¤Bonjour les d'jeun's !¤
PfiOu ! Là vous vous dites : enfin !? Bah, j'avoue que moi aussi... Après avoir passé une journée entière à organiser la fin de la fic, chaque scènes, chaque moments clés, chaque coupures de chapitres, comment je devais faire si ou ça... après avoir écris mon Epilogue -oui, non mais moi qui écris dans l'ordre tout du long, il ne faut pas rêver non plus ! Et je voulais voir où je devais exactement en venir et comment y arriver ! Chaque détail est donc désormais prévu -parce que quand j'écris sans savoir où je vais, j'avoue que c'est du gros n'importe quoi et que le n'importe quoi me prend étrangement beaucoup plus de temps ! Bref, c'est avec un goût bizarre dans la bouche que je vous annonce que cette fic comportera 30 chapitres -dont le prologue et l'épilogue hein. Donc, plus que cinq chapitres et l'épilogue...
A dire vrai, la violence de la relation Drago & Hermione n'était pas censé aller aussi loin ! Ce petit -ou grand- détail à provoqué quelques changements de l'histoire... Je vous parlerais pitêtre de ce qui était prévu ! mais ça n'a pas grand intérêt. Bref, ces changements ont légèrement raccourcis l'histoire... quoi qu'elle n'aurait pas été beaucoup plus longue... juste beaucoup plus niaise xD
Bon sinOn, je remerci à nouveau Ju (lettre à James dans ce chapitre mais qu'est ce qu'elle est vide ! J'ai juste réalisé un truc... que James dit lui-même ! Quand je dis que ce sont mes persOs qui dirigent tout ! xD) Et pis mercii à tous les autres ! Pour petite information également, BloodyNessyZabini a fait une playlist pour Inexistence (je dois aussi le faire ! xD) que vous pourrez trouver sur son profil ! Allez dOnc y jeter un coup d'oeil ! Et j'en profite pour la remercier des superbes citations qu'elle m'a passé ! Je les utiliserais à la fin...
¤ Bonne lecture ! ¤
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"L'amOur sans éternité s'appelle angOisse : l'éternité sans amOur s'appelle enfer..."
Gustave ThibOn
"Ce qu'il y a d'ennuyeux dans l'amOur, c'est que c'est un crime Où l'On ne peut se passer d'un cOmplice."
Charles Baudelaire
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CHAPITRE 23
Drago bougea légèrement dans son sommeil, glissa sa main sur la chute de reins d'Hermione sans s'en rendre compte. Elle entrouvrit les yeux lorsque le soleil filtra à travers les rideaux et elle se demanda pourquoi ce fichu astre se levait avec les poules, ne la laissant pas profiter encore un peu des quelques minutes qui lui restaient en compagnie de son amant. Le jeune homme en question enfouit son visage en son cou en ronchonnant, de toute évidence dérangé par la lumière lui aussi. Il comptait manifestement se cacher dans ses boucles brunes pour y échapper. Il était inutile de préciser que sa technique ne faisait pas ses preuves. Elle se tourna légèrement vers lui, enfonçant ses doigts dans ses cheveux blonds, les poussant vers l'arrière en une étrange caresse. Il sourit très légèrement. Elle remarqua une petite marque sur l'épaule du garçon, une morsure. Elle s'empourpra.
« C'est moi qui t'ai mordu ?
–Non, non... Je me suis fait ça moi-même ! Railla t-il. J'ai réussi à me dévisser la tête et à me mordre tout seul comme un grand... »
Elle lui tira bêtement la langue qu'il s'empressa de mordiller en l'embrassant à pleine bouche. Elle se souvint brusquement de la discussion qu'ils avaient eue la veille, lorsqu'il lui avait expliqué qu'elle aimait souffrir. Il sentit qu'elle se raidissait sous les doigts, et pas de plaisir pour une fois.
« À quoi penses tu ? »
Elle resta silencieuse, calant son visage dans le creux de son cou, humant son parfum à en perdre haleine. Il interpréta sa réaction après avoir réfléchi aux problèmes qu'elle pourrait avoir.
« Tu t'inquiètes pour mon rendez-vous au Ministère ?
–Non. Je sais que si quelqu'un peut convaincre une assemblée de son innocence -qui plus est lorsque c'est vrai- c'est bien toi ! Tu possèdes un don de persuasion à toutes épreuves...
–Je possédais. Corrigea t-il mécaniquement. Je ne me suis pas entraîné depuis trop longtemps... Et je ne suis plus certain d'être... un Malefoy. »
Elle se redressa pour le contempler, remarquant sa mâchoire crispée et l'ombre qui s'était emparée de son regard gris orageux. Elle posa sa main sur son torse et il se tourna vers elle, se forçant à lui sourire pour la rassurer en quelque sorte, aussi pour ne pas montrer que ce sujet lui était particulièrement douloureux à évoquer. Elle se rendit compte que c'était la première fois qu'il commençait à parler de ce qu'il avait fait...
« Ce n'est pas parce que tu as tué... Lucius Malefoy que tu n'es plus un Malefoy. Nous sommes parfois différents de nos parents, de notre famille. Ça ne nous exclut en rien pour autant. Dans ce cas, je ne serais plus une Granger simplement parce que je suis une sorcière.
–Ce qu'on est n'est pas un crime. Répliqua t-il. Ce qu'on fait peut l'être.
–Ce n'est pas avec un tel comportement que tu vas convaincre le Magenmagot ! S'exclama t-elle en s'agenouillant sur le lit, le dominant un peu comme pour le forcer à l'écouter. Tu dois croire en ton innocence !
–Mais... Je ne suis pas innocent !
–Si ! Bien sûr que tu l'es ! C'était... de la légitime défense ! Tu as eu la réaction la plus normale qui soit ! Keira est morte par leur faute et... »
Elle se tut. Elle avait prononcé le prénom de Keira accompagnée du mot « morte » ce qui semblait être le comble de l'horreur. Elle baissa les yeux. Il resta figé dans une expression étrange, mélange de peine et de désarroi, puis -voyant la mine pâle d'Hermione- haussa finalement les épaules et changea de sujet.
