23 septembre 514


Le professeur Chen regarde du coin de l'œil Cerise, qui docilement lui sert de secrétaire depuis une paire de jours. Elle est rentrée sans bagages, avec les cheveux longs. Elle avait les yeux remplis de crainte. Elle n'a pas dormi. Puis elle s'est mise à travailler comme secrétaire, sans donner le moindre avis, sans un mot plus haut que les autres. Humblement. Comme toutes les femmes devraient travailler, d'après le professeur en tout cas. Pourtant elle n'a pas l'air d'être en paix. Elle a donné ses mensurations à Régis, et lui a demandé de demander à une infirmière de demander à une femme en ville de faire quelques emplettes vestimentaires pour elle. Elle lui a pour cela donné de l'argent, en lui demandant de le déposer sur un compte bancaire puis de retirer la somme dans un distributeur d'une autre banque. Comme si elle cherchait à effacer au mieux ses traces. Comme si elle craignait pour sa vie. C'est très étrange... Mais il n'a pas le temps de s'inquiéter pour Cerise. Il tremble déjà assez pour ses amis. Il a appris par le journal que Fujii et Agatha sont en train d'être jugés pour terrorisme. Après avoir docilement servi la nation, après avoir consacré leur vie aux pokémons perdus, abandonnés ou maltraités, après tout ce qu'ils ont vécu, les voici qui endurent ce que nul ne devrait endurer. Les pauvres. Ils n'ont rien demandé à personne. Ils voulaient juste en savoir plus sur ce sous-marin bizarre. Ils n'ont rien fait de mal. Sans doute ils auraient même pu comprendre ce qui s'est passé, et se rendre encore une fois utiles à leur nation. Mais non. Ils ont été punis pour avoir tenté de faire quelque chose qui aurait pu s'avérer nocif pour une organisation criminelle. Le gouvernement serait-il donc pourri jusqu'à la moelle ? Chen espère que non.

- C'est bon Cerise, ça va pour ce soir !
Elle tourne la tête et acquiesce. Elle sauvegarde les modifications et, lentement, avec des gestes posés, elle éteint l'ordinateur. Pixel, sur ses genoux, remue puis retourne sur l'étagère où il a pris l'habitude de dormir. « Elle a vraiment l'air d'être sur le point de se briser... » pense Chen.


« C'est l'heure. Je vais la briser. » pense Kami, assis confortablement sur le toit du laboratoire. Il tremble et n'est plus maître de lui-même. Ses yeux sont fous et ses pupilles sont dilatées. Avec fièvre il a regardé le soleil tracer sa courbe dans le ciel, attendant qu'il prenne la position exacte lui indiquant que le moment est venu. Maintenant, il peut enfin agir.


- Je vais prendre un peu l'air, annonce Cerise en sortant.
Le professeur Chen acquiesce et met un peu d'ordre dans ses papiers.


Dans l'ombre, les troupes d'élite de la Team Rocket se sont rassemblées en deux points du pays. Une partie s'est postée dans le laboratoire en ruines, où Mewtwo fera son apparition, tandis que l'autre encercle lentement celui de Chen. Depuis son hélicoptère, Giovanni dirige les opérations. Il est nerveux et très tendu.
- Avez-vous bien installé les pièges magnétiques ?
- Oui boss.
- Ne lambinez pas !
- Mais à quoi vont-ils pouvoir servir ?
- Triple idiot !

Giovanni écrase la console des commandes d'un poing fermé et moite.
- Comme tous les pokémons, Mewtwo est capable de ressentir les lignes de force des champs magnétiques. Soumis à un champ trop fort, il va se retrouver piégé par son instinct ou pour le moins, désorienté ! Allez, au boulot !
Les troupes répartissent les modules au sein du laboratoire, suivant le plan pré-établi. Lorsque les machines sont mises en route, les pokémons de la Team Rocket se laissent tomber sur le sol. Ils se tordent, malades et désorientés, car les informations communiquées par leurs tripes ne correspondent pas à ce que leur disent leurs autres sens. Contemplant le spectacle sur ses écrans de surveillance, Giovanni exulte. Il s'imagine que c'est Mewtwo qui va bientôt se retrouver là, geignant et vomissant, incapable de se défendre.


Dans le Sanctuaire, Sérénité quitte des yeux son xatu de compagnie et regarde Père.
« Je ne sais comment interpréter ce que j'ai vu... » annonce-t-elle d'emblée.
La'ât se tient près de l'entrée, tremblant. Les deux dragons volants sont penauds. Ils n'ont pas pu tenir leur garde sur l'île, comme Père l'avait demandé, car des humains ont investi les lieux.
« Qu'as-tu vu ? » interroge Père.
« Une rupture. La seule chose dont je suis certaine c'est qu'avant l'aube il y aura une rupture. »
« Quel genre de rupture ? »
« Frustration. Hébétement. Fin de quelque chose. Et peut-être bien, aucun recommencement. »

Père frissonne.
« Comme la fois où Kami a failli détruire le monde dans sa folie ? »
« Pire. » annonce Sérénité, lugubre. « Bien pire. »
Elle replonge ses yeux dans ceux du xatu.
« Cruauté. Beaucoup de plaisir sadique dans cette rupture. Et une certaine volonté artistique. »
Père soupire.
« La folie de Kami est-elle guérissable ? » interroge-t-il, plus inquiet que jamais. « Reviendra-t-il un jour à la raison ? »
« La rupture verra soit la guérison de sa folie, soit... la fin de ce monde. »
« La fin de ce monde ? »
« Oui, soupire Sérénité. L'auteur ne sait pas encore combien de temps ça lui prendra pour écrire la suite, étant donnée qu'il lui a fallu un an et demi pour cette première partie, alors peut-être que l'histoire s'arrêtera à la fin de ce chapitre. »
« L'auteur ? »
Père penche la tête de côté.
« Pardon. Une mauvaise blague. » admet Sérénité.

