Salut à tous ! Je n'ai absolument aucune excuse pour avoir délaissé cette fic, je ne vais pas mentir, si ce n'est les études, le boulot, les petits problèmes et le gros manque d'inspiration. Mais me revoilà !
Un grand merci à ce qui m'ont laissé des reviews et des encouragements, ça fait super plaisir ! Pour la peine, je n'ai même pas passé ce chapitre sous l'œil acéré de ma bêta, et je vous le poste tel quel, donc je m'excuse de l'orthographe !
Bonne lecture, et une fois n'est pas coutume, je vous autorise à m'incendier sur mes longs retards !
Chapitre 24
C'était tôt. Très tôt dans la matinée. C'était même encore la nit, pour moi.
« Rogue ? »
Je distinguai plusieurs voix, mais je n'arrivai pas à ouvrir correctement les yeux. Parce que, au cas où vous ne l'auriez pas compris, c'était tôt.
« Fletcher ? »
Je tâtonnai quelques secondes devant moi avant que ma main n'attrape la tasse de café sur la table. C'était ma troisième. Ou ma quatrième, j'avais perdu le compte.
« Shackelbot ? »
Le goût amer de ma boisson provoqua en moi une mini décharge d'énergie, et j'eus enfin la force de soulever les paupières.
Dumbledore, les parents Weasley, Lupin et Sirius étaient assis autour de la table, avec Willow, Ken et Buffy. Personne n'avait eu le courage de réveiller la gamine à une heure aussi matinale. Mais ça n'avait pas du tout dérangée Kennedy de venir me crier dans les oreilles à 5h30 du matin.
Injuste, pas vrai ?
« Tout le monde peut avoir commis ce crime, déclara solennellement Dumbledore. »
Le vieillard était plus à plaindre que moi. Il avait passé toute la nuit à aller enterrer le corps de l'elfe, dieu sait où. Son visage était encore plus pâle que d'habitude et ses yeux ne luisait pas autant de malice.
« Quiconque l'a commis devra être puni, grogna Sirius en tapant du poing sur la table.
-Du calme, tempéra Mme Weasley, la violence ne résoudra rien.
-Molly à raison, Sirius. Ne fonce pas tête baissé à la recherche d'un coupable tant qu'on a aucun indice, fit Lupin en se frottant le front. »
On soupira presque tous à l'unisson à ces paroles, et commençâmes à murmurer entre nous. On avait aucun indice sur ce qui c'était passé. Dumbledore se leva et écarta les mains pour intimer le silence.
Ce mec était vraiment trop balèze pour ça. Un petit geste des doigts et hop, plus un bruit dans la pièce. Même moi je la fermais. Sérieux, respect.
« C'est pourquoi je vous ai convoqué ici. Vous êtes les seules personnes qui n'avaient pas pu tuer Kreattur, en plus d'Harry. Et je ne vois pas la jeune Dawn poignarder notre ami. »
C'est qu'il ne l'avait jamais vu avec une épée, la gamine...
« Vous pensez nos fils capables d'un tel geste ? Demanda Mr Weasley en fronçant les sourcils.
-Et ma femme ? Rajouta Lupin sur un ton accusateur.
-Si vous m'auriez demandé hier, je n'aurai cru personne capable de trahison parmi nous. Cependant, les faits sont là. Kreattur a été assassiné, et vous êtes les seules personnes que je sais innocentes. Tout simplement parce que je sais que vous n'étiez pas là au moment du crime. Mais je ne peux malheureusement pas être sur pour les autres.
-Alors quoi ? On accuse nos propres enfants, maintenant ? S'énerva la matriarche en devenant aussi rouge que ses cheveux. »
Génial, une dispute. Franchement, j'aurai pu rester dans mon lit au lieu d'écouter ça...
« Et pourquoi ce ne serait pas ces américaines ? Nous ne savons rien d'elles, à part que l'une d'elle aime poignarder les gens et que l'autre préfère les dépecer. »
Pas la peine d'indiquer qui venait de parler. Debout dans l'embrasure de la porte se trouvait mon cher ami le balafré. Appuyé sur sa cane, il me regardait avec son œil bizarre qui partait dans tout les sens.
Il me semblait pourtant pas que monsieur amabilité avait été invité à notre réunion privée. Comme on dit, même quand tu penses avoir touché le fond, tu peux toujours continuer de creuser.
Ou un truc dans le genre.
