C'est l'anniversaire de Harry Potter, de J. , de Jean Dubuffet et d'une copine à moi, alors je vous offre un chapitre que j'aime bien !
Merci pour les messages et tout le reste (favoris/alertes), c'est vraiment cool. :)
Et merci à Mara qui corrige et relit (et qui attendait ce chapitre :) )
Bonne lecture
Quand Charlie était rentrée, elle avait trouvé une boite de pâtisseries sur la table. En l'ouvrant, elle y avait trouvé ses préférées. Avec du chocolat partout. Son père était sous la douche. Il était tard. Elle avait dîné chez Burt et Carol. Elle regardait autour d'elle. Personne ne le saurait si elle prenait une petite pâtisserie. Alors qu'elle prenait une petite pâtisserie, l'eau de la douche s'arrêta. Elle entendit son père chantonner. Elle sourit en l'entendant. Puis, elle se souvint qu'elle était en colère contre lui. Son père sortit de la salle de bain. Il portait son bas de pyjama préféré. Celui avec les rayures et le tee-shirt de la Fête des Pères.
- Tiens, tu es de retour !, lui dit-il. Tu t'es bien amusée ?
Charlie haussa les épaules.
- Tu ne me parles toujours pas ?
- Pas le droit de parler la bouche pleine, dit-elle en cachant sa bouche.
Blaine souriait. Il fixait Charlie qui mâchait.
- Fini, dit-elle en tirant la langue pour que son père puisse voir l'intérieur de sa bouche. Je me suis bien amusée. Merci pour les gâteaux.
- De rien.
Charlie s'installa sur une chaise et prit un nouveau gâteau dans la boîte.
- Tu n'as pas mangé chez Burt et Carol ?
- Si, si.
- Tu sais que c'est notre plus longue conversation depuis une semaine.
- Je sais.
- Tu m'as manqué, ma Charlotte.
- Je sais.
Blaine regardait sa fille dévorer la boîte entière de gâteaux.
- Papa, est-ce que tu as déjà été déçu ?
- Oui, pourquoi ?
- Est-ce que ça fait toujours aussi mal ?
- Ca dépend de la déception, pourquoi ?
- Pour rien.
Charlie et Blaine se regardèrent. Ils étaient assis face à face. Assis de la même façon sur la chaise.
- Papa…, dit Charlie avec une petite voix.
- Oui ?
- Je peux te dire quelque chose qui ne va pas du tout te faire plaisir ?
- Bien sûr, dit Blaine en levant les yeux.
De toute façon, il n'y avait que Charlie qui ne lui avait pas encore dit quelque chose qui n'allait pas du tout lui faire plaisir. Il se passa la main dans les cheveux.
- Papa, tu sais que j'ai presque neuf ans. Alors, nous allons nous comporter tous les deux en adultes.
Blaine pouffa.
- Tu sais quoi ? Je vais me comporter en adulte et toi, tu vas rester un bébé. Parce que c'est ce que tu es, mon Papa. Tu es un Bébé. Mais Maman m'avait prévenue. Et c'est pour ça que Grand-Maman et Grand-Père t'appellent Bébé B. Parce que tu ne comprends rien des autres.
Le ton de Charlie était sec.
- T'as rien compris. Tu n'as pas compris que Kurt, il est amoureux de toi. Et t'as pas compris que moi, j'aimerais bien qu'il s'occupe de moi tout le temps. T'as même pas compris que je te faisais la tête parce que tu m'as déçu. Tu ne comprends rien. T'es bête, bête, bête. T'es si bête que tu me donnes envie de pleurer.
Une larme coula sur la joue de Charlie. Blaine tendit la main pour attraper celle de sa fille. Mais Charlie posa ses mains sur ses jambes.
- Ne pleure pas, Charlie, je suis désolé.
- Papa, arrête de me traiter comme un bébé. Si j'ai envie de pleurer, je pleure. Et je me suis retenue toute la journée. Parce que Kurt est si triste qu'il m'a rendue triste. Et tu sais pourquoi il est triste, Kurtsie ? A cause de toi ! De toi et de ta méchanceté ! Et parce que tu es bête !
