Merci pour vos reviews et votre enthousiasme qui fait chaud au coeur ! Mention spéciale à Emicrazy, qui nous rejoint dans cette histoire ! J'espère que tu ne m'en veux pas trop de couper à des moments clés, c'est tout l'art de rédiger un chapitre, en espérant donner au lecteur l'envie de lire la suite… (et c'est un peu sadique, je reconnais).
A propos de suite, j'espère que celle-ci sera à la hauteur de vos attentes…
- Bonjour, colonel.
- Heu… Bonjooour, mon général. Quelle surprise…
Le visage de Sheppard avait perdu de sa couleur, et celui de tous les hommes qui venaient d'apercevoir O'Neill aussi. Hoacks ignorait totalement son identité, mais il se doutait que l'irruption d'un nouvel arrivant, que John appelait « général » qui plus est, ne pouvait qu'annoncer une catastrophe. Le compte à rebours était lancé.
Le silence de plomb dura un petit moment, et Jack fronça les sourcils, signifiant qu'il l'avait remarqué. Cette attitude réveilla les hommes, qui se remirent à transporter les vivres en ayant l'air détaché. Mais sitôt quittée la salle de la Porte, Sheppard savait qu'ils allaient filer colporter la nouvelle aux quatre coins de la Cité. Si ça pouvait faire se terrer les femmes, ce n'était pas plus mal.
- Je me doute que vous êtes surpris… En fait, j'avais quelques jours de libres, alors je me suis dit : pourquoi ne pas aller en profiter pour aller sur Atlantis ? Je voulais pêcher, et… il doit y avoir pas mal de poissons dans cet océan, non ?
O'Neill restait le doigt pointé vers les fenêtres, tandis que les deux hommes face à lui le regardaient sans trop savoir comment ils devaient réagir. Le général devant leur tête à faire peur expliqua plus sérieusement :
- Landry m'a dit qu'il avait des trucs à vous envoyer, donc j'ai profité du voyage. Et je repartirai au moment du prochain contact, dans trois jours.
- Super…
Sheppard se força à sourire, se tournant désespérément vers Hoacks pour qu'il affiche le même air que lui. Le psychiatre ne devait pas avoir l'habitude de jouer la comédie, puisqu'en ce moment même il avait plutôt l'air… constipé.
- Hoacks, voici le général O'Neill, général, voici le docteur Hoacks, notre nouveau psychiatre.
- Enchanté… Dites, je m'attendais à ce qu'il fasse plus froid, par ici.
En disant cela, O'Neill avait ouvert sa veste, laissant apparaître un pull à col roulé, et s'était tourné vers les fenêtres, qui laissaient passer la belle lumière estivale du soleil.
- Aaah, mais c'est parce que… l'hiver est en train de se finir. Et McKay a beaucoup, beaucoup monté le chauffage.
Heureusement que Sam avait mis John au courant de son mensonge… n'empêche qu'il se demanderait toute sa vie pourquoi elle n'avait pas simplement prétendu qu'ils avaient simplement besoin de fournitures pour un peuple réfugié…
- Carter est dans le coin ? finit par demander O'Neill, à qui la situation et surtout le statisme des deux hommes semblait de plus en plus étranges.
Henry sembla se réveiller d'un coup en entendant cette phrase, et les yeux toujours écarquillés, il se tourna brusquement vers John :
- Colonel, est-ce que vous avez besoin de moi ?
C'était à la fois une demande qui espérait un « non », et un geste de solidarité qui accepterait le « oui ».
- C'est bon, Hoacks… Vous pouvez y aller.
- Bien, je… retourne à mes patients.
L'Anglais s'éclipsa dans un sourire forcé, et à une cadence un peu suspecte.
- Alors ? Sheppard ?
- Je… Elle est sur une autre planète, elle a un traité à conclure… Ca va peut-être durer longtemps, je ne sais même pas si elle sera rentrée dans trois jours. Il y a des fêtes lors de conclusion d'alliance, dans Pégase, qui durent parfois une semaine !
