Gnaaaaa !!!! Enfin réussi à poster, après une petite déprime quant à la longueur de ce chapitre (23 pages Word au lieu de 14 pour les autres chapitres). Mais bon, comme c'est le tout tout tout dernier et qu'il n'y aura que l'épilogue après, faut bien faire du zèle... Je vous laisse à votre lecture !
ENJOY !!
James regardait le paysage d'Ecosse défiler par la fenêtre du Poudlard Express. Il avait beaucoup de mal à réaliser tout ce qui s'était passé depuis la dernière fois qu'il était monté dans ce train. Et il s'en fichait. Sirius était là, c'était tout ce qui comptait. Se lovant dans un coin du compartiment, il ferma les yeux, sans pour autant parvenir à chasser de son esprit toutes les images qui tournaient en boucle devant ses yeux. Toutes les images de l'année qu'il avait passée. Toutes les soirées qu'il avait passées dans le lit de Matt, dans ceux des Serpentards. Ou seul, au sommet de la tour d'astronomie, à fumer joint après joint pour essayer d'oublier juste quelques secondes la solitude qui le dévorait. Le train ralentit, et s'arrêta en gare de King Cross. Les maraudeurs se levèrent, et James attrapa sa malle dans une main et le grand sac dans lequel il avait mis tout ce qui ne tenait pas dans sa malle dans l'autre. Ils sortirent du train, et Remus et Peter s'éloignèrent vers leurs parents qui les attendaient. Sirius demanda à James :
-Bon… On est partis ? Tu peux transplaner seul, ou tu veux que je t'aide ?
-Je veux bien que tu me guides juste un peu, s'il te plait.
Depuis qu'il avait retrouvé ses pouvoirs, James n'avait pas transplané, et la perspective de recommencer l'angoissait au plus haut point.
-OK.
Sirius attrapa le poignet de James, et ils transplanèrent devant la maison de Sirius. Ils montèrent les escaliers, et Sirius ouvrit une porte, juste à coté de celle de sa chambre. C'était une chambre d'amis, de la même taille que celle de Sirius. Un lit deux places avait été posé au fond, et un bureau avec une chaise faisait face à une fenêtre qui permettait de voir tout le quartier.
-Je te laisse t'installer, indiqua Sirius. Si t'as besoin de quelque chose, tu me demandes, d'accord ?
-D'accord, merci.
Sirius rentra dans sa chambre. Elle était telle qu'il l'avait laissée la dernière fois qu'il en était parti : un duvet roulé en boule était encore posé sur le matelas au sol, et son lit était défait. Il se souvenait trop bien de ce qui s'était passé la dernière fois qu'il avait dormi dans sa chambre. Il se souvenait trop bien de l'état dans lequel James était lorsqu'il l'avait retrouvé dans le monde moldu, étendu par terre sous la pluie. Il se souvenait trop bien de sa maladie, de ses recherches désespérées pour trouver quelqu'un qui accepterait de le soigner. Il se souvenait trop bien de l'arrêt cardiaque qu'il avait fait, du sprint qu'il avait piqué entre le portail de Poudlard et l'infirmerie, de Mme Pomfresh qui branchait James sous respiration artificielle, en plus d'une potion obligeant son sang à circuler normalement malgré son arrêt cardiaque. Il se souvenait trop bien du corps de James à l'infirmerie, allongé sur un lit, les bras, le visage et le torse branchés à des multitudes de fils et de tuyaux chargés de le maintenir en vie. La semaine qui s'était écoulée avant qu'il ne sorte de son coma lui avait paru durer une année entière.
Il avait du mal à réaliser que tout était fini. Que même si James n'avait toujours ni travail, ni argent, au moins il était chez lui, et il pourrait être sûr qu'il se nourrisse convenablement sans être obligé de se prostituer. Même s'il savait qu'il ne pourrait jamais se pardonner de tout ce qu'il lui avait fait. Comment avait-il pu s'obstiner à croire pendant six mois que James vendait son corps simplement parce qu'il aimait ça ? Comment avait-il pu fermer les yeux sur le fait qu'il se scarifiait, qu'il se droguait, qu'il refusait de s'alimenter ? Il partait à chaque fois du principe que James était trop têtu, et que ça ne servait à rien de l'inciter à manger s'il ne le voulait pas. Pourtant, lorsqu'il était revenu à Poudlard, après sa sortie de l'infirmerie, il avait souvent refusé de se nourrir, et à chaque fois, Sirius avait fini par l'obliger à manger. Et même si maintenant, James n'avait plus aucuns problèmes de drogue ou d'anorexie, il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour lui. Il faisait encore beaucoup de cauchemars, même si ceux-ci s'étaient nettement atténués depuis qu'il voyait une psy. Et surtout, il n'avait plus du tout la même vision des rapports sexuels. Avant la mort de ses parents, James était considéré par tous comme un tombeur, celui qui avait fait passer la moitié des filles de Poudlard dans son lit. Maintenant, la simple perspective d'être nu avec quelqu'un d'autre dans un lit l'effrayait au plus haut point. Mais Sirius devait se faire à cette idée : James ne serait plus jamais le même qu'avant. Il ne pouvait pas être resté le même après avoir passé un an à se prostituer et à être frappé par celui qu'il considérait comme son meilleur ami.
Après avoir rangé sa chambre un minimum, il sentit son ventre lui rappeler qu'il était 20 heures, et qu'il avait faim. Il descendit dans la cuisine, et ouvrit le frigo, ensorcelé pour conserver éternellement tout ce qui était dedans. Inspectant rapidement les stocks, il remonta et frappa à la porte de la chambre de James. Celui-ci lui cria d'entrer.
-James, je fais à manger… Steak haché, haricots verts, ça te va ?
-Oui, pas de problèmes… Tu veux que je t'aide à les préparer ?
-Je veux bien, si ça te dérange pas.
Ils redescendirent, et, cinq minutes après, étaient en train de manger. Sirius remarqua rapidement que James avait l'air préoccupé.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Rien… Je pensais aux ASPICS.
Sirius sourit légèrement.
-T'as pas à te faire de souci pour ça, James. T'as révisé comme un taré pendant un mois et demi, tu les auras !
-Non, justement… J'ai totalement planté les épreuves pratiques, et même pour la théorie, j'avais l'impression d'avoir tout oublié, je mélangeais tout… Je les aurais pas, Sirius !
-James. Ecoute, s'il te plait. En supposant que tu n'aies pas tes ASPICS… Tu crois vraiment que je te foutrais à la rue ? Tu restes chez moi tant que tu n'as pas trouvé de boulot convenable, que tu le veuilles ou non. C'est compris ?
Il acquiesça d'un signe de tête.
-Merci.
-Je t'en prie.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James avait l'impression d'attendre depuis une éternité, et, à en juger par leurs expressions, Sirius et Severus éprouvaient la même impression. L'homme assis derrière son bureau finit par lever les yeux vers eux.
-Bon, je résume pour être sûr d'avoir bien compris. Vos parents ont été tués par Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom le 5 juillet dernier. La fortune dont ils étaient propriétaires, au lieu de vous revenir, a été partagée par vos oncles et tantes du coté de votre mère, qui, comme preuve que cet héritage leur revenait, ont avancé des souvenirs dans lesquels votre mère disait qu'elle souhaitait cette répartition de leur argent. Et vous décidez de faire appel en vous basant sur le fait que ces souvenirs ont été totalement inventés par vos oncles et tantes, c'est bien cela ?
-Oui.
-Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ?
-Je peux les lui amener, répondit Rogue. Un sortilège relevant de la légilimancie permet de mettre en évidence l'absence totale de traces de l'esprit de la personne qui possédait ces souvenirs. Et ceci est infalsifiable, si le sort ne trouve pas ces traces, il est impossible que ces souvenirs soient réels.
-Très bien, accepta l'avocat devant eux. J'accepte de prendre la défense de votre dossier. Mais vous devez savoir que faire appel, et de plus un an après la première décision du Magenmagot, a un prix, et que si jamais vos oncles et tantes sont reconnus comme non-coupables, vous-mêmes pouvez avoir à leur payer des dommages et intérêts pour procédure abusive.
