Bonjour !

Désolé, c'est encore un chapitre court et dialoguesque ^^'

(Je suppose que les gros chapitres reviendront en même temps que mon ordi ^^')

Bonne lecture ! ^^


Chapitre 14 : Witness

Après le départ d'Ada, Sherry est partie aussi pour retourner au chevet de Jake, et Claire l'a suivie. Je pus donc profiter d'un lourd silence maladroit avec mon fiancé. D'ailleurs cette dernière pensée fit glisser une question de ma bouche.

-Tu en as parlé à combien de personnes de nos fiançailles ?

-Seulement à la famille, répliqua-t-il. Claire et Sherry d'abord, elles ont dû le dire à Jake et à Leon. Donc Helena et Ada doivent être au courant. Pourquoi ?

-Pour savoir, dis-je simplement. Je me demande aussi pourquoi je t'ai demandé ça, en fait.

-Et toi ça va ? demanda Chris d'un ton soudain plus doux

-Oui. En quelque sorte, admis-je. Physiquement ça va, mais... Il y a eu beaucoup de rebondissements dernièrement. Je sais de moins en moins quoi penser de ce qu'on découvre, au fur et à mesure. Surtout en sachant qu'on les découvre parce que le principal concerné nous le permet.

-Il joue avec nous, déclara Chris. C'est évident. Sauf qu'il va perdre.

-J'aimerais en être aussi sûr que toi, soupirai-je

Je baissai un peu la tête, ce qui fit que, du coup, Chris n'eut qu'à se pencher pour tendre la main et la mettre sur ma joue. C'était sa main gauche, celle justement où il y avait une alliance. Le voir me fit un gros effet, bien sûr, mais je me concentrai plus sur le geste en lui-même.

-Je sais que tout ira bien, dit Chris. Je te le promets. Même si je ne peux rien faire, même si on ne le trouve jamais en fin de compte, j'empêcherai quoi que ce soit de t'arriver.

-Tu te rends compte que ce que tu dis n'a aucun sens ? dis-je d'un ton amusé sans avoir envie de rire

-Je le sais. Mais je le pense. L'amour rend illogique, dit-il d'un ton mielleux

-Certes, dis-je en rougissant un chouïa

Et nous nous mîmes de nouveau à nous regarder dans le blanc de l'œil. Je me souvins soudain que j'avais donné rendez-vous à mon équipe dans la salle de briefing à seize heures, et il était... quinze heures. Bon. Je n'avais aucune envie de laisser Chris tout seul, mais je comprenais, au regard vide de sens qu'on s'échangeait depuis maintenant quelques minutes, qu'il valait mieux que je parte. Je pris une dernière fois la main de Chris dans la mienne, et il me sourit.

-Moi je dois y aller, dis-je finalement. J'ai rendez-vous avec mon équipe dans une heure.

-Tu reviendras me voir ce soir ?

-Evidemment, comment oses-tu poser la question ? dis-je d'un ton outré

-Ouais. Désolé, dit Chris avec un rire nerveux

-A plus tard.

Je lui offris le baiser le plus convaincant que j'avais en magasin, mais, bien évidemment, celui qu'il me rendit était infiniment plus convaincant. Putain.

Alors que je me dirigeais vers la chambre de Jake, avec un désir presque pervers de savoir sa réaction quant au caractère 'enceinte' de sa petite-amie, ma sœur, je fus attaqué. Une porte de chambre s'ouvrit devant moi, et quelqu'un m'attrapa pour m'attirer dans la chambre, en me mettant une main sur la bouche. J'essayai de mettre des coups à mon kidnappeur, mais il parait toutes les attaques. Au final, il me lâcha, ou plutôt me lança sur le lit. Je me redressai pour voir de qui il s'agissait. Mais je ne voyais pas grand chose, la pièce était sombre.

-Monsieur Piers Nivans, dit une voix. Je vous attendais.

-Qui êtes-vous ? dis-je encore sur mes gardes

-Je m'appelle Wade. Wade Wilson. Je travaille avec les Wong contre le Patron. Et j'ai entendu dire que vous étiez là-dedans aussi, alors j'ai voulu voir à quoi vous ressembliez, ajouta le ravisseur avec un sourire évident dans la voix

-Les Wong ? répétai-je

-Ouais. Adam, depuis quelques mois, et Ada, depuis quelques minutes. C'est elle qui m'a rendu curieux à votre sujet.

-Qu'est-ce qu'elle vous a dit ? dis-je, curieux

-Le strict minimum. Capitaine du BSAA depuis un mois, petit-ami du capitaine Redfield, une histoire vous lie au Patron depuis environ quinze ans.

