Et le second chapitre !
Chapitre 25 : En vertu du ciel
Sagement, la petite fille se cala contre le pied du fauteuil. Sa peluche entre les bras, elle attendait que sa mère lui conte une histoire.
Car comme chaque nuit, la petite fille patientait, priant pour que sa mère termine au plus vite son travail. Rompue, celle-ci profitait de ces rares moments de répit pour se préparer un verre de lait chaud, relevé d'une pointe de miel, et retrouver sa fille assise au pied du fauteuil, un livre à la main, impatiente d'entendre ces éternelles histoires de princes et de princesses.
Ce fut donc comme chaque soir que la douce et envoûtante voix de l'enchanteresse aux longs cheveux résonna à l'oreille de la petite fille.
- Que pourrais-je bien te raconter ?
- Cendrillon ! proposa-t-elle.
- Pourquoi pas mais il en faudrait une inédite, tu ne penses pas ? (La petite fille afficha une moue contrariée.) Une nouvelle histoire avec une belle morale, ça te dit, ma p'tite chipie ?
Elle pinça doucement le nez de sa fille, tout en lui souriant.
- Entendu.
Satisfaite de la réponse, elle installa sa fille sur ses genoux puis débuta son récit :
« Cette histoire se déroule au-delà de nos frontières, conta-t-elle, dans un pays où le ciel est constamment bleu, quoique tacheté de temps à autres de nuages aussi blancs que les neiges qui enlacent jalousement les épaules des montagnes du Népal, et où la nature déploie son large tapis vert.
« Il naquit, un jour qui ne le différenciait rien des autres, un loup qui loin de ses semblables avait un pelage d'un gris argenté, ses iris étaient tels deux saphirs qu'il semblait avoir volés au firmament tant ils se mesuraient avec la couleur du ciel.
« Lorsque la nuit quitta la scène, abandonnant ce nouvel être aux premières lueurs du jour, celui-ci n'eut guère du mal à prendre conscience de tout ce qui l'environnait et ce qui lui manquait : une plaine à perte de vue, des rochers éparts, mais rien près de lui ne ressemblait à une mère ; cette absence de figure maternelle qui, même inconnue, se faisait cruellement ressentir dans le cœur du petit louveteau. Se redressant pour la première fois sur ses pattes, il entreprit d'aller à la quête de cette mère absente.
« Au terme de la journée, il parvint au repaire des loups. Croyant que parmi tous ces louves s'y trouverait sa mère, il s'y hasarda malgré les regards hostiles qui ne tardèrent pas à se multiplier, tous comme les chuchotements.
« Le chef de la meute, alerté par cette intrusion sur ses terres, s'avança à lui. Il était imposant, d'un noir ébène, les prunelles déterminées et cruelles. Face à lui, le louveteau paraissait tel un insecte, sans envergure aucune. Et alors qu'il commençait à lui tourner autour, comme pour mieux tester sa patience, le louveteau remarqua alors cette différence dont ils devaient tous discuter à voix basse. Son pelage se distinguait de ceux de son espèce ; qu'il soit banc, d'un gris pâle, noir ou tacheté, aucun n'avait ses poils argentés.
- Qui es-tu, toi l'étranger ? demanda le chef.
- Moi ? balbutia-t-il, intimidé.
Un éclat de rire les emporta, tour à tour.
- Je te demande ton nom.
- Mon nom ?
- Oui, ton nom. Celui que ta mère t'a donné.
- Je... Je n'en ai pas.
- De mère ou de nom ?
- Les deux.
Un nouvel éclat de rire se répandit, mais le chef, lui, semblait ne pas avoir bu le même vin. Irrité, il répliqua :
- Ne te moque pas de moi, petit ! En cette nature, nous portons tous un nom et nous venons tous d'une mère.
« Hélas, même si c'était une vérité universelle, le louveteau lui se disait que peut-être le chef se trompait et que certains naissaient sans mère, sans attache, sans nom. Il était bien dans cette situation, après tout. Malheureusement, il eut beau défendre sa vérité, le chef de la meute, irrité par son insolence et craignant qu'en grandissant l'effronterie du louveteau lui coûtât sa place de chef, il chassa le jeune importun à coup de dents.
« Durant des jours et des jours, le louveteau erra à a recherche de cette vérité concernant sa naissance. Hélas, d'une meute à une autre, ce ne fut que réticences, hostilité, rires moqueurs et rejet qu'il trouva pour réponse.
« Après cette longue errance faite de déceptions, le louveteau songea que sa place n'était peut-être pas sur cette terre, que son existence ne pouvait être qu'une erreur de mère Nature. Et fatalement, tout espoir d'être accepté tel qu'il était l'abandonna, tout comme le goût de vivre.
« Il se posa sous les feuilles d'un saule pleureur, persuadé qu'ainsi il serait caché à la vue de tous. Malheureusement, même la Mort lui refusait ses bras.
