Hello,

Merci mille fois pour votre soutien.

C'est partie pour le moment 3615 raconte ta vie : j'ai une excellente nouvelle, en tout cas pour moi. L'ami que j'ai accompagné à l'hôpital… ils ont enfin trouvé ce qui n'allait pas !!! Et c'est curable !!!!!!!!!! C'est un tel soulagement… pfiou. C'est génial. Voilà, je vous annonce tout le temps des mauvaises nouvelles, pour une fois en voilà une vraiment très très bonne… je suis trop contente. Si vous voulez l'image, imaginez Alice sautillant sur sa chaise…. J'ai envie de courir, crier… Wwwaaaaoooouuuuhhhh !!!!

Sinon… J'ai eu la trouille, j'avais écrit une grosse partie de cette discussion entre Jacob et Edward et de ce qui suit depuis le début et je ne la retrouvais pas… Enfer et damnations !! Mais ouf, en fait elle était enregistrée sur mon vieux MP3…

Bonne lecture !

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POV Jacob

Cette histoire entre Edward et moi avait pris des proportions démesurées.

J'avais fait une énorme connerie. Déjà, je n'en étais pas fier. Mais surtout, je n'avais pas su gérer mon après connerie.

Je connaissais Edward depuis la maternelle. J'ai deux ans de plus que lui et du coup, malgré son année d'avance, nous n'étions pas dans la même classe. Nos pères pêchaient ensemble, c'est ainsi que nous nous sommes rencontrés. Ils nous emmenaient Emmett, Alice, Leah ma grande sœur, Edward et moi. Mais le plus souvent, il n'y avait qu'Edward et moi. Nous étions donc devenus amis.

Nous étions tout le temps l'un chez l'autre et inversement. La seule chose que je ne faisais pas, c'était de l'accompagner pour chercher Emmett et Alice en prison. Sans doute parce que la seule fois où Edward – ne l'appelez pas Eddy ou Ed il déteste – m'a emmené avec lui, j'étais tellement mort de rire que nous avions failli être pris. Alors je faisais le chauffeur.

J'avais des milliers d'anecdotes avec lui et sa famille.

Nous avions volé les prunes du voisins ensemble. Il me faisait parvenir des messages quand j'étais collé. Nous avions aidé Alice à distribuer le numéro de téléphone personnel du shérif à toutes les célibataires du coin et aux pensionnaires de la maison de retraite. Nous avions coupé les cheveux de ma sœur. Non, en fait j'avais coupé les cheveux de ma sœur. Edward était présent mais ne voulait pas participer. Les cheveux avaient toujours été un sujet sensible chez lui. Nous avions maquillé Carlisle alors que celui-ci faisait la sieste à l'ombre d'un arbre. Etc. Des milliers, je vous disais.

Edward faisait partie de l'équipe du lycée dans à peu près autant de sports que son frère mais c'était son frère le capitaine. Edward avait un très bon sens du jeu mais n'était pas un leader. Emmett savait encourager ses troupes. Edward n'était pas non plus le musicien adulé par les filles, je ne crois pas qu'une autre personne que sa famille et la mienne aurait su qu'il jouait du piano si Jessica ne l'avait pas dit à tout le monde. Il tentait uniquement de glisser à travers sa scolarité sans s'accrocher.

Edward était un mec qui avait du mal à accorder sa confiance mais quand il le faisait, il le faisait à fond. Dès le collège, il avait eu du mal à se faire des amis, masculins ou féminins, parce qu'il s'était rendu compte que la plupart d'entre eux profitaient de lui. Pour atteindre Emmett, Alice, l'équipe de Basket ou de Foot. Ou juste parce qu'il était canon. J'assume bien assez pour vous le dire. J'étais pas mal dans le genre typé, grand, costaud mais Edward était vraiment beau gosse. Mais il n'était vraiment pas sûr de lui.

C'était cette confiance que j'avais trahi.

En couchant avec Jessica.

Bon, Jessica était une s***pe de première. Mais Edward était amoureux d'elle. N'étant encore jamais tombé amoureux, je ne comprenais pas vraiment à l'époque. Maintenant je comprenais. Elle lui avait mis le grappin dessus au bal de printemps. Jessica avait le même âge que moi. C'était une fille plutôt sympa, capitaine des pom pom girls du bahut. Des cheveux longs châtains clairs, bien foutue, elle attirait les garçons. Je ne crois pas l'avoir vue avec un autre mec qu'Edward à West Hurley. Il s'avéra ensuite qu'elle le trompait depuis le début ou presque.

Avec Edward, comme je l'ai déjà dit, c'était tout ou rien. Ça lui était tombé dessus d'un coup et son monde avait implosé.

Autant que Jessica, je l'avais trompé. Je savais depuis peu que Jessica couchait à droite et à gauche. A Juilliard, les rumeurs allaient bon train. Jusque là j'étais assez occupé pour ne pas chercher plus loin. Première connerie. Mais la semaine précédant l'accident, j'avais été le témoin de l'authenticité des rumeurs. Je n'avais rien dit à Edward. Deuxième connerie. Et le vendredi soir, complètement bourré – déchiré, pire qu'un australopithèque ( !!!) – j'avais terminé dans le lit de Jessica. Quatrième connerie. La troisième connerie étant de l'avoir cru quand elle m'avait dit n'être plus avec Edward. D'un, je l'aurais su, de deux, ce n'était pas une raison. Et au lieu de reconnaître ma connerie, enfin mes conneries, je m'étais cherché des excuses, l'alcool, le fait qu'il soit cocu depuis un moment… C'était, je pense, ma plus grosse connerie.

J'avais appris de mes erreurs. Déjà, j'avais fortement diminué ma consommation d'alcool en soirée. Ensuite, je ne sortais pas avec les ex-copines de mes amis sans en parler avec eux. Pas forcément pour leur demander leur autorisation, mais pour les prévenir, pour être sûr qu'ils ne soient plus ensemble. Je ne demandais pas non plus à toutes les filles si elles avaient un copain.