-On le sait, assura Sirius.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Sirius s'étira longuement, et tourna la tête vers son réveil. 11h30. Faut que je me lève, pensa-t-il sans pour autant décoller la tête de son oreiller. A midi pile, il réunit son courage à deux mains et parvint à sortir de sous sa couette. Il descendit dans la cuisine en ne faisant pas de bruit pour ne pas réveiller James qui lui faisait une sérieuse concurrence au poste de lève-tard en chef, il commença à préparer le déjeuner. La porte de la cuisine s'ouvrit, et il entendit James murmurer un vague "Gn'alut !".
-T'as l'air aussi réveillé que moi ! sourit Sirius en lui ébouriffant un peu plus ses cheveux.
-Tu peux pas imaginer…
Quelqu'un sonna à la porte, et James alla ouvrir. Quelques secondes plus tard, Sirius entendit une voix indignée :
-Me dites pas que vous venez tout juste de vous lever !! Moi je suis debout depuis 8 heures !
-Toi t'es un taré, Remus ! répondit Sirius en lui serrant la main. A quoi ça t'avances de te lever aussi tôt qu'en période scolaire ?
-A garder les bonnes habitudes… Sinon, comment vous allez ?
-Fatigué… répondirent-ils en chœur.
Remus leur lança un regard désespéré. Plus tard, dans l'après-midi, alors que Remus venait de repartir, deux hiboux arrivèrent et se posèrent devant eux. James pâlit violemment. C'était des hiboux de Poudlard. Les résultats des ASPICS. Sirius prit celui qui s'était posé devant lui, et lut :
Résultats à l'épreuve des ASPICS
Le candidat est reçu s'il obtient l'une des notes suivantes :
O (Optimal)
E (Effort Exceptionnel)
A (Acceptable)
Le candidat est recalé s'il obtient l'une des notes suivantes :
P (Piètre)
D (Désolant)
T (Troll)
Le candidat Sirius BLACK a reçu aux épreuves les notes suivantes :
Défense contre les Forces du mal : O
Métamorphose : E
Sortilèges : O
Potions : A
Arithmancie : A
Histoire de la magie : P
Botanique : E
Décision du jury : Le candidat Sirius Black est reçu au diplôme des ASPICS.
Sirius soupira légèrement. La seule matière où il n'était pas reçu était celle dont il n'avait pas besoin pour continuer ses études d'auror. Il leva la tête vers James, qui restait inexpressif, les yeux rivés sur son parchemin. Il passa derrière lui, et jeta un œil sur ses notes :
Défense contre les Forces du mal : D
Métamorphose : P
Sortilèges : D
Potions : T
Arithmancie : P
Histoire de la magie : P
Botanique : T
Décision du jury : Le candidat James Potter est recalé au diplôme des ASPICS.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
-James ! insista Sirius. S'il te plait, dis-moi quelque chose !
James resta immobile, les yeux dans le vide, les bras autour des genoux. Depuis qu'il avait reçu les résultats de ses ASPICS, la veille, il ne lui avait pas décroché un seul mot. Quelqu'un sonna à la porte.
-Bon, je vais ouvrir… Et quand je reviens tu me dis quelque chose !!
Sirius descendit et ouvrit la porte sur McGonagall.
-Professeur…
-Bonjour Sirius. Je ne vous dérange pas ?
-Non, non…
-Bien. J'aurais voulu parler à James, est-ce qu'il est là, s'il vous plait ?
-Oui, je vais le chercher… Entrez !
Il conduisit la professeur jusqu'au salon, et monta dans la chambre de James.
-James ? C'est McGonagall, elle voudrait te parler…
James leva la tête, visiblement étonné, puis acquiesça d'un hochement de tête.
-J'arrive.
Il descendit derrière lui, et le suivit jusqu'au salon, où McGonagall les attendait.
-Bonjour, James.
-Bonjour.
Il s'assit en face d'elle, à coté de Sirius, et McGonagall reprit :
-Bon, je suis ici pour deux raisons. Tout d'abord, sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, je voulais vous parler des ASPICS. Je voulais savoir si vous souhaitez que je vous inscrive sur les listes d'inscription à l'examen de l'année prochaine, en candidat libre ?
-Ca coûte rien d'essayer… répondit James en haussant les épaules.
-D'accord. Maintenant je voulais savoir. Est-ce que vous avez retrouvé du travail ?
-Je peux pas sans mes ASPICS… Pourquoi ?
-Parce que j'aurais peut-être un emploi à vous proposer.
-Hein ? Vous… Je peux travailler sans ASPICS ??
-Oui. Le professeur Dumbledore a fait passer un règlement qui stipule que les professeurs ont le droit d'embaucher des assistants qui auront pour tâche de les aider dans leur travail : préparation des cours, de la salle de classe, etc. Et je vous avoue que moi-même, j'aurais besoin de quelqu'un qui fasse certaines de ces taches. Est-ce que ça vous intéresserait ?
James acquiesça vivement, ne pouvant pas croire qu'on lui proposait un travail alors qu'il n'avait pas d'autres diplômes que les BUSE.
-Bien. Je vous ait amené un exemplaire du contrat de travail auquel vous serez soumis si vous acceptez cet emploi. Je veux que vous preniez le temps de le lire attentivement, et vous me ferez parvenir votre réponse définitive par hibou, d'accord ?
-Entendu. Merci beaucoup, professeur.
-Je vous en prie, James.
Elle lui tendit un parchemin qu'il prit, puis ils la raccompagnèrent jusqu'à l'entrée.
-Bonnes vacances à tous les deux.
-Merci, vous aussi.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James s'allongea sur son lit, et déroula le rouleau de parchemin que McGonagall lui avait donné. S'installant plus confortablement, il le lut :
Article 1 Conformément à la l'arrêté du 9 juillet 1977 relatif à l'embauche par un professeur de Poudlard d'un assistant, ce contrat permet à un assistant de travailler exclusivement au service d'un professeur de Poudlard durant toute la validité de la présente.
Article 2 La réussite à l'examen des ASPICS n'est pas demandée à l'assistant pour l'exercice de ses fonctions. Le seul diplôme demandé sera une BUSE dans la matière du professeur pour lequel il travaillera.
Article 3 Par ce présent contrat, la durée officielle de travail minimum de l'assistant est de six jours complets chaque semaine. Son jour de repos pourra être négocié avec le professeur.
Article 4 L'assistant demeure sous la responsabilité du professeur durant toute la validité de son contrat. Au cours dudit contrat, si le professeur venait à faire preuve d'injustice ou d'exploitation de son assistant, celui-ci se réserve le droit de demander réparation directement au directeur de Poudlard, où cette question sera débattue avec celui-ci.
Article 5 Le professeur aura le droit de renvoyer, à tout moment et sans préavis son assistant si celui-ci venait à commettre une faute grave. En cas de renvoi injustifié, l'assistant peut demander réparation au directeur de Poudlard.
Article 6 L'assistant aura pour tache, durant toute la durée de validité de son contrat d'aider, de subordonner, et d'assister le professeur dans toutes les tâches en rapport direct avec l'emploi de ce dernier.
Article 7 Tout service en rapport direct avec l'emploi du professeur a un prix :
- Pour une aide à la préparation des cours (rédaction des exercices, du déroulement du cours, etc.) : 10 gallions.
- Pour une aide à la préparation des travaux pratiques (mise en cage d'éventuels animaux, vérification de la réaction magique prévue sur les animaux) : 20 gallions.
- Pour une correction des copies : 15 gallions par paquet de copies.
- Pour d'éventuelles réparations de la salle de classe après des accidents de travaux pratiques : 30 gallions.
Article 8 L'assistant devra, en période scolaire, être nourri et logé dans les appartements du professeur. Si jamais le professeur venait à employer l'assistant en période de vacances, ce dernier devra être payé, nourri et logé pendant toute la durée de son travail.
Clause N°1 Le professeur a une autorité suprême sur son assistant. Celui-ci lui devra une obéissance immédiate pour tout ordre relatif à son travail, et n'aura pas à quitter l'enceinte de Poudlard sans l'autorisation du professeur.
Clause N°2 L'assistant n'aura en aucun cas le droit de corriger des copies de 6e et 7e année s'il n'a pas obtenu le diplôme des ASPICS.
