Coucou !
Nous sommes de retour dans un nouveau chapitre fort en émotions, et surtout que j'ai pu publier en novembre ! Ce qui me fait deux chapitre dans un même moi, ça faisait longtemps que ça ne m'étais pas arrivé un tel miracle xD !
Donc, pourquoi fort en émotions ? Déjà parce que vous allez passer entre gros chagrin et dégoût par moment, je pense à une scène en particulier, et puis aussi tendresse avec des "ow~~sont mignons !" Enfin moi en me relisant c'est ce que j'ai dit mais bon je suis étrange xD Ce chapitre n'a pas beaucoup d'action en soi, mais énormément de révélations sur des sujets sensibles et parfois non, mais surtout il va préparer l'approche d'une grosse bataille !
Je vous laisse le découvrir, et on se retrouve dans la petite note de fin :D
Passons aux remerciements et je souhaite la bienvenue aux nouveaux ! :
Sophie
Zorhya réponse à ton commentaire: (Toujours contente de te trouver au rendez-vous ! Oh~~ Raphaël, concurrencer le Malec ? Tu me lances un défi ? xD J'ai pu poster un deuxième chapitre ce mois-ci je suis teeeeellement contente ! Bon, sûre, pas de troisième nouveau chapitre en Novembre, je pense plus vers début décembre voir mi-décembre je verrai ! En tout cas, un grand merci à toi pour ton soutien :D Pour ta question: Pas vraiment, c'est juste que j'aime beaucoup la langue et leur littérature et du coup, je tenais à l'apprendre pour un jour être capable de lire une œuvre Japonaise dans sa langue natale, comme je le fais déjà en anglais. Pour l'instant mes études ne sont pas vraiment en lien avec mes projets !
J'espère te revoir dans ce chapitre ! Gros bisou et bon courage à toi avec tes études :D )
Phanie Miki réponse à ton commentaire: (Hey ! Mais ne t'excuse pas d'écrire un long commentaire, j'aime échangé avec les lecteurs ! Et je suis d'accord avec toi, j'aime bien le Hunter's moon mais j'ai trouvé dommage de ne plus entendre parlé du Pandémonium ! C'est quand même un endroit important, c'est là où Clary découvre le monde obscur, c'est aussi là-bas, où travaille Magnus, enfin, il y avait beaucoup de potentiel à travers cet endroit, mais bon, tant qu'ils ne font pas n'importe quoi avec le Hunters moon et que ça reste intéressant je me dis, pourquoi continuer avec le bar ?
Pour en revenir au chapitre précédent, je suis contente qu'il t'ait plu, et je vois que les petites références aux anciens chapitres, surtout au premier rendez-vous du Malec, t'ont conquise et c'est cool parce que j'ai mis beaucoup de cœur à écrire le précédent chapitre ! Tu as, beaucoup de questions au sujet des sentiments qu'Alec peut éprouver envers Raphaël et crois-moi il y aura des réponses dans le nouveau chapitre ci-contre :D Enfin, un début de réponse et la réponse plus concrète arrivera vite elle aussi ! Mais n'hésite pas à me questionner, j'essaierai de répondre de mon mieux :) Aussi, on va avoir le droit à une Isabelle plus ouverte, ce qui fera lien avec la discussion entre Clary et Jace dans le précédent chapitre ! Un grand merci à toi de me suivre et me commenter comme tu le fais, j'ai hâte d'avoir ton retour ! Gros bisou et à bientôt~)
Elise
Plopy
Call
Soreiyu réponse à ton commentaire: ( Hey ! Comment vas-tu ? Tu sais qu'en lisant ton commentaire, j'ai eu peur au début car tu écris :"Tu veux me tuer ? C'est trop génial ! " Si on lit pas la suite on a l'impression que tu apprécies le sadisme xD Bref, je suis ravie que le précédent chapitre t'ait autant plu ! Mais je vois aussi que la relation Alec/Raphaël te trouble mais des réponses vont être apporté dans ce chapitre, et dans le chapitre suivant ! Puis comme tu as toujours connu (livres et série tv peut-être) Alec amoureux de Magnus, ça doit pas être simple de le savoir amoureux d'un autre homme en plus de Magnus, mais sûre, tu auras des réponses :D !
C'est vrai que la phrase que Zachariah a dû sonner comme un gong pour les Lightwood mais je voulais quelque chose qui marque haha !
Merci infiniment de toujours me suivre et de me soutenir, j'ai hâte de te retrouver ! Groos bisou~~ )
Cywen
Magalie
lil'brownies
ylena
CaptMalec
Tobie-Manga-Fiction
Chrome-chan96
Ekana
NiallerGirl1D
Lulu
Sissi1789
Darknesscoming
Colyne59
Cindy10000
S Stilinski22
SunWings
UneAmeVagabonde
becca015
malecxstalia
Mereryan
MyBeautifulDream
DomoNyan
Vaalgus
Le petite .ange28
Methenniel Thalionwen
Saya-chan1445
Arahila
Ylo
Ariane
hachiko97412
marco29830
Foolbeloved
ThePrincessokatz
dwspike
Lumoonwalker
lily2206
tkawaiii2013
KlainerPotterhead
Petit LuntinRose
rarastyles
youyoulita
Eihpos taro
Emeraude-san
CrazyChamalow
Foolbeloved
WarlockTumie
lagrossepo
Marjo76
shainaMeyJr
Rinkanaku
justelaura
Emiemy
Nounoursdu84
Kajol Malfoy
sakura-okasan
lyse fournel
Losas
Alesia love Archer
jalanna
Flayra
bloom night
sosso996
Emerald key
Mai chii
alice D baskerville
eden's art
prynolink
marie3000
Alexiapanda114
Bafan-chan
Laly77
Kiwiiwiwii
montiemma707
ga65800
limagination2larissa12
elenou22
Ishimaru Miharu
Flamme Eternel
DemmMyzei
valoueeeesweet
narumi112
princessethe100
Marsika
lion no kalista
Luma1709
Julie Nbs
Lynda Morlan
Praxy21
fanais
Chi No Tenshi
Scottish-Puffin
Frimoussette
LalithaHauru
Meb007
Haricotgirl
lovePEOPLEandCOWBOY
lylou26
orlane9095
Kahinoixdecoco
liz54210
lilique
Angelina56
Toujours de plus en plus nombreux à me suivre et me commenter, ça met du baume au cœur, surtout pendant cette période de grand stresse avec l'arrivée des examens ! Vous êtes ma potion magique ! :D Bonne lecture et à plus tard en fin de chapitre !
Chapitre 24 : L'Ange vagabond : Deuxième Partie
Alec
Cela faisait neuf jours que j'essayai de me familiariser avec mes ailes. Et ce n'était pas une étape des plus faciles, puisqu'elles ne semblaient pas toutes très à l'aise en ma présence. Celles au niveau de mes épaules, ne s'agitaient pas tellement et appréciaient les gestes affectueux, mais celles dans le bas de mon dos dont les racines se reliaient à mes hanches, même en aimant être au dehors, rechignaient souvent à se laisser approcher et agissaient un peu comme bon leur semblait. Magnus et moi étions dans le paysage obscure aux forêts indigos. Nous avions profité d'un délicieux déjeuner sur l'herbe après une longue randonnée qu'il me promit il y a longtemps. Puis, comme le Mángrén lui enseigna durant les trois jours où il s'absenta au Tibet, Magnus s'exerça à contrôler sa forma animalis tout en conservant son artefact pincé à son oreille.
-La transformation est moins douloureuse, le bijou domine mes impulsions à ma place. J'ai donc un effort psychologique en moins, et mes muscles sont plus à même de changer de forme, me dit-il en triturant son hélix d'une main tandis que l'autre était postée derrière lui, et maintenait son poids.
Nous étions assis au bord de la rivière, lui, les jambes étendues, le nez en l'air à contempler le ciel entre les cimes des sapins bleus, et moi, à ses côtés, les genoux repliés contre mon torse et enroulés de mes bras. Je regardai sans vraiment voir les brins d'herbes qui se courbaient sous la tiède brise. Mes soupçons s'étaient bien confirmés..les saisons du monde normal n'interféraient pas ou très peu avec les paysages du monde obscure. Chaque contrée avait plus ou moins sa météo, son climat, ses vents et ses pluies.. Ici, le froid de l'hiver se faisait par moment ressentir, surtout le matin, mais arrivé l'après midi, c'était à toute heure le printemps. N'entendant plus mon amant parler, et surtout, ayant l'impression que l'on me toisait intensément, je tournai curieusement la tête et croisa ses yeux dorés et son sourire tendre.
-J'aimerai bien les voir..me fit-il et caressant la pointe d'une de mes mèches de cheveux.
Je sus immédiatement de quoi il fit allusion. Pendant que Magnus s'exerçait à se transformer en Nekomata, j'avais libéré mes ailes pour qu'elles s'adaptent également à la forma animalis de mon amant. Autant celles de mes épaules n'avaient guère posé de problème, autant celles au niveau de bas du dos avaient refusé de sortir.
-Je ne sais pas..je veux bien essayer, mais je ne suis pas sûr de pouvoir toutes les déployer, prévins-je en retirant mon haut pour ne pas le déchirer comme bien d'autres !
Magnus s'allongea sur le côté, tête reposée dans le creux d'une main, le bras accoudé dans l'herbe.
-C'est fou, tu n'as plus aucune cicatrice..
-C'est vrai, j'ai été étonné de ne plus retrouver celles de mes combats. C'était comme si j'avais fait peau neuve. Quand on va revoir Michaël, je ne vais pas me gêner pour le bombarder de questions !
-Tu as des nouvelles de lui ?
Je secouai la tête.
-Il n'a pas répondu à un seul de mes messages de feu, j'ignore pourquoi.
-Tu crois..qu'il est reparti à Éden ? s'enquit Magnus, en s'allongeant complètement sur le dos.
-J'en doute.
-Et pourquoi ? Au son de sa voix, je pus comprendre qu'il semblait fort surpris par ma remarque.
-L'instinct. Juste..une intuition. Après ce qu'il nous a dit au sanctuaire, que ramener Gabriel ne semblait pas être dans les desseins du Ciel, je doute qu'il ait eu envie de repartir. (Je dépliai mes jambes et me mis également à regarder en l'air) Après tout, il n'est nullement obligé de le faire, lui.
Peut-être que mon timbre fut bien morne -plus que ce que je perçus à travers mes propres oreilles- mais Magnus câlina du revers de sa main mon bras dénudé, posé au plus proche de sa portée. Je lui souris. Nous n'avons toujours pas abordé le sujet qui nous brûle les lèvres à tous les deux..Me dis-je en venant tenir sa main. Mais dont le dénouement nous rebute à entendre.. Pourtant je vis que dans ses yeux, il me posait toujours cette même silencieuse question : Est-ce que tu l'aimes ?
Et je ne parvenais plus à soutenir son regard, tant et si bien que je détournai très souvent les yeux. Comme maintenant, où j'observai désormais les ondes sur la surface de la rivière, formées par la brise légère.
J'en profitai pour libérer mes ailes. Vraiment, cela ne me procurait aucune douleur mais me fit réellement sentir soulagé.
-Wah..s'extasia doucement Magnus, qui suréleva sa tête d'un bras. Je ne cesserai jamais de m'extasier devant.
Je ris avec légèreté.
-Tu sais, cela m'impressionne toujours autant de te rencontrer sous l'apparence du Nekomata. Il est si imposant, comme ta Magnificence, en fait.
-Que tu es moqueur ! Fit-il en mimant qu'il boudait. Je m'outrais presque, en me postant au dessus de lui, mes mains posées de part et d'autre de son corps.
-M-Magnus, je t'assure que je suis sérieux. Une de mes ailes vint se glisser contre sa joue, dont la pommette était recouverte d'une fine couche de paillettes dorées : Tu es..tellement beau, ainsi ou bien en Nekomata. (Je pris sa main et la plaqua contre mon torse nu, au niveau de mon cœur) Tu entends la façon dont il bat ? Tu entends comme il s'emballe ?
Magnus me toisa en coin d'un air rieur et finit par se tourner sur le dos pour me faire face. Je l'interrogeai en haussant les sourcils.
-Devrais-je songer à faire semblant de bouder tous les jours afin de te voir dénouer ta langue qui prolifère de si doux mots ?
J'embrassai le bout de ses doigts, mais m'inquiétai en voyant son sourire se faner.
-Tu ne t'en ai pas rendu compte, je me trompe ?
Cette fois, je me crispai et si mon cœur s'emballa, ce fut sous une pression qui me rendit anxieux. Je vis une étrange lueur briller dans son regard qui ne se décrochait pas du mien.
-Tes battements de cœur, Alec chéri. Cela fait un moment qu'ils ont changé.
-Q-quoi ?
Je m'assis sur les genoux et le laissai se redresser. Magnus fixa mon torse qu'il touchait toujours, en le massant d'un geste lent. L'aile, poussée au dessous de mon rein droit, osa s'approcher de lui avec curiosité. Pour ne pas la perturber, je fis mine de ne pas me soucier d'elle, tout comme mon amant qui ne put pourtant s'empêcher de sourire. Après quoi, il reprit sérieusement, prenant une mine que je trouvai bien amère.
-Je me demande ce qui a fait ralentir ton pouls ces dernières semaines. Même quand tu me dis qu'il est emballé, j'ai l'impression que ton cœur a changé.
-Magnus..soufflai-je en prenant son visage en coupe. Je câlinai ses joues avec mes pouces, essuyant un peu de paillettes au passage. Nous devrions retourner au Mont Shasta, voir où en sont Gabriel et Michaël..et aussi obtenir des réponses.
-Je ne veux pas me montrer impatient. Mais je ne veux plus être berné par des illusions..
-Qu'entends-tu par là ?
D'un geste affectueux, il tendit la main vers mon aile qui se figea. Il toucha d'abord une plume avec son index, puis vint la caresser d'une main ferme, mais sans brusquerie. Mes plumes frétillèrent, et sa jumelle quémanda à son tour de l'attention. Bien vite, mes quatre ailes nous firent de l'ombre en nous entourant tous les deux. Je souris, attendri, en voyant mon amant lover son visage contre la courbe de mes plumes.
-Tu t'en doutes déjà, je le sais..mais j'ai eu beaucoup d'aventures en quatre cent quinze ans de vie. Mais j'aurai pus avoir aussi, des relations sérieuses..J'en ai eu, bien sûr, mais pas tant que cela, je dois dire que je les compte sur les doigts celles-là. Mais il y a une raison à cela..Quand on est immortel, trouver la compagne ou le compagnon idéal qui sera prêt à te suivre partout, jusqu'au bout de ta vie sans fin, cela relève de l'impossible. Pourtant, quand tu rencontres la bonne personne, tu ne souhaites qu'une chose, passer le reste de ton temps auprès d'elle. Mais les chagrins d'amour sont parfois bien plus cruels qu'on n'ose le croire.., me confia mon amant en fermant les yeux. Et il y a une femme qui m'a littéralement détruit.
Il souffla les derniers mots avec tristesse.
-Camille ? Osai-je doucement.
Mais Magnus secoua la tête.
-Camille m'a fait miroiter monts et merveilles, mais j'ai toujours su au fond de moi qu'elle ne me correspondrait jamais. Mais c'est elle qui a ramassé ce qui restait de moi après ma rupture avec Etta.
Etta ? Voilà un prénom dont je n'entendis jamais parler jusqu'à lors. Et, sentant mon amant prêt à s'ouvrir de nouveau à moi, je respectai chacune de ses pauses, aussi longues fussent-elle, et l'écoutai religieusement.
-C'était dans les années vingt..les années folles. Les années où New-York connu son plus grand bouleversement, où The Great Gatsby faisait chavirer les cœurs des lectrices et appeler les familles à vivre leur rêve américain. Elle était là, accoudée au comptoir d'un bar que je trouvai trop miteux pour sa beauté, mais dont la musique semblait éveiller ses sens. Je lui proposai un slow, mais nous finîmes par danser jusqu'à la fermeture de l'établissement. Cela pourra te paraître un peu vieux jeu, mais je l'ai invité à boire un verre chez moi juste après, ricana t-il en rouvrant les yeux.
Je ne pus retenir mon sourire amusé, me souvenant de cette nuit que nous passâmes chez lui, à boire et discuter jusqu'au petit jour.
-Mais non, assurai-je.
Magnus me sourit en retour, puis reprit tout en triturant gentiment le bout d'une de mes plumes.
-On a discuté..elle m'a avoué qu'elle était tombée amoureuse dès la première danse et, bien qu'elle eut connu meilleur danseur, elle me trouvait loin d'être médiocre ! (je le vis rougir) Elle était du genre sans gêne..mais sans méchanceté. Le contraire de Camille, ne put-il s'empêcher d'ajouter. Il balaya cette parenthèse avec sa main : Tout ça pour dire qu'il était impensable pour moi de ne pas la revoir. L'ayant raccompagnée chez elle, il me fut facile de lui proposer un nouveau rencard. Tout s'enchaîna assez vite, avec une passion sans borne ni loi. A tel point que je ne pouvais plus me passer d'Etta..Je me voyais (il haussa les sourcils avec évidence) passer l'éternité avec elle ! Et pour la première fois en trois cent ans, j'étais prêt à demander l'impensable à une personne mortelle..
Mon amant marqua une pause, puis me sonda sérieusement.
-Se transformer en créature obscure pour rester avec moi.
Étrangement, je ne me sentis pas surpris de l'apprendre. Bien au contraire, il me paraissait normal de faire une telle demande lorsque nous étions sûrs de nos sentiments, l'un envers l'autre. Peut-être s'attendait-il à une réaction de ma part, car il resta longtemps muet en soutenant curieusement mon regard. Puis, secouant légèrement la tête, il reprit :
-Elle a refusé. J'ai vu ma forteresse de bonheur, dégringoler pierre par pierre jusqu'à ne rester que des ruines que je parvins à conserver l'histoire de quelques jours. Jusqu'à ce qu'elle décide de partir sans me donner la moindre raison, ni la moindre nouvelle.
-M-mais enfin pourquoi ? Ne pus-je retenir de demander. Il sourit avec une pointe de malaise sur son visage.
-Que puis-je te répondre ? Elle connaissait ma véritable nature, donc ce n'était pas la peur d'être confronté à une créature obscure..mais cinq ans plus tard, tandis que j'étais en voyage à Paris, je l'ai rencontré à nouveau. Elle est venue me parler comme si rien ne s'était jamais passé, et sûrement trop euphorique de la retrouver, je n'ai rien dit du tout. Nous avons fréquenté presque tous les bars de cette chère ville Lumière, passé une nuit contre la peau de chacun. Et j'osai enfin lui poser la question : Pourquoi avoir dit non ? Je ne souhaitai même pas savoir pourquoi elle était partie, où elle était allée en dehors de Paris, ni même si elle avait rencontré quelqu'un d'autre. Juste, pourquoi un tel refus après tant de promesses faites ?
« Et qu'a t-elle répondu ? » voulu-je questionner, mais je m'abstins en le voyant serrer ses bras contre son buste, ses mains tremblantes autour de ses biceps.
- « Je peux aimer un monstre..mais je n'ai pas assez de force pour en devenir un et devoir apprendre à m'aimer, moi ». Voilà ce qu'elle m'a dit.
Mon cœur rata un battement...Magnus continua de me conter cette partie de son passé, mais mon cerveau ne semblait plus apte à assimiler la moindre information. Un monstre ? Lui.. ? Je ne parvenais pas à mettre un sens derrière ces mots. Puis..je me souvins de paroles que nous pûmes avoir, nous autres Chasseurs d'Ombres, au sujet des créatures obscures. Même après les Accords, même vingt ans après que les miens aient combattus aux côtés d'hommes et femmes comme Magnus, ou encore Luke afin de déjouer les desseins du Cercle. Il était si courant d'entendre des remarques du genre : « Quand il s'agit de ces gens là, on peut être sûr qu'ils trafiquent quelque chose de louche ! », « un Sorcier ? qu'ils nous fassent ce qu'on leur demande et qu'ils s'estiment heureux qu'on ne fouine pas plus dans leurs affaires de brigands. », « Même avec du sang d'ange en eux, n'oublions pas que les fées sont en partie démons..évitons d'avoir affaire à eux ! » Nous avons tous dit de telles idioties. Que cela soit en le pensant, ou par habitude de l'entendre, nous l'avons tous dit. « Ragnor ne fait pas confiance aux chasseurs d'ombres, et j'ai fini par avoir peur de les rencontrer. » M'eut dit un jour Sunniva. « Les Nephilim doivent changer.. » Je me souvins clairement des paroles de l'Archange Raphaël avant de me quitter. Raphaël..
-Alexander ?
J'espérai que mon air n'était pas trop benêt, en tout cas, mon amant sembla s'inquiéter de mon absence.
-Quelque chose ne va pas ?
-J-je..hum..Sans te mentir, je ne m'attendais pas à une telle réponse.
-Que devrais-je dire ? Reprit-il sans plus me poser de question. Mais j'abandonnai les ruines de bonheur que j'avais si ardemment conservées pour la laisser s'en aller de son côté et moi du mien. Jusqu'à ce qu'elle rentre à New-York et que Catarina ne me demande de venir en urgence chez elle.
