Voldemort. 25

-Pouviez pas attendre un peu avant de tambouriner contre la porte comme un malade ! l'apostropha Harry avec colère en ouvrant le battant.

-Je n'ai pas le temps de me vautrer dans un lit, moi, monsieur Potter ! Et ce n'est pas en restant là que nous allons trouver une solution à mon problème.

-Dis, Voldemort, faudrait voir à pas te foutre de moi, il me semble que tu avais le temps de faire la grâce matinée aujourd'hui, je suppose que ça n'a pas dû t'arriver souvent dans ta vie !

-Qu'est-ce qui vous fait dire ça, se vexa le Lord en entrant dans les appartements de Snape qui s'était levé et habillé d'un peignoir et qui avait, à petits pas peu sûrs, gagner le salon pour s'assoir dans son canapé.

-Oh ! Monsieur Voldy a prévu quelque chose pour sa journée, ironisa le survivant en le suivant tout en restant sur ses gardes, et monsieur Voldy il veut faire quoi précisément ? M'emmerder peut-être ? parce que ça vous savez faire, hein ! ça fait des années que vous vous y exercez.

-Disons que j'ai un certain talent pour vous faire sortir de vos gonds, cela dit ce n'est pas mon but aujourd'hui, je pensais voir avec vous ce que vous avez prévu pour moi.

-Je vous avais dit que j'avais besoin de réfléchir ! et puis pas la peine de faire semblant d'être le gentil, je sais ce que vous êtes !

Le maître des potions avala sa salive avec difficulté et son corps se tendit au maximum pendant que ses yeux furetaient partout pour chercher sa baguette qui n'était jamais là quand on avait besoin d'elle.

-Laisse ta baguette où elle est, chéri, soupira Harry en s'adressant à Severus qui venait de la repérer. Voldemort est inoffensif, du moins sa magie, le reste est à voir.

-Que veux-tu dire ? explosa le maître des potions qui ne savait plus quoi penser mais qui était certain d'être entrer dans la quatrième dimension.

-Il est possédé, je t'expliquerai tout en détail quand on m'en laissera le temps.

-Que fait-il ici ?

-Des amis à lui l'ont libéré et m'en ont donné la garde…

-Amis ! Des traites et des inconscients, oui ! Qui a osé remettre cette abomination dehors ? Et puis n'était-il pas présumé être mort lui aussi !

-Par amis je parle des Fondateurs de Poudlard, et non comme tu le vois il n'est pas mort, notre cher Voldy, ajouta Harry en priant Tom de s'assoir sur une chaise.

-Je rêve là, je cauchemarde, je délire, je divague, dis-moi que tout ça n'est qu'un rêve, que j'aie encore de la fièvre…..

-J'aimerai, chéri, crois-moi, mais je ne peux pas te mentir.

Snape souffla bruyamment pendant que Tom allait s'assoir bien tranquillement près de la cheminée, non loin du maître des potions qui se contint bien difficilement de lui sauter à la gorge pour l'étrangler avant de l'éviscéré pour ensuite le laisser pourrir au soleil.

-Alors tout ce que nous avons accompli pour nous débarrasser de lui n'aura servi à rien ? Comment ont-ils pu nous faire ça, je n'y comprends plus rien.

-Va prendre une douche, et j'essayerai de te raconter ensuite…..

-Mais j'en ai rien à foutre de la douche, Potter ! cracha Snape que la colère envahissait.

-Oh ! toi je sens que tu vas te fâcher, grogna Harry, et ça tu devrais pas…..

-On se demande bien pourquoi, ricana Voldemort.

-Vous, fermez là ! Inutile d'envenimer les choses, hurla Harry en ligotant le Lord sur son fauteuil, ce qu'il n'apprécia guère.

-Je ne veux pas que tu quittes des yeux ce serpent que tu as invité chez moi et dans cette école, ordonna Snape en regardant son jeune amant revenir vers lui.

-T'inquiète, je n'ai nullement l'intention de le perdre de vue quand il est ici.

-Il a peur pour toi, Severus, ironisa Voldemort, et il a bien raison, espèce de traître !

-Laisse-le tranquille, Tom, sinon tu vas savoir comment je m'appelle !