« Les températures chutèrent, annonçant l'hiver, les vents glacés refroidirent non seulement les nuits mais également les jours, et des flocons immaculés se répandirent sur la verdure, l'endormant d'un froid baiser et la pâlissant telle une mariée dépourvue de tout souffle.
- Il existe plus plaisante façon de passer l'hiver que de demeurer sous un arbre.
Lentement, le louveteau releva la tête. Face à lui se tenait un bien étrange personnage, l'œil malicieux et le poil si ténébreux que nul ne pouvait ignorer sa présence au milieu de ce paysage blanc. C'était la première fois qu'il voyait un animal de cette espèce, ni loup ni chien.
- Qui es-tu ? demanda le louveteau.
- Un étranger qui vient de loin.
- Un étranger ? Tu as sûrement un nom, tout le monde en a un, argua-t-il, répétant mot pour mot, les paroles des loups.
- Dis-moi le tien.
- Je n'en ai pas, avoua-t-il tristement.
- Alors tu dois être un loup au destin fabuleux.
- Pourquoi dis-tu cela ? Pour me blesser ? Ne comprends-tu pas que je ne suis personne, je ne suis d'aucune racine et voilà pourquoi on me rejette...
- D'aucune racine ? J'en doute... Oui, j'en doute même beaucoup. Sache que si ton nom n'a pas été révélé, c'est que ton pouvoir doit être préservé. Aucun ennemi ne pourra te vaincre s'il ne le connait pas. C'est une base, celle que tous les sorciers et magiciens connaissent.
- Je ne suis aucun des deux...
- Tu l'ignores mais tu es d'une noble lignée. Ton pelage et tes iris le prouvent. Et si tu es ici, c'est que ton destin est celui de rassembler autour de toi.
- Personne ne voudra suivre un être sans nom et si différent physiquement.
- « Loup Gris », cela te va-t-il ?
- Cela ne changera rien... Je t'en prie, laisse-moi mourir en paix.
- Mourir ? Je doute que le destin, ta marraine, y concède.
- Le Destin, ma marraine ?
- Veux-tu que je te révèle, ce que les étoiles se murmurent la nuit venue pour que nul être vivant ne divulgue la vérité ?
- Oui.
- Je les ai entendues, il y a de cela des mois, se dire que le firmament avait conçu et envoyé son enfant sur terre, avec les bonnes grâces du Destin, sa marraine. Intrigué, j'ai voyagé pour m'assurer de la véracité de ce secret, et je suis tombé sur ce saule pleureur qui curieusement couvait sous ses feuilles un louveteau encore bien portant, malgré le froid cruel de cet hiver. Cela signifie que tu es bien celui qui est né du firmament, Loup Gris. Rien ne saurait te rendre plus digne et plus royal que les autres loups. Et ton destin, crois-moi, sera celui de rassembler les foules autour de toi et de conquérir ce monde dans lequel le firmament t'a envoyé.
- Je n'ai pas cette volonté.
- Si ce n'est pas aujourd'hui, tu le feras à travers ta descendance grâce à laquelle ton pouvoir grandira, au fil des siècles, et cela tant que personne ne saura ton nom. Sois-en certain. Tu es du ciel et, comme elle, tu t'étendras, au-delà des mers.
Sur ces paroles prophétiques, la panthère lui tourna le dos.
- Tu ne m'as pas dit ton nom.
- Mon nom ? J'ai plus d'une fois changé de patronyme, autant pour mon bien que celui des autres.
- Alors, où puis-je te retrouver si j'ai besoin de tes conseils ?
- A travers les époques, à travers les siècles. Je serai toujours l'ombre de celui que le firmament a conçu.
Et sur ce, il s'éloigna. Une tempête de neige se leva, souffla violemment puis s'apaisa peu à peu. Lorsque le temps redevint clément, il ne demeurait plus rien de la panthère. Loup Gris, qui jusque là était resté allongé, se releva. S'il était du Ciel - comme la panthère le lui avait assuré -, il n'avait rien à envier aux autres, ni à se sentir dévalorisé par la couleur de son pelage qui était la preuve de sa digne naissance.
Déterminé, il entreprit alors une nouvelle quête : celle de rassembler ceux qui au lieu d'unir séparaient pour des différences absurdes. »
- Voilà, conclut la mère, c'est terminé. Comment as-tu trouvé mon histoire ?
La petite fille réfléchit puis posa un regard perplexe sur sa mère.
- Ce n'est pas terminé, maman, se renfrogna-t-elle.
- Pourquoi dis-tu cela ?
- On ne sait pas s'il a pu rassembler les autres loups. Et puis... Cette panthère, elle a dit qu'elle était son ombre, elle aurait dû rester avec Loup Gris.
