Lumos !
Bonjour, bonjour !
Voici un nouveau chapitre (long chapitre!), un peu plus long que les autres avec le retour de Charlie ET de Misha ! (Oui je sais... Enfin!)
Merci à vous encore et toujours, pour les reviews, les follos, les favs et merci à ma bêta Lau, qui a eut une semaines très chargé mais à tout de même réussi à corriger ce chapitre cette nuit à deux heures du matin !
/!\ J'ai quelques précisions à faire, merci de lire ses quelques lignes avant de continuer pour que je n'ai plus à répondre la même chose à tous les chapitres, dans les MP ou les reviews :
-CETTE HISTOIRE EST TERMINEE ! Elle comporte 36 chapitres, plus un épilogue. (sauf changement de dernière minute).
-Je n'ai aucune raison de ne pas publier une fin que j'ai déjà écrite, sauf si éventuellement, je me fait renverser par un bus demain. Donc non, je ne l'abandonnerai pas cette fiction.
-Cette histoire n'est pas un bashing (comportement excessif) il y aura des personnages un peu moins sympathique que dans les livres originaux de JKR, mais ces comportements seront expliqués, de façon rationnel (du moins je l'espère) et ils ne seront pas les grands génies du mal etc...
-Pour une meilleure fluidité de lecture, je ne met pas les bafouillages de Nikita lorsqu'il bute sur des mots, malgré que son apprentissage est été un peu rapide.
Bonne lecture.
Nox.
Chapitre 26 : Jalousie
Les semaines s'enchaînèrent doucement. Nikita avait fait une nuit féline avec ses parents et maintenant un loup-garou. Son père avait prit sur lui pour se retrouver face à son cauchemar de jeunesse. Il était resté couché sur le lit, se contentant de grogner quand le loup-garou y allait un peu trop brutalement avec son chaton. Mais étrangement, le loup était assez délicat avec la boule de poils, on aurait pu croire qu'il le protégeait lui aussi.
Chose que Remus avait confirmé après son réveil ; il se souvenait très bien de sa nuit et avait dit à Severus que, lorsqu'il avait vu le chaton, une alerte dans son esprit avait hurlé : "louveteau". Remus avait d'ailleurs passé une nuit merveilleuse, il avait eu l'impression de revenir au temps des Maraudeurs. Bien qu'avec la potion tue-loup ses nuits de pleine lune étaient un peu moins difficiles, il avait eu plus de contrôle et avait pu garder tous ses souvenirs. Ce qui était encore mieux !
En bref, le temps passait tranquillement entre les cours, les entraînements et les quelques jeux avec les autres. Bizarrement, Nikita ne se mêlait pas beaucoup aux autres, mais ce qui étonna tout le monde, sauf ceux qui connaissaient son secret, c'était le fait qu'il ait des amis dans toutes les maisons. Notamment Hermione, car ils étaient très souvent ensemble à la bibliothèque. Il avait aussi rencontré Luna, dansant toute seule au milieu du troupeau de sombrals, qui lui avait sourit doucement avant de lui dire "Je suis contente de te revoir, et de savoir que tu n'es plus seul... Je ne t'avais jamais vu si heureux." Puis elle était partie, sans un mot de plus.
Nikita l'avait revue quelques jours plus tard, et il était convaincu qu'elle savait qui il était, mais qu'elle ne dirait rien. Il avait aussi rencontré Susan Bones qui lui avait timidement demandé de l'aide pour savoir dans quel livre chercher des informations pour son devoir de DCFM, alors que madame Pince n'était pas là.
Il n'avait pas réellement d'amis, mais il discutait souvent gentiment avec telle ou telle personne au milieu du hall ce qui choquait tout le monde. Il avait parfois des réflexions mais il faisait alors son fameux regard noir et personne ne cherchait vraiment à insister. Des rumeurs disaient que c'était un Mangemort qui essayait de s'infiltrer au sein de Poudlard, d'autres disaient qu'il essayait juste de faire enrager son père, bien que celui-ci n'ait jamais rien dit. Nikita se moquait de tout ça. Il parlait à qui il voulait, quand il voulait et si ça ne plaisait pas, ce n'était pas son problème.
Un des problèmes d'ailleurs, répondait au nom de Ronald Weasley. Bien qu'il ne lui ait jamais rien fait, son ancien meilleur ami passait son temps à l'insulter et le provoquer. Il répondait rarement à ses provocations, ou alors par des répliques tranchantes digne de son nom. Nikita ne comprenait pas pourquoi le rouquin s'acharnait sur lui. Enfin... Il en avait une petite idée. Ron haïssait Snape, donc il haïssait son fils. En plus, il devenait vraiment très agressif quand il le serpentard en train de parler à Hermione. Peut-être que la jalousie motivait en partie son agressivité, mais Nikita n'allait pas cesser de parler à Hermione à cause de lui.