J'avais tenté plusieurs fois de m'expliquer avec Edward. Peine perdue. J'aurais préféré qu'il me hurle dessus, qu'il m'insulte, qu'il me tape. N'importe quoi sauf ça. Car au lieu de s'énerver, il ne m'avait plus adressé la parole. Lorsqu'il nous avait découvert dans la chambre de Jessica à Juilliard, il était resté stupéfait à l'entrée de la chambre. Avant de partir en courant. Je l'avais retrouvé à West Hurley. C'était là que j'avais sorti mes excuses de m**de. Là encore il n'avait rien dit.

Il n'avait rien dit à sa famille non plus. Alice m'avait interrogé et je lui avait tout dit. Et croyez-moi, il fallait mieux se prendre le poing d'Emmett sur la joue que d'affronter une Alice en colère. J'avais eu le droit aux deux. Carlisle était intervenu et m'avait sauvé des griffes de sa fille. J'avais essayé à plusieurs reprises de parler à Edward mais il s'enfuyait dès qu'il me voyait. Je filais quand je voyais Alice.

Le revoir en compagnie de Bella m'avait fait un choc.

Bella. Je l'avais rencontrée à Juilliard. Elle était dans le groupe de Danse. J'étais dans la section cinématographique. Je voulais depuis toujours réaliser des documentaires. Bella n'avait que quatorze ans quand elle est entrée à la Juilliard School. C'était notre benjamine par l'âge mais ni par le talent, ni par la maturité. Cette gamine avait lorsqu'elle dansait une assurance impressionnante. Elle avait tout de suite été repérée, à la fois par les élèves et par les profs. Mais elle était tellement discrète en dehors de la piste de danse que la jalousie et l'envie ne duraient jamais longtemps à ses côtés. Il y avait quand même quelques irréductibles envieux, dont Jessica mais aussi Newton, King et leur bande.

Bella était la colocataire de Jessica. C'était comme ça que je l'avais rencontrée. Je n'avais pas trop compris pourquoi Bella avait cessé de lui parler ni pourquoi elle avait demandé à changer de chambre. Là encore, je n'avais pas posé de questions, n'avait pas cherché à comprendre. Et Bella n'était pas du genre à dénigrer les gens. Elle les effaçait de sa vie, c'est tout.

J'avais vite choisi mon camp. J'étais resté ami avec Bella. On formait une sacrée bande. Outre Bella, il y avait aussi Démétri, Eléazar, Carmen, Jared, Paul, Brady, Heidi, Zafrina, Maggie, Siobhan et Liam. Excepté Paul qui était dans la même section que moi et Siobhan qui était dans la section chant, ils étaient tous danseurs. Les professeurs se souviendraient longtemps de notre groupe. Eléazar, Carmen, Maggie et moi travaillions toujours à Juilliard et j'étais étonné que les nouveaux élèves nous connaissent de réputation.

Le leader de notre groupe était assurément Démétri. Charismatique le gars. Très. Bella et lui étaient très complices. Bella était l'élément atypique de la bande. Plutôt solitaire, elle était néanmoins celle qui assurait l'adhésion du groupe. Et elle était à l'origine de notre « célébrité », durement acquise grâce à de nombreux paris.

Comme tous les mecs de notre bande, excepté Liam et Eléazar qui étaient en couple et Heidi qui est une fille, j'avais tenté ma chance auprès de Bella. Mais elle avait toujours été claire avec nous. Finalement j'étais plutôt content qu'il n'y ait pas eu entre nous plus que de l'amitié. Je n'étais pas vraiment resté en contact avec mes ex, n'étais pas assez mature à l'époque pour envisager une relation sérieuse. Et Bella était une bonne amie. Elle était à l'écoute des autres. Je n'aurais pas aimé la perdre.

Démétri ne l'avait pas vraiment draguée non plus, mais c'était pourtant ses bras qu'elle avait choisis. Leur amitié avait été la plus forte. Ni l'un, ni l'autre n'attirait la jalousie et leur mise en couple n'avait rien changé dans notre groupe, pas plus que leur « séparation ». D'ailleurs, ils étaient tout aussi complices après qu'avant. Je n'aurais jamais été capable de conserver intacte notre relation.

Bella n'avait pas eu une vie facile, je n'en connaissais pas les détails. Même Démétri ne connaissait pas tous les détails. Il m'avait avoué une fois qu'elle ne s'ouvrait pas totalement à lui. Mais à sa mort et à celle de son frère et de sa belle-sœur, elle avait été dévastée. Pourtant, elle avait réussit à puiser la force au fond d'elle-même, s'était relevée et avait fait ce qu'elle jugeait nécessaire. J'avais une très grande admiration pour elle.

Démétri et Bella étaient le « couple » phare de la section danse. Ils étaient très régulièrement partenaires et généralement têtes d'affiche des spectacles de l'école. Mais, j'en parlai précédemment, en dehors de la scène, Bella aimait passer inaperçue. Cela ne marchait pas toujours mais un sweatshirt à capuche et elle disparaissait. Elle me rappelait Edward.

C'est aussi pour cela que j'avais eu un choc en les voyant ensemble.

Lorsqu'elle était retournée vivre en Angleterre, nous ne nous étions pas perdus de vue. J'y étais allé plusieurs fois et nous nous appelions régulièrement. J'avais été ravi de la revoir à New York même si nous ne nous étions que très peu vus depuis son retour. J'avais pu enfin la présenter à Tanya.

Tanya et moi étions ensemble depuis six mois et nous allions nous installer ensemble. Je l'avais rencontrée en allant à l'hôpital. Je voulais tenter de parler à Edward encore une fois. J'avais eu le coup de foudre. Elle aussi. Le fait qu'elle connaissait Edward et notre rixe avait d'abord rendu les choses bizarres, mais ce que nous ressentions l'un pour l'autre était plus fort. J'étais ravi qu'elle s'entende bien avec Bella. C'était Tanya qui m'avait prévenu que Bee vivait chez Edward. C'était la seule chose que je n'avais pas dite à Bella, Edward et moi. Elle s'était doutée de quelque chose après l'épisode du zoo mais elle ne posait pas trop de questions, elle attendait que nous soyons prêts à le raconter.

