Bonjour !

Nouveau chapitre, assez court, je dois admettre, mais j'espère qu'il vous plaira !

Merci à mes betas, Miiss, Marion et ElwennSnape.


Concernant le lien Ladislas/Zoran : (parce que j'ai eu des retours assez contradictoires).

Non, je ne considère pas Zoran comme un animal. Lors de son explication dans le chapitre 2 (Préparer sa nouvelle vie), Albus lui explique qu'il faudrait qu'il se lie avec un être non-magique pour réduire la pression exercée par sa magie sur son corps. Albus, qui certes est très intelligent, pense à un animal, puisque c'est sans doute le plus évident des être non-magiques. Or, Zoran est un cracmol. Donc, un être non-magique. Voilà. Et, (spoil) je compte faire intervenir un autre lien du même ordre, et là encore ce ne sera pas un animal.

De plus, Ladislas n'a pas choisi de créer ce lien. C'est un accident, qui vient en parti du fait qu'il s'est attaché à Zoran. La cause est, je le rappelle, qu'il se voit en Zoran. Point.


Chapitre 24 : Kastell Moros et Square Grimmaud


Les habitants de la région avaient longtemps été partagés sur Kastell Moros, le fort qui culminait la ville Casistos. D'une part, la bâtisse servait de repère aux navires perdus, grâce à sa position élevée sur la falaise. Cependant, par cette même position géographique qui l'éloignait de la ville, les villageois s'étaient toujours méfiés du fort et de la famille qui y vivait, alors même qu'elle portait le nom de la ville.

« Trop bizarre » Disait-on à leur sujet. « Ils ne sortent jamais ». Il était vrai qu'accéder à Kastell Moros depuis la ville relevait du défi avant qu'une route ne soit construite pour faciliter l'échange entre les deux parties. Le fort se situait au-dessus d'une falaise très fragilisée par un tremblement de terre vieux de plusieurs décennies, si bien que personne ne voulait se risquer à se promener dans les environs. Les Casistos, eux, restaient cloîtrés dans leur château, sans jamais descendre dans la ville en contrebas.

Jusqu'à une trentaine d'années.

Du jour au lendemain, les enfants de Casimir Casistos, châtelain alors de Kastell Moross, furent envoyés à l'école de la ville et les habitants purent rapidement s'apercevoir qu'Aaron et Sofia Casistos étaient parfaitement normaux. Ils s'habillaient comme les autres jeunes, écoutaient de la musique barbare, comme les autres jeunes, parlaient de choses futiles, comme les autres jeunes. Ils grandirent avec les jeunes de la cité portuaire et finirent par être accepté comme membres à part entière de la ville.

Les ragots qui jusqu'à là entourait la famille furent tout doucement oubliés, et il ne fut plus question de rites sataniques, de sorcellerie. Seuls les plus anciens s'entêter à voir le Mal dans la famille, pour des histoires vieilles de plusieurs siècles.

On ne vit pas pour autant Casimir Casistos qui s'obstinait à s'enfermer dans son fort. Les rumeurs voulaient qu'il soit irascible, autoritaire, et plus généralement, mauvais. Un homme sec, rongé par une maladie de l'âme. La seule et unique fois où on le vit fut pour l'enterrement de sa femme. Entouré alors de ses deux enfants, il semblait perdu, hagard, presque fou. Recroquevillé sur son bout de bois qui lui servait de canne, il faisait pitié à voir et lorsque vint le moment pour lui de parler, il n'articula que trois mots à travers ses lèvres gercées.

« Je l'aimais »

La tristesse du pauvre homme réussit à adoucir le cœur des anciens qui l'avaient toujours vu comme un sataniste pratiquant des rituels peu recommandables. Et puis, au regard de ce qu'étaient Sofia et Aaron – de charmantes personnes – il était improbable que leur père soit tel qu'il avait été dépeint pendant de longues années.

Les saisons s'écoulèrent. Un conflit avec les pays pétroliers entraîna une grave crise dans le pays. Même si la Grèce avait consolidé son économie grâce à l'Union Européenne, cela ne suffit pas à maintenir à flot le pays et seul le tourisme le sauva.

C'est dans cette période que les Casistos ouvrirent Kastell Moros aux touristes de la région. Rapidement le fort devint l'attraction phare de la ville. Après tout, l'architecture du bâtiment était assez impressionnante, et la vue qu'il donnait sur la mer et la ville en contrebas était magnifique. Evidemment, il restait aux Casistos quelques pièces fermées aux visiteurs pour vivre, bien qu'ils se promenaient toujours dans les parties publiques du fort. Ce n'étaient pas eux qui s'occupaient des visites, et on ne les voyait guère, à présent qu'Aaron et Sofia avaient terminés leurs études, mais le lien entre eux et les villageois ne fut pourtant pas coupé.

