Hello tout le monde !

Je suis désolée pour le retard que j'ai pris :/ Avec le stage, le retour au lycée et les oraux je n'ai plus su où donner de la tête !

Mais me revoilà et j'espère que le chapitre vous plaira, car j'ai mis pas mal de temps à le peaufiner pour qu'il soit tout beau ^^

Un grand merci à tous les nouveaux et anciens followers !

Et un immense merci à BibiCool360, Noooo Aime, Glagla60800, Melior Silverdjane, Luna dans les Etoiles, Eilonna, Lapetitecerise, Lolita2015, Siliion et Fuyuki417 pour vos reviews !

Eh je suis très surprise ... Car personne n'a réussi à trouver la suite que mon esprit tordu a inventé ... Du coup maintenant, vous devez vraiment vous demander ce qu'il se passe au début du chapitre x) En bref, j'ai volontairement retiré un passage lors du précédent chapitre, afin de vous cacher ce qui allait se passer :D Vous allez donc découvrir le choix d'Isil, ainsi que le fond de ses pensées ... Un autre Thranduil ... Et le reste, je vous laisse voir ;)

Je vous souhaite une très bonne lecture ( Et pitié ne me tuez pas d'avoir fait ça ;P )


Un rire de joie sortit de sa bouche lorsque l'elfe vit la fin. Les frontières du royaume, après celles-ci, Thranduil ne laisserait personne les suivre. Redoublant d'effort, Dori l'appela, lui tendant un bout de bois afin qu'elle s'accroche. Elle prit le bâton dans sa main … Enfin, Erebor allait être à eux. Puis tout à coup, elle tourna la tête et vit Legolas sur les hauteurs d'un rocher. Un Orque se tenait derrière lui, une flèche à la main. Et alors qu'elle allait sauter dans le tonneau, Thorin et elle échangèrent un regard.

-Non, Isil ! Cria-t-il en devinant ce qu'elle allait faire

Avec une force qu'elle ne se connaissait pas, elle se sépara du nain brutalement et se mit à courir vers le monstre. Sa main glissa vers son carquois, mais elle ne rencontra que le vide. Il n'y avait plus de flèches. Alors qu'elle redoublait d'efforts, une créature bondit des buissons, elle aussi ayant compris ce qu'elle allait faire. Et malgré la rapidité de la princesse à sortir ses dagues, elle se fit désarmer aisément. La brune blâma alors si fort son inquiétude, qu'elle jura mille mots en elfique. Voyant l'Orque bander son arc, elle se saisit vivement du sien sans réfléchir et se jeta sur son ennemi. Sous la colère, elle lui donna un coup si féroce qu'il vint s'écraser la tête contre la roche. Désormais, elle n'avait plus qu'à courir pour lui. Courir, car c'était la moindre des choses qu'elle pouvait faire en échange de son amitié. Legolas sauta une derrière fois pour atteindre la droite. Il tua encore plusieurs Orques avant de se poster en haut du rocher, regardant les nains s'en aller. Il n'avait rien pu faire pour les empêcher de l'emmener. Isil … Thorin et lui s'échangèrent un regard haineux, quand il le vit changer d'expression. Lui et tous les autres …

-ISIL ! Hurla Bilbo

Le prince entendit une flèche fendre l'air, puis faire mouche au même moment. Il se retourna, et vit la flèche en question, traversant le ventre d'Isil, qui se tenait entre lui et un orque. Une tache rougeâtre commença à s'élargir sur son corset autour de la pointe en fer. Elle essayait tant bien que mal de prendre de l'air. Son arc claqua contre le sol, laissant plusieurs échos derrière sa chute. Ses jambes lâchèrent et il se jeta sur elle précipitamment, comme si c'était sa vie qui s'écroulait là, devant lui. Ses yeux tombèrent sur ceux du blond, paniqué, impuissant. Puis elle tourna la tête en direction de la rivière. Une larme coula sur sa joue tandis qu'elle voyait les nains et le hobbit hurlant son nom, s'éloignant d'elle. Mais son choix était fait … Il l'avait été dès que ses doigts avaient quitté le bâton que Dori lui avait tendu. Plus jamais elle ne les reverrait, ou alors dans une autre vie …