« Si ce n'était pas mon rendez-vous qui t'inquiétait, que se passe t-il ? »
Elle releva la tête, croisant son regard qui disait tout. Son visage avait beau dissimuler à la perfection l'état dans lequel il se trouvait, son regard semblait perdu. Elle se rallongea lentement à ses côtés, comprenant qu'il attendait réellement sa réponse car elle lui permettrait de penser à autre chose. Alors elle s'expliqua, confiant ce qu'elle avait sur le coeur.
« Hier... Tu m'as plus ou moins dit que j'étais... masochiste...
–Oui ? Insista t-il, voulant qu'elle continu.
–Et... Je me demandais si tu le pensais vraiment et pourquoi tu le pensais... »
Il fronça brièvement les sourcils, songeur. Elle resta silencieuse tout le temps que dura la préparation de sa réponse, impatiente tout de même bien qu'elle tente de le cacher. Il finit par se tourner vers elle, plantant son regard dans le sien.
« Tu n'es pas... masochiste. Enfin... disons que, je sais parfaitement que tu ne supporterais jamais que je te frappe vraiment ou que nous utilisions certains objets, ou encore que je t'humilie ou... Tu as tes limites. J'ai aussi les miennes. Seulement, nos limites à nous sont à peu près les mêmes et nous supportons beaucoup plus de choses que le commun des mortels. Et que cette faculté à supporter la douleur, ou la violence nous pousse toujours plus loin...
–Tu veux dire... Que ça ne s'arrêtera jamais ?
–Si. Quand on aura atteint nos limites... Mais... Je crois que toi et moi, nous sommes un peu têtus et qu'il faudra du temps pour que nous nous fatiguions l'un de l'autre. De plus, ta capacité à avoir tant d'orgasmes... C'est aussi quelque chose qui nous donnera toujours envie d'aller plus loin. Nous aurons toujours des records à abattre. Même à soixante ans !
–Tu sais, Drago... à soixante ans, tu ne seras plus capable de grand chose... » Se moqua t-elle.
Il éclata de rire face à la moue angélique qu'elle arbora à l'instant et tenta de se défendre.
« Je suis inépuisable ! Je serais toujours d'attaque ! »
Elle se contenta de lui répondre avec un rictus dubitatif en glissant ses doigts contre son torse, de plus en plus bas. Il ferma les yeux et marmonna :
« Tu es inépuisable toi aussi... Il faudrait plusieurs hommes pour te contenter...
–Je croyais que tu étais toujours d'attaque ! »
Il se retourna d'un geste brusque et se retrouva au dessus d'elle, lui tenant les mains au dessus de sa tête pour l'empêcher de bouger. Elle n'eut même pas le temps de réagir. Son coeur battait furieusement dans sa poitrine sous l'effet de l'adrénaline. Il le sentit et parut quelque peu hésitant.
« Si tu veux que je sois doux, je peux l'être. Après tout, je vais peut-être finir ma journée à Azkaban alors c'est mon moment de bonté ! »
Elle n'eut pas besoin de réfléchir plus de trente secondes pour répondre :
« C'est justement une bonne raison pour ne pas l'être... »
°¤_¤°
« Je ne veux pas que Potter vienne ! »
Hermione poussa un profond soupir en mettant ses mains sur ses hanches, vrillant son regard à celui de Drago qui avait sifflé cette phrase entre ses dents tout en s'arrangeant pour qu'elle soit parfaitement audible. À l'autre bout du salon des Weasley, Harry et Ron échangèrent un sourire. Hermione Granger mettant ses mains sur ses hanches à la manière de Molly Weasley, ça avait de quoi les inquiéter. Quelques membres de l'Ordre étaient présents et voulaient accompagner Drago au ministère, craignant -ou souhaitant pour certains- qu'une bataille se déclenche.
« Qu'est ce que ça peut faire !? Il veut aider ! Tu ne peux pas refuser que je vienne, puis qu'Harry vienne ! Et ensuite, ce sera quoi ? Tu voudrais y aller seul aussi peut-être !? S'emporta Hermione en fusillant Drago du regard lequel jeta un léger coup d'oeil en arrière vers les autres personnes présentes.
–Oui ! Je suis parfaitement capable d'y aller seul justement !
–Non, tu n'en es pas capable ! Arrête de jouer au plus malin !
–On dirait maman... » Bredouilla Ginny à l'adresse de Ron qui étouffa un rire.
Le professeur MacGonagall se sentit obligée d'intervenir et s'approcha de Drago et d'Hermione, qui -elle le savait- camperaient sur leur position jusqu'à la fin de leurs jours si personne ne réagissait.
« Mr Malefoy, malgré votre capacité à vous débrouiller seul, cette histoire ne concerne pas que vous ! Elle concerne aussi Miss Granger, Mr Potter et la famille Weasley. Ils vous ont recueillit et avaient une grande affection pour votre soeur... Il serait très respectueux de votre part de ne pas l'oublier. Cette histoire nous a tous affecté d'une certaine manière et je crois qu'aucun de nous ne souhaiterait qu'après tous les efforts que nous avons faits, vous soyez condamné. Je suppose également que Miss Granger exercera toute la magie dont elle peut faire preuve pour vous enfermer ici si vous résistez. Et dieu seul sait qu'elle s'y connaît ! »
Hermione eut un petit rire très fier et Harry et Ron se lancèrent au même moment une oeillade amusée. Drago scruta Hermione qui lui adressa un sourire angélique digne d'une sainte -qu'elle n'était pas, il le savait mieux que tous.
« Okay... Y n'empêche que je ne veux pas que Potter soit là ! »
Le Potter en question se leva du canapé, résigné.
« D'accord. Tant qu'il y a des membres de l'Ordre pour t'accompagner, je n'ai aucune raison particulière d'y aller personnellement. »
Drago soupira, apparemment soulagé qu'il ne vienne pas. Hermione parut soucieuse pendant un instant, se demandant à quoi il pensait exactement. Elle ne trouverait pas de réponse à cette question, elle le savait.
Une organisation fébrile se mit en place et quatre personnes furent désignées pour accompagner Drago à son audience : Arthur et Bill Weasley et les professeurs MacGonagall et Rogue. Drago n'adressa pas un signe d'adieux à Hermione lorsqu'il quitta les lieux avec la petite troupe censé le protéger au cas où.
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Hermione se rongeait soigneusement les ongles, le regard rivé sur le canapé que Ron déplaçait par magie sous les indications de Ginny. Après avoir passé la matinée à nettoyer de fond en comble l'appartement, ils s'occupaient du salon et de la cuisine, organisant les meubles. Les petits détails ne seraient installés que le lendemain. Harry avait repeint les murs en blanc grâce à un sortilège.
