Après une très longue absence voici la suite! J'étais en sérieux manque d'idée mais quelques heures sur Skyrim m'ont inspirées. Je m'excuse de ce retard mais j'ai encore commencer à m'investir sur d'autres fandom alors bien sûr cela divise le temps que je consacre à Zelda, mais tant que je ne le dirai pas explicitement il n'y aura pas de raisons de penser que j'abandonne cette fanfic!
Sur ce, bonne lecture!
Le village se réunit…
Tout le village était présent à l'exception des enfants, couchés par leurs parents. Nous nous étions réunis dans la maison de Bohdan, debout autour de la table sur laquelle plusieurs tasses de thé chaudes reposaient afin de compenser le froid s'infiltrant par les verres des fenêtres et sous la porte. Iria se tenait à côté de moi, les yeux encore rouges et humides, elle avait posé sa main sur mon bras, j'ignorais si c'était moi ou elle-même qu'elle voulait le plus réconforter. Les autres me jetaient des regards désolés. Même Kikolou, le gardien de la forêt de Firone était là avec ses cheveux bouclés et si épais qu'un nid d'oiseaux y reposait. Bohdan posa ses mains sur la table, toutes les têtes se tournèrent vers lui.
« Nous avons fouillé Firone et Latouane de fond en comble, sans résultat. Tout ce que nous pouvons faire est espérer que quelqu'un ait sauvé Aria sur la route du monstre. Je suis désolé Link, nous avions une mission simple et nous avons failli alors que tu as déjà enduré bien pire pour nous. »
Quelques regards furtifs se posèrent sur moi, je sentis la main d'Iria serrer plus fort mon bras. J'aurais aimé les réconforter mais rien n'y faisait, pas un mot me venait en tête. Je restais silencieux quelques minutes, les yeux sur la table. Beaucoup de pensées se bousculaient dans ma tête. Il n'y avait pas que l'amitié que je portais à Aria en jeu, mais aussi une mine d'information que je soupçonnais, une alliée de poids si j'écoutais l'esprit Latouane. Mais surtout une petite fille que j'avais arrachée à l'esclavage, qui m'avait donné le désir de vaincre alors que toute chance me tournait le dos. Quelqu'un avec qui j'avais pu partager mes aventures et une partie de mes douleurs. Elle était un peu comme une nouvelle Midona, victime d'une malédiction, espiègle, porteuse d'un lourd passé mais aussi capable de bons sentiments. Elle n'avait pas eu peur de prendre la parole devant des Zoras fous de désespoir et avais pris la défense de Colin lorsque Vaarc s'en prenait à lui. Peut-être avait t-elle même réussi à s'échapper des griffes de son ravisseur et était quelque part en sécurité. Cet infime espoir me rappelaià la réalité, l'ambiance était tendue depuis que j'avais quitté la salle pour mes pensées. Je regardai tout le monde, Iria avait un regard suppliant et Bohdan avait baissé les yeux. Ils devaient croire que je leur en voulait au point de ne pas répondre.
« Vous avez fait de votre mieux et son enlèvement n'est pas de votre faute, vous n'alliez pas non plus l'enfermer. Personne n'aurait pu deviner que des monstres reviendraient en Hyrule après la mort de Ganondorf et plus récemment l'attaque mené par l'armée d'Hyrule de débarrasser le royaume des Bulblins.
-Comment ça, vous vous êtes vraiment débarrasser d'eux ? »Demanda Moï.
-Selon leur dire, oui. » Je ne voulais pas révéler le fait que j'y avais participé ou j'aurais forcé de tout raconter. » Revenons à Aria. Nous devrions étendre nos recherches en dehors de notre zone de confort, il y a peut-être qui l'ont vu ou même sauvé. Il n'est pas question de rester sur une défaite, surtout lorsqu'il y a une vie en jeu. »
Je vis quelques sourires se creuser sur les visages inquiets, dont celui éclatant et motivé de Bohdan qui posa les deux poings sur les hanches avant de déclarer :
« Tu as bien raison mon garçon ! Ce n'est pas le moment de baisser les bras ! Mais après tout ce n'est pas comme si on avait prévu de le faire, n'est-ce pas ? »
Les habitants eurent un sourire entendu. Le chef sourit de plus belle et continua.
