Voilà le chapitre 25, comme prévu.
Oh, il est déjà 19:21 ! J'ai eu la mauvaise idée de télécharger Mincecraft (et d'acheter un compte) et ceux qui connaissent peuvent certainement me comprendre : je n'ai pas vu le temps passer. Une mise en ligne particulièrement tardive (mais une jolie maison en creative)... Sorry !
Dans ce chapitre, Severus rend visite aux Malefoy.
Enjoy it !
Chapitre 25 : Le prestigieux Manoir des Malefoy
La particularité du Manoir Malefoy était sa distance du reste du monde. Construit en l'an 1679 par Lord Malefoy, tout avait été pensé pour un repli total au beau milieu de la forêt d'Ashdown. La demeure était constituée d'une immense base en briques noires, le comble du luxe de l'époque, et avait été agrandie de trois pièces superposées six ans plus tard.
Il fallut cependant attendre le dix-neuvième siècle pour qu'un architecte renommé y ajoute les quatre tours principales, et transforme les vieilles écuries en maison pour les employés (cuisinier, chauffeur, majordome et précepteur). Les chevaux de la Famille bénéficièrent d'écuries modernes et le pré fut également agrandi, empiétant sur ce qui fut autrefois de la forêt.
Pour Severus Rogue, tout cela ne signifiait qu'une chose : se lever à l'aube, payer un chauffeur et prier pour trouver cette enclave perdue au beau milieu de la plus grande forêt d'Angleterre. Heureusement pour lui, il fallut seulement deux heures de vadrouille dans les sentiers de la forêt pour tomber enfin sur la clairière tant recherchée. Et il était pile à l'heure ! Bien que Lucius Malefoy ne soit pas du genre à féliciter les gens, il pensait tout de même le surprendre. Après tout, il connaissait les règles du jeu…
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Drago Malefoy s'était levé aux aurores comme tous les matins. « L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt », cela faisait partie des nombreux concepts de la famille. Après avoir passé en revue la centaine d'habits qui constituaient son dressing, il s'habilla comme l'Héritier de la Maison Malefoy devait être habillé : avec élégance, finesse et raffinement.
Puis, d'un pas impérial et la tête haute, il traversa les longs couloirs vides et glacés en direction du petit salon. Il croisa Miss Gina qui nettoyait les peintures de Maîtres à l'aide d'un plumeau et Dobby qui se tenait à côté de la porte, courbé par son vieil âge.
Drago avait toujours eu une vision droite des Majordomes, mais Dobby faisait apparemment exception à la règle. Il était petit, ridé, laid et vêtu de haillons. Mais Lucius Malefoy tenait à son Majordome puisqu'il était d'une confiance sans égale. Ce dont Drago doutait, puisqu'il avait été témoin à plusieurs reprises de « trahisons » de la part du vieil homme rabougri. Mais personne ne lui avait demandé son avis, alors il se taisait. Cela faisait également partie d'un principe de la famille. Idiot, sans aucun doute. Mais Drago était bien obligé de le suivre, comme la centaine d'autres principes tous plus étouffants les uns que les autres.
« Bonjour, Mère. Bonjour, Père. »
Tout comme à son habitude, Drago s'inclina en attendant le consentement des deux adultes présents dans la pièce avant de s'avancer. Narcissa Malefoy l'invita expressément à la rejoindre mais Lucius fut plus long. Tout n'était qu'apparence. Il le testait, mais pourquoi ce matin ?
Après un léger signe de la part de son père, Drago s'installa enfin à table et Dobby s'empressa de lui servir sur une assiette en porcelaine tout ce qu'il désirait. Evidemment, plus de la moitié de la nourriture présente sur la table serait jetée aux ordures, mais la famille Malefoy n'était pas particulièrement économe.
« Ton précepteur a bénéficié d'une journée de congés, annonça platement Lucius.