« Hermione ! Tu m'écoutes ? S'enquit Ron avec une grimace exaspérée.
–Hum hum...
–Oui, ça se voit ! Allez, arrête de penser à Drago ! Maman nous préviendra quand ils reviendront !
–Mais ça fait déjà plus de cinq heures... »
Harry revint dans le salon après s'être occupé de la chambre. Il observa ses amis et sa femme, se demandant pourquoi ils arboraient tous des mines si renfrognées. Il comprit qu'il s'agissait de l'absence de Drago et soupira. Il se demandait lui aussi pourquoi c'était si long. Cependant, comme toujours, il essaya d'être positif et de remonter le moral des trois autres.
« Vous savez ce qu'on dit : Pas de nouvelles, bonne nouvelle ! »
Hermione se contenta de le fusiller du regard avant de se laisser tomber sur le canapé, agacée. Elle se sentait étrangement vide depuis le départ de Drago. Elle s'était peu à peu habituée à sa présence et le savoir loin d'elle -et peut-être en danger- lui brouillait l'estomac. Elle réalisa aussi qu'elle n'était plus aussi à l'aise qu'autrefois avec ses amis. Ils semblaient différents... Ou peut-être l'était-elle elle-même. Harry et Ginny volaient sur leur petite bulle rose de bonheur, impatients de l'arrivée de leurs deux enfants, impatients de connaître le sexe de leurs bébés, impatients d'emménager réellement dans leur petit nid, impatients de vivre tout simplement... Et inconsciemment, elle les enviait. Elle ne voulait pas d'enfants bien sûr, mais aurait voulu être aussi douée qu'eux pour réprimer la souffrance et la peur de l'extérieur. Pourtant, ils devaient bien être effrayés eux aussi, non ?
Harry s'installa avec Hermione sur le canapé, courbaturé par la fatigue. Il regarda ses amis et bredouilla.
« Il faut que je vous parle. »
Il évita volontairement le regard de Ginny posé sur lui. Ron et Hermione échangèrent une grimace, se demandant ce qu'il se passait dans la tête de leur meilleur ami. Harry se tourna vers son épouse, la gorge nouée. Elle prit une chaise et s'installa, le coeur battant, inquiète. Harry regarda longuement ses mains avant de se lancer.
« Ginny, tu... Tu vas accoucher dans moins de cinq mois... Et j'aimerais mieux éviter de devoir à partir ensuite. En plus, ce sont deux bébés alors... Il faudra que je sois présent. Et plus encore... j'aimerais vraiment que la guerre soit finie d'ici là... C'est peut-être utopiste ! Ajouta t-il en voyant Hermione se redresser sur son siège. Mais je veux qu'au moins, nous avancions... Nous avons complètement cessé de vivre depuis près de trois mois, mais nous continuons tous à lire la Gazette, nous voyons ce qu'il s'y passe. Et nous ne faisons rien !
–Avec Keira et Drago, on avait d'autres chats à fouetter, Harry ! Rappela Ron.
–Oui, peut-être, sauf qu'il y a dehors d'autres hommes tels que Yaxley et qu'il y a sûrement d'autres Keira... Des dizaines d'autres Keira ! Et... Je sais que je me suis laissé distraire ces derniers temps... et c'est normal... J'en avais besoin, je crois. Mais maintenant, il faut qu'on avance. Il faut qu'on se batte. Et pour ça, il faut que je me remette à la chasse des Horcruxes avant toute chose. »
Un silence s'abattit sur la petite pièce. Harry n'osa pas relever ses yeux de ses mains. Ron semblait proprement stupéfait, figé tant il ne s'y était pas attendu. Il n'avait pas eu de discussion avec Harry sur le sujet depuis Poudlard -où ils continuaient à faire quelques recherches. Et désormais, il l'annonçait comme ça sans le prévenir, sans avertissement pour qu'il évite la crise cardiaque... Hermione aussi paraissait sous le choc, bien que quelque peu rassurée. Ainsi, lui aussi craignait pour son avenir ! Elle n'était donc pas la seule à se rendre compte que leur vie n'avait rien d'un conte de fée.
Mais la pire des réactions -celle qu'Harry redoutait le plus- fut celle de Ginny. Elle blêmit si violemment qu'il aurait pu avoir peur pour elle si il avait osé la regarder. Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux et elle se mit à trembler légèrement, claquant des dents.
Hermione fut la première à le remarquer et se leva d'un bond pour la rejoindre. Harry fit de même après les quelques instants qu'il lui fallut pour se rendre compte qu'elle avait un problème. Il s'agenouilla devant la rouquine, prenant ses mains dans les siennes en tentant de cesser ses tremblements.
« Ginny... Ginny, regarde moi. »
Elle planta son regard dans le sien, en proie à ce qu'il sembla être une sorte de crise d'angoisse incontrôlable. Ron s'avança également, se demandant si il devait prévenir quelqu'un, puis le proposant à Harry qui refusa d'un signe de la main, lui ordonnant de s'éloigner pour que Ginny ait plus de place pour respirer convenablement. Ses larmes coulaient désormais sur ses joues blêmes. Il posa quelques baisers sur ses poignets, souhaitant par dessus tout qu'elle se calme.
« Ginny... Je ne partirais pas si tu ne le veux vraiment pas. Je partirais après la naissance si tu préfères. »
Elle dodelina de la tête en signe de dénégation. Il ne comprenait pas. Elle ne voulait pas qu'il parte du tout. Elle ne voulait pas vivre sa grossesse seule comme elle ne voulait pas faire vivre ses enfants sans leur père. Elle réfléchit quelques instants à ce qui serait le pire pour elle, et pour eux et fit à nouveau signe que non, plus décidée cette fois.
« Désolée... Sanglota-t-elle. J'étais... juste... surprise ! On va mettre ça sur le compte de mes hormones, d'accord ? »
Harry lui lança un désarmant sourire et acquiesça tout en tendant sa main vers la joue de la rouquine, qui reprenait légèrement des couleurs. Hermione parut soulagée, son regard fixé sur le ventre rond de sa meilleure amie. Elle adressa une grimace agacée à Harry, lui faisant comprendre que sa femme étant enceinte, il devait apprendre à annoncer les grandes nouvelles avec plus de douceur. Ron s'étala sur le canapé avec un soupir soulagé.