-Namárië …*

Et Thorin la regarda prononcer ses mots comme s'il pouvait lire sur ses lèvres. Un dernier échange, un dernier au revoir et il disparut suivit du reste de la Compagnie. L'elfe la secouait doucement pour qu'il puisse voir son état, se rassurer. Elle lui sourit, une deuxième goutte perlant de son œil droit.* Et alors qu'il ouvrait la bouche, le prince sentit ses doigts effleurer ses lèvres pour le faire taire.

-C'était mon choix … Susurra-t-elle en le fixant

Perdant lentement conscience, elle se sentit soulever du sol. Legolas courait aussi vite qu'il le pouvait, priant pour ne pas qu'elle s'effondre. Il l'entendit murmurer son prénom plusieurs fois, puis elle sombra. Entendant encore son cœur battre faiblement, il continua sa course. Sa vie tenait à un fil. Ce n'était qu'une question de temps. Il priait les Valars pour qu'elle tienne jusque dans la salle de soin. Jamais son cœur ne s'en remettrait si elle mourait. Il évita les cadavres qui jonchaient le sol, aussi bien d'orques que d'elfes. Il remonta à toute vitesse la rivière, et entra par la porte arrière du palais. Tout le monde s'écartait sur son passage, en le voyant tenir le corps mal en point. Il arriva rapidement dans la pièce des soigneurs. Des dizaines de corps attendaient déjà sur les lits.

-Mon prince, nous ne pouvons pas nous occuper d'elle maintenant … Beaucoup se meurent …

-Mais elle aussi va mourir si vous ne faites rien ! Soignez-la !

Devant sa détresse et son chagrin, la femme lui fit signe de la déposer sur le dernier lit vide. Dès que ce fut fait, cinq elfes l'entourèrent, prêt à commencer.

-Je ne sais pas si elle s'en sortira, Seigneur.

-Faites tout ce que vous pouvez, je vous en prie …

Elle baissa la tête et partit s'occuper d'autres soldats. C'est à ce moment que Legolas sentit quelque chose sur ses mains. Le sang d'Isil recouvrait ses doigts, ses paumes. Il resta longuement rivé sur cette vision. Jusqu'à ce qu'une main vînt se poser sur son épaule. Son père …

-Je ne pensais pas qu'elle se sacrifierait pour toi … Chuchota-t-il perplexe

-C'était moi que l'Orque visait … Pas elle. Ça ne devait pas être elle …

Le roi l'observa durant quelques instants. Examina chaque parcelle de son visage contractée par la peur. Il avait grandement sous-estimé Isil, et il fut assailli de remords. Comment avait-il pu douter d'elle ?

-Tu l'aimes, n'est-ce-pas ?

Il ouvrit la bouche pour répondre, puis se tourna vers elle. À présent, il sentait son cœur battre à une vitesse folle, se compresser en la voyant ainsi. Gravement blessée, presque morte … Il n'aurait su dire ce qu'il avait ressenti lorsqu'il avait vu la flèche en travers de son abdomen. Il n'aurait su expliquer à quel point il avait failli défaillir, à quel point il aurait voulu qu'elle soit à sa place et lui à la sienne. L'aimait-il ? La réponse était simple dans son esprit. Oui, il l'aimait. Jamais le prince n'avait éprouvé une si grande fascination pour une elfe, un si grand désir d'être à ses côtés. Il adorait l'odeur de ses cheveux, la couleur métallique de ses yeux, la douceur de sa peau. Il raffolait de son rire, de sa voix, de sa présence. Le temps n'était jamais assez long lorsqu'elle était près de lui. Ou parfois, il semblait juste s'arrêter, tout simplement. Thranduil sourit. Ce fut la première fois depuis longtemps que son sourire était sincère.