- J'en prends note, Père. »
Le programme de la journée serait particulier. Qu'on ne se leurre pas, les serviteurs de la Maison Malefoy ne disposaient d'aucune liberté réelle. S'ils avaient régulièrement le droit à quelques journées de congés, ils ne décidaient jamais quand. Cela dépendait en réalité des journées particulières. Et ce jour allait être particulier. Mais pourquoi donc ?
« Ton parrain vient passer une journée parmi nous, reprit Lucius comme s'il annonçait la météo.
- Mon parrain ? s'étonna Drago. Parleriez-vous de celui qui est en prison, Père ?
- Celui-là même. »
Apparemment, Severus Rogue s'était libéré de sa cage en fer. Ce qui signifiait que Bellatrix Lestrange n'avait plus réellement de droit sur son neveu. Drago aurait pu s'en sentir soulagé puisque sa tante était folle, dans le sens premier du terme. Mais si Severus Rogue sortait de prison, il n'était pas certain de gagner au change.
« A quelle heure doit-il arriver ? demanda poliment Drago.
- Neuf heures, répondit Lucius. Je te prierai donc d'être prêt à l'accueillir à huit heures, nous verrons quel intérêt ton parrain accorde à la ponctualité. »
Un test, encore une fois. Drago aimait bien ce genre de test, cela dit. En réalité, il aimait tous les tests qui ne le concernaient pas directement. La plupart des gens se retrouvaient coincés, ignorant les nombreux concepts de la famille Malefoy. Il avait un certain avantage de par son éducation, mais Lucius arrivait encore à le piéger habillement. L'habitude, sans doute…
Pour être prêt à accueillir son parrain en temps et en heure, Drago écourta son petit-déjeuner. Il avait hâte de voir la tête décomposée de l'homme lorsqu'il tomberait dans le piège finement tissé de son père.
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Il était à peine huit heures quand Severus Rogue cogna le lourd buttoir en argent sur l'épaisse porte en fer. Connaissant Lucius Malefoy, il n'y avait pas d'heure parfaite pour se rendre à un rendez-vous. Soit on arrive trop tôt pour se faire réprimander, soit on arrive pile à l'heure pour se faire sermonner, soit on arrive en retard pour se faire carrément expulser. Et quitte à choisir, Severus préférait encore arriver en avance.
La personne qui ouvrit était tellement petite que Severus manqua de ne pas la voir. Un vieil homme ridé et aux oreilles trop grandes pour son visage. Il était courbé jusqu'au sol et son long nez semblait pouvoir toucher le carrelage de l'entrée du Manoir.
« Qui dois-je annoncer ? demanda le petit bonhomme d'une voix trop aiguë.
- Monsieur Severus Tobias Rogue. »
L'étrange Majordome l'invita à avancer et il le laissa patienter quelques minutes dans le vestibule. Tout était démesuré, très sombre et peu convivial. Le Manoir, vu de l'extérieur ou de l'intérieur, donnait une impression écrasante très déplaisante. De grandes toiles montraient les Maîtres de la Noble Maison des Malefoy depuis le dix-septième siècle, des portraits peints à la main par les artistes les plus réputés de l'époque.
« Maître Malefoy vous attend dans le Salon de Thé, suivez-moi. »
Le Majordome, ridicule dans ses haillons sales, trottinait presque à travers les couloirs sinueux. Severus avait à peine pris le temps de retenir son trajet, ce Manoir était un véritable labyrinthe ! C'est après une longue marche qu'il arriva dans ce qui ressemblait le plus à un salon normal. Une taille raisonnable, des tissus précieux mais pas étouffants et une légère odeur d'herbes aromatiques. Les fauteuils étaient disposés de manière ergonomique, de façon à être à équidistance du feu de cheminée.
Severus distinguait de dos la silhouette féminine de Narcissa et il voyait les jambes fines de Drago dépasser de son haut fauteuil. Au centre, trônait Lucius Malefoy, royal. Quelle mise en scène ridicule !