Clause N°3 L'assistant pourra, en cas d'indisponibilité du professeur, assurer les cours jusqu'à la 5e année en cas de possession des BUSE, et jusqu'à la 7e année en cas de possession des ASPICS.
James le relut trois fois. Un an auparavant, il n'aurait jamais accepté un emploi qui l'obligeait à être sous la responsabilité de quelqu'un à qui il devrait obéir sans discuter. Aujourd'hui, la perspective de travailler pour McGonagall, à Poudlard, l'emballait tellement qu'il n'en avait rien à faire. Il prit un parchemin, une plume, et écrivit :
Professeur,
J'accepte de travailler pour vous en tant qu'assistant. Je vous remercie encore de m'avoir fait cette proposition,
Cordialement,
James Potter.
Il descendit demander à Sirius l'autorisation d'utiliser son hibou.
-Y a pas de problèmes ! Tu vois que t'avais pas de soucis à te faire…
Il acquiesça, et renvoya sa réponse à McGonagall.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Tous les élèves, exceptés ceux de 1e année, rentrèrent dans la Grande Salle, visiblement trempés après être passés sous la nuée de grêle qui tombait actuellement dans le parc. Aussitôt, les remarques fusèrent.
-Potter ?
-Qu'est-ce qu'il fout à la table des profs ?
-Y a aucun prof qu'est parti, il a quoi, comme poste ?
Le silence retomba lorsque les première année rentrèrent, emmitouflés dans leurs capes. McGonagall, qui marchait devant eux, s'arrêta devant la table des professeurs, et commença la cérémonie de la répartition. Lorsque tous les élèves furent répartis dans leurs maisons respectives, Dumbledore se leva, et annonça :
-Bon appétit à tous !
Les plats apparurent sur les tables, et aussitôt le murmure des conversations fut remplacé par les cliquetis des couverts. Minerva revint derrière la table des professeurs, s'asseyant à sa place, entre Dumbledore et James. Celui-ci avait beaucoup de mal à se faire à l'idée qu'il était à Poudlard, non plus comme élève mais comme assistant d'un professeur. Rien que le fait d'être assis à cette table, à coté de McGonagall, et face à tous les élèves le mettait mal à l'aise. Lorsque le banquet fut terminé, Dumbledore se leva, et le silence tomba dans la salle.
-Bienvenue à tous pour cette nouvelle année ! Avant que je ne vous laisse repartir vers vos dortoirs respectifs, j'aurais quelques informations à vous apporter. Tout d'abord, permettez-moi de vous présenter, même si certains d'entre vous le connaissent déjà, James Potter, qui secondera le professeur McGonagall en tant qu'assistant.
James se leva et adressa un bref signe de tête aux élèves, qui, pour la plupart, l'applaudissaient poliment. Il se rassit, mais Dumbledore continua :
-J'aimerais dire deux mots à propos de la nomination de Mr Potter, et ceci s'adresse particulièrement à nos élèves les plus âgés. Bien qu'il ait partagé vos cours pendant un certain nombre d'années, il est actuellement ici en tant que professeur, et je ne tolèrerais en aucun cas un quelconque manque de respect, qu'il soit verbal ou physique. J'espère m'être bien fait comprendre, ajouta-t-il en posant successivement ses yeux sur Kalrane, à la table des Gryffondors, et Nott et Rosier qui avaient redoublé leur septième année.
Puis il reprit :
-Maintenant, notre concierge Mr Argus Rusard m'a demandé de vous rappeler que la liste des objets interdits dans l'école était affichée sur la porte de son bureau. Les Première Année doivent savoir – et il serait aussi utile que nos plus vieux élèves s'en souviennent – qu'il est formellement interdit de pénétrer dans la forêt interdite, tout comme il est interdit de se trouver dans les couloirs de l'école entre 22 heures et 7 heures du matin. Si vous souhaitez avoir plus de détails quant au règlement intérieur du collège, je vous invite à vous adresser à l'un de vos professeurs, ou à vos préfets. Sur ce, bonne nuit à tous !
Les élèves repartirent derrière leurs préfets et, quand la salle fut vide, les professeurs se levèrent. James suivit McGonagall jusqu'à ses appartements, au troisième étage. Elle donna le mot de passe à un tableau qui s'écarta pour les laisser rentrer dans une pièce ressemblant à un petit salon. Un canapé rouge était posé au fond de la pièce, à coté d'une étagère en bois contenant beaucoup de manuels scolaires. Une table basse en pin était posée devant la table.
-Assieds-toi, l'invita McGonagall en lui désignant le canapé d'un signe de tête.
James s'assit, et Minerva lui montra son emploi du temps.
-Les cours que j'ai dans la semaine. Comme je n'ai pas de cours demain, j'en profiterais pour te rappeler le programme des cinq premières années, et t'expliquer un peu ce que j'attends de toi pour la préparation des cours.
-D'accord.
Elle désigna la bibliothèque à coté, et lui dit :
-Tu pourras réviser autant que tu voudras pendant tes temps libres. Tu peux utiliser tous les manuels que tu veux, et si tu as besoin d'un livre de la réserve, demande-le moi, je te signerais une autorisation pour Mme Pince. Et si tu as besoin d'aide pour travailler, tu n'hésites pas à me le demander, d'accord ?
-Merci.
-Bien. Maintenant, par rapport à ce qui est écrit sur ton contrat, tu dois savoir que, si je serais intransigeante sur certains articles, d'autres m'importent peu. Même si je tiens à ce que tu fasses ce que je te demande dans les temps, tu ne dois pas hésiter à me dire si tu as peur de lancer certains sorts ou de manipuler certains animaux, d'accord ? Pour les corrections des copies, je te donnerais le barème de notation que j'utilise, et là encore, tu ne dois pas hésiter à me demander si tu hésites par rapport à une question. Et une dernière chose : je veux que tu saches, que même si ton contrat dit que je peux te renvoyer quand je veux, je ne le ferais pas sans raisons. Je ne te licencierais pas si tu n'as pas fait quelque chose de vraiment grave, d'accord ?
Il acquiesça. Elle se leva, et James la suivit. Elle ouvrit une porte donnant sur une chambre. Les murs rouges et le bureau en pin lui rappelaient étrangement la chambre de préfète de Lily. Là encore, une étagère contenant quelques manuels était placée dans un coin de la pièce. Une table de nuit en pin sur laquelle était posée un réveil et une lampe de chevet avait été placée juste à coté du lit deux places.
-Ce sera ta chambre. La clé est sur le bureau, et tu seras le seul à en avoir une, moi-même je n'en aurais pas.
Il hocha légèrement la tête, et elle lui désigna les deux portes, en face sa chambre :
-A droite, c'est la salle de bains, et à coté, le bureau. La dernière porte, c'est ma chambre. Inutile de te préciser que tu n'as pas à y entrer sans ma permission. Ce sera tout pour aujourd'hui. Je te retrouve demain matin, même si on n'a pas cours, nous devons tous les deux être au petit-déjeuner à 7 heures. Alors sois prêt à l'heure.
-D'accord. Je serais pas en retard.
-Très bien. Alors bonne nuit.
-Merci, vous aussi.
James rentra dans sa chambre. Il avait encore du mal à réaliser qu'il avait un travail à temps plein ici, à Poudlard. Il ouvrit la valise que les elfes avaient apportée, et en tira un pyjama. Se déshabillant rapidement, il se coucha, régla son réveil, et s'endormit aussitôt après.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Minerva ouvrit les yeux, et regarda son réveil. Trois heures du matin. Fronçant les sourcils, elle remarqua qu'un rayon de lumière quasi-indiscernable passait sous la porte de sa chambre. Elle se leva, et vit que la lumière provenait de la chambre entre-ouverte de James. Elle la poussa légèrement pour voir l'ex-Gryffondor, assis devant son bureau, la tête dans les mains, ses lèvres relisant silencieusement la même phrase probablement écrite sur le livre posé devant lui. Elle s'avança vers lui, et posa une main sur son épaule. Il sursauta violemment, ne l'ayant pas entendue entrer.
-Tu ne devrais pas dormir ? demanda Minerva d'une voix douce.
-J'ai pas fini d'apprendre… murmura-t-il.
Le livre était ouvert à la page d'un résumé de cours, qu'il était visiblement en train d'apprendre par cœur.