Au contraire, leur relation s'améliorait. Des bals furent organisés à Kastell Moros où même les anciens allèrent, alors qu'ils considéraient le lieu maudit quelques décennies auparavant. Les deux enfants Casistos - devenus adultes - s'étaient parfaitement bien intégrés. Sofia se maria à l'un des habitants de la ville et ils eurent ensemble Zoran Casistos.

L'enfant, mélange parfait de sa mère et de son père signa la fin des conflits qui pouvaient persister dans l'esprit de quelques réticents. Toujours joyeux, Zoran enchantait tout ceux qu'il rencontrait, qu'ils soient des villageois ou des touristes perdus dans le fort. Il grandit entouré de sa famille et des villageois, accompagnant parfois les visites de Kastell Moros. Celles-ci ne cessaient d'avoir du succès auprès des touristes qui venaient par centaines chaque année admirer la beauté du lieu.

– Vous pouvez observer ici une tapisserie datant du XVIème siècle, représentant l'emblème de la famille Casistos, un gros chien noir, qui selon plusieurs légendes, serait annonciateur de mauvais présages.

La guide sourit en voyant les touristes frissonner et s'apprêtait à poursuivre sa visite vers la salle d'armes, lorsqu'un jeune adolescent sorti de nulle part traversa le couloir. Les touristes - surtout de sexe féminin - le suivirent des yeux tandis qu'il se mouvait tranquillement, sans leur prêter attention. Le fait qu'il ne porte qu'un short noir intrigua la guide qui finit par l'interpeller, alors qu'il allait ouvrir une porte qui donnait sur une pièce privée et donc, interdite.

– Excusez-moi, jeune homme, mais vous n'avez pas à être ici, dit fermement la guide.

Ledit jeune homme se retourna, et la moitié du groupe hoqueta devant sa beauté presque surnaturelle. Ses yeux oscillaient entre le bleu et le violet, alors que ses cheveux coupés court étaient d'un joli blond cendré. Ses traits harmonieux qui épousaient parfaitement sa peau légèrement basanée s'animèrent de surprise. Le reste de son corps était finement musclé, le rendant d'autant plus séduisant. Il pencha la tête sur le côté et finit par répondre en anglais :

– Je suis un invité des Casistos.

La guide afficha un rictus narquois. Les Casistos n'avaient jamais d'invités. De plus, ce jeune homme, aussi beau soit-il, ne semblait pas parler grec, alors comment aurait-il pu être en contact avec eux ?

Ses réflexions coupèrent court lorsqu'une autre porte s'ouvrit sur Aaron Casistos. L'homme de vingt-cinq ans sourit à la vue de l'étranger en petite tenue.

– Encore perdu, Ladi ? Demanda-t-il, légèrement moqueur.

– Je n'arrive pas à me repérer, avoua Ladislas, penaud. C'était son troisième jour au fort, et également la troisième fois qui ne trouvait pas le chemin de sa chambre à la salle à manger.

En vérité, l'architecture de Kastell Moros lui faisait penser à celle de Poudlard, sans les tableaux pour le guider, et ses souvenirs de sa première école l'égaraient dans les couloirs. Il y avait notamment un croisement qui lui rappelait furieusement l'un des passages pour la Tour Gryffondor et il se trompait systématiquement de chemin, ayant l'habitude de tourner à droite, ce qui le menait à une salle d'exposition temporaire qui le faisait entrer dans la partie publique de fort.

Aaron éclata de rire et l'entraîna dans la salle à manger, faisant un signe de main à la guide, interdite. Celle-ci resta un instant immobile, encore choquée de ce qu'elle venait de voir, mais finit par reprendre la visite, même si beaucoup des touristes étaient dans le même état qu'elle.

– Je dois reconnaître que vivre ici n'est pas facile tous les jours, commença Aaron en s'asseyant en face de Ladislas qui prenait son petit-déjeuner. Cependant, tu as un véritable don pour te perdre, dis-moi.

– Les indications sont en grec, et en plus, beaucoup de portes sont indiquées comme interdites ! Se défendit le russe en s'indignant.