« Tout d'abord, il faut des volontaires afin de veiller sur les enfants.
-Nous resterons ici ! » s'exclama Négocia en soulevant le bras d'Ute « On sait s'occuper de ces petits gredins.
-Bien, une personne de plus ne serait pas de refus.
-Je veux bien me proposer. » dit Fadh, ce qui me surpris un peu venant de lui, mais il devait plus s'inquiéter de ses chèvres que d'autre chose.
Iria n'avait pas parlé, elle avait lâchée mon bras et semblait déterminée, ce qui sembla surprendre son père.
« Iria ? Es tu sûre de vouloir venir ? C'est un long et fatiguant voyage qui nous attend.
-J'ai déjà passé beaucoup de temps éloigné du village papa, et les déesses ont veillées sur moi puisque j'ai pu revenir à vous tous vivante.
-C'est vrai, mais au vu de tous les malheurs qui t'étaient arrivés…
-Link l'a lui-même dit, ces dangers ne sont plus.
-Un nouveau mal est déjà sur nos terres. »Disais-je.
Elle fronça ses sourcils et planta son regard dans le mien.
« Je ne suis pas inoffensive, et puis au vu de tous les terres à ratisser une personne de plus ne serait pas de refus, n'est-ce pas ? »
Elle marquait un point.
« J'imagine que tu est trop grande pour que je t'empêche de faire ce que veux. »
Elle eut un petit sourire satisfait. Elle avait déjà goûté une fois à la vie en dehors de son village et même si cela n'avait pas été la meilleure des expériences, elle en savait déjà plus que la plupart des habitants de Toal sur le reste du Royaume.
« Donc je suppose que tous les autres viennent dans ce cas. »Disais-je.
Kikolou s'avança :
« En tant que gardien de la forêt de Firone, je ne pense pas pouvoir la quitter, on ne sait jamais ce qui pourrait s'y passer en mon absence.
-Bien sûr, je comprend. »Répondit Bohdan. Il s'adressa au reste : « Je veux que d'ici une heure tous ceux qui doivent partir se retrouvent au petit pont pour le départ. Sur ces mots,cette réunion est terminée. »
Tout le monde quitta la maison si bien que je me retrouvai seul avec Iria et Bohdan. Je n'avais pas besoin de me préparer, j'étais déjà passé par chez moi. Je conseillais donc mon amie sur quel matériel avait déjà rempli un sac entier de provisions. Bohdan était monté à l'étage chercher je-ne-sais-quoi.
« Je ne pense pas que nous aurons besoin d'autant de nourriture, il y a des magasins à Cocorico et à la Citadelle. Tu devrais plutôt te préoccuper de tes vêtements. »
J'étais parfaitement conscient que je venais de signer mon arrêt de mort quand elle s'arrêta, se retourna lentement, les muscles du visages contractés afin de faire comprendre qu'elle ne rigolait pas du tout.
« Qu'est-ce que tu insinue ?
-Qu'il fait très froid dehors mais que le temps n'est pas le même partout, tu devrais te préparer à toute les température, tout simplement.
-Tout simplement ?
-Tout simplement.
-Très bien. »
Je savais ce qu'elle pensait, je la connaissais assez bien pour cela. Elle quitta la pièce et revint avec un pantalon et un manteau qu'elle rentra dans le sac.
« Tu pensais que je te dirais de porter une robe, c'est ça ?
-Je n'ai rien dit.
-Mais tu l'as pensé très fort. »
Elle se retourna, le regard craintif cette fois.
« J'ai entendu beaucoup d'histoires sur la Citadelle, que là-bas les femmes ne sont pas traitées comme des égales.
-Iria, c'était le cas, il y a quelques siècles.
-Merci Link, tu me rassures.
-Est-ce de l'ironie ?
-Non, pas à ce sujet là. C'est juste que mon père…
-Il t'aime beaucoup alors il veut te protéger, et cela passe souvent par faire un peu trop peur aux enfants.»
Elle sembla se détendre et se remit à sa tâche.