Ginny murmura faiblement en regardant Harry.
« Vas y... tu peux continuer à t'expliquer... Quand comptes-tu partir ?
–En fait... J'y ai beaucoup réfléchi ces derniers jours et je me suis dit que plus tôt je partirais, plus tôt je reviendrais ! Et aussi... Qu'avec de l'aide, j'irais beaucoup plus vite. Annonça-t-il en se tournant vers ses deux meilleurs amis. Je sais que j'avais refusé votre présence la première fois, mais maintenant... Je crois que ce serait plus intelligent de ma part d'accepter que vous veniez avec moi ! À trois, nous irons beaucoup plus vite, prendrons moins de risques.
–Sérieusement !? S'écria Ron en se levant d'un bond.
–Oui. » Acquiesça Harry avec un faible sourire, comme si lui-même n'était pas convaincu de sa décision.
Ron parut plus heureux que jamais et poussa un rugissement de joie en se mettant à sautiller comme un gamin, ce qui déclencha les rires quasi simultanés d'Harry et de Ginny, la jeune fille sembla rassurée de savoir que son mari ne serait plus seul cette fois. Aucun d'eux ne remarqua que le visage d'Hermione s'était ostensiblement refermé. Elle ne dit mot alors que Ron faisait l'idiot, Harry l'accompagnant bientôt sous les rires de Ginny.
Elle se força un peu à sourire, pour faire bonne figure mais sentit sa tête lui tourner. Passer des semaines à la recherche d'un objet avec Ron et Harry 24h/24 ? Et pire que tout, sans Drago ? Elle se demanda si elle serait capable de passer tant de temps avec eux et sans lui. Elle avait la réponse à sa question, réponse qui lui brouilla l'estomac alors que des larmes qu'elle retenait difficilement tentaient de s'échapper de ses yeux.
Un plop interrompu ce moment, lui sauvant un peu la mise car ses amis se seraient forcément rendu compte de son trouble. Lupin apparut dans la pièce, tous se tournèrent vers lui, attendant son verdict.
« Il s'est passé quoi alors ? S'exclama Ron, n'en pouvant plus de ce silence.
–Quelques petits soucis... Mais ça devrait aller. Vous venez ? »
Ils acquiescèrent comme un seul homme avant de tous tranplaner, Ginny avec l'aide d'Harry. Ils réapparurent tous dans le salon des Weasley et Hermione sentit sa tête tourner encore plus lorsqu'elle aperçue Drago, le torse ensanglanté. Molly s'occupait de lui et, relevant la tête vers Hermione, il esquissa un sourire.
« Ne t'inquiètes pas ! Ça va...
–Qu'est ce qu'il s'est passé !? » Hurla t-elle au bord de l'hystérie alors que Ginny s'éloignait vers la cuisine pour respirer.
Le professeur Rogue avait de multiples balafres sur le torse et sa jambe saignait abondamment. Arthur Weasley n'avait que des blessures légères, Bill également bien que Fleur pleurant à chaudes larmes dans ses bras semblait penser le contraire. Teddy, dans les bras de sa mère, tendit les bras vers son parrain, lequel le prit sans quitter des yeux le spectacle se déroulant devant lui. Hermione s'approcha de Drago qui semblait plus pâle que jamais.
Madame Pomfresh arriva en courant, entrant dans la pièce en se dirigeant d'un pas décidé vers le blond dont les cheveux collaient à son front. Elle poussa un grognement mécontent et déclara d'une voix pincée :
« Vous ne deviez pas vous reposer !? Déjà que vous ne venez jamais à l'infirmerie alors que je vous ai demandé de le faire ! Et en plus, vous osez vous battre ?
–Qu'est ce qu'il s'est passé ? Répéta Hermione d'une voix pressante.
–Mais regardez moi ça ! Hurla Madame Pomfresh sans que quiconque ne fasse attention à la jeune fille qui s'impatientait. Qu'est ce que c'est que tous ces bleus ? Et cette morsure là ? Vous vous êtes fait mordre ? »
Drago étouffa un rire, ce qui lui provoqua une douleur à l'abdomen, sans doute due à une côte brisée. Hermione parut horripilée par cette manie qu'il avait de ne jamais rien prendre au sérieux et s'emporta :
« Ce n'est pas drôle, Drago !
–Pourtant, ça l'était quand tu me l'as faite cette morsure ! Répliqua t-il en souriant, railleur, ne se souciant pas de la bonne dizaine de personnes qui les regardaient. Et cesse donc de tout prendre au dramatique ! Ce n'est rien... Juste quelques blessures... Tu m'en aurais infligé de bien pires... »
Elle fut estomaquée, furieuse de l'aplomb avec lequel il exposait leur vie sexuelle devant ses amis et ceux qu'elle considérait comme sa famille. Son regard s'assombrit et le sourire de Drago s'effaça légèrement, comprenant qu'elle ne plaisantait plus.
« Qu'est ce qu'il s'est passé ? » répéta une fois encore, exigeant une réponse cette fois.
Encore une fois, la seconde dans la même journée, Hermione semblait être sur le point de l'étriper. Et Drago s'amusait toujours de la situation alors que Madame Pomfresh s'occupait de lui. Du moins en apparence, car le visage fermé d'Hermione lui donna presque envie de s'excuser. Il ne le fit pas, n'était simplement pas capable de ravaler sa fierté une bonne fois pour toute. Arthur voyait que la discussion risquait bien de s'envenimer entre les deux jeunes gens si personne n'intervenait. Il prit donc la parole.
« Tout s'est bien passé au départ. Les membres du Magenmagot ont écouté Drago jusqu'au bout. Et le soutien de Kingsley nous a vraiment aidé... Certains étaient un peu suspicieux au départ, mais on a tous expliqué que Keira existait vraiment. Ils ont fini par nous croire. Seulement, voilà... Ils n'ont pas voulu complètement gracier Drago. Ils comprenaient pourquoi il a tué Lucius Malefoy et Yaxley, mais pas la mort de deux autres mangemorts.
–Quoi ? Cria Harry. Non, mais c'est n'importe quoi, ils l'auraient tué !
