Auteur : Abby and Jes

Titre : A doua șansă

Couple : Lucius/Charlie

Genre : Romance/Drame

Rated : M

Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Cassandre, Isaac et Abigail sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.

Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.

Statut : Finie à l'écriture.

Bêta correctrice : Red Blood Apple, The Great Victoria Grant

Résumé : Après la guerre, le gouvernement a changé et le nouveau Ministre a décidé d'infliger à certains Mangemorts une peine qui se déroulera en dehors de la célèbre prison. Lucius Malfoy est concerné par cette réforme et il en est ravi. Enfin, au moins jusqu'à ce qu'il découvre où il va aller et qui sera son surveillant.

Périodicité de publication : Un chapitre par semaine voire plus, si nous sommes gentilles.


Note Abby : Salut les petits Anges (Si si, au fond de vous, je suis sûre qu'il y en a qui se cachent ) *tirage de langue*. Un grand merci pour vos reviews qui font toujours aussi plaiz' à lire ! Et oui, déjà la suite mais que voulez-vous, nous souhaitons vraiment finir de publier cette histoire pour la fin de la semaine donc valà ! Bonne lecture et à très vite !

Note Jes : *Big smile* Heureuse que vous ayez aimé ce chapitre, et que vous continuiez à aimer notre histoire. Voici la suite des aventures de Lucius et Charlie. Bonne lecture donc *clin d'oeil*

Merci à I gemeli del piacere, Raspoutine66, holybleu, Cat, espe29, Athi, Malh et dobbymcl pour leur review.


Partie I

A doua șansă

Chapitre 25

POV Lucius

Je jetai un regard à Charlie et remarquai que sa famille était là également. Je cherchai Draco et fus rassuré et en même temps déçu de ne pas le voir dans la salle. J'aurais beaucoup apprécié de pouvoir revoir mon fils mais je ne voulais pas qu'il s'attire des ennuis, ni même qu'il me voit ainsi. Je reportai mes yeux sur Charlie et me sentis nauséeux quand je vis que Joaquim lui tenait la main. Je détournai le regard et me mis à fixer le sol. Je repensai à tous mes rêves et me demandai si finalement, ce n'était pas juste la réalité. Peut-être était-il passé à autre chose ? Cela serait sans doute mieux pour lui...

Je me mordis la lèvre en sentant mes yeux brûler et les fermai pendant quelques secondes afin de me reprendre. Peu importe ce qu'il se passait vraiment, je ne pouvais pas le laisser me voir ainsi. Par Salazar, j'aurais vraiment préféré qu'il ne me voit pas dans cet état-là. Ni lui ni personne d'autre. Le Ministre prit la parole et je relevai la tête tout en évitant soigneusement de regarder dans la direction de Charlie.

— Nous sommes ici aujourd'hui, en date du 22 septembre 2003, pour statuer sur le cas de Monsieur Lucius Malfoy, condamné à 10 ans d'intérêt général et qui entretient une relation d'ordre personnel avec la personne en charge de sa surveillance, Monsieur Charlie Weasley.

Je ne pus m'empêcher de jeter un coup d'œil à Charlie mais me détournai rapidement en constatant qu'il tenait toujours la main de Joaquim. Aucun autre gardien n'était là. Seule sa famille était avec lui, sa famille et Joaquim. S'il était avec lui, voulais-je réellement sortir d'Azkaban ? Après tout, dans vingt ans je sortirais d'ici et je pourrais retrouver Draco. Et une fois que l'affaire ne serait plus en instance, j'aurais le droit à des visites. Je repoussai mes pensées sinistres alors que le Ministre reprenait la parole :

— Nous allons donc recevoir ici le témoignage des deux concernés, ainsi que ceux des collègues de Monsieur Charlie Weasley qui ont, eux aussi, côtoyé le couple. Avez-vous des objections ? Demanda l'homme de loi.

Mon avocat que je n'avais plus vu depuis ma dernière sortie de prison dit n'avoir aucune objection et je retins un soupir. Je n'avais aucune envie de parler. Je n'étais même plus certain de savoir comment on faisait. Par Salazar, je n'avais plus ouvert la bouche depuis que j'étais entré à Azkaban. Ce qui faisait, si j'en croyais les dires du Ministre quant à la date… un peu plus de huit mois.

