Un énorme merci aux reviewers anciens et nouveaux ! ça me booste !

voilà la suite, j'espère qu'elle vous plaira ! Bonne lecture !


22 JUIN, après-midi


L'étage supérieur était constitué de deux chambres (dont l'une était équipée d'un dressing immense et vide), et d'une salle télévisée où un énorme écran prenait place contre le mur du fond, ainsi que d'une salle de bain. L'étage du dessous était divisé en une salle de séjour, en un salon et en un petit hall d'entrée où Nantizo pendit son manteau dans un geste nonchalant. Il remercia Alice pour la visite et ils se donnèrent rendez-vous, deux heures plus tard, dans le hall.

Une fois seuls, le vampire se retourna vers elle avec un sourire carnassier. Elle se prépara mentalement, un long frisson mordant sa colonne vertébrale.

A Volterra, leur relation avait évolué depuis la dispute où il avait réduit sa chambre en miette pour se résumer à une continuité de provocations, moins dangereuses, mais tout aussi épuisantes pour Liadan. Quoiqu'elle devait avouer qu'elle aimait parfois affronter Nantizo dans certaines joutes verbales. Mais dès que son caractère vampire reprenait le dessus, elle ne pouvait s'empêcher de craindre certaines de ses réactions. Il était toujours aussi dangereux que la première fois, et il n'avait pas l'intention qu'elle l'oublie.

Malgré ça, elle ne pouvait s'empêcher d'aimer son contact, mais n'arrivait pas à déterminer si c'était le côté charme vampirique ou son côté sado-masochiste-fleur-bleue.

Mais depuis quelques temps, il fallait avouer que le vampire devenait plus souple, moins sauvage avec elle. Il se calmait peu à peu, même s'il lui faisait comprendre qu'il n'allait pas devenir un agneau du jour au lendemain. Il restait malgré tout un vampire qui, avant elle, n'avait jamais du faire attention à quelqu'un. Elle comprenait que le fait de rester avec elle en permanence soit dur, même si elle n'aurait pas été contre un peu plus de compréhension et un peu moins d'affrontements. Elle ne savait pas vraiment s'il tenait à elle, mais le fait qu'il doive rester en permanence avec elle avait établi un lien entre eux. Bon, un lien très tenu mais un lien quand même, pensait-elle. En tout cas, elle savait qu'elle était en partie dépendante du vampire. Restait à savoir ce qu'il en pensait. Mais elle n'était pas tout à fait prête à avoir cette conversation-là avec lui. Elle failli ricaner à cette idée : une petite discussion romantique avec un Nantizo compréhensif. Quel cadre bucolique !

Nantizo la sortit de ses pensées :

-«Tu ne veux pas te laver ? »

Elle le regarda, offusquée. Elle savait qu'elle n'avait pas pris de douche depuis Volterra, qu'elle devait avoir une tête à faire peur –surtout au milieu de ces créatures de rêve- mais ce n'était pas une raison pour…pour…

Elle arrêta là ses pensées : il venait de la saisir par la taille et de la hisser sur ses épaules. Il monta les escaliers en un éclair, et deux secondes plus tard, la déposa dans la salle de bain. Il sembla se désintéresser d'elle et entreprit de faire couler l'eau dans l'immense bain. Elle remarqua la multitude de boutons sur un des coins ainsi que différents conduits aboutissant à différents degrés du bain. Il devait aussi faire jacuzzi. Elle commençait à être blasée du luxe dans lequel vivaient les vampires.

Ses parents avaient toujours prôné que l'argent et l'ostentation de celui-ci n'importaient pas vraiment, que le bonheur, la famille l'emportaient. Elle devait avouer que cet étalage de richesse impressionnait, mais enfin quoi, il ne pouvait pas habiter dans une petite maison à la campagne, avec juste une douche pour trois chambres, une petite voiture (la voiture des Cullen qu'elle avait vu dans l'allée n'était pas à proprement dire une « petite » voiture), un chien (pas nécessairement petit, lui)… Elle se demanda un court instant si ces vampires étaient heureux. En se rendant compte du cheminement de ses pensées, elle sourit. Depuis quand faisait-elle dans la philosophie ?

Elle observa le reste de la salle de bain. Le bain-jacuzzi-full-option occupait toute la partie du fond. A droite de l'entrée se trouvaient deux éviers et un miroir s'étendant sur toute la moitié supérieure du mur. A gauche, il y avait plusieurs armoires de rangement où s'étendaient des essuies, des peignoirs et des produits de soin, mis à leur disposition. Les Cullen avaient pensé à tout.

Elle releva la tête vers Nantizo et remarqua que le bain était entièrement rempli et qu'il rajoutait du savon en brassant l'eau.