Elle replonge ses yeux dans ceux du xatu.
« Tu ne trouves pas ça frustrant, de ne pas pouvoir intervenir ? » demande-t-elle distraitement.
« Plus que frustrant. » admet Père. « Mais comment tenir tête à la fois à Kami et aux humains sur les lieux ? »
« Surtout quand on sait ce qu'ils sont en train de mettre en place... » soupire Sérénité en se massant les tempes. « Les perturbations du champ magnétique qu'ils sont en train de causer me donnent mal au crâne. Le pauvre Xatu va bientôt perdre la liaison. »
« Et pas question d'envoyer La'ât. » renchérit Père. « Nous sommes donc coincés ici. »
« Que pouvons-nous faire ? » interrogent les deux dragons.
« Rien. » soupire Sérénité. « Ou plutôt, prier Arceus de mettre un terme à tout ça. »


Dans leur cellule, Fujii et Oshiro reçoivent le journal du matin. C'est une maigre distraction, car la plupart du temps, les gros titres ont un rapport avec leur procès en cours. Ils sont épuisés, leurs joues sont creuses et leurs yeux sont enfoncés dans leurs orbites. D'une main hésitante, ils étalent les pages et commencent à lire.
- Tu vois ça, Fujii ? Ils nous accusent des manipulations juridiques qui ont permis au complexe industriel de Yokohama d'empoisonner toute la région !

Elle secoue la tête. Elle n'a plus la force de pleurer.
- Aucun des journalistes présents à l'audience n'a eu le droit de raconter ce qu'il s'y est dit, soupire Fujii. D'après cet article, nous avons tout avoué en masse avec des yeux injectés de sang et un regard de psychopathe. Je te l'avais bien dit, que quoi que nous fassions, personne ne le saura.
- J'ai tout de même bien envie de me défendre, Fujii...
- À quoi bon ? Tu vois bien où cela mène. Les journaux qui ne sont pas tenus par la Team Rocket ne tentent même plus de publier la vérité. Tout ce qui compte pour eux c'est leur audimat.

Il soupire et s'adosse au mur.
- C'est l'heure, soupire-t-il.
- L'heure de quoi ?
- L'heure du crime.
Il laisse s'échapper une larme.
- Que va-t-il arriver à cette jeune fille ? interroge Oshiro, pas très sûre de vouloir connaître les détails.


- Oh, tu es là !
Kami regarde Cerise lui sourire naïvement.
- Ils disent que je suis en danger de mort, continue-t-elle.
Bien sûr qu'elle est en danger de mort. C'est lui qui va la tuer. La torturer, puis la tuer. Il lui sourit en retour. Elle n'a même pas conscience de ce qui va lui arriver. C'est enivrant.
- Es-tu venu pour me protéger ?
Il a un instant d'hésitation. Que lui dire ? Voyons, ne sera-t-elle pas plus terrifiée encore et plus désorientée s'il continue de lui faire croire qu'il est là pour la protéger, jusqu'au moment où il commencera à la tailler en pièces ?

Il lui tend la main et lui murmure qu'il va l'emmener là où personne ne pourra plus rien lui faire.
- Comme sur l'île ? demande-t-elle, intriguée.
- Non, pas comme sur l'île.
Il fait une pause, cherchant un scénario plausible.
- Sur l'île, tu devais faire pénitence. Mais le passé t'as rattrapée. Je vais t'emmener où le passé ne pourra plus te faire de mal.
Les yeux de la jeune femme s'humidifient de reconnaissance.
Il sourit, satisfait. Il n'a même pas eu à mentir. En effet, qui pourra lui faire du mal lorsqu'elle sera morte ?


- Voyez, chaque année le mode opératoire augmente d'intensité. La première année, c'étaient de simples traumatismes dus à des chocs psychiques intenses. Les autopsies ont révélé que les organes internes avaient littéralement été réduits en bouillie. Puis, année après année, l'intensité des lésions augmente jusqu'à parvenir, l'an passé, à un déchiquetage du tronc accompagné d'un démembrement. Chaque enquête a révélé que le tueur – Mewtwo – se couvre du sang de ses victimes. Il aurait même rampé à l'intérieur du dernier corps, le déchirant de l'intérieur. Vous ne voulez pas qu'il arrive semblable mésaventure à votre assistante, n'est-ce pas ?
L'agent de la Team Rocket étale les photographies sous les yeux du professeur Chen. Celui-ci n'ose pas les regarder. Même s'il les connait déjà, le choc est toujours aussi intense.
- Pourquoi des criminels tels que vous s'inquiètent pour la sécurité de mon assistante ?

Les hommes en noir s'entre-regardent. L'un d'eux a une brève conversation avec un talkie-walkie, puis il transmet le message.
- Si vous nous livrez la dénommée Cerise, le patron accepte de vous rendre vos subventions de recherche et de diminuer votre charge de travail. Il blanchira également votre réputation et pourrait même s'occuper de vos amis Fujii et Oshiro.
Le professeur n'hésite pas une seconde. Échanger la vie d'une personne contre l'honneur et la réputation de trois autres ne lui pose aucun problème.
- Elle est dehors, annonce-t-il.
Les hommes en noir se précipitent vers la baie vitrée. Ils ont une conversation avec d'autres hommes en noir qui patrouillaient dans le jardin.
- L'oiseau s'est déjà envolé, transmet le chef.
Chen s'écroule sur une chaise.