« J'étais en train de risquer mes fesses à Poudlard, lui crachai-je, pas du tout contente.
-Quant à nous, Faith est notre amie. Je ne vois pas pourquoi nous irions tuer le seul renfort qu'elle avait ici, déclara Willow sur un ton plus doux. »
Maugrey se contenta de renifler, pas convaincu, et attrapa sa flasque pour boire une longue gorgée.
« Elles n'auraient aucune raison de tuer Kreattur. Non pour moi, c'est quelqu'un de l'extérieur. Quelqu'un qui n'habite pas ici, mais qui fait parti de l'Ordre, fit Mr Weasley.
-Ça représente des dizaines de personnes, souffla Molly en resservant à tous une tournée générale de café, à notre grand soulagement
-La personne qui a tué Kreattur avait pour but de coincer Faith et Harry au château. Quelqu'un qui connaissait le plan. Il n'y avait pas tant de personne que ça, objecta Lupin.
-Rogue, grogna Sirius. »
Moi qui commençait à apprécier le personnage. Non pas que je l'adorais, hein, mais disons qu'il m'était moins antipathique depuis le discours qu'il m'avait fait quand j'avais appris la prophétie.
« Sirius..., commença Dumbledore.
-Non, ce n'est pas parce qu'on a un passé que je dis ça... en fait, si. Il nous a déjà trahi une fois, Dumbledore. Il connaissait la mission... Ça me paraît évident.
Dumbledore se contenta de croiser ses mains sur la table.
« Je ne peux malheureusement rien dire pour sa défense, ou pour celle de n'importe qui ici. En dehors de nous tous réunis, de miss Summers et de Harry, toute les personnes vivant dans ce manoir ou en ayant l'accès est suspect. Restez tous sur vos gardes mes amis, et ne parler de cette réunion à personne. Il se peut que le coupable soit dans ses murs. »
« Ça va ? Tu as l'air tendue, fit la voix de B au dessus de moi. »
Ne vous méprenez pas, elle n'était pas au dessus de moi dans ce sens là. Elle était simplement assise et avais insisté pendant de longues minutes ( avec sa moue et tout ) pour que je m'allonge, la tête sur ses genoux. C'était bizarre, même pour moi, et j'en connaissais un rayon niveau positions louches. Ça faisait vingt minutes qu'on était dans le salon, et elle tenait le livre qu'elle lisait d'une main pendant que les doigts de son autre main jouaient avec mes cheveux.
« Cinq sur cinq. »
Elle renifla légèrement, pour me faire comprendre qu'elle ne me croyait pas du tout, mais ne reprit pas la parole, se contentant de continuer son massage. Le silence s'imposa quelques secondes avant que je craque.
« Je l'aimais bien, cet elfe. »
Elle ferma son bouquin après une poignée de secondes et porta toute son attention sur moi, caressant doucement mon bras du bout de ses doigts.
Bon sang, fallait qu'elle arrête tout ça si elle ne voudrait pas que ça dérape...
« Dumbledore croit qu'il s'est fait tué parce qu'il a refusé d'emmener son agresseur vers moi. Il y avait des traces de luttes, selon lui, continuai-je après quelques instants.
- Il me faisait un peu penser à toi. »
Bon, au moins, toutes les pensées un peu lubriques que j'avais depuis qu'elle avait posé ses mains sur mon corps venaient de disparaître.
Parce que, sérieux ? Elle venait de me comparer à un nain de jardin poilu sale et rabougri ? Il était mort, certes, c'était triste, mais de là à lui rendre hommage en le comparant à la personne merveilleuse que je suis et au corps magnifique que j'ai ?
T'aurais pas abusé du jus de citrouille, B ?
Je me relevai sur un coude pour pouvoir la regarder dans les yeux.
« Eh bien, B, t'as toujours su flatter mon ego. »
Elle roula des yeux et se permit un petit sourire avant de m'obliger à reprendre ma position initiale.
« Comme si ton ego pouvait être encore plus flatté. Il est tellement gros que je me demande comment un corps aussi petit que le tien peut le contenir.
- Je pourrais dire pareil du tien, tu sais ? »
Pour toute réponse, elle arrêta ses gentilles caresses et me frappa le bras de son poing.
Je savais que la douceur ne pouvait pas durer.
« Quoiqu'il en soit, pourquoi je te fais penser au nain de jardin ? Demandai-je en coupant court à ses pensées meurtrières à mon égard.
