Le sourire aux lèvres, Aiba marchait à travers la ville lorsqu'il rencontra Nino, assit à un café.

-Ah! Nino-chan!
-Oh? Aiba-kun, qu'est ce que tu fais là?
-Je me promène! Je peux m'asseoir?
-Oui oui, bien sûr.
-Nino, il faut que je te dise quelque chose!
-Je suis déjà au courant...
-Eh ?
-Et bien, si ce que tu veux me dire c'est que tu as passé la nuit avec Sakurai-san... oui je suis déjà au courant.

Aiba ouvrit de grand yeux étonnés, puis ils se mirent à pétiller.

-Oui, c'est exactement ça! C'était vraiment, mais alors vraiment super! Si tu savais que qu'il m'a fait tu serais...
-Non mais ça va merci, je veux pas savoir! Bref, écoute je suis ravi que tu ais prit ton pied comme jamais hier mais il faut que tu arrêtes de voir ce type, Masaki.

Aiba le regarda et émit un petit rire, mais quand il vit le noir de son regard, il comprit que Nino ne se foutait pas de lui. Il lui demanda des explications.

-Masaki, hier, Satoshi est venu parler à Sakurai-san, et ce qui en est ressortit c'est qu'il va se servir de toi pour nous faire du mal. Pour nous forcer à rompre, tu comprends?
-Quoi?
-Je ne veux pas que tu sois blessé par ce type juste parce que le plan foireux que l'on a mit en place à 2% de chances de réussir. Il se joue de toi, ni plus, ni moins. Il faut tout arrêter maintenant, sinon ça ira trop loin pour qu'il n'y ait pas de casse.
-Haha...
-Masaki?
-C'est fou... comme tu peux débiter ces conneries avec un tel sérieux. Chapeau bas, Nino.
-Je ne dis pas de conneries! Masaki, il va te faire du mal.
-C'est plutôt toi qui m'en fait là.
-Eh?

Aiba se leva et replaça tranquillement sa chaise.

-Tu sais Nino, tu n'arrives juste pas à admettre que je suis heureux, enfin.
-Mais non!
-Laisse-moi tranquille, Nino. Et puis, tu sais, c'est assez vexant que tu dises que le plan n'a que 2% de chances de fonctionner. Mais bon, je comprends que tu sois tendu. T'en fais pas, je vais te prouver que je peux avoir Sho avant qu'il ne vous pousse à rompre. Jusqu'à ce que ça arrive, je te demande de ne pas te mêler de mes affaires. Bonne journée, Nino.

Il fit quelques pas mais Nino le rattrapa et le retourna vers lui.

-Masaki, tu fais fausse route! Je te dis que Sho ne ressent strictement rien pour toi!
-Bon maintenant ça suffit!

Sa voix était forte, à tel point que le silence se fit dans le café.

-Nino, laisse moi gérer ce que toi tu ne peux pas gérer: ma vie.

Kazunari lâcha son bras et baissa les yeux, attristé par les mots si durs d'Aiba. Celui-ci regretta ses paroles et se radoucit, déposant un baiser sur le crâne de Nino.

-T'en fais pas, je vais bien.

Puis il partit, laissant là un Nino qui fondit en larmes.

Masaki marcha un long moment pour mettre ses idées aux clair. Non mais pour qui le prenait Nino? Bien sûr qu'il savait que Sho ne ressentait rien pour lui. Mais lui, il l'aimait. Et oui, il était tombé dans ce doux piège et ne savait pas comment en ressortir. En fait, il ne voulait juste pas en ressortir. La situation lui allait. Tant qu'il avait les bras de Sho, ça allait après tout. Enfin, non, mais il préférait croire que oui.

-Ah, mais quelle merde!

Avant qu'il ne s'en rende compte, il était arrivé à quelques mètres de l'immeuble où habitait Sho. Il le regarda un moment, revoyant la scène de la veille au soir, celle où il montait jusqu'à l'appartement, bloqué contre la parois de l'ascenseur par le corps pressant de Sho.
Mais il en était sûr, à ce moment là, ce qu'il avait ressenti, c'était de l'envie. Sho avait envie de lui!