- Tu as raison, cette histoire n'est en fait que le prologue d'une histoire bien plus longue et complexe. Mais ce sera à toi de la dénouer, ma chérie. Pour le moment, au lit ! Tu ne voudrais pas que ton frère apprenne que je t'ai encore raconté un conte ?
- Ah, non ! Toya va encore se moquer de moi !
OoO
Les genoux ramenés sous son menton et entourés de ses bras, Sakura fixait l'autre bout de la pièce, songeuse. La lumière au dehors avait du mal à filtrer à travers les vitres opaques, seul le lampadaire tenait vaillamment debout au milieu de cette obscurité, lui permettant d'y voir un peu plus clair dans ces ténèbres.
Pourquoi ce rêve ?
Elle sentit le corps, à ses côtés, bouger. Elle pivota la tête sur sa droite et tomba sur deux pierres chaudes parfaitement polies qui la fixaient.
- Un cauchemar ? demanda-t-il d'une voix qui était loin d'être ensommeillé.
Elle se demanda s'il n'avait pas fait semblant d'être endormi jusqu'à maintenant. Après tout, il lui tournait le dos depuis qu'ils s'étaient étendus dans ce lit.
Elle soupira.
- Pas vraiment. J'ai juste rêvé de ma mère.
- C'était un beau rêve ?
- J'aurais plutôt dit un curieux souvenir. Avant pour m'endormir, j'avais besoin qu'on me raconte un joli conte pour oublier les histoires de fantômes que me racontait Toya.
- Maintenant il te suffit juste d'un petit orgasme et tu t'endors.
- Shaolan ! s'écria-t-elle en saisissant son oreiller pour le lui plaquer sur la figure.
- Je demande grâce !
- T'es vraiment chiant, quant tu t'y mets ! Pour la peine, je ne te dirai plus rien.
- Je rigolais. Allez, dis-moi tout, supplia-t-il en affichant une mine attendrissante.
- Entendu, mais aucune allusion déplacée, ok ?
- Ok, chef !
- Bien, je disais donc que ma mère me racontait toujours une petite histoire avant d'aller au lit. Et là, je viens de m'en rappeler une qui me laisse toujours aussi perplexe que la première fois que je l'ai entendue.
- Ah bon ? Tu me la racontes ?
- Je ne m'en souviens plus très bien.
- Juste les grandes lignes.
- Et pourquoi voudrais-tu l'entendre c'te histoire, monsieur le pervers de service ?
- Juste pour constater si tu as un don pour raconter des contes. Je noterai ça sur ton CV, mine de rien, c'est un point important pour toute femme qui briguerait le poste de future Li.
- Comme si j'avais envie de postuler à ce poste.
- Je te comprends, va. La concurrence est rude et visiblement t'es pas faite pour.
- Si tu veux que je joue les frères Grimm, ferme-la. Ensuite, on en reparlera de cette soi-disant concurrence.
Il sourit, tout en croisant ses bras derrière sa nuque pendant qu'elle lui relatait l'histoire du louveteau. Lorsqu'elle eut terminé, Shaolan affichait un air moins insouciant.
- Alors ?
- Je savais pas que le firmament pouvait accoucher d'un loup.
- Mais tu le fais exprès ou quoi ? s'énerva-t-elle. C'est juste un conte ! Un conte !
- Encore heureux ! T'imagine si les gens naissaient du ciel ?
Désespérée, elle passa une main sur son visage.
- Dis-moi pourquoi tu prends un malin plaisir à jouer les imbéciles quand tu es avec moi, alors que devant les autres, tu te la joues génie qui sait tout.
- Peut-être pour me mettre à ton niveau.
Les émeraudes n'avaient jamais paru aussi enflammées qu'en cet instant. Shaolan déglutit, devinant que cette fois-ci il était allé un peu trop loin dans ses plaisanteries. A cheval sur lui, Sakura tenait son oreiller entre ses mains et une fois de plus le plaqua rageusement sur le visage du chinois.
- T'es qu'un sombre idiot !
- Sakura, pitié !
- Ah ! Tu t'avoues vaincu. J'ai... Mais t'es qu'un pervers ! s'exclama-t-elle soudain.
- Pas de ma faute si en gigotant comme ça tu m'excites !
Et puis, il fallait avouer que son haut de pyjama, une large chemise rose saumon en soie qui mal boutonné glissait sur le côté, dévoilant le haut de son sein gauche, avait de quoi lui rappeler ces deux bijoux de chair qu'il aimait tant apprécier entre ses mains.
- J'espère pour toi que tu songes à réparer tes bêtises.
- C'est à dire ? répliqua-t-elle candide, le bout du doigt entre ses lèvres.
- Comment tu peux jouer les saintes nitouches comme ça ? T'es cruelle !
- Pas de ma faute si je ne suis pas futée, dit-elle en bougeant les hanches. A croire que je suis une blonde qui s'ignore.
- Eh merde ! Continue comme ça et je te jure que je te retourne sur le...