Hermione... Il était tellement heureux de la retrouver. Il éprouvait un sentiment de nostalgie, comme s'il revenait à quelque chose de familier, appartenant à une vie antérieur. Pourtant, à aucun moment il n'avait eu envie de lui dire la vérité. Il aimait parler avec elle des devoirs, des études, de sujets plus graves aussi, mais c'était tout. Ils avaient parfois parlé d'Harry et le regard d'Hermione s'était voilé de tristesse. Nikita avait appris que Ron avait beaucoup de mal à surmonter la perte de son meilleur ami et qu'il en était devenu plus agressif. Nikita avait senti une pointe de remord, qu'il avait vite étouffée. Il ne mettrait pas en péril sa nouvelle vie, et il savait que Ron arriverait à surmonter ça, grâce à sa famille notamment, car lui en avait toujours eu une... Et Nikita ne voulait pas perdre la sienne.
L'un de ses autres problèmes était Draco Malfoy. Le jeune homme était, bizarrement, agréable à vivre. Il était cultivé et intelligent, avait beaucoup d'humour et s'intéressait facilement à n'importe quel sujet. Mais il ne supportait pas que Nikita "fraternise avec l'ennemi" donc ils se disputaient régulièrement, notamment quand le jeune Malfoy voyait son camarade discuter avec une autre maison que la sienne. Enfin, Draco criait et vitupérait pendant dix bonnes minutes alors que Nikita lisait sans lui porter la moindre attention. Malgrés les crises de Drago, ça ne les empêchait pas de s'apprécier de plus en plus.
En plus de son camarade de chambre, il s'entendait plutôt bien avec Théodore Nott et Blaise Zabini, même s'ils n'étaient pas particulièrement proches. Nikita savait très bien que le père de Théo était un Mangemort mais Draco lui avait affirmé qu'il n'était pas d'accord avec les idées de Voldemort, et qu'il ne comptait pas le devenir à son tour même si, apparemment, il n'avait pas vraiment le choix... Blaise, lui, était neutre. Parmi les autres Serpentards, certains le regardaient avec haine car son père était un traître, comme Pansy Parkinson ou Crabb et Goyle ; d'autres avec respect, car son père était un directeur de maison très respecté ; et les derniers avec indifférence. Pour justifier son rapprochement avec Nikita, Draco avait dit à son père qu'il s'approchait du fils du traître pour connaître ses opinions et l'influencer, car il était déjà venu aux oreilles de Voldy que le fils Snape était un vrai guerrier sur-entraîné. Lucius avait même été récompensé par le Lord pour l'initiative de son fils.
Ce samedi, c'était la première sortie à Prè-au-Lard et Nikita avait reçu, la veille, un hibou de Charlie qui lui proposait de le retrouver au Trois Balais dès le matin, car celui-ci n'oubliait pas qu'il lui avait proposé de lui montrer sa pointe de dragon. Son père faisait, bien sûr, partie des encadrants.
D'après sa mère, il s'était même porté volontaire, ce qu'il n'avait jamais fait avant. Dumbledore avait objecté, disant qu'il était numéro un sur la liste noire de Voldemort et que c'était trop risqué, mais le professeur l'avait fait taire en disant que son fils était autant en danger que lui et qu'il était hors de question qu'il ne soit pas près de lui en cas d'attaque. Vlada avait d'ailleurs ajouté que si elle n'était pas intervenue en faveur de son fils, il n'aurait même pas eu l'autorisation de sortir, surtout après qu'elle ai dit à son mari que Nikita allait à Pré-au-lard pour voir Charlie. Le fils Snape n'avait pas vraiment compris ce que son père avait contre Charlie, mais n'avait pas cherché à comprendre. Draco aussi avait d'ailleurs eu du mal à accepter le fait qu'il n'aille pas à la sortie avec lui, Blaise et Théo pour y aller avec un Weasley. Il avait hurlé pendant de longues minutes, sans succès.
Comme chaque matin, après avoir pris son petit-déjeuner, l'esprit encore brumeux, Nikita alla courir dans le parc. Pendant sa course, il remarqua que l'un des sombrals boitait et après avoir regardé de plus près, il remarqua que l'équidé avait une morsure à la patte, il avait donc prévenu Hagrid et l'avait aidé à soigner l'animal. C'était donc pour cette raison qu'il courait dans les couloirs du château, les cheveux détachés et encore humides, de la douche, sous les regards hébétés et encore endormis des autres élèves.
