Un an et demi que cette fic existe, et je crois que je commence déjà à avoir un petit sentiment de nostalgie en repensant à ses débuts. Je pense évoluer à chaque fois un peu plus avec elle et ne peux que vous remercier pour continuer à me lire. Je peux déjà vous dire que nous sommes largement à la moitié de l'histoire. Même si je ne sais pas encore quand elle finira, je peux vous dire qu'on se rapproche de plus en plus de la fin.

Pour ce chapitre, j'ai été inspirée de cette musique : Sad Epic Emotional Music - Farewell Life. Si vous voulez écouter. Il y a aussi une petite chanson, je vous donnerais son titre en fin de chapitre.

Bonne lecture !

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Chapitre 24

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Tom le regarda, les yeux songeurs. Et il resta là, désorienté, pendant un temps qui sembla être des heures, à regarder le visage endormi de son nouveau compagnon.

Quelques minutes auparavant.

Draco entra en trombe dans sa chambre et jeta sa lampe de chevet contre le mur. Une vague de parfum le percuta de plein fouet, l'obligeant à se boucher le nez. L'odeur délicieuse qui s'échappait du premier étage était insupportable pour leur démon intérieur, les poussant à vouloir assouvir leur soif.

Il avait l'impression de devenir fou. Blaise était lui aussi sorti du manoir tellement ses sens étaient attirés par le propriétaire de cette odeur. Malheureusement pour les deux créatures, une aura sombre et effrayante les empêchait d'approcher la chambre. Celle-ci leur donnait des frissons, les mettant en garde d'avancer. Jamais ils n'avaient senti quelque chose d'aussi envoûtant. Alors Blaise était sorti et Draco s'était réfugié dans sa chambre, espérant calmer leurs pulsions. Le basané était à deux doigts de se transformer et il voulait plus que tout empêcher ça. Draco, lui, ne parvenait pas à s'éloigner de son manoir tellement le parfum l'attirait.

Il allait hurler sa rage, quand une alarme se déclencha dans le manoir, l'avertissant qu'un étranger s'était introduit dans l'enceinte de sa demeure. Déjà remonté, il se dirigea vers l'entrée avec une vitesse affolante. Sa colère s'amplifia. Il allait tuer la personne qui s'était permis d'entrer chez lui sans autorisation.

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L'alarme réveilla Harry et Tom qui se précipitèrent rapidement vers la chambre d'Annah et Buck. La jeune fille, en le voyant pour la première fois depuis leur séparation sur le bateau, courut dans ses bras. Les larmes se déversaient sur ses joues.

- Tu es revenu !

- Oui, je suis là à présent...

Harry la porta, tout en prenant la direction de la porte du manoir. Il espérait simplement qu'ils n'auraient pas à faire face à de nouveaux démons. Ils étaient tous beaucoup trop épuisés pour ça. Ils tombèrent rapidement sur Draco et Blaise, qui en les voyant arriver, se mirent à fixer Harry d'une lueur qu'il n'avait pas encore vu dans leurs yeux. Avait-il fait quelque chose de mal ? Tom derrière lui savait pertinemment la raison de leur changement d'attitude. Il leur offrit son regard le plus intimidant, les faisant baisser le regard.

- Que se passe-t-il ? Questionna le brun, complètement inconscient de ce qui se passait autour de lui.

- Quelqu'un s'est introduit chez moi, grogna Draco, ayant encore du mal à se reprendre.

L'effluve avait diminué, mais restait tout de même présente dans l'air.

- Aucune idée de qui cela pourrait être ?

Draco n'eut pas le temps de répondre que la porte s'ouvrit à la volée, faisant sursauter Harry et Annah. L'orage dehors grondait. Les battants laissèrent passer plusieurs loups géants.

Le blond fronça les sourcils. Harry s'était reculé devant les bêtes. Annah se cacha dans son cou, terrifiée, le souvenir de la mort de ses parents toujours gravé dans sa mémoire.

L'un des loups s'avança trempé, les faisant une nouvelle fois reculer et se transforma en une petite femme aux cheveux roux et aux yeux marron. Celle-ci n'avait rien de terrifiante. Elle semblait plutôt extrêmement douce. Alors que les autres loups restaient derrière elle, elle regarda Draco épouvantée, les yeux remplis de larmes.

- Nous avons été attaqués… Les chasseurs sont de plus en plus nombreux et nous ont surpris durant la nuit. Ils sont au courant que nous nous sommes liés à ta famille.

Draco grogna dangereusement à cette nouvelle.

- Cela risque d'être problématique.

- Que se passe-t-il ? Demanda Harry, dirigeant l'attention sur lui.

La femme qui tourna ses yeux marron sur lui, les écarquilla en tombant sur la petite fille dans ses bras.

- Est-elle… ?

- Oui, coupa aussitôt Draco.

Harry, qui ne comprenait pas ce qu'il se passait, resserra ses bras autour du corps frêle. Tom s'était mis entre lui et les loups dans une position défensive.

Draco soupira.

- Ne vous inquiétez pas, ce sont des alliés.

La petite dame tendit la main et se présenta.

- Enchantée, je suis Molly Weasley et ces loups sont ma famille.

- Enchanté, répondit Harry en lui serrant la main. Son instinct lui disait qu'il pouvait faire confiance à cette drôle de dame. Je m'appelle Harry et voici Annah, Buck et Tom. Je suis désolé mais Annah a vécu des choses douloureuses à cause d'un loup-garou. Si vous pouviez prendre ça en considération.