- Parce que Kreattur, malgré son mauvais caractère et son côté limite malsain, a toujours été fidèle à ses convictions et à ce qu'il croyait. Il a toujours suivit les personnes qu'il aimait, que ce soit cette mégère dans le tableau ou toi, et je pense qu'au fond, il cherchait simplement à recevoir un peu d'amour à son tour. »
Je restait silencieuse, les yeux dans le vide et la tête toujours sur ses jambes. Comment Buffy avait réussi à voir tout ça dans le nabot, j'en avais aucune idée.
« Perso, pour moi c'était juste un elfe capricieux qui adorait insulter tout le monde et mettre les nerfs des gens à vifs, fis-je en attrapant sa main libre dans la mienne.
- D'accord, et ça te rappelle personne ? Demanda-t-elle d'un ton amusé »
J'ouvris la bouche pour lancer une réplique cinglante, mais je me ravisai. Pas la peine de lui donner raison davantage, hein ?
Pour seule réponse, je lui mit un léger coup de coude dans la cuisse, ce qui la fit rire.
« Te comparer à lui, c'était un compliment, tu sais ? Je voulais simplement dire que malgré tes mauvais côtés, tu es une personne adorable qui lutte pour ceux qu'elle veut protéger même si ça implique que tu te mettes en danger au passage. Tu es quelqu'un de bien, Faith. Tout comme l'était Kreattur. »
Je ne dis rien, me contentant d'embrasser le dos de la main que je tenais dans la mienne.
Et après toute ces belles paroles, je laissai même passer le fait qu'elle m'ait traité « d'adorable ».
« Alors, prête pour le grand jour ? Demandai-je à ma meilleure amie, assise sur une caisse au sous-sol. »
Elle était venue me chercher à l'étage et m'avait tiré par le poignet jusqu'ici sans dire un seul mot. Je sais que selon B, je suis une personne avec plein de qualités et de bonnes intentions, mais si elle n'ouvrait pas la bouche rapidement pour m'expliquer ce qu'elle voulait de moi, elle allait vite comprendre qu'il n'y avait pas que sa fiancée qui pouvait mériter le préfixe « Dark » devant son prénom.
Elle releva la tête vers moi, comme si elle avait oublié ma présence (même si ça faisait plus de cinq minutes que j'étais là) et soupira.
« Dans quoi je me suis embarquée ? »
Oh non. Non, non, non, non. Pas la panique d'avant mariage. Je pouvais pas gérer ça. Laissez moi donner des conseils à un couple et ils ressortent divorcés dans l'heure.
« Calme toi...
- Me calmer ? ME CALMER ? Comment je peux me calmer alors que dans moins de 24 heures je serai mariée ! En plein milieu d'une guerre dans un pays qui n'est même plus le mien ! Loin de ma famille et de la moitié de mes amis ! Je ne peux pas faire ça, S'écria-t-elle en se levant brusquement. »
Je grimaçai. Je n'étais pas qualifiée pour faire ça. Je ne pouvais pas l'aider. C'est elle qui me calmait d'habitude, pas l'inverse.
Bon sang, dans quoi moi je m'étais embarquée ?
« Ken, tout ira bien...
- Ne me sors pas ça alors que tu es condamnée à mourir à la fin du mois ! S'exclama-t-elle. »
Elle me lança un regard noir, comme si tout était ma faute. Hé, je lui avait jamais dit de se marier moi, et si j'avais su qu'elle me piquerai une crise, je lui aurai dit le fond de ma pensée sur ses fiançailles.
« Écoute, tu aimes Red...
- Et alors ? Des tas de gens s'aiment ! C'est pas pour autant qu'ils se marient. C'est important comme engagement. Ça se fait pas à la légère ! Pas au milieu d'une guerre ! »
Je la pris par les épaules pour l'empêcher de crier davantage et de rameuter tout les habitants de la maison.
Je suis sure que Willow serait ravie d'apprendre à quel point sa future femme était sure d'elle et de ce mariage.
« Kennedy, où-est-ce que tu te vois dans 5 ans ? »
Elle me regarda sans comprendre, et je devais avouer que je ne savais pas trop où je voulais en venir moi non plus.
« En Amérique. Loin d'ici.
- Et où-est-ce-que tu vois Willow ? Avec qui tu la voit ? Une autre fille ? Et toi, tu auras quelqu'un d'autre ? »
Soudain, son regard s'assombrit encore plus et elle se dégagea de ma prise.
