Bonjour à tous ceux qui liront ces lignes et à ceux qui ne les liront pas, car c'est injuste de ne pas souhaiter le bonjour sous prétexte qu'ils ne nous lisent pas. Voici donc mon chapitre 25, qui m'a fait atteindre les 100 pages. Au menu, un passage à "l'âge adulte proxien" décrit implicitement (rappelons que je poste aussi cette fiction ailleurs et que je ne peux faire avancer l'histoire dans un chapitre avec du... Ahem, je pense que vous avez compris. Un nouvel équipement pour nos deux amis d'enfance (car eux, ils ont pas survécus à la chute, ils sont inutilisables) et le retour de l'"être parfait".

Allez, en espérant que ça vous plaise, bonne lecture à vous.


Chapitre 25

Un bien étrange

adversaire partie 1

Salamandar était dans son lit, d'un pourpre éclatant. Cette fois, il lui avait tout dit. Puis, une fois que la nouvelle fut acceptée, ils n'échangèrent plus le moindre mot. Chacun pensait à la même chose, les sentiments du bleuté. Ces sentiments la taraudant, elle n'avait jamais sentit un tel besoin auparavant, le besoin d'être avec lui, de le prendre contre elle et de lui caresser les cheveux. Elle ressentait déjà cela tantôt mais jamais à un tel point culminant. C'était presque si elle voulait qu'il lui fasse l'amour, maintenant.

Son corps était en feu, elle avait la gorge sèche et elle savait qu'une chose qui pourrait la calmer. Se levant doucement de son lit, elle alla voir son ami. Il semblait endormi, ce qui ne la calma pas, loin de là. Il était si beau, endormi, il fallait dire... Et voilà qu'elle s'extasiait comme une gamine dérangée aux hormones, s'énamourant totalement pour un oui ou pour un non. Elle se pencha doucement, cherchant à chasser ses sentiments qui ne pourraient que les gêner pendant cette quête et approcha ses lèvres de celles du bleuté.

Au moment où les bouches allaient s'effleurer, le mystique de Mars lui fit comprendre qu'il était réveillé en lui tapotant l'épaule. Elle sursauta et asséna une série de jurons à son confrère,disant qu'il lui avait fait peur. Mais aucun coup ne fusa, par rapport à l'habitude. Vu qu'aucun d'eux deux ne dormaient, ils allumèrent la lumière pour parler de ce que Salamandar avait dit.

« Salamandar... Tu étais... Sérieux? Quand tu as parlé dans l'ancien langage, étais-tu sérieux?

-Je croyais que tu le savais... Que l'ancien langage ne... Ne ment pas. Même en le voulant, on ne peux mentir en ancien langage. Donc, tout ce que j'ai dit est exact.

-Alors c'est vrai, tu m'aimes vraiment... S'il te plait, dis le en langage courant... Je veux entendre cette phrase... Je ne sais même pas pourquoi mais je le veux vraiment, s'il te plait.

-Je te le redirai autant que tu le veux. Si tu ne veux plus l'entendre, je ne te le dirai plus. Mais pour cette fois, vu que tu me l'as demandé... Je t'aime, Phoenixia, de tout mon corps... De toute mon âme...

-Alors c'est vrai... Je n'aurai absolument jamais cru que tu dirais cela un jour, encore moi que tu m'adresses ces mots. Eh bien... Euh, t-tu me connais, je ne suis pas douée pour les grands discours, contrairement à toi.. Nase wa Suka. Moi aussi, je t'aime, Salamandar... Mais nous ne pouvons nous le permettre! Imagine que nous décédions tout deux dans cette quête, je ne m'en remettrais pas...

