Hello!

Bon alors, comme souvent, j'ai besoin de me passer les nerfs sur ff 2 minutes, parce que la ca dépasse les bornes. Un nouvel OS, une nouvelle fic, 2 nouveaux chapitres à Moonlight, et pas une seule review ? Ha si, 1, pour l'OS. Merci. Honnêtement, je pense finir shooting stars parce qu'il reste 2 chapitres, et laisser tomber. C'est bien gentil de faire la morale aux auteurs qui abandonnent les fics ou restent absent longtemps, mais quand il s'agit d'y mettre un peu du sien et de passer trente secondes de sa vie à dire un mot gentil aux gens, y a plus personne. Alors voilà, j'envoi le chapitre 25, j'avoue que j'ai pas eu un très grand plaisir à l'écrire, pas assez de bonne humeur sans doute, j'espère que ça vous plaira quand même


25. Right in the middle

1979, le 5 Juin

Je n'ai jamais été aussi heureuse de ma vie. C'est con à dire, je le sais, mais c'est la vérité. Ma vie n'a pas grand chose d'exceptionnelle, pourtant, mais je ne peux pas mentir, je flotte sur un petit nuage depuis six mois. Sirius et moi sommes plus unis que jamais, la maison que nous avons acheté est exactement celle dont j'avais toujours rêvé, notre petite Sélène est magnifique, et pour couronner le tout Dumbledore m'a confié une mission de la première importance pour l'Ordre du Phénix. Autant dire que tout est presque parfait.

Et pourtant, aujourd'hui, l'angoisse forme une boule lourde et désagréable au creux de mon ventre. Je suis moins sûre, moins enthousiaste, et j'ai même envie d'aller me recoucher pour oublier cette journée. Car il ne faudrait pas l'oublier, je reste un être légèrement différent des autres. Enfant d'une sirène et d'un sorcier, je peux me métamorphoser en être des eaux dès que je me baigne. En contrepartie, cela implique aussi que mes chances de survie dans ce monde sont très limitées, voire nulles. Mais il ne s'agit pas vraiment de moi, aujourd'hui. C'est Sélène.

En étant elle aussi la fille d'une hybride et d'un sorcier, elle risque de connaître les mêmes problèmes que moi. Je m'en voudrais tellement si c'était le cas... Infliger cette souffrance, cette différence, et cette espérance de vie si courte à ma propre fille serait insupportable, pour moi. Mais cela peut arriver. Nous ne pouvions pas le vérifier avant, car Sélène était trop jeune. Lorsque j'étais enfant, je n'ai commencé à me transformer au contact de l'eau qu'une fois que j'ai su marcher. Sélène ne marche pas encore, bien sûr, elle n'a que six mois, mais les connaissances des médicomages ont évolué depuis ce temps, et ils peuvent détecter un être hybride à partir de ses quatre mois.

J'ai voulu attendre un peu plus. Je voulais profiter de mon petit bébé sans penser qu'elle serait peut-être hybride, elle aussi. Mais je n'ai fait que reculer pour mieux sauter. C'est le médicomage qui m'a accouché qui va suivre la prime enfance de Sélène. Dans moins d'une heure, il faudra partir pour la clinique, lui faire passer une série de tests qui seront certainement pénibles et douloureux, pour enfin être fixé sur son état de santé. Sirius ne travaille pas, aujourd'hui, il va donc m'accompagner. Tant mieux, parce que je ne me sentais pas les épaules pour supporter tout ça.

Je suis dans la chambre de Sélène, à l'étage. Nous avons redécoré la pièce dès qu'elle est née. Sirius voulait qu'on peigne les murs en rose, mais bien sur, il en était hors de question. J'ai préféré les laisser sobre, dans un crème très épuré. Du plafond pendent quelques rubans de différents tons de bleu, scintillants. Son lit et sa table à langer sont blanc, simples, et nous avons peint son prénom sur la porte. Je voulais qu'elle ait un environnement pur, apaisant, et pas qu'elle grandisse dans le rose flash et les poupées Barbie...

"Tu sais où on va, aujourd'hui, chérie ?" C'est vrai que je lui parle beaucoup. Ca peut paraître ridicule, de discuter avec un nourrisson comme si c'était un adulte, mais je ne suis pas dupe. Je sais que je ne verrai pas Sélène grandir, et que si je veux profiter d'elle, c'est maintenant que je dois le faire. "On va aller voir le docteur, pour voir si tu grandis bien, et ensuite, avec Papa, on ira se ballader."

