Beta Zazalo

PDV HERMIONE

Vu que nous sommes en fin de journée, on se dirige vers la grande salle pour manger. Avant cela, je pars aux toilettes pour me rafraîchir. Lorsque je reviens, j'entends la conversation qu'ils ont avec le directeur qui vient sûrement de les rejoindre. Je me cache pour écouter.

- Ce n'est pas une bonne idée. Ces créatures sont…

- Créatures ? Vous dites cela comme s'ils étaient des monstres, dit Esmé sur un ton de reproche.

- Ils ne sont pas contrôlables et surpuissants. Il n'y a quasiment aucun moyen de les tuer, dit le directeur de sa voix calme.

- Cela fait-il d'eux des monstres ? Ils ont toujours des sentiments ! S'offusque Rosalie.

- Je n'ai pas dit qu'ils perdaient leur… humanité, je dis juste que la puissance leur monte souvent à la tête, c'est pour cela qu'ils n'ont pas lieu d'être.

Je vois mon compagnon grimacer et c'est souvent mauvais.

- Mais, ces personnes existent, je l'ai lu, dit Alice.

- Et Hermione a trouvé un livre sur une loi disant qu'ils avaient le droit de l'être, explique Bella, fière d'elle.

Comment sait-elle cela ? Je ne l'ai montré à personne. Cela aurait été présomptueux de leur en parler et je pense aussi que c'est risqué. Pour moi et pour les autres. De plus, l'état émotionnel de la créature est très dur à supporter. Est-ce que je serai prête à endurer ça pour l'éternité ?

Jasper croise mon regard. A ce moment, je sais que oui, pour passer l'éternité avec lui, je suis prête à tout.

- Pardonnez-moi, directeur mais pourquoi dénigrez-vous les sorciers-vampires alors que je sens uniquement de la jalousie lorsque vous en parlez ? Demande Jasper fier de lui.

Je ne fais pas attention au regard étonné de Drago. C'est une légende chez les sorciers sang-pur.

- Il y a certaines qualités que je leur envie, je vous le concède.

- Pouvez-vous nous en dire plus sur eux ? Vous semblez en savoir beaucoup, dit Carlisle.

- Si ces êtres sont si puissants, pourquoi ne participent-ils pas à la guerre ? Demande Rosalie.

- D'abord, je n'en connais pas tant que ça, juste des « on dit » et ils sont peu nombreux parce qu'il faut des sorciers avec une magie et une force de caractère puissante. Ils sont peu nombreux. Selon certains, ils ne seraient pas plus de 10 sur terre. De plus ils sont enviés et beaucoup cherchent à les contrôler. Ils préfèrent avoir une vie tranquille mais ils font aussi ce qu'ils veulent et s'ils participent à la guerre, nul ne peut prévoir ce qu'ils feront. Comme je vous l'ai dit, ils sont incontrôlables et pourraient nous causer des grands dommages, nous faisant perdre la guerre.

Le directeur les incrimine, mais comme l'a fait remarquer Jasper, c'est pour cacher sa jalousie. Je vois ma nouvelle famille réfléchir.

- Alors, je ne sais pas ce que vous aviez prévu mais cela n'est pas une bonne idée, dit le vieux directeur.

La colère de Jasper m'atteint de plein fouet. Je décide de sortir de ma cachette pour les rejoindre comme si je n'avais rien entendu. Le vieil homme ne me regarde pas et fixe Jasper. Il hésite entre le combattre ou fuir. Je prends la main de mon compagnon, le calmant.

- Allons dîner, le repas doit être servi, dit le barbu.

Le directeur part devant. On attend de ne plus le voir pour reprendre notre discussion.

- Ils existent ? Demande le Serpentard, excité.

Ils tournent tous leur regard vers moi. Je me sens gênée. Le directeur n'a pas tout dit. Ils sont plus que des légendes. Il le sait, mais je ne pense pas qu'il en sache plus.

Dans la réserve, il y a un livre les concernant. C'est un ancien vampire-sorcier qui l'a écrit avant de se donner la mort. Il a des années, j'avais vu ce livre mais en l'ouvrant, je n'avais pu le lire n'y trouvant que des pages vierges. Lorsque cette année je l'ai ouvert, j'y ai lu tout ce que je voulais.

J'ai compris pourquoi le livre s'était « ouvert » à moi. Il l'a expliqué. C'est sa compagne qui l'a trouvé et transformé. Après cela, il a écrit un livre. Chacun d'eux en a écrit un pour les futures générations, comme un héritage. Il laisse la façon dont on bloque le livre. Avec son sang. Étant marqué par le major, le livre m'a reconnu et m'a montré que j'étais digne de devenir un vampire-sorcier.