– Interdites au public ! Toi tu es un invité ! Rit le jeune Casistos en secouant la tête. C'est un musée maintenant, il faut bien garder quelques pièces pour nous…

– Ce n'est pas trop déstabilisant ? Demanda Ladislas en levant un sourcil curieux.

– Un peu, avoua Aaron en se grattant le menton. Mais je préfère le fort maintenant, avec ses touristes. Avant… avant, ce lieu semblait mort. Mon père ne voulait pas sortir et restait là, à se lamenter sur son sort…

Ladislas acquiesça tristement. Il hésita un instant, craignant que sa question ne mette mal à l'aise son interlocuteur, mais finit par la poser. Après tout, Aaron semblait en confiance avec lui, et s'il ne voulait pas répondre, il n'aurait qu'à lui dire.

– Qu'est-ce que ça fait d'être au courant pour tout ça et… de…

– D'être un cracmol ? Devina Aaron, ses lèvres formant un sourire presque nostalgique. Enfant, j'ai longtemps espéré recevoir ma lettre pour Durmstrang. Ce n'est qu'à quinze ans que j'ai compris que je n'avais rien de magique, tout comme ma sœur, Sofia. J'ai fait mon deuil, et elle aussi. Ayant grandi ici, nous n'avons pas été en contact direct avec la magie. Nos parents n'aimaient pas nous montrer leur magie. C'est eux qui ont le plus souffert de cette situation. C'est… c'est comme s'ils avaient perdu quelque chose.

– Pourtant, c'est plutôt toi et Sofia qui avez perdu votre magie, remarqua Ladislas.

– Non, Aaron secoua la tête. Nous, nous sommes nés cracmol. Je ne sais pas ce que c'est de pouvoir faire de la magie. Mais mon père, lui… Il a espéré pouvoir avoir un descendant digne de lui, digne de la lignée Casistos.

Le silence s'abattit dans la salle, tandis que Ladislas digérait ces nouvelles informations. Evidemment, vu comme cela, Aaron ne pouvait regretter ce qu'il n'avait jamais connu. Cependant, il se sentait mal pour lui, et même pour Casimir, qui devait se sentir coupable de cette situation. Aaron suivit son raisonnement et poursuivit sur une note plus légère :

– Enfin, grâce à toi, les Casistos ont un nouveau sorcier !

– Pas faux, sourit le jeune Grindelwald.

Comme s'il avait tout entendu, Zoran choisit ce moment pour entrer dans la pièce. Il se précipita vers Ladislas en babillant dans sa langue natale. Ladislas finit par le prendre maladroitement dans ses bras, sous le regard goguenard de l'oncle de Zoran. Ce dernier profita du câlin de Ladislas pour attraper sa baguette et jouer avec.

Ils s'étaient aperçus que Zoran pouvait exécuter des sorts mineurs avec la baguette de Ladislas, ce qui était logique puisqu'il s'agissait de la même magie. Depuis, Zoran ne cessait de chiper la baguette à Ladislas pour jouer avec, faisant apparaître des étincelles dès qu'il en avait l'occasion. L'enfant semblait émerveillé par le fait de pouvoir faire de la magie, aussi simple soit-elle.

Ladislas quant à lui était ravi de voir son jeune ami aussi heureux et lui laissait volontiers sa baguette, tandis qu'il lisait quelques livres que Casimir lui avait prêté. Le vieil homme, qu'il avait d'abord cru sec et aigri était en réalité un passionné de la théorie magique. Sa bibliothèque contenait tellement de livres sur le sujet que Ladislas enviait du regard.

Pourtant, Casimir n'avait jamais entendu parler d'un lien liant deux êtres par une même magie, si bien qu'il harcelait presque Ladislas de questions portant sur son lien avec Zoran, ainsi que celui de Selena et Sheshir. Ladislas était heureux de lui répondre, trouvant le vieillard attachant.

Sofia et Aaron étaient très gentils avec lui, notamment Aaron qui acceptait de traduire les phrases de Zoran en anglais. Le cracmol s'entendait très bien avec Ladislas, sans doute était-ce lié à son jeune âge de tout juste vingt-cinq ans. Sofia quant à elle le traitait avec une douceur presque maternelle, tout en couvant Zoran des yeux.

Il était prévu qu'il reparte dans la soirée, puisque le lien semblait s'être stabilisé. Il était légèrement différent de celui qui unissait Sheshir à Selena, mais présentait quelques similitudes. Par exemple, Ladislas pouvait à présent voir par intermittence à travers les yeux de Zoran, et inversement. Ils ressentaient également les émotions de l'autre, mais pouvaient les mettre à distance et ne les percevoir que ténues.