Kami regarde l'île d'Oshima qui s'étend sous lui. Il raffermit sa prise sur le corps frêle de Cerise et plisse les yeux. Quelque chose ne va pas. Ses tripes ne lui indiquent pas la même chose que ce que ses yeux voient. Ses pouvoirs psychiques sont troublés. Des souvenirs remontent à la surface de sa mémoire. Ce sont des machines qui font ça. De puissantes machines.
Ses yeux réduits à deux fentes, il fixe le laboratoire avec haine et y met le feu en échauffant l'air. Puis il plonge, se protégeant d'un bouclier. Il sent les champs magnétiques étrangers se dissiper au fur et à mesure que les machines sont détruites. C'était un jeu d'enfant pour lui.
Enterrée bien à l'abri, il retrouve la robe blanche semi-transparente qu'il avait prévue pour Cerise, ainsi qu'un enregistrement du chant du lockantique. Il va pouvoir la faire danser, les poignets ouverts, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Puis il jouera avec son cadavre.


- Mais que veut-il donc ? répète inlassablement Oshiro en se tordant les mains.
Fujii soupire.
- La réponse est pourtant simple et claire comme de l'eau de roche. J'ai refusé de la voir pendant de nombreuses années. Mais tout cela est ma faute, et je ne peux plus détourner les yeux.
Il soupire et tente de se souvenir des conversations que Mewtwo et le dernier clone de sa fille Aï ont eues ensemble.


Aï et Mewtwo sont entrés en communication à-travers le réseau nutritif qui les maintient en vie. En riant, elle a appris au pokémon à compter. C'est avec hébètement que le professeur Fujii et son équipe se rendent compte de la situation.
- Aï, je veux apprendre plus, et encore plus !
- Oui ! Je vais t'apprendre tout ce que je sais.
- Oh ? Aï... je vois quelque chose. Je sens quelque chose. Qu'est-ce que c'est ?
- C'est le soleil ! Il nous éclaire et nous réchauffe.
- Il nous réchauffe... et ça Aï, qu'est-ce que c'est ?
- Ce sont les étoiles et la lune. Grâce à eux la nuit n'est pas si sombre ni si effrayante. Ils brillent toujours la nuit.
- Brillant... et ça ? Aï, qu'est-ce qu'il mange ?
- Ça ? Hahaha... c'est du gâteau et du lait que le chercheur est en train de manger.
- Du gâteau ? Et du lait ?
- Le gâteau c'est sucré... et délicieux... et généralement c'est pas les adultes mais les enfants qui adorent ça !
- Alors, Aï, toi aussi tu dois aimer ça ?
- Je n'y ai jamais goûté. Je veux dire, je ne peux pas manger, ici, dans l'eau...
- Et le lait ?
- C'est quelque chose que les nouveaux-nés, pas les adultes, réclament le plus. Mais... (elle glousse) je n'en ai jamais eu non plus. J'ai pleuré une fois parce que j'en voulais, pourtant.

- Pourquoi naît-on ?
- Parce qu'il y a un papa et une maman.
- Est-ce que nous avons un papa et une maman aussi ?
- Dans notre cas, et bien... Dieu, je pense.
- Dieu ? (Aï glousse encore) Aï, que sommes-nous ?
- Tu es un étrange et merveilleux monstre de poche.
- Un monstre de poche ? Alors tu es un monstre de poche aussi, Aï ?
- Non, je suis humaine. Mais je suis une copie alors... alors...


Cerise ouvre de grands yeux effarés sur les ruines encore tièdes du laboratoire. À peine aperçoit-elle quelques silhouettes en mouvement, vêtues d'uniformes de policiers. Bien promptement les formes s'éloignent en courant.
Kami lui tend une robe semi-transparente, légère et très seyante. Il lui demande de la mettre. Elle est étonnée, mais elle ne refuse pas. Que pourrait-elle lui refuser ? Lorsqu'il installe les enceintes et que le chant du lockantique est diffusé sur les ruines, elle s'assoit poliment sur ses talons, dos droit, regard baissé. Elle n'oppose aucune résistance lorsqu'il lui prend les mains, mais sursaute et laisse échapper un cri quand ses veines sont tranchées.
- Danse ! ordonne le pokémon d'un air furieux.
Elle est surprise et choquée, et ne peut se lever. Alors elle sent l'esprit de Kami prendre possession du sien et la forcer à lui obéir. Elle se met doucement à pleurer.


Lorsque Aï commence à mourir, car la force vitale d'un clone humain s'épuise rapidement, Mewtwo réagit fortement.
- Qu'y a-t-il ? Qu'est-ce qui ne va pas, Aï ? Aï, répond... Aï ? Que se passe-t-il ?
- Je pense, répond-elle en riant, que c'est l'heure de se dire adieu. Mewtwo... vis, d'accord ? Je suis sûre que c'est merveilleux de vivre.
- Aï... je suis dans le bocal... dans l'eau, mais il y a de l'eau dans mes yeux... qu'est-ce que c'est ?

Elle rit encore avant de répondre.
- Ce sont probablement des larmes.
- Des larmes ?
- Papa dit que les êtres vivants ne pleurent pas, sauf s'ils sont blessés. Et les seuls qui pleurent parce qu'ils sont tristes sont les humains... Mewtwo.
- Oui ?
- ...Merci pour tes larmes. Mais Mewtwo, ne pleure pas. Tu vas vivre. Et je suis sûre que c'est merveilleux de vivre.
- Aï, ça ne s'arrête pas... Les larmes... Que dois-je faire ? Aï, réponds-moi...