- Oh…
O'Neill cachait trop bien ses émotions pour que Sheppard puisse deviner ce qui se cachait derrière ce « oh ». Un « je suis venu pour rien alors… ça vous dérange si je repars maintenant ? » ? Un « pardon d'être venu à l'improviste, je rentre tout de suite alors, la prochaine fois je préviens, promis » ? Ou un « faudrait que je l'attende, si je comprends bien. Bon ben dans ce cas, je repasserai » ?
- Vous auriez des quartiers libres pour que je puisse poser mes affaires, colonel ?
Hé bien non. Ce « oh » était un « c'est pas grave, je ferai avec ».
- Si vous voulez me suivre, mon général…
Avant de partir, O'Neill l'arrêta et il tressaillit. Le général se pencha vers lui pour lui demander, sur le ton de la confidence :
- Dites, la fille là-haut… C'est celle que vous avez découverte et qu'il ne faut pas approcher ?
- Ah, Leia ? Oui.
Jack jeta un nouveau coup d'œil vers la jeune femme, dont la beauté était évidente.
- … Daniel va encore plus regretter de ne pas pouvoir lui parler.
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- Ca ne va pas mieux ?
- Ca revient…
Sam avait répondu dans un souffle. Etendue sur un lit d'infirmerie, pâle et la respiration courte, elle souffrait toujours, les muscles tendus.
- Je fais l'échographie…
Keller tacha de ne pas montrer qu'elle était dépassée et inquiète et rapprocha l'appareil de sa patiente. C'est à ce moment que Sam s'écria :
- Jennifer !
La douleur l'avait transpercée, et elle avait basculé d'un côté du lit, les genoux repliés, les mains crispées sur son ventre. Le médecin lâcha tout pour s'approcher d'elle, et son cœur fit un bond en apercevant les draps et surtout le pantalon de sa patiente. Rouges sombres, de sang mêlé à cette substance noire.
- Oh mon Dieu !
- Calmez-vous, Sam… Calmez-vous… QU'ON M'APPELLE LE DOCTEUR BIRO ! ET HOACKS !
Il valait mieux qu'un homme soit là, au cas où un certain évènement se reproduise. La voix de Jennifer avait tremblé, les larmes de Sam coulaient. Sur l'écran de l'échographe apparurent des lignes d'écriture Furling.
- Et dites à Leia de venir aussi…
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Fort heureusement, ils n'avaient croisé aucune femme dans les couloirs – John se doutait que Hoacks, Ronon, et plusieurs autres les avaient précédés en ordonnant à toutes celles qui passaient de se planquer le plus vite possible. Les quelques hommes qui se baladaient faisaient semblant de rien, saluant gentiment le général. Enfin, sauf Rodney, au courant de rien, qui avait buggué au détour d'un couloir. Et malheureusement pour lui, il tenait à ce moment-là le précieux E2PZ de P4G669 dans les mains.
- Oh ! Le général O'Neill.
Il avait jeté un regard affolé à John, l'air de lui dire « vous avez vu ! Mon Dieu c'est O'Neill ! » Et John d'un simple coup d'œil lui avait répondu « je sais qu'il est là, idiot, vu que je l'accompagne à ses quartiers » - cet échange muet d'informations/sarcasme étant l'un des plus aboutis qu'ils n'aient jamais partagés.
- McKay…
- Mais c'est O'Neill.
- Oui, c'est le général O'Neill, Rodney.
- Le général O'Neill…
- …
- O'Neill…
- Dites, vous n'avez pas quelque chose à faire, là ?
- Ben oui : qu'est-ce que vous faites là ?
- Je vous parlais à vous, Rodney !
- Hein ? Heu, oui. Oui oui, jee… oui.
McKay s'éloigna en gardant les yeux grands ouverts, paniqué.
- C'est bien un E2PZ, qu'il avait dans les mains ?
- Heu… Oui mon général.
- … Pourquoi ?
- Heu… Pour le chauffage…
- … Il retire et remet des E2PZ « pour le chauffage » ?
- Vous connaissez McKay, haha… Brm…On est arrivés.
John ouvrit la porte des quartiers des invités, en se disant que bientôt il allait pouvoir se laisser craquer, hurler un bon coup, avant de filer consulter Sam à l'infirmerie. Et comme elle était sous morphine, ça allait promettre.
Mais Jack n'avait pas l'air d'avoir l'intention de rentrer.
