Du corps au coeur
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, l'intrigue ne m'appartient même pas, je ne fais que remplir du vide, combler des trous et satisfaire ma curiosité...
Beta :
NB : Janto, donc, totalement assumé, avec jeux de mains et de vilains, donc si vous ne goûtez pas ces jeux entre hommes, ne restez pas sur cette page, voyons !
NB²: En retard moi ? hem... je n'ai pas pu faire autrement (sinon, j'aurais déjà posté)
Tentative d'explication : une sombre histoire de version alternative. J'avais déjà tout bien rédigé, mais ce chapitre me laissait insatisfaite et me prenait la tête. Du coup, j'ai dû prendre une décision. (d'ailleurs si cela intéresse quelqu'un, j'ai encore la version 1 qui traîne) Et j'ai choisi d'écrire et de poster ce que j'aimerai lire (en fait, c'est ce que je devrais faire systématiquement.) Donc après ce blabla subséquent et inintéressant au possible... la suite. N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez...
Chapitre 25
Penser à Jack et ce qu'ils faisaient dans l'intimité quand il venait lui rendre visite, l'échauffait et il ne put résister à l'envie de se faire un peu de bien. Sa main pénétra totalement dans son pantalon tandis que l'autre écartait les boutons qui gênaient avant de caresser son ventre élastique. La position débraillée et lascive ne laissait aucun mystère sur ce qu'il était en train de faire. Et un observateur silencieux aurait eu bien du mal à rester de marbre devant ce spectacle. Ianto se caressait langoureusement, sentant monter le plaisir au rythme de ses gestes. Il laissa échapper un murmure passionné, quatre lettres qui firent frémir sa chair.
Il sentit soudain un souffle chaud sur cette partie qui demandait toutes ses attentions et sans qu'il puisse réagir, une bouche brûlante le fit basculer dans un plaisir qui le laissa tout étourdi.
- Besoin d'un mouchoir ? fit la voix qu'il espérait si fortement entendre.
A la fois amusée et troublée, elle le fit vibrer intérieurement. Il était si surpris de l'entendre. Il avait pensé si fort au Capitaine que celui-ci semblait s'être matérialisé dans son salon, comme si son fantasme avait pris corps. Il descendit une main tremblante vers cette bouche, qu'il sentait toujours près de son intimité apaisée. Ses doigts touchèrent le visage souriant de Jack. Il s'amusait, constata amèrement le jeune homme. Je ne sais pas ce qu'il veut de moi, mais pour lui, ce n'était qu'un jeu. Alors jouons !
Owen avait raison, jamais Jack ne répondra à ses sentiments et il devrait faire avec, aussi douloureux que cela lui soit. Cette perspective lui fit atrocement mal. Il était fou de croire qu'un homme tel que Jack l'aimerait. Il était de retour, c'était déjà quelque chose, mais cela le rendit triste. Il se sentait pitoyable de n'attendre que cela.
Ianto s'arma de courage. Il devait lui parler, au moins un peu avant de totalement laisser tomber le grand Capitaine et son corps à damner, ses gestes qui le rendaient fou, ses baisers qui le menaient à sa perte. Il était complètement intoxiqué et repousser sa drogue favorite allait être difficile. Mais il devait en passer par là pour retrouver l'estime de lui-même. L'amour le rendait dingue et faible. Un sursaut de fierté le fit se redresser, repoussant le Capitaine. Il devait s'affranchir de l'emprise que cet homme impossible avait sur lui. Cet amour non réciproque ne lui apportait que des souffrances. Il devait tirer un trait sur ses espérances. Jack ne changerait jamais, même pour lui. Il se trouvait face à un choix. Devait-il continuer de tout accepter ou refuser cette situation qui le rendait malheureux ? Il répondit fièrement.
- Je n'ai besoin de rien. Comme tu n'étais pas là, j'ai préféré me satisfaire moi-même.
- Je suis donc arrivé au bon moment, dit Jack, le cœur soudain serré.
Celui-ci ne voyait que le bas du visage fermé, les lèvres pincées sur un choix qui ne le satisfaisait pas. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Jack avait vu ses regards le suppliant de revenir, il avait lu son journal l'enjoignant à lui parler, il avait entendu la conversation avec Owen. Il avait été touché viscéralement par ses mots et sa douleur. Il ne pouvait plus ignorer cet homme. Mais sa réaction glaciale le douchait littéralement. Il semblerait qu'à trop jouer avec ses sentiments, il l'avait poussé dans ses derniers retranchements. Ianto semblait avoir fait un choix et Jack trembla soudain à cette idée.