Là c'était la Ken que je connaissais.
« Non mais ça va pas la tête ?!
- Tu te vois avec elle ? Insistai-je en croisant les bras.
- Mais bien sur ! Pourquoi j'irais avec une autre fille ?
- Pourquoi ? Parce que tu me hurles dessus pour me dire à quel point tu ne veux plus te marier et maintenant tu me hurles dessus parce que j'envisage la vie que t'aurais si tu l'étais pas ! Alors arrête de crier deux secondes, pose toi et réfléchis pour de bon à tout ça. »
Kennedy écouta mon conseil et retourna s'asseoir avant de prendre sa tête entre ses mains. Elle resta silencieuse quelques secondes, puis soupira.
« Je crois que je panique. »
Non, sérieux ?
« Tu aimes Willow, Ken. Vous êtes ensemble depuis deux ans et demi. Tu n'as pas besoin d'un bout de papier pour te dire que c'est pour la vie. Y a qu'à vous regarder. Vous êtes déjà mariées, déclarai-je en mettant ma main sur son épaule. »
Je pris un moment pour évaluer la situation. On était au milieu d'une guerre, tous sur le point de mourir face à un ennemi super-puissant, on devait chasser un traître qui menaçait la vie de tout le monde. Et pourtant, j'étais là, en train de faire mon rôle de meilleure amie et de demoiselle d'honneur, en train de rassurer une future mariée névrosée.
La banalité de la situation me fit éclater de rire, et un grand poids se leva de ma poitrine. C'était exactement ce qu'il me fallait. De la normalité dans ce monde de dingue, quelque chose de familier à quoi me raccrocher quand je sentais que tout partait en vrille. Pendant quelques minutes, je n'avais pas pensé à la fin du monde, à la fin de ma vie, ou même aux elfes morts à pleurer.
Et ça faisait vraiment du bien.
« T'as fini de te foutre de ma gueule, ou t'as besoin que je t'en mette une pour te calmer ? Grogna Kennedy en me lançant une nouvelle œillade meurtrière. »
Je ne prit même pas la peine de lui dire qu'elle avait faux sur toute la ligne, continuant de rigoler à m'en déchirer les côtes.
Au bout d'un moment, voyant que je n'arrêterai pas, Kennedy souffla et se leva en me tirant de nouveau par le poignet pour nous faire sortir du sous-sol. Je croisai des gens qui nous regardait d'un air inquiet avant de me retrouver dans ma chambre.
Mon hilarité ne s'était pas estompée, et alors que je me préparai à recevoir le châtiment de Kennedy, qui n'avait pas sortit un mot depuis sa menace, je vis qu'elle n'avait aucunement l'intention de me frapper.
Elle se mit à rire avec moi, tout simplement.
« Impedimenta! »
Non, je ne m'étais pas retrouvée au milieu d'une énième bataille avec les mangemorts contre mon gré. J'étais tout simplement en train de faire face à l'un de mes pires cauchemars.
Rogue en train de m'entraîner.
Je pensai que cette histoire était finie. Vraiment. Je suis condamnée. Alors pourquoi est-ce-qu'ils s'acharnent tous autant qu'ils sont à m'épuiser avant l'heure ?
Quand il était arrivé devant moi, j'ai vraiment cru que c'était un tour de mon imagination. Je ne l'avais pas vu depuis qu'il avait annoncé que Lupin serait mon entraîneur. Alors qu'est-ce-qu'il foutait là ? C'était sûrement une hallucination, pas vrai ?
Et puis il m'avait balancé que je n'étais qu'une moins que rien qui semblait aussi bête qu'un troll des cavernes et qui n'était pas loin d'en avoir l'aspect.
Et là, j'ai su que c'était bien lui.
« Expelliarmus ! Répliquai-je en pointant ma baguette sur lui. »
Bien sur, il l'évita. Comme toujours.
« Plus vite, Lehane.
- M'appelez pas comme ça, grognai-je avant de lui lancer un nouveau sort. »
C'était sa lubie du jour. Me crier mon nom de famille à la tronche à chaque fois que l'occasion se présentait.
« Vous préférez Lestrange ? »
Mais c'est que Harry ne m'avait pas prévenu que Rogue et l'humour était deux vieux amis...
« Incarcerem !