Après notre rencontre au New Moon, je l'avais appelée et nous avions pris un café ensemble, enfin thé glacé pour Bella, c'était plutôt rare qu'elle boive du café en journée. J'avais ainsi appris sans surprise qu'Edward et elle étaient en couple. La façon dont ils se regardaient était facile à interpréter. Edward lui avait raconté sa version de l'histoire, je lui racontai la mienne. Bella ne m'avait pas dit si elles différaient.

Si elle trouvait mon geste ignoble, elle ne remit pas en cause notre amitié. Elle ne m'avait pas jugé sur cet acte appartenant au passé et ne voulait pas prendre parti. Elle le faisait rarement. Pour elle, cela nous concernait nous et nous seuls. Par contre, cela la chagrinait qu'on ne se soit pas expliqué. Elle avait tenté d'amener Edward à me parler. Elle avait fini par réussir.

Néanmoins elle m'avait dit que s'il m'accordait à nouveau sa confiance, j'aurais de la chance. Et si je le trahissais de nouveau, je préfèrerais mille fois affronter Alice qu'elle. Je n'en doutais pas une seconde.

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Je me trouvai donc face à face avec Edward, seuls.

Il était complètement renfrogné. J'étais étonné qu'il reste, mais apparemment il l'avait promis à Bella.

Je lui racontai tout ce que j'avais sur le cœur. Tout. Pas de mauvaise excuse, j'avais eu le temps de réfléchir.

Edward baissa la tête et pinça l'arrête de son nez. Le silence entre nous était assez épais pour être palpable.

- Putain de bordel de merde con fait chier de fait chier de fait chier saloperie de nom de dieu de bordel de merde kelkon kelkon kelkon kelkon connerie de putain con merde crottes de Belzébuth…

Alors ça !! Je ne pensais pas vivre assez vieux pour voir un des Cullen jurer ainsi en public et là…

Le silence reprit ses droits. Edward menaçait de s'en aller sans avoir dit un mot. Je tapai sur la table.

- Putain, j'ai foiré une amitié à laquelle je tenais plus que tout pour une partie de jambes en l'air dont je ne me souviens même pas !!!

Edward s'arrêta et se rassit, interdit. Il finit par prendre la parole.

- Et si je n'étais pas tombé sur vous, tu me l'aurais dit ?

- A l'époque, je ne crois pas, j'aurais aimé te dire oui mais je ne sais pas. Aujourd'hui, j'aime à penser que oui. Je ne peux pas changer ce que j'ai fait. Ni te dire que gnagnagna je ne l'aurais pas fait si etc., mais que je ne le referais pas. J'ai appris ma leçon. De la pire des manières mais je l'ai apprise.

Edward redevint silencieux. Il me fixait. J'avais l'impression de passer au détecteur de mensonges.

- Au moins c'est honnête. Enfin je crois.

A nouveau, le silence se fit lourd. Le serveur n'osait même plus venir à notre table, la tension était flagrante.

- Bella a raison.

Comme il restait muet, j'intervins.

- Comme souvent. Mais pourquoi cette fois ?

- La rancœur n'est pas quelque chose qu'on devrait ressentir. La vie est trop courte. Je… Je n'ai plus envie de ça. Je… tu m'as manqué, Jake.

- Putain, Edward, tu m'as manqué aussi.

POV Edward

Ecouter. Bella m'avait dit. Ecoute-le, tu n'es pas obligé de lui pardonner mais écoute-le. Je l'avais donc écouté.

Bella avait été la première avec laquelle parler de Jessica ne m'avait pas affecté. Ça aurait dû me faire bizarre d'en parler avec elle mais finalement ça m'avait soulagé de le lui avoir dit. Et je m'étais rendu compte que je n'étais pas jaloux à l'époque de Jessica trahi, oui, mais pas jaloux. Tandis qu'avec Bella, j'avais du mal à supporter les regards des autres hommes sur elle. Mais la trahison, ce n'était pas tant ce que Jessica avait fait.

C'était ce que Jacob avait fait.

Merde ! C'était mon meilleur ami. Comment fait-on ça à son meilleur ami ? Jusque là, j'avais toujours refusé de le voir. Lui pardonner était hors de question, je n'arrivais pas à le voir sans sentir mon cœur se briser en mille morceaux. Depuis, le temps avait fait son travail. Et j'avais réfléchi. Résister à la tentation est un acte adulte. Nous ne l'étions pas. Jacob assurément ne l'était pas. Cela n'excusait pas sa faute pour autant. Mais je comprenais mieux maintenant.

La balle était dans mon camp.

Le nombre de fois où j'avais voulu l'appeler pour lui annoncer telle ou telle nouvelle nécessitait plus que mes mains et mes pieds pour les compter. Quinze ans d'amitié. Cinq ans de silence radio. Putain ! Bella avait raison. La rancœur était un sentiment désagréable. Je devais faire un choix. Soit, je laissais tout tomber, Jacob sortait complètement de ma vie. Ce serait comme s'il n'avait jamais existé. Soit je lui pardonnais et je retrouvais un ami qui m'avait fait défaut. La ténacité de Jacob à avoir voulu me reconquérir pesait un bon poids dans la balance également.

- Bella a raison.

Il était surpris de cette déclaration.

- Comme souvent. Mais pourquoi cette fois ?

- La rancœur n'est pas quelque chose qu'on devrait ressentir. La vie est trop courte. Je… Je n'ai plus envie de ça. Je… tu m'as manqué, Jake.

- Putain, Edward, tu m'as manqué aussi.

Nous nous étions serrés la main. Je voyais à ses yeux brillants qu'il était ému. Je l'étais aussi.