Mais est-ce que je le veux ? Passer l'éternité avec Jasper est quelque chose de génial mais est-ce que je veux cette instabilité ? Ce combat permanent ? Il explique dans le livre, que ce n'est pas parce que j'arrive à le lire que tout est joué. Il dit juste que je suis en mesure de l'être. Il faut combattre pour l'être lors de la transformation et après il faut garder l'équilibre entre les deux créatures puissantes qui se retrouvent dans un seul corps.

De plus, si je ne suis pas assez forte, je peux devenir, soit l'un, soit l'autre et si je reste sorcière, il n'y aura pas d'autre possibilité de transformation. Je continuerai à vieillir en voyant mon Major rester aussi jeune et beau. Cela ne donne pas envie.

- Hermione que sais-tu ?

- J'ai faim, allons manger, dis-je d'une voix sourde.

Ils savent mais n'insistent pas. Jasper m'envoie son réconfort. Je ne dis pas un mot de la soirée.

Même lorsqu'on est dans notre appartement, il n'insiste pas. Je fais mes devoirs en silence essayant d'oublier cette conversation. Pourtant, au moment de me coucher, je ne résiste pas à ouvrir ce petit livre. Je le connais quasiment par cœur mais d'une certaine façon, il m'apaise. Jasper « lit » par-dessus mon épaule.

- Que lis-tu ? Je ne vois rien.

- Il y a des années, moi aussi je trouvais des pages blanches.

- Qu'est ce qui a changé ?

- Toi.

Je l'embrasse tendrement sur le coin des lèvres. Je peux presque voir les rouages de son cerveau tourner.

- Tu sais tout ce qu'il se passe si je te transforme.

J'acquiesce. Il me prend dans ses bras et serre assez fort. Je suis sûre d'avoir des bleus mais son contact m'apaise et me rassure.

- Est-ce mauvais, comme le directeur le dit ?

- Il y a beaucoup de points positifs mais tout n'est jamais beau. C'est une décision très importante à prendre.

Sans vraiment m'en rendre compte, je caresse une page du livre. Jasper le voit et fait pareil. Seulement lorsqu'il touche la page, de nouvelles écritures se montrent. Ce n'est pas la même, elle est plus féminine. Vu son expression, il peut lire.

- L'amour empêchera de leur faire perdre la tête, lit-il.

- Le chapitre traite de la difficulté d'être seul.

- Crois-tu qu'il y a d'autres messages ?

- Possible. Sa compagne a dû y mettre quelques-unes de ses impressions.

- Comment j'ai réussi à lire ?

- Tu as touché le livre, il t'a reconnu comme il l'a fait avec moi. Moi avec mon sang, toi avec ton venin.

- Tu sembles sûre de toi.

- C'est écrit, dis-je modeste. Il explique toute sa vie.

Même si je suis fatiguée, Jasper insiste pour que je lui en dise plus. Au début, je ne veux pas, cela me met mal à l'aise parce que même si on ne le dit pas clairement, on parle concrètement de notre avenir. Ça veut dire qu'il ne va pas m'abandonner après la guerre, ça veut dire qu'il voit notre relation en dehors de Poudlard, ça veut dire que dans ma tête je vois du concret entre nous, ça veut dire qu'il veut me transformer et ça me fait peur. C'est notre avenir. Avant, je ne savais pas si j'allais survivre à la guerre et voir après me fait peur.

Jasper me comprend et me rassure. Il me protégera durant la guerre me permettant de voir au-delà.

Nouvelle perspective. Après m'avoir rassurée, je commence ma lecture voulant lui lire le premier chapitre mais prise dans le livre, j'en lis la moitié et une bonne partie de la nuit passe.

En même temps, je réponds à ses questions ou alors il touche le livre pour voir ce qu'elle a laissé. Résultat, plus de questions et moins de sommeil pour moi. Je me sens mieux parce que Jasper est très impliqué et inquiète parce que je me pose plus de questions.

Je finis par m'endormir, d'un sommeil agité. Je rêve de moi dans le futur, en vampire incontrôlable, tuant des centaines de personnes, femmes, enfants, hommes. Jasper essayant de m'arrêter mais je lui arrache un bras parce qu'il se met sur mon chemin. J'envoie aussi des sorts surpuissants à toutes les personnes dont la tête ne me revient pas, je sens la haine et la colère m'envahir. Le résultat n'est pas beau à voir, il y a des effusions de sang dues à ma magie mais aussi à mes dents tranchantes. Je sens que j'aime ça. Je peux presque sentir le goût du sang sur ma langue. Mon rêve continue, mon chemin aussi pour tomber sur un jeune enfant d'environ 3 ans qui s'est blessé au genou. J'entends Jasper me hurler de ne plus respirer, que je peux combattre le monstre en moi, seulement, je n'en n'ai pas envie. Lorsqu'il se met entre moi et l'enfant, je jette un sort qui va le décapiter. Son regard est épouvanté. Lorsque le sort touche son cou, je me réveille en hurlant et en pleurant.