Elle posa son doigt en travers des lèvres du chinois puis se pencha à son oreille.
- Désolée, mais c'est moi qui tiens désormais les rênes.
Elle se redressa et jugea de l'effet de ses paroles sur le jeune homme. Celui-ci dévisagea l'amazone, tout en avançant ses mains vers les boutons de sa chemise, mais cette dernière les lui écarta aussitôt. Peu après, la malice et la luxure, dangereuse alliance pour un mortel, prirent entièrement possession de la japonaise qui, après s'être délectée des lèvres de sa proie, se redressa pour la fixer droit dans les yeux.
- On ne touche que lorsque la maîtresse le permettra, imposa-t-elle.
Les règles du jeu établies, Shaolan songea que décidément il n'y avait rien de mieux qu'une femme qui sache imposer le respect à son homme, après avoir admirablement su raconter une histoire sur un loup solitaire mais royal. Oui, cette situation était finalement une situation plus que délicieuse.
OoO
- Un ermite qui voyage sans se soucier du pays et des années, et il se proclame l'ombre du loup. Et aucun nom…
Allongé sur le canapé, Shaolan lançait mécaniquement son orange et la rattrapait au vol. Les cheveux secs, il ne s'était toujours pas découvert de la serviette mouillé qui avait servi à les sécher. Quant à Ben, frais et dispo, il préparait le petit-déjeuner à la place des dames qui dormaient toujours ; il est vrai que six heures du mat n'était vraiment pas une heure pour des marmottes.
- ... Elle n'a pas tilté mais ce Loup Gris est sûrement le même dont on parle dans l'histoire secrète des Mongols. Né du Firmament et élu du Destin, et qui après s'être lié à la Biche Elisabeth a engendré la lignée de Gensis Khan. Reste à savoir qui est cette panthère ou du moins qui elle est censée représenter…
- C'est forcément un sorcier ou un magicien. Pour ceux qui pratiquent la magie, dévoiler son nom c'est risquer de perdre ses pouvoirs face à l'ennemi.
- A ton avis, entre le conseiller Ye-liu et le moine taoïste Qui, qui est plus apte à représenter cette panthère ?
- Le conseiller était un homme de confiance qui avait la particularité d'être également devin. Quant au moine, malgré le secret de l'élixir d'immortalité, il ne semblait pas aussi lié à Gensis Khan que l'a pu l'être le conseiller. Je dirai donc le conseiller.
- Pour toi, ce serait donc la lignée du conseiller qui est supposée veiller sur les Khan. Mais dans ce cas de figure, lors de la rupture des deux branches, quelle lignée crois-tu qu'il a suivi ?
- Deux ruptures, rectifia Ben. La première a eu lieu quand le troisième fils a été érigé en chef par Gensis. Si le conseiller Ye-liu était si proche de son ancien maître, il a dû respecter sa décision. Par contre, après l'assassinat du nouveau chef et l'avènement du fils du benjamin de Gensis, qui a été poussé par sa mère Sorghagtani… Je dirai que là, le conseiller a dû rester fidèle à la lignée du troisième fils, celle choisie par Gensis, tournant le dos à la lignée du quatrième fils.
- C'est ce que je me disais aussi. Mais comment savoir si la Clow Read est bien la société présumée protéger la branche principale des Khan, alors qu'elle a offert Eriol au Céleste Empire ?
- A moins que ce soit le Céleste Empire qui protège cette branche guidée par Ye-liu.
Lâchant l'orange qui tomba au sol, Shaolan passa ses mains dans ses cheveux.
- C'est une prise de tête, pas possible ! Je crois que ces deux sociétés se foutent vraiment de notre gueule ! Je les vois bien en train de rire en pensant qu'on se triture les méninges pour rien. Et tu sais quoi, je viens de me rendre compte d'une chose.
- Quoi donc ?
- Ils sauront où nous irons. Vu qu'on a besoin de visas, crois bien qu'ils apprendront des autorités mongoles qu'on compte y aller. Finalement, mes précautions n'auront servi à rien. Peu importe l'endroit, ils auront toujours un train d'avance. Et c'est rageant !
- Tiens, tu sais enfin ce qu'on ressent avec toi, se moqua Meilin qui venait de quitter l'étage supérieur, là où se trouvait les chambres.
D'une lenteur calculée, le chinois se redressa sur le canapé et fusilla du regard la jeune fille, qui se tenait devant les grilles du monte-charge.
- Tu comptes pourrir ma journée ?
- Ouais, répliqua-t-elle, j'ai prévu un planning d'enfer pour ton ego.
- T'as vraiment besoin d'un mec, toi.
- Un seul mot de plus concernant mon célibat, et je passerai ma journée à divulguer tes petits travers à Sakura. Oublie pas que Rachel était mon ex meilleure amie, et que des secrets d'alcôves te concernant, j'en connais pas mal.
- Sale peste !