- Bien sûr, souffla la Molly, les yeux tristes à cette nouvelle.

- Qui sont les chasseurs ? Osa-t-il demander en regardant Draco.

Ses capacités d'adaptation le surprenaient toujours.

Le maître des lieux soupira.

- Je vais tout expliquer, mais allons nous mettre au chaud avant que mon hall n'empeste le chien mouillé.

Cela provoqua le grognement désapprobateur des dits « chiens ».

Le salon paraissait beaucoup plus petit après que tout le monde s'y soit réfugié. Les loups avaient tous repris leur forme humaine, voyant à quel point ils terrifiaient la petite fille présente. Et ce fut avec surprise qu'Harry apprit que les loups pouvaient se transformer tout en gardant leurs vêtements sur eux. Blaise leur avait apporté plusieurs serviettes, leur permettant ainsi de se sécher un peu. Ils étaient sept en tout, dont six têtes rousses. C'était assez perturbant à quel point ils se ressemblaient.

- Je vous présente les Weasley. Ce sont des loups garous, habitant sur le territoire des Malfoy depuis quelques années maintenant. Le pacte de nos familles a en revanche été fait il y a plus d'une décennie.

Molly leur offrit un sourire rassurant.

- Voici Ronald, mon plus jeune fils, Bill mon fils ainé et sa compagne Fleur Delacour, mon mari Arthur, et les jumeaux Fred et Georges.

Harry répondit à son sourire, apportant une lueur d'étonnement dans les yeux de la louve.

- C'est étrange, j'ai comme qui dirait l'impression de t'avoir déjà rencontré, même si je sais que ce n'est pas le cas. Quel est ton nom ?

Harry rougit légèrement sous l'attention dont il faisait preuve.

- Harry Po-

Il n'eut pas le temps de finir que Tom le coupa.

- Cela importe peu ! Pour l'instant, ce qui est important est de savoir comment des chasseurs ont réussi à se rendre aussi loin sur des terres soit disant sacrées.

Draco remarquant le regard curieux d'Harry, répondit à sa question muette.

- Des scientifiques connaissent l'existence du surnaturel. Ils chassent les créatures pour les étudier. On les fuit depuis déjà près de 500 ans. Les humains ne sont pas tous ignorant de notre monde.

- Que viennent-ils faire sur ce territoire ?

- Ils semblent que quelqu'un nous ait vendu, parla pour la première fois Ronald si Harry se souvenait bien.

- Cela nous donne d'avantage de raison de nous camoufler de la vue du monde, continua Blaise.

Harry ferma les yeux. Il ne pensait pas que des humains se servaient des êtres surnaturels comme expérience.

- Ce n'est pas tout…, grogna Bill en colère, Ginny a été enlevée…

- Quoi !? Et vous ne nous dites cela que maintenant ?! S'écria Blaise.

- Qui est-ce ? Demanda Tom, pas vraiment intéressé par la réponse.

- Notre enfant.

Harry connaissait à présent la raison pour laquelle Arthur paraissait si anxieux. L'homme n'avait pas dit un mot depuis son arrivée.

- J'ai besoin de ton aide pour la retrouver. Si nous devons prendre d'assaut leur centre, nous n'y arriverons pas seuls.

Draco grinça des dents.

- Je vous dois quelque chose certes, mais n'oubliez pas que nos familles se détestent depuis des générations. Je ne suis pas prêt à risquer de tout perdre.

- Je t'en supplie ! Ta dette sera terminée après ça, mais pitié, aide-nous à la sauver !

- Tu sais que je ne peux rien faire sans quelqu'un d'expérimenté sur leurs méthodes !

- Ce ne sera pas la peine de t'en inquiéter Draco, je pense pouvoir vous aider, intervint une voix forte derrière eux.

Harry écarquilla les yeux en reconnaissant la voix avant même de se retourner.

- Hermione ?

La brune était à seulement quelques pas. Harry avait l'impression de ne pas l'avoir vu depuis une éternité.

- Hermione !

Harry courut prendre sa meilleure amie dans son bras gauche, en tenant toujours fermement Annah de l'autre.

oOoOo

- Comment vas-tu mon gros boulet ?

- Tu m'as maqué Mione ! Des larmes coulaient de ses joues. Il s'était tellement inquiété pour elle ces derniers mois qu'il avait cru en mourir d'inquiétude. Que fais-tu ici ?

- L'endroit dont je te parlais, qui était assez sécurisé pour que je puisse m'y cacher, se trouve être le Terrier des Weasley. Malheureusement, il est protégé des êtres surnaturels, mais pas des humains. Durant mon séjour chez eux, j'ai réussi à éjecter la présence de l'Homonculus en moi.

- Contente de te revoir parmi nous Hermione.

La brune fixa son regard sur Tom qui la regardait avec soulagement. Contrairement à ce qu'il voulait faire croire, Hermione était la première personne à l'avoir accepté dans sa famille, sans le juger. Et malgré que les sorciers l'aient abandonné, elle était restée sa sœur adoptive.

- De même Tom. Merci d'avoir protégé Harry durant mon absence.

La sorcière s'avança au milieu de la pièce, le visage dur.

- Je peux vous aider à pénétrer dans l'enceinte du bâtiment, mais pour cela, il faut que l'un d'entre vous s'y infiltre pour que je puisse annuler la barrière anti-démons, qui ne nous permet pas d'entrer.

Les regards conversèrent automatiquement sur Harry, dont l'héritage surnaturel ne s'était toujours pas réveillé.

- C'est encore moi qui vais devoir m'en charger ? Soupira-t-il.