« Alors voilà le Grand Severus Rogue, ricana Lucius d'une voix ironique.
- Lui-même, répondit Severus pince-sans-rire. »
Lucius étira ses lèvres dans un rictus, sans doute avait-il oublié un instant que son vieil ami connaissait les règles du jeu. Cette journée promettait d'être très intéressante.
« Dobby, apporte-nous du thé ! ordonna Lucius.
- Tout de suite, Maître. »
Et le Majordome s'inclina profondément avant de disparaître.
« Père ? »
La voix de Drago Malefoy était encore enfantine, mais tintée d'aigreur. Comme si l'enfant avait été poussé avec force dans l'univers d'un adulte. Et en toute connaissance des principes Malefoy, c'était malheureusement le cas.
« Continue, Drago.
- Monsieur Severus Tobias Rogue ne devait-il pas arriver à neuf heures ? insista l'enfant. »
Lucius sourit, comme s'il venait d'avaler un citron. Oh, que Drago allait regretter sa minute d'impertinence. Abraxas Malefoy l'aurait déjà frappé d'un coup de canne sur le haut du crâne, mais Lucius semblait moins violent que son père. Si bien que ses mains se tordirent sur sa canne, comme un vieux souvenir contre lequel il luttait.
Severus soupira légèrement, rassuré. Au moins, Drago Malefoy n'avait pas eu à subir les violences de l'éducation pure des Lords Malefoy. Un enfant battu en moins, c'était déjà une bonne chose.
« Monsieur Severus Tobias Rogue, comme tu dis, est un habitué de nos principes. J'ai parfois tendance à l'oublier. »
A traduire : il ne sert à rien de l'accabler de son avance puisqu'il a déjà prévu une contre-attaque qui ridiculiserait la famille Malefoy pour un long moment. C'était donc une chose à éviter à tout prix.
« Narcissa, lève-toi donc pour accueillir notre ami. »
Severus répéta le mot « ami » tout bas, pour replacer dans sa tête les choses dans leur véritable contexte. Il n'y avait jamais eu d'amitié profonde, tout juste une admiration mal placée rapidement balayée par les horreurs d'une guerre froide et sinistre.
Narcissa n'avait pas beaucoup changé, en cinq ans. Son visage était toujours aussi désespérément lisse, ses cheveux trop blonds et ses yeux magnifiquement froids. Elle était grande, très mince et elle se tenait aussi droite qu'un bâton. Légèrement reculée par rapport à son mari, elle était à sa place : épouse du Maître Malefoy mais pas davantage. Elle restait plus petite que Lucius, plus fine également et plus effacée. Exactement ce qu'elle était socialement.
« Bonjour Severus, c'est un plaisir de te revoir. »
Sans doute aurait-elle préféré s'asseoir sur un cactus, mais était-elle obligée de prononcer cela avec un tel détachement ? Depuis quand son âme avait-elle quitté son corps ? On pouvait presque la voir flotter, à quelques centimètres de son oreille, pas très loin mais définitivement hors d'elle.
« Egalement. »
Puisque les mensonges étaient au goût du jour, Severus pouvait donc dire ça sans aucun problème de conscience, n'est-ce pas ? Avait-il déjà précisé qu'il haïssait cette demeure ?
« Puis-je à présent voir mon filleul ? »
Ils n'allaient tout de même pas rester plantés là des heures, si ? Oh, peut-être… Il s'agissait des Malefoy, plusieurs heures de rituels ancestraux par jour. Des courbettes et des politesses inutiles. Un jeu de manipulation qui n'avait rien à envier à celui d'Albus Dumbledore.
« Drago, viens donc saluer ton parrain, trancha Lucius. »
L'enfant glissa le long de son fauteuil et il se tourna, faisant enfin face à Severus. Haut comme trois pommes mais déjà marqué par toutes les caractéristiques de la noblesse. C'était presque risible.