C'est le professeur Fujii qui lui répond.
- Ce n'est pas grave. Ça n'a pas d'importance. Aussi longtemps qu'il me reste de son ADN, je peux refaire autant d'Aï que je veux. Je n'abandonnerai pas, je te le promets.
- En refaire ? Autant que vous voulez ? Ce n'est pas juste ! Il n'y a qu'une seule Aï.
- Je peux en faire autant de copies que je veux, aussi longtemps que j'aurai la base !
- Il n'y en a qu'une qui m'ait parlé...


Les plaies à ses poignets sont suffisamment grandes pour laisser s'échapper sa vie, mais suffisamment étroites pour que l'agonie dure des heures. Elle danse en pleurant, alors que, goutte à goutte, le sang perle sur sa peau et mouchette le sol. Lorsque son regard croise celui de Kami, elle ne le reconnaît plus. Ou plutôt, elle a l'impression de le voir pour la première fois tel qu'il est réellement. Un psychopathe. Un malade. Un manipulateur sadique et dépressif. Elle sent que sa fin est proche.

En pleurant, elle se demande jusqu'à quel point il l'a manipulée. Qu'aurait-elle découvert sur elle-même, si elle avait eu le courage d'ouvrir le dossier de police reçu à Utsunomiya ? Il n'y a que peu de chances finalement, qu'elle ait été la sœur de Léo. Ou un membre de la Team Rocket. Ou une courtisane. Elle ne sait pas comment jouer du shamisen. Le seul style de danse que son corps connaisse, c'est le sien propre. Ses connaissances scientifiques ne sont en réalité pas aussi étendues que ses rêves le laissaient croire. Elle est néanmoins capable de déduction, et puis...


Un flash. Elle cligne des yeux jusqu'à ce que les ombres de la persistance rétinienne s'estompent. Elle sourit sous son voile blanc. À sa main, un anneau d'or tout neuf. À son bras, son nouvel époux. Autour, les deux familles sont rassemblées et sourient au photographe. Les collègues de travail leur font une haie d'honneur, tous en uniforme de police.
Elle fait une grimace en voyant la pièce montée. Sa mère – elle suppose que c'est sa mère – lui prend le coude et lui fait un clin d'œil. Elle a également préparé un dessert spécialement pour elle, sans lactose, substance à laquelle elle est hautement allergique, au point d'en avoir des nausées à la seule vue de certains plats.
- Tu ne vas pas vomir sur ta belle robe de mariée, n'est-ce pas ma chérie ?
Les deux femmes se sourient.


Cerise tombe à genoux. Elle est épuisée et sa vue est trouble. Elle lève des yeux suppliants sur Kami, mais celui-ci est trop enivré par sa haine pour lui répondre. Elle le sent au fond d'elle-même. Elle ressent tout ce que Kami ressent. La douleur. La haine. Le mépris. Le manque. L'horreur et le refus d'accepter ce manque. Mais surtout ce trou dans son cœur, quelque chose qui n'est pas à sa place sans qu'il puisse savoir ce que c'est. Tous les sentiments contraires qui l'agitent et le poussent à se plonger dans des situations déclenchant d'autres sensations, bien plus fortes, masquant celles qu'il cherche à fuir et à repousser. Au fond d'elle-même, quelques vieux cours de psychologie qu'elle a suivis à l'école de police lui expliquent pourquoi, et comment agir en conséquence.


Le choc de la perte d'Aï fut si grand, que les scientifiques se virent obligés de placer Mewtwo sous sédatifs jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge adulte. Lorsqu'il revint à lui, un matin de printemps, il n'avait plus aucun souvenir de sa sœur humaine.


Cerise est plaquée au sol par la puissance psychique qui l'écrase. Elle halète et étouffe. Elle ne voit plus que des ombres et des formes. Elle sent au fond d'elle que les actes de Kami sont tous motivés par une seule et unique chose : reprendre ce qui lui a été volé. Elle ne sait pas quoi. Elle n'arrive plus à penser. Elle est encore confuse, entre sa vraie mémoire qui lui revient, et celle de Kami qui s'y mélange, ainsi que toutes les illusions et la folie qu'il gardait encore en réserve pour les lui insuffler. Mais il ne se contrôle plus, et ne contrôle plus l'esprit de Cerise. Elle se dit que ce n'est pas si mal, après tout, car au moins elle sera morte en se souvenant de sa vraie vie. Et de son cher époux.
Elle est faible et est à la limite de l'inconscience. Sur elle, autour d'elle, en elle, la rage de Kami tempête et tournoie, mais elle garde l'esprit suffisamment clair pour murmurer quelques mots.
- Je suis désolée...

Kami frappe brutalement le sol à côté de sa tête.
- Désolée pour QUOI ?! tempête-t-il. Comment pourrais-tu être désolée ? Tu n'as aucune idée de ce que tu m'as fait !
Elle déglutit difficilement puis tente une autre approche.
- J'aimerais pouvoir te rendre ce qu'il t'a été pris.
Il rugit, non plus de la voix de son esprit, mais de sa vraie voix physique. Le bruit est terrifiant. On dirait le son qu'émettrait un sourd-muet n'ayant jamais parlé, si on le torturait. Elle a déjà entendu ce son, une fois, lors de l'une de ses enquêtes. Avant qu'elle ne croise la route de Kami et ne se prenne pour ce qu'elle n'est pas. Avant qu'il ne lui fasse croire toutes ces horreurs.
- Comment le pourrais-tu ?! Tu n'as aucune idée de ce qui m'a été volé !

