Chapitre 25 : Le plan de Daibu

Point de vue de Tsubasa :

–-Quel est ton plat préféré ? Me demanda Hayate.

A ma plus grande surprise, mon cadet ne me posait que des questions sur ma vie quotidienne. Je m'attendais à être bombardé de question sur Sanae et moi, mais rien. Daibu quand à lui n'avais quasiment rien dit depuis le début préférant apparemment laisser ses questions à son jumeau.

–-Heu...le sukiyaki.

–-C'est tellement commun, souffla Hayate. Bon j'ai terminé.

Il s'était adressé à Daibu qui hocha le menton et se tourna ensuite vers moi.

–-Bon maintenant passons aux choses sérieuses.

–-Très bien mais moi le premier, rétorquai-je.

Comme aucun n'objectai, je continuai sur ma lancée.

–-Alors Hayate m'a dit que vous vous étiez rencontrés en camp d'été, mais comment est-ce que vous avez été sur à cent pour cent d'être frères ? Je veux dire, d'accord vous êtes jumeaux mais ça ne vous paraissait pas impossible ?

–- C'est sur que c'était bizarre, répondis Daibu, mais on s'est découvert tout un tas de point commun dans la cabane d'isolement, c'est là qu'on a commencé à envisager notre fraternité, pour ma part en tout cas. Après...il a suffit qu'on cherche confirmation auprès de Roberto.

–Je vois, murmurai-je. Je comprends mieux maintenant, je te sentais toujours si loin dans nos conversations. Un jour tu semblais si heureux, le jour d'après tellement angoissé.

–- A nous maintenant, lança Hayate. Raconte nous comment Maman et toi en êtes vous arrivés à vous marier.

–-Hé mais c'est de la triche, c'est hyper long. Il faudrait que je vous raconte la moitié de ma vie.

–-Tout l'art est dans le fait de poser la question, répondis malicieusement Daibu.

Point de vue de Hayate :

Je me réveillais complètement hagard. La nuit avait été longue et je m'étais couché tellement tard. A côté de moi dormait Papa, je me retournais pour voir Daibu mais le lit était vide. Il est tellement matinal, j'allais me recoucher quand je fus attiré par la lumière rougeoyante du réveil.

–-Merde ! Il est est 9:45 !

Je sortis en trombe du lit et me jetais sur mon téléphone. Cinq appel manqués de ma mère, elle allait me faire la peau. J'écoutais ses messages vocaux un a un ou je sentais sa colère croître. Finalement, elle était partie et elle me conseillait de venir le plus vite possible à l'hôpital si je voulais prolonger mon espérance de vie.

–-Qu'est-ce qui se passe ?

Papa se frottait les yeux derrière moi.

–-Il faut que j'aille à l'hôpital, tu peux me déposer ?

–-Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est Sanae ? Paniqua Papa.

–-Pas vraiment, je t'expliquerai en route.

–-Mais je ne peux pas t'emmener, ta mère risquerait de nous voir.

–-Dans ce cas, dépose moi à côté, je ne sais pas ou c'est de toute façon.

–-OK, OK. Ou est Daibu ?

–-Je ne sais...

Je m'arrêtai net, c'est vrai que c'était aujourd'hui qu'il devait faire visiter la ville à Mathilda.

–-..il n'est pas très loin, achevai-je.

Papa ne chercha pas a comprendre et commença à s'habiller.

–-Tu ne veux pas manger quelque chose d'abord, me demanda Papa en prenant les clés sur le meuble de l'entrée.

–-Non c'est bon, connaissant Maman elle va me faire subir un petit déjeuner en compagnie d'Andrew.

Papa sourit devant ma grimace.

–Je suis rassuré que tu ne l'aime pas.

–-Alors la aucune chance. Je n'ai jamais aimé l'idée que quelqu'un prenne ta place même quand je ne savais pas que tu étais mon père.

–-Et c'est arrivé souvent ? Est ce que Sanae a eu beaucoup de petits amis ? Insista Papa quand il vit que je ne comprenais pas.

–Jamais. Elle a eu quelques flirt mais rien de sérieux.

Papa hocha la tête d'un air entendu et m'ouvrit la porte.