Nous avions passé la suite de l'après-midi à rattraper doucement notre retard. Au début, c'était vraiment bizarre. Mais notre vieille complicité remonta lentement à la surface. Nous nous rappelions quelques souvenirs.

- Quand on avait six et quatre ans et que nous avions refait la déco de Leah qui n'aimait plus son papier peint.

- Elle n'avait pas vraiment plus apprécié la nouvelle décoration.

- J'aime bien aussi la fois où nous avons remplacé tout l'alcool de papa par de l'eau.

- Il a cru que l'un de nous buvait en cachette. Bon sang, on avait une dizaine d'années.

- Et la fois où nous étions allés à Seattle et où nous avions fait le pied de grue pendant des heures après le concert à son hôtel pour obtenir un autographe de Sting dont ta mère était fan.

- Oui, on était rentrés à dix heures le lendemain matin.

- On s'était fait engueuler, je me souviens encore de la tête de nos pères. On avait été privés de sortie pendant un mois.

- Maman l'a toujours cet autographe. Il est encadré et accroché dans l'appartement de New York.

Nous parlâmes de ce qu'étaient devenues nos vies. Jacob était prof à Juilliard maintenant. Il enseignait l'art de la prise de vue, la réalisation. Il faisait également tous les films des spectacles de l'école et avait signé de son nom plusieurs documentaires. Il avait reçu un prix pour l'un d'entre eux où il présentait l'école. Il avait également signé plusieurs clips.

- Bella et les autres ont souvent été mes cobayes, il faudra que je te montre certains de ces films.

Il me parla de Tanya. Je lui parlai de Bella.

- C'est comme si je découvrais que j'étais en vie. Comme si jusque là je peinais à sortir le nez de l'eau et qu'elle m'avait remis sur la terre ferme. Je l'ai quittée il y a moins de trois heures et je n'ai qu'une envie prendre mon téléphone et l'appeler. Elle occupe toutes mes pensées. Depuis quatre ans, je rêve de ses yeux…

- Attends tu veux dire que ça fait quatre que tu la connais ???

- Non. Mais il y a quatre ans, j'ai donné un récital de piano et… si je n'avais pas croisé son regard, je serais resté tétanisé sur la semaine… quoi ???

Jacob m'avait d'abord regardé, incrédule, puis avait éclaté de rire.

- Qu'est-ce qu'il ya ?

- Je… je me souviens très bien de ce récital. J'étais venu… pour te parler…

Et je l'avais fuit pour changer. Alice s'était chargée de lui faire peur.

- Et j'avais emmené Bella avec moi. Elle ne savait pas pourquoi je voulais absolument venir à ton récital alors qu'il y en a un par semaine à l'école. Mais c'est la seule à avoir accepté de m'accompagner. Elle aime le piano.

Et voilà pourquoi j'avais eu beau chercher dans la foule ses yeux émeraude, je ne l'avais pas trouvée, elle était repartie avec Jacob. Je l'avais éloignée.

- En même temps, c'est la cousine de Jasper avec lequel je vis depuis cinq ans. Je ne l'ai pas non plus rencontrée avec eux.

- La vie est parfois bizarrement faite.

- Tu l'as dit.

Lorsque nous nous séparâmes, j'avais l'impression de l'avoir quitté la veille. Je ne pensais pas être capable de lui pardonner mais ça m'avait un bien fou de le faire. L'amitié est faite ainsi, de hauts et de bas. J'espérais que nous avions eu notre quota de bas pour quelques années. Nous nous dîmes au revoir devant le restaurant, prenant chacun une direction opposée pour rentrer à nos appartements respectifs. Non sans avoir promis de nous revoir bientôt.

J'allais m'éloigner quand un serveur m'interpella.

- Vous êtes Edward Cullen ?

- Oui.

- Une certaine Rosalie, je suis désolé je n'ai pas retenu son nom de famille, a appelé. Il faut absolument que vous la joigniez.

- Merci.

Inquiet, je sortis mon téléphone, mis en mode silencieux par habitude dans les restaurants. Cinquante messages en absence. Je ne pris pas le temps de les écouter et j'appelai Rose directement.

- Edward, faut que tu viennes à l'hôpital, c'est Bella…

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Mon cœur s'était arrêté de battre, ma vision s'était troublée. Le monde autour de moi s'était comme arrêté de tourner. Mes genoux tremblaient.

- Edward ? Edward ? EDWARD ????

- Je suis là.

- On est au Mount Sinai. Viens vite s'il te plait. Viens vite.

Ce n'était pas possible. Pas comme ça. Pas maintenant.

- Est-ce que… est-ce qu'elle…

- Oh non, Edward, ne t'inquiète pas pour ça. Je pense que sa jambe est cassée mais ce n'est pas pour ça… il faut que tu viennes, je ne sais pas quoi faire… Elle…

Le téléphone coupa.

Bon sang ! Je n'avais plus de batterie. Rosalie avait beau m'avoir demandé de ne pas paniquer, sa voix tremblante partant en vrille dans les aigus n'avaient rien fait pour m'y aider. Je courais le plus vite possible vers le Mount Sinai. Je ne pris pas le temps de prendre le métro, le restaurant n'était pas aussi éloigné que ça de l'hôpital. Je courais comme un dératé, bousculant quelques new yorkais blasés. J'arrivais complètement essoufflé aux urgences.

- Mademoiselle Swan, s'il vous plait, elle a…

- Attendez Monsieur, vous ne pouvez pas entrer comme ça. De plus, il y a des gens qui attendent depuis longtemps. Vous êtes là pour quoi Monsieur ?

- Mademoiselle Swan, elle a été conduite d'urgence ici.

J'avais beau être dans le métier, il a certaines attitudes que j'avais du mal à tolérer. Pour les hôtesses de l'accueil, côté patient, ce n'est rien, on va vous envoyer quelqu'un. Côté médecin, y a une dame qui se vide de son sang devant mon bureau…

- Vous savez quoi, j'ai travaillé ici, je trouverai…

- Monsieur… vous ne pouvez pas…

- PAPA !!! C'est mon papa, il faut que vous le laissiez aller sauver ma maman. Il est docteur… C'est mon Papa…

La petite Carlie arrivait en courant vers moi, le visage rempli de larmes. Je l'attrapai et la pris dans mes bras, repartant dans la direction d'où j'avais cru la voir venir.