- Désolé, Charlie.
- Arrête, t'es pas du tout désolé. Sinon, tu aurais demandé pardon à Kurt. Tu sais ce qu'il fait Kurt en ce moment ? Il cherche un nouvel appartement. Il ne veut plus habiter à côté de chez toi ! Tu te rends compte, tu as été si méchant que rien que de te voir ça lui brise le cœur.
- Il veut déménager ?
- Bien sûr ! Et moi aussi j'aimerais déménager. Je n'ai plus tellement envie d'habiter avec quelqu'un de méchant comme toi. Tu m'as tellement déçue, Papa.
Charlie pleurait de plus en plus. Mais son ton était froid. Blaine en avait des frissons. Elle était toujours assise droite sur sa chaise. Ses yeux débordaient de larmes mais elle continuait ce qu'elle avait à dire.
- Charlie, je ne veux pas que tu déménages. Tu irais où ? Reste avec moi. Je t'aime, tu le sais.
- Et pourquoi tu ne lui dis pas à Kurt que tu l'aimes ? Pourquoi tu l'as fait pleurer ? Pourquoi tu lui as dit que tu ne voulais plus le voir ? Pourquoi tu nous fais ça ? Hein, pourquoi Papa ?
Cette fois-ci, Charlie avait crié.
- Charlie…
- Ce que je ne comprends pas, c'est que tu dis qu'on est une équipe. Mais tu m'as laissée tomber !
- N'importe quoi, Charlie.
- Si. Si. Si. Tu m'as laissée tomber comme une vieille chaussette. Parce que moi je l'aime Kurt et je pensais qu'on allait enfin être une famille normale. Que tu aurais un amoureux et que ce serait plus facile. Kurt aurait pu m'emmener à l'école et toi tu n'aurais plus été obligé de te réveiller pendant tes jours de congés. Tout était bien parti pourtant. Kurt était à la maison tout le temps. Tu m'as même dis que tu étais amoureux de lui !
- Non, je ne l'ai jamais dit.
- Arrête de me mentir Papa. Tu me l'as dit le jour de l'orage. Et de toute façon, je le sais.
- Pardon ?
- Mais, Papa, ça se voit !
- Charlie, tu sais que ce ne sont pas tes affaires, dit calmement Blaine.
- Ce ne sont pas mes affaires quand ça t'arrange, Blaine Anderson !, cria Charlie. J'en ai tellement marre de toi ! Tu me donnes envie de fuguer !
Blaine regarda Charlie, interdit.
- Ecoute-moi bien, Charlotte Constance Anderson, tu vas tout de suite te calmer. Tu peux me crier dessus autant que tu veux, si tu as raison de le faire, je m'en fiche. Mais tu ne connais rien de l'histoire, tu ne sais pas ce qui se passe ou ce qui s'est passé avec Kurt. Alors tu vas te calmer. Ici, c'est moi l'adulte, c'est moi qui prends les décisions. Je réfléchis avant de les prendre. Parce que, contrairement à toi, quand je réfléchis je réfléchis pour nous deux. Fugue si tu veux, tu n'iras pas bien loin. Maintenant, tu vas me faire le plaisir d'arrêter de te plaindre, tu vas aller te mettre en pyjama et au lit. Charlotte, j'espère que j'ai été assez clair.
- Papa…
- Je pense t'avoir demandé quelque chose. Alors, pour une fois, tu ne poses pas de questions et tu obéis. Si tu penses que je suis méchant, je vais vraiment l'être. Putain, Charlie tu ne vois pas que je suis dévasté aussi. Tu penses que ça me fait plaisir d'être fâché avec Kurt. Tu penses que j'aime ça quand tu me fais la gueule ? Tu penses que c'est marrant de se faire engueuler par toutes les personnes sur Terre pensent qui tu es un gros con ? Tu penses que c'est marrant ?