De son petit lit, je la porte jusqu'à la table à langer. Moi qui ne me serais jamais vu mère, je dois avouer que j'ai vite pris le coup de main pour m'occuper d'elle. Je change sa couche, lui passe un peu d'eau nettoyante sur le visage pour la rafraîchir, et lui enfile une petite robe parme avant de la coiffer. Ses cheveux sont aussi blond que les miens, mais je trouve que ça lui va bien. Sans doute parce que son visage ressemble tant à celui de Sirius. Elle a gardé les beaux yeux gris qu'elle avait lorsqu'elle est née, et son nez fin laisse présager qu'elle héritera des traits aristocrates de son père.

L'eau de la douche se coupe, et bientôt, Sirius sort de la salle de bains, une serviette nouée autour de la taille. Malgré le temps qui passe, il est toujours aussi beau, et je ne me lasse pas de le regarder. Ses cheveux mouillés dégoulinent sur son front pâle, ses yeux d'acier son vifs et pétillent de bonheur, son torse taillé dans la pierre m'offre une vue que je n'échangerais pour rien au monde. Il passe derrière moi et me chatouille d'un baiser dans le cou. Je ne peux pas m'empêcher de sourire. Il prend alors Sélène dans ses bras et la lève au-dessus de nos têtes.

"Regardez comme elle est belle, la petite fille à son Papa !" S'exclame-t-il, aux anges. "On va aller promener avec Tonton et Tata ? Oui !" James et Lily, au milieu des derniers préparatifs de leur mariage, ont voulu se changer les idées en passant l'après-midi avec nous. Finalement, peut-être que mon dégoût pour toutes les niaiseries de future mariée ne dérangera pas Lily, pour une fois.

Je dois avouer que même s'il était un peu maladroit au début, Sirius devient un très bon père. Il est doux, attentionné, toujours au chevet de sa petite Sélène, et il ne rechigne jamais pour ce qui est des tâches ingrates. Pour une fois dans ma vie, je n'ai vraiment pas de quoi me plaindre. Peu de gens doivent être aussi heureux, et j'avoue que j'ai du mal à ne pas chanter mon bonheur à tue-tête. Heureusement, mon bon vieux caractère est toujours présent et m'empêche de me ridiculiser quand ma joie m'inciterait à le faire.

Sirius et moi nous habillons à notre tour. Heureusement, il a pris le même plis que moi et ne s'habille plus qu'en vêtements moldus, les jours où il ne travaille pas au Ministère. Ces robes de sorciers à franfreluches et autres étoiles m'ont toujours fait horreur, et j'espère qu'elles ne seront jamais au goût de Sélène non plus. Le jean et le tee-shirt qu'il porte le saillent à merveilles, tout autre accoutrement serait inutile. Je m'habille légèrement aussi, le mois de Juin est chaud, cette année, et nous avons laissé les pull-over au placards il y a quelques semaines déjà.

"Allez, c'est parti !" Dit Sirius, toujours aussi jovial, en nous faisons tout trois transplaner vers l'hôpital. Je n'ai pas l'impression qu'il soit vraiment inquiet pour Sélène. Mais c'est du Sirius tout craché, toujours confiant, toujours optimiste, même quand tout prouve le contraire. Je me demande toujours ce qu'il deviendra lorsque je ne serai plus là, comment il s'en sortira avec Sélène, si il se débrouillera pour refaire sa vie avec une femme...

Dans un Crac! qui passe inaperçu dans le brouhaha de la ville, nous atterrissons devant l'immense porte de la clinique pédiatrique de l'hôpital Sainte-Mangouste. Dès que nous y entrons, je sens mon coeur qui commence à palpiter. Dans mes bras, Sélène commence à chouiner, se demandant sûrement ce qu'elle pouvait bien faire dans un endroit aussi laid. Il faut dire que pour un département de pédiatrie, ils n'avaient pas fait beaucoup d'efforts sur la décoration. Ca avait un air d'hôpital, bien blanc avec une forte odeur de détergent, et rien de plus. Moi qui y avais passé des semaines entières étant plus jeune, j'en sais quelque chose.

Pour la rassurer, Sirius passe doucement sa main sur la tête de Sélène, en prenant grand soin d'éviter la fontanelle encore sensible. Immédiatement, la petite se calme et pose sa tête contre mon épaule, comme si elle voulait s'endormir. Je ne peux pas nier qu'elle adore son père, et à mon avis, quand j'aurais disparu, un fort complexe d'Oedipe va les lier l'un à l'autre, et cela m'inquiète un peu. J'ai peur qu'ils ne se séparent jamais, qu'elle ait du mal à prendre son envol, ou même qu'il l'empêche d'aller faire ses études à Poudlard. Oui, certaines de mes peurs sont stupides, mais après tout, c'est le propre des mamans, de s'inquiéter.