–Je sais, Harry. Acquiesça Arthur. Ce n'est pas moi qui ai rendu le jugement. Bref, Kingsley a réussi à les persuader que nous étions en temps de guerre, et que Drago nous aiderait...
–Parce que Drago va nous aider ? Marmonna Ron à Harry, lequel haussa les épaules alors qu'Arthur continuait.
–Et ils ont accepté de remettre leur jugement à plus tard.
–Comment ça à plus tard ?
–Lorsque la guerre sera finie. Excepté si nous nous portons garants pour lui lors de ce prochain procès et que nous apportons des preuves de sa collaboration avec l'Ordre, il sera envoyé à Azkaban pour double meurtre avec préméditation et utilisation de sortilèges impardonnables. Bien évidemment, dans le cas où cette guerre finirait mal pour nous, il n'y aura certainement même pas de procès et il sera tué... »
Hermione dut s'asseoir tant elle tremblait, Madame Pomfresh soignant toujours Drago qui n'avait même pas cillé en entendant le récit qu'Arthur venait de conter. Le silence pesa sur la pièce, puis Harry interrogea vaillamment.
« Mais ça n'explique pas l'état dans lequel vous vous trouvez maintenant ! Qu'est ce qu'il s'est passé ensuite ?
–Nous avons tous signé quelques papiers attestants de notre présence au premier procès, Drago a dû accepter de ne pas quitter le pays avant le second procès... Nous avons un peu discuté avec Kingsley qui a pensé qu'il s'agissait tout de même d'une victoire. Et c'est au moment de sortir du ministère que tout a déraillé. Bellatrix Lestrange et d'autres mangemorts que nous ne connaissons pas nous attendaient...
–Des nouvelles recrues. Compléta Drago, les adultes se tournant vers lui comme pour demander des explications. Vous pensiez quoi ? Hermione m'a parlé de tous ces jeunes venant du monde entier pour vaincre Voldemort et sauver le monde et tout ça... Et bien, les Mangemorts ont exactement le même genre de jeunes, sauf qu'ils n'ont pas les mêmes idéaux. Et que pendant que tous vos gentils petits adolescents papotent dans le salon de je-ne-sais-quelle-baraque, des mini-mangemorts sont entraînés à tuer, à torturer ! Et vu qu'ils s'en moquent un peu du nombre de personne mourant pour « la cause », c'est eux qui sont engagés pour le sale boulot. Comme ce qu'il s'est passé ce matin.
–Ils sont sous l'emprise de l'Imperium ? Se rassura Fleur en tenant la main de Bill.
–Non. Ils sont là de leur plein gré ! Ils sont là pour tuer car ça leur fait plaisir. »
Cette annonce causa un blanc des plus glacial, tous choqués de l'apprendre bien que conscients de cette vérité bien avant qu'on ne la leur annonce, ne voulant autrefois pas y croire. Hermione tenta de reprendre le fil.
« Et ils vous ont attaqués ?
–Oui. Acquiesça Drago en grimaçant alors que l'infirmière tâtonnait sur son torse afin de mesurer l'importance de ses blessures.
–Et comment vous vous en êtes sorti ?
–On a plus ou moins, pris la fuite... Avoua Bill en baissant les yeux. Ils étaient une quinzaine. Ils ont tué trois gardes du ministère dont un jeune Auror et pas mal de visiteurs... Presque comme si ça les amusait... On a réussi à s'enfuir. De toutes manières, nous n'avions aucune chance. Et nous voulions les éloigner...
–Et Kingsley ? Pourquoi n'est-il pas revenu ?
–Il donne une interview pour expliquer ce qu'il s'est passé aujourd'hui à la Gazette du Sorcier... Cette attaque le lendemain de son élection, ça risque de lui porter préjudice. Si il est remplacé... on peut-être quasiment certain qu'un autre procès sera organisé pour Drago, et cette fois, ça se passera beaucoup plus mal ! »
Cette mauvaise nouvelle fini de porter un coup au moral déjà assez bas de l'Ordre du Phoenix. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrivait jamais seule -comme le dit Madame Weasley un peu plus tard- Madame Pomfresh annonça à Drago d'un ton glacial en un semblant de réprimande :
« Vous vous êtes encore déboîté la hanche, jeune homme ! »
°¤_¤°
Ron s'étala de tout son long sur le canapé du 12 Square Grimmaurd, le regard dirigé vers la cuisine où une discussion « entre adultes » se déroulait. Il était déjà tard et seuls quelques adolescents étaient encore présents dans le salon, jouant pour la plupart aux Échecs Version Sorcier, car ils n'avaient ainsi pas besoin de comprendre leurs langues respectives. Ron observa quelques minutes la petite dispute entre Severus Rogue et Minerva MacGonagall à propos des chambres : des gens qu'ils accueillaient tous généreusement sans problèmes encombraient les chambres, et ne faisaient rien de leurs journées.
Il sentit le bras du canapé s'affaissait et leva la tête pour découvrir celle qu'il avait vainement tenté d'éviter depuis le mariage. Il ne put retenir un grognement d'appréhension mêlée à de la déception. Elena eut un vague sourire en l'entendant, croisa ses bras sur sa poitrine recouverte d'un t-shirt de nuit violet avec des personnages de dessins animés moldus, puis plia ses jambes -étrangement dépourvues d'un pantalon ou autres et uniquement recouvertes jusqu'à mi-mollets de chaussettes à rayures jaunes et noires. Il eut brusquement très envie de lui demander si elle tentait de lancer une mode ou si les jeunes s'habillaient vraiment comme ça dans son pays. Il se retint, ne voulant pas engager une discussion qui -il le savait- serait sans doute très longue.
« Tu essayais de m'éviter ? S'enquit-elle en le poussant de toutes ses forces -autant dire qu'il ne bougea que de quelques centimètres- pour avoir plus de place.
–Mmh. Marmonna t-il en une réponse qui n'engageait à rien tout en acceptant de se déplacer légèrement pour qu'elle s'asseye.
–Parce qu'on ne s'est pas vu depuis longtemps. Tu es toujours... malade ? »
Elle avait conclu sa phrase en un sourire railleur et il comprit qu'elle savait qu'il n'avait jamais été malade. Elle se laissa glisser dans la petite place qu'il lui céda, se retrouvant collée entre le bras du canapé et Ron. Le rouquin se déplaça, lui laissant autant de place qu'elle le voulait en se tassant à l'autre bout du fauteuil.