- Papa, ne pleure pas… Papa, arrête de pleurer, s'il te plait. Je vais faire ce que tu as dit, je vais me mettre au lit. Mais arrête de pleurer, Papa.
Lorsque Charlie sortit de la salle de bain en pyjama et les dents lavées, son père n'était plus dans la salle à manger. Il avait éteint toutes les lumières. La porte de la chambre de son père était fermée. Son père ne fermait jamais la porte de sa chambre. Charlie frappa et entra sans vraiment attendre d'autorisation. Elle distinguait son père sur son lit, encore tout habillé, grâce à la lumière de la rue.
- Papa, je veux juste te faire un bisou de bonne nuit.
Elle s'approcha de son père et marchant à quatre pattes sur le lit. Elle embrassa son père et alors qu'elle voulait se dégager, son père la prit dans ses bras.
- Tu sais que je t'aime, Charlie. Je ne veux pas que tu partes de la maison. Je t'aime tellement.
- Tu sais, Papa, je crois que je ne voulais pas vraiment quitter la maison. J'ai dit ça pour te faire de la peine. Parce que tu m'en as beaucoup fait.
Charlie était couchée contre son père. Ils étaient tous les deux enlacés.
- Désolé de t'avoir criée dessus, dit Blaine.
- Désolée de t'avoir crié dessus, répondit Charlie.
- Et désolé d'avoir pleuré.
- Désolée aussi d'avoir pleuré.
- Charlie, je me rends compte que tu n'es plus du tout un bébé. Et merci de m'avoir… secoué.
- Papa, est-ce que tu m'aimeras toujours ? Même quand je serai grande.
- Bien sûr. Depuis que tu es née, je t'aime un peu plus chaque jour… Imagine, quand tu es née je t'aimais à l'infini. Alors maintenant, je t'aime à l'infini plus presque neuf ans.
Ils rirent tous les deux, toujours enlacés.
- Charlie, je veux bien répondre à des questions si tu veux. Des questions à propos de Kurt.
- Combien ?
- Trois.
- Quatre ?
- On verra en fonction de la pertinence des trois premières questions.
- D'accord… Alors, ma première question est : Qu'est-ce qui s'est passé avec Kurt en revenant des vacances ?
Blaine soupira :
- Tu te souviens qu'il est arrivé avec des plats chinois ? Il pensait qu'on allait manger ensemble tous les trois.
- Pourquoi ? Et ce n'est pas ma deuxième question.
- Je sais que ce n'est pas ta deuxième question. Pendant les vacances, comment t'expliquer… Charlie, tu sais, quand on est amoureux, on passe beaucoup de temps ensemble, on s'embrasse, on se fait des câlins, on discute beaucoup. Tu vois ce que je veux dire ?
- Oui, oui. Tout ce que tu faisais avec Maman, mais en étant amoureux.
- En gros, sourit Blaine. Et donc, pendant les vacances, j'ai fait toutes ces choses avec Kurt. Et il pensait qu'on était amoureux. Sauf que quand on est rentrés, je lui ai dit que c'était génial pendant les vacances, mais que ça allait être plus compliqué ici. Parce qu'il fallait que je m'occupe de toi, et qu'on devrait travailler et tout. J'ai voulu expliquer tout ça à Kurt, sauf qu'il a mal compris ce que je voulais dire. Et il m'a crié dessus.
- J'ai entendu qu'il t'avait crié dessus. Il a pleuré aussi.
- Je sais. Ça m'a brisé le cœur de le voir pleurer.
- Deuxième question maintenant, dit Charlie après un bref silence. Pourquoi tu en veux à Kurt ?
- Pardon ?
- C'est lui qui me l'a dit. Il m'a dit que je ne pouvais pas arranger les choses, parce que tu lui en veux. Donc, pourquoi tu lui en veux ?