Lorsqu'il arriva dans le village de Pré-au-lard, il passa à toute vitesse devant ses parents, mais en profita tout de même pour faire un rapide baiser sur la joue de sa mère, chose qu'il faisait rarement maintenant qu'ils ne mangeaient plus ensemble le matin. Il déboula quelques minutes plus tard dans l'auberge, essoufflé et complètement débraillé, en regardant autour de lui. Charlie était assis à une table, en face de la porte, par laquelle Nikita déboula comme une fusée, faisant sourire le dragonnier.
Effectivement, Charlie le regardait … il le dévorait même du regard ! Il le trouvait tellement beau, que son coeur chavirait. Les cheveux de Nikita, ébouriffés et humides, tombaient de part et d'autre de son visage, avec certaines mèches qui lui tombaient devant ses yeux d'un noir d'encre. Il portait une cape noire avec les bords en fourrure, une chemise blanche mal boutonnée qui dévoilait un débardeur noir en-dessous, un pantalon trop fin pour la saison, accompagnée d'une ceinture en argent dont le fermoir représentait une lune, et des bottes en peau de dragon. Sans oublier ses brassards en cuir noir qui ne le quittaient jamais.
Nikita en profita aussi pour détailler le jeune homme face à lui. Charlie avait attaché dans son dos ses longs cheveux et il portait, encore une fois, des vêtements moldus, composés d'une veste en cuir marron sur un polo bordeaux et d'un jean bleu assez classique. Lui aussi, portait aux pieds des bottines en peau de dragon, mais de la même couleur que sa veste et fourrées. Nikita remarqua que Charlie ne portait plus la même boucle à son oreille, il avait l'impression de reconnaître l'objet mais n'était pas sûr. Cette inspection mutuelle ne dura que quelques secondes avant que Nikita s'avance et s'affale sur la chaise en face de Charlie. Il n'eut cependant pas le temps d'ouvrir la bouche, qu'il entendit une voix froide dans son dos. Son père.
« Toujours autant de classe Nikita. »
« J'étais en retard ! »
« Il fallait partir plus tôt, j'espérais t'avoir au moins inculqué la ponctualité que ta mère a omis de t'enseigner. »
« Je ne suis jamais en retard, tu le sais aussi bien que moi. Mais là, pendant mon entraînement j'ai remarqué qu'un sombral boitait alors je suis allé voir Hagrid et j'ai bien mis dix minutes pour le réveiller, ensuite je l'ai aidé à le soigner et le temps de descendre aux cachots pour me doucher, j'étais en retard. » se justifia l'adolescent.
« Ceci explique cela ! » dit sa mère en désignant ses cheveux, qu'elle tapota ensuite avec sa baguette pour qu'ils se tressèrent d'eux-même.
« Merci mama ! » sourit-il en sortant lui-même sa baguette, pour que sa chemise se reboutonne normalement d'elle-même. Pendant ce temps, Severus se tourna vers le jeune homme qui accompagnait son fils, et prit un ton qui n'acceptait aucun refus :
« Monsieur Weasley puis-je vous parler un instant ? » Charlie déglutit mais hocha néanmoins la tête avant de se lever pour le suivre.
« Oui monsieur. »
Une fois dans un coin de la pièce, la chauve-souris des cachots se stoppa et posa un sort d'intimité.
« Monsieur Weasley, » commença-t-il par susurrer en le toisant de toute sa hauteur, « je vois parfaitement clair dans votre jeu, et si Nikita n'a rien vu et ne verra sans doute jamais rien, je sais que vous espérez le séduire. »
Il leva la main alors que Charlie voulait protester.
« Ne niez pas l'évidence, je sais lire sur les visages et le votre, comme tous les Weasley, est comme un livre ouvert. Je voulais juste vous avertir que je sais ce que vous faites et que je ne tolérerai pas qu'il lui soit fait le moindre mal. Vous avez sans doute noté ses réactions ... disproportionnées lors d'un contact imprévu. Sachez que ce n'est pas pour rien, et qu'il a vécu des choses difficiles et en vivra sûrement encore. Vous comprendrez donc que je n'accepterai pas qu'il souffre de vos agissements. Si vous voulez tenter votre chance, soit, mais s'il souffre de n'importe quelle façon à cause de vous … aucun endroit sur Terre ne pourra vous cachez de ma colère. Vu ? » demanda-t-il enfin à Charlie qui avait légèrement blanchi.
