Oufff... C'est avec une grosse boule dans la gorge que je vous livre ce chapitre. Le grand final. Je ne pensais vraiment pas le finir aussi vite, et j'espère vraiment, Ô grand vraiment ne pas vous décevoir.

Parce que voyez-vous mes petits agneaux (?), en PLEIN MILIEU de la fic, j'ai eu l'idée d'une fin alternative (Aie la foi ayant deux fins alternatives, on retourne aux sources comme l'a si bien souligné Titi'), mais elle était tout bonnement horrible. Bien pire que celle qui vous attend.

Mais, heureusement pour vous ! J'ai choisi de garder la version initiale. J'ai un peu de compassion pour vous quand même mes pauvres lecteurs.
(Oui, j'en ai, si on fouille un peu on peut en trouver sisi)

Donc, je vais faire pareil qu'à la fin de Aie la foi :

Je vous remercie tous pour votre soutien, qu'il ai été par review, follow, favori ou même par simple vue. C'est en voyant mon écran des statistiques que chaque jour j'ai envie de me donner à fond pour vous, que chaque jour je me dépasse pour sortir un autre chapitre. J'aimerais donc remercier tous ceux m'ayant accompagné dans cette aventure :

Titipo, Camboune30, La Succube, Demlone, Yume Resonnance, Nagetive, Clair Obscure, Quelqu'un, Jereood29, lemiaw, KaptainNope, Saeymi, Mana et compagnie, Pamplelune d'Agrumes, Copperson, SunWings, Deponia, Jafaden, Leejee, Melirix, Le Rien, Gaelle, Nouille chan, Ayane45, GeekandGamer59, hanemezik, Mitsuki81, ThePandAmarilla, Insane Rhubarbe, Rouckye, celtica1, tu sauras jamais, Insane-Kira, Gaellyk, Super Wawa, Siffly, Bringmethatfic, L'Eminence Grise, Kim250pa, Espheria, rainbooow, JustePhi, CaptainObscur, myu82, TsukiKaneko, Subaru-2501, StellaSummer, Okeanonos 4, Meliane, Ka-Al la Sadique, HugOfDominik, Darkshined, Cacuts, 23A-KY5-F, petite-etoile-bleue, neko-chan L, jessicavivard, Tikalamnia, Sans-Reflet, Mhaighdean Justine, MayeLamker, Mamoryu, Maman bouba, HikaruMichaels, Gallifrey221B, Elan du Lac, Delmyr-Luna, Cracky64, ainsi que tout le fandom m'ayant supporté dans cette histoire.

Ça fait beaucoup de monde, je sais, mais sachez que sans vous, la fic n'aurait pas été la même.

Je vous retrouve donc en bas, afin de discuter sur le chapitre... Qui j'espère vous plaira.

Disclaimer : Mathieu et ses personnalités ne m'appartiennent pas. Seul John Marshall est un OC de mon imagination. Le dessin de couverture a été réalisé par Ayane45 sur DeviantArt.


Chapitre 25 | Le point final

Mathieu hurla. Il hurla à s'en déchirer la gorge. Il hurla à s'en percer les poumons. Il hurla lorsqu'il tomba à genoux sur les feuilles mortes tandis que le bâtiment s'effondrait. Sa tête sembla exploser pendant qu'il abattait rageusement ses poings au sol, et que des gémissements horribles franchissaient ses lèvres. Le vent soufflait autour de lui et le froid lui giflait les joues, mais il n'en eu cure.

Quand il lui sembla que ses cordes vocales s'étaient enfin brisées, le youtuber se recroquevilla sur lui-même, ses ongles raclant la terre sèche et les feuilles mortes au sol, tandis que des plaintes à fendre l'âme s'échappaient de ses lèvres entrouvertes. Ses yeux s'écarquillèrent sous la douleur qui le foudroya comme un éclair, tandis que son cœur broyé faisait écho à sa tête sur le point d'éclater.

De la fumée s'échappait de ce qu'il restait du bâtiment, un monticule de gravats et de blocs de ciment d'environ cinq mètres de haut, que le vent balayait rageusement. Mais Mathieu n'osait – non, ne pouvait – pas le voir, tout comme le fait qu'il n'avait pas remarqué que le Hippie et le Geek avaient disparus autour de lui.