- Je t'ai déjà raconté qu'on était amoureux au lycée. Et que tout allait hyper bien tout ça. Sauf qu'après sa terminale, il est parti à New-York. Et moi, je suis resté au lycée. Et, un jour j'ai fait une bêtise.
- Quoi ?
- J'ai été voir quelqu'un d'autre.
- Tu l'as trompé ?
- Ton vocabulaire m'étonne, Charlotte. Mais oui, c'est ce que j'ai fait.
- Tu aimais Kurt et tu l'as trompé… Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un père aussi bête ?
- Hé, dit Blaine. Je l'ai trompé et je suis directement allé le voir à New-York pour lui dire. Et il m'a quitté.
- Bien fait.
- Si tu veux. Alors, pendant un an, j'étais très triste. Et je ne sais plus trop comment, mais j'ai décidé de le demander en mariage. Alors, quand il est revenu à Lima, je lui ai demandé de m'épouser. Il m'a dit que ce serait une bonne idée, plus tard. Mais nous étions de nouveau ensemble. J'ai déménagé à New-York après le lycée. On avait notre appartement et tout allait super bien. Mais un jour, il m'a envoyé un message. Il me disait « c'est fini entre nous » et il n'a plus voulu répondre à mes messages. Alors j'ai déménagé chez une gentille française. Elle était dans une de mes classes à l'université.
- C'était Maman ?
- C'était Maman, sourit Blaine. Donc, si j'en veux à Kurt, c'est parce qu'il ne m'a pas expliqué pourquoi il me quittait. Et je ne l'ai toujours pas vraiment compris. Mais, je pense que ce n'est plus vraiment important, maintenant.
- C'était il y a longtemps, alors non.
- Comment tu fais pour avoir autant de recul sur les choses, alors que tu es grande comme trois pommes ?
- Maman m'a appris. Elle m'a dit que tu étais trop bébé pour t'occuper tout seul de toi et que je devrais t'aider.
- Charlie, tu sais que j'ai retrouvé une lettre de Camille. En rangeant des livres. Elle dit qu'elle t'aime. Et elle savait que j'allais tout ficher en l'air.
- Tu me la montres.
Blaine se leva et toujours dans la pénombre, alla à son bureau. Il ouvrit le premier tiroir et en sortit la lettre de Camille. En revenant vers le lit, il alluma la lampe du bureau.
- Tu peux me la lire, Papa ?
Blaine sentit Charlie se blottir contre lui. Et il commença à lire la lettre.
- J'aime bien quand tu parles français, dit-elle à son père quand la langue de sa mère. J'aimerais bien qu'on parle plus souvent français ensemble.
- Quand tu veux, lui répondit son père.
- C'est marrant que Maman ait imaginé tout ce qui se passe. Elle te connaissait bien.
- Un peu trop bien, même.
- Je peux poser ma troisième question ?
- Oui.
- Tu es amoureux de Kurt ?
- Charlie, dit Blaine en reprenant sa langue maternelle. Tu sais qu'être amoureux ce n'est pas facile. Et qu'il faut…
- Papa, es-tu oui ou non amoureux de Kurt ?
Blaine ne répondit pas.
- Papa, tu as dit que j'avais le droit à trois questions. Alors, oui ou non ?
- Charlie, tu le sais bien que c'est oui.
- Alors, comment tu vas faire pour le récupérer ?
- On avait dit trois questions, mon cœur.
- Je m'en fiche de la réponse, je veux juste que tu y réfléchisses et que tu agisses et que tu fasses ce que Maman te dit de faire. Bonne nuit, Papa.
Charlie embrassa son père. Alors qu'elle allait refermer la porte, elle se retourna et dit :
- Tu sais Papa, quand tu t'es énervé tout à l'heure. Tu as dit pas mal de gros mots.
- Bonne nuit, Charlie !
Bien joué Charlie-la-Rebelle-qui-a-que-9-ans !
Prochain chapitre : Vendredi (et faudra en profiter, parce qu'après il n'y aura rien pendant deux grosses semaines. Je sais, je sais...)
A vendredi,
Yzeult :)
