Note : Désolé pour ce long moment de silence radio, on a eu vraiment pas mal de soucis personnels et le syndrome de la page blanche (le joueur de Shoto) donc pas de post. On finira cette histoire dans tous les cas, malgré les problèmes récents pour les publications.

Kaemi : Wow, bienvenue, un nouveau lecteur parmi nous ! Yes ! Merci, grâce à toi et aux autres, on va reprendre l'histoire !

Hello : Hello ! Ta théorie est bonne, on en a déjà entendu parlé sur le net ! Merci pour ton commentaire !

Cali : On est désolés pour le retard et on a enfin le nouveau chapitre ! Merci pour ton beau commentaire et j'espère sincèrement que la suite te plaira ! Merci à toi pour ta fidélité !

Sur ce, on espère pour vous une agréable lecture de ce chapitre !

Le mois prochain, nous posterons dans les alentours du 15 !


Katsuki

Dans le tram il ne tenait pas compte de ce qui l'entourait. Il restait enfermé dans ses pensées. La musique raisonnait trop fort dans ses oreilles mais cela l'empêchait de réfléchir à ce qui le rongeait. Machinalement, il descendit à son arrêt et il marcha d'un pas rapide jusqu'à sa maison. Il n'avait pas conscience d'être suivi. Pourtant, ce genre de détail étrange, il les remarquait tout de suite. Mais le blond n'était pas dans son état habituel. Un nuage lui obscurcissait la vue.

Il arriva enfin devant chez lui. Sa mère venait d'arriver dehors, la porte était ouverte et elle tenait un sac poubelle à la main. Son regard se posa sur lui, puis sur l'ombre qui était arrivée sur sa gauche. Un fantôme apparut dans son champ de vision, ce qui l'obligea à détourner son attention de sa mère.

Le blond ouvrit grand les yeux lorsque Todoroki se trouvait à sa hauteur avec une tronche d'impassible, comme si de rien n'était, comme si tout était normal. Qu'est-ce qu'il foutait là celui-là ?

Le choc l'avait tétanisé mais il reprenait rapidement l'usage de sa langue. Il s'apprêta à ouvrir la bouche pour gueuler mais sa mère posa une question auquel le bicolore répondit aussitôt avec un naturel déconcertant. Tout semblait normal et vu son expression de merde, il avait préparé son discours à la con minutieusement.

Ainsi, pendant les cinq minutes de l'échange, Katsuki tourna la tête vers Shoto puis vers sa mère, sa bouche était ouverte et il était face à un grand dilemme. Il pouvait pas foutre son pied au cul à Todoroki, vu que sa mère avait accepté de l'accueillir. Alors qu'ils n'avaient JAMAIS prévu de s'entraîner pour l'oral. Encore moins à deux. Et encore moins ce jour-là en particulier. Putain, il mourrait d'envie de s'enfermer dans sa chambre pour pester contre cette journée de merde. Il n'avait pas envie d'avoir la tronche de son trou du cul de copain en face de lui.

La mère n'avait même pas remarqué la supercherie. Todoroki était une merde pour mentir en plus… Mais là il avait bien réussi son coup.

En arrivant dans la chambre, le blond choisit de l'ignorer comme s'il n'existait pas. Car il sentait qu'il était à deux doigts d'exploser contre son petit ami.

Il voulait à tout prix éviter que sa mère arrive jusqu'à la chambre pour comprendre pourquoi la pièce manquait de s'écrouler sur eux.

Le silence le pesait, et Todoroki choisit de causer en premier. Katsuki était assis sur son lit à cet instant, il était dos au bicolore. Il se tourna vers lui, les sourcils déjà excessivement arqués. Il pouvait très bien le mettre mal à l'aise à le fixer avec ce regard noir, mais il s'en contrefoutait. Ça l'énervait qu'il ait pris cette décision de le suivre jusque chez lui. Il aurait pu lui dire même si le blond aurait évidemment refusé qu'il vienne.

D'ailleurs, il se doutait que c'était pour cette raison qu'il avait fait ce coup en traître. Mais Katsuki dans ces moments, n'avait juste pas envie de voir des gens. La gueule de personne ne lui revenait, même celle de Shoto. Il se recula lorsqu'il vit la main réconfortante de Shoto s'approcher.

« Travailler notre projet ? Mais oui ! Arrête putain ! On sait tous les deux que c'était juste une connerie de prétexte pour que tu viennes me faire chier ! J'ai pas besoin d'aide, juste besoin d'être seul. Et je ne suis certainement pas frustré ! »

Pour le coup, il s'était défoulé. Mais si le bicolore s'attendait à ce qu'il relâche toutes ses pensées les plus profondes, c'était loupé.