Owen avait dit à Ianto d'être égoïste. Et Jack se rendait compte que depuis le début de leur relation, il avait laissé la bride à son propre égocentrisme. L'attention et l'attachement que lui portait le jeune homme avaient flatté son narcissisme et il se retrouvait pris au plus vieux piège du monde. Par instinct de survie, il l'avait rejeté, utilisé et repoussé et ce traitement semblait avoir exacerbé les sentiments du Gallois. Il l'avait vu continuer à s'occuper du Hub et de ses habitants, attendre qu'il revienne vers lui et lentement se consumer d'espérance.
Oui, il avait fui, tout à fait consciemment. Ses sentiments lui fichaient une trouille indécente. Voir la passion étreindre le cœur de ses amants l'avait toujours terrorisé. Il se savait lâche parfois, mais esquiver des relations trop profondes évitait de souffrir.
Mais son cœur ancien ignorait ce que sa raison et son expérience lui interdisait. Il éprouvait des sentiments qui le bouleversaient et amollissaient sa volonté. A l'observer de loin, il s'était aperçu qu'il n'appréciait pas seulement le corps du jeune homme, il l'affectionnait pour ce qu'il était. Loyal au-delà de tout, compréhensif et indulgent, Jack lui avait accordé une confiance totale. Cela se rapprochait terriblement de l'amour et cela semait la désolation dans son cœur. L'avouer rendrait les choses tellement plus difficiles. Il savait que Ianto s'attacherait, lui aussi et cela les mènerait à leur perte. Mais il n'avait pu résister à l'envie et l'inquiétude. Il avait voulu savoir comment il allait et maintenant la situation se retournait contre lui.
- Exactement, très bon sens du timing, Capitaine, lança sèchement le Gallois en remettant de l'ordre dans ses affaires, avant de se rappeler qu'il n'y avait rien que Jack n'est déjà vu. Que viens-tu faire ici ?
Il tâtonna pour récupérer le téléphone qui avait glissé pendant ses ébats solitaires et se leva lentement. Jack suivit ses pas chancelants en direction de la cuisine.
- Je venais te voir.
- Tu n'avais rien de mieux à faire ? Besoin de libérer un peu la pression ?
- Peut-être, fit Jack, surpris par le ton mordant auquel il n'était guère habitué. Je voulais surtout savoir comment tu allais.
- bien, très bien, Owen m'a soigné et je ne travaillerai pas demain. Tu devras te débrouiller pour ton café et ton pressing.
- comme si tu ne servais qu'à ça, murmura Jack en faisant la moue.
- apparemment non, je sers aussi de divertissement, continua Ianto. Je suis quoi pour toi ?
Jack le regarda interrogateur, c'était l'une des questions à laquelle il ne voulait surtout pas répondre. Qu'est-ce que le Gallois était pour lui ? Qu'est-ce qu'il lui apportait ? En l'absence de réponse, Ianto soupira de frustration et reprit d'un ton sarcastique, cachant la désolation qui régnait dans son cœur. Il ne voyait pas le visage de Jack et cela lui paraissait soudain plus facile de lui dire ses autres vérités sans sombrer dans la contemplation de ses yeux hypnotisant. Pour le coup, il en aurait presque remercié le coup du sort. Presque, car cela faisait un mal de chien, la douleur atténuée par les soins du médecin de la base se rappelait à son bon souvenir.
- Owen a raison en fait, j'ai compris. Je ne suis qu'un coup à tirer et au revoir ! Alors on y va et basta ! Tu m'emmènes dans la chambre, à moins que tu ne préfères le tapis du salon ? Plus vite ça sera fait, plus vite, je pourrais manger.
- non... murmura Jack, qui le découvrait soudain avec des yeux différents. Toute l'amertume dans sa voix le bouleversait. Pas comme ça ! laissa-t-il échapper en posant sa main sur son épaule et le tournant vers lui.
- C'est pourtant ça que tu es venu chercher, déclara Ianto pris d'une colère froide, exprimant enfin tous ses espoirs déçus. Sinon pourquoi ?
- Arrête Ianto, ce n'est pas ce que je veux.
- Ce n'est pas ce que je veux non plus, mais il semblerait que ce soit la seule chose que tu m'accordes. Cette situation ne peut plus durer. Je meurs à petit feu et tu m'ignores.