- Il faut que tu sauves Maman… Elle va pas bien… Rosalie a dit qu'elle était toute cassée de l'intérieur…

Je retrouvais vite Rosalie qui était partie à la poursuite de Carlie. Je n'avais jamais vu Rosalie dans cet état là.

- Elle était venue chercher Carlie à l'école. Y avait un enfant qui jouait au ballon. La balle lui a échappé, l'enfant a couru après dans la rue. Une voiture arrivait. Bella a couru après l'enfant. L'enfant n'a rien. Bella s'est pris la voiture. Je pense que sa jambe est cassée, peut-être des côtes. Ils veulent lui faire passer un scanner aussi mais… Oh mon Dieu Edward… Elle est complètement paniquée… Elle… je t'en supplie, fais quelque chose… Oh mon dieu… Oh mon Dieu…

J'abandonnai Rosalie et Carlie à un bout du couloir. Rose m'indiqua la salle où était Bella. Je m'y précipitai.

Le spectacle qui s'y déroulait me coupa le souffle.

Il y avait des instruments et autres guéridons par terre. Le personnel s'agitait et criait dans tous les sens.

Bella était par terre dans un coin et se débattait comme un beau diable. Si elle avait des côtes cassées et qu'elle continuait de s'agiter comme ça, elle allait se blesser sérieusement. Elle refusait que qui que ce soit l'approche. Elle répétait Non, non, non, non inlassablement. Les personnes qui étaient autour d'elle s'écartèrent une seconde et je l'entrevis. Son visage était plein de sang et de larmes ainsi que son tee-shirt. Son bras saignait.

Je sortais de ma stupéfaction et me dégageai de la porte où j'étais resté figé. Je fus bousculé par un infirmier qui portait une seringue. Le médecin lui demanda d'en injecter 5 cc. De l'Haldol… Bella gémit et s'agita encore. C'était horrible. Je hurlai.

- DEGAGEZ !!!! POUSSEZ-VOUS !! ELOIGNEZ VOUS D'ELLE !!!

- Monsieur, il faut que vous nous laissiez travailler !

- Je suis médecin, je la connais. Eloignez-vous d'elle ! DEGAGEZ !!!!

- Faites ce qu'il vous dit, s'il vous plait.

Jasper venait d'entrer dans la pièce. Je pus lire l'horreur sur son visage, qui devait sans aucun doute refléter la mienne. Mais Jazz était plus doué que moi pour garder son calme.

- Z'êtes qui vous ?

- Le psy. S'il vous plait, laissez le faire.

Le personnel présent s'écarta de Bella. Celle-ci s'approcha du mur. Elle attira ses genoux sur sa poitrine et commença à se balancer d'avant en arrière. Ses yeux étaient grands ouverts mais elle fixait le vide. Je ne l'avais jamais vue aussi fragile qu'à cet instant.

Ma gorge se noua et ma vue se brouilla. J'essuyai rageusement mes larmes et m'approchai doucement d'elle.

- Bella ? Bella, mon amour ?

Elle leva la tête vers moi et une lueur apparut dans ses yeux. Son regard se posa sur le mien et je fus effrayé de la détresse qui y régnait. Elle se mit à pleurer. Les larmes traçaient des sillons sur ses joues ensanglantées.

- Bella, mon cœur.

Je tombai à genou à côté d'elle, la pris dans mes bras. Elle se blottit contre moi. Oubliant tout le reste, je la serrai contre moi. Le cœur chaviré, je la laissai pleurer toutes les larmes de son corps.

- Je suis là, tout va bien aller, ma Bella.

Je ne sais pas combien de temps nous restâmes ainsi, ni ce qui se passait autour. Je voulais nous entourer d'une bulle protectrice. J'avais tellement peur de la lâcher que je resserrai encore mon étreinte. Peur qu'elle s'écroule, peur de m'écrouler. Je ne m'étais jamais senti aussi impuissant.

Les pleurs cessèrent enfin. Bella s'écarta légèrement sans briser notre étreinte. Elle plongea son regard dans le mien. Sa voix était cassée et tremblotante.

- Edward, je veux partir. Je peux pas rester ici.

Je pris conscience de sa blessure au bras, de son épaule déchirée, du bleu qui s'y formait. Je me rappelai ses côtes peut-être cassées et sa jambe.

- Bella, il faut que…

Les sanglots reprirent de plus belle. Elles tremblait.

- Je peux pas rester ici… Je peux pas... Je peux pas... Ça sent le sang… Le sang. La mort... Je peux pas... Edward, je peux pas... Emmène-moi, s'il te plait... Edward…

Mon cœur se serra encore plus que je ne l'aurais cru possible. Je l'enveloppai de mes bras et l'attirai contre moi. Je la berçai et lui chantonnai à l'oreille les musiques qui la calmaient. Quand elle retrouva un semblant de calme, je lui chuchotai à l'oreille.

- Bella, mon amour. Il faut que l'on te soigne. Tu me fais confiance, n'est-ce pas ?

Elle acquiesça faiblement, le nez toujours dans ma poitrine.

- Je reste avec toi, mon amour. Je ne te laisserai pas. Tu le sais ? Je suis là.

Ses bras jusque là repliés contre mon torse entourèrent mon corps. Sa voix étouffée, semblant venir de très loin, était à peine audible.

- Tu me le promets ?

- Je te le promets.

J'embrassai ses cheveux et caressai son dos.

- D'accord.

- Je suis là, tout va bien aller, ma Bella.