« B-bien monsieur. »
« Autre chose, s'il y a une attaque pendant votre... sortie. Il voudra aller aider les combattants, et vous devrez le forcer à retourner au château, par n'importe quel moyen. Je ne veux pas le voir sur le champ de bataille. Est-ce clair ? »
« Oui monsieur, » acquiesça Charlie conscient de sa responsabilité. Severus le scruta un instant avant de hocher la tête et d'enlever le sort d'intimité. Ils retournèrent auprès des deux autres Snape qui discutaient joyeusement.
« Tu lui voulais quoi papa ? »
« Quelque chose pour l'Ordre … donc rien qui te concerne, stupide chat curieux et impertinent. » répondit-il. Puis en voyant son fils qui commençait à ouvrir la bouche, il continua en se tournant vers la porte « Bon allons surveiller ses cornichons qui n'ont rien de mieux à faire que d'acheter des bonbons. »
« Je te rapporterai des Gnomes au poivre et des plumes en sucre papa » s'exclama Nikita en parlant un peu fort. Les épaules de Severus s'affaissèrent, et il sorit, consterné, avec sa femme qui riait beaucoup à côté de lui.
« Si on m'avait dit un jour, que je verrais quelqu'un se moquer ouvertement de Snape et en ressortir vivant, je ne l'aurais pas cru, » dit Charlie tout sourire.
« Il faut juste savoir comment le prendre... » répondit Nikita en souriant également.
« Tu parles très bien notre langue maintenant. » remarqua-t-il.
« Qu'est-ce que je vous sers les jeunes ? » demanda alors madame Rosmerta qui s'approchait.
« Une bièraubeurre s'il-vous-plaît. Nikita, prends ce que tu veux, je t'invite ! »
« Merci Charlie ! » s'exclama Nikita avant de se tourner vers Rosemerta, les yeux brillants « S'il-vous-plaît madame ... dites-moi que vous avez du café, » demanda-t-il d'un ton suppliant.
« Bien sûr que j'en ai jeune homme ! Et je n'en fais pas assez souvent à mon goût ! »
« Vous êtes ma sauveuse, » s'émerveilla Nikita avec un sourire faisant trois fois le tour de sa tête, sous les éclats de rire le Charlie et de la patronne.
La matinée passa calmement, et Nikita montra enfin sa pointe de Noir des Hébrides à un Charlie fasciné. Par la suite, celui-ci lui avoua qu'après l'avoir vu, il avait eu l'idée de faire pareil avec son crochet dont il ne savait pas quoi faire. Le crochet en question avait appartenu à un Dent-de-vipère du Pérou, un dragon redoutable.
Ils se promenèrent un moment dans le village, où Nikita acheta, comme promis, des Gnomes au poivre et des plumes en sucre pour son père. Il acheta aussi pas mal de nouveaux livres sous le regard incrédule de Charlie. Ce dernier lui parla beaucoup de son travail, permettant un sujet de conversation qui les passionnait tous les deux. Ils commandèrent aussi un bon repas au Trois Balais pour le déjeuner, et ils avaient presque fini quand ils entendirent quelqu'un appeler Charlie. Ron courait vers son frère mais il se stoppa à un mètre de la table lorsqu'il aperçut Nikita.
« Qu'est ce qu'il fait là ? » cracha-t-il.
« Comme tu le vois Ron, nous sommes en train de manger, » dit Charlie en fronçant les sourcils alors qu'Hermione arrivait derrière son ami.
« Tu manges avec ce serpent ?! » s'étrangla Ron.
« De quoi tu parles ? »
« Je vois... Il ne t'a pas dit qu'il était à Serpentard ! » déclara le jeune rouquin avec un sourire qui, pendant un instant, ressembla à celui de Draco Malfoy.
« Bien sûr qu'il me l'a dit, mais je ne vois toujours pas le problème, » dit prudemment Charlie, les sourcils toujours froncés.
« Comment ça tu ne vois pas ?! C'est le fils de Snape ! »
« Et ? » l'interrogea son frère, qui appréciait de moins en moins le comportement de son cadet.
« Je vais vous laisser Charlie. C'était très sympa de te revoir, » fit doucement Nikita en se levant, ne voulant pas envenimer la situation entre les deux frères par sa présence.
« Non, ne part pas ! Pas à cause de mon frère ! »
« Ne t'inquiète pas, on se reverra bientôt et j'ai des devoirs à faire aujourd'hui de toute façon. Tu sais bien qu'un devoir de potion de cinquante centimètres sur la capacité des yeux de triton pour faire pousser les cheveux, n'attends pas, » rit-il doucement.
Charlie se leva, clairement déçu. Il voulut dire quelque chose, mais son frère le devança.