-Ton collier répond à ta place … S'amusa-t-il

Les yeux de Legolas tombèrent sur ce dernier, brillant comme il n'avait jamais brillé. Oui, son fils était amoureux de la princesse de Fondcombe. Et le geste qu'elle venait de faire durant cette bataille, prouvait que la brune n'en ressentait pas moins. Elle avait abandonné ses amis, sa Compagnie pour le sauver. Il avait l'impression d'être devant Luinil et lui, il y a des années … Bien avant qu'il ne soit question d'Elrond, ou d'un mariage pour lui. Le souverain comprenait pourquoi il était tombé pour elle si facilement. Puisque lui même, l'avait fait pour les mêmes raisons jadis.

-Veille sur elle … Je sais qu'elle résistera à cette blessure. Sa mère était forte … Elle l'est encore plus. Ce sont des guerrières … Dit-il avant de s'en aller

OoOoOoOoOoO

Les nains avaient réussi à atteindre la fin de la rivière. Mais aucun mot ne fut prononcé lorsqu'ils quittèrent les tonneaux. Tous avaient le cœur lourd de peine. Le semi-homme ne prit pas le temps de marcher, à peine fut-il sur la terre ferme qu'il s'écroula en pleurs sur le sol. Il revoyait la flèche la transpercer de toute part, le sang s'étalant sur ses habits … Thorin s'éloigna, exténué, prit de remords. S'il ne lui avait pas dit toutes ces choses, peut-être serait-elle encore en vie. Le chef plaqua sa main sur sa bouche, s'empêchant de laisser ses émotions prendre le dessus. Balin s'approcha de lui, l'air désolé.

-Nous pouvons rester ici quelques instants, si tu veux …

Il se tourna à demi vers lui, cherchant la force, les mots. Il ne devait pas céder, il ne le pouvait pas. Pas quand le plus dur était passé.

-Non … Nous continuons notre route. C'est ce qu'elle aurait voulu … Que l'on récupère Erebor … C'était tout ce qu'elle voulait … Rien d'autre.

-Tu n'y es pour rien, Thorin … Elle a choisi de donner sa vie pour lui. Cela serait arrivé si elle nous avait suivis. Isil aurait donné sa vie pour n'importe lequel d'entre nous …

-Mais il a fallu qu'elle la donne à ce prince ! Cracha-t-il

Balin recula, comprenant que toutes ses vaines tentatives pour l'écarter de son cœur, n'avaient rien donné. Il était le seul à savoir. Le seul à avoir remarqué la façon dont il la regardait. Les muscles de Thorin se décontractèrent à son départ. Soufflant, il ferma les yeux quelques instants. Elle était partie, désormais … Ils n'étaient plus que quatorze. Et même si son corps se trouvait là-bas, il se jura de lui donner quelque chose de son trésor. Il se fit la promesse, que le joyau qu'il avait longtemps chéri, serait récompensé. Elle était sa rose … Sa brave rose … Mais malheureusement, l'hiver ne lui avait laissé aucune chance de survie.

OoOoOoOoOoO

Cela faisait des heures que Legolas était assis à ses côtés. Il attendait patiemment son réveil. Les soigneurs avaient fait le plus gros, désormais, c'était à elle de se battre. Son esprit s'était allégé lorsqu'il s'était approché d'elle, et qu'il avait vu la simplicité de l'expression sur son visage.

C'était mon choix …

Oui, elle seule avait choisi de le sauver. Isil en semblait parfaitement satisfaite dans son sommeil. Le blond ne put que laisser son sourire s'élargir sur ses lèvres, tandis que ses doigts se frayaient un chemin dans ses cheveux bruns. Malgré tout ce qu'il avait pensé, elle l'avait choisi lui. Elle l'avait préféré à ses amis. Mais son euphorie se fana … Ne les rejoindrait-elle pas ensuite ? Ne partirait-elle pas pour la Montagne ?

