Bonjour à tous !
Voici la suite de l'histoire, alors que je compte bien m'éloigner de l'intrigue.
N'hésitez pas à commenter et à me dire ce que vous pensez de ces changements et de ce que va apporter.
Bonne lecture !
Chapitre 25 : Réunion à Edoras
A la lisière de la vieille forêt de Fangorn, dont les feuilles sombres étaient agitées par le vent, six personnes faisaient face aux vastes plaines.
Aragorn, Legolas, Gimli, Sayaka et Kyôko étaient en compagnie de Gandalf. A la stupéfaction générale, le magicien leur était apparu dans les profondeurs des bois. Il leur avait expliqué qu'il n'avait pas fini sa tâche et qu'il était de retour. Les Valar lui avaient donné une nouvelle chance, ainsi qu'une promotion pour continuer sa mission.
- Conneries de religion, gromella fort peu diplomatiquement Sayaka, avant que son amie rousse ne lui mette un coup de coude dans les côtes.
- Je me demande comment t'y crois encore, persifla la jeune fille aux cheveus bleus, avant de remonter sur le cheval qu'Eomer leur avait donné.
Gandalf siffla quelques notes qui retentirent loin, avant qu'un splendide cheval à la robe blanche ne fasse son apparition.
L'animal à la robe immaculée était majestueux, le claquement de ses sabots résonna sur la terre sèche.
- C'est un Mearas, murmura Legolas, à moins que mes yeux ne soient abusés par un sortilège.
Le mage ressuscité approcha du cheval blanc et monta sur son destrier au pelage lumineux, caressant l'encolure de Gripoil, dont le nom fit ricaner les deux magiciennes.
Les six cavaliers poursuivirent leur route, galopant à toute vitesse à travers les plaines herbeuses du Rohan.
A peine quelques heures plus tard, les voyageurs arrivèrent près d'une large ville bâtie sur une excroissance rocheuse. Les murs d'enceinte étaient faits d'une base de pierres, rehaussées par une palissade garnie de tours et dont la porte de bois était fermée.
Derrière les murs, de nombreuses demeures aux toits de chaume étaient visibles, mais elles étaient dominées par une longue structure de bois doré, dont le clocher était couvert de feuilles d'or.
- Edoras, expliqua Gandalf, ainsi que le château d'or de Meduseld. Je sens une force étrange à l'œuvre ici.
Les six voyageurs étaient encore à plus d'un kilomètre de la porte d'entrée, qu'ils furent rapidement abordés par une escouade de cavaliers portant des armures impeccablement lustrées, arborant fièrement l'étendard vert frappé du cheval blanc du Rohan.
- Mithrandir ! s'exclama alors le capitaine en reconnaissant le magicien blanc. Je suis Eaoden, fils de Hameleth, de la garde royale. Nous allons vous escorter, vous et vos compagnons. Votre venue est providentielle, puisque Sa Majesté est gravement malade.
- Je ne suis guère guérisseur, répondit Gandalf, mais si chaque minute compte, menez la voie.
Les quatre destriers furent alors entourés par la garde royale, qui forma un chevron autour d'eux pour assurer leur protection. Bien que la plaine soit déserte, les Rohirrim n'allaient pas prendre de risque.
Eaoden atteignit en premier la large porte et donna les mots de passe au garde, qui se hâta de baisser un bras, intimant à ses hommes de déplacer les lourds battants.
Les chevaliers escortèrent Gandalf et ses compagnons dans la ville, traversant la grande rue pour atteindre le palais.
Les deux magiciennes observèrent la ville, dont l'aspect primitif les choqua, ressemblant à une relique d'un passé révolu. Les habitants semblaient inquiets, comme s'ils craignaient que la mort de leur souverain n'apporte le changement.
Devant les portes du palais, Hama salua son supérieur, avant d'exiger les mots de passe. Bien vite, il laissa entrer la garde, ainsi que les voyageurs.
A l'intérieur, les halls étaient éclairés par de nombreux feux, ainsi que par de larges fenêtres ouvertes, qui permettaient d'évacuer la fumée.
Le fond de la pièce était occupé par un trône, sur lequel siégeait un bel homme blond, au physique particulièrement attrayant. Il avait un regard brillant, bien que soucieux.
