Ce texte a été écrit pour la vingt-huitième nuit d'écriture du Forum Francophone en réponse au thème « Orage ».

Disclamer :L'univers appartient JK Rowling.

SON : Every now and again, Diane Birch


OS 25 : Le fils de l'orage

« C'est dans le silence après l'orage et non dans celui qui précéde, qu'il faut chercher la fleur en bouton »

- Proverbe Indien -

Assis sur le rebord d'une fenêtre, le front posé contre le carreau, Drago Malefoy attendait. Dehors la pluie battait son plein et les éclairs zébraient le ciel. Il suivit du regard une goutte qui dévalait la vitre pour venir mourir dans la jointure : elle changeait de direction à chaque obstacle et un court instant, Drago eut l'impression de voir son père. Lui qui voulait le mieux pour son fils, pour sa femme, à tel point qu'il refusait de prendre parti où que ce soit, se contentant de changer de côté lorsque le vent tournait.

Si les tourments extérieurs étaient les mêmes que ceux qui habitaient le jeune garçon, ils se reflétaient dans toute la maison et parfois, lorsqu'un bruit sourd se faisait entendre, Drago sursautait, l'oreille à l'afut : était-ce le tonnerre qui résonnait dehors ou la voix de son père qui grondait dans la maison ?

Lorsqu'il faisait trop chaud, les rues transpiraient, suaient par tous les pores. Elles évacuaient la haine, la peine et le dégoût ambiant. Lorsqu'il faisait trop chaud, son père s'agitait, bougeait, sa colère était froide, elle glissait le long de sa nuque et le faisait frissonner. Oui, son père pouvait sans doute être comparé à une goutte… une goutte de pluie, hésitante sur sa trajectoire, une goutte de sueur froide s'insinuant sous un vêtement, une goutte d'eau coulant sur un verre de Whisky Pur Feu après un conseil des Mangemorts plus ou moins attendus.

Et puis d'un autre côté, il y avait sa mère. Celle qui l'avait porté et aimé la première, celle qui le couvait, le regardait, l'attendait, l'espérait sans cesse. Elle était forte, forte et fière comme un roc que son père, cette vague rageuse venait heurter de plein fouet. Il haussait la voix, elle parlait plus fort. Il avancait,elle aussi. Sa mère était la plage sur laquelle venait se reposait l'écume fatiguée de Lucius Malefoy.

Sa mère, sa terre – Son père, sa mer.

Elle était la terre qui engendre, qui nourrit, la terre forte qui soutient tout un monde, la terre qui porte, et supporte, qui répare et qui brise, qui tremble et reste en place.

Alors s'il était l'eau, si elle était la terre, lui devait-il être la plante ?

Il était du mariage inattendu de deux éléments que tout opposait. Il avait mis son temps à venir et puis petit à petit, il avait fait son trou. Il avait percé la terre, bourgeonné, réclamé eau et soleil.

Drago avait toujours aimé regarder Dobby jardiner. Chaque jour, l'elfe répétait les mêmes gestes, inlassablement, il plantait, arrosait, couvait, surveillait le jardin. Parfois il parlait mais souvent il se taisait. Petit, le garçon ne comprenait pas l'utilité du geste. Et puis un jour, il y avait eu ce beau rosier blanc qui avait poussé dans la cour terreuse. D'abord, une simple tige qui s'échappait du sol, puis un buisson et quelques bourgeons… avec cette éternelle impatience de savoir ce qui avait pu pousser, ensuite l'éclosion, la belle fleur blanche qui, en baillant après ce sommeil long comme cent ans, se révélait à la vie, montrait sa beauté, rayonnait au milieu de la terre.

Il y avait eu l'intéressement d'un garçon haut comme trois pommes, la curiosité d'un futur élève et la vocation d'un adolescent. Il y avait eu les résultats de BUSES attendus avec impatience et le choix des matières. Il y avait eu le regard stupéfiait d'un professeur qui n'avait jamais cru à son élève, qui ne lui connaissait ni interêt, ni bons résultats. Il y avait eu la honte d'annoncer à ses amis qu'il ne serait ni un grand maitre des potions, ni un redoutable combattant, qu'il n'éleverait aucun dragon et ne serait sans doute jamais Animagus. La honte d'aimer un truc de filles, des odeurs, des couleurs, des textures les autres garçons ne connaissaient pas.

Pourtant, lorsqu'il avait dit à sa mère ce qu'il deviendrait, elle avait simplement sourit. Elle avait déposer un baiser sur son front et lui avait souhaité de réussir ce qu'il entreprendrait, de découvrir qui il était, quelle plante vivait en lui.

Et quand son orageux de père avait pesté contre son peu d'ambition, elle avait soutenu son fils et lui avait promis qu'à défaut d'avoir une grande carrière, il épouserait une belle plante.


A vot' bon coeur, chers lecteurs !

Len.