Un gémissement le sortit brusquement de ses pensées. Resserrant sa poigne sur la main tenant la sienne, la princesse fronça le nez en poussant un geignement. Une vive douleur l'avait prise au ventre dès lors qu'elle s'était éveillée. Et elle avait beau essayer de se rappeler, rien ne lui revînt. C'est en ouvrant les yeux, qu'elle se souvint. Elle tomba sur le visage de Legolas, installé juste à côté du lit sur lequel on l'avait allongé. Il la retint de se relever d'une pression sur son épaule.

-Vous êtes faible, Isil … Reposez-vous.

-Je m'en sens capable.

Il la fixa d'un air suspicieux.

-Je vous l'assure, mes pieds tiendront le choc.

Hochant la tête, il la souleva doucement. Faisant attention à ne pas que le tissu de sa robe ne se coince. Avec encore plus de délicatesse, il la reposa, la laissant s'appuyer sur lui un instant. Observant les soldats étendus aux quatre coins de la pièce, ses yeux tombèrent soudain sur ses vêtements qui avaient été lavés et recousus avec soin. Elle se rappela alors ses amis, ce pour quoi elle était là. Se tournant vers le prince, le regard désolé, elle prit une grande inspiration manquant de trébucher. Les mains de Legolas passèrent derrière son dos, inquiet de sa pâleur. Sa main effleura sa joue, faisant basculer le front d'Isil contre le sien.

-Je ne peux pas rester là … Thorin est en danger … Souffla-t-elle

-Nous irons quand votre état le permettra, je vous le promets. Dit-il en se rapprochant

-Nous ? Répéta-t-elle

-Je vous y accompagnerais … Du moins si vous le voulez.

-Je ne vous oblige à rien, Legolas …

-Rien ne m'y oblige, si ce n'est mon attachement pour vous. Répondit-il en embrassant son front

Il ramena leurs mains à sa poitrine, la serrant contre lui avec douceur.

-Je ne vous laisserais pas …

-Suis-je si importante que cela à vos yeux ? Murmura-t-elle

Il sourit.

-Vous ne pouvez pas imaginer à quel point ma vie, dépend de la vôtre. Avoua-t-il alors que le bout de son nez glissait contre le sien

Isil frissonna sous le contact de sa peau contre la sienne. Jamais elle ne s'en voudrait d'avoir risqué sa vie pour la sienne. D'ailleurs, l'elfe n'avait pas le cœur de le quitter. Quand elle était avec lui, elle se sentait chez elle, à l'abri. Le temps n'était jamais long quand ils parlaient du monde, car ils avaient la même fascination pour tout ce qui se cachait à l'extérieur. Combien de fois lui avait-il demandé de lui décrire dans les moindres détails son aventure.

-Seigneur Legolas ? Appela une voix

À contrecœur, il se détacha de la brune un instant pour voir que c'était Tauriel, qui se tenait devant eux.

-Le roi voudrait voir la princesse …

La capitaine les observa à tour de rôle, quand Isil commença à s'avancer vers elle.

-Il veut la voir seule. Rajouta-t-elle soudainement en voyant le prince faire un pas

Elle déglutit à l'entente de ce mot. Seule … La dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés dans la même pièce «seuls», l'entrevue avait mal fini. Elle se tourna vers le blond, espérant qu'il résiste à ce nouvel ordre.

-Je vous attendrais … Soupira-t-il

-Suivez-moi, dame Isil.

-Je veux m'habiller d'abord, si ça ne vous dérange pas.

-Bien sûr … Je vais appeler quelqu'un pour …

-Je n'en ai pas besoin, Tauriel … Merci. Sourit-elle

Sans dire un mot de plus, elle partit, prenant ses affaires en passant. À peine eut-elle repoussé la porte de la salle, qu'elle s'assit sur le siège près du bassin. Cette blessure la fatiguait plus qu'elle n'en donnait l'air. Ses ongles se plantèrent dans le bois du meuble à cause de la brûlure que cela engendrait. Serrant les dents afin de retenir un cri.