— Je n'en ai pas non plus Monsieur le Ministre, fit Charlie d'une voix forte.

— Dans ce cas, commençons. J'appelle Monsieur Geoffroy Zidar en tant que premier témoin.

Il entra par une porte dérobée dans l'un des murs et vint s'asseoir à gauche du Magenmagot, dans le siège prévu à cet effet. Il croisa mon regard et m'observa attentivement, alors je détournai les yeux. Je n'avais qu'une seule envie, que tout cela se termine au plus vite. La sentence m'importait peu à présent, je voulais juste savoir si j'allais avoir à passer mes prochaines années à Azkaban ou si j'allais pouvoir retrouver Charlie. Enfin, si ce dernier voulait toujours de moi.

— Monsieur Zidar, reprit le Ministre, nous allons vous donner du veritaserum. Je vais ensuite vous poser quelques questions, et l'avocat de Monsieur Malfoy fera de même. Toutes vos réponses seront retranscrites à l'écrit et elles feront partie des preuves pour cette affaire. Avez-vous des questions ?

— Non, fit-il.

Geoffroy avala la potion et nous patientâmes deux minutes afin qu'elle agisse avant que le Ministre ne commence à l'interroger :

— Veuillez décliner votre identité : nom, prénom et date de naissance s'il vous plaît.

— Geoffroy Zidar, 14 mars 1946.

— Bien. Vous aviez donc accepté il y a presque trois ans de cela d'accueillir Monsieur Malfoy au sein de votre structure ? Pourquoi ?

— Parce que l'idée du projet qui m'avait été proposé m'avait plu.

— Il était censé vous aider aux tâches quotidiennes ainsi qu'à la... reconstruction d'un bâtiment si je ne m'abuse. Qu'avez-vous pensé de son travail ?

— Dès le départ, il a fait ce qui lui était demandé avec application et sérieux. J'ai apprécié cela.

— Je vois. Son aide vous a-t-elle été utile ?

— Oui, énormément.

— Et son comportement, comment était-il ?

— Non violent, avec un minimum de politesse et beaucoup d'ignorance vis-à-vis de l'équipe.

— Il n'a donc jamais eu d'altercation avec un membre de votre équipe ?

Les questions du Ministre semblaient commencer à fatiguer Geoffroy et il en était de même pour moi. Ce dernier était sous veritaserum et je sentais bien qu'il faisait ce qu'il pouvait pour ne pas m'enfoncer. J'avais été surpris quand il avait dit que mon aide avait été utile mais je supposais que c'était tant mieux s'il voyait les choses ainsi.

— Une seule fois, suite à la provocation d'un de mes employés.

— Ah oui ? Cela n'a pourtant pas été évoqué dans les rapports de Monsieur Weasley.

— En effet, car si Joaquim n'avait pas poussé Lucius, ce dernier ne l'aurait pas poussé en retour. Charlie étant présent, il a certainement jugé inutile d'accabler son prisonnier. Surtout au vu de la situation.

— Quelle situation ?

— Joaquim aurait fait quelques avances à Lucius que ce dernier aurait poliment refusé. Mon employé n'a pas aimé cette réponse. C'est tout ce que je sais.

— Je vois. Nous demanderons de plus amples explications à Monsieur Malfoy, dans ce cas. Que pensez-vous de l'impartialité de Monsieur Weasley ? A-t-elle été remise en cause d'après vous ?

— Non. Charlie est resté digne du rôle qui lui avait été confié, du début jusqu'à ce que vous veniez chercher Lucius au camp.

— Une dernière question. Monsieur Malfoy s'est vu attribuer une baguette suite à la demande de Monsieur Weasley, soi-disant pour qu'il puisse continuer à vous aider. Lui et Monsieur Weasley entretenaient-ils déjà une relation à ce moment-là ?

Geoffroy se pinça les lèvres quelques secondes avant de répondre :

— Oui en effet, ils entretenaient déjà une relation. Mais la demande était plus qu'utile et a d'abord été soumise au vote de l'ensemble de mes employés.