POV Bella

Je m'en voulais terriblement. Et j'étais sûre qu'Edward m'en voulait. L'avoir mis ainsi devant Jacob et exiger de lui qu'il ne s'enfuit pas était la chose la plus terrible que j'avais eu à faire depuis longtemps. Je ne lui avais pas laissé de choix autre que rester ou revenir sur sa promesse. J'étais horrible. Mais je savais également que si c'était à refaire, je le referais. C'était plus fort que moi.

J'espérais qu'il me pardonnerait.

Je fis ce que je faisais lorsque j'avais besoin de me vider la tête et que je ne pouvais danser. J'allais au Metropolitan Museum of Art. J'avais envie d'aller en Egypte aujourd'hui. J'allai donc admirer le Sphinx du roi Senwosret III, la statue de la reine Hatshepsout, la statue portrait du tout jeune pharaon Toutankhamon et tous les autres trésors du Met. Je participai à un débat intéressant avec un des guides sur les apports d'Alexandre le Grand en Egypte.

Ce petit voyage dans le temps me permit quelques temps d'oublier un peu le regard d'Edward quand il avait compris que je l'avais piégé. Bon sang, j'arriverai bientôt à me sentir aussi coupable que Jacob. Nous ne concourions pourtant pas au même niveau. La date fatidique qui approchait ne m'aidait pas à calmer ma nervosité.

Je me dirigeai vers l'école de Carlie. Je vérifiai mon portable. Pas de nouveau message. Bon, peut-être qu'ils ne s'étaient pas entretués. Je n'eus pas à attendre longtemps avant que les portes ne s'ouvrent et ne déversent un flot de bouts de choux dans la cour. Je repérai très vite ma petite tête blonde. Et la grande aussi.

- Salut Rose, alors cette première journée.

- Pas mal. Edward n'est pas avec toi ?

- Il est avec Jacob.

- Quoi ?

- Il est avec Jacob.

- Oui, j'avais bien compris. Mais qu'est-ce qu'il fait avec Jacob ?

- Ils parlent. Enfin j'espère.

Elle ne me posa pas plus de questions quand je lui dis que je lui expliquerai une fois que j'aurais vu Edward. Nous prîmes le chemin de la maison, Carlie me racontant sa journée. Soudain, j'aperçus un objet rouge se diriger vers la route. Et surtout un enfant qui le poursuivit. Mon sang ne fit qu'un tour. Sans réfléchir, je m'élançai derrière l'enfant. Je réussis à le pousser à temps mais la voiture, qui heureusement avait freiné à la vue du ballon, me percuta. Etant encore en mouvement au moment de l'impact, c'est mon mollet que la voiture frappa et non le genou. Je m'écroulai sur le sol, me cognant la tête au passage.

Je ne vis pas d'étoiles mais le monde tanguait violemment autour de moi. Carlie se précipita, très vite rattrapée par Rosalie.

- BELLA !

- MAMAN !

- Ça va. Ça va aller.

Ça n'allait pas vraiment, j'avais super mal à la jambe et à la tête. J'avais envie de vomir. Mais je ne voulais pas faire peur à Carlie alors je me redressai.

Mauvaise idée.

Surtout quand je posai les yeux sur mon bras. Qui saignait. Je détournai le regard pour voir ma fille pleurer. Je ne voyais pas vraiment, ni entendais ce qui se passait. Mais voir Carlie pleurer m'était insupportable.

- Hey. Ça va aller ma puce.

- Ils vont t'emmener à l'hôpital pour réparer ton pied et ton bras. Rosalie a appelé le docteur.

Hôpital. Oh merde. J'avais pas vraiment pensé à ça. Je détestais les hôpitaux. Et la dernière fois que j'étais allé à l'hôpital, c'était pour Charlie. Sang… Charlie… Oh bon sang ! Il ne fallait pas que j'y pense. Pas que j'y pense. Pas que j'y pense. Pas que j'y pense.

Edward. Il fallait que quelqu'un prévienne Edward.

- Rose, peux-tu appeler Edward ?

- Je l'ai déjà appelé, il n'a pas répondu. Je vais le rappeler.

- Oh, s'il est au restaurant, il éteint sa sonnerie.

L'ambulance arriva enfin. Rose héla un taxi. Je lui indiquai le nom du restaurant.

Je refusai le collier. Hôpital et coincée, je n'allais pas tenir. Je fus assez têtue pour qu'ils ne me le mettent pas. Ils enroulèrent une bande autour de mon bras. Je ne voyais plus le sang et son odeur était atténuée. Une fois dans l'ambulance néanmoins, mon rythme cardiaque s'accéléra. Je sentais ma nausée augmenter et je finis par rendre mon déjeuner. J'avais chaud, très chaud. Je m'efforçai de compter dans ma tête ma respiration.

On inspire… deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit.

On expire… deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit.

Ce n'était pas vraiment efficace. Je pensai à Carlie, Edward et Rose. Je ne voulais pas qu'ils me voient comme ça. Surtout ma fille. Cette méthode était plus efficace.

Enfin pendant un temps, elle le fut.

Mais lorsque nous arrivâmes à l'hôpital, ses odeurs caractéristiques envahirent mon nez. L'odeur de l'eau de javel et autres produits de nettoyage. Mais surtout l'odeur de la maladie, de la mort et l'odeur du sang. Encore plus forte que celle de mon propre sang. Les urgentistes et les ambulanciers poussèrent le brancard jusqu'à leur salle de réa. La tête me tournait dangereusement et ce n'était plus seulement à cause de mon accident. Mon cœur partait en vrille et je tremblais de partout. Je transpirais. Les larmes me montaient aux yeux. J'allai tuer ce connard de psy incapable…

Je vis Rosalie arriver, Carlie dans les bras tournée de sorte qu'elle ne me voit pas. Je regardai Rosalie et je vis la panique atteindre ses yeux. Je suppliai.