Bohdan revint avec un sac très léger comparé à celui desa fille et lui expliqua qu'elle n'avait pas besoin de toute cette nourriture.
« Je le lui ai déjà dit, il suffit d'une bonne bourse de rubis, nous nous arrêterons sûrement dans les villes et villages. » Expliquai-je.
Les affaires prêtes, nous sortions pour nous rendre au point de rendez-vous. Nous étions les seuls pour le moment, à grelotter, ils m'avaient passé une épaisse écharpe en laine que j'avais remontée jusqu'aux oreilles. J'en profitais pour avoir un brin de causette avec mon amie.
« Avant l'enlèvement, comment ça se passait avec Aria ?
-Au début elle dormait très mal, elle a fait plusieurs cauchemars, mais n'a pas vraiment voulu en parler. En dehors de ça, je lui ai offert de nouveaux vêtements, elle nageait dans son ancienne tenue. Négocia afait du bon boulot. Après ça elle est allée jouer avec les enfants. C'est à peu près à ce train là que le reste de son séjour s'est déroulé. Elle continuait à faire des mauvais rêves mais de moins en moins et passait la plupart du temps à jouer avec les enfants et à nous filer des coups de mains. Les gens du villages l'appréciaient. Puis aujourd'hui… Il faut la retrouver, Link.
-Ne t'inquiètes pas, j'ai bien réussi à te retrouver toi et les enfants lorsque vous vous étiez fait kidnappé, non ? Alors avec votre aide ce ne sera pas plus difficile.
-Est-ce que tu crois vraiment en les mots que tu prononces ?
-Il ne faut pas être pessimiste. Ce serait baisser les bras avant même d'essayer. »
Elle ouvrit la bouche et la referma aussitôt, elle devait s'être résignée ne pas prolonger sur le sujet. Un silence s'installa, laissant toute l'occasion à mes sens de se concentrer sur la tension ambiante et le vent qui me giflait la figure, ils devaient être autant que moi sur les nerfs. Les villageois qui partaient avec nous arrivaient au compte-gouttes, certains avaient emmené avec eux trop d'affaires, d'autres pas assez. Bohdan dû même demander à certains de les vider pour s'assurer qu'ils n'avaient rien pris de superflu. On me demanda comment nous allions nous organiser, j'étais le seul à posséder un cheval. Il fut décidé qu'étant le plus rapide je partirai le premier vers la Citadelle, étant donné que j'y avais quelques bon contacts. Eux iraient chercher en priorité des informations dans les lieux habités.
C'était la première fois que quelque chose d'une telle envergure s'organisait ici. Peut-être était-ce déjà arrivé avant que je ne sois né, mais lorsque Iria et les enfants s'étaient fait enlevés les plaines étaient trop dangereuses et mon propre départ leur semblait être du suicide. Je faisais de rapides accolades afin de souhaiter bonne chance à chacun. Bohdan me donnait un grand coup dans le dos pour m'encourager, avais-je déjà précisé qu'il a la force d'un Goron ? Je m'éclipsai avant que les au revoir s'éternisent.
Epona piétinait sur place, elle devait avoir très envie de galoper, elle avait rapidement récupérée du chemin fait. Je montais en selle et la faisait partir au grand galop malgré l'étroitesse du chemin. Je n'avais pas à m'en inquiéter, je montais un animal intelligent, pas une mécanique dépendante. Je me contentais de rester accroché. Je n'eus même pas eu le temps d'avoir peur au dessus du pont suspendu, ma jument était lancée à pleine vitesse. A ce rythme nous gagnerions beaucoup d'avance sur le reste du village. Ceci-dit, je devrais peut-être m'arrêter un peu en chemin, même si les soins des mages m'avaient revigorés, ils commençaient à s'estomper.