— Je vois. Je vous remercie pour votre coopération. Est-ce que l'avocat de Monsieur Malfoy a quelque chose à ajouter ?

— Oui Monsieur le Ministre. Monsieur Zidar, diriez-vous que mon client, Monsieur Lucius Malfoy ici présent, a été entièrement coopératif vis-à-vis de sa condamnation ?

— Il n'a jamais refusé d'effectuer l'une des tâches qui lui a été confié et il n'a jamais abandonné son poste.

— Merci, fit mon avocat avant de se rasseoir. Je n'ai pas d'autre question Monsieur le Ministre.

— Bien. Vous pouvez donc partir Monsieur Zidar. J'appelle Mademoiselle Johanna Robinson.

Elle arriva et m'adressa un sourire encourageant mais je me contentai de la regarder une seconde avant de détourner le regard une fois de plus. Le Ministre lui reposa les mêmes questions et j'arrêtai d'écouter à un moment. Je sentais le regard de Charlie sur moi et il me brûlait de par son intensité. J'avais l'impression qu'il ne me lâchait pas des yeux mais je voulais qu'il arrête de me regarder. Parce que je ne voulais pas qu'il me voie ainsi.

Johanna repartit et Hulrick arriva, puis Moliva. Je jetai de petits coups d'œil à Charlie et remarquai bientôt qu'il avait lâché la main de Joaquim, ce qui n'était pas pour me déplaire, bien au contraire. Moliva vint prendre place sur le fauteuil des témoins et je me rendis vaguement compte que leurs déclarations étaient toutes identiques, à peu de choses près. Ce fut ensuite au tour d'Isaac puis d'Abigail, et ces derniers n'étant pas présents au camp depuis longtemps, leurs interrogatoires furent rapides. Je sentais également le regard des Weasley et particulièrement d'Arthur sur moi et je me dis que même s'il ne semblait pas jubiler, il devait probablement être satisfait que je me sois éloigné de son fils. Carlos arriva et but le sérum de vérité à son tour.

— Très bien, veuillez décliner votre identité s'il vous plait. Nom, prénom et date de naissance.

— Carlos Pardo, 07 avril 1979.

Il lui posa les mêmes questions qu'aux autres puis lui demanda également si d'après lui, j'avais été utile. Je jetai un regard à Charlie et dus me battre contre moi-même pour me détourner de lui, et décidai d'essayer de me concentrer sur la conversation en cours.

— ... car entre mon travail, mes allées et venues en ville et mon repos, sans lui, je serais débordé.

— Vous rendez-vous en ville souvent ?

— Oui, plusieurs fois par semaine. Enfin, pas tout le temps, mais cela arrive. Entre les courses et les fournisseurs, c'est courant.

— Monsieur Malfoy vous a-t-il déjà demandé de prendre contact avec quelqu'un en son nom ou de lui procurer quelque chose ?

Je fermai les yeux et me pinçai les lèvres. Merveilleuse question, vraiment.

— Hum, et bien oui, à une seule reprise.

— Il vous a demandé de prendre contact avec quelqu'un ou bien de lui procurer quelque chose ?

— De lui procurer quelque chose, fit-il les joues rouges.

— Et qu'était-ce ?

— Rien de dangereux.

— Ce n'était pas ma question. Qu'était-ce ? Je ne reposerai pas la question Monsieur Pardo et votre non-coopération peut beaucoup vous coûter.

— Du lubrifiant, il voulait que je lui procure du lubrifiant, fit-il en colère contre le Ministre.

Je rouvris les yeux en entendant des hoquets de surprise venir du côté des Weasley et de certains membres du Magenmagot alors que le Ministre, lui, était rouge pivoine. Bien fait pour lui. Il se reprit et reposa d'autres questions auxquelles répondit Carlos sans plus d'hésitation. Le Ministre le congédia et appela ensuite Charlie. Il alla s'asseoir et je ne pus cette fois-ci détacher mon regard du sien. Je remarquai qu'il avait un peu maigri et me mordis la lèvre. Je voulais me cacher et qu'il ne me voit pas ainsi mais je n'avais pas le choix, je ne pouvais que rester ici et tenter d'avoir l'air un peu moins pitoyable. Il but le veritaserum et répondit au Ministre quand celui-ci lui demanda de décliner son identité :

— Charlie Weasley, 12 décembre 1972.