A ses côtés, sur le siège réservé au conseiller du roi, une jeune femme blonde était assise. Son visage était dur, tandis que ses longs cheveux semblaient ternis par le temps et les épreuves. Cependant, ce furent ses yeux qui les choquèrent le plus. Les iris bleus semblaient glacés de colère et de détermination.
Pour autant, Sayaka et Kyôko furent davantage choquées par la gemme dorée qui figurait autour de son cou, nouée dans un collier de perles.
- Votre altesse, s'inclina Eaoden, Gandalf demande audience.
- Mon cher ami ! salua l'homme aux traits juvéniles en se levant du trône. Votre venue me réchauffe le cœur !
- Salutations, Théodred, fils de Théoden, répondit Gandalf en s'inclinant légèrement. J'avais espéré pouvoir discourir avec votre père, le souverain de la Marche du Rohan.
- Hélàs, répondit le prince, notre roi est malade et reste dans ses appartements. Un mal mystérieux le ronge et j'espérais que vous pourriez l'aider, puisque nos guérisseurs sont impuissants contre la magie et les sortilèges.
Gandalf accepta rapidement d'aider le jeune régent, lui demandant de le mener auprès du souverain.
Le magicien se rendit dans une vaste chambre, occupée par un lit à baldaquin et aux draps verts. Un vieillard vêtu d'une chemise de nuit était allongé et respirait faiblement, tandis qu'une servante âgée le veillait, faisant baisser la fièvre à l'aide de linges humides.
- Votre altesse, déclara t-elle d'une voix tremblante, son état ne s'est pas amélioré.
La servante au visage ridé et empâté s'inclina devant les invités et laissa Gandalf s'approcher du roi. D'un geste, il écarta les mèches grisâtres du malade, avant d'observer les iris vitreux. Les prunelles bleutées semblaient être dissimulées derrière un voile de fumée.
Gandalf pointa son bâton sur la poitrine du vieil homme et murmura de nombreuses formules en une langue inconnue.
Le mourant s'agita, prononça quelques mots incohérents, avant de lever le bras.
Gandalf resta ferme, énonçant de nouvelles formules d'une voix forte. L'homme fut plaqué dans le matelas, comme écrasé par une force invisible. Il resta paralysé, vaincu par la magie du mage blanc, murmurant des mots dénués de sens, avant de haleter violemment.
Le roi inspira avidemment l'air vital, comme un nourisson arrivant à la vie et prenant sa première bouffée d'air pur.
Il avait l'impression de renaître.
Il se redressa brusquement, observant ses alentours. Il reconnut les traits de son fils au premier coup d'œil, mais lorsque ses iris se posèrent sur le mage vêtu de blanc, il eut un instant d'hésitation et un léger mouvement de recul. Ses paupières papillonnèrent, avant qu'il ne s'intéresse davantage au visage âgé de l'homme.
- Gandalf ? s'étonna t-il, avant qu'un sourire du mage ne confirme ses paroles. Je suis navré, mais durant un instant, je vous ai pris pour Saroumane.
- C'est compréhensible, répondit le pèlerin gris. Il maîtrise nombre d'artifices. Je suis Saroumane, tel qu'il aurait du être.
- Vous parlez toujours en énigmes, s'amusa le roi qui semblait avoir retrouvé sa vigueur.
Gandalf sourit et s'esquiva quelques minutes, laissant Théoden en compagnie de son fils. Le monarque reparut une quinzaine de minutes plus tard, ayant revêtu tous les atours de sa charge.
Lorsque Théoden posa un pied dans la salle du trône, les hérauts sonnèrent de leurs trompes, annonçant l'arrivée de leur seigneur.
Il s'installa sur son trône et sourit à la jeune fille blonde, heureux de revoir sa nièce.
- Sombre ont été les derniers jours en mon esprit, confessa t-il en s'adressant à sa famille et non à ses sujets, puisqu'il devait rester fort devant son peuple. Que s'est-il passé ? demanda t-il à son fils. Dans mes rêves, j'ai cru que tu étais mort.
Théodred se montra très gêné. Un silence pesant s'abattit sur la salle, tandis qu'Eowyn porta doucement la main à son collier.
- J'ai été grièvement blessé durant la bataille des Gués de l'Isen, expliqua son fils, durant laquelle nos forces ont été surpassées par celles de Saroumane. Mes hommes m'ont ramené et j'ai réussi à guérir, grâce aux soins prodigués par ma cousine. Elle m'a protégé en éloignant Grima et ses poisons meurtriers.