La fatigue ne se fit urgente que lorsque j'atteignais l'entrée Sud de la Citadelle,je préférais attendre d'être entré puis chercher une chambre, de toute façon si Aria se trouvait ici elle ne devrait pas être trop en danger. Je laissai Epona à l'entrée et fourrai l'écharpe que l'on m'avait prêtée dans la sacoche accrochée à sa selle, la température était acceptable ici, je ne pouvais pas l'emmener plus loin, et passais par la grande porte à demi-ouverte. J'avais oublié à quel point les rues pouvaient être agitées! C'était un jour de marché on avait du mal à s'entendre au milieu de ce brouhaha. Je savais exactement où me rendre pour obtenir des informations, et boire un coup par la même occasion, mais j'étais partagé entre l'urgence de la recherche et ma fatigue. Je pesai rapidement le pour et le contre, si je me reposai maintenant je serais ensuite parfaitement concentré pour la suite mais perdrais un temps précieux. Si au contraire je continuais mes recherches et récoltais rapidement les informations malgré le fait que j'étais épuisé, je pourrais ensuite dormir avec le sentiment du devoir accomplit. J'empruntais la rue Est, la tente du jeu du grappin n'était plus là, le propriétaire ne devait plus considérer son commerce rentable depuis que j'avais réalisé l'impossible. Les jeunes filles qui depuis cette victoire me suivaient dès que je passais dans cette rue jouaient à l'ancien emplacement de l'attraction. Elles ne réagirent pas à mon passage, tant mieux. Je me frayais un passage entre les étals et les clients jusqu'à la petite ruelle sombre. Je vérifiai la pancarte à l'entrée du petit tunnel menant au bar indiquant les horaires, il était ouvert. J'ouvrais délicatement la porte, souhaitant ne pas trop attirer l'attention. Ce fut un échec.
«Mais regardez qui vient là ? Link! »
J'abordai un sourire gêné et m'approchai d'elle. Je devais bien avouer que cet accueil me réchauffait le cœur, je ne pouvais pas lui en vouloir. Je la saluai en retour.
« Bonjour Telma. »
Elle n'avait pas changée, le même air réconfortant, une veste ouverte en haut, un décolleté révélateur de ses formes généreuses, des cheveux tressés relevés en une queue de cheval, une jupe avec un tablier qui lui arrivait jusqu'aux chevilles.
« Qu'est-ce que tu prendra ? Ne t'inquiète pas pour ton argent, c'est la maison qui offre ! Cela fait des mois que nous ne t'avons pasvu. Alors, qu'est-ce que tu as bien pu faire tout ce temps ?
-Je prendrai de l'hydromel, s'il-te-plaît.
-Hé bien, le jeune homme s'est mit à l'alcool !
-Je suis un adulte je te rappelle !
-C'est vrai, le courageux adulte qui a sauvé sa bien aimée des griffes des monstres, comment va Iria d'ailleurs ?
-Très bien, elle est retournée au village saine et sauve et a retrouvé la mémoire.
-Alors je n'ai plus à m'inquiéter pour elle. »
Elle posa une chope remplie à ras bords d'hydromel, j'hésitais à aborder directement le sujet d'Aria, elle devait être un minimum au courant de la situation grâce aux anciens membres de la Résistance, mais il ne fallait pas non plus trop en révéler. Je portai le récipient à mes lèvres, le goût était amer et sucré.
« Alors ? Comment est-il ?
- Un peu amer, mais il reste bon. Sais-tu où sont les anciens membres de la Résistance ?
-Tu en as une juste devant toi !
-Oui merci Telma, je parle des autres.
-Je te taquine. Lafrel est entré de nouveau au service de son Altesse, tu sais sûrement où se trouve Moï à présent, Ash est partie dans les Massifs des Pics Blancs, à la recherche d'un trésor. Quand à Jehd,il est quelque part dans la Citadelle en train d'écumer les bouquins. Il passe ici tous les soirs, tu devrais revenir si tu veux le voir, à moins que tu ne comptes rester ici toute la journée, moi j'aime bien la compagnie. » Elle eu un rire léger.
« Non, j'apprécie être ici mais j'ai du pain sur la planche. »Lui répondai-je avec un sourire désolé.
« Je vois donc que ce ne sont pas tes vieux amis qui t'amènent ici, que nous vaut-donc ta visite à la Citadelle dans ce cas ?
-Je suis à la recherche d'une jeune fille disparue.
-Une proche ?
-Oui, c'est une longue histoire.
-Tes affaires sont-elles si urgentes ?