Le blond avait senti son coeur se serrer lorsqu'il lui avait dit qu'il voulait l'aider comme il l'avait fait pour lui.

« Putain, j'ai pas fait ça pour que tu me rendes la pareille… Et cause pas de frustration, tu sais même pas pourquoi ça m'énerve. »

Il sentait qu'il était contradictoire dans ce qu'il disait. Il était clairement frustré de tout ça. Il se sentait régresser alors que Deku progressait. C'était impensable, insupportable, insoutenable. Et plus il réfléchissait, plus il sentait que sa tête allait exploser. Tout le monde trouverait ça con de s'énerver pour des choses pareilles, parce qu'ils étaient trop stupides pour comprendre que son objectif lui tenait vraiment à coeur.

Il se détourna de Todoroki et s'éloigna de lui et de sa main tendue.

L'adolescent blessé aurait pu lui dire de dégager tout de suite. Peut être quand gueulant plus fort ça aurait fait comprendre au glaçon qu'il n'avait pas envie de voir sa gueule ce soir. Mais il essaya de se murer dans un nouveau silence, alors que des ondes négatives emplissaient la chambre. Il se disait que ça le ferait fuir tout seul s'il ne le regardait pas et ne lui parlait pas.

Il voulait qu'il dégage mais il n'arrivait pas à le lui dire ou à le pousser jusqu'à la sortie pour lui faire comprendre.

Shoto

Évidemment, c'était certain que ça allait être difficile. Le garçon aux cheveux clairs eut un mouvement de recul lorsque Todoroki approchait sa main pour tenter de montrer son soutien. L'adolescent eut un léger pincement de coeur face à ce geste, comme une sorte de rejet total même s'il savait au fond de lui qu'il ne pouvait pas espérer mieux de son camarade de classe. Il n'était pas du genre à s'ouvrir, un peu comme lui, donc il se renfermait sur lui-même mais de manière beaucoup plus brutale…

Quand de ses deux oreilles il entendit les mots durs de la part de son petit ami, il hésita à partir comme Katsuki le lui demandait. C'était vrai que le garçon n'avait peut-être pas les mêmes besoins que lui comme ce soir-là… Il le vit ensuite lui faire dos et couper toutes sortes de communication entre eux. Il ne releva même pas le fait que l'autre pensait qu'il était en train de payer sa dette par rapport à cette même soirée. Ça n'en valait pas la peine, l'explosif savait au fond de lui que ce n'était pas le genre de la maison de prendre en pitié les autres…

Même s'il était tenté d'abandonner et de laisser l'adolescent se calmer seul dans son coin, il ne voulait pas baisser les bras aussi facilement. Shoto commença à observer autour de lui pour trouver une activité ou quelque chose d'autre pour changer les idées au blond aux yeux rouges. Ses yeux bicolores se mirent à fixer un point particulier et une idée germa directement dans sa tête. Il n'était pas sûr que cela fonctionnerait mais ça valait le coup d'essayer.

« D'accord, j'ai compris Bakugo. Je partirai le plus vite possible pour te laisser de l'espace comme tu me le demandes. Le problème, c'est que j'ai dit à ta mère qu'on travaillerait sur notre projet donc je peux pas partir comme ça sinon elle va se poser des questions. Du coup, en attendant… »

Le garçon aux deux alters se rapprocha de la petite télévision de la chambre, là où était posée la console de jeu de son camarade. Il s'assit en face de lui, choisit le jeu particulièrement violent qu'ils avaient joué ensemble auparavant et alluma la machine.

« On peut toujours se défouler vu qu'on a du temps à tuer. »

Il n'allait certainement pas l'obliger à parler et qu'il n'aurait pas apprécié qu'on le fasse pour lui. Il ne pouvait pas comprendre ce qui frustrait Kasuki s'il ne lui expliquait pas les raisons de cette même frustration. Il savait que ça avait un rapport avec le jeune homme aux cheveux verts et sa manière de se battre mais Shoto ne devinait pas plus. Il laissa cependant cette petite curiosité de côté en prenant une des deux manettes et en diminuant le son pour pas que les parents au rez de chaussée entendent que la console était allumée.

Il ne restait plus qu'à voir si le blond accepterait son offre.

Katsuki

Le blond énervé s'imprégna du silence de la pièce. Il resta dos au bicolore et l'ignora avec fermeté. Il prit son portable mais il ne se concentrait pas vraiment sur ce qu'il faisait. Le silence persistait, comme si Shoto avait disparu de sa chambre sans ouvrir la porte. À plusieurs reprises il fut tenté de tourner la tête pour vérifier si il était toujours présent mais il résistait à la tentation.