« Euh... non, ça va mieux. Bredouilla t-il avec un sourire gêné.
–Mmh. Je n'en doute pas. Tu vomissais partout, c'est ça ?
–Ouais...
–Mon pauvre ! Se moqua t-elle, mi-fâchée, mi-hilare. La prochaine fois, tu me préviendras, je m'occuperais de toi. »
Ron se tourna brusquement vers elle, les sourcils froncés en une ligne droite. Il prit quelques secondes avant de marmonner, quelque peu en colère.
« Tu serais gentille d'arrêter de faire des sous-entendus de ce genre, s'il te plait.
–Et pourquoi exactement ? Répliqua t-elle en appuyant son menton dans sa paume. Pour que tu puisses ruminer tranquillement tout ce qu'il s'est passé durant les derniers mois, ce que tu aurais pu faire, ce que tu aurais dû faire, ce que tu n'as pas fait... Et quoi ? Tu crois vraiment que ça te ferait avancé ?
–De quoi tu parles ? La questionna t-il d'une voix blanche.
–De ta petite amie, celle qui est morte. Keira... C'est bien ça ? J'ai entendu tes frères parlaient d'elle alors...
–Alors tu t'es dit qu'en me draguant, j'irais mieux ? »
Il se leva du canapé, le regard plus sombre que jamais, détestant par-dessus l'idée qu'on parle de lui dans son dos, que ses frères discutent de Keira et de lui, de ce qu'ils ne savaient pas. Ils n'avaient aucune idée de ce qu'il ressentait, alors comment pouvaient-ils se permettre de faire des commentaires devant d'autres personnes ? Et surtout, comment cette Elena qu'il ne connaissait pas pouvait-elle s'imaginer qu'il tomberait dans ses bras juste parce qu'il était faible actuellement ?
« Je ne te draguais pas. Coupa Elena, mettant fin au bourdonnement désagréable de pensées qu'il avait dans la tête. J'essayais juste... d'engager la conversation.
–Et pourquoi ça ? Parce que je te fais... pitié, c'est ça ?
–Non. Ça n'a rien à voir. Je voulais juste que tu... te rendes compte que la vie continu. »
Elle baissa les yeux vers ses mains. Il remarqua alors pour la première fois plusieurs balafres blanchâtres sur ses bras et ses jambes, de fines striures provoquées par il-ne-savait-quoi. Il se doutait qu'il s'agissait de l'effet d'un sort, comme peut-être un Sectusempra qui n'avait pas été soigné assez rapidement ou pas de la bonne façon. Elle perçut son regard sur ses marques et bredouilla :
« C'est pour ça que je suis là... J'essayais juste de te remonter le moral... Mon petit-ami est mort il y a trois mois, tué par des Mangemorts avec sa famille. C'est pour ça que je suis ici... Pour le venger. Et puis pour me reconstruire aussi... Je m'excuse d'avoir été si entreprenante. Je ne voulais pas te gêner ou déshonorer la mémoire de ta petite amie. Ce n'était pas mon but. J'avais juste... envie de parler à quelqu'un qui comprenne.
–C'est quoi toutes ces marques ? Demanda t-il après un court instant de réflexion, se rasseyant.
–J'étais là quand il a été tué...
–Je ne savais pas que les Mangemorts allaient dans d'autres pays.
–En fait, ce sont des apprentis Mangemorts. Ils tuent ceux qui ont tenté de se rebeller durant la première guerre et leur famille. En prévention, c'est ce qu'ils disent. Avant que comme moi, ou d'autres, nous venions en Angleterre, au centre de cette maudite guerre afin de nous battre.
–Et tes parents, ils sont où ?
–Ils ne font pas partie des gens qui se battent pour quoi que ce soit. Chuchota t-elle sans donner plus d'explications.
–Et... ton petit ami, ses parents se battaient ?
–Oui. Lui aussi d'ailleurs. Enfin, il faisait comme nous, allait taguer des murs la nuit avec des messages qui disaient de continuer à se battre, de ne pas se laisser faire ! On fait tous plus ou moins ça dans plusieurs pays. C'est comme ça que tous les jeunes se trouvant ici ont commencés. Certains ont eu moins de chances que d'autres. »
Ron s'enfonça plus profondément dans le canapé, s'interrogeant sur les raisons qui avaient pu lui faire croire que seuls les Anglais souffraient de cette guerre. Il ne s'était jamais demandé pourquoi tous ces gens étaient là, à avoir envie de se battre pour un monde meilleur... Il avait bêtement pensé que c'était par charité, par volonté de têtes brûlées aussi. Mais non, ils se battaient autant pour le pays, pour leurs propres familles qu'eux, ceux qui vivaient au centre du combat. Elena parut bien analyser son silence car -pour une fois- elle le compléta parfaitement. Ils restèrent assis sans dire un mot durant quelques minutes. Puis, détestant ce genre de moment, elle se tourna vers lui, souriante malgré la tristesse de ses yeux qu'il n'avait pas remarqués auparavant. Il se rendit compte qu'il ne l'avait pas vraiment regardé avant ce soir là, parce qu'il n'avait pas perçu tous ces petits détails qui montraient qu'elle n'était pas qu'une bavarde un peu folle qui s'habillait trop coloré. Elle murmura avec une mimique étrange.
« Tu veux me parler de Keira ? »
°¤_¤°
Harry s'écroula sur le lit aux draps défaits de l'appartement en baillant. Ginny et lui passeraient leur toute première nuit ensemble dans leur nouveau chez-eux, et -contrairement à ce qu'il prévoyait- il était trop épuisé pour ne serait ce que penser à lui faire l'amour. Le déménagement avait fini de broyer chacun de ses os et il fourra son visage dans l'oreiller en ronchonnant. Il entendait l'eau couler dans la salle de bain, Ginny chantonnant sous la douche. Il se demanda si ça prendrait longtemps. La connaissant, il avait bien une demie heure devant lui. Il s'empara donc de l'enveloppe traînant sur la table de chevet. Il inspira plusieurs fois avant d'oser l'ouvrir, ses doigts tremblant très légèrement. Il sourit en remarquant que son père avait exactement la même écriture que lui.
