Bonjour à tous :)

Voici un petit cadeau qui a vu le jour grâce à MaRiiellou, qui, dans une review, me demandait plus de détails sur la relation Blaise/Ginny. Elle m'a incité à écrire cet OS, et puisque j'aime tous mes reviewer lol, je me suis exécutée^^
J'espère que vous l'aimerez :)

ps : Si vous ne bous souvenez plus d'une quelconque histoire entre ces deux là, c'est normal^^ Elle a juste été évoqué rapidement dans le chapitre 20, après l'excursion d'Hermione dans les souvenirs de Drago.


Dis-moi…


Les bras chargés d'un lourd plateau, Hermione avançait prudemment dans l'herbe tendre du jardin pour ne pas perdre l'équilibre. Le soleil lui fit plisser les yeux lorsqu'elle regarda les deux silhouettes qui volaient haut dans le ciel. Elle avait pourtant dit à Drago de ne pas monter si haut ! Mais d'après les rires qu'elle entendait, Alaric devait être aux anges que son père ne l'ait pas écoutée, une fois de plus. À certains moments, Drago lui faisait penser à un vrai gamin quand il était avec son fils.

Hermione posa le plateau sur la table en fer forgé et les appela :

— Le goûter est prêt, vous venez ?

— Dans une minute, lui répondit Drago, avec un grand sourire.

La jeune femme leva les yeux au ciel et soupira en souriant. Alaric fêtait son sixième anniversaire, et à cette occasion, il avait reçu un balai volant. Drago et lui s'exerçaient depuis des heures déjà, totalement accaparés par ce sport qu'Hermione n'aimait que moyennement.

Un mouvement près du saule chantant, dont les feuilles émettaient une douce musique lorsqu'elles étaient au vent, attira son attention. Il s'agissait de Blaise. Le jeune homme était installé au pied de l'arbre, pour profiter de l'ombre bienfaitrice qu'il lui offrait.

— Toi aussi tu as fini par abandonner ? lui demanda-t-elle en souriant.

— Oui, Drago et Al' sont inépuisables, et je pense que ce sont des moments qu'il est bon de partager seul avec son père. Et puis... nous, on profitera de tes délicieux muffins comme ça !

L'homme finit par se relever et la rejoignit à table. Hermione l'observait du coin de l'œil. Depuis sa sortie d'Azkaban, il était plus sombre, plus solitaire aussi, malgré les efforts de Drago pour lui redonner le goût à la vie.

— Alors Potter convole en justes noces à ce qu'il paraît ?

Le ton était amer, même si Blaise avait pris soin de le cacher.

— Oui, je suis contente pour eux, répondit Hermione, mal à l'aise. Jenny est vraiment très gentille.

Malgré les nombreuses fois où ils s'étaient vus, Harry et lui, il n'avait jamais réussi à apprécier le Survivant, et Hermione se doutait de la raison... Elle savait que l'homme avait aimé Ginny, sans en savoir plus, et voir Harry devait lui rappeler qu'elle avait été sa femme, et qu'elle était morte. Drago ne lui en avait pas dit beaucoup plus, ne connaissant lui-même pas toute l'histoire.

Hermione n'avait eu que très rarement l'occasion d'être seule avec Blaise, aussi, elle céda à sa curiosité et se lança...

— Je voudrais te poser une question assez personnelle... Tu n'es pas obligé de me répondre, bien sûr, mais... voilà, je voulais savoir... comment dire...

— Accouche Hermione, se moqua Blaise, malgré son air soucieux.

— Eh bien, je me demande... s'il s'est passé quelque chose entre Ginny et toi.

Hermione guetta anxieusement sa réaction. Ça faisait plusieurs années maintenant qu'ils se fréquentaient, mais une fois la question posée, elle s'était rendu compte qu'ils n'étaient peut-être pas assez intimes pour l'aborder...

La surprise, puis un peu de colère passèrent dans les yeux du brun.

— Drago t'a dit pour...

Blaise ne finit pas sa phrase, comme s'il avait trop de difficultés à dire son prénom.

— Non, enfin, oui, mais pas directement. J'ai vu... des souvenirs, et vous l'évoquiez, alors...

Une douleur fugace transparut sur son visage, et l'espace d'un instant, Hermione crut qu'il allait rester silencieux, mais il se mit à parler :

— Oui, et non, c'est compliqué.

Un sourire triste avait point sur son visage et il sembla parti dans ses souvenirs. Sans aucun effort, il se retrouva des années et des années en arrière, dans le train qui les conduisait à Poudlard, lors de leur sixième année.