Le gentil vampire faisait de la mousse. Devait-elle s'inquiéter pour sa stabilité mentale ?

Alors qu'elle s'avança pour lui demander si ça allait (elle ne se sentait pas la force de le provoquer, l'avion l'avait épuisée), il reposa le flacon qu'il avait en main (il semblait se satisfaire d'avoir élevé la mousse à la limite du mur), il se retourna, vraisemblablement pour voir où elle était, et lui ressortit son sourire moqueur. Il ne la quitta pas du regard alors qu'il commençait doucement à détacher les boutons de sa chemise.

Okay. Finalement, ce n'est peut-être pas juste pour qu'elle se lave qu'il voulait la voir dans cette salle de bain. Elle s'interdit de baver ou de se mettre à hyperventiler. Ce qui était assez difficile. Malgré qu'elle le fréquente depuis plus d'un mois, elle était toujours au bord de l'apoplexie quand il faisait des choses de ce genre-là, malgré sa réticence à le côtoyer. Elle savait qu'elle devait être pathétique mais elle ne résistait pas. Les armes des vampires étaient tout simplement parfaites. Dès qu'il s'approchait à moins de vingt centimètres, c'était comme si elle était victime d'une lobotomie : elle ne pouvait plus réfléchir. Qu'il se colle à elle et elle était à lui. Physiquement.

Et après elle se morigénait toujours de ne pas avoir su résister.

Et plus tard, ça recommençait.

Quand il enleva totalement sa chemise et qu'il s'attaqua à son pantalon, elle détourna le regard et se plongea dans la contemplation de la rangée de shampoings et gels moussants qui s'étendaient sur l'armoire à sa droite. Il y avait même de la mousse à raser. Tiens, une autre chose qu'elle n'avait jamais remarqué : sa barbe ne poussait pas. Très intéressant constat. Elle se promit de le noter dans le carnet quand elle serait sortie d'ici.

Quand elle entendit un mouvement d'eau, elle attendit encore quelques secondes pour être sûre qu'il soit totalement immergé et se tourna vers le bain.

Il était juste devant elle, dégoulinant d'eau, l'air très fier de lui. Elle se figea, s'obligeant à garder les yeux fixés dans les siens. Elle ne s'habituait toujours pas à ce qu'il apparaisse nu devant elle autre part que sous une couverture. Elle sentit le rouge lui monter peu à peu aux joues alors qu'il la regardait d'un air de plus en plus suggestif. Dans ces moments-là, il n'était plus dangereux, mais étrangement joueur. Il leva tout-à-coup son sourcil droit, comme si l'impatience commençait à le gagner.

-« Bon, tu vas te décider à venir ? »

Elle réussit à baragouiner un « Je te rejoins, vas-y déjà » (ce qui était stupide puisque le bain se trouvait à deux mètres derrière lui).

Et, évidemment, lorsqu'il hocha la tête, se retourna, se dirigea vers le bain et sauta souplement dans l'eau –sans pour autant répandre de l'eau partout- elle ne put s'empêcher de suivre ses fesses –parfaites- du regard. Il se retourna, fier de son petit effet quand il vit ses joues rouges pivoines et ses pupilles dilatées, et réussit l'exploit de sourire du côté gauche (en faisant apparaitre une seule de ses fossettes) tout en s'appuyant d'un air nonchalant à la paroi de la baignoire le plus proche d'elle sans pour autant avoir l'air débile. Là, elle aurait craqué et aurait enlevé illico presto la totalité de ses habits si la gêne et la fierté ne le disputaient avec le désir. Elle détourna le regard, et s'empara d'un peignoir, prête à sortir pour se changer.

-« Liadan, si dans dix secondes ton joli petit cul n'est pas dans ce bain, je t'assure que je serai ravi de l'y mettre. »

Oh. Oh, danger. Non seulement tout était dit avec une voix devenue rauque, mais en plus, il employait langage pas du tout nantizonéen (toute une mode). Elle lui jeta un regard qui se voulait choqué, mais lorsqu'elle vit l'air inflexible qu'il affichait, elle sut que quoiqu'elle fasse elle avait déjà perdu la bataille. Et elle ne voulait pas se retrouver toute habillée dans le bain, alors elle capitula.

-« J'arrive, sale vampire, laisse moi deux secondes. Et retourne-toi ! »

Il sembla près à discuter, mais ça, elle ne laisserait pas passer. Il haussa les épaules, se retourna et contempla le mur du fond qui était recouvert d'arabesques dans toute la partie proche du plafond.

Elle se dépêcha d'ôter son pull et son t-shirt, puis ses chaussettes et son jeans, s'assura qu'il lui tournait toujours le dos, souffla d'un air boudeur et retira prestement ses sous-vêtements pour se diriger rapidement vers le bain. Elle enjamba la paroi d'un mouvement tout sauf gracieux, et s'immergea jusqu'au cou dans l'eau chaude, le nez à dix centimètres de l'épaule du vampire.