-Reprends-toi, Isil … Ils comptent sur toi.

S'encourageant, elle se leva non sans gémir et délaça les nœuds de sa robe. Une grimace grandit peu à peu sur son visage en voyant la cicatrise laissée par la flèche. Bien que les elfes soient plus résistants, et rapides à guérir, ce n'était pas joli à voir. Assez vite, elle se fit un bandage et passa ses habits. Le moment de nouer son corset fut le plus dur, mais à force que la douleur tapait, il n'y avait plus d'effet. Juste l'épuisement, seulement cela elle pouvait le tenir. Son corps ne fléchirait pas. Pas après toute cette route. De toute façon, même s'il le voulait, elle lui interdirait.

Elle rattacha ses cheveux à l'aide des pinces, et sortit après s'être assurée de ne pas céder face au mal. Les premiers pas furent prudents, maladroits. Comme si elle venait juste d'apprendre à marcher. C'est en constatant que les deux elfes la regardaient avec une certaine protection, qu'elle reprit son allure et sa grâce. Tauriel était en tête avec un autre garde, la princesse les suivait sagement sans prononcer une parole. Elle réfléchissait trop au pourquoi de son futur entretien avec le roi. La lettre ? Non … Il ne lui en parlerait sûrement pas. La fuite des nains ? Sûrement. Il allait chercher à savoir comment ils avaient pu s'enfuir si aisément. Quelle farce … Thranduil savait déjà qu'un détail lui avait échappé. Il n'avait pas besoin qu'on lui dise.

Les deux soldats la laissèrent entrer dans son bureau, et fermèrent les portes derrière-elle. Il se leva de sa chaise, toujours aussi majestueux enveloppé dans sa cape faite de soie. Elle fut surprise de voir un sourire s'élargir.

-Je savais que vous supporteriez ce coup.

-Si la vie m'a bien appris une chose, c'est endurer les coups qu'on le reçoit.

Le souverain lui tendit une coupe, qu'il laissa finalement de côté en voyant sa mine sèche.

-Pourquoi m'avoir fait venir ? Demanda-t-elle après une minute silencieuse

-Je pensais que vous auriez pu … M'éclaircir sur … Le départ si précipité de vos amis.

Elle ricana.

-Tellement prévisible … ( elle se ressaisit ) Je ne sais rien du tout. Ils ont sûrement eu de la chance. Vous devriez penser à entraîner vos gardes plus souvent.

-La chance n'a rien à voir dans cela. Je sais qu'il y avait quelqu'un en plus dans votre compagnie ! Un semi-homme.

Ses yeux s'arrondirent.

-Ce sont des murmures qui ont été rapporté de la bataille qui a eu lieu dehors. Me les confirmez-vous ?

-L'identité des membres du groupe ne sont pas vos affaires. Ils vont récupérer leur bien, leur Montagne, rendre à leur peuple leur honneur ! Vous vous rappelez ? Ce peuple à qui vous avez tourné le dos, lorsque Smaug a tout dévasté !

-Vous ne savez rien de ce jour-là ! Rétorqua-t-il en la pointant du doigt

-Je sais tout de ce jour ! Thorin me l'a raconté plus de fois que vous ne pouvez l'imaginer ! Vous êtes arrivé, les avez regardé mourir et avez fait demi-tour comme si ce n'était rien ! Comme si l'annihilation d'un peuple, n'était rien !

-Je n'allais pas risquer la vie du mien pour eux.

-Excusez-moi, j'avais oublié que votre vie comptait plus que celle des autres. Ils ont plus de mérite, que votre armée et vous réuni ! Ce ne sont pas des lâches !

-Alors pourquoi avoir choisi de le sauver au lieu de partir ?! Pourquoi l'avoir choisi à vos précieux nains ?!

Elle se recula, effarée par la violence de ses paroles.

-Pour la même raison que ma mère vous a laissé monter sans elle sur le trône. Mais comme vous avez lu sa lettre, je n'ai pas besoin de vous expliquer son acte, non ?