-Ça, Nino ne pourra pas le nier.

Oui, ça ne pouvait pas être autre chose que de l'envie. Son regard devenu noir, ses mains qui le caressaient furieusement, sa bouche qui ne le quittait plus. Sho s'était montré passionné. Trop pour quelqu'un qui ne faisait que jouer la comédie!
Aiba s'assit sur l'escalier et replia ses jambes. Il avait l'air d'un gamin perdu dans l'immensité du monde.

-Je suis sûr que Sho ressent quelque chose pour moi. N'importe quoi, mais il ressent forcement quelque chose...pitié faites que ce soit vrai... pitié... je vous en supplie. Ne m'abandonnez pas une seconde fois...

Le temps passa et les nuages aussi. Si bien que la pluie s'abattit sur la ville et par la même, sur le pauvre corps meurtrit de chagrin d'Aiba.

-Masaki?

Cette voix..

-Qu'est ce que tu fais ici! Tu vas attraper froid! Tu ne vois pas qu'il pleut?

Non mais qu'est ce qu'il s'en fichait qu'il pleuve! Qu'on le laisse en paix bordel!

-Viens.

La seconde d'après son corps était relevé comme une poupée de chiffon et la seule chose qu'il pu voir fut le dos trempé de pluie de Sho. La minute suivante, il était à nouveau dans cet appartement qu'il n'avait pas vraiment eut le temps de bien regarder.

-Je vais te chercher des affaires à moi, la salle de bain et là, quitte les tiennes.

Comme un automate, Aiba s'exécuta. Lentement il enleva son manteau, son pantalon qu'il avait retroussé jusqu'aux genoux, son t-shirt... tout jusqu'à se retrouver entièrement nu au beau milieux de la salle de bain.

-Tiens, voilà pour...

Sho qui venait de rentrer se stoppa net face à ce spectacle. Car oui, Aiba Masaki encore dégoulinant d'eau de pluie et offert de la sorte était un vrai spectacle. Posant les vêtements sur le meuble, Sho s'avança et se serra contre lui.

-Tu es très beau.

Sa main remonta jusqu'à son visage, écartant de son front les mèches rousses qui s'y étaient collées. Puis ses doigts redessinèrent l'arrête de son nez, de sa mâchoire et de ses lèvres pleines et qui ne demandaient qu'à être embrassées. Il le fit. Doucement, sans rien demander en échange, serrant juste ses bras autour de la taille nue d'Aiba qui ne réagissait toujours pas.
Ses lèvres partirent explorer le cou décoré d'un collier. Il attrapa la chaîne entre ses dents et mordilla la peau fruitée de Masaki qui n'émit aucun son.

-Tu me donnes envie de toi.

Sa prise accentua, contraignant Aiba à poser son menton contre l'épaule de Sho.

-Non, pas cette fois.

Ses premiers mots stoppèrent Sho qui se recula.

-Quoi?
-J'ai dit « pas cette fois ». Et plus jamais d'ailleurs.
-Masaki, mais qu'est ce que tu racontes?

Aiba repoussa Sho et prit les affaires qu'il lui avait apporté.

-Je vais rester le temps que mes affaires sèchent, après je te rendrai les tiennes et on ne se verra plus.
-Non mais attends, Masaki, tu débloques! C'est quoi ce revirement de situation?
-Y'a juste que je suis pas à ta disposition. Tu vois, s'envoyer en l'air avec un mec qu'on connait pas c'est cool une fois, c'est fun, je prends mon pied. Mais ça s'arrête là. Surtout si le gars ne ressent strictement rien pour moi.

Il avait réfléchit pendant qu'il attendait sous la pluie, il avait capitulé et avait donné raison à Nino. Du coup, il voulait rattraper son erreur et avait décidé de faire jeu inverse.

-Tu dis n'importe quoi, tu as de la fièvre, c'est sûr.
-Bon, écoute. T'es vraiment adorable, sexy et tout ce que tu veux, mais là tu me gaves à essayer de me retenir. Je vois pas pourquoi je perdrais mon temps avec toi. Puis c'est pas moi que t'aimes non?