- Fallait pas me chercher, le chaud lapin.
Aussitôt, Shaolan se releva et entreprit de mettre la main sur la chinoise qui pris ses jambes à son cou. Ils firent le tour du loft, renversant et secouant de-ci de-là meubles et objets. Et pendant que l'offensé maudissait l'agilité de la fugitive, celle-ci le raillait de plus belle.
- Mais qu'est-ce que...
Prise entre les deux opposants, Sakura fut bousculée. Furieuse, elle agrippa le tee-shirt du chinois.
- Bordel ! Lâche-moi, Sakura ! Faut que...
- C'est comme ça que tu traites ta petite amie ?
Sa voix glaciale le fit se calmer.
- Tu es encore plus radieuse que d'habitude, dit-il afin de noyer le poisson. Plus radieuse que le firmament dont tu me parlais cette nuit.
Soupirant, elle le relâcha et, sans un mot rassurant pour lui, alla s'attabler.
- Qu'est-ce qu'on a comme programme aujourd'hui ? demanda-t-elle en contemplant la nourriture étalée sur la table.
- Ce que je hais le plus : les démarches administratives, soupira Shaolan.
OoO
Il jeta un coup d'œil sur le miroir qui du pied à la tête renvoyait son image. Vêtu du costume traditionnel coloré mongol, il aurait pu se fondre avec les autres.
- Vous êtes prêt ?
Eriol acquiesça de la tête puis suivit l'homme. Sur la plaine, d'autres tentes multicolores étaient dressées. Sur leurs seuils, hommes, femmes et enfants le regardaient passer, en chuchotant. Jamais il ne s'était senti aussi mal à l'aise.
L'homme lui ordonna d'attendre devant la tente, devant laquelle deux imposants colosses imperturbables, bougeant à peine un cil, se tenaient en faction.
« Entrez. »
D'un geste qui se voulait assuré, Eriol écarta les pans de la tente et surpris par le comité, il se figea.
Assis en tailleur, seize hommes formaient un demi-cercle ; et de part et d'autre, d'autres se faisaient face : à droite, un châtain légèrement bedonnant assis près de Toya derrière lequel se tenait Yukito ; et à gauche, un vieil homme - qu'il ne connaissait que trop bien - installé près du père de Shaolan. Et tous ces regards, unis en un, l'étudiaient.
Ils se relevèrent et dans un même mouvement s'inclinèrent
- Bienvenu à vous, jeune maître, dit le doyen, un vieil homme dont la barbe ainsi que ses cheveux avaient perdu de leur noirceur pour prendre une blancheur immaculée.
- Bienvenu, jeune maître, renchérirent-ils en chœur.
- Je ne suis pas votre "jeune maître", objecta Eriol que ces témoignages gênaient.
- Oh, si vous l'êtes. Vous le fils de Tenzin Sonam et Sorghagtani Beki, descendants de la branche principale, celle d'Ögödei, le troisième fils.
Il prit cette nouvelle, sans sourciller, portant un simple regard vers Li.
- Même avec ça, j'affirme ne pas être votre maître. J'ai déjà une famille et ce sont les Hiragizawa... Oui, mes racines ne se trouvent pas ici !
- Les racines de ton arbre se trouvent bien ici, et nulle part ailleurs. Tes pères sont nés et reposent sur cette terre. Et c'est en leur nom que nous t'accueillons aujourd'hui, après des années d'exil. En vertu du ciel, je déclare cet homme, Eriol Hiragizawa, désormais...
- Attendez ! coupa-t-il. Je ne compte pas reprendre une quelconque succession ! Je suis là pour faire cesser cette stupide bataille entre la Clow Read et le Céleste Empire.
- Clow Read et Céleste Empire ne font plus qu'un au sein de cette assemblée. Et celui qui les a réunis n'est autre que Gensis Khan... Vous, jeune maître, ajouta-t-il. A vous désormais de nous montrer la voie de la conquête, nos armes, notre technologie, nos réseaux, nous avons suivi les enseignements de votre aïeul afin de vous servir au mieux.
- Les enseignements ?
- Vous apprendrez que toute quête est vouée à l'échec sans un travail méthodique. Nous nous sommes dispersés afin de mieux constituer nos forces, et ce dans le but de pouvoir vous offrir des troupes fidèles et aussi déterminées que celles dont disposaient votre ancêtre.
- Je refuse de mener une armée, si c'est pour tuer mes semblables !
Les regards courroucés convergèrent vers Li.
- Vous nous aviez pourtant certifié qu'il était prêt.
- Il l'est, confirma-t-il sans faille. Mais il demeure encore attaché à ses sentiments passés.
- La pitié, ce sentiment que seuls les faibles nourrissent en leur sein, ne doit en aucun cas être éprouvé pas le futur empereur. Sa mission céleste en serait bouleversée.
- Je vous garantie qu'en prenant conscience du poids de son héritage, il ouvrira les yeux.