— Bien. Vous avez été désigné Surveillant de Monsieur Malfoy. Quelle était votre relation à ce moment-là ?

— Conflictuelle je dirais.

— C'est à dire ?

— Je ne cessais d'essayer de le pousser à bout, pour qu'il retourne à Azkaban, sans toutefois dépasser les limites. Nous nous disputions souvent, sans en venir aux mains. C'était même un petit jeu, je pense.

— Je vois. Et comment cette relation a-t-elle évolué ?

— Je ne sais pas vraiment. Naturellement je dirais.

— Que représente Monsieur Malfoy pour vous à présent ?

— Je l'aime, il est une part de moi. Vivre sans lui à mes côtés est une torture.

J'écarquillai les yeux et ouvris la bouche avant de la refermer et de me pincer les lèvres. Il y eut de nouveau des hoquets de stupeur du côté des membres du Magenmagot et le Ministre se racla la gorge. Je jetai un œil à Joaquim qui n'avait pas particulièrement l'air satisfait et fermai les yeux. Je me sentais étourdi et confus. Ce qui semblait et ce que je croyais être se mélangeait dans mon esprit, le tout ajouté à mes rêves et mes hallucinations. J'étais fatigué, et je voulais dormir. Je rouvris néanmoins les yeux et les plongeai dans ceux de Charlie.

— Je vois. Vous affirmez pourtant que cette relation n'a rien changé quant à votre partialité ? Comprenez que nous ayons des doutes après un tel discours. Vous vous battez depuis des mois pour le faire sortir d'Azkaban, qui nous dit que même s'il faisait quelque chose de vraiment répréhensible, vous ne décideriez pas tout simplement de fermer les yeux ?

— Je ne le ferai pas. Lucius mérite sa seconde chance car il a montré à maintes reprises qu'il voulait changer. Si jamais il faisait quelque chose de répréhensible, il ne serait plus l'homme que j'aime. Il reste un Mangemort. Mais c'est aussi un homme brisé qui tente de se reconstruire.

Un homme brisé. Je n'appréciais absolument pas qu'il me décrive ainsi mais je supposais qu'il n'avait pas vraiment tort.

— A maintes reprises vous dites ? A quelles occasions Monsieur Malfoy a-t-il montré ce désir de changer ?

— Au début, quand nous l'avions surchargé de travail, tout en le traitant comme... une merde. Ensuite, quand il a dû réellement travailler avec nous, pour la reconstruction, l'ayant au départ laissé seul, sans magie pour creuser les fondations. Mais aussi quand il est... rentré dans la réserve sans réel moyen de se défendre pour me sauver la vie. Et à chaque fois que Joaquim le poussait à réagir.

Je sentais les regards des Weasley sur moi mais préférais largement me concentrer sur Charlie. J'avais fait tout cela car je n'avais pas vraiment le choix, mais je n'étais pas mécontent qu'il voie les choses autrement.

— Dois-je en déduire que Messieurs Malfoy et Mercier ne s'entendaient pas ?

— C'est en effet le cas. Joaquim a, à plusieurs reprises, essayé de pousser Lucius à l'attaquer et il a même voulu faire une fausse déclaration après s'être lui-même ouvert l'arcade sourcilière. Maintenant, les choses vont mieux. Mais à une époque, il a même été viré pour son comportement.

— Je vois. Comment avez-vous réagi suite à la fausse déclaration de Monsieur Mercier ?

Charlie se tendit, puis répondit :

— Je lui ai défoncé le visage.

— Oh. Alors vous étiez déjà avec Monsieur Malfoy à cette époque ?

Charlie se mit à rire avant de répondre :

— Oh que non, c'était toujours un sale con à cette époque. Je pouvais à peine me retenir de l'emmerder.