Hermione le regarda avec compassion.

- Désolé Harry, je crois que cette fois-ci, tu es le seul à pouvoir t'en occuper.

oOoOo

Harry et Hermione s'étaient enfermés dans une des chambres pour pouvoir parler un peu seul à seul. Ils avaient besoin d'un peu de temps pour eux.

- Tu m'as vraiment manqué 'Ry. Comment tu vas ? Tu arrives à surmonter tout ça ?

Elle semblait réellement inquiète pour son amie.

- Il le faut. Au moins je ne suis pas tout seul. J'ai rencontré beaucoup de gens bien qui n'ont pas hésité à nous aider quand on en avait besoin.

- Et je vois que tu as réussi à dompter le mauvais caractère de notre cher Tom ?

Harry la regarda surpris. Elle lui lança un regard rempli de sous-entendu. Il sourit, c'était bien sa Hermione, toujours aussi perspicace. Elle ne venait même pas d'arriver depuis quelques heures et Harry ne pouvait toujours rien lui cacher.

- On dirait bien oui. Mais il n'y a pas que lui que j'ai appris à apprivoiser.

Hermione ne dit rien.

- Tu savais ?

Celle-ci resta muette.

- Tu savais pour ses personnalités et tu m'as rien dis ?

- Ce n'était pas à moi de le faire. Tom n'aime pas qu'on parle de ses secrets.

Le brun comprenait très bien. Tom était comme ça, il préférait cacher ses problèmes plutôt que demander de l'aide.

- Peux-me raconter l'enfance de Tom ?

- Harry… soupira la brune, tu sais que ce n'est pas à moi de le faire.

- S'il-te-plait Mione, je veux l'aider.

Elle fixa un moment ses yeux suppliants avant de soupirer à nouveau. Harry savait qu'il avait gagné.

- Le jour où mes parents ont ramené Tom à la maison, ils savaient déjà qu'il n'était pas humain. Des choses étranges se déroulaient dans son orphelinat alors les Granger ont été envoyé par l'Ordre du Phénix, des sorciers qui protègent les humains du monde obscur, dans le but de découvrir l'origine de ces événements. Il faut savoir qu'à l'époque, c'était inimaginable pour la société sorcière que les humains soient au courant de notre existence. Cet ordre n'existe plus aujourd'hui, il a été détruit.

- Et Tom était-il la cause de ces… évènements ?

- Pas tout à fait, il faut savoir que les Mages et les sorciers sont très différents. Les démons, ou fantômes sont plus attirés par les mages malgré que ceux-ci les capturent. Alors Tom n'était pas vraiment l'origine de ces évènements, il attirait simplement inconsciemment le surnaturel dans le bâtiment. Mes parents ont su dès qu'ils l'ont vu qu'il était différent et ont décidé de l'adopter. Ma famille l'a élevé comme l'un des nôtre, permettant à Tom la maîtrise de sorts assez simples. Cependant, on ne peut réussir à changer la nature de quelqu'un. Malgré tout ce que mes parents ont essayé, Tom restait un Mage, et à force de restreindre ses pouvoirs, il a fini par devenir de plus en plus incontrôlable. Ses personnalités ont commencé à se multiplier. C'était la façon dont son corps essayait de retrouver un certain équilibre. Tom a vécu une vie difficile même avant de nous rejoindre alors sa condition n'a pu qu'empirer et finalement a fini par le rendre fou. Un jour, alors qu'un homme tentait d'enlever un petit garçon du voisinage, Tom pour le protéger, a libéré ses pouvoirs de sorciers et inévitablement sa force de mage, détruisant totalement le parc et tuant l'homme. Les sorciers ont essayé de régler le problème, commençant d'abord par effacer la mémoire des témoins, y compris du garçon. Ils ont ensuite banni Tom de la société sorcière, posant un sortilège sur lui pour bloquer ses pouvoirs de sorciers et tenter d'amoindrir sa force de Mage.

- Mais ce n'était pas de sa faute, si on l'empêchait d'être lui-même !

- Je sais bien, mais je ne pouvais rien faire ! Nous n'étions que des gamins ! Je ne l'ai jamais abandonné malgré l'interdiction de mes parents. Je ne pouvais pas le faire ! Il était comme un frère pour moi…, finit-elle d'une petite voix. Depuis, il fait une sorte de blocage sur ces évènements. Je ne suis même pas sûre qu'il se souvienne qu'il a tué pour protéger quelqu'un, et non de sang-froid. Il s'en veut tellement qu'il n'ose plus utiliser ses pouvoirs de Mage. Il s'en veut tellement… qu'il s'est reclu au milieu d'une forêt pour ne plus faire de mal à personne…

Harry sentit une douleur immense le prendre à ses mots.

- Mais ce n'est pas tout, rajouta-t-elle, la voix tremblante. Le garçon était son seul ami, et les sorciers ont effacé toute existence de Tom de sa mémoire, comment crois-tu qu'il ait réagi ? Pour ne pas souffrir, Tom s'est forcé à oublier lui aussi, mais moi je m'en souviens et je me suis juré de garder un œil sur son protégé. Harry… murmura-t-elle en larme, le visage rempli de culpabilité, ce garçon… c'était toi. Tu es le garçon que Tom a protégé ce jour-là.

Le brun sentit son monde s'écrouler. Tom et lui s'étaient déjà rencontrés ? Et il l'avait oublié ? Comment avait-il pu oublier le grand brun ?