Il avait été convié par Slughorn, le nouveau prof de potions, dans l'un des compartiments du train, pour prendre une collation. Pour son plus grand déplaisir, il s'était retrouvé entouré d'abrutis, comme Londubat, Belby, Potter... Les présentations n'étaient pas encore finies qu'il avait décidé de décliner l'invitation, faisant fi des conséquences qu'un tel affront aurait sur son année scolaire, lorsque, cachée par l'énorme ventre du professeur, il l'avait vue.

Bien sûr, comme pour les autres, il ne l'avait pas saluée lorsque le professeur l'avait présentée, ce qui n'avait surpris personne, les Serpentard et les Gryffondor se détestant par principe. Pourtant, elle, elle était à part. Elle avait quelque chose qui intriguait Blaise, et trop peu de personnes pouvaient se vanter d'avoir cet effet sur lui ; c'est pourquoi il avait décidé de rester.

Depuis l'année dernière, il l'observait. Tantôt, douce et timide, voire effacée, pour finir par s'affirmer, que ce soit en magie ou avec les garçons... Comme son caractère, son physique avait évolué, et il s'était pris à plusieurs reprises à observer ses cheveux soyeux prendre une teinte de feu lors des journées ensoleillées, lorsqu'elle parcourait les airs au cours des matches de Quidditch.

Lorsque Slughorn en était venu à vanter les mérites de Harry Potter, Blaise n'avait pu s'empêcher de laisser son scepticisme s'exprimer en faisant un rire amusé.

« Oui Zabini, parce que toi, tu as tellement de talent pour faire ton malin... »

Ginny l'avait dévisagé avec un regard noir. C'était la première fois qu'elle s'adressait à lui, et on ne pouvait pas dire que l'échange eut été cordial... Il allait répondre lorsque le professeur s'était gaussé, et lui avait conseillé de se méfier de sa parfaite exécution du sortilège Chauve-Furie.

Au final, il s'était contenté de la toiser avec mépris.

Fougueuse, comme un animal sauvage. Il s'était pris à imaginer un autre domaine dans lequel elle pourrait exprimer sa fougue, et avait fini par détourner les yeux pour cacher son embarras.

La réunion avait été interminable, et il était de mauvaise humeur. Pas qu'il se fût attendu à autre chose, mais il n'avait jamais supporté qu'on le brave, et encore moins lorsque ça venait d'une fille... De retour à son compartiment, son humeur n'avait fait qu'empirer lorsqu'en refermant la porte, il avait perdu l'équilibre et avait atterri sur les genoux de Goyle, qui l'avait repoussé sans ménagement. Il n'avait pas envie de parler, mais Drago voulait savoir ce qu'il avait fait. Il avait raconté en détail ce qu'il s'était passé, en taisant l'épisode « Ginny » et en gardant un ton neutre. Malgré ça, la conversation avait pris un tournant qu'il aurait préféré éviter, lorsque Pansy, encore et toujours, s'en était mêlée.

« Il y a plein de garçons qui l'aiment bien, même toi Blaise, tu dis qu'elle est jolie, et tout le monde sait à quel point il est difficile de te plaire... »

Pourquoi cette simple remarque l'avait-elle mis dans un état pareil ? Il avait l'impression d'un secret révélé, de quelque chose de dérangeant, sans arriver à mettre le doigt dessus. C'était quelque chose comme un sentiment de colère en pensant à la réflexion de la jeune fille, et un autre, de satisfaction, comme une preuve qu'elle était à la hauteur... Il savait juste qu'il voulait changer de sujet.

« Je ne toucherai jamais à une fille qui a ignoblement trahi son sang, même si elle est jolie », avait-il affirmé avec froideur.

Pansy avait eu l'air satisfait, les autres avaient changé de sujet, il pouvait alors se décrisper.

oOo

Comme s'il était gêné d'avoir dévoilé des choses personnelles et qui pouvaient passer pour futiles, Blaise sourit à Hermione. La nostalgie voilait ses traits, mais il semblait malgré tout heureux après cette incursion dans son passé.

En lui proposant une tasse de thé fumant, elle l'enjoignit à continuer, ce qu'il fit.

Les yeux rivés sur la vapeur qui s'échappait de sa tasse, il replongea dans la suite de son histoire.

Ça ne lui arrivait que très rarement, mais ce jour-là, il était en retard à son cours de sortilèges. Mais pas question pour lui de se mettre à courir dans les couloirs comme un Poufsouffle de première année ! Non, il marchait nonchalamment, comme d'habitude, contrairement à quelqu'un dont les bruits de pas précipités résonnaient à proximité. Blaise s'était moqué intérieurement de cette personne en l'imaginant les joues rouges, le souffle court, arrivant échevelée en classe et s'excusant piteusement de son retard, jusqu'à ce qu'ils entrent en collision...