« C'est ça ! Je ne sais pas comment tu triches, mais ta méthode marche bien, tu as même surpasser Hermione alors que c'est la plus intelligente, » assena méchamment Ron.
Nikita choisit de ne pas répondre et il se détourna pour sortir, sans un mot, lorsqu'il sentit une main dans son dos. Hermione, qui voulait le retenir pour s'excuser du comportement de Ron, se fit repousser rapidement en arrière par un Charlie qui avait anticipé son geste, pour se mettre entre elle et Nikita, avant que celui-ci ne se retourne, dague au poing. L'action s'était passée si vite, avec des mouvements si fluides, qu'il n'avait heureusement pas attiré l'attention. Ron et Hermione, qui ne voyaient que le dos de Charlie n'avait pas vu la dague. La scène s'était comme arrêtée. Nikita maintenait son arme contre le torse de Charlie et respirait fortement. L'aîné se pencha vers l'autre, pour murmurer :
« C'est bon Nikita, c'est moi : Charlie. Tu ne risques rien. »
Le jeune Russe sembla revenir à lui un instant plus tard et bredouilla, confus :
« Excuse-moi... Vraiment... Je suis désolé... »
« Ne t'inquiète pas, ce n'est pas ta faute. Allez, retourne au château ... je dois engueuler mon frère, » lui dit-il avec un clin d'œil. Nikita hocha la tête et fila. Charlie quand à lui se tourna vers Ron qui n'avait toujours pas bougé.
« C'était quoi ça ? Pourquoi tu as poussé Hermione ? »
« Rien qui ne te concerne, » claqua la voix de Charlie.
Ron n'avait pas l'habitude de voir son frère aussi froid, il devait donc être fâché.
« Mais c'est quoi ton problème ? Il t'a ensorcelé, c'est ça ? »
« Veux-tu arrêter d'être stupide plus de deux minutes d'affilées, Ronald ? » s'exaspéra son frère. « Asseyez-vous, tous les deux. » Une fois que les deux jeunes furent assis, il reprit. « Je peux savoir pourquoi tu te comportes comme un crétin avec Nikita ? »
« Mais... C'est un Snape, un fils de Mangemort, un guerrier russe, il fait de la magie noire, c'est un Serpentard ! Il n'y a que moi que ça choque ?! » s'enflamma-t-il alors qu'Hermione levait les yeux au ciel.
« Apparemment ! » répondit Charlie durement. « Ron, tu as l'esprit tellement étriqué... Reprenons si tu veux bien. C'est un Snape, certes. J'avais remarqué figure-toi. A part être le descendant du plus jeune maître de potion depuis des siècles et d'avoir de magnifiques yeux noirs -mine dégoutée de Ron- je ne vois pas de quoi tu parles. Un fils de Mangemort, là encore je ne vois pas de problème vu que c'est le fils d'un espion qui a sauvé énormément de vies au péril de la sienne durant la première guerre. Un guerrier russe, je te l'accorde ! Il a eu une vie difficile, même si je n'en connais pas plus que toi, et c'est pour ça qu'il s'est beaucoup entraîné. La magie noire ? Rien de plus normal ! Elle est dans le cursus scolaire en Russie. Tout n'est pas uniquement blanc ou noir, Ron ! Renseigne-toi un peu avant de hurler ! Un Serpentard ? Une maison qui incarne la ruse, l'ambition et l'intelligence, je ne vois pas de mal à cela. A part qu'il est capable de tenir une conversation sur beaucoup de sujet. »
« Et il est très intelligent Ron, n'en doute pas ! » intervint Hermione pour la première fois. « Il ne triche absolument pas et il passe beaucoup de temps à la bibliothèque ... tu le saurais si tu y mettais toi-même quelquefois les pieds. Il est très cultivé, s'intéresse à tout et peut débattre sur n'importe quel sujet, même s'il ne parle pas beaucoup. Il n'a pas de préjugés sur les nés-moldus et aide chaque personne qui en a besoin quand nous faisons nos devoirs. »
Un silence s'installa entre les trois jeunes, le regard de Ron passant de Charlie à Hermione, un air abasourdi sur le visage.
« Mais créez le fan-club Snape pendant que vous y êtes ! Tu passes tout ton temps avec tes dragons et tu rentres sans en parler à personne, juste pour le voir, lui ! » s'énerva-t-il en rougissant de colère.
« Ron ! » attaqua son frère. « Je rêve d'un rendez-vous avec lui depuis des semaines et tu viens de tout gâcher ! Tu l'as attaqué sans aucune raison alors qu'il n'a pas répondu à tes agressions verbales. »
« Il ne répond jamais ! » continua Hermione. « Tu passes ton temps à l'insulter et il ne répond jamais ! »
Ron, rouge de rage, se leva subitement et sortit de l'auberge. La jeune fille regarda Charlie qui avait les yeux dans le vague.