- Hermione… chuchota-t-il, le visage baissé faisant pleurer de plus belle la brune. Dis-moi la vérité, es-tu devenu mon amie par culpabilité ?

Elle qui paraissait effrayé quelques secondes auparavant, pris un visage dure.

- Jamais.

Son ton était ferme et remplie de sincérité.

- Jamais je n'aurais fait une chose pareille, reprit-elle. Pendant que je t'observais, j'ai commencé à ressentir de l'affection pour toi. J'aimais tout, ton honnêteté, ta douceur et ton courage. Si je suis devenue amie avec toi, c'est uniquement parce que je le voulais.

Harry lui sourit.

- Je ne t'en veux pas de m'avoir caché ça. Ce n'est pas toi qui m'as effacé mes souvenirs. Mais j'en ai juste marre qu'on me cache des choses. Je ne sais ni qui je suis, ni d'où je viens et pourquoi toutes ces choses m'arrivent ! Je veux juste, une fois dans ma vie, avoir les réponses à mes questions !

Hermione le prit dans ses bras.

- Je sais… murmura-t-elle mais je te promets que tout sera bientôt fini.

Quelqu'un toqua à la porte les interrompant dans leur embrassade. Ils se séparèrent à contre cœur.

- Oui ?

La porte s'ouvrit sur Tom.

- J'aimerais dire un mot à Harry avant qu'il parte.

Hermione hocha la tête et caressa la joue de son meilleur ami.

- Sois prudent.

Puis elle sortit. Harry et Tom se regardèrent un moment avant que le plus grand se rapproche de lui avec hésitation.

- Je ne suis pas trop d'accord à l'idée de t'envoyer seul là-bas. Qui sait ce qu'il pourrait y avoir de l'autre côté.

Il sourit devant l'inquiétude que montrait le plus âgé.

- Je ne resterai même pas une journée. J'ai juste besoin de gagner du temps. Ne t'inquiète pas, je serai prudent.

Et sans rajouter un mot, il quitta la pièce sous les yeux troublés du Mage. Harry n'était pas prêt à lui faire face après ce qu'il venait d'apprendre. Si Tom et lui se connaissaient réellement, alors c'était sa faute si Tom était rejeté par les siens à l'heure actuelle.

oOoOo

Le plan n'était pas si difficile en soi. Il fallait juste qu'il se fasse passer pour un garçon submergé par ses pouvoirs.

Il devait simplement jouer le jeu de l'effrayé qui ne savait pas du tout ce qui lui arrivait. Au début, tout se passa comme Hermione l'avait prévu, en revanche bien vite, tout tourna au cauchemar. Harry se retrouva entouré par des dizaines de médecins. On lui fit injection sur injection, le mettant dans un état léthargique qui lui donna l'impression de planer. Il sentit que quelque chose de froid lui être passé autour du cou, puis il perdit connaissance.

Quand il se réveilla, il était dans une salle d'examen. Ses mains étaient attachées par des menottes en fer. Paniqué, il tenta de se débattre, sans succès. Une présence à ses côtés le fit s'arrêter.

- Ne vous inquiétez pas Mr. Hartwood, nous avons seulement pris quelques précautions de peur que vos pouvoirs ne se réveillent durant l'examen. Je suis Dolores Ombrage, le docteur chargé de votre cas.

Harry frissonna en entendant son ancien nom. Cela faisait longtemps qu'on ne l'avait pas appelé ainsi. De plus, la femme qui venait de parler n'avait rien de rassurant. Son expression lui disait que cette femme n'avait rien de fiable. Elle lui rappelait beaucoup trop son oncle Vernon, qui était l'une des personnes l'ayant adopté plus jeune, puis abandonné. Elle avait une silhouette trapue et une grosse tête supportée par un cou quasi-inexistant. Sa bouche large et molle était plus hideuse encore que ses grands yeux ronds, la faisant ressembler à un gros crapaud. Mais ce qui le fit se méfier fut sa voix haut perchée.

- Nous allons t'emmener dans ta chambre.

- Que m'avez-vous fait ? J'ai mal au cou…, articula-t-il difficilement.

- Nous avons simplement scellé tes pouvoirs grâce au collier que tu portes. Tu pourras dormir tranquille à présent.

Harry grogna à cela. Si c'était ainsi qu'ils attiraient leurs victimes, ces gens étaient vraiment sans scrupules. Plusieurs personnes en blouse blanche entrèrent dans la pièce et, sous les ordres d'Ombrage, Harry fut entraîné dans un long couloir. Ils passèrent plusieurs portes avec une petite visière transparente, lui permettant de distinguer les différents patients enfermés dans l'établissement. Il tenta d'apercevoir une tête rousse parmi eux, mais sans succès. Bientôt, ils entendirent des cris et des pleurs provenant de l'une des chambres. Il s'arrêta devant celle-ci, malgré la pression qu'on exerçait sur ses bras pour le faire continuer à avancer, faisant se stopper son petit comité d'accueil.

- Que se passe-t-il ? Demanda-t-il en fronçant les yeux à la vue de la petite fille qu'on allongeait de force sur le brancard roulant. L'une des personnes tentant de la calmer, lui injecta un mystérieux produit, lui faisant perdre connaissance aussitôt. Ils l'emmènent avec eux, passant devant Harry sans faire attention à lui.

- Où l'emmènent-ils ?

- Malheureusement, soupira la femme en rose de façon dramatique, quand les patients perdent l'esprit, nous n'avons pas d'autre choix que de les emmener dans une pièce spéciale pour les rééquilibrer.

