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Jun à Hao
(jointe à la précédente)
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Voyez mon cher Vicomte, quelle délicieuse enfant nous avons là !
Il vous faut passer à l'attaque séance tenante, si vous ne voulez voir la petite vous filer entre les griffes ! La douce Seyrarm semble déjà prête à tomber dans les miennes. Voyez plutôt combien ce billet est rempli de ma personne, de notre tendre « amitié », et quel sage usage ma petite élève fait des mots de notre charmante langue ! Admirez ces « ma chère amie », « ma bonne », « je languis », ou encore ces embrassades et ces cajoleries qui me seront bientôt offertes ! Et cette image du jour qui n'en finit pas, « Ah, que le jour me semble long ! », n'est-ce pas là l'essence même de la langue amoureuse ? Cette enfant est prête à se rendre, Vicomte, mais à qui ? Serez-vous l'heureux élu ou devrez-vous perdre la face en vous voyant supplanté dans votre conquête par une autre ? Être vaincu parce que l'amour de son propre sexe vient plus vite à une jeune fille que celui de l'autre, voilà une plume qui manquait à votre panache !
Hâtez-vous donc, mon doux ami, très cher rival, ou je ne pourrai résister à la tentation de m'emparer de votre proie. Sans rancune si vous parvenez à vos fins, je vous embrasse du fond du cœur.
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De l'hôtel de T***, ce 23 Mai 17**
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