« Toujours aussi lente. Vous semblez avoir régressé depuis notre dernier affrontement. Est-ce-que c'est Lupin qui vous a ramollit ? Ou peut-être c'est d'avoir trop goûté aux yeux doux de miss Summers... »
Cette fois-ci, s'en était trop. Profitant du fait qu'il ne se trouvait qu'à cinq mètres de moi, je bondis de ma cachette derrière une caisse et le désarmai du revers de la main. L'agripant par le col de sa robe noire, je le plaquai au mur sans lui laisser ne serait-ce que le temps de cligner des yeux.
J'étais peut-être pas la sorcière de l'année, mais je restai toujours le meilleure Tueuse du moment.
« Vous faîtes moins le malin là, déclarai-je alors que son teint blafard virait au rouge.
- Vous êtes encore pire que votre frère, vous ne comprenez vraiment rien aux subtilités des duels de sorciers. Lâchez-moi.
- J'ai pas trop envie, non. Arrêtez d'insulter toute les personnes que j'apprécie. »
Rogue ricana et attrapa le devant de mon t-shirt pour me tirer vers lui.
« Sachez, miss Lehane, que je n'ai pas quitté une mission prioritaire de l'Ordre pour subir vos sautes d'humeur. Bien qu'il m'en coûte, si je suis là, c'est pour vous aider. Mais si vous n'êtes pas satisfaite de mes compétences, je ne vous retiens pas. »
Il dévoila son plus mauvais sourire et desserra son étreinte en même temps que moi. Une fois que je l'eus bien lâché, je pivotai et me dirigeai vers la sortie d'un pas rapide.
Tout le monde semblait oublier que je n'étais pas qu'une machine à s'entraîner et à supporter les sarcasmes à longueur de journée. Et puis, après tout, je n'avais pas que ça à faire.
Quand la porte claqua derrière moi, il me sembla entendre un soupir.
Mais là encore, c'était sûrement mon imagination.
Malgré l'entraînement écourté, j'étais littéralement épuisée au moment où j'entrai dans la chambre. C'était d'ailleurs certainement pour cela que je n'avais pas remarqué l'immanquable.
Toutes les lumières étaient éteintes, ce qui aurait du m'alarmer étant donné qu'il n'était que 22 heures et que B avait l'habitude de m'attendre avant de se coucher.
Mais j'étais tellement crevé que je n'avais pas noté.
Je me suis dirigée naturellement vers la salle de bain pour faire une toilette rapide avant d'aller dormir. Ici aussi, plusieurs chose aurait du attirer mon attention. La brosse à dent de B, sa trousse de maquillage... Mais non, je n'avais vraiment pas les yeux en face des trous, puisque je n'avais pas notifié les différences.
A mon plus grand regret.
Ainsi, toujours dans le noir le plus complet, je trouvais mon chemin vers le lit et me coucha silencieusement.
Et comme chaque nuit depuis le changement de notre relation, je me suis collée à B.
Là aussi, plusieurs choses auraient du me sauter aux yeux.
La première, c'était sa taille. B était plus grande, pas de beaucoup, mais quand même. Et plus un peu plus fine.
Mais bon, sur le coup, j'y est pas fait gaffe.
La seconde, c'était son odeur. S'il y a bien un parfum que je connaissait bien, c'était celui de B. Il en restait toujours des résidus sur elle quand elle allait se coucher, et il venait toujours me faire tourner la tête. Je vous passe les détails mièvres qui nous donnerait à tous la gerbe. Pour résumer, c'était pas le même.
La dernière chose que j'aurai du voir si je n'étais pas une petite-amie déplorable, c'est que la silhouette dormait à moitié sur le ventre, alors que B dormait toujours sur le dos ou vers mon côté.
Mais bon, comme dit précédemment, j'étais vraiment fatiguée, alors j'ai pas prêté cas.
Quelle erreur...
Naturellement, je me suis glissé dans le dos de l'endormie et j'ai mit une main sur sa taille, ce qui, malgré le sommeil qui l'habitait, surprit légèrement la jeune fille. Continuant sur ma lancée, j'ai glissé ma main sous son t-shirt pour la poser sur son ventre.
Au fond de moi, je devais sentir que c'était une personne différente. Mais dans mon état d'épuisement, j'ai pas relevé tout ces petits détails insignifiants.
Et quand j'ai entendu la voix de celle qui dormait dans mon lit, de celle qui était collé à mon corps à moitié nu, de celle sur qui je posais les mains, j'ai regretté toute les choses qui m'avait fatiguer au point de confondre ma petite-amie.