J'expirai un grand coup, elle voulait savoir et il était trop tard pour éviter le sujet. Je lui racontais tout depuis mon départ pour la Citadelle, en omettant tout ce qui concernait les Ombres, tout en sirotant ma chope d'hydromel. Mon histoire se termina en même temps que celle-ci.
« Je vois, tu es donc à la recherche d'une jeunefille avec des chaînes... » Elle fronça les sourcils dans une expression concentrée tout en remplissant ma chope, ce que je n'avais pourtant pas demandé. « Ces derniers temps on voit souvent les soldats ramener des gens avec ces drôles de bijoux d'un peu partout d'Hyrule. Elle s'est peut-être fait emmenée elle aussi, tu devrais aller voir du côté du château. Encore faut-il avoir des bons contacts si tu veux avoir la moindre chance… »
C'est à ce même moment que la porte s'ouvrit dans un grand fracas, se faisant retourner toute la clientèle, moi y compris.
« Telma ! Devine ce que j'ai découvert! »
C'était un Jehd tout pimpant qui se trouvait dans l'encadrement de la porte, les deux bras écartés et un sourire aussi large que son visage. Il portait des lunettes rondes, une veste noire ouverte avec un col relevé blanc avec en dessous un gilet rose pale, lui-même par-dessus une chemise blanche agrémentée d'un nœud bleu marine. Un pantacourt vert avec des chaussettes montantes à carreaux et des chaussures faites pour les marches longues. Il n'avait pas changé. Il perdit d'un coup son extravagance, peut-être venait-il de réaliser qu'il était en ce moment même le centre de l'attention, et s'avança timidement jusqu'au comptoir, un livre à la main. Il se détendit un peu et son air surpris m'indiqua qu'il ne venait que maintenant de réaliser ma présence. Il s'exclama, un peu moins fort cette fois et sans les grands gestes :
« Link ! Que fais-tu là ? Ça faisait longtemps que nous ne t'avions vu, que nous vaut l'honneur de ta venue ?
-Je suis content de te voir aussi, je suis venu ici à la recherche d'une personne disparue portant des chaînes.
-Tu veux parler de ces personnes avec ces étranges pièces d'armures couvertes de signes anciens ?
-Je pense qu'il s'agit du même phénomène, en effet. Je me suis dit que je pourrais faire d'une pierre deux coups en venant ici. Pour vous demandez des informations et vous rendre visite.
-Quel gentil garçon. »Ajouta Telma avec un air amusé.
«Telma m'a justement dit qu'elle aurait peut-être pu être arrêtée par les soldats.
-Ce n'est pas impossible. Mais je doute qu'ils te laissent entrer, il vaut mieux avoir des contacts. »
Je doutais que sans l'aide de la princesse je puisse obtenir quoi que ce soit ici. Je remarquai alors que Jedh m'adressait un sourire fier.
« Et rassure toi car tu as devant toi l'homme qu'il te faut !
-Comment ça ? Toi ?
-Dans le mille ! Laissez-moi d'abord vous raconter l'histoire de ce livre. Avant cela, Telma, un verre de jus de pomme pour me requinquer s'il-te-plaît.
-Bien sûr chef. »Répondit-elle en rigolant.
Elle lui rempli un verre qu'il vida d'une traite.
« Bien, je peux parler à présent. Ce matin j'ai pris la décision de ratisser toutes les libraires de la Citadelle afin de tenter de trouver un mystère ancien à élucider. Ce n'est pas là que j'ai trouvé mon bonheur. Mais au marché, un homme vendait des vieux objets en tout genre, j'ai alors-
-Abrège s'il-te-plaît, je crois que Link est pressé.
-Oui, bien sûr, je te raconterai l'histoire dans son intégralité plus tard Telma. Donc, j'ai acheté un vieux livre avec le signe de la famille royale dessus, celui que je tiens à la main en est une copie. Prends-le, tu peux jeter un coup d'œil. »
Je le prenais dans mes mains, il pesait son poids, et par-dessus tout, il puait la poussière. Le signe de la famille royale autrefois doré avait beaucoup perdu de son éclat, je n'osais pas l'ouvrir au risque que toutes les feuilles n'en tombent.
