu du ton menaçant de mon amour parti au combat :
- Si je lui dis que t'as fait ça, il va te mettre coup de pied dans le crâne.
Ted haleta en commençant à marcher lourdement. Il était moins costaud que mon homme. Je calai ma tête sur son épaule pour le regarder d'un air absent.
- Sinon c'est que t'es gay. Comment ça marche avec Cody d'ailleurs ?
Il rit et sourit en même temps. Il était adorable dans le genre méchant. Il répliqua, évidence de son hétérosexualité :
- Je suis marié !
- Randy aussi. Remarquai-je pertinemment.
Il rétorqua, convaincu :
- Randy n'est pas homo.
- Moi non plus alors.
Nouveau rire.
- Si tu veux, proposai-je, je peux t'aider à t'arranger un coup avec !
- Cody n'est pas gay ! S'exclama-t-il.
- Moi et Randy non plus !
Et avant qu'il n'ait pu dire quelque chose, je conclus d'une manière intelligente :
- Et toi non plus. Comme moi, Randy et Cody.
Il soupira, excédé mais rieur.
- On devrait se faire un club de gens pas gays qui couchent ensemble.
Ted râla, puis appuya sur chaque mot pour les faire entrer dans mon cerveau buté :
- Je ne couche pas avec Cody !
- En tout cas, si t'as besoin de conseils, je suis là.
Il jura. C'était vrai quoi… En entendant son soupir soulagé à la dernière marche, je me doutais qu'on allait arriver. Je me proposai de descendre tout de suite, puis le remerciai. Il me posa, puis, lui souhaitant une bonne chance pour cette nuit, allai m'effondrer sur le premier matelas qui venait.
Randy.
Le lendemain, je m'étais remis tant bien que mal de ma cuite, goûtant avec dégoût la pâteuse gueule de bois. On m'avait reporté chez moi. Le soir même, cela avait été Monday Night Raw, auquel j'aurais dû participer. Cependant, mon médecin, que j'avais évité toute la semaine, devinant qu'il me dirait de me reposer, était passé me voir dans la journée pour m'interdire de bouger. Et ce jusqu'à la fin de la semaine, si je voulais éviter des complications. En soupirant, j'avais accepté. Mon kiné était venu le jour même pour « prendre soin de moi ». Je ne pris même plus la peine de regarder mon portable.
Randy.
Mardi. Encore. Cours de rééducation. Séances de kiné. Musculation. Puis, entre les matchs de football, de baseball, de catch, les travaux que je devais faire chez moi… Je ne pouvais m'empêcher de penser. A lui. A Randy. Quelque part en moi, je pensais à lui à chaque moment. La petite femme dévouée qui attendait le retour de son mari soldat.
Reviens.
Le temps passa ainsi jusqu'au samedi.
# Fan du Fire-n-Ice Centon de Kesa-Ko #
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# Wrestling's Slashy! (Chisato-chan, JustWrestler, Kesa-Ko & Youni's stories) #
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