Il me regarde comme s'il espérait que j'en dise plus, mais j'en ai déjà trop dit.

Il finit par s'asseoir et me fait signe de le faire. Je pose mes fesses sur le sable et on regarde le soleil se coucher à l'horizon.

— Tu ne veux plus en parler ?

Je secoue la tête, en espérant qu'il n'insiste pas. Je n'ai pas envie de l'envoyer balader en bonne et due forme.

Le silence s'installe et je profite de la nuit qui est fraîche. Le constate avec la chaleur d'avant me procure de petits frissons agréables.

— Prends ton temps Thomas.

— Je ne veux plus en parler. Excusez-moi, mais je ne veux plus en parler.

Il me regarde quelques instants, comme s'il essayait de trouver la bonne stratégie pour me faire parler. Puis il trace quelque chose dans le sable.

Je baisse la tête sur son dessin. Il a fait deux cercles.

Qu'est-ce que cela signifie ?

— Tu sais, même si toi, tu es sur la planète une donc celle-là...

Il me montre le premier cercle où il ajoute un bonhomme en bâton. Je suppose qu'il me représente.

— Tes parents à toi, qui ne sont plus à tes côtés sur cette planète, sont sur celle-là...

Il me montre le second cercle qui est éloigné du premier puis il dessine deux bonhommes. Mes parents...

— Et tes parents, ils veillent sur toi de cette planète là et ils sont heureux de ton parcours et de ce que tu fais pour construire une vie. Même s'ils ne sont pas à tes côtés, ils te voient et te guident de la planète à côté.

Je regarde quelques instants son dessin, mon cœur se réchauffant à la pensée que mes parents veillent sur moi et qu'ils sont fiers. Puis mon regard se pose sur Torres.

— Je suis désolé si ça ne t'a pas rassuré.

— Si. Merci Monsieur Torres. Ça m'a rassuré. Merci.

C'est même plus que ça, mais je ne pourrais pas poser de mot sur le sentiment qui se propage en moi.

— Ian. En dehors de l'université appelle-moi Ian.

C'est une nouvelle étape qui est franchie et elle ne me rassure pas. Je prends une grande inspiration intérieure et je me donne des claques mentales pour me forcer à l'appeler par son prénom.

— D'accord... Ian.

Il me sourit puis regarde le ciel. Son regard se perd dans l'étendue de la voûte céleste.

A quoi pense-t-il en ce moment même ?

Il finit par se lever et se nettoie pour enlever le sable qui s'est accroché à ses habits.

— C'était une agréable soirée et la nuit fait déjà la belle en nous montrant sa magnifique robe. Je me dois donc de te quitter pour rentrer à mon appartement. J'ai prévu des choses pour les cours de demain et je me dois de les mettre rapidement en place si je ne veux pas venir les mains vides.

Je me lève également.

— Merci Mon... Ian. C'était sympa.

C'est difficile de m'y faire.

— Merci à toi. Tu as toujours mon numéro au cas où.

On se sépare et je profite de marcher dans les rues animées de l'archipel. Mon esprit vagabonde au fil des minutes qui passent.

Je ne sais pas si j'hallucine ou si c'est ce qui est en train de se passer, mais j'ai eu l'impression que Mons... Ian me faisait du charme. En toute discrétion, mais suffisamment pour que je le remarque.

Je ne dois pas me laisser aller...