Ianto l'attrapa par le cou et chercha ses lèvres d'un geste désespéré. Il lui vola un baiser dur et se frotta contre lui, fourrageant ses vêtements. Jack le repoussa, le cœur battant à toute allure. L'envie, le désir se répercuta dans son corps. Il lutta contre cette sensation. Il ne voulait pas, pas comme dans ces conditions. Ianto se cramponna à lui, cherchant férocement le contact, cherchant durement sa chair. Jack attrapa ses poignets qu'il maintint d'une main ferme contre leurs torses. Leurs respirations étaient brusques, haletantes, pleines d'envie et de reproches.
- J'ai dit non, Ianto, fit Jack, d'un ton doux.
- Non ? ce n'est pas ce que tu veux, un amant perdu, aveuglé par l'amour. Vraiment, Jack, que suis-je pour toi ? Que ressens-tu ? Ressens-tu d'ailleurs quelque chose ?
- La peur, avoua Jack en le maintenant contre lui, luttant contre son désir qui menaçait de le dominer.
- Mais de quoi peux-tu bien avoir peur ? souffla Ianto, en quêtant ses lèvres, remontant ses mains vers ses joues.
- De perdre le contrôle, répondit Jack en soupirant, couvrant ses doigts des siens, Je ne peux pas me laisser distraire. Je ne peux pas te donner ce que tu souhaites.
- Jack…
Ianto le lâcha, ses bras retombèrent comme sa colère. Jack avait la voix si perdue qu'il lui avait tordu le cœur. Il le sentait déchiré, si abattu, si seul que sa rancœur s'envola. Jack était venu pour lui, il le remarqua enfin.
Les paroles d'Owen avaient agi comme un poison, corrompant son esprit. Jack sembla remarquer l'apaisement de ses pensées. Il se rapprocha de son agent et posa sa tête contre son front, respirant son odeur simple. Son mal de crâne s'accentua, son esprit s'éclaircit soudain et il se sentit différent. Jack se sentait perdu, ses émotions à fleur de peau se battaient pour prendre le contrôle. Il lutta pour dominer les sensations étranges qu'il sentait naître en lui. Il lui semblait être si proche de Ianto que ses pensées lui apparurent aussi claires qu'une voix dans la nuit. Son esprit paraissait plein de doute et de douleur, traversé par une antienne qui lui arracha un hoquet de surprise. " je t'aime. Pardonne-moi, ne me fuis pas. Jack, Jack"
Il repoussa le Gallois qui retomba sur le sofa, tout aussi étonné que lui.
- Que se passe-t-il ? demanda le Gallois troublé, dis-moi.
- Je ne peux pas... non, balbutia le Capitaine, déstabilisé par ce que l'autre ressentait.
Le Capitaine se sentait faible face à son désespoir. Si faible qu'il eut envie de fuir, comme il l'avait si souvent fait. Les choses sont toujours plus faciles lorsqu'on ne s'implique pas. Jack s'écarta et Ianto eut soudain froid, comme s'il avait emporté toute la chaleur avec lui. Il frissonna de peur et d'anticipation. Ils n'avaient pas terminé, ils venaient simplement de commencer cette discussion et il fallait qu'ils la mènent jusqu'au bout.
- Dis-moi ce que tu penses ? A quoi tu penses ? le supplia-t-il en entendant ses pas s'éloigner sur le parquet bruyant. S'il te plait Jack, tu me dois au moins ça.
- Non, s'écria Jack en prenant la fuite, laissant Ianto atterré.
Celui-ci entendit les pas précipités du Capitaine s'éloigner de lui. Il resta assis avec en tête une unique pensée. "Ne me quitte pas".
Les pas de Jack accélèrent. Le Capitaine s'enfuyait réellement. Ianto s'inquiéta alors que la porte claquait sous le vent de son départ. Que lui arrivait-il ? Avait-il reçu une communication urgente du Hub qui l'obligeait à se rendre sur le terrain ? Ianto pesta alors que sa rage revenait à la charge. C'était bien sa manière de fuir les discussions. Ianto ne le comprenait plus. Il ne se comprenait pas non plus. Dès qu'il se trouvait près de lui, il n'était plus lui-même.