Etta venait de se faire renverser par une Ford, et avait perdu beaucoup de sang. Mon amie était au courant des sentiments que je nourrissais à cette jeune femme et me demanda de l'aider à la soigner en plus du Grand Sorcier de Los Angeles, Malcom Fade. Mais il était trop tard..Catarina, me demanda si je ne souhaitai pas mettre en application mon vœux de la changer en créature obscure mais..
Après une nouvelle pause dans laquelle il en profita pour attraper une de mes mains, il finit :
-Mais après la réponse d'Etta, je ne me sentais pas capable de lui faire ça. Je ne pouvais, la changer en une créature obscure, même si je voulais ardemment la voir rester en vie. C'est si dur de savoir ceux que l'on aime souffrir et d'être impuissant..
Le timbre de sa voix faibli tant son amertume prit le dessus. Je pus le voir dans son regard tourmenté de félin.
-Etta mourut en gardant la beauté de sa jeunesse. Je pensai, comme les précédents, pouvoir surmonter sa mort mais pas cette fois. (Il se leva subitement et éclata la bulle duveteuse formée par mes ailes qui se recroquevillèrent derrière moi) Te souviens-tu, de cette question que tu m'as posé le soir où nous avions capturé Valentin et que nous t'avions récupéré ?
Magnus se tourna, fit quelques pas et s'arrêta net au bord de l'eau. La tête penchée, il semblait réfléchir. Pour ma part, je l'interrogeai sur ce qu'il essayait de me faire souvenir, puis tel un éclair s'abattant sur le métal, cela me revint.
-Tu as essayé de la ramener d'entre les morts ? Ma voix ne fut qu'un souffle.
Il secoua imperceptiblement la tête.
-Je savais, que cela ne la ramènerait pas complètement mais..je voulais me raccrocher à tout ce qu'il me restait d'elle. Quand je vois ce que Michaël à fait avec le corps de Gabriel, je me revois un siècle plus tôt avec Etta. Et cela va sûrement te surprendre, mais c'est Camille qui m'a empêché de commettre..(il serra les poings) l'irréparable.
-Hé bien au risque de te surprendre aussi, commençai-je en m'approchant lentement vers lui, comme pour éviter de le brusquer : Savoir que c'est elle qui t'a arrêté ne m'étonne pas, au vue de tout ce que tu m'as dit sur elle. Ce qui me surprend, c'est que tu aies songé à..enfin..
-A commettre un tel crime ? On ne ramène pas les morts à la vie, il y a toujours un prix un payer de toutes façons et j'ignore ce qui aurait pu m'arriver si personne n'avait été là pour me stopper. (il se tourna vers moi, prit une profonde inspiration et fit mine d'aller bien) La suite, tu la connais ! Je me suis remis avec Camille, même si nous menions une relation sans avenir..et très libertine.
-Oh vous..
-Il n'y a pas eu beaucoup de fidélité entre nous..Surtout de son côté.
Magnus réduit l'espace qui nous séparait en quelques pas et posa une main caressante sur mon torse nu.
-J'ai arrêté de croire en l'amour après le décès d'Etta.
-Oh, soufflai-je en dessinant le contour de son menton avec mes pouces. Magnus, je suis désolé d'avoir posé une telle question ce soir là. C'était maladroit.
-Laisse donc, me sourit-il. Mais maintenant, tu sais tout sur mes craintes d'être une fois de plus..accablé de déception. Alors tu sais, au lieu de m'avancer dans des « si » et « peut-être », je veux être sûr et certain de ce que nous pourrons projeter dorénavant toi et moi. Et jusqu'où nous pourrons le faire..
Étais-je toujours mortel ? Devais-tu t'attendre à me voir mourir un jour, rattraper par ce temps qui me manque ? J'eus l'impression qu'à travers les battements de mon cœur, dont je me rendis enfin compte de son changement, je pus entendre ces soucieux doutes.
-Je vais réessayer de contacter Michaël, dis-je en m'apprêtant à envoyer un message de feu à notre ami. Mais je suspendis mon geste en voyant mon amant décrocher hâtivement au téléphone.
-Luke ? Que me vaut l'honneur de ton coup de téléphone ?
Je ne pus vraiment entendre ce qu'ils se disaient, mais l'Alpha de la meute de New-York semblait agité. Magnus fronça les sourcils au cours de leur conversation.
-Très bien, je fais au plus vite. Essaie de le maintenir éloigner de ta meute pour éviter un autre incident.
Puis, il raccrocha et rangea son smartphone dans la poche arrière de son pantalon.
-Que ce passe t-il ?
-Nous allons devoir écourter notre rencard! M'annonça t-il en retournant auprès de nos affaires.
-Je croyais qu'on était venu s'entraîner ? M'enquis-je, sceptique.
-Oui, oui..c'est bien ce que j'ai dit.
Haussant les épaules, je passai outre et demandai à mes ailes de s'en aller. Je me rhabillai promptement tout en l'écoutant me raconter ce qu'il nomma « d'urgence ».
-Un sorcier s'est égaré au repère de Luke. Il aurait mal prit une boutade du garou et une bagarre s'en est suivie. Il me demande de venir le récupérer, apparemment, il n'aurait pas son droit de séjourner ici.
-Un exilé ?
-Pas forcément, d'après Luke il n'a aucun papier sur lui. Je vais voir ce que je peux faire. (Il me tendit mon manteau) Tu viens ?
-Personne n'a besoin de moi à l'Institut, alors oui, souris-je.
Nous nous en allâmes à travers un portail et rejoignîmes aussitôt les docks où se situait le restaurant chinois qui servait de repère à la meute de Lucian Graymark. Et lorsque nous passâmes les portes, l'accueil fut des plus froids. Les loups présents nous toisèrent avec défiance.
-Hé bien, je n'suis pas prêt de les inviter à l'une de mes soirées..marmonna Magnus en se penchant vers moi. Il repassa les plis sur son manteau et étira un sourire bien à lui. Le sourire de Magnus le Magnifique.
Pour ma part, je remontai le col de mon pull afin de cacher ma peau. Des gants recouvraient mes mains mais j'eus cet éternel doute que l'on remarquât la disparition de mes runes. Luke lui-même n'était toujours pas au courant. Je demandai à Clary de n'en parler à personne, ainsi qu'à Isabelle et Max. Quant à Eliott, il était déjà informé de ce qu'il m'arrivait avant ma transformation. Et Magnus avait du mal à mentir à Ragnor, donc..Mes parents m'eurent également demandé de rester discret, loin de l'Institut quelques temps, pour ne pas alerter les membres de l'Assemblée en visite pour désigner les Nephilim les plus qualifiés pour prétendre au titre de chef de l'Institut de New-York. Mais comment puis-je y prétendre moi-même en me cachant ainsi .. ?
-Alexander, tu comptes servir de hors-d'œuvre à ces loups garous enragés ?
L'un des désignés le toisa avec dédain. Mon amant se cacha dans la cuisine, tandis que je me hâtai pour le rejoindre. En poussant les battants, je fus confronté à une dispute entre Luke et un autre loup. De ce que je compris, c'était celui qui s'en était pris au sorcier. Ce doit être lui. Cachés derrière les fourneaux abandonnés par leurs cuisiniers, mon amant discutait d'un air prudent avec un homme qui devait faire ma taille. Ces cheveux étaient blonds sables, avec de doux reflets blancs. Sa peau était grise, et écaillée, mais je le voyais seulement de dos, j'ignorai donc les traits de son visage.
-Alec, je ne m'attendais pas à te voir ici. La voix de Luke me sortit de ma réflexion.
Je lui serrai la main poliment, et lui demandai si tout était réglé avec sa meute. Il n'insista pas pour connaître les raisons qui me poussaient à m'absenter de la Cathédrale.
-T'es sûr que tout va bien ?
-Oui, assurai-je en feignant un sourire. Juste le froid qui s'endurcit.
-Ah ça, beaucoup des miens me demandent de réparer les radiateurs, (il en tapota un près de moi avec sa phalange) mais le restaurant ne fait pas beaucoup de bénéfices et je ne peux pas me permettre de piocher dans mon salaire de flic.
Je haussai les sourcils avec stupeur.
-Pourtant, ceux dans la télévision de Magnus, ils ont de jolies voitures, fis-je remarquer. Luke rit soudainement ainsi que son acolyte qui agita sa main drôlement avant de s'en aller dans la salle du restaurant.
-J'avais oublié à quel point la plupart des Nephilim n'y connaissent rien au monde des humains, rit-il en se massant la nuque. L'avais-je mis mal à l'aise ?
Nous discutâmes quelques minutes au sujet de l'Institut et des projets de l'Assemblée présente là-bas. Puis, mon amant nous appela tous les deux, tandis que le sorcier nous faisait enfin face. Il avait des yeux légèrement en amande, et ses doubles paupières étaient fines. Quant à ses iris, je ne pus retenir mon cœur de s'emballer. Un regard irisé dont chaque œil défiait l'autre par sa propre couleur. Il a les yeux vairons..Un œil noisette tirant sur le vert sous la lumière vive des néons de la cuisine, et l'autre d'une intense couleur noire. Je sentis ma lèvre inférieure trembler et les muscles de la main tenant mon col, se relâcher. Mon bras retomba mollement le long de mon corps tandis que mon regard ne parvenait nullement à se détourner du sien.
Ses yeux n'étaient pourtant pas dirigés vers ma personne, non, le sorcier toisait avec méfiance l'Alpha qui demandait à Magnus s'il pouvait faire quelque chose pour l'aider.
-Edween, (il s'adressa au sorcier) on va devoir continuer cette conversation chez moi. Tu ne peux pas débarquer dans la meute des Loups-Garous et ainsi mener la zizanie.
-Il n'a qu'à apprendre les bonnes manières à son sac à puces..grogna ledit Edween en jetant un œil mauvais à Luke qui resta impassible.
-Je te laisse te charger du reste, fit-il en faisant mine de retourner en salle, mais il stoppa sa marche et ajouta : Alec, tu peux dire à Clary qu'elle vienne me voir ? Elle ne répond pas souvent au téléphone ces jours-ci, j'aimerai savoir comme elle va.
J'opinai, sans ajouter mot. Luke nous salua d'un poli hochement de tête puis, les portes se refermèrent derrière lui. Le sorcier à la peau reptilienne voulut également s'en aller par la même sortie mais mon amant intervint.
-Hop ! Prenons un portail, cela ira mieux.
Aussitôt, Magnus claqua des doigts pour faire crépiter sa magie mais Edween prit les devants. Une flamme violette striée d'argent et de noir apparut et s'étendit en un cercle à travers lequel nous pûmes apercevoir une brèche s'ouvrir. Un désagréable frisson me parcourut et fit s'agiter mon aura. Je me sentis nauséeux et Magnus sembla s'en être aperçu, puisqu'il m'interrogea soucieusement du regard. Souriant en coin, je lui assurai que ça passerait.
-Hé bien, je vois que ta magie n'est pas en reste ! Mais laisse moi prendre les devant, histoire de ne pas te perdre en route..
-Je comptai aller nulle part. Rétorqua le blond en laissant mon amant passer devant lui. Il me toisa ensuite.
-Je ferme la marche, dis-je d'une voix bien sourde. Tu peux le suivre.
Edween fit mine d'ouvrir la bouche pour prendre la parole mais rien de sortit. Il se tourna donc face au portail et le traversa à l'instar de Magnus. Je les imitai sans plus attendre, après avoir soufflé un bon coup.
Sans grande surprise, Président Miaou vint nous souhaiter la bienvenue bien qu'il resta un tantinet méfiant envers le nouveau visiteur. Puis, après qu'Edween se soit accroupi et ait tendu sa main, le chat frétilla la queue et identifia l'individu.
-T'as l'air de savoir t'y prendre avec les chats, Président Miaou s'enfuit toujours et se cache pendant des jours lorsque j'invite de nouvelles têtes, dit Magnus en se dirigeant derrière le mini bar.
J'arquai un sourcil avec suspicion mais il m'assura qu'il n'abuserait pas.
-J'étais vétérinaire avant de-..., Edween se tut d'un coup et délaissa le chat qui se frottait pourtant contre sa cheville.
Magnus revint avec deux martinis, le premier était sûrement pour lui, au vue de la couleur du liquide qui changeait chaque fois qu'on le remuait, et un autre pour Edween. Ce dernier déclina poliment.
Mon amant ne s'en préoccupa guère et me le donna, mais je le posai sur un guéridon. Cette fois, ses épaules se relâchèrent et il prit un air dépité.
-Un café ? proposai-je au sorcier blond tout en contenant mon rire.
-Merci, oui..
-Bon, déclara Magnus en prenant place dans son siège. Plier ses jambes fut le dernier geste que je vis avant de m'éclipser dans la cuisine et laisser mon amant travailler. Mais je pus toujours entendre leurs voix, étouffées depuis le salon.
Je me débarrassai de mon manteau que je posai sur le dossier d'une chaise, et prépara de quoi faire un bon café.
-Comme ça, tu viens d'arriver à Brooklyn ? Luke m'a dit que tu investiguais sur des événements « étranges », je peux savoir ce qu'il en est ?
-Je.. me renseigne juste sur les activités démoniaques. Des rumeurs courent au sujet de l'apparition d'un démon supérieur à New-york, je voulais savoir ce qu'il en était.
-Et quel est rapport avec ta carrière de vétérinaire ? S'enquit Magnus. Je sentis la perplexité dans sa voix.
-Aucun, mais je ne suis plus vétérinaire.
-Pourquoi cela ?
-En quoi cela vous regarde ? S'offusqua quelque peu notre invité.
-Si tu veux un visa ici, je dois connaître tes antécédents dans les moindres détails. Le problème, c'est que tu n'as pas de papier, et donc aucun moyen de mettre la main sur un dossier où de confirmer tes paroles. Et pour l'instant tu n'es pas très clair dans tes propos, je devrai peut-être te prendre un petit rendez-vous avec les frères silencieux pour une vérification auprès de l'Épée de vérité ?
Alors que je m'attendais à une réponse craintive de la part d'Edween, ce dernier nous révéla quelque chose de bien troublant.
-L'Épée Mortelle ? Celle que les Nephilim se sont fait voler ?
-Tu parles de ce dérapage avec Valentin ? Rassure-toi, elle a été récupérée et est entre de bonnes mains.
-Récupérée ? Et comment ?
-Écoute, l'Enclave s'en est chargée, veux-tu bien répondre à ma quest-
-Votre Enclave a menti.
Je lâchai ma tasse qui se fracassa sur le sol.
-Chéri ?!
Magnus arriva avec affolement dans la cuisine.
-Qu'est-ce qu'il a dit ?
-A-Alexander..
-Comment il peut être si sûr de cela, qu'est-ce qu'il raconte ? M'enquis-je d'une voix quelque peu paniquée.
Mon amant fit mine de prendre la parole mais resta muet. Je vis dans ses yeux que le doute l'assaillait également. Soudain, je ressentis ce même frisson que celui éprouvé au restaurant de Luke, et un tintement frénétique s'apprêtait à me faire exploser la tête. Un bruit nous attira, et Magnus se hâta au salon. Je le suivis en essayant de passer outre mon trouble et nous vîmes un portail se refermer. Edween s'était enfui.. Étrangement, mon mal de tête se dissipa.
-Mais enfin, d'où sort ce type ? Souffla mon amant qui ne semblait pas en revenir.
-On ne peut pas le laisser dans la nature, il faut qu'on le retrouve.
-Je suis d'accord. (Il se passa une main dans ses cheveux laqués) Mais j'aimerai m'assurer d'une chose également..
-Tu parles de ce qu'il a dit au sujet de l'Épée ?
Il opina.
-T'as t-on dit quoi que ce soit ? Me questionna t-il. Ce fut plus fort que moi, mon sang ne fit qu'un tour mais je tentai de maîtriser ma stupeur.
-Tu plaisantes ? Après ce qu'il vient de m'arriver, que veux-tu que je sache ?
-C'est vrai, excuse-moi c'est sorti comme ça..
Un petit malaise s'immisça, et je me giflai intérieurement.
-O-ok, je vais retourner voir mes parents. Si ça se trouve, cet Edween ne fait répandre une sale rumeur. Tu te souviens de ce qu'à dit Ragnor ? Des rebelles essaient de prendre avantage du trouble qui règne depuis la fuite de Valentin pour faire plier l'Enclave. Je sais que les Accords ne plaisent pas à tout le monde, mais-
Mon amant posa une main réconfortante sur mon épaule et m'interrompit gentiment.
-Mais beaucoup les ont accepté, ce qui veut dire qu'il n'y a pas que du mal dans ses Accords. L'Enclave recherche un équilibre, certes, il y a peut-être deux trois choses à revoir sur la façon de gérer cela mais nous n'avons jamais été autant en paix que maintenant ! Me dit-il avec une lueur sincère dans ses yeux de chat : J'ai vu de près cette évolution, et des rebelles, tu en auras partout. (il haussa une épaule) Même chez les tiens..regarde Valentin.
Je hochai la tête, comme pour mieux assimiler ses paroles. Mais le doute ne me quitta pas.
-Ceci dit, on sait tous que cela ne serait pas la première fois que l'Enclave nous ment, peu importe le camp dans lequel on appartient.
Magnus ne sut quoi répondre à cela, et au vue de son regard qui se détourna du mien avec affliction, je compris aisément qu'il était d'accord avec moi. « Reprends la tête de l'Institut, tu peux faire changer les choses, Alec. »
-Mais comment je dois m'y prendre ? me plaignis-je à haute voix.
-Pardon ?
Je tressaillis en me rendant compte de ce que je venais de dire. Les sourcils froncés, mon amant m'interrogeait silencieusement. Je ne pus faire semblant plus longtemps qu'il ne se passait rien dans mon esprit perdu. Je soupirai, et secouai la tête en ne sachant par où commencer.
-Je tiens à reprendre la tête de l'Institut. Je l'ai promis à Raphaël, il m'a bien fait comprendre que nous restions injustes envers vous. Et depuis que je te connais, je côtoie bien plus l'univers des créatures obscures, et je l'ai vu sous un nouvel angle..Je ne le voyais plus seulement en tant que chasseur d'ombres, mais aussi tel un homme qui est, tout comme toi, Luke ou même Simon, à moitié Humain.
Je dis tout cela en prenant place sur le canapé. Après avoir marqué une pause, je repris en plongeant mon regard soucieux dans le sien, très attentif.
-Je ne peux plus fermer les yeux comme je l'ai fait pendant des années.
-Mon Alec, que pourras-tu faire de plus maintenant ?
Fronçant les sourcils, je lui fis comprendre que je ne saisissais pas ses sous entendus.
-Ce n'est plus comme si tu étais toujours un Nephilim. Tu es bien plus que cela maintenant, et tu n'as plus a te mêler autant des calvaires de l'Enclave, surtout si tu lui trouves des défauts toi aus-
-Mais il faut y remédier pour tout le monde, Magnus ! L'interrompis-je. E-Et je sais bien que je ne suis plus un Nephilim, terminai-je dans un murmure.
Je pouvais sentir le regard de mon amant posé sur moi. Il semblait me sonder en silence..
-Alec, beaucoup d'Instituts ont essayé et certains avaient de bons sentiments. Mais..cela n'a jamais abouti à du concret, et très peu de positif en est ressorti. Le Monde Obscur ne fait que se méfier encore plus de la bonne foi des Chasseurs d'Ombres. (Il haussa les épaules comme s'il ne sut quoi donner d'autre comme argument) Comment te faire comprendre que tu ne gagneras pas facilement la confiance des créatures obscures ?
-Tu ne m'en sens pas capable ? Demandai-je avec une fébrilité que je tenais pourtant contenir.
-Je ne dis pas ça, mais si c'est pour voir les choses empirer, je préfère que tu ne tentes rien.
-Et si je veux essayer ? Ce n'est pas comme si tu ne me connaissais pas, tu vois bien mon intérêt pour les créatures obscures !
-Alexander, tu pourrais changer toutes les lois du monde cela n'enlèvera pas les idées reçues dans les deux camps ! Essaie donc de gérer ce qui est à ta portée..
Nous nous toisâmes un moment sans ajouter quoi que ce soit, puis je le vis soupirer tristement. Magnus s'assit à côté de moi et plaqua son front contre mon épaule.
-Après tout ce qu'on a traversé récemment..je veux juste qu'on soit tranquille, en dehors de tous les autres problèmes que nous pouvons éviter.
Je voulus prendre la parole mais mon amant poursuivit en relevant la tête et en plongeant ses yeux qui me semblaient bien humides et craintifs.
-J'ai souhaité si fort que tes devoirs de Nephilim ne nous séparent plus, et aujourd'hui tu n'en es plus un. Cesse de faire comme si tu avais encore des obligations, tu ne dois plus rien à personne aujourd'hui.
Plus tôt, je souhaitai m'exprimer, mais dans l'instant je me tus en comprenant qu'il était inutile de poursuivre la conversation sur ce sujet. Je devais bien admettre que Magnus avait beaucoup enduré psychologiquement ces dernières semaines par ma faute. En plus de la lutte qu'il menait avec sa forma animalis, je ne me sentis pas la force d'essayer de l'enthousiasmer dans mes résolutions... Reposant ma tête sur la sienne, je vins nicher mon nez dans sa chevelure et humai les multiples bribes de fragrances qui s'en échappaient. Son éternelle odeur de bois de santal, un soupçons d'orchidée, et celle un peu plus chimique de sa laque citronnée. Peut-être ne pourrais-je pas tenir ma promesse, Raphaël..