Il est presque agenouillé sur elle. Il la plaque au sol de ses mains. Il est lourd, très lourd, mais elle ne sent presque plus la douleur. Elle s'évanouit quelques secondes puis parvient, au prix d'un effroyable effort, à articuler quelques mots, dans un état de demi-conscience.
- Tue-moi, si ça peut t'aider. Torture-moi si tu veux. Mais ne recommence plus. Et laisse les humains tranquilles après ça.
Il ne la secoue que plus férocement.
Elle tente alors de lui présenter des excuses, de lui demander pardon au nom de toute l'humanité. Elle pleure et implore. Elle se sent si mal, il se sent si mal... Elle aimerait pouvoir faire quelque chose pour l'aider. Elle aimerait encore plus trouver une façon de se sauver elle.
- Pauvre folle, grogne Kami. Pauvre copie. Tu n'es rien ! Tu n'as pas de vie ! Vous n'êtes rien ! Rien que des copies, des marionnettes ! Tu ne peux pas te sauver ! Tu n'existe pas !

Quelque chose heurte l'esprit de Cerise.
- Copie ?
- Copie ! hurle-t-il à nouveau. Jamais l'original ! Rien que du faux ! Des copies ! Des clones !
Elle tousse et s'étrangle. Elle tente de le repousser pour s'assoir et mieux respirer. Elle a la réponse au bord des lèvres. La phrase qui permettrait de tout arrêter. Elle se débat, mais ses lèvres ne répondent plus à son cerveau.


Les êtres vivants ne pleurent que de douleur, ou de tristesse. Mais je ne pleurerai pas. Parce que je dois être le plus fort du monde. Je veux battre le vrai Mew. Pour moi, il n'y a ni humain, ni pokémon. Juste des forts et des faibles. Si je ne lutte pas, je ne vaux rien du tout.
Ce monde est à moi.


Après quelques essais infructueux, elle parvient à rassembler assez d'énergie pour articuler quelques mots. Elle a suivi un cours là-dessus. Elle sait qu'elle a raison.
La douleur est si forte ! Elle aimerait tellement que tout s'arrête ! Elle aimerait tant lui dire, qu'un clone n'est pas une copie, qu'on ne peut pas copier des êtres vivants. Lui dire que l'important n'est pas d'où on vient ou qui sont nos parents, mais ce qu'on fait de sa vie. Lui dire qu'il existe.
Sa phrase se perd dans un étranglement.
Sa tête retombe.
Tout s'arrête.


- Qui es-tu ? demande le pokémon en développement dans le gigantesque tube à essais.

- Je suis là, à côté de toi.
- À côté de moi ?
- Et je suis humaine, née pareil que toi.
- Tu es humaine ? Je dois être humain moi aussi !
- Nous pouvons nous parler, alors peut-être que oui, tu es humain. Ou alors, c'est moi qui suis un pokémon.
- Humain ? Pokémon ? Quelle est la différence ? Lequel suis-je ?
- Ça n'a pas d'importance. Nous sommes nés de la même façon. Nous sommes tous nés de la même façon.
- Nous tous ?
- Ne les entends-tu pas ? Les voix de tout le monde... peux-tu dire ce qu'ils sont ?

À ce moment, les autres pokémons clonés s'agitent dans leurs tubes, et lancent quelques appels. Mewtwo fronce les sourcils.
- Chacun d'entre eux... Deux ? Pourquoi tout le monde est « deux » ?
- Nous sommes des copies. Nous ne sommes pas des uns, mais des deux.
- Alors... je suis un deux moi aussi ?
- Je suis une deux moi aussi. Mon nom est Aï. Mais mon vrai nom est Aïtwo.
- Aïtwo ?
- Pas la vraie Aï, mais une Aï numéro deux. Non, peut-être que je suis Aïthree...
- Aïthree ?
- Oui, c'est ça !

Pleine d'enthousiasme, Aï commence à lui apprendre à compter.
- C'est pas génial ? demande-t-elle.
- Génial ?
- Oui, je m'en moque de ne pas être réelle ou de savoir si je suis Aïtwo, Aïthree, ou encore Aïfour... l'important c'est qu'on soit tous là ! C'est vraiment génial !


Fin du chapitre


Chapitre basé sur la chanson Le froid de RoBERT.


Le mot de l'auteur sur la fic


Le scénario de « la Belle e(s)t la Bête » a subi de nombreux remaniements. Les cinq premières versions se déroulent une dizaine d'années après de départ de Sacha du Boug Palette. La sixième version se déroule un peu plus d'une vingtaine d'années après son départ.

La première version de l'histoire avait un scénario similaire à celui de la série « La Belle et la Bête » des années '80 : Kami sauve Cerise d'une mort certaine et tombe amoureux d'elle. Père et les autres pokémons légendaires vivent ensemble dans le Sanctuaire et mènent une vie parallèle à celle des humains. Père tente de décourager les sentiments de Kami mais rien à faire, il veille sur Cerise dans l'ombre. Celle-ci finit par se faire accepter par le Sanctuaire. Enfin, sa liaison avec Kami se fait peu à peu moins platonique. Éventuellement, elle devient la « grande prêtresse » du culte de Kami (écho à l'autel de Sérénité et au temple d'Arceus que nous voyons dans les films, et aux tours-pagodes des jeux vidéos).
Ce premier scénario faisait de Cerise une véritable Mary-Sue travaillant pour le prof. Chen et découvrant sans cesse de nouvelles espèces de pokémon. En plus de cela, elle parvenait à réconcilier Kami puis l'ensemble des pokémons légendaires avec les humains – rien que ça ! Parfaite et gentille, adorable, mignonne, aimée de tous, cette Cerise-ci n'avait aucune conscience de quoi que ce soit de son passé. La seconde saison se terminait sur Cerise qui va en prison, puis finalement est relâchée pour servir de taupe et aider au démantèlement de la Team Rocket. Elle envoie même Giovanni en prison.
Mary-Sue powa !