-C'est ça qui vous a rendu curieux ?

-Ouip. Je n'aime pas quand on ne m'en dit pas beaucoup. Et tant que j'y suis, j'ai un autre collabo à vous présenter.

Wade montra la porte - je vis son geste même dans le noir, ma vue s'était habituée très vite - et elle s'ouvrit. Quelqu'un d'autre entra. Quelqu'un qui alluma la lumière, et j'entendis Wade râler. Cela fit rire le nouveau venu. Du coup, je pus les voir comme il faut tous les deux. Le premier, Wade, avait de courts cheveux blonds coiffés en pics, des yeux marron malicieux, une belle cicatrice sur le front et sur le menton, un t-shirt rouge avec deux grosses tâches noires, un jean troué et des baskets noires. Il avait un manche de sabre japonais qui dépassait de chacune de ses épaules - je grimaçai en essayant de ne pas penser à Alice - et un pistolet mitrailleur de chaque côté de sa taille. Le nouvel arrivant avait des longs cheveux noir d'encre, tombant tout autour de son visage, des yeux bleu-gris illisibles mal assortis à son sourire en coin, une petite cicatrice sur sa joue droite et au-dessus de son œil gauche, un t-shirt à manches longues noires sous un t-shirt à manches courtes blanc, des gants en cuir brun, un bermuda gris et des bottes noires. Pendant que je l'analysais, il s'approcha de moi, et enleva son gant gauche pour me tendre sa main. Là encore, je repensai à Alice sans le vouloir, et je l'interrogeai du regard.

-Bonjour, capitaine Nivans. Je m'appelle Edward Adler, dit-il d'un ton courtois sans perdre son sourire en coin. Je suis des Services Secrets Internationaux, Adam m'a parlé de vous.

Je lui serrai la main, intrigué par le fait qu'il m'ait tendu sa main gauche et non sa main droite. Il remit son gant tout de suite après.

-Adler ? répétai-je, légèrement amusé. Comme la fiancée de Sherlock Holmes ?

-Vous n'êtes pas le premier à me faire la remarque, dit Edward en regardant Wade, qui ricanait. Mais malheureusement, je n'ai rien d'autre en commun avec cette femme brillante que mon nom de famille.

-D'accord, dis-je en opinant. Vous aviez autre chose à me dire ?

-Voici mon numéro, dit Edward en sortant une carte de la poche latérale de son bermuda et en me la tendant. On reste en contact.

Et il sortit avant même que je ne réagisse. Wade vint vers moi pour me tapoter l'épaule.

-Ne vous en faites pas, Piers, me dit Wade. Ce sont tous des rabat-joies, mais je suis là pour équilibrer les choses.

-Je vois, dis-je en souriant. A bientôt alors.

-Ouais. Salut.

Wade me tint la porte, et nous nous séparâmes juste après, une fois que mon nouveau collègue m'envoyait un énième signe de main. Je dus me reprendre pour me concentrer sur le chemin qui menait à la chambre de Jake. J'avais un peu perdu mes repères à cause de l'enlèvement orchestré par Wade. Finalement j'y arrivai, et, à ma grande surprise, il n'y avait personne. Je pensais que, depuis le temps, Sherry était revenue. Jake me vit arriver avec une expression que je ne comprenais pas, alors que je m'asseyais sur la chaise près de son lit.

-Resalut, dis-je

Il ne répondit pas, se contentant de plisser les yeux.

-Comment tu vas ? repris-je

-Approche, Piers, me dit Jake d'un ton sérieux

-Pardon ? dis-je, étonné

-Viens par là, nounouille, dit-il toujours sur le même ton, en me faisant signe d'approcher avec sa main qui dépassait

Je tiquai un peu, pour le coup. D'habitude, c'était Sherry qu'il appelait comme ça. Et je trouvais ça mignon. Finalement, je pris mon élan - en quelque sorte - pour rapprocher la chaise du lit et pencher mon visage vers celui de Jake. Il me fit encore signe de m'approcher, et je m'exécutai, de plus en plus intrigué. Quand mon nez fut à à peine cinq centimètres du sien, il mit sa main gauche derrière ma tête... et me mit un coup de boule dans le nez. Sa tête retomba brutalement sur l'oreiller, et je tombai à la renverse sur la chaise.

-Espèce d'enfoiré, va ! beugla-t-il. Pourquoi tu ne m'as pas dit que Sherry était enceinte ?