-Je n'étais pas au courant pour ceci, Isil …

-Ne me racontez pas vos mensonges ! Siffla-t-elle

-Ce que je vous dis est la vérité, jamais je n'ai rouvert ce livre depuis son départ. Ou tout du moins depuis qu'elle l'eut renvoyé. J'ai essayé de me détacher du souvenir de votre mère, de ses cheveux, de son odeur … J'ai tout fait pour l'effacer.

Elle voulut répliquer, mais sa bouche se referma dès qu'elle aperçut une larme sur la joue du roi. Son cœur se brisa, rien qu'en lisant la peine prendre possession de son visage.

-N'avez-vous donc pas compris qu'elle est partie pour vous ? Pour vous laisser la chance de vivre ce pour quoi vous étiez destiné ?

-Et vous n'avez toujours pas compris que mon destin était lié au sien. Il l'a toujours été, et le sera toujours … Je ne voulais qu'elle, pas le trône, ni cette couronne. Elle, c'était tout ce que je demandais …

Il s'avança vers elle, comme le jour où tout avait basculé. Isil fit marche arrière jusqu'à ce qu'elle soit collée à la table. Sa main glaciale laissa un sillon sur sa joue. Mais alors qu'elle croyait que l'irréparable allait se produire, son regard s'attendrit jusqu'à ce qu'il se fasse triste.

-Dans un autre futur, vous auriez pu être ma fille …

Elle poussa un petit cri quand il la prit contre lui, l'entourant de ses bras. Faisant descendre ses doigts dans sa chevelure. Elle sentit ses lèvres se poser sur le haut de son crâne, et bizarrement, grâce à leur mutuelle faiblesse … Elle lui fit confiance. La princesse se plongea alors dans leur échange, où il n'y avait nul besoin de dire que ça n'allait pas pour le comprendre.

-J'aurais été empli de fierté, de vous avoir. Honoré de vous présenter à tout mon peuple, en disant que vous êtes ma descendance … Cependant …

Il la relâcha doucement, effaçant les traces de son chagrin.

-On m'a enlevé ce privilège … Et même par tous les moyens, je n'aurais pas pu le récupérer avant qu'il ne soit trop tard.

-Elle avait fait son choix.

-Tout comme vous, avec Legolas …

Elle se figea à l'entente de son nom.

-Je ne peux lui promettre que je resterais, ma place …

-Elle est auprès de vos amis, je le sais. Et je sais aussi, que je ne pourrais l'empêcher de vous suivre...

-Je ne veux pas qu'il risque sa vie pour moi …

-Vous avez risqué la vôtre, laissez-le faire de même.

Isil baissa la tête pour éviter ses pupilles bleu azur, mais il redressa lentement d'un geste. La forçant à lui faire face.

-Votre mère avait peur de cela aussi … Ne fuyez pas …

Il traversa la pièce, et se saisit de quelque chose.

-Je crois que ceci est à vous.

Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant son arc et ses dagues.

-Un des soldats me les a rapporté. J'ai su de suite que c'étaient les vôtres.

Elle le passa par-dessus son épaule, et rangea ses armes dans son dos.

-J'ai demandé à ce qu'on remplisse votre carquois.

-Merci beaucoup …

Thranduil l'observa remettre tout en ordre sur sa tenue avec un sourire, puis lui indiqua la sortie.

-Venez, nous avons encore une chose à faire.

Elle le suivit sans poser de questions, et au loin, ils purent distinguer trois silhouettes sur la plate-forme où se trouvait le trône. Isil se stoppa net en voyant l'Orc qui avait tiré la flèche. Elle pouvait encore sentir le poison s'infiltrer dans ses veines.

-Je le croyais mort. Grogna-t-elle

-Tauriel l'a ramené ici pour que nous puissions savoir ce qu'il veut.

-Il n'y pas besoin de l'interroger pour le savoir. Dit-elle en se remettant à marcher

-Que savez-vous ?