« Bon … et si on efface le moment où ton frère débarque pour faire un scandal : comment était ton rendez-vous jusqu'à maintenant ? » demanda-t-elle doucement.
« Merveilleux, » lui répondit-il avec un immense sourire.
.oOo.
L'incident se produisit cette même semaine. Nikita marchait seul dans un couloir peu fréquenté quand il vit un éclair jaune se précipiter contre sa poitrine. Une douce chaleur s'échappa du pendentif qu'il portait toujours sur lui et un protego en sortit pour contrer le sort, qui s'écrasa contre le bouclier de lumière bleutée.
Nikita releva immédiatement la tête, baguette en main, pour fixer l'endroit d'où le sort venait. Il vit alors une dizaine d'étudiants de cinquième, sixième et septième année, sortir de derrière un mur. Ils avaient tous une expression haineuse alors qu'ils le fixaient, baguette levée. Le cœur du jeune homme se serra quand il constata que Ron était parmi eux. Les sorts se mirent rapidement à pleuvoir sur lui, et il les évitait, ou les contrait, assez facilement car ce n'était que des sorts mineurs et qu'un protego pouvait en repousser plusieurs. Il n'avait néanmoins pas le temps de prévenir qui que ce soit, ni de riposter, vu la cadence à laquelle les sorts se précipitait sur lui. Il s'épuisait rapidement et devait vite trouver une solution. Tout à coup, il se décida et arrêta d'esquiver, laissant un sortilège de découpe le toucher à l'épaule. Son sang gicla et il s'effondra à genoux devant ses tortionnaires.
« Voilà où est ta place Snape ! Tu ne vaux pas mieux que ton père, un vulgaire Mangemort. »
Nikita se força à ne pas réagir à l'insulte et se concentra pour faire abstraction de la douleur. Celui qui avait lancé ce sort n'y était pas allé de main morte, se disait-il en voyant son sang couler en abondance. Un autre reprit :
« Il nous a torturé et humilié pendant des années et nous allons nous venger sur toi ! Tu ne fais pas le poids face à nous, aussi bon duelliste que tu sois. Et il ne saura jamais qui t'as fait ça. »
« Il faut bien que l'oubliette serve à quelque chose ! » déclara une jeune fille. « A moins qu'on y aille un peu fort et que tu deviennes un légume, » finit-elle avec un rictus mauvais.
Les coups et les sort se mirent à pleuvoir sur le serpentard, mais au bout d'une minute Nikita se mit à sourire, faisant frissonner ses agresseurs. La voix rauque de Nikita s'éleva :
« Je suis content de te voir Misha. Tu m'aides ? »
« Avec plaisir mon frère, » résonna une voix froide qui semblait venir de partout en même temps.
Sortant de l'ombre, tous virent approcher un Misha au summum de sa colère et il était terrifiant. Ses longs cheveux noirs flottaient autour de son beau visage, alors que son aura, visible pour tout le monde, était faite de volutes de flammes noires. Ses yeux améthyste étaient maintenant rouge carmin et son sourire sauvage dévoilait ses deux canines pointues. Tous les élèves en eurent des sueurs froides, mais comme aucun d'eux ne connaissait vraiment ces créatures, ils décidèrent de rester, ne sachant pas qu'ils ne faisaient pas le poids face à un vampire furieux et un étudiant brillant de Durmstrang.
Nikita se releva pour être au côté de son ami et faire face aux attaquants. Il remarqua que depuis le début de l'altercation, Ron était plutôt en retrait et qu'il avait l'air incertain. Sans perdre de temps, le combat commença et il fut violent. Nikita essayait simplement d'immobiliser leurs adversaires, alors que Misha les faisait souffrir sans qu'il n'y ai rien d'irréversible pour autant, ordre de Nikita ! Il n'avait pas le droit de mordre non plus...
Ron fut le dernier et alors que Misha s'approchait du garçon terrifié, il fut interpellé :
« Misha, laisse-le, il n'a pas vraiment participé, » dit Nikita en anglais sachant que le vampire comprenait et parlait parfaitement cette langue.
« Tu ne peux pas me faire ça ! Il mérite autant que les autres ! » ragea Misha. « Voir plus... » ajouta-t-il tout bas en sachant ce que Nikita endurait en voyant son ancien ami l'insulter. Le vampire continuait de parler russe, ne voulant pas être compris de n'importe qui d'autre.