- Sheppard… Il se passe quelque chose de bizarre, ici. Non ?
- Heu… Pardon ?
O'Neill le scrutait, il en avait la chair de poule. Il expira quand le général fit un pas dans la pièce, mais dut vite se reprendre car il s'était retourné, l'air méfiant.
- Mon général ?
- Vous ne seriez pas en train de préparer une sorte de… bêtise, colonel ?
Les trois litres de sueur que John avait du exsuder depuis sa rencontre avec O'Neill furent complétés d'un coup par au moins cinquante centilitres supplémentaires.
- Une bêtise ?
- Quand le chat n'est pas là les souris dansent…
- … Pardon ?
John cette fois fut totalement surpris, et en leva les deux sourcils, le cœur bondissant dans sa poitrine.
- Je parle des litres de vodka et des cigares cubains que vous nous avez demandé de vous livrer. Vous avez prévu quelque chose en l'absence de Carter.
John ne put s'empêcher de rire, à la fois devant l'incongru de la situation, et parce qu'il était complètement soulagé : O'Neill était parti sur une fausse piste. Les cigares et la vodka, c'étaient des demandes du Furling, que les femmes allaient devoir consommer pour le bien de leur gestation. Ils avaient fait passer ces demandes sur la liste comme des « produits d'échanges avec les peuples pégasiens ».
- Non mon général, rassurez-vous. Enfin je veux dire… oui, c'est vrai que j'ai autorisé à ce que ce soit un peu plus « cool » pendant l'absence de Carter. Mais on ne se livrera pas à la débauche. Aucune fête de prévue, promis. Juste… demain tout le monde a quartier libre. Sauf les gardes.
Le général venait de l'aider à trouver une explication à l'allure bizarre de tous les Atlantes : ils avaient simplement peur qu'un nouveau gradé leur sucre leur moment tranquille.
O'Neill hocha la tête, sans que John puisse savoir s'il l'avait convaincu, puis déclara qu'il allait s'installer. Le colonel l'encouragea vivement à le contacter dès qu'il voudrait sortir de sa chambre. Histoire qu'il n'aille pas vadrouiller tout seul.
Une fois la porte refermée, John se rua à l'infirmerie.
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- On a un problèèèème !
- Quoi ?
John venait de faire irruption dans l'infirmerie, où Teyla semblait patienter, assise sur une chaise. Elle était complètement déroutée par l'attitude de son ami, et le regardait, comme s'il venait d'une autre planète… ce qui était en fait le cas.
- Un problème d'ordre « général »…
- Oui j'ai appris, fit l'Athosienne en baissant les yeux.
- C'est la catastrophe ! Le meilleur truc qui puisse nous arriver, c'est que les Wraiths attaquent !
La jeune femme soupira juste mais ne fit aucun commentaire. Elle resta la tête basse, une main doucement posée sur son ventre. Comme les secondes passaient et qu'il se calmait, Sheppard arrêta de faire les cent pas et se rappela pourquoi il était venu ici. Il se rendit compte aussi du silence ambiant, et du vide de l'infirmerie. En dehors de Teyla et de lui-même, il n'y avait que deux infirmiers, qui rangeaient le matériel médical qui venait d'être livré. Son affolement glissa vers un autre objet :
- Où est Sam ? Et Keller ?
Le regard de Teyla suffit à lui faire comprendre que la situation était pire qu'il ne le pensait. Ils basculaient dans le drame.
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O'Neill reposa à nouveau le petit colis sur sa table de chevet. Il resta un moment à le regarder, joua un peu avec le ruban, puis finit par le reprendre avec un « mm » peu convaincu. C'était pour Sam. Mais est-ce que ça lui plairait ? Est-ce qu'elle le prendrait bien ?
- Toutes les femmes aiment le chocolat, enfin !
Après s'être persuadé que ce n'était pas ridicule comme petite attention, et qu'elle ne risquait pas non plus de le prendre comme un présent – ça ? un cadeau ? Mais non, c'était juste parce qu'il savait qu'Atlantis manquait de sucreries, et que c'était bon pour le moral – il reposa le ballotin et se leva pour se diriger vers la fenêtre. Ses affaires étaient simplement posées sur une chaise : il ne restait que deux nuits, il n'allait pas investir les lieux. Mais profiter de la vue, si. Il décida d'aller faire un tour pour sonder un peu Sheppard, histoire que son week-end ne soit pas complètement stérile.