— Tu ne pouvais pas faire attention, espèce d'id...

Blaise, qui s'était retourné avec humeur sur la personne qui venait de le bousculer, avait stoppé net sa phrase en voyant qu'il s'agissait de Ginny Weasley.

— Désolée ! avait-elle lancé avec humeur, sans même lever les yeux vers lui.

La jeune fille était accroupie au sol et rassemblait ses livres et feuillets qui étaient tombés lors du choc alors qu'elle les tenait dans ses bras.

Blaise était en plein dilemme... Il était en retard, elle s'était excusée de mauvais gré, elle semblait affolée devant l'ampleur des choses à ramasser et qui s'étaient éparpillées partout, il n'aidait personne, il ne lui devait rien, sa mère lui avait dit combien les hommes étaient méprisants quand ils étaient amoureux, comme des petits chiens qui remuent la queue en attendant un os, mais... il pourrait lui parler.

Après une courte réflexion, il avait récupéré les livres et feuilles les plus éloignés de la jeune fille, puis s'était agenouillé à sa hauteur et lui avait tendu.

Elle avait levé les yeux vers lui, l'air surpris qu'il soit encore là, qu'il l'aide, puis l'avait remercié, presque timidement. Blaise avait été happé par son regard. Il voulait parler, mais ne trouvait rien à dire. Tous les livres furent ramassés, et ils s'étaient relevés ensemble, face à face.

— Tu veux que je t'accompagne ? Je pourrais t'aider à les porter.

Non, il n'avait rien trouvé d'intelligent à dire, mais il ne pouvait se résoudre à la quitter, même s'il écopait d'une heure de retenue pour son retard aggravé.

— Je veux bien, c'est très gentil de ta part, a-t-elle répondu avec hésitation, ne comprenant pas le comportement du Serpentard.

Ginny avait cours de défense contre les forces du mal, et ils n'en étaient pas très loin. Tous deux restaient silencieux, c'était une situation étrange.

— Bon, eh bien... je suis arrivée, je te remercie encore.

— Tiens.

Blaise lui avait rendu ses livres, et ils étaient restés un moment à se regarder, avant que Ginny ne lui fasse signe qu'elle allait entrer en classe.

Une fois seul, il s'était senti tellement idiot qu'il avait séché son cours de sortilège.

oOo

— C'est assez étonnant.

— Qu'est-ce qui est étonnant Hermione ?

— De t'imaginer intimidé par quelqu'un, dit-elle en souriant.

Blaise sourit à son tour et bu une gorgée de thé.

— Et figure-toi que ça ne s'est pas arrangé par la suite...

Il s'empara d'un muffin et continua de raconter son histoire.

À cause de son retard, Blaise avait écopé d'une heure de colle, mais il s'en fichait. Tout ce qui comptait à ce moment précis, c'était la façon dont il s'était totalement ridiculisé devant elle. Jamais il n'avait été muet devant quelqu'un ; au contraire, c'était toujours lui qui menait la conversation, qui menait les autres. Comme Drago, il faisait partie des personnes qui étaient naturellement supérieures aux autres.

L'heure de colle devait avoir lieu le lendemain dans une des salles de permanence du troisième étage. Il espérait juste que le temps passe vite pour pouvoir participer à l'entraînement de Quidditch avec les autres Serpentard. Lorsqu'il était entré dans la salle, elle était là. Il l'avait fixée, bêtement, et elle lui avait répondu par un sourire chaleureux. Blaise s'était alors détendu.

— Rogue ?

— Oui, il n'apprécie pas les retards, avait-elle répondu en grimaçant. Et toi ?

— Pareil en ce qui concerne Flitwick. Il ne me restait qu'un quart d'heure de cours de toute façon, c'était inutile d'y aller.

— Oh ! Je... je suis désolée, j'ignorais que tu étais toi-même en retard, tu avais l'air si calme. Sans ça, je n'aurais pas accepté...

— Non, ça m'a fait plaisir, s'était-il empressé de dire.

Ils étaient restés tous les deux silencieux quelques minutes, puis voyant que Blaise était habillé avec ses vêtements de Quidditch, Ginny avait entamé la conversation sur le nouvel attrapeur de Poufsouffle, et ils avaient discuté plus longtemps que leur heure de colle, tant ils avaient été emportés par leur conversation.