Dans la seconde version, Cerise était devenue un membre de la Team Rocket, rendue amnésique suite à un coup sur la tête. En même temps aimée et détestée de Kami, elle devient l'adorable assistante géniale du prof. Chen qu'elle était dans la première version. Mais cette fois-ci, sa vie d'avant lui revient peu à peu en mémoire. Kami de son côté la visite toutes les nuits pour des raisons très charnelles. Dans le dernier chapitre, il la confronte, elle lui demande pardon pour tout ce qu'elle a fait, il lui avoue ses sentiments, et tout est bien qui finit bien.
Cette version avait une suite dans laquelle Cerise est envoyée à Tôdai où elle retrouve ses anciennes connaissances Jane (avec des cheveux longs), Jessie et James. Elle est alors frappée d'un brusque retour de mémoire et revoit toute l'horreur de sa vie passée. Kami, blessé, est persuadé qu'elle va cesser d'être une gentille fifille et redevenir une criminelle.
Malheureusement, le personnage était encore trop Mary-Sue.

Dans la troisième version (version 2bis), Cerise n'est plus autant appréciée par le prof. Chen. De nombreux méfaits se rajoutent à sa vie passée, pour tenter de l'éloigner de Mary Sue. Kami se montre plus distant avec Cerise, plus méchant aussi.

Dans la quatrième version (mon premier coup de génie anti Mary-Sue), Cerise est une jeune femme comme les autres qui a le malheur de ressembler à l'un des scientifiques ayant créé Kami. Celui-ci, tous les ans, se saisit d'une femme à l'aspect similaire et lui efface la mémoire. Puis, durant de longs jours, il lui rempli la tête jusqu'à ce qu'elle soit persuadée que c'est elle qui lui a fait du mal. Pour finir, il l'emporte dans le Manoir Pokémon (restons fidèles aux jeux vidéos !) et la tue. Cette année donc, sa victime est Cerise. La fin de la saison se terminait en suspens, comme la deuxième saison de « La Belle et la Bête » des années '80 : on ne sait pas ce qui s'est passé, s'il l'a tuée ou si elle est encore en vie... J'adore cette fin (sourire sadique). Quand on voit ce que la troisième saison (de la série TV, pas de ma fic voyons) a donné... (gros soupir) mais je suis pas ici pour vous parler d'une série vieille de vingt ans.
La jeune femme du prologue est une femme au hasard parmi les anciennes victimes de Kami, peut-être même LA femme qui l'obsède et dont la mort ne l'a pas apaisé.
Pour éloigner Cerise de Mary-Sue, Cerise s'est mise à fumer et devient moins sportive.
Le tatouage de Cerise la démange au début de l'histoire, car il a été fait par Kami juste avant qu'elle ne soit déposée devant le laboratoire du prof. Chen.

Dans la cinquième version, Cerise est une ancienne policière de la police scientifique de Mito (ce qui explique ses connaissances scientifiques et son habileté avec Pixel) (encore un mécanisme anti Mary-Sue). Les pokémons qu'elle a dans le prologue, elle les a achetés au refuge pokémon de Fujii. C'est bien elle dans le prologue, en mission d'infiltration afin de recueillir des preuves contre les Yakuzas.
Le Sanctuaire est beaucoup moins présent. Kami aussi semble s'estomper de l'histoire en tant que personnage palpable, pour mieux être présent comme deus ex machina manipulant Cerise.
Pour éloigner Cerise de Mary Sue, de nombreuses parties ont été réécrites : elle ne découvre presque plus de nouveaux pokémons, certaines de ses répliques ont été transférées vers d'autres personnages car elle n'a pas les connaissances nécessaires pour les prononcer elle-même. Dans son incompréhension de ses cauchemars, lesquels sont induits par Kami, elle finit par les intégrer comme faisant partie de son passé. Elle se met fumer. L'avarice de Calamity peu à peu lui est communiquée et elle couche avec Léo. Kami saute sur l'occasion pour lui faire croire, via des rêves et une photographie, qu'elle est bien Yumi, la sœur de Léo.
Sa musculature fond peu à peu avec le temps, l'amenant à se poser des questions sur la véracité de ses cauchemars (elle devrait plutôt prendre du poids car elle mange plus que ne semblait manger Calamity). Elle sombre dans la folie et se prostitue, là encore pour rajouter de l'angst et pour l'éloigner de Mary-Sue. Si son passé n'est pas réel, c'est principalement pour éviter qu'elle ne devienne une Angsty-Sue. La majeure partie du développement de son personnage a pour seul et unique but de l'éloigner de ces archétypes. Et c'est pô facile. Enfin j'espère avoir suffisamment subtilement mêlé le vrai et le faux pour que le lecteur soit lui aussi désorienté que l'est Cerise.
À partir de la partie sur le Monde Perdu, son esprit et celui de Kami sont mélangés au point qu'elle a des visions du passé de Kami (cf le CD-drama « birth of mewtwo », et les films « Mewtwo contre Mew » et « Le retour de Mewtwo ») ; ses vrais souvenirs remontent de temps en temps. J'ai passé des heures à souffrir en écoutant de mauvais doubleurs français et en lisant de mauvaises traductions du CD-drama, ayez pitié d'une pauvre auteur de fanfic !
Durant la confrontation finale, elle prend soudain conscience de sa véritable vie. Elle prend Kami en pitié et décide de le laisser la tuer à sa guise, pour qu'il soit apaisé et qu'il n'y ait plus d'autres victimes (la Mary-Sue qu'elle était en tant que policière ressort, pour contrebalancer l'Angsty-Sue qu'elle est presque devenue à ce point de l'histoire). Mais la fureur de Kami n'est éteinte que lorsque Cerise se souvient de la conférence qu'elle a suivie sur la génétique humaine : les clones ne sont pas des copies. (cours de terminale S, les enfants ; ça m'a toujours frappée, les « erreurs scientifiques » des films (elles sont là pour le scénario, oui je sais mais bon) je crois que j'aime trop la hard-SF... (science-fiction basée uniquement sur de la technologie possible ou probable ; pas de téléportation ni de sabres-lasers donc) ou alors j'aime bien critiquer les films) (si vous vous en sortez avec mes parenthèses)