-Je ne vais pas mourir et je ne te permettrai pas de mourir non plus. Qui plus est, si nous reculons à cause du danger, je sais que je ne me le pardonnerai pas. Imaginons que l'un de nous deux meurt au combat, sans que nous ayons pu conclure, nous le regretterons tout ce qu'il nous resterait de vie. »

Phoenixia tremblait. Jamais elle n'aurait pu se pardonner de passer à côté d'un moment merveilleux à cause d'une menace de mort mais elle avait si peur de le perdre qu'elle en était paralysée. Cependant le baiser que lui donna son ami d'enfance acheva ses dernières réticences, elle y répondit avec une passion incroyable, avec un amour gigantesque et une envie ardente. Cette même envie embrasait Salamandar, si bien que durant la soirée, le Proxien passa le rite pour devenir un homme grâce à elle. Au loin, un homme souriait avec tendresse. Il avait le droit d'être touché par la formation d'un couple, même si ce dernier allait mourir bientôt.

Le lendemain, un rayon de soleil agaçant réveilla le jeune épéiste en lui tapant au visage. Aujourd'hui, il allait faire très chaud. Alors qu'il allait se lever pour se préparer à travailler, il sentit son bras contre la taille nue de la blonde. Au vue de leur tenue, qui était de loin la plus légère dans laquelle ils s'étaient vu, leur nuit n'avait pas été un rêve. Il souriait, épanoui.

Pourtant, il remarqua un mot sur la commode et le lut, avant de lever un cil et de grogner.

« Bien le bonjour, Habitant de Prox.

Je ne souhaitais pas vous déranger dans vos ébats. Aussi ai-je attendu que vous dormiez pour vous laisser ce mot. Allons droit au but, vous êtes d'accord? Je suis de Nerkhos, et vos plans nous gênent. Aussi, je vous demanderai aimablement de bien vouloir cesser cela. En faisant ainsi, je me porterai garant de votre sécurité et de votre couple Êtes-vous d'accord pour conclure ce marché? Si oui, prenez l'enveloppe 1 dans la commode. Sinon, c'est l'enveloppe 2, dans le vase.

L'être parfait »

A la lecture de ce mot, Salamandar se sentit atteint dans son intimité. Jamais il n'avait été aussi ridicule. Apparemment, il avait réussit à farfouiller dans sa chambre sans même que le bretteur s'en rende compte. Et puis, quelle prétention dans la signature. Il se prenait pour le centre du monde ou quoi? Puis il réfléchit à la fameuse proposition.

D'un côté, il savait qu'il devrait être en désaccord avec le courrier. Mais de l'autre... Il n'avait pas envie de mettre celle qu'il aimait en danger si on pouvait l'éviter. Mais d'un autre côté, il savait qu'elle l'insulterait s'il acceptait le marché d'un snob inconnu. Si bien qu'il prit la deuxième lettre dans le vase et vit, surpris, une bourse pleine attachée à celle ci.

« Alors vous avez choisit d'ignorer ma proposition. Notez que je vous comprends, j'en aurai sûrement fait autant à votre place. Je ne peux malheureusement pas vous laisser partir vivant, dans ce cas. Vous représentez un danger pour notre monde, comme nous en sommes un pour le vôtre. Ainsi va la vie. Ci-joint une bourse contenant 150 000 écus. Je ne vais quand même pas vous affronter déloyalement.

Votre ancien équipement étant enfoncé de toutes part, je me suis permit de le prendre pour avoir vos mesures et qu'on vous en fabrique une neuve. Même chose pour l'épée, j'ai constaté qu'elle était parfaitement dans l'allongement de votre bras. Mais elle est brisée et nul ne peux la réparer. Voilà pourquoi je l'ai prise pour qu'on en fasse une autre semblable.

Je vous attendrai à Midi au chantier naval. Si je sens que vous cherchez à vous enfuir, je vous abattrai de sang froid, nul ne peux surpasser les Wyverns en course.

L'être parfait.

PS : « Le cycle du Phénix et de la flamme est infini, il n'a aucun départ ni aucune finalité, comme pour le cercle de l'oeuf et la poule », ça te permettra de récupérer ton équipement. »

Au fil de la lecture, le mystique de Mars était de plus en plus perturbé. C'était un ennemi, c'en était évident. Alors pourquoi lui faire forger un nouvel équipement? Que voilà un adversaire perturbant! Et il lui a annoncé dès le départ qu'il était aussi de son avis... Alors pourquoi le combat? Jamais il n'avait eu à affronter ce genre d'ennemis, il ne savait comment réagir.