Il se retourna doucement vers elle, entourant son visage de ses mains et souffla :

-« Tu sais, c'est encore pire quand je ne vois rien mais que j'entends que tu enlèves tes vêtements. Ça laisse toute la place à l'imagination.»

Elle ouvrit la bouche, effarée, et il en profita pour l'embrasser, un rire moqueur s'échappant d'entre ses lèvres.

Elle se demanda un instant si les Cullen pouvaient les entendre, et elle espéra que non.

Ce fut sa dernière pensée cohérente.


Alors qu'ils se dirigeaient vers le hall (elle se sentait légère et euphorique, et le vampire n'avait encore rien fait pour l'extraire de sa bulle), une blonde sculpturale apparut au détour d'un couloir. Le genre de fille qu'on se met à détester de tout son être. Besoin viscéral. Parce qu'elle représente le mieux le terme « Sublime », et fait ressentir à toutes les femmes qui la croisent l'envie de changer de tête. Liadan n'y échappa pas. Pour compléter le fait qu'elle soit parfaite jusqu'au bout des ongles, elle avait un air hautain, qui au lieu de la rendre snob la magnifiait en contribuant à la rendre encore plus inaccessible.

Quelle garce.

Mais deux secondes plus tard, son visage se fendit en un sourire accueillant même s'il paraissait quelque peu superficiel.

Elle ouvrit la bouche, et sa voix mélodieuse résonna dans l'air. Le fait qu'elle soit face à une véritable déesse (« et le pire c'est que j'exagère pas ») fut relégué soudain au dernier plan dans l'esprit de Liadan.

-«Liadan and Nantizo, isn't it? »

Oh, non, non, non, pas l'anglaiiiis. Les présentations elle pouvait gérer mais la suite risquait de lui paraitre aussi clair que du papou à un pingouin.

-« I'm Rosalie and… »

Elle s'interrompit en voyant Liadan qui la suppliait du regard. Elle leva un de ses sourcils, parfaitement épilé. Nantizo se retourna également vers elle, ne comprenant pas non plus pourquoi elle intervenait. Elle lui jeta un coup d'œil distrait puis se lança.

-« Hum. In…in French, please? »

Elle se sentit mourir de honte. Nantizo affichait un sourire narquois et Rosalie n'eut pour toute réaction qu'un hochement de tête, comme si cela lui arrivait souvent, et reprit, dans un français irréprochable quoiqu'un peu guindé –elle s'en doutait, mais elle ne put s'empêcher d'être jalouse. Ces vampires ne savaient-ils rien faire d'autres que d'être parfait ? Ça en devenait lassant !

-« Je m'introduisais. Mon nom est Rosalie. »

Ses deux interlocuteurs hochèrent la tête. Elle fut tentée de sortir un « bonjour Rosaliiiie » mais elle n'osa pas.

-« J'allais m'enquérir si vos appartements vous convenaient ? »

Elle les considérait d'un air poli et réussit presque à faire comme si cela l'intéressait vraiment.

Que devait-elle répondre à ça ? « euh, enquéris-toi, enquéris-toi, très chère hôte… » Liadan n'arrivait pas à savoir si son français était mauvais ou non. C'était juste des mots qu'elle n'utilisait pas vraiment. Elle préféra passer outre et répondit que oui et qu'ils les remerciaient de leur hospitalité. Nantizo ajouta que le bain était parfait. Elle le fusilla du regard, mais il ne dit rien d'autre.

La vampire murmura un « Bien » puis elle les considéra l'un après l'autre, rapidement. Ses yeux s'arrêtèrent sur le ventre de Liadan et la scène sembla se figer pendant quelques secondes où aucun d'eux ne bougea. Puis Rosalie leur fit un signe de tête et disparut au coin d'un couloir, avant qu'ils n'aient pu rajouter quelque chose.

Liadan sentit un frisson la parcourir tandis qu'elle suivait Nantizo à travers le dédale des couloirs, toute sensation de bien-être l'ayant quitté. Cette Rosalie n'allait visiblement pas faire ami-ami avec les petits nouveaux, mais l'hybride qui grandissait en elle semblait l'intéresser.

Gé-nial.

Elle sentait qu'elle allait adorer vivre ici.


Quand ils se retrouvèrent devant la porte du salon (ils avaient pris une des portes dans le hall puis ils avaient emprunté deux couloirs, Liadan était fière de dire qu'elle pourrait retrouver seule le chemin jusqu'à leur appartement), les derniers Cullen manquant étaient présents.