-Tu as l'intention d'apprendre par cœur tous les chapitres de toutes les matières pour te préparer aux ASPICS ?
-Obligé… J'ai planté mes ASPICS parce que j'ai pas assez bossé l'année dernière…
-Ce n'est pas vrai, James. Ecoute-moi. Le problème ne vient pas du fait que tu n'as pas assez travaillé. Ca vient du fait que tu ne sais pas comment travailler. Tu n'as aucune méthode de travail. Si tu en avais une, tu saurais qu'il ne te sert absolument à rien de travailler à cette heure-là alors que tu es fatigué. Tu vas me fermer tes bouquins, et dormir. Tu ne peux pas bosser en étant épuisé, James. Et ce week-end, je t'aiderais à réviser, d'accord ? A réviser efficacement.
-D'accord… Merci.
-De rien. Allez bonne nuit.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
L'horloge du collège sonna minuit. Minerva était toujours assise à son bureau, en train de corriger des copies de 6e année, pendant que James, assis à une table, vérifiait que toutes les araignées enfermées dans un bocal réagissaient convenablement à un sortilège de métamorphose auquel devraient s'exercer les 2e année, le lendemain. Soudain, l'araignée qu'il tenait le mordit. Surpris, il fit un violent geste de la main, et renversa par inadvertance le bocal qui se brisa par terre, libérant toutes les araignées contenues à l'intérieur.
-Immobilius ! cria la voix de McGonagall.
Toutes les araignées se figèrent, et James murmura :
-Je suis désolé ! Je l'ai pas fait exprès, je vous jure !
Il se baissa pour ramasser les morceaux de verre, mais Minerva l'obligea à se relever.
-Tu ne t'es pas fait mal ? demanda-t-elle en prenant sa main.
Sa main droite avait triplé de volume sous l'effet de la morsure. McGonagall jeta un sort dessus, et elle reprit sa taille normale.
-Allez, c'est bon… Répare le bocal, remets les araignées dedans et ce sera tout pour aujourd'hui.
-D'accord. Désolé…
-Pourquoi ? C'est pas comme si t'avais fait quelque chose d'irréparable… Arrête de te faire du souci, James, je t'ai dit que je ne te renverrais pas sans raisons !
Il baissa la tête, et répara rapidement le bocal dans lequel il remit toutes les araignées, avant de lever le sort d'immobilité. Il rangea le bocal dans l'un des placards au fond de la salle, et suivit McGonagall dans les appartements de la professeur, au troisième étage.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
N'ayant pas ses ASPICS, James ne pouvait pas seconder McGonagall lors des cours des 6e et 7e année. Et il ne s'en plaignait pas. Kalrane, qui avait un an de moins que lui, ainsi que Nott et Rosier dont les parents avaient payé une année supplémentaire pour qu'ils puissent redoubler étaient tous les trois en 7e année, et moins il les voyait mieux il se portait. Il ne parvenait pas à oublier toutes les soirées qu'il avait passées avec eux, dans le dortoir des Serpentards. Alors que James montait vers la bibliothèque, il vit Rosier et Nott le doubler et faire volte-face pour lui bloquer le passage.
-Qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-il d'une voix qu'il voulait autoritaire.
-Oh, mais c'est qu'il a repris de l'assurance, le petit Potter… railla Kalrane. Tu faisais moins le fier l'année dernière, quand t'étais dans le monde moldu, hein ? Tu faisais moins le fier quand t'étais dans nos lits !
-Tais-toi. Et écarte-toi immédiatement avant que je te colle une retenue.
La voix de James restait relativement calme, malgré le fait qu'il paniquait de plus en plus, sans vouloir le montrer.
-Parce que maintenant les putes ont le droit de coller des retenues ?
-KALRAAAAAAAAAAAAANE ! hurla une voix derrière James.
Celui-ci se retourna pour voir arriver une McGonagall visiblement furax. Une fois à hauteur de Kalrane, elle ordonna :
-Répétez ce que vous venez de dire !
Il ne répondit rien, et McGonagall reprit :
-Je n'autoriserais en aucune façon que vous insinuiez ce genre de propos devant lui. James est sous ma responsabilité, en l'insultant, c'est moi que vous insultez directement, Kalrane ! Retenue, tous les deux, ce soir, et 50 points en moins à vos maisons respectives ! Maintenant retournez en cours !
Kalrane et Nott disparurent, et Minerva se retourna vers James.
-Ca va ? demanda-t-elle en posant une main sur son épaule.
Il acquiesça d'un hochement de tête, le visage fermé, les yeux rivés sur le sol.
-Viens.
Elle le ramena dans ses appartements, et le força à s'asseoir sur le canapé.
-James, s'il te plait. Qu'est-ce qui s'est passé avec eux ?
Il resta silencieux, continuant à admirer le sol.
-S'il te plait.
-Les Serpentards. L'année dernière… Je travaillais pour eux.
Il s'attendit à entendre McGonagall hurler, mais elle demanda simplement :
-Pourquoi tu faisais ça ?
-J'avais trop besoin d'argent. Et tout ce que je gagnais avec Matt revenait à la tenancière de la maison close. J'ai gagné bien plus avec eux en une soirée qu'avec Matt pendant toute l'année.
-ET POURQUOI T'AS JAMAIS RIEN DIT ?? hurla la professeur. Bon sang, James, j'aurais pu t'aider ! J'aurais pu faire pression sur Dumbledore et même sur le ministère pour qu'ils t'accordent une bourse d'étude, si tu manquais d'argent à ce point ! Sirius a raison, il serait bon que tu ravales ta fierté une fois de temps en temps !
-Parce que selon vous je la ravalais pas quand ils me baisaient à tour de rôle ? hurla James sur le même ton. Je la ravalais pas quand je passais des soirées entières à les sucer et à me faire asperger le visage de sperme pendant qu'ils me traitaient de tous les noms ?? Je la ravalais pas quand je me faisais traiter de chienne, de salope, de pute anorexique en sachant pertinemment qu'il n'y avait pas d'autres mots pour me décrire ??
James replia ses genoux contre lui, et passa ses bras autour, les yeux fixés sur le mur en face.
-Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, James, reprit McGonagall d'une voix plus douce. Crois-moi, je comprends très bien ce que représentent pour toi tous les sacrifices que tu as du faire l'année dernière. Et je peux t'assurer que je connais très peu de gens qui auraient fait ce que tu as fait. Je te dis juste que tu devrais arrêter de chercher des problèmes là où il n'y en a pas. Tu as passé six ans à enfreindre les règlements et à être réprimandé en retour par tous les profs, et je comprends aisément que tu n'aies pas pensé que l'un d'entre nous pouvait te venir en aide. Même si j'ai cherché à te le faire comprendre au début de l'année…
-Quand ça ?
-Tu te souviens, au bal d'Halloween, tu nous avait fait un superbe strip-tease, et tu avais été convoqué dans le bureau de Dumbledore, où nous devions voter pour savoir si tu serais mis en retenue jusqu'à la fin de l'année ?
-Oui…
-Tu te souviens, du résultat du vote ?
Le regard de James s'éclaira, comprenant où elle voulait en venir. Tous les professeurs étaient d'accord pour qu'ils soient mis en retenue. Tous sauf un. Il s'était d'ailleurs demandé qui avait pu vouloir le sauver.
-C'était vous ?
-C'était moi. James, je sais qu'il est un peu tard pour que tu le comprennes, mais à Poudlard, une aide sera toujours apportée à ceux qui la demanderont. Mais je vais avoir du mal à t'aider si tu ne dis pas franchement ce qui ne va pas.
Elle se tut un moment avant de reprendre :
-Ne te mets pas en tête que tu es seul parce que tes parents sont morts et ta sœur disparue. Tant que tu seras à Poudlard, t'auras toujours une famille, James. Toujours.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James était rentré chez Sirius pour les vacances de Noël, McGonagall n'ayant pas besoin de lui avant la rentrée. James savourait d'autant plus ce moment qu'il n'avait pas eu de vacances, et encore moins de fêtes, l'année précédente. A Noël, il était chez ses oncles et tantes qui le forçaient à vendre son corps dans l'Allée des Embrumes pour leur ramener de l'argent, avant d'être emmené par les sbires d'Ombrage. Et à Pâques, il était dans le monde moldu. Le 24 décembre, ils étaient tous les deux en train de préparer les toasts et gâteaux apéros dans la cuisine. James approcha sa main du plateau toasts au saumon fumé, mais Sirius le tapa sur le bout des doigts.