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- Il sort de ses quartiers !
Chuck quitta des yeux l'écran qui affichait les signes de vie dans la Cité. Inutile de dire que Sheppard lui avait ordonné de ne pas en quitter un des yeux.
- J'y vais.
Ronon décroisa les bras pour se diriger vers le transporteur le plus proche d'un air décidé.
- Il va vers la tour centrale ! Vers ici…
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O'Neill commençait à bien connaître la Cité maintenant. Il avait passé un petit moment avec des Anciens ici, il y avait moins d'un an, et la seule chose qui avait changé par rapport à cette période, c'étaient les habitants : ceux-ci avaient des uniformes gris, et étaient nettement plus rigolos. Et soit ils lui jetaient un sourire crispé en le saluant rapidement quand il passait, soit ils écarquillaient grands les yeux en ouvrant la bouche, et courraient en sens inverse. Il n'y en avait que quelques-uns qui avaient eu cette attitude, mais elle l'avait interpellé. Voilà pourquoi il déambulait d'un pas décidé vers le bureau de Carter, sourcils froncés. Il allait finir par en attraper un pour lui demander ce qu'il se tramait ici, quand il réagit soudain.
S'il avait pensé en attraper « un », c'était simplement parce qu'il n'avait croisé aucune femme jusqu'ici. Et il en prit conscience en apercevant justement un groupe de Terriennes, qui discutaient gaiement sur un balcon, derrière une baie vitrée. Le hasard aurait pu expliquer que sur sa route il ne rencontre que des mâles plus ou moins sains d'esprit. Par contre, c'était autre chose qui devait expliquer le fait que la dizaine de demoiselles soit en tee-shirt ou veste légère dehors, alors qu'il était censé faire froid. Et qu'elles soient en civil. Avec des vêtements amples. Parce qu'elles étaient enrobées. Et qu'elles fumaient le cigare. En rigolant.
- W… Wow.
Ce fut à cet instant que Ronon se montra, au fond du couloir. Ils échangèrent un regard et en croisant celui du Runner, l'officier fut persuadé qu'on lui cachait quelque chose. Le général fut plus rapide : il se précipita vers le balcon avant que le Satédien ne l'atteigne. Il se retrouva dans la fumée, au milieu de demoiselles, sous un climat en fait très doux.
- …
Son irruption avait fait cesser les conversations. A leur air ébahi, il devina qu'elles ne s'étaient pas rendu compte qu'il était derrière la vitre. Et lui, une fois plus près, il constata que leurs rondeurs lui faisaient penser à...
Vlouch !
Ca, c'était Ronon qui venait d'entrer à son tour. Il avait le regard mauvais. O'Neill aussi.
- QU'EST-CE QUI SE PASSE ICI ?!
La suite fut très rapide. Une femme fondit en larmes, une autre se mit à se lamenter en anglo-russe, une troisième à pester en espagnol, et une quatrième à enguirlander une cinquième qui pleura à son tour.
Et Ronon se dit qu'il allait falloir donner des explications.
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- « Sheppard ? »
- Ronon ?
- « Y'a eu, heu… O'Neill est au courant. »
John entendit derrière la voix du Satédien celle de son supérieur qui s'écriait. Il imagina un instant son coéquipier en train de tenir l'ex-leader de SG-1 éloigné de son oreillette, en tendant simplement le bras. Mais cette image ne le fit même pas sourire.
- Comment ?
- « Ben, vous savez, elles n'agissent pas toujours très rationnellement… On leur avait demandé de se planquer, mais certaines sont un peu plus inconscientes qu'avant. Elles n'ont pas obéi. Elles se sont planquées derrière une grande fenêtre. Transparente. »
- Et vous avez tout expliqué à O'Neill ?
- « … Je lui ai expliqué que vous alliez lui expliquer. »
Soupir. Dans certaines situations, cette grosse brute avait autant de courage qu'une moule devant un tsunami.
- Amenez-le à l'infirmerie.