« Faith, tu fais quoi là ? »
Dire que je venais de faire un bon était un doux euphémisme. Les petits animaux de la forêt bondissaient. Moi, je venais de faire l'équivalent d'un saut en parachute.
Mes mains et mon corps réagirent avant mon cerveau. D'un geste violent, je repoussai le corps tout en gardant la couverture enroulée autour de moi (un geste que j'avais appris lors de mes coups d'un soir d'adolescente et dont je n'étais pas peu fière).
« Ken ? »
Il y eut le bruit d'un objet cassé avant qu'elle ne trouve l'interrupteur et n'allume la lumière.
Si cette situation n'avait pas été aussi dramatique, j'aurais rit.
Kennedy se trouvait là, dans mon lit, totalement échevelée, les yeux à moitié ouvert, le t-shirt relevé (J'essayais d'oublier le fait que c'était moi la responsable), une main sur l'interrupteur et l'autre me pointant outrageusement de l'index.
« Tu m'as fait quoi là ? »
Elle avait l'audace de poser cette question ?
« Et toi, qu'est-ce-que tu fout dans mon lit à 22h ?! Criai-je en la pointant du doigt également. »
Elle me regarda une seconde, puis deux, avant de baisser sa main, baisser son t-shirt et soupirer lourdement.
« Buffy t'as pas prévenue ? »
Peu importe de quoi, elle m'avait rien dit. Et ça, elle allait le payer très très très cher ma blonde.
« Prévenue de quoi exactement ? Que tu squatterai mon lit ce soir ?
- Eh bien... oui, en gros. »
Elle me regarda comme si elle venait de dire la chose la plus logique du monde.
« T'es pas sensé te marier demain ? D'un coup, il te prends l'envie de venir partager un lit avec moi ? Je sais que je suis canon, mais quand même, Ken...
- D'accord, on se calme la modeste. Primo, c'est toi qui m'a sauté dessus, moi je dormais tranquillement.
- Oui, dans mon lit, ou je pensais trouver ma...
- Secundo, comme tu l'as dit, je me marie demain. Je sais que t'y connais pas grand chose, mais l'une des règles d'or du mariage, c'est de faire chambre à part la veille.
- C'est complètement débile, et ça m'explique pas pourquoi...
- Tertio, étant donné qu'on est pas chez nous et qu'on a pas dix mille chambre de libre, fallait bien que j'aille à quelques part. Et c'était soit là, soit dans la chambre de l'autre intello.
Un petit silence s'installa, où on se jaugea du regard.
« Où est B ?
- Elle dort avec MA future femme, dans MON lit, ou elle ne risquera pas de se faire violer par sa meilleure amie, répondit-elle en serrant les dents. »
L'avantage de cette situation, c'est que Ken semblait détester l'idée tout autant que moi.
« Et si je suis pas d'accord ?
- Buffy m'a dit de te dire que si t'es pas d'accord, tu dors par terre. »
Décidément, la traîtrise est son point fort aujourd'hui...
Concluant que de toute manière, je n'y pourrais rien, je me tournais vers le mur et me recouchais. Kennedy rit doucement en éteignant les lumières et en se couchant le plus loin possible.
« Alors comme ça, tu veux pas dormir par terre ?
- La ferme, Ken.
- T'as pas peur de ne pas pouvoir contrôler tes pulsions envers mon corps de rêve ? »
Je savais qu'elle n'allait pas oublier cette erreur de si tôt.
« La ferme, Ken, répétai-je, même si je savais que c'était inutile.
- Non sérieux, je compatis, ça doit être dur... »
Soufflant lourdement, j'attrapais un oreiller et ma couette et me levais du lit.
« Allez, je plaisante Fai ! Où tu vas ?
- Loin de toi, j'ai peur de pas contrôlé mes pulsions ! »
Elle explosa de rire et me regarda quitter la pièce.
« Je savais bien que je te faisait de l'effet !
- Je parlais pas de ce genre de pulsions là, crois moi ! »
N'attendant pas sa réponse, je claquai la porte derrière moi et me dirigeais vers le rez-de-chaussée où un canapé inconfortable me tendait les bras.
Buffy allait vraiment le payer le lendemain.
Prochain chapitre, le mariage, et je vous promet que j'y planche dessus dès maintenant :)