Une seconde plus tard, Jasper me prend dans ses bras et colle mon visage contre son torse mais je me recule avec force afin de vérifier que je ne lui ai pas fait de mal, qu'il est toujours entier en posant mes mains sur ses bras et sur son cou. Je suis à peine soulagée quand je ne remarque aucune blessure. Jasper essaye de me calmer mais je suis encore dans mon rêve.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demande Bella.

Je ne me préoccupe pas de savoir comment toute la famille se retrouve dans ma chambre.

- Elle a fait un cauchemar.

- Oh ma pauvre chérie.

Esmé vient me prendre dans ses bras mais je ne lâche pas la main de mon compagnon. Son câlin me fait du bien, j'ai l'impression de retrouver l'étreinte de ma mère. Je me mets à pleurer un peu plus en pensant à me parents. Je les entends discuter mais je n'y fais pas attention, trop concentrée sur mes propres tourments.

Après quelques minutes, je me calme et remercie intérieurement Esmé de ne pas me laisser. J'entends Jasper gronder sur Drago de ne pas toucher au livre. Je n'ai pas besoin de regarder pour savoir duquel il s'agit.

- C'est un livre de la réserve, dit le Serpentard.

- Quand est-ce que nous pourrons le lire ? Demande Alice. Ça nous concerne aussi.

- Nous le finissons et ensuite, il sera à vous.

- Ça parle des sorciers-vampires ? Demande Emmett.

- Oui, répond Jasper.

- Pourtant le directeur a dit qu'on ne savait que peu de choses sur eux, dit Carlisle.

- Lui peut-être, ricane mon compagnon.

Je me tourne un peu lorsque je vois le livre arriver dans les mains du « père ». Il fronce les sourcils en tournant les pages vierges.

- Mais…

- Le livre est ensorcelé, expliquais-je. Il repère les gens qui ont le droit de le lire.

Jasper prend le relais et explique que seul une personne digne de devenir un sorcier-vampire peut débloquer ce livre. Il rajoute, gêné que ce n'est pas parce que je peux le lire que tout est joué. Drago demande plus de détails mais Jasper lui dit qu'il comprendra mieux en lisant le livre.

- Qui l'a écrit ? Demande Carlisle.

- On ne sait pas. Il n'y a pas de nom, sûrement pour rester tranquille, dis-je.

- Il n'y a aucune information personnelle, on ne sait même pas s'ils sont en vie, rajoute ma moitié.

- Selon le directeur, ils sont… mauvais, grimace Rosalie.

Je ne pense pas que Rosalie veuille être méchante, alors je la défends avant que les autres ne l'attaquent.

- Il ne sait rien sur eux. De plus, ils ne doivent pas être si mauvais vu qu'on n'en entend pas parler. Puis on dit aussi que les vampires sont des êtres sans cœur qui sont incapables de se retenir…

Je les regarde tour à tour, ils sont tous gênés sauf Rosalie qui me remercie du regard. J'aime bien cette femme même si au début j'avais du mal à la cerner. Elle a une carapace pour se protéger des autres, un peu comme j'avais avant de découvrir le monde sorcier et en début de ma septième année.

- Dans le livre, ils disent que le compagnon, ou la compagne est l'équilibre du sorcier-vampire, expliquais-je.

- Dis-nous en plus, demande Esmé.

- Non, Alice et Drago ont le droit de s'informer avant tout et s'ils le veulent, ils vous en diront plus, comme nous, dis-je d'une petite voix.

- C'est comme tu veux ma chérie, me dit Esmé en m'embrassant sur le front.

- Hermione a raison. Pardonne-nous notre curiosité, s'excuse Carlisle.

Je lui souris, reconnaissante. Après cela, ils nous laissent tranquille. Je me rallonge, épuisée alors que la journée a, à peine commencé.

- Je suis désolé, me murmure Jasper.

- Pourquoi ? Demandais-je réellement curieuse.

- Je t'ai gardé éveillée une bonne partie de la nuit, oubliant que tu avais besoin de dormir.

Je lui souris et le tire par la chemise pour approcher son visage.

- Je connais un bon moyen de te faire pardonner…

Les émotions que je lui envoie montre clairement ce que je veux. Il apprécie que je fasse le premier pas vers lui. Ça ne m'arrive pas souvent mais lorsque je le fais, c'est explosif.

- A tes ordres, femme.

Ooo

A suivre !

Je ne sais pas pourquoi mais je sens vous m'en voulez pour la fin de ce chapitre...

Bisous bisous