Au moment de se quitter, Ginny lui avait avoué qu'elle le trouvait sympa et drôle, et lui, il la trouvait parfaite.

oOo

— Après ça, j'ai tout fait pour la voir le plus souvent possible. On s'entendait très bien, elle avait l'esprit vif, un humour acéré et un sens de la repartie à toute épreuve.

— Mais, quelqu'un d'autre le savait ? Je veux dire, j'étais amie avec elle, et jamais je n'ai soupçonné votre amitié, s'étonna Hermione.

— Au début, je m'arrangeais pour la rencontrer, fortuitement tu t'en doutes, dans les couloirs. J'ai toujours été quelqu'un de secret, et apparemment, elle aussi. Ça nous convenait, c'était notre histoire, et nous n'avions pas à la partager.

— Et après ? demanda Hermione, avec une curiosité grandissante.

— Après, tout s'est compliqué... C'était lors d'une des soirées du club de Slug. Je n'en ratais pas une, parce qu'elle aussi y était conviée, mais ce jour-là, elle n'était pas là. Je ne pensais pas la voir, quand elle est finalement arrivée. Elle avait les yeux rougis d'avoir trop pleuré. Je bouillais d'en connaître la raison, quand d'un coup, Potter s'est levé, coupant court à ma réflexion.

Il la regardait avec des yeux de poissons frits, et j'ai compris. Je me fichais des gars avec lesquels elle sortait, parce que je savais qu'ils n'étaient rien pour elle, qu'ils ne faisaient pas le poids. Mais ce n'était pas pareil avec le Survivant, l'Élu...

J'ai eu envie de hurler, de partir, de tout casser, mais tout espoir n'était pas perdu, après tout, elle ne parlait presque jamais de lui, alors, pourquoi m'inquiéter ?

Je devais aller la voir, la consoler, tenter ma chance... Alors, dès que la réunion fut finie, j'ai sauté sur l'occasion. Potter était resté auprès du prof, et les autres étaient repartis. Je l'ai retrouvée plus loin dans le couloir, elle se rendait à son dortoir.

Blaise but une gorgée de thé, agité de tics nerveux, comme s'il revivait la scène, puis il replongea dans ses souvenirs.

— Ginny, attends ! Dis-moi ce qui s'est passé. Si c'est l'autre con qui est responsable, je lui jette un sort et...

— Non, ce n'est pas Dean, enfin, si, c'est à cause de lui, mais ce n'est rien, je t'assure. Nous ne sommes plus ensemble, c'est tout.

Elle lui avait souri, un sourire triste qui pourtant se voulait rassurant, et il avait fondu. Sans même s'en être rendu compte, il avait tendu la main et avait glissé une mèche de cheveux derrière son oreille avant de lui caresser la joue de son pouce.

— Blaise...

— Chut, ne dis rien.

Il avait avancé doucement son visage et déposé ses lèvres sur les siennes, mais elle l'avait doucement repoussé. Blaise l'avait regardée avec incompréhension, et frustré, il lui avait demandé pourquoi.

« Je... »

Visiblement, elle ne savait pas comment lui expliquer. Il avait réfléchi à toute vitesse pour comprendre sa réaction, après tout, ils s'entendaient si bien, alors pourquoi ? Mais le visage de Potter s'était alors imprimé dans son esprit.

— C'est lui ?! C'est à cause de Potter n'est-ce pas ? En fait, tous ces mecs avec qui tu es sortie, s'était en l'attendant lui, n'est-ce pas ?

Blaise l'avait empoignée par les épaules et la secouait brusquement, il ne pouvait pas y croire.

oOo

— Elle a baissé les yeux et est restée silencieuse, j'avais ma réponse. Tu te doutes bien que je n'ai pas réagi très posément. J'étais tellement en colère, j'avais si mal... Je suis parti sans plus un mot, et durant des mois, je l'ai évitée. Mais bien qu'elle ait été par la suite officiellement avec Potter, je ressentais malgré tout un manque et une envie de la voir, de lui parler, qui me faisait presque mal. Surtout lorsque je croisais son regard empli de regrets. Cependant, j'étais fier et stupide, alors je n'ai pas essayé d'arranger les choses. Ma mère avait comme précepte qu'un homme qui s'abaisse devant une femme n'est qu'un moins que rien ; tu connais sa réputation...