« Ce n'est pas pour lui que je fais ça, » répondit Nikita, regardant Ron avec dégoût, « mais pour ses frères que j'aime beaucoup et que je respecte. » Il s'adressa ensuite au rouquin «Tu nous suis sans discuter, sinon tu vas les rejoindre ! » dit-il en désignant les élèves inconscients et entassés les uns sur les autres, à côté d'eux. Nikita continuait de perdre du sang et commençait à voir des points noirs danser devant les yeux.
« Misha, ramène-moi chez papa, » souffla-t-il avant de s'effondrer dans les bras du vampire. Celui-ci le porta comme s'il était son bien le plus précieux et d'un geste de main fit léviter le tas que formaient les étudiants assommés. Il tourna la tête vers Ron et cracha :
« Toi ! Conduis-moi au bureau du directeur ! » Le rouquin hocha vivement la tête et partit en direction du bureau.
Arrivé devant la gargouille, Ron marmonna le mot de passe et précéda Misha qui traînait toujours les agresseurs de Nikita, les cognant sur chaque mur sans aucune douceur. La porte s'ouvrit sur un Professeur Dumbledore qui essayait visiblement de calmer un Severus Snape qui allait devenir encore plus furieux lorsqu'il verrait son fils. Ron déglutit péniblement, alors qu'Albus écarquillait les yeux en voyant entrer Misha, qu'il ne connaissait pas, avec un Nikita inconscient dans les bras, et suivit de dix élèves inconscients qu'il laissa tomber au sol devant son bureau. Albus, baguette en main, n'eut pas le temps de réagir que Severus se jeta sur son fils.
« Que s'est-il passé Misha ? » demanda-t-il en avisant la plaie profonde à l'épaule et les autres contusions.
« Il va falloir demander à cet abruti ! » cracha Misha, en désignant Ron, alors que Severus plissait les yeux de colère. « Je suis arrivé au moment où ils le ruaient de coups. En voyant le nombre d'adversaire il a dû faire exprès d'être touché pour que j'entende son appel. »
« Stupide chat imprudent... » marmonna Severus pour lui-même, mais Misha l'entendit clairement et sourit, dévoilant ses canines à Albus qui regardait la scène. « Bon ... la sangsue, je te laisse t'occuper de soigner Nikita. Mets-le sur le canapé, je ne veux pas l'éloigner de moi, » dit-il en russe, à l'intention du jeune aux cheveux ébène.
Celui-ci se dépêcha de s'exécuter, sachant qu'il devait vraiment soigner Nikita maintenant, même si sa vie n'était pas en danger.
« En attendant je vais m'occuper de vous, » dit Severus, en anglais, en se retournant vivement vers le seul des agresseurs encore debout.
Ron déglutit péniblement et se demanda si ce ne serait pas plus simple s'il avait été lui aussi blessé et inconscient. Il préférait une semaine d'infirmerie plutôt que d'affronter un Snape en colère. Il lança un regard suppliant à Dumbledore qui était perdu dans ses pensées en regardant le jeune vampire s'occuper de Nikita.
« Alors, je peux savoir ce qui s'est passé ou je dois aller chercher moi-même ces souvenirs dans votre tête monsieur Weasley. »
La voix de Snape claqua dans la pièce et le fit redescendre sur terre.
« Nous nous sommes rassemblés avec d'autres élèves, » murmura le jeune homme et désigna de la tête le tas d'élèves. « Tout ceux qui détestent Snape... Nous voulions lui faire payer... Et à vous aussi par la même occasion. »
Severus ferma les yeux, ne pouvant pas accepter que son fils souffre à cause de lui encore une fois. Il serra les poings de rage.
« Ensuite ! »
« Nous avons décidé de l'attaquer. L'un d'eux l'a espionné et il savait qu'il passerait par là pour rejoindre la bibliothèque après le Quidditch. Dans le groupe, certains ne voulaient pas être mêlés à ça et avait peur des répercussions, ils sont donc partis. Je suis resté pour pouvoir me venger... » Le ton était tellement bas à présent qu'il fallait tendre l'oreille pour entendre.
« Vous venger de quoi Weasley ? » dit Severus d'une voix rauque, contenant difficilement sa fureur.
« Hermione parle sans arrêt de lui ! Et maintenant, mon frère qui revient de Roumanie juste pour lui alors qu'il l'a jamais fait pour moi ! Il est le meilleur élève depuis des années et il s'entend avec tout le monde ! » explosa Ron en hurlant.