-Leur chef s'appelle Azog …

-Le profanateur ?

-Oui … Ils sont aux trousses de Thorin depuis le début du voyage. J'ai arrêté de compter le nombre de fois où nous avons dû essayer de leur échapper.

Un frisson parcourut son échine lorsqu'elle passa devant la créature. Elle poussa comme un sifflement aigu, la fixant avec colère. Comme si elle fut désolée de ne pas l'avoir tué un peu plus tôt.

-Navré de voir que ma flèche ne t'a pas atteint … Murmura-t-il

Isil serra sa dague dans sa main, mais un seul regard du souverain la dissuada de la sortir.

-Je serais toi, je m'en ferais pour ma vie.

-Moi je m'en ferais pour mes amis, si j'étais à ta place !

-Assez ! Coupa Legolas en lui mettant un couteau sous la gorge

-Vermine … J'aurais dû t'achever quand j'en ai eu l'occasion !

Un silence s'installa, jusqu'à ce que le prince ouvre les hostilités.

-Toi et les autres, vous poursuiviez cette compagnie de 13 nains … Pourquoi ?!

-Pas 13 … Plus maintenant ! Rit-il en se penchant vers elle

Tout son corps se tendit. Qu'avaient-ils pu faire qui lui avait échappé ?

-L'un des plus jeunes … L'archer avec les cheveux noirs … On lui a planté une flèche de Morgul !

Son visage se désintégra, tout comme celui de Tauriel.

-Le poison est dans son sang ! … Il va bientôt crever !

Dans un geste vif, Isil sortit ses dagues, prête à lui ôter la vie à lui aussi.

-Réponds à la question ! Ordonna la capitaine

-Je ne reçois pas d'ordres des Elfes ! Vociféra-t-il en se débattant

Un deuxième bruit métallique se fit entendre. Elle aussi avait dégainé son arme.

-Ça te plaît de tuer, Orc ? La mort te fascine ? … Alors ça va te plaire !

Avant que quelqu'un ne puisse réagir, elle s'était jetée sur le monstre. Ce ne fut qu'à quelques millimètres de lui, que la rousse s'arrêta.

-Tauriel ! Allez-vous en ! Maintenant. Commanda le roi

La princesse lui offrit un regard noir, alors qu'elle rangeait ses poignards. Tauriel, elle, partit. Amère de ce qu'il venait de se passer. Si seulement elle avait pu le tuer bien avant …

-Cela m'est égal qu'un nain meurt … Réponds à la question, et tu seras libre.

-Pourquoi aviez-vous ordre de les tuer ? Que représente Thorin-Écu-De-Chêne pour vous ?

-Cet avorton arrogant ne sera jamais roi !

-Il n'y aura pas de roi sous la Montagne, tant que le dragon sera là. Répliqua Isil

-Personne n'osera entrer dans Erebor, tant qu'il vivra … Ajouta Legolas

-Tu ne sais rien … Votre monde va brûler … Notre arme, détruira tout sur son passage !

Elle s'avança vers l'Orc sans qu'il n'ait le temps de la voir arriver. Elle le saisit fermement et le redressa.

-De quelle arme parles-tu ?!

Il la fixa, en ricanant.

-Réponds ! Hurla-t-elle

-Tu ne le sais que trop bien, princesse

Elle resserra sa poigne.

-Mon Maître, sert l'Unique.

Tout s'éclaircit alors dans son esprit, et son visage se désintégra lentement. Thranduil et Legolas échangèrent un regard sans comprendre.

-Alors c'était ça …

Elle le lâcha et s'écarta.

-L'Anneau Unique … Murmura-t-elle

C'était ça qu'elle avait vu dans ses visions. Le roi changea d'expression, et son teint se blanchit.

-Ash nazg durbatulûk, ash nazg gimbatul, ash nazg thrakatulûk agh burzum-ishi krimpatul. Récita-t-il

Elle se tourna de nouveau vers lui. Elle savait ce que ces paroles voulaient dire.