Point de vue de Sanae :

Je regardais Hayate debout à côté d'Andrew s'excuser et lui proposer poliment ses services. Si c'était bien lui. Je sentais sur lui l'odeur de Tsubasa, ça devait être Daibu, ce garnement de Hayate a du aller je ne sais ou, et a demandé à son jumeau de le remplacer. Je ne vois que ça. Pourtant quand je regarde au fond de ses yeux, je suis persuadé que c'est Hayate.

–-Chérie, nous y allons ?

Je souris a Andrew et attrapai le bras qu'il me proposait. Hayate nous suivait sans parler, à croire qu'il avait perdu sa langue. Il était complètement dans les nuages...ou alors c'était Daibu. Il fallait que je sois sûre. J'apostrophai mon fils.

–-Mon cœur ?

–-Quoi ?

–-Comment est-ce que tu es venu jusqu'ici ?

–-En stop, répliqua-t-il du tac au tac.

Un mensonge, il était nerveux. C'était Hayate, j'étais capable de deviner la vérité du mensonge avant même qu'il n'ouvre la bouche. Cette constatation me fit un choc et je me stoppai net au milieu de la rue. Je senti qu'Andrew tirais sur mon bras.

« Je suis capable de savoir quand il ment, or cet été je n'avais détecté aucun mensonge alors que c'est l'air de Hayate, ça ne peut que vouloir dire que j'étais avec Daibu. Tous ses changements d'humeur, tout s'explique. Mais comment ? »

–-Sanae, est-ce que tout va bien ?

–-Oui, oui. Désolé, je pensais juste à un endroit ou nous pourrions dîner ce soir, pour fêter ton retour.

–-Pourquoi pas, en tête à tête ?

–-Je...

Je jetai un œil à Hayate qui semblait captivé par notre conversation maintenant.

–- Je veux venir, s'imposa Hayate.

–-Comme tu veux mon garçon, mais dans ce cas je préfère éviter de manger en ta présence au cas ou tu serai tenté de m'étouffer à nouveau.

Point de vue de Daibu :

J'avais bien étudié l'itinéraire de ma visite et j'avais emmené Mathilda voir la galerie des trésors du temple Hôryû-ji au musée national, la bibliothèque de l'université d'Art de Tama

et pour finir, je lui avais proposé d'aller voir une pièce au théâtre Za-Koenji mais rien n'y faisait, elle n'avait décroché aucun de ses sourires habituels. Même sa bonne humeur semblait inexistante. Comme nous étions en début d'après-midi, j'avais acheté de quoi nous restaurer chez un marchant ambulant et rejoignis Mathilda sur le banc sur lequel je l'avais laissé. Elle semblait ne pas avoir cligné des yeux.

–-Tiens, lui dis-je en lui tendant son repas.

–-Merci.

Elle posa la boîte sur ses genoux et la contempla un long moment. Finalement elle la posa à côté d'elle en disant qu'elle n'avait pas faim. Je l'imitai, elle allait vraiment l'air d'être mal.

–-Qu'est-ce qui ne vas pas ?

J'avais posé ma main sur la sienne pour l'amener à se confier. Elle me sourit en retour, le premier de la journée.

–-Mon père m'a contacté hier. Tu te souviens qu'il n'était pas là quand on a quitté Londres et que c'était ma belle-mère qui m'avait donné l'autorisation de partir ? Et bien il est revenu il y a quelques jours à la maison.

–-Je vois...et je suppose qu'il est en colère de ne pas t'avoir trouvé.

–-Non...c'est bien pour ça que je suis inquiète. Il m'a juste dit qu'il voulait me parler, que des choses allaient changer dans nos vies. J'ai peur Daibu. Mon père est généralement colérique et autoritaire mais hier au téléphone, il était si...calme.

–-C'est une bonne chose alors, dis-je enjoué.

–-Je ne sais pas, je n'ai pas très confiance en lui.

–-Écoute si ça peut te rassurer, demande donc à Maman de t'accompagner à ton retour. Elle t'aidera.

–-Qu'est-ce que tu en sais ? Et puis c'est une mauvaise idée, nos parents ne s'entendent pas très bien, mais tu ne pouvais pas savoir, c'était Hayate qui était là à ce moment.

–- En tout cas je sais qu'elle ne te laissera pas affronter ça seule, tout comme Hayate et moi.

Elle rit quand je nommais Hayate. J'étais content qu'elle aille mieux, elle reprit son repas et nous mangeâmes dans une meilleure humeur.