-Touche pas ! C'est pour tout à l'heure… fit-il mine de le réprimander avec un sourire.
-Je voulais voir s'ils étaient bons… Je m'en voudrais trop si tu intoxiquais tout le monde… répondit James en faisant mine de bouder.
-On s'en fiche, ils ont tous déjà testé mes talents culinaires, et jusqu'à maintenant, ils y ont survécu !
-Lily ne les a jamais testés !
James avait été plutôt réservé lorsque Sirius lui avait annoncé qu'il avait invité Lily, en plus des maraudeurs, après l'avoir croisée par hasard et lui avoir dit, au cours de la discussion, qu'elle allait passer le réveillon de Noël seule. Non pas qu'il ne s'entendait pas avec la jeune fille. Au contraire, il crevait d'amour pour elle. Et il savait très bien qu'elle était inaccessible, qu'elle ne devait pas être salie par une pute. Même s'il avait trouvé un autre travail, il savait pertinemment qu'il garderait cette réputation. De la même façon qu'il garderait la marque sur son épaule, gravée au fer rouge par les membres du Département du Travail, sur les ordres d'Ombrage.
Le cri poussé par Sirius le tira de ses pensées. Il éclata de rire en voyant la fumée noire dépassant de la casserole. Il agita sa baguette, et la fumée disparut.
-Patmol, tu commences vraiment à m'inquiéter… Rassure-moi, y a pas de crêpes flambées en dessert ?
-Gnagnagna… répondit Sirius en lui tirant la langue. J'y peux rien, pendant 16 ans j'ai été habitué à voir Kreattur faire la cuisine…
Si la famille de Sirius avait toujours eu un elfe de maison pour faire la cuisine, les parents de James, eux, jugeaient qu'ils n'en avaient pas besoin, la mère de James ne travaillant pas et n'ayant rien d'autre à faire que de s'occuper de la maison.
-Tu te foutais de moi quand mes parents disaient qu'ils avaient pas besoin d'elfe parce que je me débrouillais très bien moi-même… Je suis trop bon, je devrais te laisser te débrouiller tout seul !
-Tu tiens vraiment à ce que Lily crève de faim ce soir ?
-Ouah, eh, nan !! Donne-moi ça ! cria-t-il en s'emparant d'une main de la cuillère en bois et de l'autre, du manche de la casserole.
Trois heures plus tard, tout était prêt, et James avait à peu près réussi à empêcher Sirius de tout faire cramer. Quelqu'un sonna à la porte, et Sirius alla ouvrir pendant que James finissait de jeter un sort sur tous les plats pour qu'ils conservent la chaleur. Puis il alla dans le hall, où Sirius était déjà en grande discussion avec Lily. Il avait presque oublié à quel point elle était belle.
-Salut James ! sourit la jeune fille.
Il lui fit la bise, respirant le parfum de fleurs de lys qui se dégageait d'elle. Puis il recula légèrement, luttant contre une envie dévorante de rester plus près d'elle. Ils s'installèrent dans le salon et, au grand désespoir de James, Lily s'assit à coté de lui. Comment pourrait-il résister à cette envie de la prendre dans ses bras si elle restait aussi prêt de lui ?
Quelqu'un sonna à la porte, et Sirius laissa entrer Remus et Peter, qui s'assirent avec eux. James se détendit légèrement, s'efforçant de se concentrer sur la conversation et d'oublier la rouquine assise à coté de lui. Peter et lui étant les seuls à avoir un travail, la discussion s'orienta sur les études de Remus, Sirius et Lily. Ces deux derniers profitaient pendant les vacances de leurs premiers véritables jours de repos de l'année, leurs études d'auror et de médicomagie nécessitant des révisions permanentes en vue des prochains concours. Remus, qui continuait des études de sortilèges pour devenir professeur, avait un rythme moins soutenu, même s'il avait beaucoup de mal à rattraper le travail fait pendant la journée qui suivait la pleine lune, lorsqu'il était obligé de rater des cours.
-Et toi, demanda Lily, tu fais quoi, comme travail pour McGo ?
-Pas grand chose… Je l'aide à préparer ses cours et les bestiaux qui vont avec… Et je corrige des copies.
-Tu repasses tes ASPICS en candidat libre ?
-Je vais essayer… répondit-il avec un haussement d'épaules.
-Je suis sûre que tu vas y arriver… Tu vas beaucoup mieux que l'année dernière, t'arriveras à travailler bien plus facilement. Et t'en es largement capable ! assura-t-elle avec un large sourire.
-Merci…
-T'as l'intention de faire quoi, l'année prochaine ?
-Ca dépend… Toute la paperasse nécessaire pour que je fasse appel contre mes oncles traîne comme pas possible, à chaque fois il manque une signature d'une personne qu'ils arrivent pas à contacter… Mais si j'arrive à gagner ce procès et à retrouver de l'argent, je crois que j'essaierais de continuer mes études. Sinon je continuerais à bosser pour McGonagall. Ca me déplait pas, comme boulot…
Lily avait beaucoup de mal à admettre que c'était James Potter qui venait de dire ça. Pendant six ans, il rêvait d'être auror, et n'envisageait aucun autre travail, et surtout pas un où il serait sous la responsabilité totale d'une personne à qui il devrait obéir. Mais elle devait avouer que James avait énormément changé. Le gamin arrogant qui voulait toujours plus que ce qu'il avait s'était volatilisé derrière le James qu'elle avait devant elle, beaucoup plus posé, plus raisonnable, et surtout qui ne se prenait pas la tête. Et elle adorait le nouveau James.
-Si t'arrives à poursuivre tes études, tu voudrais faire quoi ? Toujours devenir auror ?
Le visage de James se ferma légèrement. Sirius, qui avait suivi la conversation, savait pourquoi, pour avoir posé la même question à James quelques jours auparavant.
-Je sais pas. Je vais voir, répondit-il simplement.
Une réponse très différente de celle qu'il avait apportée à Sirius.
(Flash-back)
-Y en a marre… grommela James en lisant le parchemin du service de la Justice Magique lui indiquant que sa demande était prise en considération, et devait être transmise dans un délai d'un mois aux personnes compétentes pour gérer cette affaire.
-T'inquiète pas… murmura Sirius d'une voix rassurante. Ils pourront pas retarder indéfiniment ! Et tu sais que tes oncles n'ont aucunes chances de s'en tirer face aux preuves de Rogue ! Tu le retrouveras, ton argent, James…
-Ouais… J'espère… Même si j'aime bien ce que je fais avec McGonagall, elle pourra pas m'embaucher éternellement… Et en supposant que j'ai mes ASPICS, y a pas beaucoup d'employeurs qui se contentent d'un seul diplôme.
-Arrête de te faire du soucis ! Tu voudrais faire quoi, comme études, l'année prochaine ? Toujours auror ?
-Non.
-Pourquoi ? demanda Sirius, atterré. T'as toujours voulu faire ça !
-Sirius. Tu sais aussi bien que moi devant qui les aurors se retrouveront en face à face. Nott, Avery, Rosier, Lestrange, peut-être même Kalrane. Je supporterais pas de me retrouver en face d'eux, Sirius. Pas après ce qui s'est passé cette année. Je pourrais pas les regarder en face après avoir passé une année à coucher avec eux. Je pourrais pas oublier tout ce qu'ils m'ont fait, toutes les humiliations que je me prenais dans la gueule à longueur de soirées. Je pourrais pas. Je le supporterais pas.
(Fin du flash-back)
Vers le milieu de soirée, ils déballèrent les cadeaux. Avec l'argent qu'il avait gagné en travaillant pour McGonagall, James avait offert un bouquin sur les sortilèges de défense et d'attaque à Remus, la dernière version du "Quidditch à travers les âges" à Sirius, une boite de ses chocolats préférés de chez Honeydukes à Peter, et le dernier roman d'un écrivain très connu à Lily. Lui, il avait reçu une glace à l'ennemi de la part de Remus, un livre de défense contre les forces du mal avancées de Peter, et un autre manuel sur la pédagogie de la métamorphose de la part de Lily. Puis il ouvrit le cadeau offert par Sirius. Son souffle se figea. C'était un album photo, où Sirius, Remus et Peter avaient regroupé toutes les photos qu'ils avaient d'eux quatre, depuis leur première année jusqu'à la fin de la sixième.