Si pendant une longue période, l'Institut de New-York manquât cruellement d'effectif, Clary se dit qu'avec tous les chasseurs d'ombres réunis à la Cathédrale depuis quelques jours, leurs troupes auraient pu se gonfler, mais l'Assemblée n'était là que pour choisir le Nephilim le plus compétent qui succéderait Imogène Hérondale, ancienne inquisitrice de tous les chasseurs d'ombres..
Quelques uns s'étaient portés volontaires, très peu, mais bien moins furent gardés en tant que candidats potentiels. Et contre toutes attentes, ni Maryse ni Robert ne s'étaient présentés..Clary s'était pourtant fait à l'idée que les Lightwood étaient prompts au leadership, mais il semblerait que la tâche d'inquisiteur soit bien plus ingrate qu'elle ne se l'était doutée.
Jace lui expliqua que les inquisiteurs étaient trop rarement appréciés, non pas parce que tous avaient un mauvais caractère dès qu'il endossait ce rôle, mais bien parce que ce rôle faisait d'eux des chasseurs d'ombres avec un pouvoir politique puissant, au point d'appliquer la peine capitale sur le Consul sans passer par le Conseil ni l'Assemblée, s'il avait commis un tort. Et d'après Robert, les Nephilim connurent une période noire à cause d'un inquisiteur qui exécutait à tout va les créatures obscures ayant commis de petits délits qui pouvaient se régler par une restriction de leurs fonctions ou bien une mise en détention pour un temps court. Des chasseurs d'ombres furent également touchés par cette Peste de pouvoir s'ils eurent osé étouffer les délits mineurs pour épargner les créatures obscures..
-Des petits délits ? Mais de quel genre ? avait demandé Clary. Assise autour de la table de la cuisine aux côtés d'Isabelle, ses parents et deux autres chasseurs d'ombres, la jeune Fairchild s'informait un peu plus sur le monde qui l'entourait désormais.
-Pratiquer une profession sans papier, ne prêter allégeance à aucun clan.. Expliqua Robert en grimaçant. Lui-même trouvait ses faits absurdes : A l'époque, il n'y avait pas les Accords, cela n'avait aucun sens de parler de délit..Aujourd'hui, un chef de meute porte serment, et se doit de respecter les Accords ainsi que prendre soin de ses semblables.
-Mais pour leur imposer ça ? Clary ne cacha pas son air révolté, elle qui savait Simon dans une situation délicate avec son clan, n'étant pas sûr lui-même d'en faire vraiment parti.
-A tes yeux on impose notre loi, mais une créature obscure seule, face à des chasseurs d'ombres court un certain danger, reprit Isabelle. Si l'Enclave a instauré cette loi, c'est avant tout pour maintenir un équilibre. Les créatures obscures doivent rester par clan, leurs chefs les guident et leurs permettent une situation adéquate à leurs besoins. Ce sont les chefs des clans qui interviennent en premier si un crime est commis, enfin, si le criminel en question et son chef ne trouvent pas de compromis, alors ce dernier peut demander l'intervention de l'inquisiteur qui se doit de juger le criminel pour sa ou ses fautes.
-Quoi que cela soit différents avec le peuple sous les collines et les enfants de Lilith, renchérit l'un des chasseurs d'ombres présents.
-Pourquoi ?
-Parce que ce sont des êtres plus anciens que les Nephilim eux mêmes, reprit Robert. Il faut savoir que l'on peut dater approximativement la naissance du premier Shadowhunter, en l'an mille après Jésus Christ. En revanche, même si nous les savons bons archivistes, les Sorciers n'ont aucune date à donner ni pour les éclairer eux à propos de leur existence ou bien nous autres. Et c'est réciproque chez les Fées.
-Ils ont un passé plus riche que le nôtre, mais aussi plus complexe, ils ont établi leurs lois et leur propre mode de régence, ils étaient donc difficiles d'imposer concrètement quelques choses aux Sorciers et aux Fées, ajouta Maryse : Si tu préfères, un Grand Sorcier peut décider lui-même de bannir un de ses semblables sans même nous donner les raisons. S'il en a jugé nécessaire, il agit et c'est tout. Quant aux fées..(elle jeta un coup œil à sa fille qui lui sourit) Nous ne sommes pas très à jours sur leur procédé, mais il faut prendre des pincettes avec la Reine de la Cour des Lumières, et je ne mentionne même pas le Roi.
Clary haussa les sourcils, signalant ainsi son incompréhension.
-J'ignorai qu'il y avait un Roi..
-Il y a plusieurs Cours qui règnent en maîtresses absolues sur le monde des Fées. La Cour des Lumières, comme on t'en a déjà parlé, et la Cour des Ténèbres en font parties, expliqua le chasseur d'ombres brun, aux côtés du premier qui avait parlé à Clary. Celle-ci crut comprendre qu'ils étaient faux jumeaux.
-Pour la Cour des Lumières, c'est l'unique partie du monde des Fées qui acceptent de se lier aux Accords. (Robert pouffa) Enfin, comme ils l'entendent..Mais nous sommes pour l'instant en bon terme avec eux, tandis que nous n'avons aucune information au sujet de la Cour des Ténèbres, si ce n'est que le Roi nous hait comme la Peste. On dit du cette Cour, qu'elle représente le sang démoniaque des fées, tandis que celle des Lumières représenterait l'Ange qui les a fait naître.
-La Reine est déjà tellement désagréable est fourbe, maugréa Maryse en posant ses deux coudes sur la table et tenant son menton dans ses mains. Clary sourit en se disant qu'elle voyait un peu d'Isabelle par cette gestuelle dissidente : Mais un membre de notre famille nous a rapporté que le Roi de la Cour des Ténèbres n'était ni fourbe ni désagréable, que c'était tout bonnement un tyran qui répliquait par de violents assauts si l'on venait à s'en prendre à eux, de quelque manière que ce soit.
Isabelle et Clary se toisèrent avec curiosité puis l'un des frères questionna :
-Un Trueblood a eu affaire avec la Cour des Ténèbres ?
Maryse sourit en pointant avec son pouce Robert. Ce dernier leva les yeux au ciel.
-Un Lightwood, papa ? fit Isabelle avec un grand intérêt visible dans ses yeux bruns.
-Gabriel Lightwood, oui. Tout ce qui reste de cette histoire n'est qu'une poignée de rumeurs, je ne peux vraiment assurer tous les propos qui en ressortent, dit-il en se massant la nuque.
-Ah~ Gabriel Lightiwood, soupira soudainement Maryse, quand je pense que tu as refusé d'appeler notre fils ainsi.
-Hé bien j'ai eu raison, bonjour l'embrouille quand on sait ce qu'il vient de lui arriver ! Rétorqua Robert en ne faisait guère attention à ses sous entendus bien trop révélateurs. Isabelle lui fit les gros yeux et Clary se recroquevilla en jetant un vif coup d'œil eux frères qui ne comprirent pas un traître mot.
-Vous parlez de Max, ou bien d'Al-
-J'ignorai que vous aviez débattu sur le prénom à donner à mon frère, intervint Isabelle en faisant exprès de hausser le ton comme si cela recentrerait le sujet de conversation.
Le père Lightwood se racla la gorge avant de reprendre :
-Ahem, oui..Ta mère voulait donner à l'héritier de la famille un prénom d'un de mes ancêtres ayant représenté la force de notre lignée. Mais Gabriel était connu pour son tempérament casanier, et Maryse pourra me traiter de superstitieux autant qu'elle le voudra (il lança un regard courroucée à son épouse) mais je porte une grande importance à la signification et l'influence qu'un prénom peut avoir sur la vie d'une personne.
-Si encore il n'y avait que les prénoms ; l'astrologie, les prémonitions ! Un vrai cartomancien ton père, pouffa la plus âgée des trois femmes.
Clary sentit un sourire se former et elle contint son rire de justesse en se pinçant les lèvres. Quant à Isabelle, elle souriait de toutes ses dents blanches.
-Tiens, c'est nouveau ça, grommela Robert en levant les yeux au ciel : Bref, tout ça pour dire qu'à sa naissance, on se disputait toujours le prénom qu'on donnerait à Alec.
-Mais comment en êtes vous arrivé là ? S'enquit Clary qui s'étonna s'enthousiasmer autant pour ce genre de conversation. Jamais une fois elle n'avait songé à devoir choisir un jour un prénom pour l'un de ses enfants, ni même de se demander si elle en aurait un jour. Et elle pariait qu'Isabelle était dans la même situation.
Maryse et Robert se consultèrent des yeux puis, Robert reprit.
-Alexander.. bibliquement « l'Homme qui protège » ou encore, « Le protecteur de l'Humanité». Cela va te paraître arrogant, mais je tenais à ce que mon hériter s'élève au delà de Raziel. Mais à la fois, je tenais à ce que son prénom le rapproche au plus près de son rôle de Nephilim ; protéger le Monde et la vie qui s'y est installée, du Mal qui l'empoisonne.
Le crissement du tabouret -que Maryse recula avant de se lever- sortit Robert de sa transe. Elle alla se préparer un thé, et agita la bouilloire pour en proposer aux autres. Clary et l'un des frères acceptèrent.
-Et comment tu as réussi à persuader Maman d'appeler mon frère comme ça ? Réagit aussitôt Isabelle qui tenait à connaître le fin mot de cette histoire qu'elle n'aurait sûrement jamais cru entendre un jour, surtout dans un moment tel que celui-ci, en pleine crise politique.
-Au delà de son beau discours, j'étais surtout contente qu'il donne le nom du fils de Gabriel Lightwood.
-Ah ouais, d'une pierre deux coups, fit l'un des frères.
-Mais nous avons ajouté Gideon en second prénom parce qu'il est celui qui a redoré le nom des Lightwood après..un sombre moment de la vie de son père, Bénédict. Renchérit Maryse qui servit les tasses de thé.
-Bénédict Lightwood, voilà quelqu'un dont je n'avais entendu parlé depuis mainte année !
Comme si elle reconnaissait cette voix malicieuse, Isabelle bondit de son siège pour se ruer à la porte de la cuisine, par laquelle elle vit arriver Magnus accompagné d'Alec. Elle sauta au cou du sorcier qui lui rendit chaleureusement son étreinte, et bien sûr, elle n'oublia par son frère qui embrassa son front.
-Je suis contente de vous revoir, souffla t-elle contre l'épaule de son aîné.
-J'étais épuisé de rester loin de vous, rétorqua Alec d'une voix que sa cadette trouva bien fébrile.
Intriguée, elle se recula gentiment pour sonder son frère des yeux et vit à ses lueurs tremblantes dans ses yeux et de son sourire soulagé que c'était grand temps qu'il retrouve les siens. Isabelle constata également le pull à col roulé de couleur noir, qui affiné sa silhouette mais sculptait les muscles de son buste et de ses bras. Aux mains, Alec portait des gants noirs en daim fin. Soucieuse, la jeune femme se demandait s'il ne faisait pas tout cela pour cacher sa peau vierge de rune angélique.
Alec redressa le nez et posa son manteau sur le rebord de la table de la cuisine avant de pointer Clary du doigt.
-Question basique : A quoi sert un téléphone ? Lui demanda t-il en souriant d'un air taquin.
-Heu.. A téléphoner ?
-Bingo ! Intervint Magnus en créant une couronne de princesse enflammée avec sa magie, qu'il fit léviter au dessus de ses cheveux roux. Clary sentit l'entourloupe arriver.
-Appelle Luke plus souvent, il s'inquiète tu sais, reprit Alec en jetant un rapide coup d'œil à ses parents.
Sa poitrine se serra en voyant sa mère pleurer devant le plan de travail.
-Oh, Maman.. Mettant de côté Luke et Clary, Alec retira ses gants avant de toucher sa mère, ne trouvant pas poli de les garder.
-Alexan- voulut prévenir son amant, mais le brun secoua la tête en lui incitant de ne pas s'inquiéter.
-Hé, appela t-il sa mère avec douceur. Je suis rentré..
Maryse hocha vivement la tête en essayant de contenir ses sanglots. Elle comprenait parfaitement qu'Alec devait se montrer discret, mais le savoir revenu chez eux, auprès d'elle, la comblait d'une joie qu'elle se surprit de ne pas maîtriser. Néanmoins, son fils perçut comme un trouble dans son regard qui ne lui disait rien de bon. Il se souvint d'avoir déjà ressentit cela avec elle, lorsqu'elle venait en coup de vent à l'Institut.
Après qu'elle eut séché le plus gros de son émois, Maryse proposa une tasse de thé à son fils et à Magnus. Alec lui sourit en acceptant volontiers, à l'instar de son amant.
Le seul qui s'était montré bien silencieux fut Robert, et Alec ne préféra pas s'en soucier. Si sa mère avait fait beaucoup d'efforts pour renouer des liens avec lui ces dernières semaines, son père lui, ne semblait pas avoir encore trouvé la bonne façon de procéder. Et pourtant, Alec ignorait à quel point son parent bouillonnait en lui, ne sachant comment aborder certains sujets délicats avec son fils aîné.
-Jace n'est pas avec vous ? Questionna Alec en tirant un tabouret pour Magnus et un autre pour lui-même.
-Il est a la bibliothèque avec Max et Eliott, informa Clary.
-Oh.., fit Magnus d'un air surpris. Vient-il souvent ?
-Plus ou moins, mais Max en semble ravi alors autant les laisser étudier tous les deux, dit Isabelle.
Magnus était au courant de l'amitié qu'avaient tissée les deux jeunes garçons, mais ce qu'il ignorait était ces visites que menait Eliott à la Cathédrale. Étudier ? Étonnant que Ragnor le laisse faire... Bien qu'il garda ses questions pour lui, Magnus se demandait comment des ouvrages -la plupart du temps propagandistes et écrits du point de vu des Nephilim- pouvaient bien aider un jeune sorcier dans sa formation ?
Il se pencha vers Alec et murmura quelques mots à son oreille. Ce dernier hocha la tête et Magnus se leva soudainement.
-Où vas-tu ? Tu viens à peine d'arriver ! S'outra Isabelle qui regardait le Grand Sorcier de Brooklyn quitter la cuisine. Du haut de ses bottes plate-forme, il pivota gracieusement et dit d'une voix guillerette :
-Alexander a besoin de retrouver sa famille, et moi je dois tirer les oreilles d'un vilain garnement !
Sans ajouter quoi que ce soit, il disparut en s'engouffrant dans le couloir.
-Il est.., commença l'un des frères : Impressionnant en vrai !
Alec fronça les sourcils, ne comprenant pas bien ce qu'il insinuait.
-Je veux dire, on entend souvent parler du Grand Sorcier de Brooklyn avec son extravagance, sa magie et ses soirées, mais de l'avoir en face de soi..on sent quelque chose de vraiment puissant émaner de lui.
Plongeant son nez dans la tasse de thé chaud que lui servit sa mère, Alec songea à comment il avait perçu Magnus la première fois qu'il l'avait rencontré. Même s'il était venu le trouver lors d'une Rave, Magnus et lui s'étaient réellement vus et parlé qu'au loft du sorcier, lorsque le Cercle s'en prit à lui. C'est vrai, qu'il impressionne toujours la première fois qu'on le rencontre. Mais n'était-ce pas quelque peu dupliqué depuis quelques temps ? Alec sut parfaitement bien que l'aura démoniaque de son amant s'était libérée depuis la perte de son premier artefact. D'autant plus qu'il enchaînait les entraînements pour maîtriser le Nekomata, et donc les transformations rendaient certainement son aura bien plus brute et sauvage qu'avant. Alors que son interlocuteur allait reprendre ses remarques, il se tut et fixa la main droite d'Alec. Virant au rouge, il posa maladroitement sa tasse et des éclaboussures de thé jaillirent sur la table. Alec, planqua ses mains en dessous.
-Tu..commença le jeune homme en s'adressant à l'aîné de la fratrie des Lightwood, mais Clary l'interrompit soudainement.
-J'oublie l'inventaire de l'armurerie, s'exclama t-elle en mimant faire l'étourdie. Il est tard, vous venez avec moi ? A trois on aura terminé avant le dîner !
-Oh, oui je me souviens que le Consul Malachi désirait l'obtenir avant ce soir, renchérit Isabelle en faisant mine de réfléchir.
Les deux jeunes hommes se toisèrent un peu curieusement, puis décidèrent de suivre Clary qui prit la tête de la marche. Aussitôt débarrassé des deux chasseurs d'ombres, Alec se prit la tête en ses mains et soupira, las.
-Faut que je remercie Clary..
-Tu ne parviens toujours pas à faire apparaître des runes, comme le faisait Raphaël ? s'inquiéta Maryse.
A l'entente du prénom de l'Archange, Alec sentit son cœur se serrer. Il secoua la tête après se l'être libérée et reposa sur la table ses mains, dont le dos était visible de tous.
-J-je n'aurai pas dû retirer mes gants..
-Tu n'aurais pas dû venir du tout, trancha Robert qui reçu des regards choqués de la part d'Isabelle et de Maryse.
-Mais enfin, papa, comment peux-tu dire cela?! S'indigna la jeune femme en se levant comme pour défier son père. Mais il l'ignora et toisait Alec avec une pointe de sévérité. Ce dernier, quelque peu sonné, n'avait toujours pas relevé les yeux de ses mains.
-Tu ne penses pas qu'il y a eu suffisamment de scandales ces dernières semaines ? Demanda t-il d'une voix dure et sourde.
D'un coup, et faisant tressaillir les épaules de Maryse, Alec se leva promptement et renversa son tabouret qui se cogna si violemment sur le sol qu'il ébrécha le carrelage. Fusillant son Père de ses yeux luisant d'un bleu surnaturel, Alec balança avec un profond désespoir : « A t'entendre je fais scandale depuis dix-neuf ans ! » avant de quitter la cuisine sans crier gare. Max arrivait au même moment, content d'avoir été informé de la venue de son frère par Magnus, il était venu le voir dans la cuisine mais Alec ne le remarqua même pas, s'engouffrant dans le couloir opposé. Déçu, et ayant surpris quelques bribes de la dispute, Max se tint sur le seuil et provoqua un silence gênant entre Robert, Maryse et Isabelle qui posaient leurs regards sur le petit garçon dont les yeux larmoyaient.
Une fois de plus, Robert fit l'objet de son courroux.
-T'es le pire Lightwood de toute la lignée ! Hurla t-il avant de courir en direction de la bibliothèque.
Maryse leva la main comme si elle s'apprêtait à gifler son époux mais elle se ravisa en serrant le poing.
-Tu ne mérites pas tes enfants..
Sur le coup, Robert lui asséna un regard monstrueusement accusateur.
-C'est l'hôpital qui se fout de la charité, toi qui a confié Alec pendant huit mois à des inconnus !
-Quoi ? Souffla Isabelle qui regarda sa mère avec une mine désabusée tandis que Robert quittait à son tour un lieu qui, quelques minutes plus tôt, semblait chaleureux et convivial.
De son côté, Max atteignit la bibliothèque en ouvrant bien brusquement les battants de l'entrée. Eliott -qui discutait avec Magnus- avait d'abord sourit en reconnaissant son ami puis se sentit fort embarrassé de le voir pleurer. Jace, installé à quelques tables plus loin, vint à eux et demanda ce qu'il se passait. Tandis que Magnus suivait des yeux la course du jeune Lightwood dont les larmes lui brisaient le cœur -lui qui avait les mêmes yeux que son amant- se sentit quelque peu déstabilisé en voyant Max se jeter dans ses bras. Debout, et raide comme un poteau, le Grand Sorcier de Brooklyn baissa ses yeux de chat tout curieux sur le petit garçon dont les sanglots silencieux se déversaient contre son abdomen. Comprenant que la situation avait dû déraper une fois encore, il soupira, relâcha ses muscles et étreignit le cadet des Lightwood qui agrippa plus fermement les vêtements de son aîné.
Jace courba soucieusement les sourcils et toisa l'entrée par laquelle Max arriva, comme s'il pouvait voir son Parabataï à travers les cloisons.
Magnus lui jeta un regard complice et sur un commun accord, le blond parti retrouver son frère aîné. Eliott, en bon soutien, resta avec son jeune ami et frotta son dos d'un geste réconfortant. Il ignorait la peine de Max, mais depuis qu'ils se connaissaient, il ne l'avait encore jamais vu dans un tel état.
Jace revint soudainement en disant à Magnus qu'Alec ne se trouvait plus à l'Institut..
-Il est retourné le voir, dit-il, créant un fort sentiment de confusion chez Magnus.
Caché au plein cœur d'un sous bois de South Brother Island, une des deux îles inhabitées de l'East River, ayant pour rôle d'épicentre entre Brönx et Riker's Island, Edween traçait des lignes et des courbes complexes à l'aide de son sang qui se déversait en importante quantité, par une plaie qu'il se fit en s'ouvrant l'intérieur de son avant bras. Lorsqu'il eut terminé, il se laissa glisser le long du tronc d'un chêne dévêtu de feuille. La neige crissa sous son poids, et de la buée s'échappa d'entre ses lèvres tandis qu'il s'essoufflait. « Tu veux perdre ta marque de soumission ? Trouve toi un être suffisamment pure pour te l'ôter » Il ferma douloureusement les yeux en serrant sa blessure contre lui et songea à ce que lui dit Asmodée. Quelques mèches de cheveux cachèrent son front en sueur malgré le froid mordant. Le blond laiteux de sa courte crinière se détachait du noir intense de son trench dont les pans lui arrivaient aux genoux. Usant de sa magie, il soigna au mieux sa blessure bien qu'une potion eut sûrement été plus efficace. Blême, il tenta néanmoins de se lever et il parvint à se tenir face au pentagramme inversé. Murmurant dans la langue Noire des Enfers, il invoqua le démon couronné par la Luxure. Une fumée noire sortit du cercle et se mit à tournoyer en colonne avec violence. Ses vêtements et ses cheveux en furent touchés et ballottaient autour de lui. Edween reconnut le brouillard d'Edom. Une silhouette difforme commençait à apparaître jusqu'à ce qu'un bruit d'os qui craquent se fasse entendre et qu'un homme, tout de blanc vêtu, apparaisse devant lui.