Un Anneau pour les gouverner tous

Un Anneau pour les trouver

Un Anneau pour les amener tous …

Et dans les Ténèbres, les lier.

-Tu as déjà entendu cela, n'est-ce-pas … Isil …

-Comment peux-tu me connaître ? Demanda-t-elle sèchement

-Je te connais de par l'affront que tu as fait à mon maître !

Elle fronça les sourcils.

-La flèche que tu lui as planté dans l'épaule.

-S'il ne s'était pas aventuré trop près de mes amis ce ne serait pas arrivé.

Il ricana.

-Mais pour ça, tu vas en payer le prix !

Elle recula doucement.

-Tu comprends, désormais ?! Tu es la prochaine sur la liste avec Écu-de-Chêne ! Mais toi, tu seras la première ! Cracha-t-il

Le prince tourna son regard vers elle.

-Il veut que le nain te voit mourir, de ses propres yeux. Qu'il puisse sentir son cœur se briser, avant qu'on ne lui donne le coup fatal !

-Qu'est-ce-que Thorin vient faire dans cette histoire ?

-Ooh … Ne me dis pas que tu n'as rien vu …

Son visage exprimait l'incompréhension de ses paroles.

-Écu-de-Chêne, s'est beaucoup attaché à toi, petite princesse …

Soudain, elle comprit, et baissa la tête en serrant les poings.

-Le Roi sous la Montagne, est tombé amoureux d'une elfe, condamnée à mourir tout comme lui ! Dès que mon Maître te trouvera, il te tuera.

Elle l'attrapa par la gorge.

-Si tu sors d'ici vivant, dis à ton « Maître », qu'il ne vaut mieux pas pour lui que je le trouve en premier. Parce que je me ferais un plaisir, d'accrocher sa tête au bout d'un piquet !

Elle le repoussa et partit à grands pas vers la sortie.

-Tu crois être plus forte que les Ténèbres ! Mais elles s'enroulent déjà autour de toi, princesse de Fondcombe !

Les pensées d'Isil s'embrouillèrent alors qu'elle se mettait à courir. Thorin était en danger, ils étaient tous en danger. La Montagne était un piège qui allait se refermer sur eux. Comment avait-elle fait pour ne rien voir venir ?! Il n'y avait plus qu'une chose à faire désormais … Rejoindre Erebor. Mais alors qu'elle allait atteindre la sortie, des gardes se mirent en travers de son chemin. Les lianes des colonnes s'agrandirent, les enveloppant et les plaquant contre le bois.

Alors aussitôt, elle se remit à courir et à suivre le sentier qui se traçait devant. Les yeux embués de larmes, ses poumons se mirent à brûler. Son ventre la fit souffrir tout à coup, la contraignant à se rattraper à un arbre. Se prenant le visage entre les mains, elle essayait de réfléchir à la direction qu'ils avaient prise. Thorin n'avait pas arrêté de répéter ce nom … Lac-Ville … Ne faisant plus attention à la douleur, elle repartit aussitôt. Une nouvelle fois, elle fuyait. Mais Isil ne pouvait se permettre de les abandonner encore. Surtout quand l'ombre était en train de descendre vers eux.


*Namárië : Adieu

* Si certains sont déjà tombés sur cette phrase, on dit que si la première larme vient de l'œil gauche se sera lié à la douleur, et si c'est de l'œil droit se sera la joie. Voilà pour que je souligne bien ici de quel œil, provient la larme.


Eh voilà, c'est la fin du chapitre !

Alors, j'espère qu'il vous a plu ! Et que vous avez été surpris de découvrir ce qu'il se passait réellement au début ;)

Comme toujours si vous avez des remarques, des avis ou des questions à me poser, vous très bien laisser une review ou un message privé ! Je réponds toujours très vite aux messages privés, si c'est une review, eh bien il faudra attendre le prochain chapitre ;)

Sur ce, je vous dis à bientôt !