- Eloigne Carlie, Rose, s'il te plait, éloigne-la…

Je tins jusqu'à les voir s'éloigner puis je craquai complètement. A partir de ce moment là, ça avait été la débandade. Toute la panique que j'avais retenu jusque là explosa. Je ne retenais plus rien. Je commençais à me débattre, des images cauchemardesques de mes précédentes venues à l'hôpital envahissaient ma tête. Je ne voyais plus rien, je n'entendais plus rien. Je sentais qu'on me touchait. Je ne voulais pas être touchée. Je voulais qu'on me laisse tranquille. Je ne voulais plus sentir le sang. Je voulais partir. Je criais. Je me démenais. Je m'enfonçais. Je partais. Je luttais.

Et j'entendis sa voix. Il était venu me chercher. Il ne m'avait pas abandonnée, lui.

- DEGAGEZ !!!! POUSSEZ-VOUS !! ELOIGNEZ VOUS D'ELLE !!!

Il était en colère contre eux. Je ne l'avais jamais entendu crier comme ça.

- Je suis médecin, je la connais. Eloignez-vous d'elle ! DEGAGEZ !!!!

- Faites ce qu'il vous dit, s'il vous plait.

Lui aussi je le connaissais. Ils étaient venus pour moi.

- Le psy. S'il vous plait, laissez le faire.

Je fus libérée. Je reculai. Mon dos se retrouva contre le mur. Je voulais m'en aller d'ici. Pourquoi ne pouvais-je pas partir ?

Ma jambe me faisait mal. Ma tête me lançait. Je ne voyais rien. Il me semblait pourtant que mes yeux étaient ouverts.

- Bella ? Bella, mon amour ?

C'était sa voix. Un peu plus voilée que d'habitude. Je regardai dans sa direction. Et je le vis. Il était là, je ne rêvais pas de sa voix. Je sentis des larmes chaudes couler sur mes joues.

- Bella, mon cœur.

Je me retrouvais serrée dans ses bras, protégée par son étreinte.

- Je suis là, tout va bien aller, ma Bella.

Je me sentis en sécurité, enveloppée de ses bras. Il me pressait contre lui. Et je pleurais. Je pleurais comme je n'avais plus pleuré depuis la mort de Charlie. Je m'agrippais à lui et je ruinais sa chemise. Alice lui en achèterait une nouvelle. Ou Emmett.

La chaleur à présent familière de son torse mais surtout son odeur que j'aimais tant me calmèrent petit à petit. Je ne sentais plus le sang. Je sentais Edward. Je réussis à me dégager un peu, à le regarder et à lui chuchoter.

- Edward, je veux partir. Je peux pas rester ici.

Je vis son expression chagrine grimacer encore plus. Il baissa son regard sur mon bras, sur mes jambes. J'étais blessée. Il avait l'air tellement désolé.

- Bella, il faut que…

Je me mis à sangloter.

- Je peux pas rester ici… Je peux pas... Je peux pas... Ça sent le sang… Le sang. La mort... Je peux pas... Edward, je peux pas... Emmène-moi, s'il te plait... Edward…

Edward m'enveloppa à nouveau de ses bras protecteurs. Je me laissai aller contre lui. Il me berçait et me murmurait à l'oreille de douces mélodies.

Après un long moment, il reprit la parole.

- Bella, mon amour. Il faut que l'on te soigne. Tu me fais confiance, n'est-ce pas ?

Lui faire confiance ? Oui, bien sûr que je lui faisais confiance. Je secouai doucement la tête de haut en bas.

- Je reste avec toi, mon amour. Je ne te laisserai pas. Tu le sais ? Je suis là.

Je l'enlaçai de mes bras et me lovai contre lui. Je chuchotai contre son torse.

- Tu me le promets ?

- Je te le promets.

Je sentis ses lèvres dans mes cheveux et sa main dans mon dos.

- D'accord.

- Je suis là, tout va bien aller, ma Bella.

Je le sentis me soulever et me poser sur la table. Il s'était mis de façon à ne pas lâcher ma main valide, ni me quitter des yeux tandis que je m'allongeai.

Je repris peu à peu le pas sur ma panique, grâce à lui. J'eus encore quelques moments d'angoisse mais la crise majeure était passée. De toute façon, j'étais vidée. Le puits s'était tari.

Les médecins présents apprirent qu'Edward était le fils de Carlisle. Ce dernier était un médecin connu et reconnu à New York et j'eus le droit aux meilleurs chirurgiens. Edward m'accompagna au bloc opératoire pour ma jambe. J'avais une fracture bien nette du tibia et du péroné. J'eus également douze points de suture sur le bras gauche. Il me tint la main jusqu'à ce que l'anesthésie générale fasse effet. C'était plutôt rigolo de le voir en pyjama vert, masque et charlotte qui recouvrait ses cheveux indisciplinés. Je pensais, non j'étais certaine qu'il m'avait tenu la main jusqu'à la fin. Il avait demandé à ce que j'ai un masque pour diminuer l'odeur du sang jusqu'à l'anesthésie et au retour du bloc.

J'avais juste refusé qu'il vienne avec moi pendant la radio et le scanner. Même avec un tablier de plomb, je préférai qu'il évite de se prendre des radiations inutiles. Il me parla au micro tout du long de l'examen. Je n'avais ni côtes cassées, ni traumatisme crânien. Juste une bosse. Et quelques égratignures sur le visage.

Pour me changer les idées, le sujet du jour était Harry Potter. Je lui avais chuchoté que ce n'était pas un sujet très sérieux auprès de grands chirurgiens qui connaissaient et que connaissait son père. Il avait éclaté de son rire magnifique avant de me demander mon personnage secondaire préféré.

Severus Snape bien sûr. Surtout depuis que Alan Rickman l'interprétait. Lui c'était Sirius Black. Et un peu Bellatrix Lestrange, Edward était fan d'Helena Bonham Carter. J'avouais que j'adorais cette actrice aussi.

Je fus gardée en observation quelques heures et à 21h30, j'étais de retour à l'appartement avec des antalgiques, un énorme plâtre et des béquilles. C'est Jasper qui porta les béquilles tandis qu'Edward me portait. Carlisle était venu nous chercher.