« Je me suis rapidement fait arrêter par des gardes et enfermer pour, je cite : « avoir dérobé une propriété de la famille royale ». J'aurais dû douter de ce vieux marchand, un homme malhonnête pour sûr. J'ai donc croupi quelques heures dans un cachot avant qu'un vieil homme ne vienne me libérer, il transpirait la sagesse. Il m'a amené dans le château tout en m'expliquant qu'il était le bibliothécaire royal et qu'il avait besoin d'un coup de main pour ses recherches. Il savait que j'étais innocent et m'a proposé de collaborer, j'avais les jambes jeunes et vives qui lui manquaient. Il m'a donné une copie du livre bien plus mal entretenue, celle que tu as entre les mains, afin que je parcoure Hyrule à la recherche de clés me permettant de saisir pleinement le savoir qu'il contient.
-D'accord, mais en quoi est-ce que cela m'aiderait ?
-Hé bien tout simplement que je peux faire jouer cette relation en ta faveur. Je suis sûr qu'il sera attentif à ta demande si tu l'a formule habilement.
-Tu en est sûr ?
-Pas à 100 %, mais je pense que c'est une piste intéressante, et puis tu ne risques rien.
-Tu as raison, je te suis. »
Je vidai le fond de ma chope d'une traite.
« A peine arrivés vous repartez les garçons ?
-Je suis désolé Telma. »Disais-je. « Mais je dois faire vite.
-Moi aussi. » Ajouta Jehd. « Mais une fois l'affaire réglée je reviens vite te raconter tout en détail.
-Je ne vais pas vous retenir dans ce cas. » Dit-elle en haussant les épaules.
Avant que nous ne franchissions la porte elle me lançait :
« Hé dis-moi Link, une dernière chose. Est-ce que tu as vu Reynald ?
-Oui, il va bien. » Lui répondai-je avec un sourire, l'affection qu'elle lui portait n'était un secret pour personne. Elle ne nous retint pas plus.
Je suivais Fehd dans les rues jusqu'au château, le crépuscule colorait la Citadelle de ses couleurs chaudes et l'air était plus frais, il ferait bientôt noir. Je n'avais pas réalisé que j'avais passé autant de temps au bar. Les deux chopes d'hydromel m'avaient réchauffé les joues et me faisait un peu tourner la tête, mais rien de très handicapant. Je le laissais s'avancer en premier vers les portes, nous nous faisions arrêter par les gardes mais en quelques mots mon guide les convainquait et l'accès nous fut accordé. Les deux grands battants fut entrouverts et nous nous y engouffrions.
« C'étaient précisément ces gardes qui m'avaient jetés dans un cachot. » Me confia-il.
Nous passâmes sans problème par la seconde porte et arrivâmes dans les jardins du château. Cela me fit une impression étrange, la dernière fois que j'étais venu les jardins étaient investis par les Bulblins et je sentais du haut du château le regard de Ganondorf se porter sur moi. A présent tout était parfaitement calme, et les ténèbres ne recelaient plus aucune mauvaise surprise, du moins normalement. Ils avaient aménagé les lieux avec parterres de fleurs, chemins en pierre et buissons, ce qui les rendaient beaucoup plus accueillants. Jehd nous fit contourner la porte principale, me disant qu'il connaissait un accès plus rapide vers la bibliothèque. Il me fit emprunter une petite porte gardée par un soldat qui débouchait sur un escalier en colimaçon faiblement éclairé.
« Ces escaliers débouchent directement à notre destination. »M'expliqua t-il.
Nous nous arrêtâmes à la première porte, les escaliers montaient encore plus haut, je me poussai pour lui en laisser l'accès. La bibliothèque royale était impressionnante, des bibliothèques du sol au plafond avec des échelles pour chercher les ouvrages, et Hylia sait ce que ces plafond étaient hauts! De grand vitraux projetaient leurs lumières joyeuses sur les bureaux situés au milieu de la salle, où justement un vieil homme étudiait religieusement une pile de livres. Je comprenais que Fehd soit si heureux de pouvoir venir et aller librement dans ce lieu, je le voyais d'ailleurs en ce moment même au sourire qui fendait son visage et à ses yeux qui me semblaient tout d'un coup plus brillants.