Sixième version. Je me rends soudain compte que ma ligne du temps n'est respectée nulle part. Enfer et damnation ! Il faut tout réécrire. En passant par la partie sur les kangourex, pour que Cerise ne fasse qu'accompagner un autre chercheur au lieu de tout découvrir elle-même. Je suis tentée de réécrire tout, surtout les onze ou douze premiers chapitres, en faisant commencer l'histoire en hiver au lieu du printemps, mais finalement j'ai préféré décaler certains évènements vers l'automne. Et j'ai supprimé/tronqué la plupart des dialogues entre Kami, Père et Sérénité. À force, ils n'avaient plus leur place dans la trame globale. Ça ne voulait plus rien dire et ça devenait n'importe quoi. Comme quoi, il faut TOUJOURS commencer par une chronologie des évènements passés. Ça me servira de leçon... De nombreux personnages sont éliminés et remplacés, car ils prennent soudain un coup de vieux allant jusqu'à une dizaine d'années (Sacha, Pierre, Jessie et James disparaissent de la circulation). Bon, vous n'auriez sans doute rien remarqué, mais je tiens à ce genre de détails. En effet, quand vous pensez par exemple à Sacha, vous voyez un gosse de dix ou treize ans. Mais vingt ans plus tard, au lieu des dix ans plus tard prévus à l'origine, ce trentenaire a certainement autre chose à faire que de traîner encore dans le labo de Chen à rêver d'être Maître Pokémon...
On voit apparaître comme par miracle Fujii et Oshiro (Agatha du Conseil des Quatre), qui fournissent au lecteur un premier point stable pour savoir où est le vrai et où est le faux. Ce sont des personnages qu'étrangement j'apprécie beaucoup. Ils me sont tombés dans les bras totalement par hasard. Avec Chen, ils forment un trio de petits vieux bien sympathiques. J'ai surtout apprécié le fait de développer Oshiro Agatha. En effet, tout ce qu'on sait d'elle ce sont ses deux ou trois lignes de dialogue durant les combats de la Ligue, dans le jeu vidéo. Quelle a pu être sa relation avec Chen ? Rien ne laisse penser qu'ils sont actuellement mariés. Pourtant, dans le passé, loin très loin, ils ont été ensemble. Qu'est-ce qui a poussé Chen à fonder une famille avec une autre femme (Régis est son petit-fils) ? Comment ces anciens amants se considèrent-ils maintenant ? On sait qu'Oshiro Agatha garde de bons souvenirs de Chen, mais c'est tout. Enfin, ce shipping Agatha x Chen m'avait beaucoup intriguée à l'époque. J'imagine qu'avec les années, j'ai eu le temps de gamberger... Fujii s'est naturellement glissé entre les deux d'une part parce que lui aussi est l'un des personnages les plus âgés du canon, d'autre part parce qu'il est particulièrement bien développé dans le CD-drama. Pour en revenir à Oshiro Agatha, j'aime le contraste qu'elle offre entre son apparence sage, sérieuse et redoutable (cf jeu vidéo) et le fait que dans ma fic, elle n'a jamais pu faire elle-même ses choix de vie. Son entrée au Conseil, son abandon de Chen, la distribution de sa fortune, son mariage avec Fujii, tout a été décidé par d'autres pour elle. Elle n'en devient que plus touchante lorsqu'elle décide, à soixante-dix-sept ans, de prendre enfin sa vie en mains.
Jessie et James, qui apparaissaient dans les derniers chapitres, sont remplacés par leur rejeton. Giovanni sort lui aussi de l'ombre, bien décrépit par rapport au redoutable criminel mystérieux de la première saison de l'anime. Et des passages supplémentaires du passé sont ajoutés ici et là un peu partout dans la fanfic (de préférence pour égaliser la longueur des chapitres) ; à ce point du développement de mon travail, j'ai une page manuscrite de notes d'idées. Et pour info, j'écris petit.
Je regrette la transition peu subtile entre les dix-douze premiers chapitres et la seconde partie de la fic. Quand je me relis, j'ai l'impression que l'histoire ne commence vraiment qu'avec l'embarquement pour les îles voisines de la fosse des Mariannes. Je réécrirai peut-être un jour. Peut-être.

Concernant les personnages :

Le personnage de Kami semble bien OOC (Out Of Character, c'est-à-dire que dans la fanfic, le personnage ne se comporte pas de la même façon que dans l'œuvre d'origine) par rapport au premier film (où il n'est finalement qu'un enfant mal-aimé devenu adolescent emo) ou même à l'épisode spécial qui lui est consacré (où il fait office de guerrier solitaire désabusé par le monde) (du moins dans les versions françaises, mais nous savons tous à quel point elles sont mal doublées et mal traduites) (la palme revient quand même aux bébés nidoqueen (ça devrait être des nidorans mâles et femelles, bande d'ignorants) ou bien aux personnages en colère qui débitent leur texte l'air de dire « j'vais m'commander des frites », je ne sais pas trop...). J'ai préféré baser sa psychologie sur celle qu'il présente dans le CD-drama, bien plus intéressante et torturée.
Pour les autres personnages OOC, veuillez m'escuser m'sieurs-dames mais j'ai arrêté de suivre la série au milieu de la saison à Johto. J'ai vu les films, histoire d'être un tant soit peu à la page au niveau des pokémons légendaires, et ça m'a amplement suffit. Je sais pas si je suis complètement à côté de la plaque niveau série, si je suis trop vieille pour comprendre, si les doubleurs français sont « lames » à ce point, si je suis trop attachée au premier jeu et à la première saison ou si vraiment, les premiers c'était mieux. Mais bon. On se refait pas.