Il se tenait trop droit, ni courbé ni cambré juste droit. Un costume en velours bleu, un énorme nœud papillon rouge et des manchettes en or. Des gants blancs sur ses mains, des chaussures vernies et des collants. Sa main gauche longeait son corps dans une position pas naturelle du tout et il tenait une copie parfaite de la canne de son père dans sa main droite.
Son visage, pâle, était fermé de toute émotion. Ses yeux d'opales étaient bien trop sérieux pour son âge. Ses cheveux étaient impeccablement coiffés avec l'équivalent d'une bouteille entière de gel. Le tout était ridicule. C'était un enfant qui se prenait pour un adulte. Pire encore, un enfant qui se prenait pour un roi. Et croyez-en l'expérience de Severus, c'était tout sauf une bonne chose.
Son travail de parrain serait encore plus dur qu'il ne l'avait imaginé. Dans quel pétrin s'était-il encore fourré ?
« Bonjour, monsieur Severus Tobias Rogue. »
La lèvre de ce dernier tressauta. Quelle était donc cette manie de placer son second prénom à tout va ? L'objet de sa honte devait être enterré, très profondément, et il ne permettrait à personne de l'agiter sans cesse sous son nez. Pas même un Malefoy !
« Juste Severus Rogue, je te prie. »
Drago eut alors un sourire très impoli et un éclair de malice dans ses yeux.
« Bien, monsieur Juste Severus Rogue, si vous insistez.
- Ne sois pas impoli, Drago. »
Mais derrière cette phrase se cachait en réalité une félicitation. Y avait-il une seule chose dans ce Manoir qui ne soit pas camouflée sous une épaisse couche d'apparence ?
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« Je me pose une question, Severus… »
Drago Malefoy était assis dans le profond fauteuil qui faisait face à la fenêtre, il disparaissait presque dans le coussin, avalé par la douceur de la matière. Severus, qui n'avait pu se résoudre à s'installer aussi confortablement, luttait de toutes ses forces contre le coussin le plus moelleux auquel il avait eu affaire.
Cela faisait bien dix minutes que les parents Malefoy avaient décidé de laisser le parrain découvrir son filleul, ou plus probablement, le filleul tester son parrain. Il y avait une telle couche de méfiance dans cette famille que s'en était révoltant.
« Mes parents, à ma naissance, ont nommé un parrain qui devait prendre la responsabilité de mon éducation au cas où ils mourraient, vrai ? »
Severus hocha la tête, regrettant amèrement son petit appartement, certes miteux mais tellement plus humain. Et son petit Harry, certes plus agité mais tellement plus normal. Mais il s'interdisait d'y penser pour le moment, un souvenir trop douloureux.
« Ce parrain, toi, a été condamné à vingt ans de prison pas longtemps après. Mes parents ont donc décidés de me confier à ma tante Bellatrix… »
La voix de Drago était sifflante, comme s'il détestait sa tante. Mais la famille Malefoy était solidaire, quelques soient les circonstances. Ce qui incluait la folie psychiatrique d'une tante psychopathe. Alors il n'avait pas son mot à dire, surtout pas face à un étranger.
« Et voilà que tu débarques, cinq ans plus tard, en proclamant tes droits sur moi…
- Ce n'est pas vraiment ce qu'il…
- Ne m'interromps pas. »
L'Héritier de la Noble Maison des Malefoy, du haut de ses six ans, avait déjà cette autorité charismatique dans la voix qui pouvait faire plier même Albus Dumbledore. Ou peut-être pas, disons simplement le Ministre.
Severus imagina une petite seconde le Ministre s'agenouiller face à ce gamin et il trouva cette image très drôle. Sauf que bien sûr, à cet instant précis, ce n'était pas le Ministre qui s'inclinait, mais lui-même. Et c'était tout de suite beaucoup moins amusant.