-Vas-y, Potter, accompagne-le sous la douche et fais-lui voir à quel point il t'a manqué, espèce de dépravé ! Je suis sûr que tu n'attends que ça, cracha le Voleur de Corps par la bouche de Jédusor, regarde-le, cet espion, il bave en pensant à ton corps…..

-Harry, s'exaspéra Snape qui n'avait rien compris mais qui devina des paroles fielleuses, fais-le taire sinon je ne réponds plus de rien.

-Ce n'est pas lui qui parle, là.

-Me prendrais-tu pour un idiot ! je vois bien que c'est Voldemort qui parle.

-Non, tu crois que c'est lui mais en réalité c'est un Voleur de Corps.

-Un Voleur de Corps, mais je croyais qu'il n'y en avait plus en Angleterre !

-Ben si, faut croire que tu n'es pas bien renseigné.

-Puisque vous m'avez découvert je ne vois pas pourquoi je ferai semblant, gronda le Voleur.

-Tu es découvert depuis un petit moment déjà, tu as assez profité du corps de ton hôte…..

-Espères-tu que je vais bien tranquillement le quitter ! Tu me sembles plus fou que lorsque je possédais ton corps et ton esprit, Harry Potter, tu ne peux rien contre moi car si vous tentez quoique ce soit je ne partirai pas seul.

-Oui, et que feras-tu ?

-Tom viendra avec moi, j'ai ce pouvoir, l'ignorais-tu ?

-Pourquoi l'avoir mis sous votre emprise ? Je suis sûr qu'il y a une raison. Albus n'a pas voulu parler mais je suis certain de mon fait. Vous avez dominé Tom Jédusor pour une bonne raison.

-La domination…. le mal et le pouvoir, souffla Severus. Les Voleurs de Corps aiment le Mal et les conflits, ils ne vivent que pour ça, ils s'insinuent même chez les moldus, il n'y a qu'à voir les guerres, la famine, les meurtres, les politiques, tous se battent pour le pouvoir afin d'y satisfaire leur plus grand désir. Le Mal à l'état pur, voilà ce qui se trouve dans le corps du Lord.

-Je savais bien qu'il y avait une raison, Tom Jédusor est devenu Voldemort sous le joug de ce monstre, pesta Harry en pointant son doigt vers le Mage Noir. Ainsi il a pu mettre le monde magique à feu et à sang.

-C'est exactement ça !

-Pourtant il manque une pièce du puzzle, Severus, il nous cache quelque chose, ce vieux fou, et je veux savoir quoi.

-Vous croyez tout savoir, mais vous ne savez rien, ricana Voldemort.

-Je vais aller le voir, décida le maître des potions, je vais prendre cette foutue douche et m'y rendre de suite, je crois qu'il nous doit des explications, encore, pour ne pas changer, ronchonna Snape en se dirigeant vers la salle de bain.

-C'est une bonne idée, mais tu ne préfères pas que je lui demande de descendre plutôt ? osa timidement Harry en le suivant dans l'autre pièce.

-Si je dois étrangler le vieux débris je préfère qu'il n'y ait pas de témoins.

Harry pouffa, Severus était redevenu lui-même et gare à ceux qui allaient se mette sur sa route. Merlin ! qu'il aimait son fichu caractère de merde !

-D'accord, mais si tu étrangles Albus n'oublies pas Merlin et les quatre fondateurs, eux aussi sont coupables.

Snape enleva son peignoir et se tourna vers Harry pour voir s'il plaisantait ou pas.

-Tu crois que je ne suis pas capable de le faire ! s'indigna-t-il quand il vit le fin sourire de son jeune compagnon.

-Si, mais écoute d'abord le citronné avant d'en venir à des extrémités que tu pourrais regretter, chéri.

-Est-ce que vraiment j'ai un âge à être appelé chéri ? Je me fais l'effet d'être un…..

-N'ajoute rien, Severus, ronchonna Harry qui perdit son sourire et qui savait pertinemment qu'il n'allait pas aimer ce que l'homme allait dire.

-D'accord pour chéri, fit le maître des potions contre toute attente, et surtout parce qu'il souffrait de voir ce regard vert blessé. Il ne voulait pas ça. Je devrai pouvoir m'y habituer à la longue, ajouta-t-il en esquissant un faible sourire pour se faire pardonner.