-Hé bien, le mois n'est pas fini, tu aurais pu attendre encore un peu..
Se dressant au cœur du pentagramme, Asmodée paraissait anormalement grand et son corps se voûtait légèrement vers l'avant, surplombant le sorcier qui devait lever la tête pour croiser le regard félin du démon.
-J'ai appris quelque chose que vous deviez savoir.
-Parle-donc.
Edween baissa un instant les yeux avec de déglutir, et reprit d'une voix chevrotante et bien mal assurée.
-Je sais qui a tué le familier de Lilith.
-Très bien, mais en quoi cette information concerne ma requête.
-Parce qu'elle en est peut-être liée..
- « Peut-être » ? Tu parles ainsi à l'architecte des Enfers, celui qui a façonné les sept tours, des sept Princes des péchés capitaux ? Je ne mène pas mes plans sur des « peut-être » et mes idées sont toujours carrées.
Il osa mettre un pied en avant, mais le pentagramme le sépara du sorcier. Asmodée foudroya le cercle du regard, et ricana d'un air fort amusé. La fumée qui l'entourai toujours s'extirpa du cercle et alla se nouer autour du cou de son esclave telle une corde, pour l'étrangler. Son corps se décolla du sol et ses pieds pendaient dans le vide.
-Ah- !
-Tu vas devoir te montrer plus convainquant, sinon tu mourras comme l'esclave que tu es !
-M-Michaël !
Asmodée fronça les sourcils et lâcha Edween qui tomba genoux à terre. Il se maintint la gorge et reprit son souffle.
-Des créatures obscures..qui se sont fait capturer par Valentin Morgenstern...ils assurent avoir vu un homme ailé, brillant et brûlant ses ennemis comme le soleil. Ils disent que le griffon a été tué par Michaël et un sorcier.
-Un sorcier ? Qu'est-ce que le Gardien du Soleil peut bien trafiquer avec un sorcier ?
Edween secoua la tête.
-Je ne sais pas, personne n'a voulu me donner son nom. En revanche, j'ai croisé un duc des Enfers, qui tient une maison close à Brooklyn. Azazaël aurait été vu en train de tuer des enfants de Lilith. Il recherchait la Coupe Mortelle.. mais la rumeur dit qu'un chasseur d'ombres l'aurait tué.
Des éclairs strièrent les iris de démon supérieur.
-Répète-moi ça...
Edween souffla avec crainte, comme s'il avait deviné la réaction de son Maître.
-Le Seigneur de Dudaël s'est fait tuer par un enfant de Raziel. Un nom ressort dans toutes les bouches : Lightwood.
Le brouillard s'épaississait autour d'Asmodée qui sondait avec colère le sorcier qui paraissait de plus en plus minuscule voire ridicule face à la silhouette imposante du Prince d'Edom.
-Pourquoi Lucifer n'a t-il rien dit à ce sujet.. ? Pourquoi, Diable, pourquoi ? (Il secoua la tête et toisa Edween) Ont-ils vu le visage de ce Lightwood ?
-Une femme a été vu aux côtés de Raphaël, lorsqu'il se-
-Raphaël ?! Gronda le démon d'une voix assourdissante. L'île entière trembla et une nuée d'oiseaux s'envola de peur loin du lieu.
-A t-il un lien..de près comme de loin à la mort de mon frère ?! Pesta Asmodée entre ses dents pointus.
-Il a été aperçu aux côtés de cette jeune femme..
-Trouve-la moi ! Tu m'entends, je t'ordonne de me trouver cette femme, ce Nephilim qui porte le nom de Lightwood ! (Il se tourna face au ciel, torsadant le brouillard qui remplaçait ses jambes) Je te maudit Refa'el ! Tu n'emporteras pas cet affront au Paradis, je te ferai déchoir de ton Temple, tu m'entends ! Hurla t-il en faisant gronder la terre.
Sans même que le sorcier ait à faire quoi que ce soit, le cercle d'invocation se brisa, et le brouillard se dispersa sur toute la surface de l'île abandonnée. Edween s'enfuit à toute allure et ouvrit à la volée un portail par lequel il put quitter l'île qui mourut sous le poison d'Edom. La neige prit la couleur de la cendre, et les arbres se desséchèrent et se brisèrent telles de vulgaires brindilles.
Alec dut bien avouer, qu'il devait sérieusement amadouer ses ailes s'il ne voulait pas manquer se fracturer le cou à chaque fois qu'il s'essayait à voler. Une fois dans le ciel, il n'y avait plus vraiment de souci, mais lors de l'atterrissage ses ailes se montraient contraignantes. Alec tourna en rond pendant un moment au dessus du Mont Shasta avant qu'il ne parvienne à mettre un pied à terre..Enfin, dans son cas il finit ventre à terre. Frétillantes derrière lui, ses ailes examinaient s'il allait bien.
Pouffant afin de retirer la neige coller sur ses lèvres, Alec prit appui sur ses mains et se releva avant de secouer la tête, comme si cela l'aiderait à retrouver ses esprits.
-Faites pas genre de vous inquiéter pour moi, hein.. grogna t-il en fusillant du regard les êtres plumés qui se ratatinaient dans son dos.
Il soupira, et les fit disparaître sans qu'il n'ait eu besoin de s'y prendre deux fois. Les avait-il vexé ?
Sur le moment, il n'était guère d'humeur à s'en soucier. Il n'était d'ailleurs d'humeurs à ne sûrement pas s'intéresser à grand chose si ce n'était hurler au monde cet amertume qui finirait par le ronger de l'intérieur. D'autant plus, qu'autrefois, il aurait pu partager ses colères comme ses joies avec une partie de lui qui avait disparu, mais qu'il souhaitait plus que tout revoir et sentir à nouveau la présence.
Au pied des piliers qui l'eurent guidé une fois à la libération, il détailla aujourd'hui encore leur hauteur et leurs runes qui formaient un cercle à chacune des bases des géants de pierres. Alec pouvait encore revoir son ombre se glisser de pilier en pilier en traînant ce drap ensanglanté et ce vêtement tiède, celui dont il se sépara à regret après s'y être désespéramment accroché. « Je l'ai raccommodé.. » Il ferma les yeux, et songea à son amant, la mine penaude qui vint à lui en présentant le pull de Raphaël. « Je sais que tu y tiens alors..je me suis dit que- » Alec ne put s'empêcher de l'interrompre. « Ce n'est qu'un vêtement. Trop grand pour moi, et pas suffisamment coloré pour toi. Donnons-le à cet homme qui dort sur les bancs publics en face de l'Institut. »
Le vent se remit à souffler et le froid mordit la peau de son visage qu'il fourra à moitié sous le col de son pull. Après s'être fâché avec son père, Alec partit sans prendre ses gants et il le regretta. Il enfouit ses mains dans les poches de son manteau, mais tressailli et ressortit bien vite la main droite avec quelque chose dans la main. Pas qu'il oubliât, mais il avait juré avoir sorti la plume de Raphaël hors de son manteau. Mais elle se trouve encore près de moi..
-Si seulement cela était suffisant..se plaignit-il. Toi, tu n'es plus là..alors à quoi bon.
Alec fixa la plume avec doute. Les muscles de la main crispés, il essaya d'éprouver un sentiment de rejet envers cette plume, entourée par cette aura si familière voire chère à son cœur. Plus qu'il ne l'aurait jamais cru..
Finalement, il ne parvint pas à se séparer de la plume et la remit au chaud dans sa poche. Alec entra finalement dans le sanctuaire du Mont Shasta, et refit le trajet exact qui l'avait conduit une première fois au véritable Gabriel.
Le charme de Michaël n'était plus actif, et Alec put gravir sans encombre l'escalier sculpté dans la roche qui le mena à l'étage où ils trouvèrent le cercueil en pierre de lune de l'Archange blanc. Un trou remplaçait le bouton de pierre qui sortait, jadis, du mur de la caverne. Alec balaya l'étage du regard et ne trouva personne.
Toujours éclairé par les cristaux qui émergeaient du sol et des parois humides du sanctuaire, le brun aperçut ce courant d'eau qui s'engouffrait dans un tunnel, au fond de l'antre où il se trouvait. Ses pas raisonnèrent et claquèrent contre les flaques d'eau qui jonchaient l'étroit passage qui longeait ce qu'Alec apparentait à un ruisseau.
Une fois au bout, il ne put contenir son émerveillement. Ses grands yeux bleus s'ouvrirent en avec stupeur en découvrant un lieu des plus splendides. La caverne au bout du tunnel était à la fois spacieuse et confinée, mais Alec se dit que sa forme en dôme, dont le plafond s'ouvrait sur le ciel au soleil couchant, donnait cette impression. En dessous ce puits de lumière, se trouvait un large creux rempli d'eau qui s'écoulait du ruisseau en chutant en cascade sur les marches et les roches creusées en pantes. Les parois entourant ce coin emplie par la sérénité, étaient recouvertes de marques qu'Alec soupçonnait être des runes angéliques, qui n'étaient pas inscrites dans le Grimoire.
-Jeune Alec ?
Même s'il était venu le rencontrer, Alec sursauta et fit volte-face d'un air paniqué, comme un enfant prit la main dans le sac de bonbons, et tomba sur un Michaël qui lui souriait chaleureusement.
-Tu es venu, finalement, dit-il en sautant sur un rocher avant d'atteindre le même sol que son cadet qui se demandait d'ailleurs d'où il venait.
-Comme tu ne réponds pas à mes messages de feu, je suis venu oui. Rétorqua simplement Alec après avoir repris contenance.
-Tu me le reproche, hein ? Fit le roux en se massant la nuque. C'est légitime, je m'excuse de ne pas t'avoir contacté avant.
-Hn..(Alec tourna la tête vers un mur marqué de runes) Il va bien ?
Michaël secoua la tête et Alec reposa aussitôt ses yeux sur sa personne.
-Je ne saurais vraiment te dire comment il va. Même si..il a retrouvé son corps originel, que son esprit semble s'être de nouveau noué à son enveloppe angélique, Gabriel ne s'est toujours pas réveillé.
-Comment ça ? Tu veux dire, que depuis ce qu'il s'était passé, il n'a toujours pas ouvert les yeux ?
Le roux opina.
-J'ai peur que le processus de dissociation ne l'ai gravement touché.
-Mais je n'ai rien, pourquoi aurait-il été plus touché face au rite ?
Une fois encore, Michaël resta sans réponse.
-J'aimerai que Raphaël soit là, lâcha t-il en fermant les yeux d'un air abattu. La dernière fois qu'Alec le vit ainsi, ce fut lorsqu'il vint demander de l'aide auprès de Magnus.
Mais il n'est pas là..Voulut rétorquer le brun, mais le fait de devoir prononcer ces mots et de les entendre à nouveau n'aurait pas été supportable pour lui.
-Où est-il ?
-Lorsque nous menions une vie exilée du Paradis, Gabriel a tenu à vivre comme un Terrestre. (Il sourit et son regard devint soudainement nostalgique) Il voulait prendre cette malédiction comme une chance pour lui de réaliser son vœux.
-Se rapprocher des êtres que tu chéris tant..termina Alec pour lui.
-Même si nos sigils maintenaient notre longévité, ils nous exposaient aussi à de nombreux dangers, comme celui de révéler aux démons notre situation. Nous changions souvent notre lieu de résidence afin de pallier à tout cela. Mais il y un endroit que Gabriel tenait à conserver et aimer revenir; c'est un petit cottage qui se trouve aux abords du village d'Albarracín, en Espagne.
-En Espagne ? Mais que fais-tu ici ?
-J'ai senti mes charmes êtres brouillés, j'ai voulu voir ce qu'il en était.
Brouillés ? Alors il n'avait pas désactivé ses charmes..
-Je devine à ta tête que tu ne réalises pas encore l'étendu de tes nouveaux pouvoirs, rit Michaël qui posa une main amicale sur l'épaule de son cadet.
-Je ne réalise rien du tout, soupira Alec, las.
-Viens voir Gabriel, je peux te guider jusqu'au cottage si tu veux ?
Alec refusa en secouant la tête.
-Déjà que je suis là sur une impulsion, je préfère en parler à Magnus avant.
-Tu voulais voir Gabriel, non ? Insista Michaël qui voyait bien que le jeune Ange ne lui disait pas tout.
Baissant la tête d'un air penaud, Alec se mit à songer silencieusement aux raisons qui le poussèrent à venir ici. Et peut-être réalisa t-il enfin, que Gabriel ne faisait définitivement plus parti de lui.
-Il me manque.., avoua t-il en toisant intensément le roux chez qui la stupeur était quelque peu visible dans ses yeux cuivrés. Puis, dans un sourire bienveillant il dit :
-Et je suis sûr que tu lui manques aussi. Je suis prêt à parier gros sur le fait que ta présence lui ferait du bien. Parles-en à Magnus si tu veux, mais une fois que tu seras fin prêt, préviens-moi et je viendrai te chercher.
Alec retrouva un soupçon de joie faire battre son cœur. Mon cœur.. ? Le visage soucieux de son amant se placarda dans son esprit.
-J'aimerai te demander une dernière chose, Michaël.
Magnus
Max avait finalement toisé son frère adoptif, bien que toujours lové dans mes bras, tout comme Eliott qui regardait Jace descendre les escaliers du promontoire. Quant à moi, je sentis mon cœur de sorcier s'emballer à cause du doute que provoqua les si subites paroles de Blondin.
Il sembla s'en être aperçu, puisqu'il s'avança vers moi en levant ses mains d'un geste tranquille.
-Il est parti voir Gabriel. J'ai senti son aura l'appeler, (il se massa la nuque) je ne sais pas trop comment t'expliquer..
Je secouai la tête et sourit d'un air qui se voulait rassurant.
-Je te crois. Même si de l'apprendre me surprend..
-Tu vas aller le chercher ? Me demanda Max d'un regard tellement suppliant que je crus ma poitrine étouffer tant cela me toucha.
J'essuyai ses larmes avec mes pouces et fit apparaître un mouchoir. Eliott fixa mes mains d'un air drôlement curieux.
-Ce vernis date un peu, pas sûr que tu puisses le retrouver en magasin, dis-je pour le taquiner.
-Quoi ? Mais je m'en fiche de ton vernis !
Eliott agrippa soudainement la main de Max et l'entraîna en dehors de la bibliothèque. Jace leva les yeux au ciel en souriant d'un air bienveillant.
-Ah, les gosses..(il fit mine de réfléchir) T'as déjà songé à l'adoption ?
Je manquai m'étrangler avec ma salive.
-Hé bien, reste avec moi ! Jace me tapota le dos. Je disais ça comme ça, je veux dire, Eliott et Max semblent bien t'aimer et Alec m'a parlé du Pavillon de ce sorcier chinois qui vous a aidé.
-Alors il a aussi dû te raconter à quel point les mômes m'ont maltraité ! Rah ! Max et Eliott ne sont plus des enfants, ils entrent dans le plus bel âge : l'adolescence ! Fis-je avec une pointe d'ironie.
-Je suis sûr qu'Alec voudrait des enfants.
Cette fois, je soupirai d'un air un peu agacé.
-Pardon d'être un enfant de Lilith !
-Je te parle d'adopter, je suis certain qu'Alec y songe.
-T'es sérieux ? Fis-je, les yeux ronds comme des soucoupes.
Jace me fixa d'un air imperméable jusqu'à le voir pouffer en se tenant les côtes.
-Par l'Ange, je te ferai gober n'importe quoi dès qu'il s'agit de mon frère ! Rit-il. Comment veux-tu que je sache s'il veut des gosses ou non. Enfin, je sais qu'il les aime mais après, il doit avoir d'autres préoccupations, surtout maintenant.
Mais quel crétin..me dis-je en le fusillant du regard. Cependant, il y eut une chose qui était vrai dans ses propos. Alexander devait avoir d'autres préoccupations.
-Oui..J'ignore pourquoi il n'est pas venu nous voir.
-Parce que ce n'est pas de nous dont il a besoin en ce moment, me dit Jace en s'asseyant sur le bord de la table, où Max et Eliott travaillaient lorsque j'arrivai pour les voir.
Je repensai à notre moment passé au paysage obscur avant que nous ne décidions de venir ici. D'ailleurs, je me souvins de la raison qui nous poussa à y venir. Jace balançait ses jambes dans le vide, tout en m'expliquant qu'il irait voir ses parents plus tard afin d'avoir de plus amples explications sur le départ si soudain de mon amant. Je me dis qu'il faudrait que je leur parle également. Un mal-être le ronge ces jours-ci..Pourquoi ne m'en parlait-il toujours pas ?
Sentant un regard pesant être intéressé par ma personne, je jetai un coup d'œil interrogateur à Blondin qui avait posé ses coudes sur ses cuisses et qui tenait sa tête entre ses mains.
-Te fais pas trop de bile, Alec a besoin d'espace par moments.
-Je pensai en faire parti, maugréai-je non sans cacher ma contrariété. Peut-être fus-je stupide de réagir ainsi, mais j'espérai d'Alexander qu'il me dise la vérité sur ses propres doutes, comme je l'eus fait avec lui en Indonésie et aujourd'hui au bord de la rivière.
Ainsi, je réalisai ce que dus ressentir Alexander au début de notre relation. Et tandis que je pensai tout connaître de lui, il m'arrivait parfois de le trouver changé et, comme en ce moment, de me poser des questions à son sujet. Je pris pour acquise la personnalité d'un homme qui venait de se métamorphoser et qui se découvrait, voire, se redécouvrait lui-même. Mais s'il s'était rendu compte de quelque chose, je trouvai légitime de ressentir l'envie de l'entendre m'en parler.
-Laissons-lui un peu de temps, il finira bien par rentrer. Ajouta Jace avant de descendre de la table. Alors que nous nous dirigeâmes vers la sortie, nous nous arrêtâmes net au milieu des marches en voyant Robert entrer.
De surpris, il passa ensuite à affligé et son regard se détourna de nous.
-Je pensai qu'Alec serait ici mais je me suis trompé..
-Comme souvent. Lâchai-je. Jace me toisa avec stupeur mais je passai outre.
-Comment ? me fit Robert comme si mon attitude le dépassait.
-Il n'y a pas un jour sans qu'Alexander ne se soucie de ce que tu penses de lui. J'ignore ce qu'il s'est passé, mais cela dut être suffisamment houleux pour ne désirer ne parler ni à Jace, ni à moi. (Je levai les bras au ciel d'un air désabusé) Tu ne le trouveras pas ici, Robert, dis-je en le défiant quelque peu du regard. Et je crains même qu'à trop lui mettre ta frustration sur le dos, tu le trouveras plus nulle part peu importe où tu iras le chercher.
Je vis le père Lightwood soupirer et faire mine de se détourner.
-Si tu crois que je ne m'en doute pas, tu te trompes Magnus. Sais-tu au moins où je peux le trouver ?
-Et si tu nous disais ce qu'il s'est passé ? S'enquit Jace en gravissant les dernières marches à mes côtés.
-Jace, si tu sais où est ton frère, dis-le moi.
Robert s'adressait à nous sans colère, mais la fermeté dans sa voix assurait bien qu'il semblait pressé. Alors que j'eus pensé que parler à son fils adoptif lui ferait délier la langue, Robert resta coincé dans son mutisme. Sans ajouter quoi que ce soit, il alla quitter la bibliothèque mais je le retins en me moquant bien qu'il appréciât ou non ma prochaine remarque.
-Des rumeurs courent au sujet de l'Épée. J'ignore qui les propagent mais..j'ose espérer que l'Enclave ne nous cache rien.
J'activai aussitôt ma marque animale, et mes sens s'éveillèrent. Je pus sentir depuis ma position, les effluves d'un transpiration provoquée par l'anxiété. Ses muscles se raidirent et ses doigts se cramponnèrent bien maladroitement à la poignée de porte. Jace ne sembla pas s'en apercevoir, sûrement trop occupé à me détailler d'un air presque horrifié par mes propos. Moi, je ne décrochai pas mes yeux de chat de son père..
Qui nous mentait depuis trop longtemps..compris-je.
Lentement, Robert passa sa tête par dessus son épaule et je vis dans ses yeux qu'il chercha un court instant de m'entendre répondre à cette question à sa place. Ses lèvres me parurent sèches, serrées l'une contre l'autre, je me demandai quand allait-il les ouvrir pour laisser s'échapper la vérité. Jace, détourna enfin son attention de moi pour la poser sur son père adoptif. Clairement, il attendait avec incertitude une suite à cette histoire..
Déglutissant, ce cher Robert poussa les battants de la porte et nous enferma tous les trois dans la bibliothèque. Il resta face au bois lustré et orné de runes dans du fer peint en vert émeraude.