Juste avant de rentrer dans le salon, Nantizo l'agrippa par le bras et lui lança un regard d'avertissement. Elle fit signe qu'elle avait compris. Motus et bouche cousue sur le fait qu'elle soit une pauvre petite humaine soumise au désir d'un fou. Elle était ravie d'être là, et surtout, ravie que Nantizo -l'amour de sa vie- soit là. Bien sûr. Heureusement qu'il lui avait répété les conseils –ordres- d'Aro avant d'arriver. Les Cullen n'étaient pas au courant des projets et expériences d'Aro. Ils devaient juste penser que Nantizo suivait les traces d'Edward, c'est-à-dire qu'ils étaient fous l'un de l'autre. Quelle bonne blague.

Carlisle se tourna vers eux et leur fit signe de s'approcher.

-Ah, vous voilà. Rosalie m'a dit qu'elle vous avait croisé dans les couloirs (celle-ci était présentement en train de parler à Emmett et les ignora royalement). Je vous présente Nessie, Bella et Edward.

Ainsi voilà le fameux couple dont tout Volterra parlait.

Elle concentra son attention sur Bella. La seule humaine capable de résister aux pouvoirs vampiriques.

Liadan se demanda un bref instant à quoi elle ressemblait quand elle était une humaine. Parce qu'en vampire, elle était magnifique -bon, en même temps, elle ne s'attendait pas à autre chose. Sa beauté n'égalait pas celle de Rosalie, mais elle semblait beaucoup plus accessible. Le genre de fille que vous n'arrivez pas à détester. Liadan haussa mentalement les épaules. Rosalie faisait déjà l'objet de toute son attention de ce côté là.

Toute la famille Cullen semblait être rassemblée autour d'elle et de l'enfant qu'elle tenait dans ses bras. Elle abaissa son regard sur celui-ci.

Ainsi c'était cela un hybride.

Si elle avait vu la fillette avant d'aller à Volterra, nul doute qu'elle serait tombée sous le charme de sa bouille aux grands yeux noisette et de sa chevelure bronze qui bouclait jusqu'à ses épaules. Des boucles parfaitement dessinées, contrairement à Liadan donc les cheveux avaient décidé de ressembler, de loin, à la crinière d'un lion.

Mais elle avait une telle haine en elle contre les hybrides, qu'elle lui jeta un regard plein d'animosité.

C'était à cause d'elle qu'elle se trouvait dans cet état.

Si Aro n'avait pas rencontré cette gamine, il n'aurait jamais mis au point ses plans machiavéliques, et elle, elle serait rentrée d'Italie depuis des lustres et elle aurait repris ses cours. Mais au lieu de cela, elle se retrouvait aux Etats-Unis, entouré de créatures fantastiques –et flippantes- et entichée de l'un d'eux (en grande partie contre son gré), enceinte d'un petit hybride qui la tuerait de l'intérieur. Et elle ne savait même pas quand.

Edward –fallait-il remarquer qu'il n'était pas moins beau que tous les autres vampires qu'elle avait rencontrés jusqu'ici ? - apparut soudain dans son champ de vision.

-« Il y a un problème ? »

Son ton était légèrement agressif.

Avant qu'elle n'ait dit un mot Nantizo se mit devant elle. Enfin, se jeta devant elle était le mot juste. Si Edward dégageait une aura presque palpable de danger mais dans laquelle on sentait un certain contrôle, celle de Nantizo semblait beaucoup plus sauvage.

-« Même s'il y en avait un, ne la menace pas comme ça ! C'est une humaine, qu'est-ce que tu veux qu'elle lui fasse ? »

Oulah. Mais qu'est-ce qu'il lui faisait ? Elle ne regardait plus Edward-elle l'avait momentanément oublié-et jeta un coup d'œil ahuri à Nantizo qui jaugeait le vampire face à lui.

Carlisle s'avança et entreprit de calmer le jeu.

-« Allons Edward, calme-toi. Nantizo a raison, et je suis sûr que de toute façon Liadan n'avait pas l'intention d'attaquer Nessie. N'est-ce pas ? »

Elle posa sa main sur le bras de Nantizo qui se décala, surveillant toujours Edward, qui se réinstallait à côté de Bella, le regard baissé mais visiblement il se forçait. Quand Bella posa une main réconfortante sur son épaule il se tourna vers elle et un sourire apparu sur ses lèvres.

-« Non. »

Elle n'était pas folle. Elle n'aurait pas fait un pas que tous les Cullen se seraient jetés sur elle.

Carlisle lui sourit puis les invita à s'asseoir.

Que la fête commence.


Et voilà, Liadan commence à être dans le bain =)

J'essaie de respecter un maximum le caractère de chaque Cullen. Et de continuer à rendre le comportement de Liadan crédible ! (Nantizo lui donne du mal, la pauvre ;) )

A bientôt !