Il avait tout perdu.

Les morceaux de son âme, les pièces de son esprit, son combat contre la solitude.

Il les avait perdus.

Si rationnellement, cela expliquait sa migraine insoutenable qui lui fit se prendre la tête entre les mains, il lui semblait aussi qu'il faisait un arrêt cardiaque. Son cœur lui faisait mal, atrocement mal, autant au sens figuré qu'au sens propre. Il avait littéralement l'impression que des mains glacées s'étaient frayé un chemin à travers sa cage thoracique pour tordre et presser l'organe entre ses doigts fins et froids, en prenant un malin plaisir à faire durer la douleur.

Mathieu mourait. Il se consumait à petit feu, la torture de la perte de ses personnalités le brisant intérieurement, et le faisant perdre la raison. Son corps et son esprit venaient de subir une rupture, une rupture qui le scindait en deux comme le tranchant d'une lame.

Le schizophrène laissa échapper plusieurs fois les mêmes gémissements ressemblant à ceux d'une bête sauvage renversée par un camion. Un léger filet de sang coula d'entre ses lèvres, tandis que la douleur se faisait de plus en plus forte. Quelques taches noires vinrent troubler sa vision qui s'attarda pendant un moment sur les gravats de l'asile, ce qui augmenta sa souffrance à un point presque insupportable.

Pourtant, malgré tout ce qui semblait vouloir l'emmener de l'autre côté, un murmure franchit ses lèvres, comme un mantra qu'il se répétait inlassablement :

— Rendez-les moi… Rendez-les moi… Rendez-les moi…

Cette supplique était inaudible à cause des rafales balayant la place abandonnée, mais Mathieu n'abandonnait pas. Ses yeux écarquillés refusant de voir la vérité en face, ses ongles désormais sales raclant nerveusement la terre, et le sang qui coulait d'entre ses lèvres lui donnaient l'air d'un possédé, et cette impression se renforça encore plus lorsqu'il hurla d'un ton démoniaque :

— RENDEZ-LES MOI !

Le hurlement traversa le vent rugissant d'un ton dément comme un coup de fusil, et aurait fendu l'âme de quiconque serait passé à proximité. Épuisé et au seuil de la mort, Mathieu s'effondra brutalement au sol, ses genoux ne le supportant même plus, et il se coucha en chien de fusil, convulsant et le sang franchissant sa bouche se faisant plus épais et abondant.

L'incrédulité l'assaillit, tandis qu'il se raccrochait tant bien que mal à l'illusion qu'il s'efforçait de rendre réelle.

Ils ne pouvaient pas avoir disparu, n'est-ce pas ? Ils étaient sûrement en vie, quelque part… Oui, ils reviendraient vers lui…

Mais alors qu'il fermait les yeux, refusant toujours de croire l'horrible vérité malgré la douleur atroce lui broyant le corps, une voix retentit soudainement, toute près de lui.

— Tu me fais pitié.

Les paupières du schizophrène se relevèrent subitement, tandis que la torture sembla diminuer, même si l'enfer qu'il traversait était loin, très loin d'être supportable. La tête au bord de l'explosion et le souffle erratique, Mathieu cracha péniblement le sang qui lui remplissait la bouche, le moindre mouvement le faisant subir une souffrance intolérable. Malgré tout, il trouva la force de lever le regard pour croiser celui de son interlocuteur. Aussitôt, dès qu'il croisa les prunelles bleues voilée par le verre teinté, son cœur sembla bondir dans sa poitrine, et l'étincelle de vie qui menaçait de s'éteindre se ralluma en une flamme vivace.

Le dégoût et l'horreur perçait bel et bien dans la phrase qu'il avait entendue, mais même si la voix rauque et éraillée par le tabac n'avait cessée de lui balancer des insultes à la figure, cela aurait suffi pour le maintenir en vie pendant une éternité.

Défiguré par la douleur, Mathieu trouva tout de même la force de pleurer, les larmes perlant aux coins de ses yeux, avant de souffler avec la plus grande peine du monde :

— Toi…

— Ta gueule. Juste, ta gueule.