Evidemment, Zoran ne pouvait pas transplaner comme le faisait Sheshir, mais celui-ci avait déjà dit à Ladislas qu'il lui avait fallu plusieurs années pour réussir un tel exploit. Et puis, ce qui importait à Zoran et sa famille, notamment Casimir, c'était qu'il puisse faire de la magie. Or, il semblait que cela soit possible, signant là, le renouveau de la famille Casistos.

Il avait été ravi de son court séjour à Kastell Moros, mais était également soulagé de repartir. Son grand-père et sa soeur lui manquaient, et il trouvait déjà que les quelques jours qui lui restaient trop court pour passer du temps avec eux. Bientôt il devrait retourner à Koldovstoretz pour sa cinquième année et, même s'il était content de retrouver ses amis et ses professeurs, il aurait aimé pouvoir profiter un peu plus de sa famille.


Personne ne faisait attention au chien qui trottinait le long de l'avenue, en ce début de soirée. Même les enfants ne s'en approchaient pas, répugnés par l'aspect sale du canidé. Celui-ci tourna au coin d'une rue sans la moindre hésitation, ce qui aurait pu en étonner certains, avant de s'arrêter devant une maison.

Le 11 Square Grimmaurd. La façade n'attirait pas l'oeil, cependant, pour les habitants des quartier, l'endroit était une petite curiosité que l'on s'amusait à montrer aux amis pour les amuser. L'architecte de la rue, datant de l'ère victorienne, avait oublié le numéro 12, si bien que les numéros 11 et 13 se côtoyaient, formant une bizarrerie connue à présent dans les environs.

En réalité, le 12 Square Grimmaurd existait, seulement, il était caché des moldus par de puissants sortilèges jalousement gardés par la famille propriétaire des lieux. Même dans le monde sorcier, il était rare que des étrangers de la famille soient au courant, ce qui avait toujours étonné Sirius. Cependant, il avait obéi à sa mère et n'avait jamais donné la localisation exacte de la demeure à quiconque, et en était aujourd'hui des plus soulagés.

Le chien attendit patiemment que le passage s'ouvre et fila vers la porte d'entrée pour enfin pouvoir retrouver forme humaine. Sirius put respirer une fois la porte refermée, même si son refuge lui faisait l'effet d'une prison. Il lui avait fallu deux mois pour revenir à Londre après son entrevue avec Dumbledore, et il était soulagé de pouvoir enfin quitter sa forme canine, quand bien même sa liberté de mouvement se limitait à la demeure des Black.

Il n'avait jamais aimé la maison familiale. Trop sombre, trop froide, trop ancienne. Trop de mauvais souvenirs, les cris hystériques de sa mère, le regard désapprobateur de son père, les méchanceté de Kreattur, ses pleurs à chaque vacances...

En vérité, pensa le sorcier en s'asseyant à la grande table de la cuisine, il ne s'était jamais senti Black, au contraire de son frère, Regulus. Les coutumes ridicules des aristocrates, la richesse exorbitante et opulente et surtout, la pratique habituelle de la magie noire l'avaient poussé à la fugue, ce que sa mère n'avait jamais pardonné. Heureusement, les Potter l'avaient acceuilli à bras ouverts et aimé comme l'un de leurs fils.

Les yeux cendrés de l'ancien prisonniers s'embuèrent tandis que son passé se rappelait à lui.

Fuir le domaine familial avait été l'une des décisions les plus faciles à prendre de toute son existence. Il avait gagné une famille, enfin normale. Fleamont et Euphemia Potter ne lui reprochaient pas sa conduite parfois insolente, sa curiosité pour les moldus, ou sa coupe de cheveux désordonnée. Quand à James, il était ravi d'avoir son meilleur ami à la maison. Leurs vacances d'été avaient été remplies de plans diaboliques qu'ils avaient exécutés dès la rentrée, au grand dam de leurs professeurs.

– Vingt ans… murmura Sirius en parcourant de ses yeux la pièce. Mis à part la poussière qui recouvrait tous les meubles, rien n'avait changé de place. La longue table se plaçait au centre de la salle allongée, entourée de deux bancs en vieux bois sombre. Les murs souffraient toujours de l'humidité ambiante, laissant apparaître çà et là quelques portions de plâtre, malgré tous les efforts de Kreattur.