Harry,
Alors que j'écris cette lettre, tu n'as que trois mois. Et il m'est difficile de t'imaginer âgé de dix-sept ans, presque diplômé, étudiant -ou n'étudiant pas si tu es comme moi. Mais bon, aussi jeune, tu me ressembles déjà beaucoup, les yeux de ta mère en plus -grâce à Merlin ! De tels yeux ne pouvaient se perdre. Je me plais à rêver que tu seras un garçon assez futé, courageux, un gryffondor dans l'âme... Tout en n'héritant pas de l'arrogance qui m'a longtemps caractérisé. J'espère également que la prophétie te concernant ne prend pas trop d'importance sur ta vie -bien que si tu lis cette lettre, ça veut déjà dire que ta mère et moi ne sommes plus de ce monde.
À ton âge, tu dois avoir une petite amie... Avec un peu de chance -et avec beaucoup d'aplomb, tu réussiras sans doute ta vie amoureuse. Je n'ai pas de conseils à te donner sur le sujet, moi et les femmes, ça fait deux ! Je ne sais toujours pas comment j'ai réussi à convaincre ta mère de m'épouser...
Niveau travail... Mes connaissances sont assez limitées. Comme Sirius, je suis plutôt du genre flemmard, à travailler juste au minimum syndical. Ta mère aurait davantage de choses à te dire... Ou Remus.
En fait, je me rends compte que je ne sais pas quoi dire à un fils de dix-sept ans. Juste à celui de trois mois qui dort à quelques mètres de moi dans les bras de sa mère. Parce qu'il est le seul que je connaisse et que j'espère pouvoir le voir grandir et lui dire tout ce qu'il faudrait face à face.
Alors simplement, je dirais ce qui ne changera pas avec le temps. Que tu es le plus beau garçon du monde -tu es un vainqueur de la loterie génétique ! Que je t'aime plus que tout au monde et que j'espère à chaque instant que tu vivras une belle vie, faite d'amour et d'amitié parce qu'au fond, c'est ce qui importe le plus. Et j'espère que ta mère et moi aurons fait un maximum parti de cette vie.
Papa.
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Drago se retourna sur le lit, se rendant compte de la tension que dégageait Hermione à ses côtés. Elle avait le regard rivé sur le plafond et ne pouvait de toute évidence par dormir. Il déplaça sa main sur son ventre, puis sur sa poitrine. Ils restèrent silencieux alors qu'il la caressait doucement, ne provoquant même pas un frisson sur sa peau doré. Il se redressa pour la dévisager, la pleine lune éclairant faiblement son visage.
« Tu m'en veux ?
–Tu t'en fiches, non ? On est juste des amants ! Nous ne faisons que baisser ! C'est un jeu débile...
–De quoi tu parles ?
–De ce que tu as dit devant tous mes amis et ma famille -du moins ceux que je considère comme telle : que je t'avais mordu ! Et tu as sous-entendu que nos rapports sexuels n'avaient rien de conventionnels !
–C'est le cas. Coupa Drago avec un rictus presque fier.
–Et l'univers entier ne doit pas forcément le savoir !
–Tu devrais apprendre à ne pas avoir honte de ce que tu fais...
–Et toi tu devrais apprendre à me respecter un minimum ! »
Drago la regarda si intensément qu'elle aurait pu brûler sous son regard. Elle détourna les yeux et il passa de longues minutes à la scruter, fini par se baisser pour embrasser son épaule puis sa nuque.
« Hermione... »
Elle se contenta de soupirer. Il fit glisser son nez contre la mâchoire contractée de la jeune femme. Son souffle bouillant la fit frissonner alors qu'il chuchotait son prénom à de multiples reprises, tentant de la forcer à faire attention à lui. Elle résista, s'agaçant un peu.
« Hermione... Tu as atteint notre limite, déjà ? » S'enquit il, envenimant inconsciemment la situation.
Elle se tourna vers lui pour le fusiller du regard, agacée qu'il puisse prendre ça avec tant d'humour, et qu'en plus il lui dise presque que c'était de sa faute toute cette histoire. Il lui adressa un léger sourire à faire fondre n'importe qui. Elle lui tourna à nouveau le dos, la mine renfrognée. Il se remit à insister, chuchotant mille fois encore son prénom sur plusieurs tons différents, en accentuant sur différentes syllabes pour la faire rire. Ça ne fonctionna pas le moins du monde. Il finit par se lasser, retournant la discussion du matin même dans sa tête pour voir où était le problème dans ce qu'il avait dit. Il ne trouva même pas.
« Je suis la pire meilleure amie du monde... » murmura t-elle finalement après une bonne demie heure du silence, sans raison apparente.
Il resta muet, ne comprenant pas du tout ce qu'elle voulait dire et quel était le rapport avec leur précédente dispute. Il se releva davantage, dos à la tête de lit, sa côte si douloureuse qu'il ne put retenir une légère grimace.
« Qu'est ce que tu veux dire ?
–Harry... Il va repartir pour... un truc dont je n'ai pas le droit de te parler. Tu sais, comme au début de l'année dernière.
–Oui ?
–Et... il a accepté que Ron et moi nous y allions avec lui cette fois, pour qu'il finisse le travail plus vite. Enfin, il nous l'a demandé. Ron était content. Et pas moi. Je suis la pire meilleure amie du monde. »
Drago pâlit très légèrement, mal à l'aise. Il eut un pincement au coeur qu'il ne s'expliqua pas... car il ne voulait pas le faire. Pourtant, il savait que l'explication était des plus simples à obtenir. Si Hermione partait, il se retrouverait complètement seul et il n'avait aucune envie de la voir s'en aller, disparaître... comme si le fait de son absence les séparerait vraiment alors qu'ils s'étaient installés une sorte de bulle confortable. Hermione prit son silence pour une affirmation et fini par se retourner vers lui. Il avait appuyé sa tête contre le mur, les yeux à demi-clos.
« Drago... ça va ?
–Oui... Tu... Tu n'as pas envie de partir ?
–Non. Je n'ai aucune envie de... te quitter maintenant. »
Il esquissa un sourire, ses joues reprenant un peu de couleur. Elle fronça les sourcils, surprise de sa réaction mais surtout ravie de se rendre compte que sa présence lui était apparemment nécessaire. Il soupira, comme rassuré et elle murmura :
« Nous n'avons pas encore dépassé nos limites... Juste que j'aimerais que ça reste entre nous... D'accord ? »
Il acquiesça distraitement puis se tourna vers elle, une moue suspicieuse aux lèvres, son front d'albâtre se plissant alors qu'il semblait comme investi d'une mission de la plus haute importance.