- C'est ce que nous attendons tous de lui. Mener nos hommes et faire de notre pays, un empire.
Li porta un regard vers Eriol. Serrant les poings, ce dernier baissa les yeux. Il pensait parvenir à leur faire changer d'avis en leur signifiant son opposition concernant leurs desseins, il avait été naïf de le croire. Li avait eu raison sur ce point : rien ne leur ôterait leur envie de revoir le nom de Khan s'imposer, comme par le passé. En conséquence, il n'avait d'autre solution que celle de suivre leur folie. Peut-être parviendrait-il à l'atténuer, avec le temps.
Il releva la tête et, d'un œil déterminé, jaugea le doyen.
- Je veux que cette assemblée me promette que je serai le seul à décider du sort de ceux que j'ai côtoyé jusqu'à maintenant.
- Leur sort appartient à l'empereur Khan. Si vous acceptez de l'être, vous serez seul juge de leur destin, jeune maître.
- Alors je ferai ce que mes ancêtres attendent de moi.
Satisfaits de sa réponse, les visages se détendirent.
- Les quatre Maîtres seront à votre écoute et ils vous tiendront au courant de la tenue de la prochaine cérémonie qui vous élèvera au rang de Dragon Rouge.
Sur ce, les hommes se relevèrent et, après s'être inclinés, ressortirent de sous la tente, abandonnant Eriol et les quatre Maîtres.
Le jeune homme considéra le dernier des maîtres, sûrement un russe, dont il ressentait l'animosité envers les deux hommes assis à l'autre bout de la tente. A ses côtés, Toya avait les bras croisés et paraissait agacé - était-ce parce qu'il refusait de servir un homme qui avait été si proche de celui qu'il croyait être l'assassin de ses parents ? Quant à Li, il bavardait à voix basse avec le vieil homme près de lui, exaspérant davantage le russe. Ce dernier étouffa un juron puis se leva brusquement.
- Allez-vous quitter le jeune maître sans vous être présenté à lui ? souleva Li, irrité.
- Je m'apprêtais à le faire, répliqua-t-il. (Il s'avança vers Eriol.) Je suis Vladimir Erdman, connu sous le nom de Mendosus, responsable des loges jaunes du pôle Russie. Je suis enchanté de vous servir.
Au son de sa voix, Eriol devina que l'homme n'aspirait pas à devenir un subalterne et que son respect pour lui n'était que pure façade. Ce qui lui fut rapidement confirmé ; le russe ne se courba que très légèrement. Une fois cette cérémoniale achevée, il darda un regard noir sur ses deux adversaires et sortit, sous l'œil perplexe d'Eriol. Ce dernier pensait que les quatre Maîtres seraient un cercle soudé, or ce n'était manifestement pas le cas ; les inimitiés assombrissaient l'atmosphère. Il se demandait la raison de leurs brouilles.
- Toya Kinomoto (Eriol se retourna sur le japonais). Je suis l'Oriental responsable des loges vertes du pôle Orient.
Il passa à ses côtés, dirigeant ses pas vers la sortie, mais s'arrêta soudain.
- Le seul à pouvoir juger Li Shaolan, c'est moi et aucun autre, empereur fût-il.
- Toya ! s'exclama le vieil homme.
- N'oubliez pas notre pacte, Grand Maître.
Toya souleva le pan de la tente et sortit.
- De quel pacte parle-t-il ? demanda Eriol.
- Cela ne vous concerne pas, jeune maître.
- Arrêtez avec ce titre ! s'écria-t-il furieux en se tournant vers le vieil homme assis. Et expliquez-moi ce que vous faites ici avec tous ces fous !
- Tout d'abord, je tiens à me présenter à vous sans mensonge, cette fois-ci. Elliot Bill Nichols, Grand Maître responsable des loges bleues du pôle Occident. J'ai tenu à assurer moi-même votre évolution.
- Mon évolution ? Vous êtes resté durant tout ce temps près de nous pour vous assurer que les morts que l'on découvrirait sur notre chemin feraient de moi le futur empereur assoiffé de sang ? Et dire qu'on vous faisait confiance... En fait, vous êtes responsable de la mort des Kinomoto, de Chris et de tous les autres.
- Je dois avouer que j'en suis l'investigateur, confessa-t-il sans l'ombre d'un remords.
- Le joyeux et rassurant Oncle Bill n'était qu'une farce, lâcha-t-il amer.
- Oh, je le suis. Ne me voyez pas autrement.
- Et comment ? exulta-t-il. Vous avez le sang de mes amis sur vos mains !
Le vieil homme se releva.
- Le sacrifice des uns pour la gloire des autres ; la vôtre. C'est le but que je me suis toujours fixé.
- Et mes parents ?
- Ceux qui vous ont recueilli...