Ce dernier finit par apparaître, voulant accueillir le nouveau venu. Cependant son nez crochu se fronça dès qu'il reconnut Sirius et il renifla avec mépris.

– Oh, le dernier fils est de retour… Si ma pauvre maîtresse était toujours en vie, elle ne le laisserait pas souiller la demeure familiale, marmonna-t-il avant de s'incliner dans une révérence grotesque.

– Moi aussi, je suis ravi de te retrouver, répliqua Sirius avec morgue. Il enfonça sa tête dans ses genoux, réfléchissant à ce nouveau problème. Prépare ma chambre, ordonna-t-il après un temps de silence, et un repas.

– Oui, maître, s'inclina une nouvelle fois l'elfe, qui rajouta tout bas : Le traître va rester… Si ma pauvre maîtresse voyait ça…

– Laisse donc ma mère où elle est, aboya Sirius qui avait tout entendu. Kreattur l'avait toujours irrité, et il aurait préféré le savoir mort de désespoir. Après tout, il n'avait plus personne à servir, pourquoi s'accrocher à une maison qui n'attendait plus personne ? Il aurait dû se mettre au service d'un autre sorcier de sang-pur et quitter le Square Grimmaud.

L'elfe de maison s'inclina de nouveau, manquant de peu de tomber, et disparut dans un craquement sonore, laissant seul Sirius dans la cuisine.

L'ancien auror fit courir ses doigts le long de la table ancienne, laissant ses pensées vagabonder. Que pouvait-il bien faire de l'elfe ? D'un côté, il pourrait peut-être l'aider dans ses recherches pour retrouver Harry, mais de l'autre, il y avait toujours un risque qu'il le trahisse. Mais pourquoi le trahirait-il maintenant, après l'avoir attendu pendant treize ans ? Il n'y avait plus aucun Black, hormi lui, à sa connaissance.

Bellatrix, sa chère cousine pourissait à Azkaban, se laissant dévorer par la folie, et Narcissa avait sans doute perdu le nom Black dans son mariage avec Malfoy. Lucius ne lui avait sans doute pas laissé son titre. Andromeda était reniée, tout comme lui.

-La Noble Famille Black réduit à quatre membres, quelle décadence, rit Sirius en se servant un verre de whisky pur feu. Il grimaça devant le goût aigre de la boisson qui avait mal vieillie, mais se resservit.

Kreattur revint rapidement, s'agita quelques minutes dans la cuisine, et finit par donner son repas à Sirius avant de repartir dans les étages supérieurs, sans doute pour préparer la chambre de Sirius.

– Se laisser dépérir dans un tombeau… Aussi cinglé que ma mère, nota Sirius d'une voix amère.

Il mangea, redécouvrant le plaisir de manger autre chose qu'un lapin cru ou des restes trouvés dans les poubelles. Kreattur était peut-être désagréable, mais savait cuisiner. Ou bien était-ce simplement l'effet de son premier repas chaud depuis treize ans. Il finit par se lever pour redécouvrir les pièces de la maison. Elles étaient dans un état déplorable, Kreattur ne pouvant plus faire grand chose avec son grand âge. Seuls quelques objets semblaient astiqués de manière récurrente, et Sirius ne mit pas longtemps à comprendre que c'étaient d'anciennes affaires appartenants à sa mère.

Il passa dans le salon, parcourant rapidement la tapisserie où il n'apparaissait plus depuis sa fugue. Son regard s'arrêtant sur ses cousines, Narcissa et Bellatrix, des mangemorts avérées. La dernière moisissait encore à Azkaban, s'enfonçant jour après jour dans une folie plus dangereuse encore que son amour pour Voldemort.

Il quitta rapidement la pièce, mal à l'aise, et retrouva sa chambre, que Kreattur avait commencé à nettoyer, le court temps de son repas. Il s'affala dans son lit et s'endormit presque aussitôt. Cela faisait treize ans qu'il n'avait pas dormi dans un endroit chaud et familier et il comptait profiter de la sécurité qu'offrait Square Grimmaurd pour une fois, même s'il ne s'y sentait pas à sa place.

Dans le salon, en face de la tapisserie, une grande cheminée prenait l'espace de tout un mur. En plus de sa taille colossale, elle était décorée du blason des Balck, ainsi que de sa devise ancestrale : "Toujours pur".


Très court, vraiment, comme chapitre. Je vous promet que le prochain sera plus long.

Un peu d'histoire sur la famille Casistos et surtout, le retour de Sirius ! J'espère que vous avez compris la dernière phrase...

A la prochaine !