À ce mot, Harry frissonna d'effroi. Est-ce que ces gens faisaient des lavages de cerveau aux personnes surnaturelles ? Il ne put montrer sa stupeur, on le traîna dans une chambre vide entièrement blanche. Cette couleur allait véritablement le rendre fou ! Il avait l'impression que cette espèce de prison était entièrement blanche.

- Restez ici jusqu'à ce que le médecin qui vous est attribué passe vous voir.

La porte se referma sur lui et il se retrouva seul dans cet espace entièrement blanc. Il repéra d'abord les caméras. Il en compta trois en tout. Puis il chercha les endroits où il pouvait communiquer avec Hermione sans se faire repérer. Son amie avait ensorcelé sa boucle d'oreille en forme de dragon pour qu'il puisse communiquer et en même temps voir ce qu'il se passait de son côté. Il savait qu'ils attendaient son appel. Sa perte de connaissance avait dû suffisamment les inquiéter. Alors, aussi doucement qu'il le put, il sortit la photo de sa meilleure amie de sa poche et toucha sa boucle d'oreille. Parler à une photo ferait moins bizarre que parler dans le vide.

- Mione… chuchota-t-il doucement en prenant un faux air triste. Je crois que je vais enfin pouvoir me libérer de ma bizarrerie.

C'était leur code. S'il y avait réellement des micros dans la pièce, il fallait qu'il les persuade que son histoire tenait la route.

- Tu dois être morte de peur, continua-t-il, en ne quittant pas son rôle.

- Harry, oh mon dieu ! Tu vas bien ! Que s'est-il passé ? Nous avons perdu toute communication après que tu sois entré dans le bâtiment.

- Qu'est-ce que j'aimerais au moins te dire que je vais bien, continua-t-il en guettant les caméras.

- Si tu parles ainsi, c'est que j'avais raison. Tu es surveillé… ils ne te font pas confiance.

Harry réfléchit quelques secondes au meilleur moyen de prévenir Hermione sur ce qu'il se passait ici sans détruire sa couverture.

- Au moins, je ne suis pas tout seul ici… Il y en a d'autre comme moi. Il possède eux aussi des dons étranges. Il me semble que j'en ai croisé une vingtaine.

Il entendit plusieurs hoquets de stupeurs de leur côté. Harry savait qu'avec autant de créatures, il serait difficile de tous les sauver.

Soudain, Harry sentit une nausée le prendre, le poussant à se tenir la tête et coupant par cela, toute communication. La pièce tournait autour de lui. Il espérait qu'on ne lui avait pas injecté quelque chose, car il ne pourrait rien faire inconscient. Cependant, la sensation se fit plus forte, le clouant sur le lit et sans qu'il ne puisse rien y faire, il perdit connaissance.

oOoOo

Au début, il allait bien. Il faisait de son mieux pour se concentrer sur le plan malgré le fait qu'une étrange sensation avait commencé à prendre place en lui. Il ne parlait plus aux autres de peur de se faire prendre. Il tentait aussi de faire abstraction de son mystérieux évanouissement une journée plus tôt. Il savait qu'ils devaient être mort de peur depuis que leur communication avait été interrompue, mais Harry avait remarqué que les caméras s'étaient fixées sur lui depuis ce moment.

Ce cinéma dura longtemps, des heures, des jours peut-être… Il ne savait plus.

Il commença petit à petit à compter les minutes, pour ne pas perdre l'esprit. Cependant chaque soir, enfin ce qu'il pensait être le soir, il perdait connaissance. Puis se réveillait le lendemain, avec un plateau de nourriture à ses côtés, sans jamais voir la personne qui le lui apportait. Il ne voyait jamais personne, comme si ces gens tentaient de l'isoler pour lui faire perdre l'esprit ce qui devait sans doute être le cas.

Il se souvenait avoir vu à son arrivée certains prisonniers de son âge être totalement amorphe, comme s'ils avaient perdu toute raison de vivre ou ne serait-ce que l'infime espoir de sortir un jour de cet endroit. Alors qu'il repensait au plan de Draco, Hermione et Tom, les minutes puis les heures défilèrent. Et ce, chaque jour.

Et plus le temps passait, plus il commençait à devenir nerveux. Il en oubliait presque la raison de sa présence ici. Son corps était parcouru de tics nerveux qui l'inquiétaient beaucoup. Il avait l'impression qu'il allait devenir fou. Pourquoi était-il là déjà ? Était-il vraiment un monstre ? Il était seul et tout ce qu'il voyait était blanc. Était-il malade ? Où était tout le monde ? Ses amis l'avaient-ils abandonné ?

Où est Tom ? Pourquoi ne viens-tu pas me voir ?

Sa tête tournait, il sentait des vertiges le prendre, l'étouffant complètement. Si cela continuait ainsi, il allait faire une crise de panique. Il le savait, il connaissait les symptômes, il en avait eu régulièrement après la mort de Kyle.

…Kyle ? Qui était Kyle déjà ? Et Tom ? Était-ce quelqu'un de sa famille ?

Il finit totalement par oublier sa boucle d'oreille.

Il devenait de plus en plus conscient du moindre bruit, sursautant à chaque son trop brusque. Alors, c'était ainsi qu'ils lavaient le cerveau de leurs patients ? Ils les rendaient fous ? Cette pensée ramena un peu de sens dans sa tête. Tout était embrouillé, mais il ne devenait surtout pas oublier qu'il était là pour sauver quelqu'un.

Mais qui déjà ?

À bout de nerfs, il se leva et se jeta sur la porte pour appeler quelqu'un, n'importe qui du moment que ce soit un autre être humain.