-Merci beaucoup, murmura-t-il, un vague sourire sur les lèvres.
-De rien mon Jamesie ! répondit Sirius en lui ébouriffant les cheveux.
Ils passèrent encore deux heures à discuter avant que Remus, Peter et Lily ne rentrent chez eux. Puis Sirius sourit :
-Tu sais… Tu vas vraiment finir par t'abîmer les yeux à force de la dévorer du regard comme ça…
-Je sais, mais j'y peux rien… Elle est trop… Belle…
-Et pourquoi tu lui dis pas franchement que tu l'aimes, James ?
-Je lui ai déjà dit des milliers de fois pendant six ans… Tu sais comment elle a réagit… Et même… Je pourrais pas sortir avec elle. Je peux pas la salir.
-Tu crois vraiment qu'elle en a quelque chose à foutre ? Que parce que t'étais obligé de vendre ton corps pour survivre, elle va décider de ne pas t'approcher ? Te mets pas ça en tête, James…
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James était assis sur son lit, torse nu, la tête dans les mains. Sirius ne savait pas de quoi il parlait. Même s'il avait arrêté de se prostituer, il savait qu'aux yeux de Lily il resterait toujours une pute. Et le tatouage sur son épaule se chargeait de le lui rappeler. Il aurait à tout prix voulu se débarrasser de ce tatouage. Mais il ne pouvait pas l'enlever, il avait été gravé au fer rouge dans sa peau. Pourtant, s'il parvenait à le faire disparaître… Après tout, maintenant qu'il avait un autre travail, ce tatouage était la seule chose qui rappelait qu'il était une pute. Peut-être que s'il arrivait malgré tout à l'enlever, il pourrait se débarrasser de cette réputation, aux yeux de toute la population sorcière, comme aux yeux de Lily… Il ferma les yeux. Oui. Il existait un moyen de le faire disparaître.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Sirius descendit dans le salon chercher ses bouquins de cours pour réviser un peu avant de replonger de plus belle dans la préparation au concours d'entrée en deuxième année de l'académie des aurors. Alors qu'il venait tout juste de mettre la main sur ses livres, un hurlement de douleur retentit dans toute la maison.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
-Mais quel crétin, mais quel crétin, mais quel crétin… répétait inlassablement Lily. POURQUOI T'AS FAIT CA ????? hurla-t-elle.
James n'aurait pas été en mesure de répondre. Les lèvres pincées, il s'efforçait de ne pas crier de douleur, laissant Lily lui appliquer une compresse d'eau froide sur l'épaule.
-Et heureusement que t'as été assez intelligent pour faire ça avec une allumette… grogna-t-elle. Tu te serais brûlé l'épaule avec un incendio, tu te serais en même temps brûlé pas mal de nerfs, et c'est pas sûr que tu pourrais bouger ton bras… T'ES UN CRETIN, TU LE SAIS, CA ?????????
Sirius restait à coté de lui, laissant Lily soigner l'épaule totalement brûlée de James. Lui aussi, il avait eu beaucoup de mal à ne pas engueuler James lorsqu'il l'avait trouvé dans sa chambre, à genoux, tenant une allumette enflammée contre son épaule. Et il avait eu de la chance que son épaule n'ait pas été endommagée. Lily enleva la compresse et étala une crème tout autour de la brûlure avant de verser dessus une potion qui piquait désagréablement. Puis, lorsque ça arrêta de piquer, elle remit une autre compresse froide qu'elle fixa à son épaule avec deux bouts de sparadrap.
-Tu l'enlèves pour la nuit, et tu en changes tous les jours pendant au moins une semaine. T'as quand même réussi à bien t'abîmer l'épaule. Je reviendrais voir comment ça évolue.
-Lily ? S'il te plait… Le tatouage… Il est parti ?
-Tu mériterais que je te dise que non ! Ca m'étonnerait qu'il réapparaisse, James, continua-t-elle sur une voix plus douce, mais t'avais pas à faire ça.
Elle caressa doucement ses cheveux, les ébouriffant un peu plus, et reprit :
-Tatouage ou non, t'es pas une pute. Et t'es pas plus sale que nous.
Elle se rapprocha, et l'embrassa sur la joue.
-Allez, je te laisse. Je reviendrais dans trois ou quatre jours.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James rentra dans la Grande Salle en même temps que McGonagall et s'assit à sa place à la table des professeurs. Il remarqua que les conversations parmi les élèves étaient beaucoup plus nombreuses, plus enthousiastes, plus animées, et que ceux parlant le plus étaient ceux abonnés à la Gazette du Sorcier. Quelques hiboux retardataires à cause de la tempête qui soufflait rentrèrent dans la Grande Salle, et l'un d'eux se posa devant James, lui livrant la Gazette du Sorcier. Il le prit et, regardant la première page, comprit immédiatement pourquoi tout ce bruit courait.
Les véritables motivations de Dolorès Ombrage,
Par Rita Skeeter, correspondante de la Gazette des Sorciers.
L'année dernière, une série de lois, toutes plus avilissantes les unes que les autres, fut promulguée, accentuant la précarité d'une corporation déjà bien éprouvée par les vicissitudes de la vie. Les "prostitués" ont dû de se faire marquer comme de vulgaires bêtes moldues et, de plus, ils étaient obligés de coopérer avec le ministère qui avait décidé de "faire le ménage" dans la population sorcière anglaise.
Aujourd'hui, et pendant près d'un an, le gouvernement sorcier d'Angleterre a retiré presque tous ses droits aux Prostitués, les rabaissant à la condition d'esclaves : pas le droit de gagner beaucoup d'argent, pas le droit de travailler à leur propre compte, pas le droit de voter, pas le droit de se faire soigner, pas le droit de se marier ou d'enfanter. Cela a conduit nombre de nos concitoyens à s'exiler de leur patrie pour aller voir si l'herbe irlandaise ou française était plus verte. Aucune personne ne s'est levée pour défendre nos concitoyens, même pas Albus Dumbledore, chef du Magenmagot, pourtant connu comme le plus grand humaniste sorcier encore vivant.
Officiellement, bien sur, les prostitués gagnaient ce pour quoi ils avaient travaillé en journée. Mais n'oublions pas la politique des maisons closes, qui raflent 80 pour 100 de la paye de leurs employés. Ceux-ci conservent juste de quoi manger, et sont donc dans l'impossibilité d'économiser pour suivre des études qui leur permettrait de changer de travail.
De plus, durant l'enquête de notre envoyée spéciale Rita Skeeter, celle-ci a interrogé toutes les personnes impliquées : professionnels, clients, gestionnaires de maisons closes, agents du ministère… Il en est ressorti d'étranges témoignages.A force de persévérance et de recherches, elle a fini par tomber sur un prostitué qui lui a expliqué qu'il avait quelques liens avec Madame Ombrage. Cette dernière lui avait proposé de le payer pour quelques menus services, à l'occasion de son 26e anniversaire, mais Monsieur X a refusé, arguant du fait que "coucher avec elle serait pire qu'un baiser de détraqueur". C'était il y a exactement trois ans. Depuis, et selon d'autres témoignages, Madame Ombrage a parcouru beaucoup de maisons closes, où, les nouvelles allant vite dans le réseau de la prostitution, tous les employés masculins étaient occupés à d'autres tâches lorsqu'elle tentait de trouver celui qu'elle choisirait pour perdre son pucelage. Après avoir réussi à trouver un employé disponible qu'elle était bien décidé à ne pas laisser filer pour une autre cliente, celui-ci aurait, devant elle, présenté sa démission à son tenancier, préférant perdre son emploi plutôt que de travailler pour elle. Ses recherches auraient durées environ six mois. Or, c'est il y a exactement 2 ans et demi maintenant qu'elle aurait fait passer les premières lois discriminatoires contre les prostitués, sans exceptions. Sachant qu'elle a commencé il y a trois ans des recherches ayant durées six mois, nous pouvons tout supposer.