"Le Docteur Sleek vous recevra dans quelques minutes, je vous laisse patienter en salle d'attente." Dit la secrétaire avec un gigantesque sourire hypocrite. Comme je la comprends... Répéter les mêmes phrases et les mêmes gestes à longueur de journée, et sourire à des inconnus plus casse-pieds les uns que les autres, ça ne doit pas être facile tous les jours...

Nous sommes seuls dans la salle d'attente. C'est assez bon signe, nous serons donc les prochains à passer. Je déteste littéralement les docteurs, les cliniques, les hôpitaux, les infirmières, et tout ce qui se rapporte aux blouses blanches en général. Sans doute parce que j'en ai trop fréquenté. J'attrape la main de Sirius, anxieuse. Je regarde Sélène jouer, assise sur le sol, à nos pieds. C'est bien assez propre pour que je la laisse vadrouiller un peu. Sirius caresse le dos de ma main, comprenant sans doute dans quel état je me trouve.

"Tu ne devrais pas te mettre dans un état pareil, Maïa" Me dit-il calmement.

"Comment veux-tu que je fasse autrement... Tu imagine s'ils disent qu'elle est comme moi ?" Dis-je en me passant une main sur le visage. J'avais besoin d'air pur et d'eau fraîche, d'un autre environnement que celui-là.

"Mais non, tu vois bien que c'est un bébé tout ce qui a de plus normal, je vois pas pourquoi elle devrait être différente des autres, hein chérie ?" Poursuit-il en s'adressant plus à Sélène, qui le fixe de ses grands yeux, qu'à moi.

"Moi aussi, j'avais l'air tout à fait normal, jusqu'à ce que je me transforme en poisson !"

Il ne me répond plus, et se contente de continuer ses caresses sur ma main. Il sait bien que quel que soit le prochain argument qu'il trouvera, je serais prête à le contrer. C'est comme ça, il est optimiste, et moi réaliste, et il est inutile que nous nous lancions dans une énième discussion de sourds. Il reprend son petit jeu avec Sélène, et celle-ci lui offre son plus grand sourire. Je me demande bien ce qu'elle deviendra... Une jeune fille belle et populaire, à qui tout réussi, comme son père, ou bien l'hybride introvertie et associale qui n'a aucun but dans la vie, comme sa mère. Pitié...

Me sortant de mes pensées, le Docteur Sleek entre soudain dans la pièce. C'est un homme assez grand, à la carrure imposante et aux cheveux grisonnants. Il porte cet air d'ancien bourreau des coeurs qu'on souvent les médecins, mais il a le sourire sincère qui me laisse lui donner mon entière confiance en ce qui concerne ma fille. C'est sans doute pour cela également que je l'avais laissé m'accoucher. Après un coup d'oeil sur le dossier qu'il a entre les mains, il nous invite d'un ample geste du bras à le suivre dans la pièce adjacente, son bureau.

C'est une pièce hexagonale, très bien décorée à côté du reste de la clinique. La tapisserie est d'un bleu très pâle, comme les rideaux posés aux fenêtres, et aux murs trônent des dizaines de photos de nouveaux-nés accompagnés de leurs parents. Des garçons, des filles, des grands, des petits, des gros, des maigres, des prématurés... Le panel de bébés qui s'offre à nous est assez impressionnant. Sur l'une des photos, je nous reconnais, Sélène, Sirius et moi, à moitié dans les vappes mais heureuse, sur mon lit de maternité. Un jour qui restera gravé dans mon esprit, pour toujours.

C'est assez rassurant de savoir que le Docteur Sleek connait ses petits patients depuis qu'ils sont des ambrions, et qu'il peut les traiter jusqu'à ce qu'ils deviennent adultes et qu'ils choisissent un médicomage par eux-mêmes. Le médecin prend place derrière son bureau, et nous invite à nous asseoir en face de lui. Sur le bureau, des hochets s'entassent les uns sur les autres, à la disponibilité de n'importe quel enfant qui s'ennuierait un peu trop. Après quelques secondes de lecture du dossier de Sélène, il nous regarde avec un grand sourire.

"Hé bien on va vérifier tout ça" Dit-il, jovial, lui non plus n'a pas l'air de beaucoup s'inquiéter. Est-ce que je suis la seule personne lucide et responsable, sur cette planète ? "Rien de spécial à signaler ?"

"Non, tout va très bien" Lui répond Sirius du tac au tac.

"Parfait." Il a une de ces grosses voix un peu grasses qu'on attribut souvent aux bonhommes des campagnes, tellement cliché mais rassurante.