Cependant, celle-ci s'ouvrit finalement sur un homme en blouse blanche. Il souriait beaucoup trop étrangement pour qu'Harry ne le trouve pas suspect. Cependant, à son plus grand dégoût, un soulagement sans nom le traversa à la vue d'une autre personne.

- Alors Harry, j'ai appris pour tes « capacités » étranges. Tu as été porté disparu après qu'une explosion soit survenue chez toi. Tes amis de l'université se sont inquiétés, tu sais ?

Harry fit l'ignorant. Une image d'Hermione le traversa, lui rappelant sa mission.

- Je suis malade n'est-ce pas ? On m'a souvent traité de monstre, est-ce que j'en suis vraiment un ? Demanda-t-il d'une voix parfaitement innocente.

- Mais tu n'es pas un monstre Harry, tu es simplement malade. Et nous, nous sommes là pour te soigner.

À ces moments, il sentit son dégoût pour l'homme augmenter.

- Je ne sais pas ce qu'il s'est passé… je dormais quand j'ai senti quelque chose au fond de moi me poussant à partir. Je ne me souviens plus…

- Humm, peut-être que le réveil soudain de tes capacités est dû au tragique événement que tu as vécu avec Mr. Grindelwald ?

À ce nom, Harry sentit son corps se tendre. Il ne devait surtout pas montrer son trouble. Il prit un visage effrayé et baissa les yeux. Il devait tout faire pour qu'ils croient en son cinéma.

- J'avais simplement peur… Je ne voulais plus sortir de chez moi. Je n'arrêtais pas de repenser à tout ça.

- Ça, je m'en doute Harry. Cela a dû être difficile pour toi, tu as perdu quelqu'un de cher, mais ne t'inquiète pas, nous allons t'aider à oublier. Bientôt, tu seras normal à nouveau et tu pourras tout recommencer.

Harry l'insulta mentalement. Ces gens étaient vraiment ignobles d'utiliser ainsi les peurs et les peines des gens pour servir leur projet abject.

oOoOo

- Hermione ! Pourquoi n'avons-nous plus de nouvelle d'Harry !? Cela va faire plus de deux semaines ! Je croyais que la barrière serait facile à détruire !?

Tom perdait peu à peu son sang-froid. Harry n'avait plus donné de nouvelle depuis le premier jour. Ils avaient beau avoir tout essayé, rien n'y faisait. Harry restait silencieux.

- Je sais déjà tout ça ! J'essaye de l'appeler, mais il ne répond pas !

Le mage tiqua. S'il ne se dépêchait pas, il avait peur de l'état dans lequel allait être retrouvé Harry.

- Tu penses qu'ils ont pu découvrir la vérité ? Murmura-t-il, la tête baissée.

- Je ne pense pas. Sinon, ils seraient déjà à notre porte. J'aurai bientôt réussi à détruire la barrière. Nous n'avons plus qu'à prier pour qu'il aille bien…

oOoOo

- Harry, as-tu réessayé d'utiliser tes pouvoirs depuis l'incident ?

- Non, enfin… je ne sais plus.

Harry n'en pouvait plus, des heures qu'on lui faisait passer un interrogatoire, mettant ses nerfs à rude épreuve. Il ne cessait de répéter la même chose encore et encore. Cet homme, le docteur Steve comme il s'était présenté, commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs.

- Allez Harry essaye de te souvenir.

- Puisque je vous dis que je ne sais pas ! Perdit finalement patience le brun exaspéré.

Le visage du docteur changea soudainement, laissant place à un regard meurtrier.

- Écoute-moi bien Harry Hartwood, si tu ne veux pas que je m'énerve, il va falloir te montrer plus coopératif.

Harry fronça les sourcils.

- Vous m'aviez promis de supprimer mon anormalité ! Vous ne m'aviez pas dit que je serai sujet à ces espèces d'examens !

Steve lui retourna un visage si effrayant qu'il sentit son corps trembler. Son ton s'était lui aussi fait menaçant.

- Bien. Puisque tu ne veux pas nous aider à te venir en aide, nous allons devoir y remédier par la force.

Plusieurs hommes en costumes noirs entrèrent dans la pièce et l'encerclèrent des deux côtés.

- Qu'est-ce que vous faites !?

Ils le forcèrent à quitter la pièce et fut transporté sur une table d'examen où on le ceintura avec des attaches, celle que l'on pouvait trouver dans les hôpitaux psychiatriques.

- Vous n'avez pas le droit ! Lâchez-moi !

L'étrange brancard fut poussé vers la porte qu'Harry se souvenait avoir vu le premier jour, là où on avait emmené la jeune fille.

Ce qu'il vit de l'autre côté le glaça d'effroi. Des dizaines de créatures étaient enfermées dans des très longs bocaux en verre, où un produit étrange les englobait.

- Tu vois Harry, c'est ce que nous faisons aux gens comme toi quand ceux-ci ne nous sont d'aucune utilité.

Choqué, il regarda l'homme qui ne l'avait pas quitté du début à la fin de sa capture avec une aversion profonde.

- Ne me regarde pas comme ça… Les gens comme toi méritent bien pire. Vous n'êtes que des monstres qui méritent seulement de nous permettre de faire avancer la science. À mes yeux, vous êtes mes expériences.