- Ce sont les seuls parents que j'ai connus et il n'y en aura pas d'autres, vous en déplaise ! J'aurais dû faire le lien. C'était le même scénario que pour les Kinomoto : un couple abattu en pleine nuit, chez eux, sans aucun témoin à part leur enfant. Mais je refusais de croire que leur mort pouvait être lié à moi.
Tant de chagrin passés, tant de crimes et aujourd'hui comprendre que la solitude aurait certainement été une chance car seul, la tristesse aurait été moindre pour lui comme pour les autres.
- Toute vie est vouée à être sacrifiée.
- Je ne l'accepte pas ! s'opposa violemment Eriol.
Un violent courant d'air fit vibrer la tente. Sou ce coup d'éclat révélateur, un sourire détendit les lèvres de celui que l'on nommait autrefois oncle Bill.
- Il le faudra pourtant. Vous tenez à garder auprès de vous ceux qui vous sont le plus chers, mais pour cela il faudra nous offrir une compensation. Il n'y a rien de gratuit, tout se monnaie, tout s'échange. A vous de voir quel prix vous donnez à vos trésors et ce que vous êtes prêt à céder pour les garder.
- J'ai offert de vous suivre, n'est-ce pas assez ?
- En échange de votre venue, nous avons cessé de poursuivre vos amis, or s'ils venaient à mettre les pieds ici... Vous devinez qu'ils ne seront certainement pas accueillis à bras ouverts. Quoi qu'il en soit, le choix vous appartiendra, jeune maître.
Le vieil homme s'inclina puis sortit.
- Vous ne m'aviez pas dit qu'il était un des quatre maîtres, lui reprocha Eriol.
- Cela n'aurait rien changé, assura Li.
- Depuis ma naissance, je n'ai été qu'un être manipulé. Vous m'avez éloigné de mes parents biologiques, de ceux qui m'ont élevé et vous m'avez pris mes amis... Est-ce ainsi que vous servez votre "jeune maître" ? En lui ôtant ce qui fait la joie d'une existence ?
- Ils t'ont voulu à l'image de ces orphelins qui sont devenus nos prototypes, tes futurs soldats, si tu préfères, corrigea-t-il devant le dégoût du jeune homme. Sans racine, tourmenté, solitaire... Pour eux, tu incarnes le loup gris de la légende, l'envoyé du ciel chargé de les réunir afin de créer un monde meilleur pour leur nouvelle famille.
- Une armée de dangereux pantins schizos... C'est ça ma nouvelle famille ?
Li soupira.
- A mon humble avis, je suis mal placé pour te parler de ce sujet.
- Toya est décidé à abattre votre fils, mais sait-il que sa sœur est entichée du soi-disant criminel ?
- Aucun de nous ne lui en a touché mot, mais j'ignore si le prototype 512...
- Yukito ! hurla-t-il, fâché. Il a un nom, alors utilisez-le. C'est un ordre !
Li sourit légèrement.
- Très bien, jeune maître. Je disais donc que Yukito a très bien pu lui en toucher un mot puisqu'il a eu le temps de tous vous étudier durant sa fuite.
- Quel que soit le sujet, vous demeurez toujours imperturbable.
- Je ne peux pas me permettre de dévoiler le moindre sentiment. Le principal est que je sache où je me dirige. Et avec le temps j'ai appris à anticiper les actions d'autrui selon leur personnalité. Les tiennes ne m'ont jamais étonné, ni celles de mon fils... Il a beau croire que je ne sais rien de lui, j'ai réussi à l'amener là où je le voulais... comme les écrits du ciel, le désiraient.
- Qu'est-ce que vous voulez me faire comprendre ? Qu'en plus de la prophétie du Dragon Rouge, il y en aurait d'autres ?
- Non. Ce sont seulement les instruments qui servent à cette prophétie... Nous avons tous des choix à faire. Et même si d'un côté ou d'un autre, il ne semble n'y avoir aucune issue, sache que parfois la solution la plus égoïste aux yeux d'autrui est la plus sage.
- Vous parlez en connaissance de cause ?
- « En vertu du ciel, je renie ces passions qui m'éloignent de ma céleste mission. » Voilà à quoi se résume mon existence... Si tu as besoin de quoi que ce soit, il te suffira d'ordonner.
OoO
- Je fondais tous mes espoirs en lui, mais il apparaît que c'est un traître à notre cause ! s'irrita le russe.
- Vous parlez du jeune maître ! lui reprocha durement le vieil homme.
- Vous l'avez entendu, comme moi ! Il a sali la mémoire de nos pères en mettant son amour pour les siens au-dessus de notre quête !
- Mettons-nous à sa place, il ignore encore l'héritage des Khan. Notre tâche est désormais de lui ouvrir les yeux sur le passé de sa famille, pas de lui reprocher ses faiblesses.
- Etes-vous certain qu'il soit prêt ? Le cœur doit suivre l'esprit, sans cela la connexion sera impossible, tout comme la réunion des deux branches.