Il enfila le boxer, le t-shirt et le jean puis croisa les bras pour faire face à Sho.

-Mais qu'est ce que...
-J'ai parlé à Nino. Mais bon, je dois te prévenir, t' arriveras à rien. Ils s'aiment vraiment et c'est pas ton petit stratagème minable de tentative de séparation qui va y faire quelque chose. Mets toi ça dans le crâne, ça vaut mieux pour toi.

Il dépassa Sho qui semblait plus que perdu. Mais celui-ci reprit contenance et le rattrapa alors qu'il se dirigeait vers le canapé.

-De quoi tu parles enfin. Masaki, je ne ressens plus rien pour ce type et je t'assure que tu te trompes sur mes sentiments pour toi! Pourquoi aurais-je couché avec toi sinon?
-Mais bien sûr. Ah au fait, moi je suis la Vierge Marie!

Devant cette belle manière de qu'il qu'il ne devait pas trop le prendre pour le con qu'il n'était pas, Sho renonça. Il frotta de ses mains son visage devenu tout d'un coup marqué d'une grande fatigue.

-Bon, je vois que c'est pas la peine de tenter d'arranger le coup.
-Ah!

Sho alla s'asseoir sur le canapé, le dos courbé. Il ne savait pas vraiment quoi faire maintenant. Son plan venait de tomber à l'eau et il devait vite en chercher un autre. Sauf qu'il devait prendre en compte une chose.

-Cette affaire personnelle est devenu une affaire un peu trop publique à mon goût... J'ai réussit à me mettre à dos Ninomiya et Satoshi, ce Nishikido et sa sangsue de copain et maintenant toi... va falloir passer entre tout ce beau monde si je veux réussir à récupérer ce que je veux.
-Tu fais fausse route.

Aiba vint s'asseoir à califourchon sur ses cuisses, relevant son menton d'une main, ce regard supérieur toujours fiché sur son visage.

-Je ne suis pas contre toi mais avec toi.
-Quoi? Haha, ne me fais pas croire que tu vas m'aider à séparer ces deux là.
-Effectivement. Non, moi ce que je vais faire, c'est te faire oublier Satoshi. Je vais faire en sorte que tes pensées ne soient plus dirigées que vers moi. Ah oui, et autre chose, n'essaie pas de m'en empêcher.

Sur ces mots ils se pencha pour l'embrasser.

-On va faire quelque chose: un mois, juste un mois, tu vas arrêter de traquer Nino et Satoshi.
-Masaki!
-La ferme. Si à la fin de ce mois tu ne t'es toujours pas rendu à l'évidence que nous sommes fait pour être ensemble, je te laisserai reprendre tes petits activités sadiques sans plus m'en mêler. C'est compris?

Sho plongea son regard chocolat dans celui d'Aiba pour y voir de la détermination mais aussi de la peur. Et le rythme plus qu'affolé du roux confirmait le fait que le comportement de Masaki n'était pas réellement naturel. Il avait dû faire preuve d'un grand courage pour s'exprimer de la sorte, pensa le bourreau. Sakurai ferma les yeux puis se lova contre le torse chaud de son farouche amant.

-D'accord, faisons ça.

Il ne put s'empêcher de rire quand Masaki relâcha toute la pression qui pesait sur lui en soufflant un grand coup.

-J'ai cru que t' allais te mettre en colère et que j'allais finir en charpie dans une poubelle.
-Ne dis pas de sottises. Contente-toi juste de me convaincre.
-J'ai de bons plans pour ça... laisse moi te montrer à quel point je peux être désirable. Tu verras, dans trois jours tu ne pourras plus te passer de moi.

Alors qu'il accueillait les lèvres aguichantes de Masaki, Sho se laissa allonger sur le canapé. Il devait bien se rendre à l'évidence; il était épuisé par cette chasse à l'homme et Masaki était peut être le moyen de se libérer de ces chaînes qui entravaient sa vie.