Carlie avait pris son bain et mangé, grâce à Rosalie. Elle me fit un câlin et alla se coucher. Elle avait école demain. Nous mangeâmes dans un calme relatif, Emmett ayant mis un match à la télévision. Pour une fois, personne n'eut rien à y redire. Cela ne l'empêcha pas de se moquer de moi et de me prédire des mauvaises chutes avec mes béquilles.

Tout le monde me fit un câlin. Je commençai à me sentir un peu honteuse de mon comportement à l'hôpital. Je ne savais pas qui était au courant : Jasper et Edward étaient là, Rosalie devait avoir compris. Les autres je ne sais pas. Jasper avait remarqué et compris mon trouble et vint me disputer gentiment en me murmurant à l'oreille.

- Tu n'as pas à culpabiliser. Tu ne peux pas tout maîtriser, tout garder pour toi. On en reparlera.

Edward me porta à la salle de bain mais me laissa me laver seule. Etant donné ce que ça donnait quand il me lavait ou que je le lavais, j'étais un tout petit peu déçue. Sans doute signe que j'allais mieux. En fait j'étais franchement déçue et ça le fit rire.

Mon amour me porta ensuite sur notre lit – oui, oui notre lit. Il sortit son tensiomètre et stéthoscope. Je lui fis un petit sourire.

- Tu veux jouer au Docteur avec moi ?

Il éclata à nouveau de rire.

- Tu retrouves ton sens de l'humour, la situation n'est peut-être pas si désespérée que ça.

La tension – et non pas ma pression artérielle qui était normale – était en train de redescendre. J'étais épuisée mais il y avait quelque chose que je voulais savoir.

- Edward ?

Il rentrait juste de sa douche et s'était couché à mes côtés, portant uniquement un bas de pyjama. Ses cheveux humides étaient tout désordonnés. Argh, comment voulez-vous réfléchir avec un Apollon pareil dans votre lit ?

- Oui Bella ?

- Tu ne m'en veux pas ?

- Non ! Pourquoi je t'en voudrais d'avoir voulu sauver…

- Non, je ne parle pas de ça. Pour ça malheureusement, je suis un aimant à accident, Edward, tant que tu seras à côté de moi, des choses comme ça arriveront.

- Je veux être à tes côtés jusqu'à ce que tu me dises que tu ne veux plus de moi.

Mon sourire devait atteindre mes oreilles. Le sien illuminait son visage.

- Ça va être long, parce que je veux que tu sois à mes côtés pour toujours. Je t'aime.

- Pour toujours ma Bella. Je t'aime aussi.

Il vint m'embrasser doucement, avec une tendresse et une délicatesse qui me firent fondre. J'en oubliai ce que je voulais lui dire et je lui rendis son baiser.

- Et donc pourquoi devrais-je t'en vouloir ?

- Ah oui, c'est vrai…

Edward se moqua gentiment de moi. Je déballai à toute vitesse.

- Je suis désolée pour Jacob. Je n'aurais pas dû te forcer la main. Tu me faisais confiance et je t'ai fait promettre… et… je t'ai trahi en faisant cela. Tu as parfaitement le droit de m'en vouloir…

Il posa sa main sur ma bouche.

- Non, tu avais raison. La rancœur, ce n'est pas bon pour le cœur.

- Donc tu ne m'en veux pas trop ?

- Je ne t'en veux pas du tout, qu'est-ce qui… oh Bella, je suis désolé de t'avoir fait sentir que je pouvais t'en vouloir. Ce n'était pas ça, pas ça du tout. Tu entends ? J'étais fâché contre Jacob et fâché contre moi d'avoir laissé traîner cette affaire à ce point là. Mais pas contre toi. Et grâce à toi, j'ai retrouvé mon ami.

- C'est vrai ?

- Oui.

Je me lovai contre lui. Pas évident avec un plâtre. Mais au moins j'avais eu assez d'antalgiques pour ne pas sentir grand-chose. A part la fatigue. Je baillai contre son torse que son petit rire fit trembler.

- Je suis contente.

Je sentais le sommeil me gagner. Mes paupières et tous les muscles de mon corps étaient lourds.

- Edward ?

- Oui mon amour ?

- Merci pour tout. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi. J'avais… j'avais tellement peur.

- J'ai eu peur aussi.

- Je t'aime, mon Edward.

- Je t'aime tellement, ma Bella.

Il resserra son étreinte et je m'endormis.

Juste avant de sombrer, j'eus un flash soudain. Demain, demain je lui dirais tout. Je le savais. J'étais prête.

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-

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Le lendemain, je n'allai pas travailler. Edward avait déjà prévenu Angéla. J'avais insisté pour qu'il aille travailler puisque, Jasper n'ayant aucun rendez-vous, il pouvait me servir de baby-sitter.

Jazz avait dit que nous en parlerions, et effectivement nous parlâmes. Je lui dis des choses que même eux, mes cousins, ne savaient pas. Et le soir, quand Carlie fut couchée, j'emmenai Edward dans notre chambre et je lui racontai également.

J'avais déjà vu plusieurs psys. Mais finalement, parce que personne ne me comprenait aussi bien que ces deux hommes là, je ne m'étais jamais sentie soulagée.

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Oh et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule (normalement ce sont les mauvaises mais là, j'en profite) : j'ai eu 19 à mon rattrapage… C'est la fête… le festival du sweat and sore pork avec des crêpes au Nutella et du nectar d'abricot……….

A bientôt.

Magda.

PS : au départ, cette scène de panique à l'hôpital était celle de leur premier baiser… elle arrivait bien plus tôt dans l'histoire. Ce n'était pas Bella mais Carlie qui était blessée… j'ai changé quelques trucs et la voici ici… je l'aime autant ici d'ailleurs…

PPS : pas trop déçues par la scène Jacob/Edward ?

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Vous l'avez deviné, prochain chapitre : le passé de Bella. Je pars pour quelques jours où je ne pourrais pas écrire donc je vous donne rendez-vous en fin de semaine…