La déclaration du Ministre de la Magie, selon laquelle il utilisait son droit de veto pour supprimer toutes ces lois a bien entendu été saluée avec joie par la communauté sorcière. La rétrogradation de Madame Ombrage au simple rang de secrétaire est également un gage de bonne foi du Ministre envers cette partie de la population, sans compter la politique sociale envers eux.
Pour finir, nous pouvons nous interroger sur un point capital : pourquoi le ministère ne s'est pas plutôt focalisé sur nos champs de céréales qui brûlaient impunément toute cette année à cause mes mangemorts au lieu de monter nos concitoyens les uns contre les autres ?
Au lieu d'arrêter les prostitués, le gouvernement n'aurait-il pas dû enquêter et mettre fin aux agissements des Mangemorts qui sévissent depuis une longtemps sans craindre qui que ce soit ou presque ?
Rita Skeeter, reporter en free lance.
James resta bouche bée devant l'article, qu'il relut trois fois, ne pouvant pas croire que tout ce qu'il avait vécu, les journées entières sur les trottoirs, les interrogatoires au ministère, la perte de tous ses droits, c'était uniquement pour ça. Parce qu'une tarée avait décidé de se venger d'une dizaine de types trop accrochés à leur fierté.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James était dans le salon des appartements de McGonagall, la tête plongée dans ses révisions. Les ASPICS arrivaient à grands pas maintenant que Noël était passé, et même s'il réussissait parfaitement à lancer tous les sorts exigibles, il devait encore mémoriser toutes les dates d'histoire de la magie, ainsi que toute la théorie de la botanique. La porte s'ouvrit, et il entendit McGonagall.
-James ?
Il leva la tête.
-Tes… Tes oncles voudraient te parler.
-J'arrive.
Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien faire ici ? James en avait une vague idée… Mais pourquoi auraient-ils fait le déplacement ? Il suivit McGonagall dans son bureau, où ses deux oncles l'attendaient.
-Merci, murmura l'un d'eux à McGonagall.
Il se retourna vers James et demanda :
-Tu peux nous dire ce que c'est, ça ?
Il lui tendit un parchemin que James lut rapidement. C'était bien ce qu'il pensait. Ils avaient reçu la convocation en procès suite à sa décision de faire appel pour récupérer son argent. Il le lui rendit, et déclara :
-Pourquoi tu voudrais que je te dise ce que c'est ? Tu sais lire, non ? Quel mot tu comprends pas dans "convocation en procès" ? Cet argent m'appartient, et je veux le récupérer, un point c'est tout.
-Tu n'as aucunes preuves ! Si tu veux trouver de l'argent, je connais pas mal de maisons closes qui seront ravies de t'embaucher ! Ne t'emballes pas uniquement parce que le professeur McGonagall se contente d'imbéciles comme toi pour l'assister. Tu sais pertinemment que tu n'es qu'une petite pute, alors maintenant tu vas fermer ta gueule, retirer ta plainte, et retourner te faire baiser par ceux qui voudront bien de toi.
McGonagall, restée à coté d'eux, haussa violemment les sourcils mais ne réagit pas.
-T'as pas d'ordres à me donner. Je suis majeur, je fais ce que je veux, et tu sais très bien que cet argent m'appartient.
-IL NE T'APPARTIENT PLUS !!!!!
Il saisit James par le col de sa robe, et murmura d'une voix menaçante.
-Tu n'as pas à avoir de problèmes d'argent. Si tu en as, tu sais très bien que nous pouvons t'héberger et te nourrir aussi longtemps que tu le voudras. Du moment que tu te tiennes à carreau avec nous ça ne pose pas de problèmes.
-Qu'est-ce que tu entends par "me tenir à carreau" ? Qu'est-ce que t'attends de moi ? Que je te laisse me tabasser à chaque fois que t'auras envie de passer tes nerfs sur quelqu'un ? Que je vende mon corps pour te rapporter de l'argent ? Il est hors de question que je vive sous le même toit que des conards comme vous !
-TU NOUS RESPECTES PLUS QUE CA !!!!!
James cria de douleur. Il n'avait pas vu le coup de poing venir. Un éclair illumina la pièce, et son oncle fut projeté à l'autre bout de la salle. James se tourna vers McGonagall, qui avait gardé sa baguette levée. Elle déclara d'une voix ferme :
-Je ne vous permettrait pas d'agresser un de mes employés, Monsieur Cameron.
Il se releva, et revint vers James.
-N'oublie pas ce que je t'ai dit. Je te donne trois jours pour retirer ta plainte. Après ce délai, je te jure que tu regretteras de ne pas l'avoir fait plus vite.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
-Non, Patmol ! Je te dis que t'as pas intérêt à faire quoi que ce soit…
-Bon d'accord… accepta Sirius, chez qui il était revenu pour les vacances de Pâques. Promis, j'organiserais rien pour ton anniversaire !
James foudroya Sirius du regard, connaissant trop bien ses promesses. Il se souvenait trop bien de son dernier anniversaire, qu'il avait passé chez Matt. Ce soir-là, il avait vraiment cru – ou espéré ? – que Matt allait le tuer. Il se souvenait juste de la voix de Rosier qui criait à Matt d'arrêter de le frapper. Après il ne savait plus ce qui s'était passé. Il s'était réveillé le lendemain, étendu sur un canapé, incapable de faire un geste sans qu'une douleur cuisante ne lui vrille les hanches. Et il était sûr d'une chose : il ne voulait plus de fête d'anniversaire. Il ne voulait plus revivre ça. Et Sirius l'avait parfaitement compris.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James l'avait senti venir. Sirius s'était senti obligé d'inviter Remus, Peter et Lily pour son anniversaire. Et après avoir râlé un coup contre Sirius, il s'était très vite détendu, réalisant que sa soirée d'anniversaire n'avait en fait rien à voir avec celle de l'année dernière. Pendant que les maraudeurs discutaient joyeusement, James partit dans la cuisine remplir à nouveau les bols de gâteaux apéritifs.
-T'as besoin d'aide ? proposa Lily derrière lui.
-Non, c'est bon… Merci.
Elle s'approcha quand même de la table et l'aida à re-remplir tous les bols. Puis elle demanda :
-Ca va mieux, ton épaule ?
-Oui, ça me fait plus mal du tout… Et le tatouage ne se voit plus. Merci.
-Je t'en prie.
Elle passa une main dans le dos de James, et baissa légèrement le col de sa robe pour regarder la cicatrice noire qui balafrait son épaule.
-Ca va, ça s'est bien remis, apparemment, murmura-t-elle en remontant son col, mais sans enlever sa main de son épaule.
James acquiesça, ne supportant plus le contact de Lily. Il avait une folle envie de la toucher, de la serrer contre lui, comme à chaque fois qu'il la voyait. Mais comme à chaque fois, il savait qu'il ne le pouvait pas. Il l'aimait trop pour la salir. Lily se retourna pour lui faire face, et laissa doucement ses doigts glisser sur son visage.
-Lily… murmura-t-il.
-Chut. Laisse-toi faire.
La rouquine se rapprocha de lui et, passant un bras autour de ses épaules, posa ses lèvres sur les siennes. Durant une fraction de seconde, James eut envie de la repousser. Mais il céda à la tentation, et, l'enlaçant, répondit à son baiser, n'ayant plus qu'une envie : la garder éternellement contre lui. Il sentit les mains de Lily remonter vers ses cheveux, et les laissa se balader dans ses mèches noires indomptables, oubliant tout, savourant juste le plaisir qu'il ressentait en la sentant aussi près de lui.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James était assis sur un banc, ne supportant plus l'attente. Rogue et son avocat étaient assis à coté de lui. Sirius et Lily, qui n'avaient pas pu rentrer, les attendaient dehors. Puis le responsable du Magenmagot déclara :
-Séance du 30 juin 1977, opposant Mr James Potter à Messieurs Alfred et Edouard Cameron suite à la poursuite en appel de Mr James Potter quant à la décision du 10 juin 1975 sur le partage de l'héritage de ses parents. La parole est à l'accusation.