« Donc … votre stupidité et votre jalousie ont été vos seules motivations ? Pourquoi êtes vous toujours debout ? »
« Il voulait, » dit-il en désignant le vampire. « Mais Snape l'a arrêté en disant que je n'avais rien fait et qu'il ne le faisait pas pour moi mais pour mes frères. »
« Vous n'avez rien fait ? »
« Non... Je voulais au départ, mais une fois devant lui je me suis souvenu de ce que Charlie m'avait dit et j'ai vu qu'il ne se défendait pas. Il esquivait mais n'attaquait pas, jusqu'à ce qu'il s'immobilise ... je ne sais pas ce qui s'est passé. Ils lui ont dit qu'il allait le regretter et vous aussi ... et qu'à la fin ils lui lanceraient un oubliette, tant pis s'il devenait un légume. Ils l'ont ensuite roué de coups et l'autre est arrivé. Ils ont échangés quelques mots en russe puis ils les ont tous mis K.O. Snape a dit qu'il se sentait mal et il s'est écroulé. »
« Bien... » dit Severus. « Donc vous ne l'avez pas attaqué même si c'était votre intention, mais vous ne l'avez pas non plus aidé. Le courage des Gryffondors me bouleversera toujours ! » lâcha-t-il avec dégoût « Si ce n'était que moi, je vous mènerais en conseil de discipline pour vous faire renvoyer de cette école … mais comme je sais pertinemment que notre cher directeur refusera … je donne deux mois de retenue, avec moi, chaque soir, pour chacun de ses jeunes. Pour vous, Weasley, ce sera un mois. Estimez-vous heureux que Nikita vous ait épargné, sinon vous aurez eu le même traitement que vos camarades. Je vais donc suivre ses choix même si ça me répugne. Oh ! J'ai failli oublier … Cinquante points en moins pour chacun de ceux-là, et vingt points en moins pour vous. »
Severus se déplaça vers les étudiants pour voir qui étaient les agresseurs de son fils et les bouscula sans ménagement de la pointe de son pied pour accéder aux derniers de la pile.
« Nous avons donc... Trois Serdaigles -étonnant-, trois Pouffsouffles, quatre Gryffondors et -oh surprise-, un Serpentard ! Misha tu en as mordu ? »
« Non, Nikita a refusé que je le fasse dans l'enceinte de Poudlard. »
« Bien. »
« Pardon messieurs, » dit Dumbledore qui avait suivi de loin le débat. « Puis-je savoir qui est ce jeune homme et de quoi il en retourne. »
« Comme vous le voyez mon fils a été agressé dans votre établissement. » Rétorqua sèchement Severus à son supérieur.
« Et comment ce jeune homme l'a-t-il su ? »
« Misha est un vampire et comme Nikita est son frère de morsure, ils sont liés. Nikita a dû voir qu'il ne pourrait pas gagner. Il s'est donc laissé toucher par un sort pour activer le lien et prévenir Misha qu'il était en danger pour qu'il puisse venir à la rescousse. »
Il y eu un grand silence alors que Severus se retournait vers son fils qui n'avait plus que des bleus, ainsi qu'une cicatrice boursouflée et rouge sur l'épaule.
« Bon travail Misha, je vais l'emmener dans mes appartements et mettre de la lotion sur l'entaille, viens avec moi, il sera content de te revoir à son réveil, tu lui manques.» Il se tourna vers le gryffondor « Monsieur Weasley, pas un mot de tout ça, sauf à Miss Granger et votre frère Charlie, je sais que les deux comptes pour Nikita.» son regard se porta ensuite vers Albus « Monsieur le directeur, nous reparlerons de toute cette histoire une autre fois. »
« Severus, je ne veux pas me mêler de vos histoires de famille, mais je ne peux accepter un vampire à Poudlard, c'est contre la loi. »
« Sauf pour un frère de morsure, Albus. La loi l'autorise à rester autant de temps qu'il le souhaite, tant qu'il ne cause aucun dommage. »
« Ce n'est tout de même pas très prudent, cette école est remplie d'enfants. »
« Quand ça vous arrange Albus ! » répondit hargneusement Severus. « Accueillir un loup-garou comme professeur ou un dangereux criminel dans l'enceinte du château, parce que votre précieux élu a un coup de blues, il n'y a pas de problème évidemment. Mais un vampire, protégé par les lois vampirique qui s'occupe de son frère, ça ne va pas. La loi est avec moi, si vous voulez me dénoncer Albus, faites-le ! Mais soyez sûr que vous perdrez le peu de considération qu'il me reste envers vous.» Claqua-t-il avant de partir dans une envolé de cape, en portant Nikita, toujours inconscient, contre son torse « Viens Misha, suis-moi par les ombres pour que personne ne te vois, ».