Je mis ma main sur mon nez par réflexe, et je me surpris, intérieurement, quand je sentis l'os de mon nez se remettre en place tout seul. En tous cas, Jake semblait beaucoup plus au taquet que tout à l'heure. Je ne savais pas ce qu'ils avaient mis dans sa perf', mais ça semblait marcher.

-Qui te dit que je le savais ? me défendis-je comme je pouvais

-N'essaie pas de m'embrouiller, Double Krunch. Sherry m'a avoué que c'était ça qu'elle t'avait dit quand on s'est parlés avant Noël.

-Tu viens de me donner un nom de sandwich ? ne pus-je m'empêcher de rire

-Délicieux, moitié lisse moitié rugueux, c'était facile, ricana-t-il. Mais ne détourne pas le sujet ! s'énerva-t-il. Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

Je passerai le fait que Jake m'a dit que j'étais délicieux. Ce mec était l'une des incarnations du mot duplicité. Il me quasiment faisait du charme, le tout en m'engueulant. Balèze.

-Elle m'a fait promettre de ne rien te dire. A l'époque, ce n'était pas sûr.

-M'ouais, dit-il en se calmant d'un coup. C'est ce qu'elle m'a dit aussi. Allez je te pardonne, viens par là, dit-il encore, en me tendant les deux bras, cette fois

-Quoi ? Tu vas me tabasser à bras raccourcis ? dis-je, sarcastique

-Non, ducon. Je veux un câlin. Ou plutôt je t'en donne un, pour me faire pardonner pour le coup de boule.

-Ok, soit.

Je m'essuyais je nez, qui avait coulé, du revers de l'avant-bras - comme j'avais une chemise à manches courtes - et je me rapprochai de nouveau de Jake. Je me penchai de nouveau vers lui, et il referma ses bras sur moi, un en bas de mon dos et un près de la racine de mes cheveux. Comme les rares fois où on s'échangeait une accolade réciproque, il me caressait négligemment les cheveux.

-Et ça va toi ? me demanda-t-il

-Ouais, dis-je. Je réfléchis encore à plein de trucs, mais ça va.

-Je ne vous dérange pas ? dit une voix plus qu'amusée

Comme j'avais reconnu la voix de Sherry, je ne me suis pas relevé en trombe pour reprendre ma place, l'air de rien. Si ça avait été quelqu'un d'autre, ce serait sans doute ce qui se serait passé. Mais là, non seulement je n'avais pas eu à bouger, mais en plus, je crus sentir que Jake me serrait encore plus quand il avait entendu quelqu'un entrer. Finalement, il vit Sherry, et relâcha son emprise.

-Non, dit Jake avant moi. On avait fini. N'est-ce pas, Piers ?

-Ouais. Nous avions fini, confirmai-je. Pourquoi tu as mis autant de temps à venir ici ? lançai-je à Sherry

-J'ai accompagné Claire à l'entrée pour rendre sa fille à Joel. Elle est mignonne.

Et une personne de plus qui tombe sous le charme de Sarah, une.

-Elle ne te rappelle pas quelqu'un ? dis-je avec un sourire non voulu

-Non, dit Sherry après une courte réflexion. Elle devrait ?

-Tu en parleras à Claire.

-Elle ressemble à quoi ? demanda Jake

-Une charmante petite blondinette, avec une bouille d'ange et un air innocent qui cache quelque chose.

Jake sembla réfléchir deux secondes, puis se mit à fixer Sherry. Oui, il avait compris.

-Quoi ? dit Sherry

-Laisse tomber, ma chérie, dit Jake en ricanant franchement

Nous échangeâmes encore quelques banalités, jusqu'à trois heures et demie environ, et je me rappelai au moment de partir que Sherry partait avec moi. Elle avait été intégrée à mon équipe, en tant que seul soldat encore actif de l'équipe de Chris. Cela me fit penser que je me demandais encore ce qui était arrivé à mes frères et sœurs, mais je me dis que, comme le Patron était destiné à jouer avec nous, nous finirions par le savoir. En espérant qu'il ne les a pas tués. Non, il ne faut pas penser ça.

Nous arrivâmes à la salle de briefing à trois heures moins le quart. Seul Waylon était déjà là. J'ai commencé par lui expliquer à lui pourquoi Sherry était là, et j'enregistrais mes explications pour les ressortir quand tout le monde sera là. Waylon m'a dit qu'il était allé voir Miles, et qu'il était vraiment content de le revoir. Bien entendu, mon esprit pervers interpréta la relation entre Miles et Waylon, étant donné le bonheur qui débordait des yeux de Waylon quand il parlait de son ami, mais bon. Je vois le cul partout, surtout depuis que je suis avec Chris. C'était une horreur.