A vrai dire, depuis qu'il gravitait autour de lui, il était différent. Il avait changé par et pour lui et cela, il ne pouvait rien y faire. Torchwood et Jack l'avait métamorphosé. Sa vie avant tout ça était tellement plus facile. Sans Torchwood, il serait encore avec Lisa. Il aurait deux enfants, un crédit sur le dos pour une maison dans la périphérie de Londres et un gros chien. Une vie toute simple.
Il se releva doucement, secouant la tête pour évacuer ces fadaises. Cette vie toute simple n'était qu'une fantasmagorie. Sans Torchwood, il ne serait pas là. Alors malgré toutes les souffrances, il trouvait que cela en valait la peine, que ce foutu Capitaine en valait la peine, même si en ce moment, il se retenait de pleurer de déception. Se faire repousser ainsi n'était pas agréable mais il ne voulait pas oublier que Jack était venu pour lui tenir compagnie. Un geste gentil dans cette fichue journée. Les yeux le lançaient terriblement, les bandages le grattaient et lui tenaient chaud. Il alla se chercher un verre d'eau et avala les deux cachets laissés par Owen. Il eut à peine le temps de revenir s'allonger sur le canapé qu'il sombrait déjà dans un sommeil profond. Owen n'avait pas lésiner sur l'analgésique finalement.
oOoOo
Une silhouette se découpait sur le ciel sombre, le vent chassait les nuages qui filaient à toute vitesse. Mais Jack ne regardait pas le ciel. Il contemplait la ville du haut de son perchoir favori. Les voitures sur l'autoroute aussi minuscules que des insectes s'agitant au pied d'une termitière. Ses pensées s'agitaient tout autant. Il suivait les fils disparates de ses raisonnements, cherchant à comprendre ce qu'il venait de se passer dans l'appartement de Ianto.
" Ne me quitte pas" il avait ressenti cette phrase aussi clairement que si le jeune homme l'avait prononcé. Ce n'était pas tant les mots qui le troublaient mais la manière dont ils étaient arrivés jusqu'à lui. Comment en était-il arrivé à entendre ses pensées ? C'était dérangeant, terrifiant. Comment était-ce possible ?
Une à une, Jack se repassa les minutes de leur conversation orageuse. Ianto était en colère contre lui. Ce n'était pas la première fois. Ils s'étaient déjà accrochés à cause de la manière dont il le traitait parfois. Mais cette fois, c'était physiquement douloureux. Même le vent frais en provenance de la mer ne parvenait à apaiser ses tempes battantes. Il avait toujours mal à la tête et cette histoire ne l'aidait pas.
Il se redressa et remonta son col, poursuivant son voyage intérieur. Il avait entendu les paroles de Ianto. Il n'y avait pas tant d'explication à cette situation, soit il s'agissait d'un artefact, soit Ianto soit lui devenaient médium. La première hypothèse fut facilement balayée. Toshiko avait détruit le pendentif et il se rappelait encore de la sensation lorsqu'elle avait tenté de lire dans ses pensées. Ce qui se passait était tout à fait différent. Donc soit lui, soit Ianto développait des capacités psychiques. Il ne savait pas pour le jeune homme mais dans son monde, son temps, il savait que cela était possible. Il en arriva donc à la conclusion que c'était lui qui avait lu les pensées de Ianto. Mais cela n'expliquait absolument pas d'où pouvait provenir ce genre de pouvoir. Il aurait fallu que quelque chose manipule son cerveau et ses pensées.
Il passa l'essentiel de la nuit à réfléchir sur la corniche de l'immeuble de la compagnie du gaz. Il laissa ses pensées s'apaiser. Il devait se maîtriser, maitriser cette nouvelle capacité avant de retourner voir Ianto. Ce fut lorsque le soleil se leva enfin qu'il descendit et retourna à l'appartement de Ianto. Ils devaient parler.
oOoOo
Ianto dormait recroquevillé dans son canapé, un bras au sol, l'autre coincé sous un coussin épais. Ses cheveux sombres étaient en bataille, son bandage avait glissé et ses paupières gonflées étaient rehaussés par des cils gainés de larmes. Jack le contempla curieusement ému. Son cœur centenaire s'emballa. Leur conversation lui revint et sa conclusion le fit sourire amèrement. Il l'avait fui. ce n'était pas son intention au départ mais c'était bien ce qui s'était passé. Il ne voulait pas le faire souffrir, pourtant son attitude envers lui le blessait. Il le savait.