Le Dr Sleek prend Sélène dans ses bras, et pour une fois, celle-ci ne se plaint pas. En général, elle n'aime pas trop que des étrangers la prennent dans leur bras, elle a même encore du mal avec Peter. Il l'emmène dans une petite salle à côte de celle où nous nous trouvions, et nous le suivons. L'angoisse est de plus en plus présente, mais je m'efforce de faire bonne figure. Il pose alors la petite sur une sorte de balance, puis la mesure. Il a l'air parfaitement satisfait, jusqu'à ce qu'il aille la mettre dans l'eau.

"Elle mesure 65 centimètres pour 7.2kg, c'est parfaitement normal pour son âge." En voyant notre étonnement à voir Sélène plonger dans un bain, il répond avec un sourire "Votre enfant n'a aucun symptôme d'un hybride, ne vous faites plus de soucis. Le médicomage qui vous traitait, Mlle Sorn, lorsque vous étiez enfant, a noté dans votre dossier que vos pupilles se dilataient dès que vous preniez votre bain. C'est comme ça que vos parents s'étaient aperçu que quelque chose n'allait pas."

Le soulagement qui m'envahit me donne presque envie de pleurer. C'était donc aussi bête que ça ? J'aurais très bien pu vérifier son état moi-même, à chaque bain, au lieu de faire toutes ces cérémonies. Ma petite fille grandit normalement, et elle n'aura aucun problème de santé. Elle sera grande, belle, intelligente, et surtout elle vivra très longtemps. Je ne sais pas comment expliquer à quel point je suis rassurée. C'est presque mieux que le jour de l'accouchement, car cette fois non seulement je vois ma fille me sourire et baragouiner, mais en plus je suis certaine qu'elle est en bonne santé.

"La vue et l'ouïe sont également normales" Précise-t-il.

Quelques minutes plus tard, alors que Sélène, agacée, commence à sangloter, il me demande de la rhabiller. Tout va bien. Je lui remet à nouveau une couche propre, et elle se laisse remettre sa petite robe sans demander son reste. Je lui donne sa sucette pour la calmer, et elle finit par s'endormir dans les bras de son père, alors que nous discutons toujours avec le médicomage.

"Je suppose qu'elle n'a pas encore montré de signe de magie" Dit-il

"Non, c'est vrai. La seule chose que nous avons remarqué date d'il y a quelques mois, il pleuvait encore. Ses volets claquaient à cause du vent, et avant que nous ne les avions attachés, ils se sont subitement arrêtés." Expliqua Sirius. Ce jour là, je m'en souviens, il s'était mis à crier à tout va qu'avec un talent aussi précoce, sa fille deviendrait sûrement une des plus grandes sorcières de notre monde, et il voulait même lui acheter une baguette sur le champ.

"Hé bien tant mieux, vous êtes donc sûrs qu'elle ne sera pas une Cracmol. Si aucune magie ne se manifeste plus, ne vous inquiétez pas, elle n'apparaît en général qu'entre douze et vingt-quatre mois, chez la plupart des sorciers."

En sortant de la clinique, le coeur beaucoup plus léger, Sirius et moi avons transplané une nouvelle fois, jusqu'à notre lieu de rendez-vous avec Lily et James. J'aurais sans doute préféré passer l'après-midi seul avec Sirius et notre fille, mais depuis que James est le parrain de la petite, il exige de la voir au moins trois fois par semaine. Je ne me suis pas particulièrement attachée aux maraudeurs, c'est vrai, mais je dois avouer que lorsque Sirius se retrouvera seul avec Sélène, je pense qu'ils lui seront d'un grand soutient, et rien que pour cela, je ne peux pas l'éloigner d'eux.

Lorsque nous arrivons, ils sont déjà installés, sur un plaid. Nous avions choisi le bord d'un lac pour nous rejoindre. Je n'aime pas trop les promenades en ville, ni faire les magasins, et au moins ici Sélène peut bourlinguer d'un coin à l'autre sans risquer de se faire tuer. Un gros panier d'osier est décarcassé à côté de Lily. A ce que je vois, ils ont passé le déjeuner ici, et s'en sont donné à coeur joie. James se lève, prend son meilleur ami dans ses bras, puis se tourne vers celle qu'il aime tant, sa "petite nièce", comme il l'appelle.

"Comment va ma petite filleule, alors ?" Demande-t-il, presque plus soucieux que ce qu'avait été Sirius.

"Tout va bien, elle est parfaitement normale." Affirme Sirius en me jetant un regard de je te l'avais bien dit. Je fais rouler mes yeux. Tout cela est tellement parfaitement parfait que ça semble louche...