L'île Delphino est renommée de par le monde pour son grand choix de paysages paradisiaques.

On dit qu'un coucher de Soleil vu depuis la plage Sirena, située à l'ouest de l'île, est plus beau qu'à n'importe quel autre endroit du monde. Du moins, c'est ce que dit la publicité...

L'hôtel Sirena, construit sur la plage, est le plus beau de tout Delphino. Et comme Koopek et Boberise comptaient profiter de leur voyage, c'est là-bas qu'ils restèrent dormir.

Pendant toute une journée, ils avaient fouillé la Place Delphino (la principale ville de l'île) de fond en combles, pour trouver une quelconque trace d'activité paranormale. Sans succès. Ils s'étaient promis de chercher dès le lendemain à Port Rico (le port marchand situé à l'est).

Koopek était assis sur une chaise, et Boberise allongé sur le lit. Ils regardaient la télévision pour connaître les actualités du royaume Champignon. Apparemment, les apparitions de manoirs hantés dans plusieurs villes du pays n'avaient pas attiré l'attention des médias.

- Je crois que Alex, Bombart et Pétulant n'ont pas atteint Toadville, se désola le bob-omb. Si ils avaient parlé à la princesse Peach de tout ça, on aurait sans doute plus de nouvelles à la télé...

- C'est vrai, approuva Koopek... Je m'inquiète un peu pour eux...

En revanche, la disparition du professeur K. Tastroff faisait en ce moment l'objet d'un dossier spécial.

« Au moment de sa disparition, les travaux du professeur ont été laissés en plan. Quelques scientifiques on tenté de reprendre ses recherches pour savoir si elles avaient un lien avec sa disparition. »

Le téléviseur montrait alors l'image d'un toad en blouse blanche de chercheur.

« En fait, déclara le toad, nous ne sommes pas parvenus à de grands résultats. La seule chose certaine est que le professeur travaillait sur une maladie qui, apparemment, toucherait actuellement tous les habitants du royaume Champignon sans exception. »

- Ça veut dire qu'on serait malades nous aussi ? demanda Koopek avec scepticisme. Et sans le savoir, en plus ? C'est ridicule.

- Peut-être pas tant que ça, répliqua Boberise.

- Ah oui ? Tu imagines, toi, une maladie qui toucherait tous les habitants du royaume sans exception ?

- Bien sûr ! Tiens, tu as l'avarice, la jalousie, la gourmandise, la luxure...

- La luxure ?! Attends, c'est toi qui a insisté pour qu'on loge au plus prestigieux hôtel de l'île Delphino !

- Mais t'étais quand même très content d'y aller, je me trompe ?

Koopek se renfrogna.

- Quoi qu'il en soit, reprit-il, ça ne nous avance pas beaucoup pour savoir où est passé le professeur. Et je ne pense pas que Luigi l'ait retrouvé, sinon on l'aurait su !

Ils rejoignirent les autres clients de l'hôtel au restaurant. L'hôtel Sirena était principalement fréquenté par des gens de la haute société, et ça se voyait. Les koopas, par exemple, avaient tous teinté leurs carapaces avec des couleurs sobres, mais qu'on ne trouvait presque pas à l'état naturel, alors que Koopek portait sa carapace verte habituelle. Quant à Boberise, il ne portait ni couvre-chef, ni nœud papillon, ni cravate... Tous deux se sentaient un peu banals, au milieu de tous ces gens si distingués.

Près de leur table, un calendrier rappelait que la pleine lune était dans trois jours, et invitait ce jour-là à l'admirer depuis la plage. Ils dînèrent pendant quelques minutes en parlant de leur itinéraire pour le lendemain. Le soleil n'était pas encore couché car on s'arrangeait généralement pour qu'il se couche au moment de prendre le café.

À un moment, une dame paratroopa à la carapace aussi blanche que ses ailes se plaignit bruyamment que son champifruité (un plat composé de pêches et de champignons) n'était pas cuit correctement. « Pour une maison de ce niveau, c'est inacceptable ! Je vais me plaindre directement au cuisinier ! » répétait-elle de sorte qu'on l'entende dans toute la salle.