Le schizophrène avait vu juste. Le criminel aurait pu continuer à le rabaisser plus bas que terre, à le frapper même, cela suffisait à diminuer sa douleur, comme si sa voix régénérait Mathieu petit à petit. Le sang qui affluait dans sa bouche se tarit légèrement, et son mal de tête diminua afin qu'il puisse entendre la tirade qui suivit :

— Je veux même plus t'entendre parler. T'es qu'un connard de première, tu le sais, ça ? Tu as tout fait pour t'échapper, pour privilégier ta misérable vie de merde. Oh, évidemment, t'es venu nous secourir, mais pourquoi ? Pour qu'on continue ta putain d'émission, parce que t'es qu'un enfoiré d'égoïste, parce que tu penses avant tout à ne plus être seul, parce que t'as peur de la solitude, hein ? T'en as peur, je le sais, j'étais le premier. Tes crises d'angoisses en plein milieu de la nuit lorsque tu t'accoutumais pas à notre présence… Lorsque je partais trop loin… Parce que tu craignais que je me fasse choper par les flics. Oh, j'aurai pu crever au trou, ça, tu t'en foutais. Mais il fallait que je revienne. Pourquoi ? Parce que tu aurais été seul.

» Tu nous veux juste à tes côtés comme des jouets. Des marionnettes qu'on agite à travers la caméra. Regarde ce que t'as fait. Tu les as tués. Tu les as tués, parce qu'on devait se grouiller de partir de cet endroit qui te rappelait trop de mauvais souvenirs. Parce que ce putain d'asile te rappelle sans cesse que tu n'es pas normal, que tu es poursuivi, et que si tu tombes à nouveau sur un enfoiré du genre, on t'enlèvera les marionnettes.

» Tu me dégoûte. Je pensais que mon Créateur avait un peu plus de couilles que ça. J'ai vu les pires atrocités sur Terre, c'est gravé dans ma tête. Et pourtant… Pourtant j'arrive à ressentir du dégoût. Tu m'expliques ? Après tout, c'est toi qui m'a construit, hein ? J'ai pas de cœur, je suis pas censé ressentir ce genre de choses. Alors tu m'expliques pourquoi tu me dégoûtes ?

Mathieu entendit les pas du Patron se rapprocher, mais il ne baissait pas le regard, s'accrochant à ces prunelles bleues qu'il voyait à travers les lunettes noires, ces yeux qui lui ressemblaient tant mais qui en même temps étaient si différents. Le simple fait que le criminel ait parlé autant lui avait complètement fait oublier la douleur qui le consumait, et le schizophrène était sûr qu'avec un peu de courage, il aurait pu se lever.

Sauf que les mots acides qui sortaient de la bouche de l'homme en noir le touchaient en plein cœur et le paralysaient au sol. Impuissant, il vit sa première personnalité s'approcher de lui et le fixer d'un regard foudroyant de haine et de rage.

— POURQUOI TU ME DÉGOÛTE ?!

Le coup de pied partit tout seul. La jambe gauche du criminel s'enfonça dans l'estomac de son Créateur qui sentit son souffle se couper, avant de se recroqueviller à terre, la douleur explosant dans son corps comme une fleur sanglante ouvrant ses pétales carmins.

Sans états d'âme, le Patron regarda Mathieu gémir de souffrance, un masque d'indifférence peint sur son visage qu'il s'efforçait de garder. Les larmes dévalèrent les joues du schizophrène qui hoqueta en crachant le sang qui afflua dans sa bouche, et malgré lui, le débauché sentit un tic faire trembler sa lèvre inférieure.

Alors qu'il pensait que son Créateur s'évanouirait ou bien resterait là à gémir sous la douleur, la voix du youtuber s'éleva, tremblante comme les feuilles mortes d'automne jonchant la terre autour d'eux :

— I-Ils sont v-vivants, hein ? D-Dis-moi qu'i-ils s-sont vivants…

Cette question balaya toutes les convictions du criminel, y compris sa rage. Ses poings qu'il avait serrés sous le coup de la haine se relâchèrent, et il écarquilla les yeux derrière ses lunettes de soleils. Le vent redoubla légèrement d'intensité, faisant frissonner Mathieu de froid, mais ce dernier gardait fixement son regard dans celui de sa personnalité, attendant la réponse de ce dernier fébrilement.