Il trouvait bizarre que Todoroki se sente à ce point impliqué par son problème alors qu'il savait pertinemment comment Katsuki réagirait. Il n'aimait pas trop l'idée qu'il ait envie de faire pareil, de le réconforter, alors qu'il n'exprimait pas du tout le besoin de côtoyer quelqu'un lorsqu'il était dans ses idées sombres.

Pourtant…

Les bonnes intentions du Todoroki étaient réelles. Il le sentait. Il essayait d'être présent mais cela n'avait pas été un franc succès que de lui faire cette étrange surprise. Bakugo n'appréciait pas ce genre d'attention. Pourtant, il en avait besoin sans vouloir le dire.

La voix dans son dos le fit lever le nez de son portable. Il ne se retourna pas, mais ses oreilles avaient parfaitement entendu. Il était conscient que sa mère comprendrait pas si double-face disparaissait aussitôt. Mais il s'en contrefoutait qu'elle en vienne à penser qu'ils s'étaient encore disputés.

Bakugo resta bougon et ne répondit rien lorsqu'il entendit sa proposition. Il entendit le bicolore s'installer sur le canapé qui grinça un peu.

Se défouler sur un jeu vidéo était une idée loin d'être conne. Son regard se tourna même vers son camarade alors que l'hésitation se lisait dans ses yeux. Inconsciemment, le garçon au double alter venait d'allumer quelque chose dans le regard du blond. Il avait l'impression que les cheveux lisses de Shoto le narguaient de dos.

Quand il se décida enfin à aller s'asseoir sur le canapé à côté de l'autre, il n'avait presque fait aucun bruit pour venir. Il prit la console entre ses mains avec un air bougon mais il ne fit aucun commentaire.

Il commença à jouer en restant totalement fermé. Il ne jurait pas comme à son habitude, il restait silencieux. Une demi heure passa alors qu'il arrivait enfin chasser ces merdes de pensée de son esprit. Pourtant, ses yeux s'étaient agrandi quand Todoroki avait réussi un combo qui avait bien failli mettre son Bryan Fury au tapis. Il donna un coup d'épaule à son voisin.

« C'est pas aujourd'hui que tu vas me battre à ce jeu… »

Il pensa fort intérieurement qu'il espérait que ça n'arriverait jamais. Mais Todoroki commençait à bien comprendre le fonctionnement de la manette. Ses doigts habiles se mouvaient plus vite et il réfléchissait au combo qu'il pouvait faire.

Katsuki le regardait en fronçant le nez. Le challenge lui permettait de se vider la tête.

En fin de compte, la compagnie de ce con n'était pas si désagréable.

De un, il n'ouvrait pas la bouche pour dire de la merde. C'était la clé pour éviter que Katsuki s'énerve. De deux, il ne posait pas de question sur ses états d'âme. Ce qui évitait au blond de penser expressément à tout ce qui lui retournait la tête. De trois, au jeu, Todoroki apprenait vite et il arrivait progressivement à contrer ses attaques et son style de combat.

L'adolescent grincheux relança une partie. Tout en faisant cela, il se décala un peu sur la droite du canapé. Cette position qu'il allait prendre n'était pas pratique pour jouer, mais elle allait être confortable pour sa tête. Le blond bascula son corps sur le côté puis posa sa tête sur les cuisses de Todoroki. Il en avait rien à foutre que ce qu'il faisait pourrait être gênant. Il avait envie de se mettre comme ça. Après tout, si double-face était là pour le faire penser à d'autres choses, il avait droit de chercher la proximité. Ainsi, jouer avec la console la tête posé sur la cuisse de son petit ami ne lui posa pas tellement de problème. Il jouait un peu moins bien, certes, mais ça lui était égal.

Shoto

Au début, le garçon aux cheveux rouges et blancs ne perçut aucune réaction de la part de Katsuki.

Et au bout de quelques secondes, il ressentit un soupçon de peur à l'idée que sa proposition soit stupide et n'apporte pas de solution contre les frustrations de l'adolescent. Il n'eut cependant pas le temps d'y réfléchir davantage qu'il aperçut un mouvement discret à sa gauche et un petit sentiment de victoire et de fierté vinrent se loger dans son cœur. Néanmoins, il laissa son regard fixé sur l'écran et commença à jouer pour éviter que l'autre ne se braque et retint même un léger sourire face à cette réussite.

Petit à petit, l'ambiance s'allégeait, à son plus grand soulagement. Il eut le sentiment d'avoir bien fait de venir et de se sentir utile pour son copain, même un peu. Un silence réconfortant s'installait dans la pièce où l'on pouvait entendre quelques cliquetis de manette de jeu ça et là, ne dérangeant pas le moins du monde la concentration des deux adolescents. À chaque partie perdue, Shoto apprenait de nouvelles techniques et combos, comprenant ses erreurs et analysant les gestes de son camarade. Après tout, c'était bien en forgeant qu'on devenait forgeron ? On pouvait clairement dire que ce proverbe s'appliquait ici.