- Mais de quoi elle se plaint ? s'étonna Koopek. On mange très bien ici !

- Laisse tomber, sourit Boberise, des fois les gens font toute une affaire pour un rien, surtout les gens fortunés.

- Euh, on devrait pas lui dire qu'elle fait fausse route ? demanda Koopek.

Au lieu de se diriger vers les cuisines, la dame paratroopa venait de disparaître par la porte de sortie du restaurant.

Les deux amis la suivirent dans le couloir et l'aperçurent passant une porte qui menait vers les sous-sols. Boberise la retint alors qu'elle avait descendu les escaliers, dans un couloir sombre et lugubre.

- Madame, ce n'est pas par là les cuisines !

- Oh, vraiment ? Je me disais aussi que pour des cuisines, la propreté de cette pièce laissait vraiment à désirer... Ma foi, si vous savez où c'est, je vous suis.

- Et vite, s'il vous plaît, ajouta Koopek. Cet endroit me file les chocottes.

- Vous n'êtes vraiment pas courageux jeune homme ! remarqua la koopa.

- Non mais je veux dire que... ce couloir n'est pas vraiment...

- Vous êtes vraiment un pleutre, il suffit de voir votre air ahuri !

- Mais...

- Pas de « mais » ! Vous faites honte à tous les koopas et paratroopas !

- Je dis juste qu'il vaut mieux ne pas s'attarder ici !

- Et pourquoi pas ? Venez ! Je vais vous prouver qu'il n'y a rien à craindre ! Nous allons explorer ensemble cet endroit ! C'est l'honneur des koopas qui est en jeu !

Boberise s'était glissé sur la pointe des pieds vers le haut des escaliers.

- OÙ ALLEZ-VOUS, VOUS ?

- Ben... je me disais que c'était une affaire entre koopas, et...

- Vous venez aussi ! Je vous jure, la jeunesse se détériore. Il y a un grand manque d'éducation de ce côté là... Il est grand temps de remédier à tout ça !

Ils progressèrent ensemble dans le sous-sol, la dame paratroopa en chef de file, le bob-omb juste derrière, et Koopek qui les suivait en claquant des dents.

Après quelques temps, la paratroopa ouvrit une porte au hasard et ils découvrirent une sorte de machine en forme de bol retourné emplissant toute une pièce.

- Mais, c'est quoi ça ? chuchota Boberise.

Avant même qu'ils n'aient pu approcher, une demi-douzaine de formes blanches surgirent du sol. Koopek referma vivement la porte comme si ça permettait de faire disparaître les spectres.

- On... On fait quoi maintenant ? bégaya Boberise. On n'a même pas d'armes pour leur faire face !

- Vous savez, dit la dame paratroopa apparemment autant paniquée qu'eux, des fois il faut savoir prendre son courage à deux mains, et ses jambes à son cou !

Ils suivirent son conseil. Tout ce qu'ils pouvaient faire pour l'instant, c'était évacuer l'hôtel.

Une demi-heure plus tard, ils étaient sortis en compagnie des clients qui avaient bien voulu croire à leur histoire. Toutes les autres personnes (la majorité des clients et le personnel) étaient restées à l'intérieur. Ils étaient revenus en catastrophe sur la Place Delphino, d'où on ne voyait presque pas le soleil se coucher.

- Ces Boolangers sont toujours là où on les attend le moins ! soupira Boberise.

- Au moins, on a réussi, s'enthousiasma Koopek. Parmi les personnes qui ont décidé d'abréger leurs vacances, il y en aura forcément qui pourront prévenir la princesse Peach de la situation. Et les médias vont sauter sur l'affaire !

- Oui, il faut espérer, approuva son partenaire. En attendant, on a pas fini, car demain il faudra qu'on continue d'inspecter l'île.

Ils apprirent justement le lendemain que tout contact avec l'Hôtel Delphino avait été perdu après le coucher du Soleil... Ils avaient donc vraiment évacué la bâtisse juste à temps...