Je lui lançai un regard sombre et soupirai. Merci Charlie, vraiment.

— Dans ce cas, pourquoi avoir pris sa défense face à Monsieur Mercier ? Et pourquoi était-il un sale con, comme vous dites ? J'en déduis que son comportement n'était pas si irréprochable si vous pensiez cela de lui.

— Je l'ai défendu car il était dans son droit d'avoir repoussé Joaquim. Et il était un sale con parce qu'il en était un. C'était son caractère, ce n'était pas lié à ses actes. Comment vous dire, il... gardait cette distance avec tout le monde, en restant toutefois poli. J'adorais l'emmerder. Et puis, qui n'aimerait pas faire chier un Malfoy ?

Je me tournai vers les jumeaux Weasley et leur lançai un regard noir après avoir vu le petit sourire qu'ils affichaient. Je reportai ensuite mon regard sur mes mains. Je savais très bien ce que pensait Charlie de moi à cette époque mais ce n'était pas pour cela que c'était agréable pour autant. Et s'il pensait toujours de cette façon ?

— Je vois. Et pour quelle raison exactement a été renvoyé Monsieur Mercier ?

Charlie se tendit et regarda sa famille. Il se pinça les lèvres et une minute passa avant qu'il ne réponde sous l'effet de la potion :

— Il a tenté de profiter de moi dans un moment de faiblesse.

— Un moment de faiblesse dû à quoi ?

— Je... j'ai fait un malaise dans la réserve suite à un problème de santé. Joaquim a tenté de profiter de moi le lendemain. Et... je... je... j'étais abattu car Lucius ne m'aimait pas malgré qu'il m'ait sauvé la vie, enfin, c'était ce que je croyais.

Je relevai la tête et me sentis mal pour lui en constatant qu'il n'avait pas vraiment voulu répondre à cette question mais qu'il y avait été obligé. Je retins un soupir en pensant au fait que j'allais bientôt me retrouver à sa place.

— Profiter de vous de quelle façon ?

— Sexuellement.

Il jeta un regard à sa famille et j'en fis de même. Les Weasley regardaient Joaquim d'une façon qui laissait présager une vengeance prochaine. Bien fait pour lui.

— Vous n'avez pas porté plainte, cependant.

— Non, parce que je n'étais pas certain que cela était vraiment ce que j'imaginais.

— Mais il a néanmoins été renvoyé. Pourquoi a-t-il réintégré la réserve dans ce cas ?

— Il a promis qu'il se tiendrait tranquille et nous avions besoin de personnel. Mon accident a montré des failles dans notre manière de travailler.

— Très bien. Quand exactement, vous et Monsieur Malfoy, vous êtes-vous mis ensemble ?

— La veille de la venue de ma famille. Regardez dans vos archives pour la date exacte. Cela faisait plus ou moins un an que Lucius était avec nous.

Le Ministre acquiesça vaguement et regarda les papiers qu'il avait devant lui, comparant des parchemins à d'autres.

— Je vois. Je vous remercie pour votre coopération. Nous allons donc à présent prendre la déposition de Monsieur Malfoy.

Charlie regagna sa place et j'avalai la potion, me retenant de grimacer face au goût plus que désagréable. Et puis, depuis que je savais que quelque chose était mélangé à ce que l'on mangeait et buvait à la prison, prendre des potions était quelque chose qui ne m'attirait absolument plus. Le Ministre attendit deux minutes puis me demanda de décliner à mon tour mon identité. J'ouvris la bouche, espérant que ma voix ne serait pas trop rauque ou faible. Malgré tout ce qu'il s'était passé, je restais un Malfoy, et j'avais toujours ma fierté. Un peu.

POV Charlie

J'étais en colère d'avoir dû déballer ainsi certaines choses et tout en regardant Lucius boire sa potion, je serrai les poings. Quand il parla, de cette voix faible et chevrotante dans les premières secondes, je grognai. Je devais vraiment me retenir pour ne pas aller sur place et le prendre dans mes bras.

— Bien Monsieur Malfoy. Selon vous, Monsieur Charlie Weasley a-t-il été impartial dans son jugement vous concernant ?