« Moi, à ta place, j'accepterai son aide. Salamandar sursauta, à aucun moment il n'avait sentit Phoenixia réveillée.

-Bonjour, Phoenixia.

-Ouais ouais, c'est ça, bonjour. Faisons fi de ce défi, du fait qu'Alex nous croit mort et qu'il soit avec Karstine et Agatio.

-Bon, pour en revenir au courrier, d'après la hauteur du soleil dans le ciel, il doit être à peu près neuf heures. L'armurerie ouvre à huit heures, on s'habille et on y va? »

D'abord bien peu conciliante, la blonde remis cependant ses bas puis mis la vieille robe de ses treize ans. Elle était sublime ainsi. Salamandar ne put d'ailleurs pas s'empêcher de pousser un léger sifflement pervers, ce qui lui valut un marron d'une jeune femme amusée. Lui même se vêtit plutôt chic, une chemise à manche longues, un pantalon mi-moulant et des chaussures cirées. Cette fois, ce fut au tour de Phoenixia de le narguer.

« On va à une armurerie mon grand, pas draguer toutes les minettes de Weyard.

-Oh mais ce n'est pas incompatible, très chère. Si je trouve la femme de ma vie en chemin, tu ferais quoi? Répondit Salamandar sur le ton du jeu.

-Je lui plante ma faux dans la gorge, t'as pas le droit de tomber amoureux d'une fille, sauf de moi! »

Le Proxien éclata de rire, la réaction de son amie d'enfance était si mignonne, c'en était émoustillant. Pour n'importe qui d'autre, cette réaction aurait effrayé mais pas lui. S'approchant, il la saisit brusquement pour s'emparer avidement de ses lèvres qu'elle lui accorda immédiatement. Cette fois cependant, il ne dura qu'une poignée de secondes, la blonde faisant remarquer avec justesse qu'à ce rythme, la nuit allait recommencer et qu'ils n'avaient pas le temps pour cela.

L'armurerie n'était pas très loin de là où ils dormaient, la marche fut très courte. Mais Salamandar vit, par la petite lucarne, Pavel qui semblait négocier le prix d'une épée de glace, laissant le vendeur intraitable. Apparemment, son disciple avait beau monter les prix, l'arme n'était pas à vendre. D'ailleurs dommage, le bleuté était tout simplement ébahis par la magnificence de l'outil, de la qualité suprême, indubitablement!

Mais il n'eut pas le temps de l'examiner plus longtemps, les cinq aventuriers sortaient déjà, apparemment très boudeurs. Vivement, ils se cachèrent derrière l'établi et en fonction des déplacements de l'aura de ce Piers et de Pavel, Lina et Cylia étant à l'époque trop faibles pour que Salamandar ne les remarque, ils se déplaçaient vers la porte d'entrée. Et une fois hors de vue, les deux guerriers entrèrent.

« Bienvenue, chers clients, que puis-je faire pour vous? Les accueillit le vendeur avec un sourire très commercial.

-Veuillez m'excusez mais cette arme est magnifique! A combien la vendez vous? Demanda Salamandar, ce qui arracha un énorme soupir au commerçant.

-Je vais vous répondre la même chose qu'au groupe avant vous, elle n'est pas à vendre, quelqu'un me l'a commandée avec plusieurs ensembles. Il m'a demandé ça hier et j'ai réussit à tout faire pendant la nuit, vous rendez vous compte du travail que j'ai fourni?

-Je n'en doute pas, mon Brave. En ce cas, je viens juste récupérer la commande d'un ami qui se fait appeler l'être parfait. »

Le marchant leva un cil, regarda à gauche et à droite avant de poser une seule question. Une question si hors sujet que le bleuté se demanda si le commerçant avait toutes ses cases puis se rappela du petit Post Scriptum à la fin du courrier. Cela semblait répondre à la question, si bien qu'il répondit mot pour mot ce qui avait été écrit entre guillemets. Cela le fit réagir automatiquement et il disparut un instant en arrière boutique.