En tout cas j'espère que vous avez apprécié cette fic et que vous en êtes revenu(e) vivant(e). Je suis ouverte à toutes les suggestions et aux critiques constructives. Respirez un bon coup, j'ai prévu d'autres fics se déroulant dans ce monde ! (si mon emploi me laisse du temps libre) Mais pas aussi noires que celle-ci. Enfin à priori.
Merci de m'avoir lue ! =^_^=


Chronologie des évènements de cette fic


La chronologie suivante ne prend en compte que les évènements qui se sont effectivement déroulés avant le début de cette fic. Elle ne prend pas en compte la vie de Calamity.

Années 450 : Oshiro Agatha, délinquante juvénile, se sert de son ectoplasma pour commettre des méfaits.

456 : le professeur Fujii a 16 ans. Sa fille Aï vient au monde.

457 : Oshiro Agatha est débusquée par le Conseil des Quatre qui, pour la surveiller, fait d'elle un membre à part entière. Le Maître du Conseil devient un cinquième membre au lieu d'être le plus expérimenté des Quatre.

459 : Chen (15 ans) et Oshiro (22 ans) ont une amourette. Oshiro promet d'épouser Chen.

460 : Fujii épouse la mère de Aï.

468 : mort de la « vraie » Aï.

473 : la mère de Giovanni, qui dirige la Team Rocket, découvre Mew à l'aide de la mère de Jessie. Jessie et James ont 3 ans, Giovanni en a 15.

489 : naissance du dernier clone de Aï.

491 : Fujii commence à travailler sur le projet M2 alors que Giovanni vient de découvrir le fossile de Mew.

493 : la dernière Aï meurt en avril. Mewtwo sort de son sommeil fin juin.

494 : Cette année-là, Sacha part en voyage initiatique. En septembre, Mewtwo tente de détruire le monde. Fujii et Oshiro ouvrent le refuge pour pokémons à Mito. En novembre, Giovanni retrouve Mewtwo. Celui-ci disperse ses clones.

495 : le 23 septembre, Mewtwo fait une première victime.

497 : disparition de la sœur de Léo. Celui-ci est alors âgé de 21 ans.

Fin des années 490 : Takahashi Yumi devient une habituée du refuge pokémon de Mito, et une amie du professeur Fujii.

500 : Takahashi Yumi, âgée de 14 ans, rentre à l'école de police.

506 : Takahashi Yumi épouse Matsumoto Ichigo. En octobre, elle découvre, avec le professeur Fujii, le pikachu que Mewtwo avait cloné.

511 : Matsumoto-Takahashi Yumi est envoyée en infiltration chez les yakuzas.

513 : Ketchum Sacha devient Maître Pokémon.


Bibliographie de la fic


Agnès Giard. L'imaginaire érotique au Japon. Édition Albin Michel. 2006. 340 pages.

Keiko Ichiguchi. Pourquoi les Japonais ont les yeux bridés. Édition Kana-Dargaud. 2007.

Click Japan. Consulté en 2010. Disponible sur www(point)clickjapan(point)org

Hayao Miyazaki (réalisateur), Hayao Miyazaki et Toru Hara (producteurs). (1988) Mon voisin Totoro. (DVD) JAPON, studios Ghibli.

Antoine de Sait-Exupéry. Le petit prince. 1943.

Luis Sepulveda. Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler. 1996.

CD-drama Birth of Mewtwo. 1998. Traduction anglaise consultée printemps 2010 et disponible sur webspace(point)webring(point)com/people/ds/spookymeggie/CDdrama/html

Kunihiko Yuyama et Michael Haigney (réalisateurs), Norman J. Grossfeld et Tomoyuki Igarashi (producteurs). (1999) Pokémon le film. (DVD) JAPON, 4 Kids Entertainment.

Kunihiko Yuyama et Darren (réalisateurs), Jim Malone (producteur). (2000) Le retour de Mewtwo. (DVD) JAPON, Warner Home Video.

Pokébip. Pokédex offline version 17/5/2008 et Pokédex online version 4G. Disponibles sur www(point)pokebip(point)com/pokemon/pokedex/index(point)php

Pokébip. Personnages – sur Pokébip ! Consulté fin 2009. Disponible sur www(point)pokebip(point)com/pokemon/page_animation_personnages(point)html

Russie virtuelle. Prénoms russes et ukrainiains. Consulté printemps 2010. Disponible sur www(point)russievirtuelle(point)com/prenoms(point)htm

QuelPrenom(point)com. Prénoms japonais : choisir un prénom japonais. Consultée à de nombreuses reprises courant 2009 et 2010. Disponible sur www(point)quelprenom(point)com/liste_ ?code=JP

Common japanese surnames. Consulté courant 2009 et 2019. Disponible sur www(point)rootsweb(point)ancestry(point)com/~jpnwgw/Names(point)html

Le kangourou. Consulté fin 2009. Disponible sur www(point)australia-australie(point)com/kangourou/

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Interviews diverses par chat interposé