-Tout ce qui va être dit, ne devra pas sortir d'ici.
L'homme se tourna finalement face à nous et comme je m'étais attendu au fond de moi à ce qu'il me contredise, je sentis la déception alourdir mes épaules. Robert nous conta la vérité au sujet de l'Épée, qui, une fois après avoir été utilisée par Valentin, ne fut jamais récupérée par aucun agent de l'Enclave. Imogène eut tenue à garder cette information sous silence, afin d'éviter une évidente et violente agitation chez les créatures obscures ainsi qu'un abandon dans leurs troupes. Car il semblait..que le nombre de chasseurs d'ombres qui craignaient voir Valentin prendre le dessus sur l'Enclave, grandissait et s'en allait rejoindre le Cercle, plus pour sauver leur peau que par conviction.
-Les lâches ! Cracha Jace avec une mine de dégoût sur le visage.
-Les chiens ne font pas des chats, pestai-je en toisant Robert avec un certain dédain.
Jace se mit à rougir. De la colère, de la honte ? Je ne pus savoir, mais il jeta un coup d'œil intrigué vers Robert qui me menaçait du doigt.
-Nous ne voulions pas créer de discordes inutiles entre le monde obscur et les Nephilim, objecta t-il.
-Parce que vous vous doutez très bien, qu'entre nos effectifs à nous, et ceux de vos troupes, la balance n'est pas très équitable pour l'un des deux camps. Je vous laisse deviner lequel..
Robert fit mine de vouloir rétorquer mais son mutisme et son regard fuyant furent amplement suffisant pour moi. Oh, Alexander..si tu étais là, tu comprendrais sûrement que mes paroles étaient vraies tout à l'heure..
-Vous aurez beau dire, et répéter, et continuer ainsi, en affirmant que tout ce que vous faites c'est pour protéger les créatures obscures..Les Nephilim, repris-je d'un ton volontairement acerbes, ne réussiront jamais à comprendre le monde obscur, parce qu'ils n'ont jamais voulu le faire ! Depuis la nuit des temps, vous nous craignez, vous nous voyez comme des fous prêts à se rebeller sans même comprendre.
Je contournai Robert et Jace et me planta devant la porte, leur présentant mon dos.
-Mais folie, peur et colère font partis de notre côté humain. (J'ouvris les portes sans les toucher à l'aide de ma magie) Ne faites pas comme ci les Enfants de Raziel n'en avait pas un. Votre couardise en est pourtant un bel exemple.
Je fis apparaître un portail sur le seuil de la bibliothèque que je traversai, ne supportant plus le regard lamentable de Robert. Avant que la brèche de m'engloutisse, je crus apercevoir un homme de bien forte carrure se tenir derrière le, et me jeter un regard déstabilisé. Malachi ? Cependant, en arrivant chez moi, je passai outre et jetai mon manteau sur le canapé avant de m'accouder derrière le comptoir de mon mini bar.
L'amertume et la révulsion me tiraillaient, et sans que je puisse me contrôler, je frappai du poing contre le plan du comptoir et fit exploser une étagère remplie d'alcool et de verres de toutes tailles et de toutes les couleurs. Les débris sur le sol formèrent comme un vitrail représentant les bribes d'une bataille dont l'issue restait incertaine.
Soudain, mon chat qui ne s'était pas présenté à mon arrivée, feula peureusement devant la porte de sortie de secours. Sur le moment, je me dis qu'un autre chat devait roder dans les escaliers et je ne me levai pas pour vérifier. Non, d'un claquement de doigts je fis léviter les éclats de verres et jusqu'à la poubelle. Je m'apprêtai ensuite à nettoyer l'alcool que mon tapis imbibait par grandes flaques, mais un bruit tonitruant me fit tressaillir et tourner la tête vers sa provenance : l'escalier de secours. Président Miaou s'enfuit, le poil hérissé, se cacher sous le canapé. Ne ressentant aucune présence malfaisante, je laissai mon aura démoniaque examiner les lieux. Puis, sentant mon cœur s'emballer de joie, je trottinai jusqu'à la porte de secours où je vis mon amant ridiculement coincé dans l'escalier, les ailes pliées autour des marches et une jambe ballante par dessus la rambarde, dans le vide.
Alec, l'air penaud, me fit un signe discret de la main et d'un coup, je sentis ma précédente amertume s'envoler. Je ricanai sans retenue, ouvris la porte m'appuyai contre le chambranle en croisant les bras. Je restai ainsi un moment, à le contempler galérer à s'extirper de son piège.
-Un petit coup de main ne serait pas refus..me dit-il.
-Ah ! Alors maintenant tu veux mon aide ? ris-je. Je ne t'ai pourtant pas vu me concerter après la dispute avec ton paternel, pour me demander si je voulais bien, moi aussi, partir vois ce cher Gabriel !
Je le vis rougir et sourire d'un air crispé. Mais cette fois-ci, malgré la situation burlesque qui se présentait sous mes yeux, je me jurai de ne pas céder pour ses beaux yeux.
-Tu mérites de te transformer en mister freeze goût angélique, pour cet affront !
- « Un affront »..répéta t-il en secouant la tête. Je vais tout t'expliquer, mais s'il te plaît, aide-moi Magnus..gémit-il.
Je secouai la tête, gardant mon sourire amusé plaqué sur le visage.
-Réponds d'abord à mes questions, puis, je t'aiderai à te dégager de là.
-Ok, ok..tu sais quoi ? Balance tes questions.. soupira t-il d'un air résigné. Non mais, un peu que tu vas capituler mon neveux ! Me dis-je en lui dévoilant ma Magnificence.
-Où étais-tu ?
-Tu viens de le dire..je voulais voir Gabriel.
Je fis mine de réfléchir en levant les yeux en l'air et consultai ma mémoire.
-C'est vrai. Tu vois ce que la colère me fait dire ? Fis-je sur le ton de la plaisanterie mais mon amant blêmit d'un coup. Peut-être aurai-je dû le rassurer et lui dire que ce n'était pas un reproche mais le voir ainsi..Me confirmait qu'il s'en voulait et que mes états d'âmes avaient de l'intérêt pour lui. Je repris : Pourquoi ne pas être venu me voir ? (Je secouai la tête et avançai vers lui en gardant mes bras croisés contre mon torse) Je veux dire..j'entends que tu étais fâché, mais pas contre moi j'espère ?
-Bien sûr que non, souffla t-il.
-Alors pourquoi ne pas être venu parler à Jace ? Pourquoi..es-tu parti sans moi ?
-Magnus, je ne voulais pas te faire de la peine..j-je..je ne pensai à ce que t-
-Après ce que je t'ai dis ce matin au sujet de mon ancienne compagne, je te trouve bien égoïste. Lâchai-je peut-être plus morne que je ne l'aurai pensé. Surtout que j'étais certain d'avoir surmonté ma contrariété. Mais en voyant Alec, je réalisai que j'étais peut-être bien plus touché par son départ que je ne m'en eus douté.
Mon regard se détourna sur ses ailes, et autant fussent-elles splendides et d'un blanc pur à la hauteur de son âme, autant je ressentais indéniablement cette envie de les voir enchaînées, clouées contre un mur ou au sol pour ne plus le laisser partir. Je tendis le bras vers l'une d'elles, caressai amoureusement ses plumes. Dieu qu'il est beau, affublé ainsi de ses grandes ailes..Diable qu'il est fort, capable ainsi de me soumettre à des sentiments si impures que ceux de vouloir le priver de liberté. Je pinçai une plume entre le pouce et l'index. Il ne me suffisait que d'un geste brusque pour l'arracher. Mais il.. Un contact léger et duveteux contre ma tempe me surprit. Je détournai la tête et vis que l'autre aile me câlinait le visage avec tendresse. Ma poitrine se serra. Je me souvins que Michaël disait que les ailes d'un ange représentaient une part de sa personnalité et contenait l'aura de leur maître. Son aura, pleine d'amour et d'inquiétude..
-Alexander, murmurai-je en ancrant mon regard dans le sien.
-Gabriel..a fait parti de moi pendant tellement longtemps, fit soudainement Alec dont le timbre de sa voix sonnait comme celle qu'on emploierait pour formuler de plates excuses : Je ressens ce changement, j'en ai pris violemment conscience aujourd'hui. (Il haussa les épaules) Je voulais le voir..Pardon d'être parti ainsi, mais j'avais besoin de le voir. Je t'assure que je n'avais nullement pour intention de te blesser de la sorte, mais sur le moment..
-Tu n'as pas réfléchi ? Terminai-je pour lui.
Il pouffa en secoua la tête.
-Tu me connais bien.. dit-il.
Non, c'est faux. Je lui souris, et claquai des doigts afin de l'aider à s'extirper de l'escalier. Une fois sur ses deux pieds, et les ailes décoincées, il s'étira avant de me jeter un regard que je trouvai fort curieux. Je l'interrogeai du mien. Je pensai te connaître mais.. Faisant disparaître ses ailes dans un éclatement de plumes qui tombaient autour de nous, Alec m'étreignit avec un élan de passion qui me fit tomber des nues. Montre-moi qui tu es vraiment..Rassure-moi en me parlant de ce que tu caches au fond de toi. Les bras plaqués le long de mon corps, je sentis son cœur s'emballer contre ma poitrine. Ce qu'il avait grandi, son front touchait le mien avec aisance sans qu'il n'eut besoin de se mettre sur la pointe des pieds, comme il le faisait autrefois.
-J'ai parlé à Michaël, me glissa t-il à l'oreille, dans un chuchotement suave. Mais je n'ai pas de réponse sûre à te donner.
-D-de quoi parles-tu ?
-Que je ne suis qu'un ange vagabond. Et qu'à ce titre, ni le Paradis, ni les Enfers, ne peuvent m'accorder l'éternité qui aurait pu t'accompagner jusqu'au tout dernier de tes jours.
-Tu veux dire que..tu es toujours mortel ?
Presque avec douleurs, Alexander s'écarta péniblement de moi. La tête rentrée dans ses épaules crispées, il leva lentement la tête pour me laisser voir son affliction qui me fendit le cœur en deux. Il pensait me décevoir, pourtant, il ignorait à quel point je me sentis soulagé d'entendre ses mots. Et il dut le remarquer, puisque je pus lire de la stupeur dans son regard.
-Bien qu'après tout ce qui nous est arrivé..un serment d'éternité m'aurait comblé et panser certaines plaies encore ouvertes, tu viens néanmoins de m'apporter une réponse, mon Alec. Assurai-je en levant tout juste mes bras pour venir serrer ses mains dans les miennes : Maintenant je sais, que nous n'avons nullement de temps à perdre pour nous aimer.
Alec, détacha ses doigts d'entre les miens et redessina mon visage avec. Il ne me toucha pas, je vis ses mains trembler, suspendues dans le vide autour de ma tête. Quant je m'attendais à sentir sa peau contre mes joues, il reculait avec une crainte dans les yeux dont je ne sus déceler la raison. Oh, je t'en prie parle-moi.
-Alexander..suppliai-je presque. Son sigil vint se graver sur son front, brillant sous les mèches de ses cheveux noirs. Je les écartai afin de le voir : Alors, c'est devenu ton nom angélique ?
-Il semblerait. Mais il n'y a qu'en m'appelant du fond de son cœur, qu'on peut le faire apparaître.
Prenant enfin mon visage en coupe, je ne pus m'empêcher de soupirer d'aise et de fermer les yeux pour savourer le toucher si familier de ses mains.
-Devrais-je moi aussi t'appeler Alec ?
Il secoua la tête, et approcha son visage du mien.
-Appelle-moi comme tu veux.
Je ne pus attendre d'avantage, et me pendis à son cou avant de l'embrasser avec ardeur. Très vite, je l'attirai à l'intérieur du loft. Je l'entendis refermer la porte d'un brutal coup de pied, et il prit ensuite les devants, me guidant jusqu'au salon en me portant dans ses bras. Mais ce fut sans compter..
-C'est quoi cette odeur ? grimaça t-il en arrêtant de m'embrasser.
Je l'interrogeai du regard, puis me frappai intérieurement en lui demandant de me laisser descendre. Ce qu'il ne fit pas, du moins, pas au sol. Alec me fit m'asseoir sur le comptoir du mini bar, tandis qu'il resta debout entre mes jambes. Il fixa les dégâts que je n'avais pas terminé de nettoyer.
-Une tornade est passée ?
-N-non..pas vraiment. (J'agrippai les passants de son jean gris, et l'attirai contre moi) Mais je dois également te parler..renchéris-je d'une voix sourde.
Mon cadet croisa mon regard, et je pus lire dans le sien qu'il redoutait un peu ce que je m'apprêtai à lui révéler..
-Tu leur as bien dit que tu repartais à Idris rejoindre la cousine de Sébastian Verlac ?
Assis sur le bord de la fenêtre du studio, dont l'armature en bois était recouverte de runes et de charmes qui obstruaient la vision depuis l'extérieur, Valentin toisait son fils, Jonathan, qui avait troqué sa couverture en tant que Sébastian pour sa véritable apparence.
-Oui. Aussitôt après avoir reçu la lettre d'Aline Penhallow, j'ai feint devoir la rejoindre dans la maison principale de sa famille.
-A t-elle demandé son cousin ?
-Non, mais le plus important est que l'Institut de New-York pense que Sébastian soit parti. Je peux donc agir en tant que Jonathan sans que ma couverture soit percée à jour..
Debout face au rebord de la fenêtre d'où était assis son père, Jonathan détourna un instant ses yeux noirs de jais du paysage crépusculaire de New-York, pour le poser sur lui.
-Bien que j'attends toujours ton feu vert pour réellement partir à Alicante.
-Patience, je veux ce jeune sorcier avant tout. Une fois que son sang aura ôté le scellé dessus la Coupe Mortelle, il ne nous restera plus qu'à rejoindre la capitale.
-Hn..
Clairement, Jonathan ne semblait que peu convaincu.
-Qu'as-tu ? Depuis quelques temps tu rechignes beaucoup sur nos projets.., souligna Valentin en toisant également le paysage et tapotait distraitement contre la vitre.
-Sur les démarches de nos projets, rectifia le blond. Ça prend trop de temps..(il se retourna vivement) Et je trouve ça quelque peu dommage que tu ne désires pas plus que ça récupérer ta fille, surtout avec le don qu'elle possède !
-Elle et Jace sont plus dangereux que tu ne le penses, et Clary nous a bien fait comprendre, lors de l'attaque à la raffinerie, qu'aucun accord était possible entre elle et moi.
-Qui voudrait faire affaire avec toi ? Pesta Jonathan. Laisse-moi donc me charger d'elle..
D'un air suspicieux, Valentin ne put s'empêcher de détailler son fils qui lui présentait son dos. Il se revoyait, vingt années en arrière, la même carrure, les mêmes cheveux, et les épaules robustes. Certes, il n'avait jamais eu la carrure de Robert, et à mains nues, ce dernier prendrait sûrement le dessus, mais avec le sang de démon qui coulait dans les veines de Jonathan, Valentin était certain d'une victoire à la clé de cette prochaine bataille. Une bataille qui bouclera cette guerre, qui n'aurait jamais dû voir le jour si ces vulgaires créatures ne pullulaient pas sur cette Terre. Se dit-il d'un air presque absent.
-Tu as toujours été curieux de connaître ta sœur.. Mais ne te fais pas berner, les femmes sont douées pour se jouer des hommes. Regarde ta mère, Joce-
-Ne parle pas de cette femme. Lâcha subitement Jonathan dont la noirceur du regard s'était intensifié, toisant son père par dessus son épaule.
-Clary est comme Jocelyne. Dès qu'elle découvrira ta véritable nature, elle t'abandonnera. (Valentin se leva de son perchoir et rejoignit son fils qui fixait le sol parqueté recouvert de tapis aux broderies ethniques) Fais ce que tu veux avec elle, mais n'oublie pas qu'elle a été élevée par cette femme que tu haies tant !
Jonathan se retourna brusquement et s'apprêtait à rétorquer avec véhémence quand soudain, apparu un message de feu sous le nez de Valentin. Le papier se matérialisa dans l'air, auréolé de flammes qui finirent par disparaître une fois le message entre les mains du meneur du Cercle. Dès les premières lignes, son expression impassible opta pour des traits crispés et un air sombre.
-On parlera de ta sœur plus tard, trouve moi ce foutu sorcier !
-Que t'arrive t-il enfin ? De qui cela venait ?
-De Malachi..Et Robert semble avoir dévoilé une information qui risque de nous faire manquer de temps, dépêche toi de retrouver Eliott ! Gronda Valentin qui déchira le message entre ses doigts tremblants de colère.
Jonathan pouffa.
-Dire qu'il était là-bas pour retenir les troupes et nous laisser le temps de disperser Alicante. Voilà que le sort nous rattrape, je t'avais dit..que tu t'y prenais mal !
-Je n'ai plus le temps de t'écouter me faire la morale, fulmina Valentin en se débarrassant des paroles de son fils d'un geste désinvolte de la main. Tu veux monter sur scène ? Bien, Malachi a enfin trouvé l'emplacement du Miroir Mortel, maintenant, apporte moi le sang de ce fichu gamin ou ton impertinence nous fera perdre un temps précieux. Tu as échoué la dernière fois, prouve-moi aujourd'hui que tu peux faire mieux que moi.
Un duel de génération eut lieu à travers les yeux des deux hommes. Père et fils se défièrent autant qu'ils tenaient à accomplir leur dessein commun ; Mettre l'Enclave à genoux et voir s'éteindre toutes les races de créatures obscures au sang démoniaque.
Après la surprenante discussion qu'il eut avec son père adoptif, Jace se cloîtra dans chambre, assis en tailleur sur son lit et le Livre Blanc ouvert entre l'écart de ses cuisses. « L'Épée Mortelle est toujours entre les mains de Valentin.. » La Coupe, L'Épée..Jace comprit que Valentin cherchait à invoquer l'Ange Raziel en réunissant les trois instruments, comme leur avaient avoué les Sœurs de Fers et l'Archange Michaël. Il ne lui manquait plus que le Miroir, le dernier instrument que l'Ange confia à Jonathan Shadowhunter, afin de lui donner la puissance nécessaire pour repousser les démons. Des armes, à double tranchant..
Ne portant qu'un t-shirt à manches courtes, Jace ressentit le froid hivernale de sa chambre mal isolée parcourir sa peau. Il se frictionna les bras et en tournant la tête, son attention de posa sur sa tâche de naissance qui dépassait dessous sa manche. Il la releva, et les sanglants souvenirs du cadavre de l'inquisitrice lui revint en mémoire, accentuant une migraine qui l'eut pris plus tôt dans la journée.
Soupirant d'agacement, il tenta de se replonger dans la lecture du Grimoire, bien que la plupart des textes se présentaient à lui comme de véritables casse-têtes linguistiques. Il pouvait voir les runes, mais ne comprenait pas la description qui leur était accordée. Ce n'était pas une langue qu'apprenait habituellement un chasseurs d'ombres.
Quelques coups frappèrent à sa porte entrouverte. Il tourna vivement la tête en direction de sa visiteuse qui n'était autre que Clary. Elle semblait soucieuse, mais le blond sut pourquoi.
-J'ai reçu ton message, tu semblais alarmé.
-Personne ne t'a suivi ?
Clary jeta un vif coup d'œil derrière elle, mais ne vit rien. Elle entra, et referma aussitôt la porte derrière elle. S'approchant du lit, elle remarqua la Grimoire posé sur les jambes de son petit ami. Levant les yeux au ciel, elle s'assit en les faisant remuer tous les deux à cause des ressorts du matelas.
-Je t'ai déjà dit que ça ne servait à rien de chercher dans le Livre Blanc, mes runes ne sont pas de dedans.
-Je sais, souffla le blond en se passant une main dans les cheveux. Clary remarqua qu'ils avaient un peu poussé, et qu'à l'instar d'Alec, il recouvrait les yeux de fauve de Jace. Mais même ainsi, elle put voir qu'il était drôlement perturbé. Mais c'est la première fois que j'ai ce genre de visions, Clary. D'habitude, tu vois les runes et moi..(il ferma les yeux et fit brûler son aura) J'augmente leur puissance.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il croisa ceux verts opalins de la rousse qui compara aussitôt Jace à un aigle qui déployait ses ailes face au soleil ardent, haut dans un ciel épuré. Ses yeux scintillaient comme lui, comme le Roi Soleil. Et la chaleur qui s'en dégageait lui était même similaire. Sans qu'elle ne s'en rende compte, son aura répondit à celle de son petit ami. Cependant, une fois que les murs se mirent à trembler, tous deux sursautèrent et regardèrent autour d'eux avec affolement. Leur aura diminua jusqu'à s'éteindre. Les murs, le sol ainsi que les meubles cessèrent de remuer et tout redevint à la normale.
-On va éviter à l'Institut. Décréta Clary en lissant un pli sur la couverture du lit.
-Je suis du même avis, ajouta Jace en hochant comiquement la tête.
Jace secoua la tête et devint soudainement plus sérieux.
-Clary, je sais que Robert va en parler à Isabelle, mais je tenais à ce que tu sois également mis dans la confidence. (Il haussa les sourcils avec évidence) Cela te concerne bien plus que tu ne le penseras, j'en suis sûr..
-Jace, dis-moi ce qu'il ne va pas. L'incita t-elle avec douceur. J'ai encaissé pas mal de chose ces derniers mois, t'as pas besoin de prendre de gants. C'est au sujet de la rune ?