L'avocat de James se leva, et déclara :
-Monsieur le juge, messieurs les jurés. Je souhaiterais tout d'abord faire un rappel des faits. Suite à la décision de justice du 10 juin 1975, mon client s'est vu privé de l'intégralité d'un héritage qui s'élevait très précisément à la somme de 100 millions de gallions, 50 mornilles, et 10 noises. Face à la valeur que représente cette somme, vous conviendrez comme moi que toute erreur de justice serait un véritable scandale. Pour obtenir cet héritage, Messieurs Deschamps ont usé d'un souvenir, dans lequel la mère de mon client affirmait souhaiter qu'à sa mort, son héritage leur soit restitué. Mr Rogue ici présent et moi-même sommes en mesure d'apporter les preuves nécessaires pour démontrer que ce souvenir a été entièrement créé, et n'est en aucun cas la reproduction d'un fait ayant réellement eu lieu. J'appelle Mr Rogue à la barre.
Rogue se leva, et déclara :
-Un sortilège très simple permet de mettre en évidence la présence ou non de traces de l'esprit de la personne ayant créé ce souvenir.
Il agita sa baguette, et une sphère argentée sortit de la grande pensine au milieu de la salle.
-Lorsqu'un souvenir est créé, les fragments de l'esprit de la personne lient ce souvenir, de sorte qu'il ne puisse pas être séparé en une multitude d'autres souvenirs.
Il agita à nouveau sa baguette, et la scène où la mère de James disait à ses oncles qu'elle souhaitait que son argent leur reviennent à sa mort apparut.
-Ca, c'est le souvenir tel qu'il nous a été présenté. Maintenant…
Il murmura une formule magique, et relança le souvenir. Cette fois, juste quelques secondes défilèrent avant que le souvenir ne s'arrête.
-Si ce souvenir avait été réel, je n'aurais pas put le dissoudre de façon à n'obtenir que quelques secondes, sans la suite. Pourtant j'y suis parvenu. Ceci prouve que ce souvenir est un faux. Et en l'absence d'autre souvenir ou de testament, l'intégralité de l'héritage doit revenir à James Potter.
James entendit un murmure d'approbation parcourir les jurés. Puis l'avocat de ses oncles se leva.
-Monsieur le juge. Quand je vois ce souvenir, je ne peux pas m'empêcher de me poser une question capitale : comment James Potter peut-il affirmer qu'il n'a jamais eu lieu ? Dans ce souvenir, il n'est pas présent… Comment peut-il être sûr que cette scène ne se soit pas déroulée en son absence ? Le Magenmagot, avant de donner suite à une demande de faire appel et de se réunir, ne devrait-il pas s'assurer qu'il n'y a pas derrière cela une procédure abusive ? Certes, Mr Rogue a réussi à défragmenter ce souvenir. Mais qui nous dit qu'il s'agit de l'original ? La tricherie est très simple : il crée lui-même ce souvenir, qui est la réplique exacte de l'original. Il nous présente ici cette réplique, et la défragmente sans aucun problème, puisqu'il l'a créé lui-même !
Le juge demanda :
-Messieurs Cameron. Pouvez-vous nous fournir ce que vous affirmez être le souvenir original ?
L'un des oncles de James se leva, posa sa baguette sur sa tempe, et la retira en entraînant un filament argenté qu'il déposa dans la pensine. Puis il visualisa ce souvenir. Exactement le même que le premier. L'avocat des oncles de James reprit :
-Mr Rogue, pensez-vous être en mesure de défragmenter ce souvenir avec la même facilité que le premier ?
-Bien entendu.
Rogue agita sa baguette vers le souvenir. Puis il le visualisa à nouveau. Le souvenir repassa dans son intégralité, au lieu de se couper au bout de quelques secondes. L'avocat de la défense afficha un sourire satisfait.
-Celui-ci est impossible à défragmenter. Il a réellement eu lieu.
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James regardait les chiffres rouges affichés par son réveil. Trois heures trente. Il n'arrivait pas à dormir. La séance avait été levée après que l'avocat de ses oncles ait montré que le souvenir était un vrai. Mais comment était-ce possible ?? C'était tout simplement impossible, sa mère ne pouvait pas l'avoir privé de son héritage ! Mais il y avait toujours l'argumentation de l'avocat : il ne figurait pas sur ce souvenir, et ne pouvait donc pas prouver qu'il ne s'était pas déroulé un jour où il n'était pas là. Il ferma les yeux, et commençait à sombrer dans le sommeil lorsqu'un bruit attira son attention à la vitre. Il l'ouvrit, et laissa entrer un hibou noir portant un parchemin. Il le prit, et lut l'écriture en pattes de mouche de Rogue :
J'ai trouvé. T'inquiète pas, on les tient.
Si James devait reconnaître une qualité à Severus, c'était bien celle de ne jamais être sûr de quelque chose sans preuves. S'il avait trouvé où ses oncles avaient pu tricher, c'est qu'il tenait une preuve infaillible. A moitié rassuré, il se glissa sous sa couette, et s'endormit.
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L'avocat de James se leva.
-Mr Rogue aurait des éléments nouveaux à apporter à cette affaire. Nous souhaiterions que Messieurs Cameron nous redonnent le souvenir qu'ils nous ont présentés hier. Cependant, nous aimerions également avoir la suite de ce souvenir. Que s'est-il passé après ce souvenir ? Nous aimerions le savoir, et pouvoir examiner ce qu'il s'est passé dans une durée d'une heure après cette scène.
James remarqua que ses oncles pâlirent subitement. Rogue avait visé juste.
-Messieurs Cameron, s'il vous plait ?
L'un d'eux se leva, et fournit le souvenir, qu'ils réexaminèrent. Mais ils n'eurent pas à le regarder pendant une heure. Seulement cinq minutes après la scène en question, les cheveux de la mère de James raccourcirent, elle grandissait à vue d'œil, et son visage se déformait. Quelques secondes après, ce n'était plus sa mère qui était figurée sur le souvenir, mais l'oncle de James.
-Du polynectar, conclut l'avocat de James. Suite à la réception de la convocation en appel de mon client, Messieurs Cameron savaient qu'ils n'avaient pas la moindre chance de gagner. Ils ont donc utilisé du polynectar pour reproduire la scène à l'identique. Et effectivement, ce souvenir là a réellement eu lieu.
L'avocat de la défense se leva.
-Vous oubliez quelque chose. Le polynectar nécessite que l'on y ajoute une partie de la personne dont on veut prendre l'apparence. Comment auraient-ils pu en réaliser si Madame Potter est morte il y a de ça un an ?
Ce fut James qui répondit :
-Après leur mort, ma sœur et moi avons passé deux mois dans notre maison. Moi-même, j'y suis retourné une semaine l'année dernière aux vacances de Pâques, mais plus personne n'y est allé depuis. Et ni ma sœur, ni moi, ne sommes rentrés dans la chambre de mes parents. Dans ces circonstances, il y a fort à parier que des cheveux de ma mère peuvent être retrouvés sur une taie d'oreiller, par exemple, ou dans leur salle de bains personnelle.
Un silence s'installa dans la salle, puis le juge demanda :
-Les partisans pour une condamnation de Messieurs Cameron à restituer à Mr Potter l'intégralité de son héritage, en plus de dommages et intérêts ?
Des mains se levèrent. Elles représentaient environ la moitié de l'assistance, et James fut incapable de voir s'ils étaient majoritaires ou non.
-Les partisans pour une condamnation de Mr Potter suite à une procédure abusive ?
D'autres mains se levèrent. A nouveau, James fut incapable de déterminer qui gagnerait. Le juge inspecta le parchemin jaillit du sortilège de comptage des voix, et déclara :
-Par la majorité absolue, Messieurs Cameron sont condamnés à verser à Mr Potter l'intégralité de son héritage, soit une somme de 100 millions de gallions, en plus de 100 000 gallions de dommages et intérêts.
Voilà. Dernier chapitre fini. Dernier de dernier de dernier. Je vous rejoins bientôt (sûrement après le BAC si ma conscience continue à me torturer comme elle le fait maintenant) pour l'épilogue et les dernières réponses à pas mal de questions (Qu'est-ce qui est arrivé à Jessica ? Et à Nina ? Si James ne devient pas auror, il fera quoi comme boulot ? Et tant d'autres...).
Reviews, please !!