Emmett et Joel sont arrivés à quatre heures moins dix, et Connor est arrivé à quatre heures moins cinq. Rose s'est excusée de son retard, en arrivant à quatre heures cinq. Ce n'était pas grave bien sûr, et je n'ai pas osé lui demandé pourquoi elle n'était pas à l'heure. La question paraissait trop accusatrice, même dans ma tête. Alors je n'en fis rien. Je présentai de nouveau Sherry à mon équipe, et expliquai la nouvelle situation. L'équipe de Chris avait été évincée quasiment en totalité au QG de la Routine de Massacre par Satan et Asmodée, deux des Sœurs du Purgatoire - je vis Connor grimacer, mais je ne relevai pas - et Malik Denzel, le jumeau de Karim, qui semble aussi déterminé que son frère à travailler pour le Patron. Nous étions déjà au courant de toute cette histoire, par Léviathan, une autre Sœur, mais là, nous en avions la confirmation, par le récit de Sherry, Jake et Chris. J'avais déjà mis Sherry au courant pour Duncan et Maria, donc il n'y avait plus rien que nous ne savions pas tous. Parmi les informations qui nous ont été données, du moins.

-Mais Satan n'était pas censée donner des informations à ceux qui arriveraient sur le toit ? releva Emmett

-Elle nous les a données, dit Sherry. Ni elle ni sa sœur n'étaient censée nous blesser gravement, c'est Malik qui n'en a fait qu'à sa tête.

-Le mercenaire sans scrupules du Patron, dit Joel d'un ton pensif. C'est ce qu'a dit Léviathan.

-Mais pourquoi a-t-il fait ça ? demanda Rose

-Les mercenaires sont ainsi fait, ma belle, dit Emmett

-Peut-être qu'il n'avait pas les mêmes ordres que les sœurs, dit Connor. Ce serait bien le genre du Patron.

-Comment ça ? dis-je

-Adam Wong a dit à votre belle-sœur que Karim Denzel était sur une autre mission. Le Patron est plutôt le genre de type qui se bat sur plusieurs fronts, donc. C'est un avantage qu'il a sur nous : nous sommes trop groupés.

-Vous suggérez qu'on se sépare ? dis-je en fronçant les sourcils

-Pas en groupes de un, c'est un aimant à emmerdes. Mais au moins par deux, ou trois. Avec chaque groupe qui aurait une mission.

-Qu'est-ce que vous en dites ? dis-je aux autres

-Je n'aime pas ça, mais je suis d'accord avec Connor, dit Rose. On devrait se répartir les tâches.

-A moi aussi, ça me paraît une bonne idée, dit Joel juste avant Emmett

Cela fit bien rire ce dernier, d'ailleurs.

-Même réunis, une seule sœur nous a mis à mal, dit Sherry. Je pense qu'on s'organisera mieux en groupes réduits.

-Adjugé, alors, décidai-je. Qu'est-ce que vous suggérez ? Surtout en sachant qu'on est sept ?

-Non, nous sommes dix.

Nous nous tournâmes tous les sept vers la personne qui venait d'entrer. Moi, j'avais tout de suite reconnu la voix d'Ada, qui venait avec Wade, que j'avais déjà vu et qui me fit un coucou, d'ailleurs, et l'autre devait être Adam, vu comme il lui ressemblait. Effectivement, on ne pouvait pas se tromper.

-Bonjour tout le monde, dit Adam d'un ton qui me disait quelque chose. Permettez qu'on vous donne un coup de main ?

-Vous êtes intégrés depuis quand ? demanda Joel d'un ton suspicieux.

-Monsieur Wilson ici présent est un haut gradé, dit Ada en le montrant. Il n'a eu aucun mal à nous recommander.

-Parce que je suis le meilleur, confirma Wade en se rengorgeant

-En voilà un drôle d'oiseau, ricana Emmett

-C'est vous qui dites ça ? dis-je, amusé par la répartie d'Emmett

-Qu'est-ce que vous insinuez ? fit mine de s'outrer Emmett

En un clin d'œil, Wade fut en face d'Emmett, et le regarda avec un franc sourire. J'imaginais ces deux-là faire équipe avant même que Wade ouvre la bouche. Bande de blonds.

-Je crois que j'ai trouvé mon âme soeur, déclara Wade en souriant encore plus.

-Hé oh, grommela Joel

Emmett rigola un bon coup, et tout le monde s'assit à la table pour le nouveau briefing. Il fallait qu'on décide ce qu'on ferait par la suite, et je sentais que les Wong venaient avec un plan. Ou au moins avec des infos. J'en avais la conviction.