-N-non, à la limite, on a le temps pour ça.
Jace planta son regard dans le sien sans sourciller.
-Mais pas pour retrouver Valentin.
Au ton de sa voix presque tranchante et dure, comme à chaque fois qu'il parlait de leur père -elle ne parvenait pas à défaire ce lien entre Jace et Valentin- Clary comprit qu'une sombre urgence était sur le point d'éclater. Même en ce préparant ainsi, apprendre qu'un tel mensonge avait été proliféré par l'Enclave, alors que les Nephilim baignaient dans une véritable crise politique, Clary ne put retenir cet élan de colère et la consternation qui l'amplifiait.
-Je ne sais pas si c'est ce qu'il comptait dire à Alec, mais j'ai peur de ne voir leur relation se disloquer pour de bon, termina Jace.
Clary eut beau s'être rapproché d'Alec, elle savait que celui-ci se tempérait de plus en plus. Et même si elle ressentit beaucoup de peine en apprenant par son petit ami, qu'Alec et son père s'étaient une énième fois disputés, elle se dit qu'ils surmonteraient ça et que leurs soucis relationnels n'étaient pas au rendez-vous dans un tel moment.
-Laisse-les gérer ça, Jace. Il y a plus urgent, osa t-elle dire.
Jace la dévisagea d'un air curieux, bien qu'il comprit qu'elle parlait de l'Épée. Quand bien même, il ajouta sans animosité.
-Tu devrais pourtant savoir ce que s'est, les mensonges dangereux au sein d'une famille, à l'approche d'une bataille.
Aussitôt, la jeune fille se sentit rougir en repensant à ses moments plus que délicats avec sa mère, Jocelyne, toujours tenue sous surveillance par l'Enclave. Essayant de contenir sa véhémente émotion, elle s'excusa d'une petite voix.
-Ça va, dans un sens ce que tu dis est juste mais..
-Mais ça n'aurait pas dû venir de moi ? Continua Clary pour lui. Il opina en silence.
En effet, raison ou pas, Clary eut surtout dit cela en ayant conscience de la gravité de la situation, mais en ayant oublié qu'elle connut les mêmes soucis qu'Alec. Encore, si j'avais appris de mes erreurs, se dit-elle. Mes paroles auraient plus de sens..
Le mensonge touchait tout le monde, mais la rousse comprit que ça atteignait plus sensiblement le brun.
-Que peut-on faire, maintenant que nous sommes au courant ? S'enquit-elle.
Depuis qu'elle s'était assise sur le lit, Jace n'eut de cesse de caresser la pointe de ses cheveux qui tombaient en une cascades de courbes enflammées entre ses omoplates. Par moment, elle sentait ses doigts effleurer son gilet qui chatouillait ensuite sa peau, et la faisait frissonner.
-Je n'aime pas la tournure que prend la situation, déclara Jace. L'Enclave a toujours plus ou moins agit dans l'ombre, mais mentir ainsi sur la disparition des armes mortelles. Si nous nous en étions rendu compte en pleine bataille contre Valentin, je n'ose pas imaginer la discorde que cela aurait créé. (Il soupira et se passa une main sur son visage soucieux) Je ne dis pas que dire la vérité de but en blanc après la bataille à la Raffinerie serait resté sans conséquence, mais..(Il leva les yeux au ciel) On doit aller voir Alec, pour être honnête j'irai botter son cul au Consul si j'écoutai ma colère, mais ce n'est pas pour rien que j'ai un Parabataï.
-J'ai comme l'impression qu'Alec t'a extirpé de pas mal d'ennuis, rit Clary en le toisant en coin.
-T'as pas idée, rétorqua le blond sur le même ton.
Elle se pencha au dessus de lui pour l'embrasser et il n'hésita nullement avant d'y répondre.
Une fois qu'ils eurent tous deux terminés de se préparer -récupérer des dagues et des lames- Clary et Jace rejoignirent la cuisine où ils croisèrent une Maryse, seule, et à l'air complètement abattu. Jace voulut allait lui parler, mais se ravisa en ne sachant pas quoi lui dire finalement. Clary demanda où se trouvait Isabelle, et sans savoir en expliquer les raisons, une légère angoisse noua son ventre. Maryse secoua la tête en haussant les épaules, et sans dire quoi que ce soit, s'en alla de la cuisine. Avant qu'elle ne disparaisse complètement au fond du couloir, Jace lui informa que Max était parti avec Eliott bien qu'il ne sut dire où, et que de leur côté, ils partaient tous les deux chez Magnus et Alec.
-Oh moins, je sais où se trouve l'un de mes enfants sur les quatre, soupira t-elle avant de tourner à l'angle du couloir.
Jace ne put se demander si un jour, les choses redeviendraient calmes et moins pesantes entre les membres de sa famille. Il porta une main à son épaule, à l'endroit exacte où se trouvait sa marque de naissance, dissimulée sous les couches de vêtements qu'il portait. Pourquoi ai-je la même marque que cette femme ? Soudain, il vit Clary se retourner avec une intense lueur de surprise dans le regard.
-Clary ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Jace se tourna également et regarda dans la même direction que Clary. Hormis l'arche qui ouvrait sur le séjour et le couloir qui menait aux chambres et l'autre vers l'ascenseur, le blond ne vit rien ni personne. Ils n'étaient qu'eux deux dans cet espace-ci de l'Institut.
-J'ai eu l'impression qu'on nous observait, dit-elle d'une voix lointaine. Mais j'ai dû me tromper.
Bien qu'il ne vit rien, Jace croyait trop en ses sens de Chasseurs d'Ombres pour réfuter ouvertement les paroles de sa petite amie. Si elle avait ressenti quelque chose, il se promit de rester sur ses gardes, bien plus qu'il ne le faisait déjà.
Le soleil se couchait, et les nuages étaient bas. Tous deux se tinrent la main, même lorsqu'ils montèrent dans le taxi qui les mena aux pieds de la Résidence du Grand Sorcier de Brooklyn. Ils payèrent le chauffeur au moment de descendre du taxi, mais leur route fut barrée par un attroupement de personnes curieuses et agitées. Clary et Jace se surent invisibles aux yeux des terrestres mais ceux qui constituaient la foule semblaient avoir la seconde vue puisqu'à l'instar des créatures obscures présentes, ils sentirent leur présence et tournèrent tous leurs attentions respectives vers eux. Jace remarqua que la plupart des créatures obscures étaient des Sorciers, pour ne pas dire, toutes.
-Magnus a organisé une fête, tu crois ? Plaisanta t-il, mais Clary n'en fit rien et interrogea une sorcière qui apparaissait comme une humaine à la peau sombre et aux cheveux noires, coiffées en longues tresses aux yeux des terrestres, tandis qu'une fois le charme levé, sa peau sombre était parsemée de tâches orangées et blanches et ses yeux étaient violets.
Mais la réaction froide et hautaine de la femme remplaça une quelconque réponse orale. Le reste de la foule s'écarta sur eux deux, et, tandis qu'ils avançaient, Clary et Jace resserrèrent leurs mains jointes, inquiets par les regards défiants des Sorciers. Une fois à l'intérieur du bâtiment, ils se dirigèrent aux pas de course vers l'ascenseur qui les monta jusqu'au loft de Magnus Bane. Comme à son habitude, Jace entre sans frapper et fut bien mal reçu. Mais par son frère cette fois-ci.
-Jace ! T'en as pas marre de violer l'intimité des gens ?!
-Va dire ça à Isabelle, rétorqua Jace en balayant d'un geste désinvolte les paroles d'Alec. Il toisa ensuite Magnus qui tenait son chat dans ses bras. Tu lui as parlé ?
-Oui, tu n'avais pas besoin de faire tout ce chemin pour ça, tu peux repartir.
-Et tes groupies, tu vas les renvoyer chez-elles aussi ? Lança le blond en jetant un signe concis de la tête en direction de l'extérieur.
Magnus et Alec s'échangèrent des regards soucieux avant d'interroger les deux intrus. Clary expliqua la situation tandis que Jace ne lâchait pas des yeux son frère aîné dont l'expression ne changea nullement du début jusqu'à la fin. En arrivant, Alec paraissait déjà contrarié, et il l'était toujours maintenant. Peut-être qu'une touche d'exaspération s'était ajouté..En tout cas, ses yeux bleus d'habitude si tendres étaient glacials, presque gris.
-Des Sorciers ?
Le propriétaire des lieux fit luire sa marque animale et soudain, comme si le chat eut ressenti la surprise de Magnus, il s'enfuit de ses bras et disparut dans le couloir, sûrement parti rejoindre la sécurité de la chambre.
-Tu crois qu'ils m'ont vu ? S'enquit Alec, en posant une main sur la hanche de son amant pour le rapprocher. Sa voix ne sortit qu'en murmure.
-Les terrestres ne peuvent pas te voir, mais nous autres, si. Quand bien même, pourquoi avoir montré une telle attitude envers Jace et Clary ?
-Ils étaient peut-être des prisonniers de Valentin ? Ils se sont souvenus de nous et ont eu peur. Tenta d'expliquer la rousse.
-Après ce qu'il s'était passé à la Raffinerie, ils ont dû comprendre que vous n'étiez pas du côté du Cercle. (Magnus secoua la tête avec incompréhension) A moins que ce ne soit au sujet de la double utilisation des Instruments Mortels, l'information s'est répandue comme une traînée de poudre !
-Et pour la disparition de l'Épée ? S'inquiéta son amant.
Magnus le consulta avec de grands yeux soucieux. Tous deux pensaient à cet Edween qui avait disparu aussi abruptement qu'il était apparu dans cette ville.
-J'ignore par quel moyen il a obtenu cette information, mais une chose est sûre c'est qu'on ne peut pas le laisser la répandre ainsi sans consulter un Grand Sorcier. (Alec sourit avec amertume) Même si mes mots sonnent faux après ce que vient de nous cacher l'Enclave.
-Alexander..l'appela doucement Magnus qui jeta un regard agacé sur Clary et Jace qui tentèrent de se faire tout petits. Le sorcier prit son amant à part, dans son atelier.
Ils se retrouvèrent seuls, et, en reprenant leur conversation d'avant l'arrivée des deux autres, Magnus dit :
-J'aimerai savoir ce que tu comptes faire, Alexander. Pour ma part, je te l'ai dit, je ne traiterai plus avec l'Enclave, tant qu'ils n'auront pas ouvertement avoué leurs torts.
-Et que fais-tu de ton clan dans tous ça ? Ils ont besoin de réponses eux aussi, et si tu ne veux plus t'en tenir aux Accords, ils en souffriront également, souligna Alec qui, à l'aide de son aura parvint à percevoir le ressentiment de la foule au dehors.
-Parce qu'on ne souffre pas suffisamment des débordements des Nephilim ?! S'emporta quelque peu Magnus. Ouvre les yeux Alec, tu auras beau dire..souhaiter..désirer au plus profond de toi que les choses changent et s'améliorent. (Magnus ferma un instant les yeux et crut entendre les cris et les pleurs de son peuple pendant l'insurrection) Rien ne changera jamais.. ! Déclara t-il d'une voix grave et les yeux brillant comme des phares.
Les deux hommes se toisèrent avec animosité pendant un moment. Ni l'un, ni l'autre n'attendaient une réponse et ne comptaient parler en premier. Pourtant, Alec brisa le silence et les deux amants ressentirent également quelque chose se briser en eux.
-Tu as raison. Rien ne change, surtout lorsqu'on ne le désire pas.
-Al-
N'ajoutant rien d'autre, Alec quitta l'atelier de Magnus qui le regarda partir sans savoir quoi faire ou dire. Il porta une main à son visage mais les larmes coulèrent sans qu'il ne put les retenir même un peu. Ne pas désirer de changer ? songea t-il en prenant appui contre son bureau. Comment oublier ce dont ont été capable les Nephilim ? Comment veux-tu que je crois en l'avenir dont tu me parles, Alexander ?
-Tu n'étais pas là..
Ce fut dans une colère sombre et des éclairs dans ses yeux de fauves qu'Asmodée revint aux Enfers et se fut s'en passer par sa tour, qu'il se rendit devant l'Antre du Seigneur des bas-fonds.
-Lucifer ! Hurla t-il. Lucifer, montre-toi !
Au pied d'une pyramide de marches semblables à des blocs de sable, le démon balaya des yeux l'espace. Tout autour, une atmosphère poudreuse et silencieuse. Aucune paysage ne paraissait, seule la cendre qui tombait silencieusement comme le feraient des flocons de neige, tapissait le sol -s'il y en eut un- et la pyramide. Asmodée constata que la cendre s'était accumulée sur les marches et qu'aucune trace de pas n'était visible. Le Prince d'Edom osa un regard vers le haut de la pyramide qui ne semblait pas en finir, à croire que Lucifer compensait sa chute du Paradis en érigeant ces marches qui ne menaient nulle part. Du moins..Personne n'est jamais parvenu à en voir le bout vivant. Songea le Déchu en souriant de toutes ses dents pointues. Un sourire qui se tordit désagréablement lorsqu'une plume noire glissa sous ses yeux. Il se recula de quelques pas et observa la plume se coucher sur la cendre. Soudain, une volute noire dansa au dessus de la plume et son duvet s'étira en plusieurs tentacules de miasme qui vinrent s'entortiller entre elles jusqu'à faire naître le corps d'un homme haut comme le Ciel duquel il fut chassé. Une sorte de longue cape noire entourait ses épaules et semblait chuter indéfiniment vers le bas, comme une cascade vaporeuse et ténébreuse. L'Étoile du Matin et du Soir..Compagnon du Soleil il défia le Ciel par Orgueil.
« Sidonay..pourquoi avoir quitté le Royaume d'Edom ? »
Un visage pâle aux traits défiant la perfection et un regard inexpressif, Lucifer n'eut besoin de remuer la moindre lèvre pour parler. Semblable aux éclats d'une étoile, les longs cheveux d'or et d'argent pendant dans le vide tandis qu'il semblait se pencher. Une mèche effleurait sa joue, et les lueurs dans sa chevelure étaient comparables au roulement des vagues sur le sable. Partant et revenant peu importait dans quelle direction nous regardions.
-Tu me sors de ce trou pour te rendre service et tu me traites plus tard comme un sous fifre ! Et je constate que tu as fait de même avec Azazel, tout ça pour la Coupe Mortelle, mais que recherches-tu enfin ?!
« Je n'ai que faire de cette Coupe, Jonathan Shadowhunter lui-même, ne savait que faire de cet instrument Mortel. Rameel a eu peur de ce bout de métal rouillé et désirait s'en débarrasser. Il n'a nullement eu besoin de mes ordres pour agir, et n'a pas jugé bon me consulter non plus. »
-L'aurais-tu arrêté ?
« Pourquoi ? Vous êtes libres d'agir tant que je vous le permets. N'abuse pas de ma patience, dis-moi la raison de ta venue.. »
-Que comptes-tu faire de son Royaume maintenant qu'il a disparu ? Samaël, mainteant Azazel, les sept tours sont les principaux piliers des Bas-fonds. Nous perdons en puissance chaque fois que l'un des Princes disparaît..Et tu sais qu'il ne pourra pas renaître.
« Touché par le pouvoir sacré nous nous consumons et partons dans l'oublie. »
-Dans l'oublie ? Voici la réponse que tu me donnes, qu'on oublie ? (Asmodée leva théâtralement les bras de part et d'autre et éleva la voix) Les troupes d'Éden attaquent les nôtres et tu veux qu'on oublie ?! Ah ! Je t'ai connu plus vengeur, lorsque tu damnas ton frère à pourrir avec le Gardien de la Lune parmi les Terrestres !
« Et toi ? n'as-tu pas damné le Gardien de la Nature qui arrive pourtant à se moquer de toi ? Tu me parles de la Vengeance sans même la comprendre. Je n'ai fait que rétablir l'équilibre, pour tous mes frères et sœurs perdus ici bas, je me devais d'amoindrir le pouvoir sacré du Ciel. En touchant le Soleil j'ai atteins la Lune, quant à toi tu n'as même pas été capable de détacher sa tête de son corps à Refa'el qui a fait naître des bâtards ne louant gloire ni aux Enfers ni au Ciel ! Me reproches-tu de mettre de côté des misérables comme Rameel ? »
Asmodée se sentit rougir de colère, mais aussi d'admiration. Ah..Que de sentiments partagés, se dit-il en défiant du regard le Seigneur des Bas-fonds. Croire en lui c'est être victorieux et glorieux, s'en détourner c'est se retrouver nu et sans arme sur un champ de bataille.
« Si tu souhaites te venger du meurtrier de Rameel.. Retourne sur tes pas. Parle à Lilith. Son fils connaît son nom. »
-Et le vôtre, que comptez-vous faire de lui ?
Lucifer ne sourcilla pas durant tout leur échange. Pas un battement de cils, ni même un détournement de regard. Cependant, il marqua une pause avant de reprendre en fermant les yeux.
« Le Royaume de Dudaël va bientôt s'effondrer. Il ne restera que des Ruines, comme la tour du Royaume d'Hinnom où siégeait autrefois Satan. »
Asmodée releva que son Seigneur aimait toujours autant les appeler par leur nom originel, bien que pour Samaël, il usait de son titre d'Ange de la mort, Satan.
-Des ruines..Voilà dont tout ce qu'il restera de nous lorsque nous ne pouvons plus renaître ?
« Nos enfants eux, resteront. »
-Parmi toutes mes décadences, seulement deux sont toujours en vie, mais un seul détient le Noir pouvoir de mes entrailles..ricana Asmodée en cachant son expression amusée d'une main. Le souci vois-tu, c'est que je ne compte pas lui céder mon trône, je n'ai pas les mêmes desseins que toi, Lucifer.
« Fais ce que bon te semble, mais n'oublie pas qu'il a hérité de ton pouvoir. Et il se peut..que cela se retourne contre toi. »
Haussant les épaules, Asmodée se retourna gracieusement et fit claquer ses talons comme pour se remettre droit.
-Lilith.., murmura t-il d'un air songeur. Je vais te tirer les vers du nez, crois-moi.
Asmodée se mit de biais et tira élégamment sa révérence au Seigneur des Bas-fonds qui le regarda s'éloigner jusqu'à se transformer en un brouillard putride qui le mena jusqu'à Edom. Lorsqu'il poussa les portes de sa tour, il ferma les yeux et fit craquer sa nuque avant de soupirer longuement. Sa marque féline brûlait sa rétine autant que le Soleil s'il l'on regardait trop longtemps ses rayons. Ses griffes en dehors, il lacéra le mur du couloir qu'il traversait laissant une traînée de flammes noires striés d'orange sur son passage. Deux femmes, seulement vêtues d'une fine toilette blanche et impeccable, laissant entrevoir leurs silhouettes en dessous et ne cachant que leurs bassins, le saluèrent tandis qu'il entrait dans l'une de ses pièces privées.
-Tamara, appela t-il en se laissant lourdement choir sur un divan au tissu de velours noir, les contours dans un bois peint en or.
La jeune femme, tête basse et pieds nus, s'avança jusqu'à lui et resta muette. Asmodée la jaugea du regard, la détaillant des pieds à la tête avant de frôler sa peau au niveau des cuisses avec ses griffes. Ses yeux luisirent plus intensément encore. Il vint glisser une main entre les jambes de la femme qui tressaillit sans pour autant montrer la moindre expression sur son visage. Ceci amusa fortement le Déchu qui caressa gourmandement sa lèvre inférieure avant d'enfoncer sèchement ses doigts dans l'intimité de son esclave qui ferma les yeux, comme si cela l'aiderait à contrôler la moindre de ses émotions.
-Miena, va me chercher Lilith. (il se leva et fit se pencher la femme sur le divan) Je dois lui parler.
Sans ajouter mot, il pénétra ladite Tamara dont le sexe saignait par les griffure infligées par le démon qui lâcha un profond soupire de bien être en rejetant sa tête en arrière. D'un geste brusque il retira sa veste blanche et ouvrit sa chemise pour laisser son torse nu au grand jour. Les os de ses hanches claquèrent contre les fesses de Tamara dont le visage en larmes trahissait sa précédente couverture neutre. Les parois de son sexe s'enflammaient, elle sentait la douleur traverser ses reins. Ses seins ballottaient sous sa clavicule, au rythme des coups de butoir qu'Asmodée dirigeait sans demi-mesure.
Entra soudainement Lilith, qui, en voyant un tel spectacle leva les yeux au ciel et fit une remontrance à Asmodée.
-Tu pourrais être présentable lorsque tu me fais venir.., dit-elle sans plus d'émotion.
-Haha !
Asmodée sortit sa queue d'entre les cuisses de la jeune femme qui tomba à genoux sur le sol. Il se retourna, le buste et l'entre jambe à l'air et fit appeler un de esclave sorcier. Un homme n'ayant plus que la peau sur les os sortit de l'ombre, tapis derrière un voile doré qui pendait ça et là dans la pièce parmi tant d'autres, et se présenta, tête baissée, devant le démon.
-Remplace-moi.
Le sorcier se tourna vers la jeune femme sans un mot et reprit l'œuvre de son maître. Ce dernier lui jeta un regard sceptique avant d'empoigner son sexe.
-Pas là. (Il pointa sa verge vers l'anus) Toi, tu patauges dans la fange.