Comment quelqu'un pouvait parler d'autres êtres vivants ainsi ? Harry repensa à Tom, Hermione, Angus, Severus, Draco, et toutes les créatures qui les avaient aidé jusqu'à présent. Comment cet homme pouvait se permettre de les insulter alors que tout ce qu'ils avaient fait, c'était d'aider les humains ? Il s'en souvenait maintenant, ses amis devaient être mort d'inquiétude de ne pas avoir de nouvelles de lui. Comment avait-il pu les oublier ? Sa boucle d'oreille ! Si seulement il parvenait à la toucher alors il avait une chance de s'en sortir.

- Ces gens sont morts ? Demanda-t-il en tentant de faire diversion.

- Oui, tous les monstres ici sont morts. Ils étaient beaucoup trop incontrôlables. Et tu vas bientôt devenir l'un d'entre eux.

Harry fut emmené dans une salle à côté et fut placé en son centre. Du coin de l'œil, il aperçut des scalpels, et surtout une seringue contenant quelque chose de bizarre dont il ne voulait pas savoir le nom.

Paniqué, il essaya de ses défaire de ses liens. Cela ne provoqua malheureusement que les rires du cinglé à côté de lui.

- Maintenant Harry tu vas faire un gros dodo pour papa.

Un hoquet écœuré lui échappa aux mots du psychopathe. L'homme prit la seringue dans sa main droite et sourit sadiquement.

- Au moins tu mourras sans douleur. N'est-ce pas une preuve de bonne volonté de notre part ?

Les larmes lui montèrent aux yeux en voyant son heure arriver. Alors que l'homme attrapait son bras, une alarme se déclencha dans tout le bâtiment.

- Que se passe-t-il ?! Cria Steve, énervé d'avoir été interrompu.

- Nous sommes attaqués ! Hurla l'un des autres médecins.

- Comment est-ce possible, les barrières ne font plus effets ?

Il sortit sur ces mots en laissant Harry seul. Le brun en profita pour mettre toute son énergie sur ses liens. Ils cédèrent après un temps particulièrement long. Il entendait des explosions de l'autre côté. Il devait à tout prix trouver Ginny avant que tout cela ne dégénère.

Difficilement, il se relava. Il espérait que Ginny se trouvait au même étage que celui de sa chambre. Il sortit de la pièce en évitant chaque bruit de pas. Toutes les personnes travaillant ici avaient sans doute été mobilisées à l'entrée. Hermione avait dû enfin réussir à briser la barrière.

Il ouvrit toutes les cellules sur son passage libérant chaque prisonnier. Ceux-ci le remercièrent même si Harry était beaucoup trop préoccupé sur le meilleur moyen de sortir d'ici.

- Ginny ! Cria-t-il, finalement, avec tout ce boucan, personne ne devait l'entendre. Où es-tu, Ginny !?

- Ici ! Chambre 209 ! Répondit une voix claire, plus loin.

Harry s'empressa d'ouvrir la porte et tomba sur une jeune fille de son âge, si ce n'est un peu plus jeune. Elle était bel et bien rousse, mais ressemblait plus à sa mère contrairement à ses frères, qui tenaient plus de leur père.

- Qui es-tu ? Demanda celle-ci suspicieuse.

Harry leva les mains dans un geste apaisant, pour lui montrer qu'il ne lui voulait aucun mal.

- Tu n'as rien à craindre de moi, regarde, dit-il en lui pointant son propre collier, je suis dans la même situation que toi.

- Comment connais-tu mon nom ?

- J'ai étais envoyé par ta famille. Je te promets que tu ne risques rien avec moi. Maintenant, cours vers la sortie.

- Et toi ?

- Je vais libérer toutes les personnes que je peux trouver qui sont enfermées ici.

Ginny hocha la tête et se mit à courir.

Harry avait du mal à respirer avec le collier en fer. Il espérait seulement qu'il tiendrait jusqu'à la fin. Il finit d'ouvrir les autres cellules, même si parfois l'état des captifs laissait à désirer. Mais il ne pouvait rien y faire pour le moment, il devait quitter cet endroit le plus vite possible, alors il les poussait à fuir. Il avait un mauvais un pressentiment.

Alors qu'il s'approchait de la salle des machines pour aider ses amis, il fallut qu'il tombe sur ce foutu docteur.

Celui-ci était devant une grosse machine auquel Harry n'avait pas la moindre idée de son utilisation. Steve souriait avec une lueur de folie qui l'inquiéta fortement.

- Vous pensez que j'allais vous laisser vous enfuir ainsi ? Vous, les monstres que vous êtes ?

Harry grogna.

- Vous vous entendez parler ?! Ce n'est pas nous qui tuons sans scrupule des êtres vivants !

- Vous le méritez ! Hurla l'autre, la voix tremblante. Et maintenant je vais en finir.

Un frisson traversa le brun en voyant l'homme s'approcher d'un des boutons de la machine.

- Si on ne peut vous emprisonner, alors il suffit de vous faire disparaître.

- Que comptez-vous faire ?

- Nous faire exploser.

Ses yeux s'écarquillèrent.

- Vous êtes prêt à mourir en emmenant une vingtaine d'innocents avec vous ?! Vous êtes cinglé ! Il y a aussi vos hommes dans le bâtiment.

- Il faut parfois faire des sacrifices. Et moi, au moins, je suis humain. Cela ne tuera peut-être pas tes amis avec l'explosion, mais le feu finira le travail.