- Jusqu'à maintenant, le Maître d'Asie ne nous a pas donné de raisons de douter de ses jugements, déclara Nichols. Les membres du khuriltaï lui ont accordé leur confiance, je l'ai également fait. Faites donc taire votre colère, Mendosus, car la vôtre ne nous servira pas.
Nichols tourna le dos à son compagnon et s'éloigna.
- L'ancien de la Clow Reed a encore eu le dernier mot, n'est-ce pas, Li ? cracha-t-il alors que le chinois s'approchait. Vous savez mieux que quiconque comment vous assurer la confiance des hauts gradés. Pour ma part, je resterai sur mon opinion : Vous auriez dû laisser Rachel s'occuper d'eux.
- Semer la zizanie n'était plus indispensable. Vous avez vu de quoi le jeune maître était capable. Le prototype 512 s'est appuyé sur ses pouvoirs pour créer cette puissante barrière protectrice. Sans cela, Nakuru aurait mis le bâtiment et ses alentours complètement à sac. Je vous garantie que lors de la cérémonie le jeune maître saura puiser là où il faut, la connexion ne pourra en aucun cas échouer.
- Je l'espère pour vous, Li. Et au passage, je vous ferai remarquer que nous ignorons encore les noms de ceux qui ont infiltrés la Clow Read et qui cherchent à éloigner cette branche de la nôtre.
- Nous avons déjà écarté le frère Mc Kellen, et nous suivons la trace de ses alliés.
- J'ai entendu dire qu'il n'était pas impliqué. D'ailleurs, certaines de vos décisions m'ont paru bien plus desservir le Céleste Empire qu'autre chose.
- Insinueriez-vous que je serais l'un des traîtres que nous recherchons ?
- Je ne fais que constater, Li. Croyez-vous que la mort des Zhin - qui était tout de même des intimes de l'ambassadeur de Chine - était si stratégique que vous nous l'avez fait croire ?
- Erin était un danger pour nous, et vous le savez. Je vous avais conseillé de la tenir au courant à propos de sa sœur, mais vous avez tenu à lui dissimuler l'échange des corps. Une femme chagrinée est plus sujette à se confier. Mon fils le savait, et c'est pour cette seule raison qu'il est demeuré à ses côtés. Si je n'avais pas décidé de la mise à mort d'Erin, Shaolan aurait pu deviner nos plans avant l'heure. Et concernant ma stratégie, je crois que la presse a mis le meurtre du couple sur le compte de dangereux trafiquants d'art. Quoi de plus surprenant lorsque cette tragédie s'est déroulée chez un célèbre collectionneur comme Chen Zhin ?
Li s'approcha du russe et à voix basse poursuivit :
- Quant à Mc Kellen, je crois que son supposé amour pour une des membres de mes loges lui a été fatal. Un conseil, Erdman, ne cherchez plus de moyens de me discréditer. J'ai la confiance du khuriltaï et celui du Grand Maître. Et n'oubliez pas : j'ai sacrifié ma famille et surtout mon fils pour notre quête, et vous ? Vous avez la chance d'avoir hérité du sang d'un des compagnons de l'empereur Gensis Khan. Sans cela, comme tous les occidents de notre société, vous ne seriez pas là. Sachez rester à votre place, dit-il en remettant la cravate du russe en place, et tout ira bien pour vous.
- Gardez vos menaces pour vous, Li ! s'exclama-t-il en écartant la main du chinois. Si vous faites abattre encore un de nos hauts Compagnons, croyez bien que le khuriltaï se posera des questions... sans que je n'aie à intervenir ajouta-t-il, un sourire narquois sur les lèvres.
Les deux hommes s'affrontèrent une dernière fois du regard puis, jurant, le russe rompit le contact et s'éloigna furieusement.
A suivre…
Voilà les deux chapitres terminés ! Je vous remercie de votre attention et de votre fidélité (ça sonne émission de télé, non ?) et je vous donne rendez-vous au prochain chapitre.
Kasha-chan (désolée. Et j'attends ta facture, je te paierai sans faute, lol), Tigerlilyblue, CoventGarden, Boulette de riz, Suka, Princesse d'Argent (renonce à comprendre, la fin viendra bientôt, mdr), Akeri la malicieuse, Serpy'e (pourquoi Eriol a dit "oui" à m'sieur Li ? Ca c'est une des révélations pour la fin), Asahi Shin'ju (bon, on va arrêter de nommer le Grand Maître "vieillard" et on lui donne son seul et unique nom - enfin), Silverwolf09 (en fait, je suis douée pour jongler intellectuellement quand il s'agit des histoires, lol), SiaAhn Sacham, Ombre et Lumière (oh faut pas en vouloir au papa de Shao, voyons. Tu verras, il est comme son fils) et ma chère Mama (un conseil, relis la version corrigée)
Bisous pleins et encore merci !