Devait-il mettre un terme à cette relation ? se demanda-t-il avec un pincement au cœur. Il n'en avait pas envie et Ianto pas davantage, quoi qu'il puisse en dire. Ses pensées parlaient pour lui. Il ne voulait pas que Jack le quitte. Que leur restait-il donc ? Continuer sur ces malentendus ou bien faire table rase du passé et repartir sur des bases plus saines ? Jack ne pouvait plus fuir. Il faisait souffrir Ianto presque pas fierté. Il y avait tellement de choses dont il ne pouvait pas lui parler, ses mille vies et leurs lâchetés par exemple. Il avait déjà connu l'amour et ses tourments, la fin des sentiments et la haine ou bien pire l'indifférence et il ne voulait pas lui être indifférent. Il grimaça, quoiqu'il veuille, il ne pouvait pas l'abandonner. Il récupéra une couverture dans la chambre qui l'avait déjà si bien accueilli et en recouvrit le Gallois.
Le jeune homme ne se réveilla pas mais se retourna pour s'enfouir sous la chaude couverture. Jack lui caressa les cheveux, tentant de lire ses pensées. Il se rendit compte que les rêves formaient une protection contre son intrusion. Il ne parvenait pas à entrer dans sa tête. Il soupira, il allait devoir comprendre d'où venait cette soudaine apparition de pouvoir psychique. Cette question ne cessait de le harceler. Il se demanda s'il pouvait lire dans les pensées des autres membres de l'équipe. Il laissa le jeune homme dormir. Sa présence ne lui servirait à rien et il avait besoin de repos. Le Hub était le lieu idéal pour commencer à comprendre ce qu'il se passait.
oOoOo
Jack se tenait à sa place favorite, la passerelle au-dessus des ordinateurs, l'endroit d'où il pouvait surveiller tout son petit monde. Il écoutait les conversations qui montaient jusqu'à lui, cherchant parfois à sonder de son esprit les pensées de ses compagnons. Sans succès. Il ne comprenait pas cette soudaine apparition, malgré les heures passées à chercher son origine. Il savait qu'il devait en parler avec Ianto mais le jeune homme l'évitait ostensiblement.
Il était revenu travailler dès le lendemain, sans autre séquelle qu'une sensibilité à la lumière et une tête de six pied de long. Le jeune homme était resté tout à fait silencieux et cachait sa peine sous son professionnalisme. Jack masquait son embarras sous une fausse désinvolture. Ils vivaient tous les deux sous des masques. Ils étaient malheureux mais ne parvenaient pas à sortir de ce marasme qui engluait le moindre de leurs élans.
L'équipe sentait qu'il se passait quelque chose. Ianto paraissait nerveux, presque à fleur de peau, s'isolant souvent dans les archives ou affrontant la montagne de paperasse qu'un Jack plus lunatique que jamais lui laissait gérer en solitaire. Seule Gwen ne sembla rien voir. La perspective de son mariage approchant lui mettait des œillères à tout ce qui n'était pas décoration, traiteur, invitation ou pasteur. Cette union la rendait dingue et elle n'hésitait jamais à en parler, préférant rendre ses collègues chèvres plutôt que devenir folle. Pour l'heure, elle parlait avec Toshiko de sa parure florale sous l'oreille désabusée de Ianto.
Owen rangeait seul son aile médicale. Ses marmonnements parvenaient jusqu'à Jack qui écoutait avec amusement. Bien que le médecin ait apprécié Martha Jones et ses compétences, il trouvait maintenant qu'elle avait un sens du rangement peu orthodoxe. Jack ricana, C'était l'hôpital qui se moquait de la charité, car ils étaient aussi méticuleux l'un que l'autre. Il n'avait plus de vie, c'est pourquoi il avait besoin de maîtriser son environnement pour se sentir encore un peu vivant. C'était un vendredi après-midi et pour une fois le monde était tranquille et le Capitaine sur son parapet savourait ce moment de paix.
Il entendit tout à coup la voix claire de Gwen proposer une sortie tous ensemble au pub et l'œil attendri par sa recrue policière, il descendit de son piédestal pour rejoindre le reste de l'équipe. Celle-ci tentait de refuser cette invitation bizarre qu'il accepta en leur nom à la stupéfaction générale. Il avait envie de prendre l'air et puis, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu Rhys, ça pouvait être amusant !
A suivre... (merci du fond du coeur pour les reviews, ça aide énormément^^ je vous fais de gros becs)