— Je ne sais pas.

La voix du Patron était grave, teintée d'incertitude, et pour la première fois depuis qu'il revoyait son Créateur, posée. Mathieu ferma les yeux douloureusement tandis que les larmes ne cessaient pas de couler pour aller s'écraser à terre comme son espoir aussi fragile que du cristal.

— J-je suis désolé… Patron, j-je suis t-tellement désolé… J-je ne voulais p-pas…

Il savait que cette phrase aurait dû redémarrer la fureur du criminel. Il savait qu'en livrant ces mots, il signait peut-être son arrêt de mort.

Mais il n'en fut rien.

— C'est trop tard.

Toujours ce même timbre de voix posée et étrangement douloureux retentit à travers les mugissements du vent. Le débauché ferma les yeux derrière ses lunettes, et cette fois-ci, le tic qui agitait ses lèvres se fit plus fort :

— Tu sais gamin, je te le pardonnerai jamais.

— Je sais.

Le créateur et la création se regardèrent, et Mathieu n'osa pas souligner à haute voix la trace humide qui semblait avoir dévalé la joue du criminel, pas plus que l'étrange grimace qui déformait légèrement ses traits.

Alors que leur peine éclatait en silence, un grondement sourd venu du plus profond de sa tête fit tiquer le schizophrène celui-ci se prit soudainement la tête entre les mains et laissa un cri de douleur franchir ses lèvres.

— Gamin, qu'est-ce qui te prends ?!

Le ton du Patron semblait pour une rare fois inquiet, mais Mathieu ne l'entendit pas. La douleur éclata dans sa tête comme une bombe ravageant tout sur son passage. Pendant un instant, il eut l'impression qu'il explosait sous la souffrance qui le consumait de l'intérieur. Un hurlement franchit les lèvres du schizophrène qui serra sa tête entre ses mains comme jamais ; il entendit le Patron s'approcher, lui poser ses mains sur ses épaules, tout en l'appelant frénétiquement.

La douleur l'aspirait comme un trou noir, et le youtuber ne voyait aucun moyen de s'en échapper, trop occupé à extérioriser ses blessures dans un cri abominable.

Puis, ce fut le noir.

Mathieu n'y vit plus rien pendant un moment, ne sentant plus son corps, comme si son âme flottait en dehors de son enveloppe charnelle. La douleur dans sa tête était partie, le laissant meurtri, avant qu'une douce chaleur ne se répande dans son corps. Il sentit quelque chose apaiser tout son être, comme un baume qu'on lui passait au sein même de son âme, et il se laissa porter par la sensation étrange qui lui ôtait toute blessure.

Petit à petit, il put à nouveau sentir ses doigts, et Mathieu bougea doucement ses mains, encore à moitié dans le flou, avant de réaliser qu'il avait les yeux fermés. Doucement, il ouvrit les paupières, avant de reprendre complètement ses esprits en sentant brutalement le vent lui gifler le visage.

Le monde s'étala sous ses yeux, et les feuilles mortes volèrent devant ses prunelles encore embrumées. Surpris et complètement déboussolé, son regard qui se perdait sur la place se posa soudainement devant lui, en remarquant les six formes allongées sur le sol.


Mathieu sentit son cœur se soulever en comprenant de qui il s'agissait, et il tenta de se relever brusquement ; mais une force brutale s'appuya soudainement sur son torse, et aussitôt, le schizophrène se fit plaquer au sol tandis qu'une vive douleur transperçait son corps.

Paniqué, le youtuber leva les yeux pour croiser le regard de son attaquant et une peur glaciale s'insinua dans ses veines lorsqu'il vit les prunelles d'un gris métallique le fixant. La chaussure noire sur sa veste s'appuya un peu plus dessus, faisant grimacer le jeune homme de douleur qui ne détourna néanmoins pas le regard.

— Tiens tiens... Qu'avons-nous là ?

La question posée d'un ton horriblement doucereux sonna comme une menace pleine de torture aux oreilles de Mathieu qui jeta un coup d'œil nerveux autour de lui ; mais étant plaqué au sol, il ne vit que le ciel gris et la cime des arbres entourant l'ancien asile abandonné.