Du coin de l'œil, il fut heureux de constater que ça défoulait bien l'ado au caractère bien trempé. En effet, au fur et à mesure des parties de jeu, il pouvait observer ses muscles se détendre, comme si le problème était effacé sur l'instant. À un moment, le jeune Bakugo fit même une remarque comme quoi ce n'était pas aujourd'hui qu'il pouvait le battre à ce jeu. À cela, il répondit :

« Certes… Mais je te promets qu'un jour, j'y arriverai ! »

Une lueur de défi s'alluma dans ses yeux bicolores et un fin sourire se dessina sur ses lèvres. On pouvait clairement voir que le sérieux du fils d'Endeavor et qu'il était prêt à relever ce challenge. Le plus tôt serait le mieux pour pouvoir montrer ses preuves dans le domaine que Bakugo affectionnait tant. Voir la lueur de compétition dans le regard rouge carmin était une bonne source d'adrénaline et ça faisait du bien… Il passait un moment agréable avec celui qu'il commençait à apprécier de plus en plus.

Puis une nouvelle partie de jeu fut lancée et l'adolescent s'attendit à voir la routine instaurée depuis un bon nombre de minutes se répéter. Son cœur bondit presque hors de sa poitrine quand il sentit la tête du blond se poser soudainement sur ses cuisses de manière nonchalante. Il eut un arrêt dans ses mouvements et lâcha presque la manette sous la surprise.

Le jeune Todoroki n'était pas encore habitué à tout ce qui touchait au contact avec les autres, encore moins s'il ne l'initiait pas de son plein gré. Cette sensation n'était néanmoins pas désagréable. Juste... surprenante sur le moment. Surtout venant de la part de Katsuki alors qu'il était ''de mauvaise humeur''.

Le geste, venant de son copain, était presque mignon surtout dans son état d'esprit actuel. Il ne fit cependant aucune remarque pour éviter de casser l'ambiance. Après tout, si Katsuki avait besoin de contact pour aller mieux, il pouvait faire un effort. Avec ces pensées internes, il reprit de manière un moins maladroite la manette entre ses mains et continua de jouer, le cœur tambourinant toujours contre sa cage thoracique.

Le temps défilait mais Shoto ne parvenait pas à se concentrer pleinement sur sa tâche, ratant pas mal de fois ses coups contre son adversaire. Heureusement, il nota que l'autre galérait aussi à jouer à cause de sa position inconfortable donc il se sentit un peu moins ridicule. Son esprit était complètement ailleurs et était pleinement conscient des sensations un peu étranges provenant des mouvements de tête du blond contre ses cuisses quand il jouait.

''Bon, sang, qu'est ce que c'est gênant'', pensa le garçon le rouge aux joues bien présent.

Au bout d'un moment, ses yeux oscillèrent entre l'écran de télévision et les pics blonds qu'il savait doux au toucher et une envie de les caresser le prit. Il lui fallu quelques secondes pour se décider à lâcher doucement sa commande, la poser doucement de côté et commencer à effleurer quelques mèches avec l'une de ses mains. Il remarqua que le blond ne réagissait pas face à ce geste, alors il se sentit plus en confiance pour glisser ses doigts et caresser le cuir chevelu en mouvement de va et vient doux. La texture était douce, montrant que l'adolescent à côté de lui était quelqu'un de très soigné malgré les apparences. Comme il ne savait pas comment l'autre aller réagir face a son initiative, il faisait ses gestes progressivement, le prenant avec des pincettes.

Pour éviter de croiser son regard et cacher sa gêne, il posa son regard sur l'heure de la console et constata que ça faisait depuis au moins 1h30 qu'ils jouaient ensemble. Sa main se crispa légèrement dans le cuir chevelu de son petit ami quand il demanda d'une voix peu assurée :

« Hm... Est-ce que… tu veux que je parte ? On s'est occupés pendant suffisamment de temps pour que ta mère ne se doute de rien et je ne veux pas m'imposer... »

Il déglutit face à ses dires, ayant peur de par ses gestes -la main dans ses cheveux- et son discours, d'avoir peut-être gâché... Quelque chose ? Mais bon, c'était un homme de parole... Après tout, il lui avait promis qu'il partirait au bout d'un certain temps pour le laisser gérer seul ses problèmes, lui laisser de l'espace. Alors évidemment qu'il lui laissait le choix, même si ça paraissait un peu soudain.

Peut-être que la gêne l'avait poussé à faire diversion, aussi... Mais ça, il n'y pensait pas vraiment sur l'instant, bien qu'on pouvait voir aisément ses joues légèrement teintées de rouge alors qu'il regardait tout sauf le visage pâle de Katsuki.