J'aurai pu arrêter là. Mais je ne peux pas poster d'autre chapitre avant la fin de la semaine prochaine, alors je fais durer un peu celui-ci
- C'est ça votre « non-débauche » ?! Dix femmes qui fument le cigare en civil ?!
Jack escorté de Ronon venait d'atteindre Sheppard, qui les attendait dans le hall juste devant le centre médical. Le lieutenant-colonel ne dit rien, se contentant d'écouter O'Neill disserter :
- On trouvait que c'était louche, avec Landry, le coup du cigare. Mais je me disais « après tout, pourquoi pas ». Mais maintenant je découvre que tout le personnel a un comportement étrange, et en plus tous semblent en être parfaitement conscients ! Et les plus atteintes dans tout cela, ce sont les femmes, que vous essayez de me cacher ! Et pire encore : vous nous avez menti pour cette histoire d'hiver dans le but d'accumuler des stocks de nourriture et médicaments ! Alors Sheppard, je redemande : QU'EST-CE QUI SE PASSE ICI ?!
John échangea un regard avec Ronon, à la fois ennuyé et sombre.
- Et où est Carter ?
- Nous avons 81 femmes enceintes dans la Cité.
Il avait interrompu son supérieur. Supérieur qui resta un moment bouche bée, interdit.
- … Pardon ?
- Il y a 81 femmes enceintes dans la Cité… mon général.
O'Neill le considéra pendant un petit moment, avant de s'écrier à nouveau :
- Et c'est ça votre « non-débauche » ?!
- Elles sont enceintes du Furling.
Jack se redressa lentement. Il était en train de se dire que Sheppard pétait les plombs aussi. Ou alors c'était lui. Mais l'air réellement anéanti du lieutenant-colonel l'incita à agir posément, et il se radoucit.
- OK… Racontez-moi ça, Sheppard.
vVv
Les trois hommes s'étaient assis sur les canapés qui faisaient face à l'infirmerie. Ils n'étaient pas entrés. Penché en avant, Sheppard terminait son récit, et O'Neill l'écoutait silencieusement. Il était stupéfait par tout ce que lui racontait le lieutenant-colonel, mais il l'avait laissé parler. Depuis qu'il avait commencé cette pénible histoire, le jour était tombé et la Cité au-dehors s'était illuminée. L'atmosphère était calme, mais lourde des épreuves que traversaient les Atlantes.
- … et depuis nous faisons des allers-retours réguliers vers cette planète. Elles sont revenues ce midi, et cette fois le « traitement » qu'elles devaient prendre pour aider à la gestation, c'était de fumer un cigare cubain, prendre quatre bouffées de Ventoline et manger un ananas. Ce qui explique que vous les ayez trouvées avec ça dans les mains.
O'Neill hocha la tête et le silence dura un peu. Il était difficile de savoir ce qu'il pensait : il était attentif et impassible. Mais quelque chose disait à Sheppard qu'il n'allait pas être méchant.
- Je ne suis pas sûr que Landry l'aurait mal pris, colonel. Il vous aurait sans doute aidé.
- Mais il nous aurait fait évacuer la Cité ! Et… le Furling nous contrôle, mon général. Juste un peu, pour ne pas que l'on attente à la vie de ses chérubins. Ce qui explique qu'on n'ait rien dit.
- Il doit me contrôler comme ça aussi, parce que je peux vous dire que je prends la nouvelle avec une tranquillité qui m'étonne. En temps normal, je vous aurais plutôt fait dégrader, muter dans l'Alaska, après vous avoir traité d'inconscient incapable.
John déglutit, et Jack continua, pensif :
- Mais si même Carter a pensé qu'agir comme vous l'avez fait était la bonne solution… Et qu'en plus le Furling nous contrôle…
- Donc… vous allez garder le secret ?
John n'avait pu cacher la pointe d'espoir dans sa voix. O'Neill haussa les épaules.
- Je ne peux pas vous l'assurer…
Sheppard soupira en baissant la tête.
- Elles accouchent dans combien de temps ?
- Dans quinze jours. Elles en sont à la moitié de la gestation.
Il se garda de lui dire qu'elles allaient toutes être délivrées en même temps. Le fait qu'il n'ait pas répondu positivement à sa demande de garder le secret l'avait mis en garde : s'il n'était pas hostile, il n'était pas non plus sûr qu'il soit de leur côté.