- Grima, grinça le roi en serrant les dents. Où est-il ? demanda Théoden avec une voix froide.
- Il s'est enfui il y a quelques jours, avoua son fils. Il a banni Eomer et tenté de m'assassiner, mais Eowyn a réussi à l'écarter.
A cet instant, la belle blonde prit la parole.
- Je suis désolé, mon oncle, commença t-elle sans peur. J'ai donné des ordres pour l'arrêter, mais il semble qu'il avait senti le vent tourner et il s'est échappé. Il a sûrement galopé à bride abattue pour se jeter dans les robes de son maître.
- Tu as bien fait d'outrepasser les ordres de ce conseiller, ma nièce, commenta Théoden. Sans toi, notre situation serait sans doute bien pire à l'heure actuelle.
- J'ai également envoyé des cavaliers pour trouver Eomer et lui signifier que son bannissement avait été annulé, poursuivit-elle. Je suis profondément navré d'avoir annulé la signature d'un ordre écrit de votre main, mais ...
- J'annulerais moi-même cet ordre, reprit Théoden en hélant un garde pour qu'il apporte le nécessaire de travail du souverain. Ce rat m'aurait réduit à marcher comme une bête avec ses drogues, alors qu'il prie pour que je ne le trouve jamais, sinon je lui passe mon épée en travers du corps.
Le roi se leva alors vers les visiteurs, qui n'avaient toujours pas osé s'approcher du monarque. Théoden avait besoin d'un peu de temps pour se réadapter et reprendre ses marques.
Il s'était remarquablement bien remis, songea Aragorn en le voyant rejeter sa canne et porter son épée. Les poisons de Saroumane n'étaient guère aisés à vaincre, même pour quelqu'un comme Gandalf.
- Honorables invités, salua t-il. Soyez bienvenus. J'aurais aimé pouvoir vous accueillir dans de meilleures conditions, mais les temps ne sont guère à la fête. J'aimerais cependant que vous acceptiez mon hospitalité et que me contiez vos périples, demanda t-il.
Sur ces mots, il se tourna vers son fils et reprit, mais avec un ton bien plus impérieux.
- Faites votre rapport sur la situation, Maréchal Théodred.
Immédiatement, le prince héritier adopta une posture martiale et livra un résumé bien structuré des différents fronts, ainsi que ses conclusions sur l'état de l'armée de Saroumane.
Théoden donna rapidement quelques ordres, avant de discuter avec les nouveaux venus. Il leur fit préparer des chambres, ainsi qu'un repas.
A table, les discussions furent plus détendues et plus libres. Théoden écouta les nouvelles du monde et s'interrogea sur la présence de ces deux jeunes filles à l'apparence exotique.
- Qui êtes-vous donc, jeunes dames ? demanda t-il avec une curiosité teintée d'intérêt.
- Nous sommes des Puella Magi, commença Kyôko, des jeunes filles magiciennes. Nous sommes pourtant aisément reconnaissables à nos gemmes, ajouta t-elle d'une voix étonnée.
- Je n'avais jamais rencontré de personnes comme vous, ajouta le souverain.
- Vraiment ? s'étonna la rousse. Nous sommes pourtant comme votre nièce.
Un silence de plomb s'abattit sur la pièce, alors que la jeune rousse sembla prendre conscience qu'elle venait d'en dire trop.
Cependant, cette expression d'incompréhension n'était plus qu'une façade. Intérieurement, la rousse jubila. Eowyn était une variable trop dangereuse pour être laissée ignorée et en l'acculant ainsi, elle serait obligée de révéler les choses.
- Je ... je ... commença t-elle en sentant sa confiance s'estomper.
- Attention, prévint Théoden avec un ton doux, mais sévère. C'est un péché de mentir à son oncle et un crime de mentir à son roi.
- Je suis devenue magicienne, avoua t-elle. Mais je l'ai fait pour de bonnes raisons, ajouta t-elle en cherchant à se justifier. J'ai souhaité ramener Théodred à la vie.
L'atmosphère devint encore plus glaciale, alors que le prince héritier blêmit.
- Je ... je suis mort ? s'étrangla t-il. Mais c'est impossible.
- Rien n'est réellement impossible, tout est une question de moyens, répondit une autre voix plus enjouée.
Sayaka se tendit, retenue par Kyôko qui devait mobiliser toutes ses forces pour ne pas sauter sur l'immonde créature qui fit son apparition.