L'homme entra sous la douche puis baissa la tête, fatigué et tremblant, il avait déjà présumé de ses forces et de ses muscles douloureux.

-Qu'est-ce que tu entends par « à la longue ? »

-Cent ou deux cent ans, peut-être, ricana Snape en ouvrant le robinet de la douche.

-Hey ! t'a pas le droit de dire ça ! je te laisse tout au plus une semaine pour t'y habituer, c'est tout.

-On verra, maintenant sors d'ici et va surveiller le serpent à sonnettes, je ne lui fais pas confiance, surtout s'il a cette chose en lui.

-Je sais, moi non plus, j'y retourne, fais attention à toi et si tu as besoin de moi n'hésite pas.

Harry fit mine de ne pas voir le corps amaigri et efflanqué de Severus, pourtant même ainsi il lui paraissait le plus désirable des hommes et le plus séduisant, il ne l'échangerait pour rien au monde contre un adonis sans cervelle et sans caractère. Il savait qu'il redeviendra lui-même après quelques bons repas et des potions reconstituantes.

-Je suis trop vieux pour ses idioties, ajouta Snape en versant du gel douche sur une éponge douce.

Harry se raidit, que voulait dire Severus par là ?

-Je me demande quand nous serons enfin tranquilles, n'a-t-on pas mérité un peu de repos après tous ces…..tourments ?

Le jeune homme souffla, soulagé. Severus ne parlait pas de leur relation, pourtant il l'avait bien craint pendant une seconde.

Le souffle, malgré le bruit de l'eau qui tombait sur le maître des potions, ne passa pas inaperçu. Il semblait même à Snape qu'il avait été amplifié tellement il était parvenu à ses oreilles avec extrêmement de clarté.

-Je ne parlais pas de nous, je serais bien inconscient de refuser le bonheur qu'on nous offre, je sais aussi que notre relation n'en est qu'à ses débuts mais je veux espérer….

-Moi aussi, et je ferais tout pour ça, avoua le jeune homme avec la gorge noué d'émotion. Je t'aime, ajouta-t-il avant de quitter la pièce pour laisser toute son intimité au maître des potions qui avait besoin de se retrouver seul un moment.

L'homme sortit de la salle d'eau plus affaibli qu'il n'aurait voulu. Il avait présumé de ses forces et quand il put de nouveau s'assoir sur le canapé avec l'aide de Harry, se fut avec un soulagement d'intense satisfaction.

Voldemort ricana, mauvais. Il les trouvait pathétique et nunuches. Des mauviettes d'après lui, même si ces deux hommes lui avaient montré plus d'une fois qu'ils étaient capables de tout quand ils voulaient défendre ce en quoi ils croyaient le plus.

-Vous êtes….émouvants de débilité, messieurs !Regardez-vous ! Bientôt vous allez vous mettre à pleurer comme des bonnes femmes, j'ai envie de vomir en vous regardant.

-Dans ce cas tourne la tête, crétin ! Là j'ai envie d'embrasser mon homme, et j'ai pas envie de te voir salir le salon. Et je te conseille fortement de ne pas faire de remarques si tu ne veux pas te retrouver avec un membre en moins.

-Tu n'oserais pas, Potter !

-Ah oui, tu veux tenter le Diable !

L'homme se tut, plus certain de riposter, le morveux avait à maintes reprises montré qu'il était capable du pire.

Harry ricana contre Severus qui l'avait fait venir contre lui, assis sur ses genoux. Il n'attendit pas cent-sept ans avant de poser ses lèvres sur celles de Snape pour entamer un baiser sensuel qui leur fit prendre conscience que ça leur avait manqué. Que leur corps l'un contre l'autre leur avait manqué, que leurs mains se caressant légèrement leur avaient manqué.

Ils gémirent, se moquant d'avoir un intrus près d'eux qui devait ricaner. Ils en avaient rien à foutre tant qu'ils se retrouvaient dans ce baiser qui redémarrait leur relation qu'ils n'auraient jamais dû laisser aux oubliettes. Severus regretta sur le champ d'avoir abandonné son ange, il avait de bonnes raisons, c'est sûr, mais il n'aurait pas dû faire ça, jamais.