« Tu sais... si tu te mets au dessus et que tu y vas très très doucement... ma hanche devrait tenir ! »
Il lui adressa un sourire encouragent assez coquin et elle leva les yeux en lui tournant à nouveau le dos.
« Bonne nuit, Drago ! »
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Harry fut réveillée par Ginny qui le secouait violemment en serrant son épaule. Il ouvrit les yeux en baillant et ronchonnant, jeta un coup d'oeil au réveil pour découvrir qu'il était 3h26 du matin qu'il aurait dû être en train de dormir profondément. Ginny le regardait, continuant à le secouer pour qu'il se réveille plus vite. Harry finit par grogner un « Quoi ? » à la limite rugissement d'ennui et elle bredouilla :
« Les bébés... »
Il n'en fallut pas plus pour qu'Harry se lève d'un bond en arborant une mine des plus inquiètes, se retrouvant debout près du lit.
« Qu'est ce qu'il se passe ? Tu sens qu'il y a un truc qui ne va pas ?
–Ils ont envie de fraises. »
Harry se figea en plein mouvement alors qu'il était en train d'enfiler son caleçon, stupéfait -ou inquiet pour l'état mental de son épouse. Il écarquilla les yeux, cessa de s'agiter, et en un rictus des plus déplaisant articula distinctement :
« Des bébés qui ne sont même pas encore nés et n'ont même pas de dents... veulent des fraises ?
–Oui. Enfin, en tout cas, leur maman en a très très envie...
–Il est 3h du matin, Gin ! Riposta t-il en passant sa main dans ses cheveux, l'air ébahi. Où veux tu que je trouve des fraises à cette heure ci ?
–J'en sais rien... Mais quand on s'est marié, tu as dit que tu ferais tout pour faire mon bonheur. Et là, maintenant.... mon bonheur absolu, ce serait de manger des fraises... S'il te plait ! »
Elle lui adressa une moue adorable à faire fondre un iceberg et il se remit à s'habiller, tentant de se souvenir si des épiceries étaient ouvertes la nuit pas trop loin ou s'il devrait quitter l'hémisphère endormi pour trouver son bonheur. Avant de sortir, il se retourna vers son épouse -qui avait l'air illuminée- pour demander :
« Tu es sûre qu'ils veulent des fraises ?
–Certaine ! Pourquoi ?
–Parce que mes futurs fils ou filles ou fils et fille aiment le seul fruit que je déteste avant même de naître ! C'est assez décevant ! »
Elle n'eut pas le temps de répondre qu'il était déjà ressorti. Le temps qu'il revienne, elle s'était rendormie, épuisée et toujours attentive à cette obsession pour les fraises qu'elle était en train de développer. Il entra en baillant, une barquette remplie de fruits rouges sang dans la main.
Elle ouvrit les yeux, comme alléchée par l'odeur sucrée. Elle se rua carrément sur lui pour prendre la barquette avant de se rallonger, se mettant à les manger. Il se permit une grimace avant de s'étaler sur le lit, épuisé par cette heure de recherche. Il était en train de se rendormir quand elle le secoua à nouveau.
« Dis... tu m'aimes ? S'enquit elle d'une voix coquine.
–Mmh...
–Non, mais tu as l'air de bouder.
–Tu as eu envie de fraises à 3h du matin et je suis allé te les chercher ! Je ne boude pas, je suis fatigué !
–Donc, tu m'aimes ? Répéta t-elle.
–Mmh...
–J'ai envie de quelque chose encore...
–Quoi ? »
Il grogna en se redressant, se rendant compte qu'elle avait fini la barquette entière de fraises. Il supplia Merlin pour qu'elle ne l'oblige pas aller en rechercher. Elle fit la moue.
« Approche... (Il bougea légèrement) Approche encore... Encore un peu... »
Il n'était qu'à quelques centimètres d'elle lorsqu'il s'emporta :
« Putain, Ginny ! Qu'est ce que tu veux à la fin ?
–Toi ! »
Il s'arrêta quelques secondes, son regard défilant sur l'adorable sourire luxurieux que lui offrait son épouse, ses lèvres rougies par le jus de fraises.
« Tu finiras par me tuer... » Murmura-t-il finalement.
Cette mort lui sembla des plus plaisantes, car il lui céda.
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Voilààà ! J'espère que ça vous aura au moins un tout petit peu plu... -je vais être légèrement paranO pour ce chapitre et le prochain car les écrire a été un vrai combat contre moi même... contre mon envie de m'étaler sur mon lit sans bouger jusqu'à la fin des temps ! Oui, y'a des gens qui hibernent en cette saison ! xD Bref, j'attend avec une impatience non contenue vOs reviews ! pleaseuh ! xD Au prochain chapitre, environ euh... la moitié est faite de disputes ! Un Drago Krum que vous attendiez et le triO d'Or qui s'effrite...
SinOn, assez déçue par le peu de reviews que j'ai eu sur mOn OS ROse & ScOrpius... moi qui en était extrêmement fière, j'avoue avoir de gros doutes... Je comprends que ce que je fais en ce moment change par rapport à mes anciennes fics mais bon, les trucs trop joyeux et happy avec des fins à la limite de la niaiserie... j'avoue avoir du mal en ce moment xD et sûrement pour toujours d'ailleurs ! ça ne veut pas non plus dire que tout le monde va mourir à chaque fois, loin de là ! je reste une grande romantique... Juste que ma vision du romantisme a légèrement changée... Elle est donc devenue simplement réaliste ! VOilà ! ^^ Le Os Neville & Luna sera posté... demain je pense.
Pour le prochain chapitre, il sera posté en fonction de la façon dont j'avancerais la suite ! Il est donc possible que je poste mercredi, et dans tous les cas, vendredi ! Selon mon avancement, je posterais entre un et deux chapitres par semaines. La fic sera donc complète mi-juin, fin-juin. D'ailleurs, j'ai changé mon profil et j'ai tout expliqué de mes projets et tout ! ^^ Allez z'oeilletez xD
BisOus bisOus, reviews reviews ! D'ailleurs, si vous avez des attentes pour la suite, parlez en ! Il se peut que quelques petits détails soient influencés par ce que je vous me direz !
°¤ Bewitch_Tales ¤°