« Je comprends que Père accepte de t'inviter au Manoir. D'après ce que j'ai entendu, tu étais très proche du Lord Noir ce qui est une qualité non négligeable. Mais je comprends moins qu'après seulement une demi-heure de papotage autour d'un thé, il nous laisse seuls dans la même pièce. Bellatrix elle-même n'avait pas cet honneur.
- Sans doute que certaines caractéristiques mentales de ta tante empêchaient Lucius de se risquer à une telle bêtise. »
Si Drago lui-même refusait de discréditer sa tante, par soucis de solidarité familiale, Severus n'avait pas les mêmes préoccupations. Et la chose était tellement flagrante que Drago lui-même ne releva pas ce petit écart de conduite.
« J'ai envie de monter à cheval, déclara subitement Drago sans raison particulière. Viens, Severus. Tu prendras l'ancien cheval de Père. »
Le garçon posa sa tasse de thé vide sur la petite soucoupe à fleur et il attrapa sa canne de Lord miniature. L'enfant marchait tellement vite que Severus n'eut pas le temps de le prévenir qu'il n'était jamais monté sur un cheval.
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Il y avait quelque chose de fascinant à regarder Drago monter à cheval. Peut-être cette complicité inattendue avec l'animal ? Ou alors son visage béat, libéré des conventions inutiles de la Maison Malefoy ? Ce petit air enfantin, les cheveux décoiffés par le vent… Un véritable enfant.
Drago Malefoy serra ses cuisses sur son cheval, l'obligeant à se tourner vers Severus Il montait sans selle, préférant probablement le contact chaud de l'animal sans ce gros machin en cuir inutile qui coupait toutes les sensations d'un bon cavalier.
« Alors, tu viens ? »
Severus était équipé d'un casque et de genouillères et il tenait de sa main droite une grande pouliche blanche. Pourquoi son orgueil était-il venu l'empêcher d'expliquer à son filleul qu'il n'était jamais monté sur un cheval ? « Toutes les grandes familles d'Angleterre ont un cheval, je n'ose pas imaginer dans quelle misère vivent ceux qui ne peuvent même pas se payer cela. » Ah, oui, sans doute ce petit détail...
« Alors, Severus Tobias Rogue ? Viens, je veux te montrer le domaine ! »
Severus serra les dents et il tenta d'enjamber l'animal sans faux pas. Un pied dans l'étrier, il se hissa avec difficulté sur le dos du cheval. A peine fut-il plus ou moins stabilisé sur la selle que la jument avança de quelques pas. Un réflexe inattendu l'obligea à saisir les rênes avant qu'il ne soit propulsé sur l'encolure de manière très peu professionnelle.
« Ça fait longtemps que tu n'es pas monté ? ricana Drago.
- On peut dire ça, répondit Severus qui ne voulait plus du tout découvrir le domaine à dos de cheval. »
Mais c'était sans compter sur son filleul qui, d'un simple coup de talon sur l'épaule de Silver, démarra au quart de tour. Severus l'imita, plusieurs fois, mais son cheval refusait clairement d'avancer.
« Aller, siffla-t-il férocement. »
Il avait beau frapper de toutes ses forces sur l'épaule de son cheval, elle était butée. Il regardait l'enfant disparaître dans les sous-bois, impuissant. Furieux, il tenta le tout pour le tout en soulevant son corps à l'aide des étriers pour retomber avec plus de puissance sur le dos de la jument.
Comment aurait-il pu prévoir qu'elle allait se cabrer méchamment ? Il sentit le choc avant de réaliser qu'il était au sol, vulgairement vautré dans une mare boueuse. C'est le cœur battant à mille à l'heure qu'il revit la chute, après coup. Le cheval qui se cambre, la sensation de décoller et de tomber à la renverse. Le choc sur le dos, puis la tête qui heurte en dernier le sol. La douleur sourde qui se répand dans tout son corps. L'envie de pleurer et de vomir, un peu mélangée, et surtout, cette impression que le monde entier penche bizarrement sur la droite.
Un peu sonné, il ferma les yeux.