La bête immaculée à la fourrure épaisse et à la queue touffue trotta sur le sol de marbre, avant de bondit sur l'accoudoir du siège occupé par Eowyn.
- Bonjour Kyubey, salua poliment Eowyn, ravie de revoir ce visage amical.
- J'aimerais savoir comment as-tu fais ? coupa Kyôko. Tu n'es pas censé pouvoir piéger uniquement des jeunes filles en pleine puberté ?
- Je peux proposer des contrats à toutes les femmes, répondit-il. Ce monde offre tellement de potentiel à étudier.
Théoden se leva, pointant son épée vers la créature qui s'était invitée à sa table.
- Qu'avez-vous fait à ma nièce ? exigea t-il avec un ton froid.
- Pas grand chose, répondit la Puella Magi à la longue crinière rousse, prenant la parole avec une nonchalance frisant avec l'insolence. Il lui a juste offert de ramener votre fils, en échange d'une lutte contre les sorcières. Ce qu'il a très commodément omis de préciser, c'est qu'en échange de ce pacte, il a scellé l'âme de votre nièce dans ce bijou et que si la gemme est totalement corrompue, elle meurt.
La tension devint palpable, l'air était de plus en plus lourd et pesant, comme envahi par un miasme difficile à respirer.
- J'allais presque oublier de dire que le véritable objectif de Kyubey est de pousser au désespoir la cruche acceptant le contrat, afin de récupérer son âme corrompue. Dans le processus, la liche magicienne devient une sorcière, mais il trouvera facilement une autre idiote à manipuler, pour pouvoir poursuivre sa récolte d'âmes.
La violence crue de ces mots, qui n'étaient entourés d'aucune douceur pour faire accepter l'émère vérité, fit frémit tout le monde. Le roi et ses proches étaient traversés par la colère et la terreur.
- Kyubey, murmura la princesse qui avait peine à croire tout ce qui venait d'être dit, alors qu'elle sentait sa gorge s'étrangler en déglutissant. Je t'en supplie, dis-moi qu'elle ment.
- Elle dit la vérité, rétorqua nonchalamment la bête en s'étirant. Tout est vrai.
Tout le monde fut choqué. Si l'ignominie de cet être était détestable, le fait qu'il avoue tout sans le moindre remords était pire. Kyubey ne mentait même pas, il se contentant de dire ce que les gens voulaient entendre, avec des vérités partielles, laissant les autres interpréter ses mots.
Le roi dégaina sa lame et avec une vigueur insoupçonnée, il trancha la tête de la créature, faisant rouler son charmant visage au sol.
Le corps de Kyubey s'effondra au sol, tandis que le silence régna dans la pièce. Théoden contint sa fureur, sachant que libérer sa colère comme un ours sur ce corps duveteux, n'était absolument pas digne d'un monarque éclairé et maître de ses émotions.
Le roi rengaina son arme et se rassit, las, avant que l'agaçante voix ne se fasse de nouveau entendre.
- Vous pourriez cesser de détruire mes corps ? demanda poliment Kyubey, avant de se jeter sur son propre cadavre et de l'avaler goulûment.
Tous furent abasourdis.
Aragorn réalisa que Sayaka n'avait pas menti en parlant de la capacité de résurrection de cette espèce extraterrestre, mais Théoden crut halluciner.
- Je ne comprends pas vos réactions à vous, les humains, reprit l'Incubateur. On vous donne ce que vous désirez le plus et vous n'êtes toujours pas satisfaits. Je ne comprends pas pourquoi vous vous souciez tant de l'endroit où se trouve votre précieuse âme. Vous, les Puellae Magae, avez la chance de ne plus être limités par cette enveloppe si restrictive. Je me porte très bien en sachant que je suis protégé, très loin d'ici. Ce n'est qu'un corps, un outil que je peux utiliser en toute sécurité, rien de plus.
Sur ces mots, l'alien s'éloigna avec son immonde sourire. Cependant, il s'arrêta et se retourna, faisant bouger sa large queue.
- Si l'une d'entre vous devient une sorcière, appelez-moi pour que je récupère son âme. Ce serait perte d'énergie stupide si une grief seed était gâchée.
Kyubey disparut dans un trou qui semblait beaucoup trop petit pour son corps, laissant derrière lui une assemblée stupéfaite et une princesse totalement désemparée.