- Le Dédale arrive dans quinze jours, non ?
- Oui…
- Tant mieux : ils pourront vous aider avec les accouchements. Ca leur fera une petite surprise quand ils arriveront…
John préféra éviter de préciser qu'ils avaient bien l'intention que tout soit terminé avant que le vaisseau n'arrive. Histoire de ne pas finir en cour martiale, ou que les Furlings soient déplacés en zone 51.
O'Neill se recula dans le canapé en soupirant.
- Et Carter ? Vous l'avez cachée aussi ?
Le commandant de SGA-1 se mordit les lèvres. Heureusement pour lui, Keller se montra à ce moment-là, sortant de l'infirmerie. Elle devait les écouter depuis un petit moment.
- Sam a été hospitalisée aujourd'hui, en revenant de P4G669.
- Comment ?!
- Voici le docteur Keller, notre nouveau médecin-chef.
- Qu'est-ce qui est arrivé à Carter ?
Le général n'avait même pas pris la peine de la saluer, ou de faire une petite réflexion sur son ventre rebondit à elle aussi. Le médecin eut une moue triste, et vint s'assoir près d'eux. Sheppard savait déjà ce qu'elle allait lui annoncer. Ronon le découvrait.
- Le colonel Carter supportait moins bien que les autres d'être éloignée longtemps de la Cité…
- « Supportait », l'interrompit O'Neill. Elle va bien ?
- … Elle est en bonne santé et tirée d'affaire, oui.
Jack savait trop bien ce que ce genre de phrase voulait dire. Décidément, il avait beaucoup à encaisser depuis une heure. D'un signe de tête, il l'encouragea à s'expliquer.
- Son corps a subi beaucoup de choses en dix ans passés dans SG-1. Le Furling a essayé, mais il n'a pas réussi à faire avec : le naqquada dans son sang réagit contre les fœtus, puisqu'il s'agit d'éléments étrangers, et il réagit d'autant plus fortement que leur taille augmente, ce qui explique que les problèmes de Sam soient récents… A chaque retour dans la Cité, le Furling parvenait à suspendre l'action du naqquada, et à la maintenir bloquée jusqu'à la fin du séjour suivant : Sam allait donc parfaitement bien. Mais depuis quelques semaines, les fœtus ont atteint une taille trop conséquente pour que le naqquada reste inactif jusqu'à ce que l'on retourne sur Atlantis, et Sam… souffrait énormément en fin de séjour. Et comme seul le Furling parvenait à endormir le naqquada, elle n'allait mieux qu'une fois posé un pied sur la Cité.
O'Neill était tout ouïe, le visage grave.
- Vous avez trouvé une solution ?
Jennifer soupira :
- Le Furling ne peut pas jouer sur son organisme comme avec les autres femmes. Il y a trop d'éléments parasites, en plus du naqquada… Elle vient de perdre les fœtus qu'elle portait. On l'a opérée : les fœtus commençaient à se dégrader d'eux-mêmes, le Furling nous a conseillé de les lui retirer pour ne pas risquer sa vie.
- Oh… » Il hésita avant de prononcer, hésitant : « C'est plutôt… une bonne nouvelle, non ?
Pour lui, c'était un plus qu'elle soit débarrassée de ces extra-terrestres et qu'elle aille bien. Mais ils avaient tous l'air peiné. Il ne devait pas y avoir que cela. Et il avait raison :
- Est-ce que je peux vous parler en privé, général ?
Je sais, c'est nul de couper ici. Mais c'est fait. (Emicrazy va encore me taper sur les doigts !).
Je sais, Jack n'a toujours pas vu Sam et il lui a fallu 6 pages pour apprendre l'histoire, c'est du Clio, donc ça prend son temps…
Bravo à mes lectrices qui avaient deviné que c'était le naqquada (ou naquada, je ne sais pas trop) qui entravait la grossesse de Sam. A l'origine, je n'avais pas prévu de pousser si loin les explications d'ailleurs, j'étais partie sur un vague : naqquada + radiations + entité + plein d'autres choses = mauvais pour Sam. Finalement vous m'avez aidé à trouver une raison plus « scientifique », merci à vous !