L'homme qu'il avait assommé afin de libérer le Geek le contemplait comme un lion venant de capturer sa proie, et le sourire carnassier qu'il afficha ne laissa rien présager de bon :

— Mathieu Sommet, hein ? Comment as-tu réussi à t'échapper ? Tu étais enfermé avec Fred, pourtant...

Le grand colosse tourna la tête au loin, et Mathieu aurait aimé suivre son regard s'il n'avait pas été maintenu au sol par le géant pesant comme un camion par la seule force de sa chaussure sur son torse. Mais bien vite, les prunelles glaciales se fixèrent à nouveau dans ses yeux, et sa peur encore plus en voyant la flamme démente dansant dans ses iris.

— Tu vas mourir. Je te laisserai pas ébruiter ce que tu as vécu. Je vais reprendre ma vie à zéro, et cette fois-ci, j'aurai plus d'emmerdes.

— Non, en effet, tu n'auras plus d'emmerdes.

John Marshall n'eut pas le temps de réagir ; le coup de feu claqua dans l'air aussi rapidement qu'un coup de fouet, et seul ses yeux écarquillés témoignèrent de la douleur tout aussi abominable que fugace venant de traverser sa tête quand il tomba en arrière.

Le corps massif du colosse heurta la terre sèche avec un bruit sourd, et Mathieu ne réalisa que lorsqu'il se releva soudainement pour voir d'où venait le tir qu'il n'avait plus la chaussure de celui-ci sur son torse. Il contempla le corps de son agresseur, raide comme un piquet, et dos au sol ; seul le trou ayant creusé la chair entre ses deux yeux témoignait du fait qu'il avait été tué, et le schizophrène se retourna brutalement afin de chercher le tireur.

Celui-ci se tenait droit, le revolver encore fumant dans sa main droite le long de son corps. Le vent faisait voler sa veste noir et agitait légèrement ses cheveux, mais le regard de Mathieu perça les lunettes de soleil noires afin de trouver la paire d'yeux semblable aux siens.

Le Patron s'avança lentement, tout en replaçant son pistolet dans la poche intérieure de son costume. Les feuilles mortes craquaient sous ses pieds, et son Créateur le regarda s'avancer sans parler, trop choqué pour parler.

— Plus d'emmerdes pour nous, gamin.

La conclusion simple mais glaciale lui arracha un hoquet de surprise ; mais aussitôt, une autre information lui revint à l'esprit, et le schizophrène se releva nerveusement pour se précipiter sur les six corps allongés un peu plus loin.

Il se jeta à genoux sur les feuilles mortes, une épouvante horrible lui tordant les entrailles tandis que derrière lui, il entendait le Patron marcher toujours d'un même pas calme et froid. Avec des gestes tremblants, il retourna le corps le plus proche de lui, sachant que son mental n'endurerait pas un autre coup.

Le visage du Geek était livide, aussi pâle que la mort ; mais le soulèvement régulier sous son tee-shirt à l'effigie de Captain America lui confirma que le benjamin était bel et bien vivant.

Le mot résonna dans son esprit comme un mantra, tandis qu'il tâtait les côtes de sa personnalité comme pour s'assurer qu'elle était bel et bien réelle.

Vivant.

Les pas derrière lui s'arrêtèrent brusquement, et Mathieu releva la tête pour voir le Patron se pencher vers la Fille et la retourner sur le dos. Le criminel garda son masque d'indifférence, mais le schizophrène sut en voyant le léger soupir qu'il lâcha qu'elle aussi était vivante.

Le soulagement explosa comme une bombe dans tout son être, et Mathieu sut qu'il était à deux doigts de défaillir après tout ce qu'il avait enduré. Son regard balaya le reste de ses personnalités qui semblait toujours endormies, mais bel et bien vivantes. Des larmes noyèrent bien vite sa vue et tombèrent sur le tee-shirt écarlate, tandis qu'un sanglot libérateur franchissait ses lèvres.

Sa personnalité en noir le regarda silencieusement derrière ses lunettes, mais même avec le verre fumé cachant ses yeux, son Créateur sut ce qu'il lui criait intérieurement.