Hermione acquiesça l'air gêné et il continua :

— L'année scolaire s'est finie sans que nous nous reparlions, puis la septième année a commencé, et avec elle, la guerre. Tu te souviens de l'attaque qui a eu lieu à Pré-au-lard ? Tout Poudlard était en effervescence, les élèves criaient, courraient, et s'enfuyaient. J'ai alors pris conscience que je ne la reverrai sans doute jamais, et ça m'était insupportable. Je suis donc parti à sa recherche, et alors que je perdais espoir, je l'ai vue. Elle était en train de fuir, accompagnée de quelques autres filles. Je l'ai poursuivie et l'ai retenue par le bras. Sur le moment, ses yeux ont exprimé de la peur, mais aussi une farouche volonté, une force sans nom. Je ne l'en ai aimée que davantage. Elle a consenti à s'arrêter, et je l'ai conduite dans le premier endroit vide à proximité.

Blaise ferma les paupières et il se revit à l'époque, il ressentait encore la terreur ambiante, et la peur qui lui étreignait le cœur, la peur de la perdre...

— Ginny... Je suis désolé, je ne veux pas te perdre, pas comme ça.

— Blaise, il faut qu'on parte, les Mangemorts envahissent le château !

Bêtement, Blaise se pensait en sécurité. Il n'était pas Mangemort, mais il le deviendrait probablement, c'était dans l'ordre des choses, et il pensait que Ginny ne craignait rien, puisque lui l'aimait... Malgré ça il ne pouvait pas risquer de lui faire prendre ce risque, il fallait qu'il se dépêche, qu'il lui dise ce qu'il avait sur le cœur, avant qu'elle ne parte à jamais.

— Écoute-moi ! Je... je sais que j'ai gâché notre amitié, et je suis vraiment navré, mais il faut que tu saches que, je t'aime. Je t'aime depuis des mois, et...

Ginny ne lui avait pas laissé le temps de finir sa phrase. Elle avait plaqué ses lèvres sur les siennes, et avait passé ses bras autour de son cou pour se rapprocher au plus près de lui. Blaise avait répondu avec ardeur à ce baiser, passant ses doigts dans ses cheveux, et s'enivrant de son parfum... Ce fut elle qui mit fin à leur étreinte. Ils étaient là, la respiration saccadée, et le souffle court.

— Je sais, mais je dois y aller... Laisse-moi y aller, Blaise.

Il avait glissé une mèche de cheveux derrière son oreille, et laissé son pouce lui caresser la joue... Puis il avait baissé les yeux et elle avait disparu. Il se rappellerait toujours de leur baiser, et de ses yeux, emplis de larmes, lorsqu'elle était partie.

oOo

— Je pense qu'elle m'aimait aussi, mais elle l'aimait plus, et trop de choses nous séparaient, mais si seulement j'avais été là ce jour-là...

Sa voix se brisa, il évoquait le jour où elle avait été capturée et torturée. S'il avait été là, il l'aurait sauvée, Hermione n'en avait pas le moindre doute. Elle était bouleversée par la peine qui se lisait dans ses yeux, et par l'amour qu'il, manifestement, lui portait toujours. Mais elle n'avait aucun mot pour le réconforter, aussi, elle se contenta de poser sa main sur la sienne et de la serrer.

— Merci.

Hermione lui répondit par un signe de tête. Elle ignorait s'il la remerciait de l'avoir écouté, ou de l'avoir réconforté, ou encore, de lui avoir permis de se libérer un peu de ses souvenirs trop lourds à porter. Peut-être qu'il se sentirait moins seul après s'être confié.

— Hum... J'espère que vous n'avez pas fini tous les muffins ! s'exclama Drago en s'installant près d'eux avec Alaric.

— Non, mais c'est tout ce que tu aurais mérité, je trouve que ta minute a été un peu longue, rétorqua Hermione en fronçant les sourcils de mécontentement, avant de faire un large sourire.

— Qu'est-ce que je peux faire pour me faire pardonner ? demanda Drago en feignant une extrême contrition, ce qui fit rire Hermione.

— Pas la peine de faire le malin, je finirai bien par trouver !

Blaise et Drago sourirent tandis qu'Alaric portait toute son attention sur les gâteaux qui remplissaient le plateau.

— En attendant, je peux t'offrir un acompte, continua Drago en se penchant sur Hermione pour lui voler un baiser.

Après avoir entendu la triste histoire de Blaise et Ginny, Hermione se sentait presque coupable d'éprouver autant de bonheur d'être avec Drago. Elle croisa son regard et lui sourit tristement, comme pour s'excuser, mais Blaise lui répondit par un clin d'œil, comme s'il savait à quoi elle pensait. Décidément, Blaise était quelqu'un de vraiment mystérieux.

FIN

Et voilà :)
Encore merci à MaRiiellou pour avoir accepté de corrigé cet OS

20/02/13