Steve appuya sur le bouton, faisant sauter la majorité de l'étage et lui avec. Harry, par il ne savait quel miracle, se retrouva protégé des déflagrations par l'un des murs en métal qui étaient tombés de manière à le protéger. Cependant, le feu commençait à se répandre à une vitesse incroyable. Il devait partir d'ici. L'explosion avait causé l'effondrement d'une partie du sol, et l'étage commençait à s'écrouler sur ceux du dessous. La fumée l'empêchait d'y voir claire. Sa gorge le faisait souffrir. Il avait l'impression que le collier devenait de plus en plus lourd. À ce rythme-là, il n'irait pas bien loin. Il se rendit vite compte que les escaliers menant à l'entrée étaient trop endommagés pour qu'il puisse ne serait-ce qu'y mettre un pied. Son seul moyen de sortie restait à présent l'escalier de secours qui menait à la forêt. Une explosion plus forte cette fois-ci se fit entendre tout près de lui, sans doute causée par la propagation du feu.

Il ne pourrait rejoindre ses amis par devant, mais il savait qu'ils iraient bien puisqu'ils étaient tout près de l'entrée.

Il fit marche arrière.

oOoOo

Hermione tentait du mieux qu'elle pouvait de faire sortir les blessés. Tom était tout près d'elle, utilisant l'un de ses démons inférieurs pour protéger chaque innocent qu'il voyait.

Peu après le début de l'attaque, ils s'étaient tous rendus compte que des créatures commençaient à s'échapper par les escaliers. Cela avait rendu Hermione curieuse de savoir comment ils étaient parvenus à sortir de leur cellule, mais elle devrait s'en préoccuper plus tard. Elle tentait de distinguer Harry parmi ceux-ci, mais il n'apparut pas une seule fois.

Une exclamation de joie la sortie de ses pensées.

Mme Weasley tenait sa fille dans ses bras. Au moins, elle était vivante.

Alors qu'elle allait se rapprocher, une explosion les propulsa tous dans les airs. De la fumée commença à se répandre un peu partout. Se relevant difficilement, elle tenta de voir où avaient atterri les autres.

Un cri d'effroi échappa de Ginny à ses côtés en voyant les escaliers complètement détruits.

- Le garçon qui m'a sauvé est encore en haut !

- Le garçon ? Laissa échapper Tom d'une voix paniquée.

- Celui que vous avez envoyé pour me sauver !

Hermione perdit toute couleur. Tom n'était pas mieux. D'une voix aussi brisée et douloureuse que celui d'un animal blessé, Tom rugit :

- HARRY !

Il se précipita vers les escaliers, mais la brune réagit aussitôt en le maintenant éloigné.

- Tu ne peux pas passer ! Si tu montes, l'escalier s'écroule ! Et tu meurs !

- Laisse-moi passer ! HARRY !

Ses appels restèrent malheureusement sans réponse. Seule une mélodie semblait s'élever autour d'eux, une mélodie aux mots inconnus

No me de dio, Hamare-o. No de me yo, Se ya noeh.

No mo de yo, Hamare-o, Ovamieh, seyah noeh.*

oOoOo

La mission avait échoué. Il avait échoué. Les flammes orangées brillaient sous le ciel, parsemé d'étoiles. Les bâtiments étaient fissurés, d'autres en morceaux. De grands blocs de pierre jonchaient le sol. On entendait des cris anonymes dans la nuit noire. Et les seuls compagnons possibles étaient des silhouettes en fuite. Harry s'était blessé à la jambe durant sa fuite. Il avait décidé de passer par la forêt pour rejoindre les autres. Malgré sa blessure, il avait réussi à s'éloigner de quelques dizaines de mètres, assez loin pour apercevoir une fumée s'élever derrière les grands arbres de la forêt. Affamé et frigorifié et les poumons en feu dû à la fumée, il restait là, immobile, s'empêchant de sombrer. Il ne fallait pas qu'il s'endorme, pas avant qu'il n'ait retrouvé les autres. Tom, Draco, Hermione…C'était lui qui les avait mis dans cette situation. S'il n'avait pas perdu le but de sa mission, les autres n'auraient pas été obligés d'intervenir sans s'être bien préparé avant. Il marcha encore longtemps, une heure, peut-être deux, il ne savait plus. Malheureusement, durant tout ce temps, Harry ne s'était pas rendu compte de la barre en fer coincé dans son dos. Il était beaucoup trop dans les vapes pour cela.

Mais la douleur finit par le terrasser. Il s'écroula brusquement sur le sol boueux, le souffle court et les joues recouvertes de larmes.

Alors c'était ainsi qu'il allait mourir ? Après tout ce qu'il avait vécu ?

Il aurait au moins aimé revoir Tom une dernière fois. Tom et sa verve habituelle, Tom et ses personnalités bizarres, Tom et ses sautes d'humeur, Tom et ses baisers, Tom l'homme qu'il aimait.

Et dire qu'il aura fallu tout ça pour qu'il accepte ses sentiments pour le plus vieux. Il faisait vraiment pitié. Il espérait simplement que son mage s'en était sorti. Ce fut sur cette pensée qu'Harry ferma les yeux.

Alors que les battements de son cœur ralentissaient de plus en plus, il sentit une présence à ses côtés. Celle-ci n'avait rien de menaçante, mais avait plutôt quelque chose d'apaisant. Il crut rêver en entendant la voix le bercer.

No me de dio, Hamare-o. No de me yo, Se ya noeh.

No mo de yo, Hamare-o, Ovamieh, seyah noeh.*

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Si vous voulez la petite chanson, c'est « Quiet Moon » de Thomas Hjorth ft. Laura Vall. Elle est absolument magnifique, alors je vous conseille d'aller l'écouter pour avoir un aperçu de la voix qui chante.