« Tu sais gamin, je te le pardonnerai jamais. »

Mathieu n'osa rien dire. Il savait que le Patron ne lui pardonnerait pas avant un très, très long moment. Et même s'il le faisait, lui ne se pardonnerait jamais.

Il ne se pardonnerait jamais d'avoir été aussi égoïste, aussi lâche à cause de sa stupide phobie des hôpitaux.

Tandis que le goût amer de son propre dégoût se répandait dans sa bouche, une série de toussotements le fit réagir, et le schizophrène baissa les yeux pour regarder le Geek qui venait d'émerger.

Le gamer papillonna des yeux avant de fixer son regard perdu dans celui bouleversé de Mathieu, et aussitôt, ce dernier serra un peu plus le petit corps hissé sur ses genoux sans que ses larmes ne cessent. Une question muette tournoya dans les prunelles de l'adolescent perdu, et ce fut d'une petite voix misérable qu'il la formula :

— Mathieu... On est vivants ?

La question chamboula totalement son Créateur qui refoula un sanglot, fixant le visage candide et innocent de sa personnalité qui lui renvoyait une image encore plus détestable de lui-même.

Comment avait-il pu être aussi atroce au point de sacrifier ses personnalités ?

Puis, d'une voix toute aussi bousculée, il trouva la force de répondre :

— Oui. Oui, vous êtes vivants, tous. Tous...

Aussitôt, l'air crispé du Geek s'effaça pour faire place à un grand soulagement, et un petit sourire fleurit même sur ses lèvres desséchées.

Mathieu sentit son estomac se soulever. Comment le petit trouvait-il la force de sourire après tout ce qu'il avait fait ?!

— Et tu sais quoi ?

Il eut presque un ton léger, mais les larmes coulant sans cesses sur son visage ne trompaient pas. Les yeux du benjamin le scrutèrent avec un si grand apaisement que sa culpabilité fut balayée pour faire place à une détermination de fer.

Plus jamais ça, se murmura-t-il intérieurement. Plus jamais personne ne touchera à vous.

— On rentre à la maison.


J'espère TELLEMENT que cette fin vous aura plu. Je suis dans un état de stress relativement intense pour vous dire, j'espère vraiment ne pas vous décevoir. Je sais que vos feels ont été malmenés, je m'en excuse d'ailleurs pour les âmes sensibles ayant versé quelques larmes, mais malgré cette touche relativement sombre, je voulais vous donner votre happy-ending. Parce que vous le méritez, hein ?

Parlons donc de cette fin alternative... Au moment de la confrontation avec le Patron (à croire que ces scènes-là me donnent toujours envie d'écrire une suite), j'ai eu une idée... Horriblement trash. Ranne (que certains ici connaissent bien n'est-ce pas xD) m'a conseillé de prendre celle qui heurtait le plus vos petits cœurs, mais honnêtement... Non. (Allez la massacrer pour m'avoir donné une idée pareille maintenant =3)

Donc, je sais qu'il y a des âmes sensibles par ici, mais aussi des adeptes de l'horror et autres deathfic. N'hésitez pas à me spécifier dans vos reviews si vous souhaitez connaître cette fameuse fin alternative, et je me ferai une joie (ahaha) de vous la donner en MP. Et si vous insistez, vraiment, VRAIMENT... Peut-être que je trouverai le courage de l'écrire.

Peut-être.

Mais revenons donc à nos lapins ! Vous voici arrivé à la fin de cette fanfiction. Je le répète encore une fois, merci de m'avoir soutenu dans cette merveilleuse aventure qu'a été Aie la foi et Descente Infernale, c'est une page qui se tourne puisque je finis donc ma plus grande "oeuvre" sur le fandom.

Du plus profond de mon cœur, merci à vous.

J'espère vous retrouver pour d'autres aventures dans le fandom, notamment beaucoup de projets de fics courtes et d'OS, ainsi qu'une fanfic UA déjà en cours d'écriture que vous trouverez sur mon profil, "Les Pirates du Cabaret Noir" (moi faire de la pub ? Ahahaha chut)

Je vous tire la révérence depuis mon bunker, sachez que je vous aime très fort =3