Ricanant d'un air triomphant, Asmodée s'épousseta les mains et, bien qu'il laissa sa chemise ouverte, il daigna néanmoins cacher sa virilité.
-Tu es devenue bien sensible depuis que ton cher et tendre n'est plus, se moqua t-il en se servant une coupe de vin à l'aide d'une cruche posée sur un guéridon doré près du divan.
-Ne compare pas ma relation avec Samaël à ta décadence.
-Bah voyons, murmura Asmodée, le nez dans sa coupe.
-Pourquoi m'as-tu demandé ?
-Tu ne t'en doutes pas un peu ?
Il s'approcha d'elle en levant fièrement sa coupe. L'astrolabe autour de son cou se balançait au rythme de ses pas. Une fois au niveau de Lilith, Asmodée se pencha vers son visage mais elle tourna la tête sans afficher le moindre état d'âme. Le Déchu pouffa en coin avant de se redresser et glisser à son oreille :
-Donne-moi le nom du Nephilim qui a tué notre très cher frère, Azazel..Ou je m'en vais retrouver ton fils.
Cette fois, des serpents sortirent des orbites de Lilith qui cracha son venin vers l'homme qui recula d'un bond gracieux.
-Petite...(il plissa les yeux avec amusement) garce ! Tu savais depuis le début ce qui était arrivé à Azazel et tu n'as rien fait ?
-Personne n'a levé le petit doigt lorsque Michaël s'en est pris à Samaël, n'oublie pas que je ne vous dois rien.
-Oh, mais non je n'oublie pas...Ô grande Déchue parmi tous les Déchus, tu es LA grande maîtresse de ce Royaume, fit-il d'un air aussi mauvais que moqueur. Mais tu as porté serment lorsque Lucifer a pris le pouvoir. Comme les autres, tu te dois maintenir la barrière qui soutient les Enfers, or, deux tours ont déjà été anéanties.
Derrière eux, ils entendaient les gémissements des deux esclaves, qui, tels des animaux en exposition, s'exhibaient et s'adonnaient à des activités qui les mettaient dans tous leurs états. Les pleurs de Tamara semblaient agacer Asmodée qui tiqua un sourcil.
-Lucifer m'a confirmé, que ton fils était derrière tout ça. Que voulait-il à Azazal, pourquoi l'a t-il délivré ?
-Est-ce un mal de l'avoir fait ? Tu sembles tout chose d'avoir appris la mort d'un des tiens mais tu ne semblais pas t'en préoccupé lorsqu'il était enfermé ? (Elle fit mine d'être confuse) Oh mais, j'oubliai..tu l'étais toi aussi.
Un grognement sourd s'échappa de la gorge d'Asmodée qui soutint avec défiance le regard noir de la Démone.
-En libérant Azazel, Jonathan a obtenu un service de sa part. Après ce service rendu, Azazel s'est jeté seul dans la gueule du loup.
-Mais Jonathan devait bien savoir que des Archanges traînaient aussi sur Terre..pesta Asmodée.
-Valentin le savait..Jonathan l'ignorait. En revanche, je peux te dire que ce n'est pas un simple Nephilim qui a tué Azazel et c'est là que nous devons nous montrer vigilant.
-Etait-ce Raphaël ?
-Non, il a blessé notre frère, mais ne lui a pas porté le coup de grâce. (Elle sourit) Va voir ton propre fils, il saura te donner ce que tu veux. (Elle fit mine de s'en aller, mais passa s'abstint en ajoutant) Ton astrolabe ne t'indiquerait-il pas la naissance d'une nouvelle étoile ?
Ne supportant plus les jérémiades de ses esclaves, Asmodée prit le sorcier par le nuque et l'envoya valser au loin. La jeune Tamara se retrouva accroupie sur le bord du divan, sur lequel s'assit Asmodée qui lui agrippa les cheveux. Elle leva son regard larmoyant vers lui mais lui présenta son sexe qu'elle regarda avec crainte et dégoût.
-Si ça peut te faire taire..dit-il. Puis, toisant son astrolabe d'une main, il s'accouda contre le dossier du divan et laissa son esclave débuter une fellation qui le fit sourire. Ou bien était-ce que sont outil venait de lui révéler qui le fit se sentir si griser.
-Une nouvelle étoile, hein..Une innocente petite étoile. Je crois que tu as des choses à me dire, mon très cher fils..
Simon
Même si l'on me demandait de me montrer discret, je ne pus rester décemment plus longtemps cloîtré chez Raphaël, et encore moins au Dumort. Depuis qu'entre mon aîné et moi, nous avions pu mettre au clair cette évidente perturbation démoniaque, je parvenais mieux à contrôler mes soifs de sang. Même si ma condition de vampire me dérangeait toujours, pouvoir désormais passer plus ou moins pour une personne normale me rassurait, et je n'allais pas gâcher la chance qui m'était tombée dessus, d'avoir la capacité de marcher à nouveau sous le soleil. Encore restait-il à maîtriser également mes heures de sommeil..Je dormis toute la journée, et me réveillai juste une heure avant le crépuscule. J'avais laissé un mot à Raphaël et étais sorti.
J'en avais profité pour passer au Java Jones, et je fus bien mal reçu par Maureen, qui se trouvait elle aussi là-bas. Depuis ce qu'il s'était passé entre nous, et le fait que je sois changé en vampire, je n'avais guère gardé contacte avec elle. Même si je ne conservai aucun bleu dû à mes nouvelles facultés de créature obscure, je ressentais toujours cette impression de picotements enflammés contre ma joue gauche.
Après quoi, au lieu de rester jouer les bêtes de foire aux yeux des clients déjà présents, je commandai un café à emporter et m'en allais. Sur le moment, je pensai qu'acheter une boisson qui m'était familière me ferait envie, mais autant je pus surmonter la claque, autant l'odeur du café et le goût âpre que me laissa la première gorgée me suffit pour le donner à une femme qui dormait sous le porche d'un ancien établissement commercial, laissé à l'abandon. Même en me raccrochant à mes habitudes passées.. Passant devant une boutique d'instruments de musiques, je m'arrêtai en fixant d'un air perdu le piano électrique présenté en vitrine. Même quand je pense être en sécurité, le mystère et la peur perdurent..Je baigne toujours dans cet univers qui me restera longtemps étranger.
-And mystery never break.. Chantonnai-je en ne faisant même pas attention que je me trouvai déjà à l'intérieur de la boutique, vide de client, je déambulai entre les instruments et les paniers remplis de disques neufs ou d'occasions.
Au fond de la boutique, se dressait un piano à queue qui, au vue des marques de doigts sur les touches noires pour les diatoniques et dorées pour les touches qui permettaient d'effectuer les gammes chromatiques, était souvent utilisé par les clients. Je pianotai comme pour laisser l'inspiration me gagner, ou bien la nostalgie, je n'étais pas sûr..
-I'm...hidin' away, flyin' in the air.
Je fermai les yeux, et laissai mais doigts valser avec les notes de musique. Je perçus une mélodie lente mais qui pouvait se faire entraînante s'il l'on lui laissait sa chance d'être amadouée. Tout comme ce monde, que je découvrais de jour en jour. Clary, fut celle qui força mon entrée dans cet univers, me donnant accès au côté obscur de la force si je pouvais me permettre.. Je me revis, manipulé par Camille puis aidé par Raphaël..Je me souvins de Luke, attaqué par son ancien Alpha, puis, mes disputes incessantes avec ce blond décoloré -des cheveux si beaux ce n'était pas naturel- et les crépitements de magie farfelues de Magnus. Nous étions tous, à notre façon, présents dans ce monde, parmi les terrestres mais étions également détenteurs d'un lourd secret. « Toutes les légendes son fondées ». Et ainsi, une discorde se créait comme s'il était impossible pour le surnaturel de se faire accepter, de se faire comprendre...Clary... De se faire aimer.
-It's..fragile world.
-Votre voix berce mon cœur, jeune homme.
Tressautant, mes doigts se crispèrent et les dernières notes furent horriblement fausses. Un rire léger et innocent s'éleva et, debout face au piano, je toisai avec surprise la petite fille qui faisait le tour de l'instrument afin de se montrer à moi.
Elle devait avoir entre dix, voire, douze ans tout au plus. Ses longs cheveux roux sombres, étrangement nuancés de châtain et de blond, étaient ramenés par dessus son épaule droite, en une tresse lâche, mais qui ne faisait pas moche. Un headband en lacet marron clair entourait son front et se perdait dans sa chevelure. Sont petit visage allongé et fin, aux pommettes hautes et rosées, arborait de grand yeux noisettes et tiraient sur le vert des clairières baignées de soleil. Sa petite bouche, aux lèvres charnues, semblait porter un gloss qui les rougissait un peu. Elle se détachait totalement du décor miteux de la boutique, d'où un bouquet de fils électriques neufs, sortait d'un trou fait au plafond, indiquant que des réparations étaient en cours. Sa robe en grosses mailles tirait sur le jaune pâle ou bien l'or, Clary aurait mieux déterminé la couleur que je n'étais capable de le faire. Elle semblait vraiment toute petite, bien que ses bottes en daim -remontant jusqu'aux genoux- allongeaient ses jambes.
Je n'y fis attention qu'après avoir levé le nez, mais un homme aux traits fort familiers se tenait à l'extérieur de la boutique. Il portait une drôle d'armure qui rappelait les guerriers de mes jeux en ligne. « Tu dois nous aider à secourir Méliorn ». Était-ce ce même chevalier fée que nous avions sauvé Clary et moi ? Les passants autour de lui ne semblaient pas du tout le remarquer.
-Où puis-je entendre vos représentations ? questionna la petite fille.
Je secouai la tête, sortis de ma rêverie, et aussitôt, je ne vis plus ce Méliorn. Déglutissant difficilement à cause de ma gorge soudainement sèche, je portai enfin mon attention sur l'enfant.
-N-non, je ne me représente nulle part, bafouillai-je.
-Oh ? Cela est étonnant, et fort dommage je suis sincère ! Après tout, ne dit-on pas que les être aux dons exceptionnels suscitent l'intérêt du Peuple ?
-Hein ?
Sans ajouter mot, la petite fille fit mine de s'en aller et alors qu'elle poussait la porte qui actionna la clochette qui annonçait la venue ou bien la sortie d'un client, elle ajouta en me souriant par dessus sa petite épaule : « Je suis sûre qu'une opportunité se présentera à vous. » Puis en passant la porte : « Si ce n'est pas déjà fait. ».
Alors qu'elle tournait à gauche, j'aurai dû être capable de la voir traverser le trottoir par la vitrine mais personne, hormis la foule inconnue et bruyante, ne passa.
-On va fermer boutique, monsieur.
Papillonnant avec un profond sentiment d'incertitude et de malaise, je toisai curieusement l'un des vendeurs qui essuyait les cymbales d'un jeu de batterie. Sans ajouter mot, je quittai la boutique et ne pus m'empêcher de vérifier si je ne croiserai pas cette petite fille à un coin de rue. Mais non. Cependant...
-Isabelle ?
Même de dos, -et de loin-, je reconnus sans peine la silouhette de la jeune femme qui se trouvait assise sur le bord d'une barrière de sécurité, tandis que le trafic grondait à vive allure sur la route derrière elle. Les pétions autour ne semblaient que peu la remarquer, voire, pas du tout. Pourtant, Isabelle était connue pour faire tourner les têtes, sa beauté n'étant pas sœur de discrétion.
Je souris, m'apprêtant à l'appeler depuis l'autre côté de la rue, puis, en la voyant tourner son visage de profil et frotter ses yeux, je compris qu'il était plus juste de rester calme et de la rejoindre sans brusquerie. Et j'eus bien fait, car même ainsi, lorsque je me présentai devant elle, Isabelle ne put cacher un soubresaut.
-S-Simon ? (Elle tamponna ses yeux encore cachés sous ses cheveux avec ses paumes de mains) Qu'est-ce que tu fais ici ?
Isabelle était habillée d'une tunique verte pâle en jersey, de longues manches couvraient ses bras et ses runes, bien que je compris qu'un charme dissimulait entièrement sa personne. Les gens autour de moi me regardaient drôlement, mais je passai outre. Une veste en cuire noire, ornée de lacets argentés sur les épaulettes, me paraissait comme la signature de la Shadowhunter qu'elle était. Aux jambes, elle portait un leeging épais, où des fermetures éclaires étaient disposées à plusieurs endroits, cuisses, chevilles.. Je devinais que quelques unes devaient être factices. Mais ce qui me surprit le plus.. fut que je la trouvai plus petite qu'à l'accoutumé et baissant rapidement les yeux je constatai qu'Isabelle avait troqué ses hauts talons pour des Vans noires aux lacets satinés.
-Ce serait plutôt à moi de te poser cette question, fis-je en regardant sur notre droite. Nous pouvions à peine apercevoir le pic de la Cathédrale. Isabelle dut marcher longtemps avant de s'arrêter ici.
Elle haussa les épaules, et pas une seule fois elle ne croisa mon regard.
-J'ai le droit de prendre l'air ?
Je ne pus m'empêcher de sourire. J'eus beau voir qu'un évident problème la tourmentait, ça me rassurait qu'elle n'eut pas complètement perdu son punch. L'absence de talons fut déjà beaucoup !
-Clary m'a vaguement expliqué que de grosses affaires politiques et rasoirs animaient l'Institut. (Je pointai du doigt ses chaussures) Ne me dit pas qu'ils ont osé interdire le port de talon ? Fis-je sur un ton faussement indigné.
Cela eut pour effet de la faire rire légèrement et, enfin, elle passa une main dans ses cheveux pour les tirer en arrière et me montra son visage. Bien sûr, voir ses yeux rougis par les larmes me surpris plus que de recevoir la claque de Maureen au Java Jones. Depuis que je la connaissais, Isabelle était la femme qui se plaignait le moins, qui râlait, ça oui, mais jamais pour elle-même, souvent et toujours contre les conditions atténuantes que subissait son entourage. En cet instant, j'aurai pu mettre ma main à couper qu'elle avait des soucis, des tourments, qui la rongeaient elle tout particulièrement.
-Je l'ai maquillage qui a coulé, c'est ça ? Plaisanta t-elle sans trop d'entrain, sûrement pour m'assurer qu'on ne devait pas se soucier d'elle. Elle fit mine de regarder son reflet sur l'écran de son portable.
-Tu sais bien qu'il est waterproof, dis-je en me posant à côté d'elle, les mains dans les poches : Une Lightwood ne choisit que de la qualité !
Une fois encore, elle ricana mais cette fois, une sanglot s'ensuivit et elle s'excusa aussitôt d'une voix étouffée par le chagrin. Même si mon cœur ne battait plus, je reçus une douleur dans la poitrine -un bribe de souvenir peut-être- qui ne put me laisser plus longtemps feindre que tout allait bien.
Mais que pouvais-je faire ? Voilà une question que je ne me posai pas longtemps, car je pris sa main et l'entraînai avec douceur. Je la questionnai même du regard, comme pour recevoir son approbation de l'amener ailleurs, et, sans me regarder, elle sera plus fort ma main. Moi, Simon Lewis, petit vampire perdu des temps modernes, je sentis la prétention de pouvoir éloigner une guerrière de l'ombre de ses problèmes. Le Ciel se riait sûrement de moi, mais sentir cette main aux doigts fins et calleux se cramponner aux miens avec désespoirs, me fit me rappeler qu'autrefois, j'étais humain, et qu'une partie de moi l'était restée. Et qu'aider, c'était aussi ça, être humain.
Le soleil se couchait par delà le pont de Brooklyn et les nuages, étendus comme l'écume des vagues, striaient l'horizon et accentuaient la d'élimination du ciel et de la terre. Après une dizaine de minutes en métro, je nous menai jusqu'au Sapin géant, repérable par son étoile étincelante au bout de sa cime, et qui se situait au cœur Manathan, à Rockefeller centrer, soit, à seulement quelques courtes distances en voiture ou en métro, de l'Institut qui se trouvait à Upper East Side.
Pendant les heures de pointes, l'influence dans les métros était importante voire très oppressante. Mais Isabelle sembla s'en accommoder plutôt bien et, serrés comme des sardines, ne n'avions pas lâchés nos mains. Une fois dehors, nous nous étions dirigés vers le Sapin, dont de multiples galeries nocturnes ouvraient leurs portes, relayant les magasins de journée, qui allongeaient tout de mêmes leurs horaires jusqu'à tard dans la soirée pour profiter des gros bénéfices des fêtes de fin d'année. En contre bas, nous pûmes entendre la musique qui provenait de la patinoire que le marché de Noël entourait avec ses stands. Nous n'étions plus qu'à cinq jours de Noël et comme beaucoup, l'achat de cadeaux se faisaient à la dernière minute.. A l'intérieur des restaurants, les serveurs s'effaraient à dresser les tables qui seraient occupées dès dix-huit heures. Soit, une vingtaine de minutes.
-Luke nous a emmené manger ici il y a quelques années. Je me souviens qu'il avait regardé Jocelyne comme un petit chiot perdu toute la soirée, parce qu'ils s'étaient disputés. (Je secouai la tête) Il avait jeté un pot de vernis à toile, très cher, en croyant qu'il était vide parce que le couvercle avait séché et qu'il n'était plus très lourd.
-Elle était artiste peintre c'est ça ? Sourit Isabelle.
-Aujourd'hui on sait que ça a un rapport avec son don de chasseuse d'ombres.
Nous passâmes dans une galerie à bas plafonds, dont une fresque eut été repeinte récemment. Des bâches de protection étaient suspendues çà et là sur des poutres en métal qui les délimitaient de la fresque.
-Vous en avez d'autres des..Nephilim touchés par la kryptonite ?
-Touché par qui ?
Je me retins de faire un quelconque commentaire sur son manque de culture, gardant en mémoire que nos modes de vie furent bien différents malgré que nous avions du même âge.
-A part Clary et Jocelyne, tu connais d'autres chasseurs d'ombres avec des dons de ce genre ?
-Hé bien, commença Isabelle tandis que je nous arrêtai pour lui prendre un café à un stand éphémère. Depuis qu'il maîtrise l'aura, Jace parvient à doubler..que dis-je, quadrupler la puissance des runes angéliques et à les activer sans stèle. Mais ça, je crois que ça un rapport avec le sang d'Ithuriel, tout comme les nouvelles runes de Clary. Enfin, elle a tout de le don de sa mère ! (Elle souffla sur son café et me fit signe qu'elle voulait voir une boutique particulière de l'autre côté) Il y a des..appelle ça comme tu veux, mais on a eu des mentalistes dans la famille. Un arrière grand oncle était capable de prédire huit secondes à l'avance le mouvement de ses ennemis.
-Huit seconde ? C'est précis comme information.
-Pourtant, c'est ce qui était marqué dans ses carnets. Il tenait un journal. Apparemment, c'était aussi un inventeur qui aimait utiliser ses inventions plutôt que les dagues et les lames habituelles pour le combat. Il se faisait appeler le Nirvanien. Son intelligence, plutôt que de le rendre fou comme on l'entend un peu partout, lui procurait une béatitude qu'il décrivait de « parfaitement temporaire » , d'une durée limitée mais sans défaut. Comme lorsqu'il prévoyait les attaques de ses ennemis. Il tuait dans la transcendance..J'aurai tant voulu le rencontrer.
Même si je restai sceptique à l'écoute à de telles confidences, savoir Isabelle toujours fidèle à son amour pour le perfectionnisme et l'art de la guerre, me rassurait et je pouvais la sentir plus détendue qu'auparavant. Puis, sans le savoir au premier abord, je gâchai tout..
-Et tu as Alec aussi, pas vrai ? Il fait beaucoup parler de lui depuis ce qu'il s'est passé à la raffinerie. Les créatures présentes là-bas ce souviennent bien de lui et beaucoup de sorciers parlent de lui également. (Nous entrâmes dans une boutique d'accessoires que désirait voir Isabelle) Certains savent qu'il est celui qui les a secourus en tuant ce type là, Aza-
Je me tus, lorsque mon amie se figea devant une écharpe qu'elle contemplait auparavant. Les épaules voûtées, comme pour cacher son visage, je trouvai Isabelle bien plus fragile qu'elle ne l'eut montrée jusqu'à lors. Puis, je me souvins qu'elle était, tout comme moi, à moitié humaine. J'eus violemment envie de me gifler, de m'arracher les cheveux d'avoir de telles pensées. Bien sûr qu'elle était humaine, bien sûr qu'elle flanchait. Mais Isabelle..quand je la voyais, je pensai avant tout à la force et la fierté. Pas que je pensai le contraire aujourd'hui, mais même le plus robuste des arbres avait sa faille.
-J'ai dit quelque chose..que je n'aurai pas dû ? Glissai-je à son oreille. Je fis attention de ne pas trop la regarder, pour ne pas attiser la curiosité des clients autour de nous.
Puis, après avoir perçu un petit couinement car elle tentait de contenir ses nouvelles larmes, je l'emmener hors de la galerie, et, nous nous installâmes sur un banc parmi tous ceux qui encadraient littéralement le sapin géant. La nuit était tombé, la première étoile du soir scintillait au dessus des buildings et les nuages, assombris et d'un bleu roi, gorgés de neige, menaçaient de nous assaillir une nouvelle fois avec leurs flocons. Sans même y goûter, je devinai que le café d'Isabelle avait tiédi. Il était à moitié vide, et une petite pellicule du breuvage avait séché sur le carton, formant un cercle, tel le niveau d'un verre mesureur.