Le baiser s'intensifia, ils ne voulaient plus se lâcher, se quitter, se blesser. Ils avaient besoin de l'un l'autre. Leur cœur battait à folle allure, ils avaient chaud, ils se voulaient tellement, ils avaient le désir de se fondre l'un dans l'autre, faire l'amour pour se retrouver tous les deux, se sentir vivant, laisser exploser leur désir, leur joie pour reprendre ensuite leur souffle et se regarder les yeux dans les yeux pour lire dans le regard de l'autre tout l'amour et l'émotion qu'ils pouvaient ressentir.

C'était puissant et surtout ce n'était pas le moment, se fustigea Snape en cessant ce baiser dévastateur mais ô combien délicieux et exquis qui avait un goût de revenez-y.

-Pas trop tôt, ronchonna Voldemort en faisant une grimace de dégoût. Vous ressemblez à des bêtes en rut !

Harry se tourna légèrement, puis, levant une main agacée il lança un sortilège qui fit taire le mage noir sur le champ.

-il m'énerve, gronda-t-il alors que Snape le tenait serré contre lui, oubliant qu'ils avaient d'autres choses à faire de plus urgent, comme comment débarrasser le Lord de son parasite.

Harry se retira des genoux de son amour qui étouffa un bâillement derrière sa main.

-Je vais te faire porter un plateau, mon amour, ensuite tu auras le temps de dormir un peu, lui proposa-t-il en caressant sa joue rasée de frais. Tu iras voir Dumbledore plus tard, ajouta Harry en sachant pertinemment que Snape n'en aurait pas la force.

Quand le maître des potions finit avec difficulté son repas, il s'étira sur le canapé sans chercher à s'allonger pour ne pas perdre de vue le serpent aux yeux rouges et fourbes. Il le voyait cogiter dans sa tête, et ce ne devait pas être très bon pour Harry et pour lui. Sûr qu'il imaginait comment leur échapper en leur faisant le plus de tort possible.

Le jeune homme recouvrit les jambes de Severus qui déjà papillonnait des paupières sans pouvoir s'en empêcher.

-A nous deux, grogna le survivant en se retournant vers Voldemort dont il rendit la parole. Je crois que nous avons besoin de parler sérieusement là !

-Je n'ai rien à te dire, je sais ce que tu vas essayer de faire, mais je ne te laisserai pas détruire ma vie.

-Votre vie ! ce n'est pas la vôtre, espèce de voleur ! vous avez parasité un enfant de cinq ans pour le conduire dans l'horreur et mettre le monde sorcier dans le chaos pour le simple plaisir de faire du mal. Vous êtes abject ! Une ordure qui ne mérite pas de vivre. N'avez-vous pas de regrets d'avoir fait de la vie de Tom un enfer ? Il n'était qu'un enfant, bordel ! Il avait à peine cinq ans.

-Je n'ai aucun regret, sauf peut-être celui d'avoir été découvert. Et posséder ce corps a été plus que jouissif, je me suis bien amusé à tous vous mettre sous mon joug. Ces sangs purs sont des ignares, pas un seul n'a pu me détecter, ils se prévalent grands sorciers et pourtant ils n'ont pas vu ce qui était devant eux pendant des décennies . Des incapables !

-Vous avez tué mes parents ! Tué des gens qui étaient innocents ! Pourquoi eux et pourquoi moi ?

-J'aime la puissance de vie et de mort sur l'être humain, j'aime l'odeur de son sang, les hurlements de douleur, les supplications…..L'homme est faible, seul toi a été capable de m'arrêter et j'en suis encore à me demander comment tu y es parvenu, cracha le Voleur de Corps, amer. Tu dois être né sous une bonne étoile.

-Une bonne étoile ! avec un fou psychopathe à mes trousses ! ricana le jeune homme en se plaçant devant le vil serpent.

Voldemort fit une grimace en entendant le mot psychopathe sans quitter Harry de ses yeux enragés.

-Comment comptes-tu me détruire sans tuer mon hôte ? Je te parie tout ce que tu veux que tu n'y arriveras jamais, je suis tenace et Tom est fragile.

-Je m'en doute ! je sais même que tu vas prendre un malin plaisir à le harceler pour me faire changer d'avis, seulement si j'étais toi je ne compterai pas trop sur ça, je me suis endurci, Voldy, et voir Tom souffrir ne me fera ni chaud ni froid.