« Severus ? »
Quand il ouvrit enfin ses paupières, particulièrement lourdes, il distingua le corps de son filleul, penché sur lui. Il s'était assommé…
« Severus ? Ça va ? »
Il avait eu peur, atrocement peur, mais la douleur s'estompait peu à peu. Ça aurait clairement pu être pire. Apparemment, il n'avait rien de cassé. Peut-être une égratignure sur le coude droit et un peu de sang sur sa lèvre. Rien du tout.
« Tu veux que j'appelle quelqu'un ? Dobby ! Papa ! Dobby ?! DOBBY ! »
L'enfant, affolé, parcourait l'immense domaine du regard. Vêtu de sa tenue d'équitation, les cheveux libérés de la tonne de gel qu'il leur imposait quotidiennement et ses joues un peu rosies, son visage avait retrouvé toute sa jouvence. Et la vérité heurta Severus.
Car, finalement, même si Lucius Malefoy n'était qu'un horrible manipulateur et que sa femme était aussi vide qu'une huître sans sa chair, ils avaient un fils qui n'était pas encore totalement gâché par tout ce pouvoir et cette fortune indécente. Severus voyait enfin l'enfant avant l'héritier. Le petit garçon qui aime son animal de compagnie et qui appelle son papa à l'aide quand la situation lui échappe.
Alors peut-être que tout ceci valait la peine. Cet enfant avait besoin d'un modèle, autre qu'un Père Lord et qu'une mère effacée. Et Severus allait faire son boulot de parrain. Pour sauver un enfant... Il avait échoué avec Harry Potter. Et il allait sauver Drago Malefoy.
C'est terminé... Pour le moment !
Ce chapitre est le premier a être modifié, après de longs mois de publication. Vous venez donc de lire la deuxième version, corrigée par Luinwe Luthien, la plus merveilleuse des bêta. J'insiste lourdement, car j'ai carrément oublié d'aller chercher sa correction et que son travail est toujours excellent malgré ses propres aléas.
J'aime bien ce chapitre, même s'il n'y a pas Harry. En séparant Severus et Harry, je voulais relancer l'intrigue, installer le terrain pour un longue scène de suspens, amener lentement l'histoire vers la rupture (je vous en reparlerai) et surtout, amener de nouveaux personnages/lieux/intrigues. Ce que je fais ici ! J'aime beaucoup le petit Drago, c'est vrai que j'imagine une éducation stricte (l'idée que je me fais de la bourgeoisie des Sang-pur) et en même temps, des parents qui lui offrent tout. Il est à la fois éclairé sur le monde et naïf. Enfin, bref, j'aime bien ce gosse. Il aura probablement une grande place après la rupture (dont je vous reparlerai).
Dans le chapitre suivant, Albus Dumbledore se mêle de tout. On revoit Harry chez les Granger où la situation a évoluée, on voit pour la première fois Remus Lupin chez lui et j'annonce fièrement qu'il est accompagné de Patmol et Dumbledore "propose" un nouveau job pour Severus... Bref, le plein d'émotion !
Le chapitre suivant ne sera pas mis en ligne dans deux semaines, comme il aurait dû. Premièrement, suite à une panne d'inspiration, je n'ai que deux chapitres d'avance. Ensuite, il se trouve que je me fais opérer dans deux semaines (une chose bégnine mais sous anesthésie générale) et je serai probablement très fatiguée. J'aurai pu updater la fiction le lundi, mais en cumulant mon retard et l'opération, je préfère me reposer et prendre tranquillement le temps de rédiger la suite (en espérant creuser mon avance).
Le chapitre 26 sera mis en ligne le 30/11/2014.
A très bientôt, j'espère que vous avez aimé !
Si je peux vous conseiller de la lecture, j'ai découvert récemment deux auteurs fabuleux : GriffNoir (7 fanfictions) et D. Would (44 fanfictions). Allez jeter un œil, ils sont géniaux.