-Pourquoi es-tu parti de l'Institut toute seule ? Demandai-je doucement. Et ne me sort pas que tu es une grande fille, car ça, je le sais déjà. Mais je suis prêt à parier ma collection de comics que tu as filé en loucedé.
-Ta collection de qu- (elle soupira) Tu dis des choses tellement bizarres..
-Grande nouveauté ?
Elle sourit en coin.
-Non.
Je respectai sa pause, comprenant qu'elle cherchait ses mots lorsque je la vis ronger sa lèvre inférieure en jouant avec nos doigts toujours entrelacés. Ni l'un ni l'autre ne fit le geste de se retirer.
-Aujourd'hui, Alec est venu nous rendre visite à l'Institut.
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas trop pourquoi elle employait l'expression «rendre visite », puisqu'à mes yeux il était un membre de l'Institut et qu'un logement avait été bâti par les Lightwood. La suite m'éclaira quelque peu sur la situation du jeune homme.. Isabelle, me contant dans les détails, tous les derniers événements qui avaient bousculé la vie de son frère mais aussi et visiblement de tout son entourage. J'étais déjà au courant pour les Archanges et tout le reste, mais pas qu'Alec n'était désormais plus un Nephilim à part entière. Non, il est bien au dessus.. M'étais-je dis sans pour autant en faire part à Isabelle. Je ne préférai pas l'interrompre, et une fois qu'elle eut terminé de me parler du gros du bazar, un autre problème se souleva.
-Ça fait des mois..voire des années, que je vois mes parents se déchirer et je savais Alec être leur défouloir. Mais après ce qu'il lui était arrivé en Californie, j'ai vu ma mère en proie à la plus grande peur de sa vie : perdre l'un de ses enfants. Avoua t-elle. Elle a énormément cogité de son côté je le sais bien, et elle parlait beaucoup plus à mon frère, et leur relation s'était grandement améliorée. Tant et si bien qu'elle se permettait des visites surprises chez Magnus, renchérit-elle en ne pouvant s'empêcher de rire bien qu'une larme roulait sur sa joue.
-Je suis content pour Alec, dis-je avec une profonde sincérité.
Je songeai à ma mère, et aux mensonges qui s'accumulaient pour l'éloigner du mieux que je pouvais de ce monde en guerre, qu'était devenu mon quotidien.
-Et ton père ? Demandai-je doucement.
Isabelle se pinça les lèvres, qui tremblèrent avant qu'elle ne reprennent d'une voix enrouée. Quand on ne pleurait pas souvent, nous ne savions jamais comme nous y prendre..
-Je ne sais pas pourquoi il a dit ça..
Mon amie reprit son récit, et au vue de la véhémence qu'elle employa par moment, je compris qu'enfin elle se libérait. Elle vociféra par moment, soupira dans d'autres..jusqu'à ce qu'elle ne ferme les yeux et inspire profondément.
-Et là..mon père a révélé un fait dont je ne soupçonnai même pas l'existence. (Rouvrant les yeux, elle fixa d'un air absent la foule et les restaurants qui s'animaient) Autant je savais que mon père trompait ma mère, autant j'ignorai qu'elle avait donné Alec à des étrangers.
Même si cela ne concernait pas ma famille, je reçus ces deux annonces comme on se prenait les rafales d'un vent glacial, lequel nous ne pouvions rien contre.
-J'avais douze ans, quand j'ai surpris mon père au téléphone avec sa maîtresse. Étrangement, plutôt que de se fondre en excuses bidons, il n'a même pas essayé de se justifier et m'a juste dit qu'il y mettrai un terme. Et c'est ce qu'il a fait. Mais je le voyais réellement malheureux. Je n'en ai jamais reparlé avec lui, et j'ai toujours fait comme si je ne savais rien, mais je crois qu'il aimait sincèrement cette femme. Mais depuis, je me suis conformée dans l'idée de rester méfiante envers les hommes. Puis je voyais Jace tomber amoureux, ainsi qu'Alec. (Elle secoua la tête) J'ai alors, plus souvent pris parti envers les convictions de ma mère, et écoutai moins mon père même si son égarement ne m'a pas empêché de l'aimer. Il était bon est juste avec Jace, Max et moi. Mais je ne cautionnai pas son attitude avec Alec, tout comme celui de ma mère qui me repoussait sans cesse sans jamais comprendre pourquoi. Quand bien même, je me rattachai à ce qu'il y avait entre elle et moi en espérant qu'un jour elle remarque mon affection envers elle et la fierté que j'éprouvai -et que j'éprouve encore- pour la Guerrière vaillante qu'elle est.
Isabelle baissa la tête et je vis ses longs cils noirs caresser ses joues pâles.
-Mais aujourd'hui, je ne sais plus quoi penser..Mes parents étaient des criminels lorsque mon frère est né. Et l'Enclave, tout comme le Cercle, les poursuivaient. J'ai appris..que c'était ma mère qui avait souhaité intégrer le Cercle, et qu'elle avait menacé mon père de le quitter s'il ne voulait pas la suivre. (Elle sourit d'un air amère) Les femmes peuvent être tellement cruelles pour faire plier les hommes.. Et en ce temps là, je peux parier..(elle me toisa) ta collection de comètes qu'il était fou d'elle.
Je souris sans moquerie, et m'abstins même de la corriger sur son erreur. Mais je pris note dans mon esprit, de faire lire, un jour, une bande-dessinée à Isabelle.
-Encore trop jeune pour vivre dans un tel enfer, ma mère songea à confier mon frère à..bon sang, que le destin est cruel. Se peignit-elle soudainement en s'empoignant les cheveux avec agacement, après avoir coincé son gobelet entre ses cuisses.
-A qui l'a t-elle confié ?
-Il a refusé..(elle haussa les épaules avec stupeur) Sans aucune classe apparemment, mais le fait est que ma mère est allé voir Magnus Bane en premier dans l'espoir de lui confier mon frère, le temps que sa situation s'apaise.
En effet, je ne pouvais que comprendre sa réaction précédente. L'Ironie tragique existe donc toujours..
-Je crois que c'est de cela, dont souhaitait parler mon père à Alec lorsqu'il le cherchait tout à l'heure. Le fait est que c'est ma mère qui m'a raconté cela, et qu'en plus elle a presque attendu que je comprenne son choix ! S'emporta quelque peu mon ami.
-Comment pouvait-elle savoir qu'ils seraient amants dans le futur ?
-Je sais ! Mais c'est plus fort que moi..et puis il n'y pas que ça, dit-elle avant de marquer une courte pause : Elle a finalement confié mon frère pendant huit moi à d'autres chasseurs d'ombres, un couple plus âgé, dont les enfants étaient déjà grands. Ce qu'elle ne prévit pas c'est qu'ils les dénoncent à l'Enclave qui les jugea pour leur haute trahison. Huit mois..c'est le temps qu'ils ont mis pour regagner la confiance de l'Enclave qui leur accorda l'exile à New-York. Après quoi, mon père alla récupérer personnellement mon frère de chez la famille qui avait pris soin de lui.
Isabelle continua d'extérioriser tout ce qui la rongeait depuis longtemps. L'adultère de son père, les choix égoïstes de sa mère..Et tout ce qui s'en suivit. Voir grandir son frère à travers une éducation sévère et parfois injuste tandis qu'elle, de son côté, s'entraînait avec les autres chasseurs d'ombres, grandit avec les autres. Puis, avec l'arrivée de Jace, mon amie me confia qu'elle vit en lui une échappatoire pour Alec. Leur amitié, non..leur fraternité les lia tant qu'ils ne formaient qu'un seul homme au combat. Au bout d'un moment, elle soupira, relâcha ses épaules et balayant des yeux les alentours.
-C'est joli ici, dit-elle sans rien ajouter d'autre. Elle passa un coup d'oeil par dessus son épaule pour regarder le sapin. Je l'imitai. Isabelle tandis le bras comme pour atteindre l'étoile tout en haut de l'arbre de Noël.
-Il y a tant de choses que je veux faire..que je veux atteindre mais il y tant d'obstacles que tout me semble inatteignable.
Je la sondai avec sérieux. Elle avait cessé de pleurer, et ses yeux étaient moins rouges, hormis ses joues mais j'accusai le froid en être la cause. Un sourire, qui me parut serein, s'étira sur ses lèvres. Je songeai alors à la première fois que je l'eus rencontré. Les lèvres pulpeuses, rouges carmins, fendus en un sourire assuré en découvrant ses dents parfaitement alignées. Le sourire d'une femme confiante, qui ne se laissait pas berner par n'importe qui. Une femme, qui par son sourire, marquait une distance entre l'étranger et sa propre personne. On n'approchait difficilement une personne sûre d'elle et aussi fière qu'Isabelle. Mais ce soir.. Elle avait tout d'une jeune femme qui s'ouvrait à la vie. Une femme, dont le sourire nous mettait en confiance et était fort communicatif. Une femme, qui clamait qu'en dessous de son armure de Déesse de la Guerre, elle avait un voile de tendresse à la fois opaque et transparent comme la surface d'un morceau de tulle. On y voit à travers, des formes qui restent pourtant incertaines.
Comment expliquer cet élan grisant qui courut partout dans mon corps. Je me relevai d'un bond, et l'incitai à faire de même. Son gobelet de café -sûrement glacé-, chuta de ses jambes et le contenu s'éparpilla sur les dalles de la place.
-Isabelle, fis-je en lui souriant avec sincérité. T'as la force de décrocher la lune si tu le souhaitais ! (Je fixai le sapin) Ou les étoiles !
-Q-Quoi ?
-Rends-nous invisibles.
-Devant tous ses gens ? On va les effrayer, Simon !
-On s'en fiche, qui saura nous reconnaître une fois invisibles ?
Mon amie m'adressa un regard étrange, puis, relevant la manche de sa veste, elle dévoila son poignet décoré de runes et de petites cicatrices argentées, datant sûrement d'anciennes batailles. Avoir vu autant d'horreur à son âge..songeai-je, tandis qu'elle se rapprochait de moi en sortant sa stèle, peut-être pour éviter que les passants ne remarquent son étrange crayons de fer et de pierre. Puis, elle me poussa au travers un troupeau d'adolescents qui se ruaient, Dieu sait où. Avec la pénombre et l'attroupement, personne ne nous vit disparaître comme par magie. Je crus que cela me changerait quelque chose, mais je voyais toujours le monde comme il était. Comme tout le monde s'ignorait déjà, il était difficile de savoir si le peuple nous voyait toujours ou non. J'allais en avoir le cœur net.
Cette impulsion vivifiante ne m'ayant pas quitté une seule seconde, je portai Isabelle, un bras sous ses genoux et l'autre derrière ses épaules et imitai le geste d'une flexion, que je trouvai autrefois atroce lors des cours de gym en école primaire. Je sentis les muscles de mes jambes se gonfler, et d'un bond je sautai sur le toit d'un bâtiment commercial, haut de plusieurs mètres. Je choisis celui dont la hauteur rappelait celle du sapin géant.
-Mais qu'est-ce que tu fais ?
-Je t'aide à atteindre l'inatteignable ! (Je lui adressai un sourire en plus d'un clin d'œil complice) Je te dois bien ça, tu m'as sauvé la vie tant de fois.
Je crus la voir rougir, mais dans l'obscurité et avec le froid qui mordait toujours, bien que pour ma part je ne ressentais plus rien, je passai outre et défiai la cime de l'arbre devant nous d'un regard que je pouvais aisément clamer de percent. Sous l'entrain, mes canines claquèrent mais je m'en fichai. Je reculai de quelques pas, avant de nous élancer sur le bord du toit et sauter par dessus les tables de restaurant et de la foule qui ne se souciaient guère de nous. Isabelle ferma les yeux sous la surprise, puis, tourna la tête et sembla stupéfaite. Les cheveux rayant son visage, elle tendit le bras, les doigts écarquillés vers le haut du sapin. Nous le dépassâmes de justesse et Isabelle décrocha l'Étoile dorée, qu'elle serra ensuite tout contre sa poitrine. Sans contrôler ma force de vampire, je nous fis atterrir sur un banc donc l'armature s'éclata sous le choc. Et ce fut à cet instant que je me rendis compte que nous étions réellement invisibles.
-Q-Qu'est-ce qui a fait éclater ce banc ?! S'écria un serveur qui délaissa son service pour voir ce qu'il s'était passé.
Un attroupement alarmé s'agglutina en arc de cercle autour de nous..enfin, autour du banc. Je nous frayai un chemin en marchant sur le muret qui entourait le sapin géant, avant de slalomer entre les passants.
Je courus nous cacher derrière un restaurant. Isabelle se pencha par dessus mon épaule en se mordant la lèvres d'un air excité. Ses grands yeux bruns étaient pétillants et je dus avouer que je préférai mille fois la voir ainsi que tiraillé par le chagrin. Aussi, je me plus à penser, que j'eus un petit rôle dans le retour de sa joie. Même si je me doutai bien qu'elle oublierait sûrement cette soirée. L'essentiel, fut qu'elle put un court instant oublier ses soucis..
-Oh, Simon, l'entendis-je souffler avec émerveillement. C'était complètement fou !
Sur le moment, mon sourire se crispa, ne sachant comment prendre ces mots. Je la fis redescendre doucement, mais aussitôt, je fus acculé contre le mur derrière moi et, se mettant sur la pointe de ses pieds, Isabelle enroula ses bras autour de mon cou et m'embrassa. Sur ma nuque, je sentis une pointe de l'Étoile qu'elle tenait toujours dans ses main, picoter ma peau, mais c'était à peine remarquable. Car les courbes des lèvres d'Isabelle, emboîtées contre les miennes, me procuraient une sensation de chaleur que je ne ressentis plus depuis des mois. Tel un élan vital, je sentis mon sang ne faire qu'un tour et ma peau frissonna, tel l'ancien être humain que je fus un jour. Elle se décontracta soudainement et, remplaçant l'ardeur par la douceur, je fus plus à même de répondre même si j'ignorai si ce que nous faisions était bien ou mal. Mais c'était bon.. agréable et tendre. Je perçus un léger goût de sel, un reste de ses pleurs. La texture de son rouge à lèvres, et l'effluve du café qu'elle ne but qu'à moitié. D'un geste qui me sembla presque anodin, je posai mes mains dans son dos et vins la rapprocher de moi. Si son cœur s'était mit à battre fort lorsqu'elle arracha cette Étoile de son arbre de Noël, maintenant je ne sus clairement comprendre les raisons qui la firent d'abord rater un battement, avant de reprendre avec emballement dans un soubresaut qui fit tressaillir ses épaules. Je n'osai aucun autre geste, je ne savais même pas ce que je voulais faire de plus. Mais profiter de ce mémorable acte de tendresse, ça...
Je comptai bien m'en délecter.
Alec ne se dit nullement que cette journée, n'était pas la sienne. Et malgré les révélations houleuses qui éclatèrent, il décida de ne plus prendre en compte les remarques de son amant. Pour lui, Magnus ne cessait de se confiner dans un passé qui était révolu. Bien sûr qu'il comprenait ses craintes, il les entendait..Mais ce qui blessa profondément Alec, fut ce comportement farouchement rédhibitoire qu'adoptait Magnus en clamant presque que son cadet n'était pas à même de comprendre ce qu'il se passait. Qu'il n'avait aucun poids dans tout ça. Pourtant cette situation touchait le monde obscur tout entier, et aussi loin qu'Alec se souvienne, le monde obscur était habité par les Sorciers, les Fées, les Lycanthrope, les Vampires, les Esprits, les Démons, les Anges et les Nephilim. Le Monde Obscur...le côté surnaturel du Monde normal tel qu'on le connaissait et que Clary et Simon côtoyèrent il fut un temps.
En sortant de l'atelier de Magnus, Alec ne préféra pas se retourner, ayant peur de revenir sur la décision qu'il avait prise..Il demanda à Clary d'appeler Luke et à Jace de rencontrer Raphaël Santiago. Quant aux sorciers..
-Je pars trouver Ragnor, dit-il.
-Très bien ! Lança Jace en mimant une fausse expression joyeuse : Et que comptes-tu faire au juste ?
Alec se tenait devant la porte d'entrée. Au moment où il s'apprêtait à répondre, un choc électrique déchira son échine avec violence et son aura angélique se mit à brûler tout autour de lui.
-Magnus ! Hurla Alec en retournant auprès du Sorcier. Celui-ci sursauta et, les yeux rougies par les larmes toisa curieusement son cadet qui le prit dans ses bras avant de le faire se coucher au sol.
L'instant d'après, toutes les vitres du loft éclatèrent en mille morceaux, et un épais brouillard pénétra les lieux. En bas de la Résidence, des cris affolés s'éparpillèrent aux quatre coins de la rue.
-A..Al-..Alexander parle-moi ! Paniqua d'une voix tremblante Magnus en sentant le corps de son amant couché sur lui, qui ne bougeait plus. Puis, après quelques secondes, Alec secoua la tête et toussa difficilement à cause du brouillard qui lui brûlait la gorge.
-Qu-Qu'est-ce que c'est ?
-Edom..dit simplement Magnus avec terreur. R-relève-toi, on doit partir d'ici ! S'empressa t-il en aidant son cadet à se relever.
Ce qu'ils firent. Et en retrouvant Clary et Jace qui se précipitaient vers la sortie, Alec s'arrêta un instant et poussa son amant en dehors du loft tandis qu'il se ruait vers le couloir.
-Alec ! S'écria Jace mais avant qu'il n'est pu amorcer le moindre geste, Magnus le devança et suivit Alec qui s'était arrêté dans la chambre.
Magnus le vit, tenant le chat dans ses bras qui semblait bien mal en point. Le donnant à Magnus, qui luttait tant bien que mal contre la fumée putride qui semblait le ronger par tous les pores de la peau, Alec demanda à son aîné d'aller à l'Institut et de ne pas y sortir tant qu'il ne serait pas revenu.
-N-non, où vas-tu encore ?!
-Aie confiance en moi, Magnus. (Il le toisa avec une lueur ardente dans les yeux) Aie confiance.
-Aku bersumpah aku mencintaimu, dit-il en Indonésien. Je te jure que je t'aime, Alexander.
Le poussant en dehors de la chambre, Alec adressa un sourire tendre à Magnus qui lut sur ses lèvres entre l'interstice des portes qui se refermaient sur lui. "Je t'en prie fais moi confiance". Clary, Jace et Magnus atteignirent le bas du bâtiment, et, tandis qu'ils tentaient de trouver la cause de tout ce carnage, une nouvelle explosion retentit, à l'endroit même où se situait la chambre de Magnus..
Et l'horreur se peignit sur son visage.
A suivre...
Mwahaha ! Cruelle que je suis ! J'entendis vos cris de frustration ! Bon je me calme car ça me frustre également d'avoir coupé ici, mais au moins vous savez que dans le prochain chapitre ça ne va pas être la joie et que la bataille va éclater !
J'ai promis un moment coquin avec Magnus et Alec et il y sera dans le prochain chapitre qui arrivera en décembre et qui bouclera aussi, une étape importante de la fic ! Je suis contente d'avoir pu poster un second chapitre durant le mois de novembre, au moins votre attente fut moins longue qu'auparavant :) Et j'espère être en mesure de poster pas trop tardivement le prochain chapitre !
En tous cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à rédiger ce chapitre et j'étais toute excitée en me disant que j'arrivai à un point culminant, la bataille avec Valentin ! Puis...*rougi* J'étais trooooop contente d'avoir pu ENFIN écrire ma petite scène entre Simon et Isabelle ! Cette jeune fille qui ne croit pas en l'amour le trouvera t-elle bientôt ? Ah~~~Une histoire palpitante l'attends ! Elle aussi va nous prouver qu'elle peut faire trembler les Cieux !
Quant à Edween, que dire de ce perso à part qu'il va apporter un grain de perturbation (si ce n'est pas déjà fait) dans la vie d'Alec. Sûre, pas d'amour ! Non mais..je vous ai vu venir de loin x)
Pour le passé de Magnus, au sujet de sa relation avec Etta, je sais qu'elle n'est pas la femme qui a le plus compté pour lui, mais comme cette dernière reste anonyme, j'ai décidé de modifier un peu et j'ai choisi Etta avec qui il a tout de même eu une relation sérieuse !
J'espère ne pas trop vous avoir perdu avec les deux appellations des démons. Mais pour aider, voici un petit debriefing:
-Asmodée - Sydonay
-Samaël - Satan (Son nom angélique, en plus de Samaël, sera dévoilé plus tard mais n'aura aucune importance concrète puisque ce perso est mort)
-Azazel - Rameel
Quant à Lilith, Alec nous les a tous énuméré dans le livre 4 pour ceux qui l'ont lu, mais ne vous en faites pas, je parlerai aussi un peu plus d'elle puisqu'elle va apparaître plus souvent plus tard !
Pour celles et ceux qui espèrent le retour de Raphaël...juste, attendez un petit peu..un tout petit peu ! :D
Je vais vous laisser, je bavarde encore et toujours mais je dois bosser le prochain chapitre ! Mais j'ai vraiment hâte d'avoir vos retours, et j'espère vous retrouver dans le prochain chapitre ! :D Merci à tous pour votre soutien, et de savoir que de nouvelles personnes viennent me lire et me suivent également me ravie tellement ! Gros bisou à tout le monde et à bientôt ~~