— Être avec lui ne m'a apporté aucun traitement de faveur.

—Profitiez-vous de votre relation pour rendre votre peine plus agréable ?

Je retins mon souffle, ayant soudain peur de la réponse, même si au fond de moi, je la connaissais. Fils de pute de Ministre à la con !

— Non.

Je soupirai de soulagement et une main se posa sur mon épaule. Je me retournai et vis que c'était Ron qui me souriait. Je lui rendis son sourire et regardai ensuite ma famille qui semblait soulagée. Avaient-ils cru que... Je ne pouvais pas les en blâmer, l'ayant moi aussi envisagé une fraction de seconde.

— Avez-vous agi de manière répréhensible pendant votre peine et que personne n'en soit au courant ?

— Non, j'ai fait ce que l'on me demandait.

— Bien, je n'ai plus de question. Maître, fit-il à l'attention de l'avocat de Lucius, avez-vous des questions ?

— Oui, votre honneur. Monsieur Malfoy, Monsieur Charlie Weasley ici présent a dit dans son témoignage que vous lui aviez sauvé la vie. Comment avez-vous procédé ?

— Je n'ai pas... j'ai essayé. Et j'ai été dans la réserve dans l'optique d'aller chercher Charlie et de le ramener de l'autre côté de la barrière.

— A ma connaissance, votre baguette est sous restriction magique. Vous étiez donc dans l'impossibilité de vous défendre. Est-ce exact ?

— Oui.

— Pourquoi avez-vous pris ce risque ?

— Je ne... voulais pas qu'il meure.

— Était-ce parce que vous ne vouliez pas avoir affaire à un autre gardien, où était-ce parce que vous étiez en relation intime avec Monsieur Charlie Weasley ?

Lucius lança un regard noir à son avocat avant de répondre :

— Je ne voulais pas particulièrement d'un autre gardien mais... lui et moi n'étions pas en relation, à ce moment-là.

— Merci Monsieur Malfoy, je n'ai plus de question.

— Je suis certain qu'ils vont le libérer, souffla mon père aux creux de mon oreille.

— Bien. Merci à tous. Nous allons maintenant nous retirer pour délibérer. Quelqu'un a-t-il une objection à formuler ?

— Non, votre honneur, répondis-je.

— Moi, j'en ai une, fit l'avocat de Lucius. Nous n'avons pas entendu le témoignage de Monsieur Mercier.

— En effet, il n'a pas été convoqué. Nous allons donc délibérer sans son témoignage.

— Attendez, criai-je. Il est présent, comme soutien.

Je regardai Joaquim, qui était pâle. Je fronçai les sourcils alors que le Ministre dit :

— Fort bien. Nous appelons donc Monsieur Joaquim Mercier à la barre.

J'avais l'impression que le Ministre lui-même n'était pas enchanté par cette nouvelle. Joaquim ne semblait pas ravi non plus mais il se leva et alla sur le siège des témoins avant de boire la potion. Le Ministre lui demanda ensuite de décliner son identité, comme il l'avait fait avec les autres témoins.

— Joaquim Mercier, 17 mai 1971.

— Bien. Je n'ai qu'une question pour ma part. Pourquoi avez-vous voulu effectuer une fausse déclaration contre Monsieur Malfoy ?

— Je voulais qu'il parte. Il ne méritait pas ce traitement de faveur, il devait croupir à Azkaban.

— Bien, mer...

— Et parce qu'il était trop proche de Charlie à mon goût.

— Vous nourrissiez donc vous aussi des sentiments à l'égard de Monsieur Weasley. Est-ce toujours le cas ?

— Non, ce n'est plus le cas. Mais oui, j'avais des sentiments pour lui à cette époque.

— Bien. Maître, fit-il ensuite à l'avocat de Lucius, vous pouvez poser vos questions et nous passerons ensuite à la délibération.

J'étais soulagé d'apprendre que Joaquim ne nourrissait plus de sentiments à mon égard, cela signifiait que nous étions réellement redevenus amis, comme avant. J'en fus heureux.

— Quelle était votre relation avec Monsieur Malfoy avant qu'il ne soit renvoyé à Azkaban ?