Point de vue de Hayate :

–- Tu te rends compte que j'ai du faire des courbettes et des -je vous en prie- à ce con ! Et puis Maman, je ne sais pas ce qu'elle avait mais elle était au petit soin avec ce débile qu'alors elle t'as quand même embrassé merde.

–- Sanae ne t'as jamais fait mangé de savon ? M'interrompis Tarô.

Fatigué, Andrew était allé piqué un somme. Maman en avait profité pour s'éclipser en m'imposant la corvée de surveiller le vieux au cas ou il «voudrait un verre d'eau ». Je m'étais barré dès qu'elle avait claqué la porte. J'avais trouvé Papa et Tarô en train de regarder un match. Daibu n'étais toujours pas rentré.

–- Elle me menace souvent mais non jamais.

–- Elle s'est vraiment ramollie alors, constata Papa.

–- C'est pas vraiment la question, m'énervai-je. Il faut que tu fasses quelque chose Papa, réagis !

–- Je suis de retour.

Je me tournai vers la porte, mon jumeau était enfin là. J'étais tellement content de le voir que j'en oubliai presque ma colère contre lui, contre Maman, contre Papa, contre tout le monde en fait.

–- Bien dormi frangin ?

–- Ça peut aller, la petite visite est terminée ?

–- En quelque sorte, j'aurais un mot à te dire tout à l'heure.

Sans plus d'explications, il alla saluer notre père et son meilleur ami. Daibu refusa les restes du plat que nous avions commandé, il avait déjà mangé. Il sauta sur le canapé à côté de Tarô et demanda quelles étaient les nouvelles.

–- Rien de rien, répondis-je. Maman et Andrew vont dîner ce soir ensemble, mais pas tout à fait vu que je me suis incrusté et ça ne fait ni chaud ni froid à Papa.

–-Je n'ai pas dit ça, se défendit ce dernier. C'est juste que la confrontation directe est une mauvaise idée. Si je vais à ce dîner, Sanae va me détester et puis je ne pourrais pas supporter de voir ce mec faire du charme à ma femme.

–- Raison de plus pour lui montrer que tu tiens à elle, insistai-je.

–-Calme toi Hayate, nous allons trouver une solution, je suis convaincu que tout se finira bien, tes parents sont des âmes sœurs.

–- Je suis d'accord avec Tarô, dis Daibu. Et puis j'ai une bien meilleure idée.

Il avait ce sourire que Maman me reprochait souvent, celui qui annonçait de mauvaises nouvelles. Je me sentais excité.

-Andrew ?

Je secouai le dormeur, lorsqu'il réagit, j'ouvris les rideaux pour laisser entrer la lumière. Il se frottait les yeux visiblement ml réveillé. Je lui tendit un verre d'eau fraîche, il paraissait surpris de mon geste. J'en riais intérieurement. Il se méfiait. Il reposa le verre sur la table de chevet sans y avoir touché. Il remonta sur ses oreiller et me regarda dans les yeux.

–- Que cache ces bonnes attentions ?

–- Rien du tout. En fait si, je voulais vous parler et vous expliquer mon geste de la dernière fois. Je me suis excusé mais avec Maman je n'ai pas pu développer.

–- Je ne comprends pas.

Mon interlocuteur fronçait les sourcils. Je me concentrai pour ne pas rire.

–- En fait j'ai fais ça pour vous protéger.

–-Me protéger ?

–- De ma mère. Non, laissez-moi finir, je m'explique. J'ai eu peur quand j'ai vu que vous étiez sérieux, ce n'est pas que ma mère s'amuse avec vous...mais je ne sais pas si vous arriverez à assumer cette relation. Vous voyez, ma mère est devenue mère très jeune et elle a eu beaucoup de mal à assumer son rôle. Surtout que deux d'un coup c'est pas évident.

–- Deux ? Vraiment Hayate je ne te suis plus.

Je fis signe que je compatissais, c'est à ce moment que Daibu entra dans la pièce. Andrew était complètement choqué.

–-Andrew, je vous présente mon frère jumeau Hayate, oui oui on a le même prénom, comme je vous l'ai dit, ma mère a un peu du mal à assumer. Une semaine sur deux c'est l'un de nous qui passe du temps avec Maman.