Les deux Proxiens, interloqués, ne purent qu'attendre le retour du forgeron qui se fit au bout de quatre minutes, portant deux énormes caisses. Il avait de la force, au vu de la taille des cartons et de ce qu'ils semblaient contenir.

« Vous serez content d'apprendre que je viens de finir de forger votre armure, monsieur Salamandar. Tout est ici. Vous pouvez essayer, tout est de qualité supérieure, forgé par mon entreprise familiale! »

Le guerrier de Mars ne pipa mot quand au fait que le forgeron connaisse son nom, ça devait être cet être parfait, venu de Nerkhos qui le lui avait donné. A la place, il regarda le contenu des caisses, et eut les yeux exorbités. Jamais une armure couleur ébène ne lui avait semblé si belle, si luisante. Une plate sans épaules, légère mais très solide, comme on le devinait en un regard, avec un protège cou, des gantelets de jais, de splendides solerets assortis au reste ainsi qu'une longue cape qui lui irait comme un gant, l'ancienne étant en charpie.

Quand il commença à s'équiper avec attention de chaque pièce d'armure, il put constater la finesse du Travail, tout lui allait, pile à la bonne taille! Aucune tache, aucune bosse, ils étaient d'une facture incomparable! Par contre, un détail le perturba. Il n'y avait aucune épée. L'absence de casque s'expliquait par le fait qu'il n'en mettait jamais mais là, pas d'épée, alors que celle de son père avait été emmenée.

Puis un simple signe de tête de l'artisan lui fit comprendre. L'épée de Glace exposée! Serait-elle la nouvelle arme de l'épéiste du nord? L'homme acheva ses doutes en lui tendant le pommeau de l'arme ainsi que le fourreau. S'éloignant un peu, il fit quelques moulinets pour tester son équilibre. Irréprochable, elle était tout simplement parfaite! Une lame parcourue par le froid, assez lourde pour qu'on la sente mais assez légère pour ne pas gêner, parfaitement équilibrée, c'était décidément une arme de haute volée, sans commune mesure avec ce qui lui fut donné de voir par la passé.

« Je ne reverrai jamais une arme de pareille facture dans l'avenir, c'est un travail incroyable... Et en une seule nuit, sans parler du reste... Et vous n'en demandez que 150 000 petits écus? Vu la force de cette arme, elle en vaudrait bien 200 000 à elle toute seule!

-Oui, je me contente de 150 000 écus pour le tout, j'adore les défis. Réaliser cet équipement fut un défi, et j'ai eu l'occasion de travailler de l'Orichalque, ce serait presque à moi de vous payer pour vous remercier de cette occasion! »

Phoenixia regarda alors sa propre tenue et eut le même genre de réaction que son ami. Un plastron martelé qui descendait légèrement en dessous de la poitrine car plus bas, ça la gênerait, elle qui demandait de la souplesse dans ses mouvements, une paire de gants en cuir tanné, pour ne pas alourdir ses attaques, assez lourdes comme cela grâce à la faux massive rougeoyante dans la boite, une longue robe en soie et des bottes renforcées d'acier. Le forgeron expliqua qu'il avait réussit à s'arranger avec le tailleur pour la robe et la cape. Lorsqu'elle mit l'ensemble, la blonde fit rougir son ami tellement elle était létalement belle.

Elle aussi avait testée son arme. L'outil était lui aussi parfaitement équilibrée et elle tournoyait autour d'elle avec une facilité peu commune. Même avec son ancienne arme, excellente, elle n'y arrivait presque pas. Maintenant elle allait retrouver ce qu'elle appelait une vraie manière de se battre : Souple et efficace.

Il jeta la bourse que lui avait donné l'« être parfait » au vendeur, s'inclina pour le remercier respectueusement et constata qu'il était presque onze heures, que le combat allait devoir commencer.