— La politesse d'usage, et encore. Nous nous ignorions pour le bien de l'équipe.

— Vous ne l'appréciez donc pas ?

— Pas du tout, je le déteste.

Rien de nouveau, pensai-je. Pourquoi continuer à l'interroger ? Nous perdions du temps pour la délibération.

— Pourquoi ?

— Parce que... il a le droit d'être aimé de la personne qu'il aime avec tout ce qu'il a fait, et moi non.

— Vous lui en voulez ?

— Plus que vous ne pouvez l'imaginer.

— Je vois. Tous vos collègues ont été appelés pour témoigner aujourd'hui, tous sauf vous. Pourquoi ?

— Cela était inutile.

J'étais bien d'accord.

— Ah oui ? Pourquoi ?

— J'avais déjà donné mon témoignage par écrit.

Je fus choqué à ses mots. Alors... c'était lui ? Je me levai et fonçai vers Joaquim en criant :

— Sale fils de pute, je vais te tuer !

Le Ministre demanda aux Aurors d'intervenir et deux d'entre eux m'attrapèrent chacun par un bras pour m'empêcher d'avancer plus.

— Monsieur Weasley ! Dit ensuite l'homme de loi. Calmez-vous ou je vous fais évacuer de la salle.

Je me calmai immédiatement suite à cette menace, mais dis, ma voix emplie de haine :

— Ne t'avise plus jamais de te présenter devant moi, parce que tu passeras un sale quart d'heure espèce de pourriture !

Je retournai à ma place, tremblant. Bill vint près de moi, là où était avant ce traître et il me prit dans ses bras :

— Calme-toi frérot. Avec un tel témoignage, Lucius sera forcément relâché.

— Bien, fit ensuite le Ministre. J'invite maintenant toutes les personnes ne faisant pas partie du Magenmagot à sortir attendre notre verdict à l'extérieur. Messieurs les Aurors, veuillez ramener Monsieur Malfoy à sa cellule.

Je le vis passer les portes, le cœur lourd. J'espérais maintenant que je pourrais bientôt le serrer dans mes bras.

— Allez vient mon chéri, allons attendre le verdict, fit maman en me tirant à la suite des autres.

Nous nous installâmes dans le couloir tout proche et bien que ma famille et mes amis soient là en soutien, je ne cessai de stresser et d'imaginer que le verdict allait être négatif, comme Lucius emprisonné pendant vingt ans à Azkaban.

Même un an de plus... je n'étais pas sûr de le supporter.

Les jumeaux vinrent m'encadrer, me serrant contre eux et restant silencieux, et cela me toucha. L'attente fut longue, trop longue et elle me sembla même durer une éternité. Quand les portes se rouvrirent enfin, je n'attendis pas pour entrer de nouveau dans la salle, prenant rapidement place. Le Magenmagot se remplit, puis le Ministre entra, ainsi que ses conseillers proches et finalement, Lucius. Le Ministre se racla la gorge et dit :

— Des erreurs ont été commises dans cette affaire et nous en sommes conscients. C'est pourquoi nous avons décidé que Monsieur Malfoy allait immédiatement quitter Azkaban. Les mois qu'il y a passés sont comptabilisés comme faisant partie de ses heures d'intérêt général et nous lui accordons également quinze jours de repos qu'il peut passer à la réserve ou à la résidence de la famille Weasley qu'il ne pourra cependant quitter que pour aller en Roumanie. Nous vous demanderons simplement de nous informer du lieu où il séjournera. De plus, il aura droit à deux lettres mensuelles venant de la personne de son choix ainsi qu'à une visite par mois de cette même personne, qui est pour l'instant Monsieur Draco Malfoy. En cas de changement, nous vous serions gré de nous en informer.

Je soufflai et vis les Aurors détacher Lucius qui serra ses poignets.

— La séance est suspendue, merci, ajouta-t-il ensuite avant de se lever et de quitter la salle.

Je n'attendis pas plus longtemps et courus vers Lucius, pour le prendre dans mes bras.


Nous espérons que ce vingt-cinquième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Abby and Jes