« Bonjour maître Pharès! »
Le vieil homme ne semblait pas remarquer sa présence.
« Il ne t'a pas entendu je crois.
-Détrompe-toi, il nous a déjà entendu arriver, je suis juste poli, contrairement à toi. Et je crois bien qu'il nous ignore volontairement. »
Je me rendais compte de mon erreur, il n'allait bien sûr pas stopper ses travaux pour accorder son attention à un malpoli.
« Bonjour, maître- euh…
-Pharès »Me murmura mon ami.
« Pharès ! Bonjour maître Pharès ! »
Le sage continua à écrire, ma maladresse l'avait-elle contrariée ? Non, il pose sa plume, peut-être était-il en train de terminer sa phrase. Il lève la tête vers nous avec un sourire calme.
« Fehd, mon associé! Je suis heureux de ton retour, signifie t-il que tu as trouvé quelque chose ?
-Pas encore, mais je vous assure d'y travailler dès que possible.
-C'est-à-dire ?
-Dès que mon ami ici présent ait exposé son problème. Il est un des anciens membres de la Résistance. Je vous présente Link.
-Enchanté, maître Pharès. »J'espérais rattraper ma confusion.
« Enchanté jeune homme. Fedh m'a vanté en long en large et en travers les exploits de la Résistance. Mais je devine à votre regard pressé que vous n'êtes pas venu raconter vos aventures.
-En effet. Je suis à la recherche d'une jeune fille portant des chaînes. On m'a informé que plusieurs personnes de profils semblables avaient été ramenées au château. J'aimerais donc vous demander votre aide, en tant que membre de la cour royale, pour tenter de la retrouver entre ces murs, si elle y est.
-Je vois, et pourrais-je vous demander pourquoi vous êtes à la recherche de cette jeune personne ?
-Nous avons déjà fait un bout de chemin ensemble et les divinités m'ont confiées son importance. J'ose même la considérer comme une amie à présent.
-Cela ne m'étonne pas de toi, Link. » Ajouta Fehd.
Le vieil homme plissa les yeux, essayait-il de me sonder ou de lire une vérité cachée dans mon regard ?
« Très bien, je consens à essayer de vous aider, mais cela est parce que vous avez aidé Hyrule dans l'ombre et humblement, héro Loup. »
Comment venait-il de m'appeler ? Très peu de personnes connaissaient ce surnom… L'avait-il entendu de la bouche de la princesse ? Il continua :
« Néanmoins, vous vous doutez sûrement que cela ne sera pas gratuit.
-Je devais m'y attendre... » En espérant qu'il me demande quelque chose de pas trop difficile.
« Épargnez-moi cet air dépité, voyez-vous le livre que votre ami tient dans sa main ?
-Il m'a déjà raconté toute l'histoire qui le concerne.
-Très bien dans ce cas, nous ne perdrons pas plus de temps. Ce qu'il ma ramené n'est qu'une infime partie de tout ce qu'a perdue la bibliothèque royale au fils des années. Que ce soit à cause de personnes malhonnêtes ou d'assistants peu scrupuleux. Me fournir un de ces ouvrages dans les mois à venir me sera suffisant.
-Merci infiniment d'accepter de m'aider. » Sur l'instant, le soulagement était si fort que je n'exagérai pas mes mots.
« Néanmoins, que vous retrouviez votre amie ou non, le prix sera le même. Je n'use pas de mon influence pour rien.
-Bien sûr. »
Retrouver des vieux livres ne me faisait pas peur, je considérai avoir déjà fait bien pire. J'avais déjà quelques idées d'où chercher ce genre d'objet.
« Très bien, dans ce cas réglons cela dès maintenant afin que je puisse retourner à mon travail. »
Il reposa sa plume et se leva lentement pour se diriger vers la grande porte menant au reste du château. Nous le suivîmes sans un bruit, n'osant pas briser la quiétude de sa marche. Il ne me restait plus qu'à croiser les doigts pour que cette manœuvre ne soit pas inutile.
Cela faisait longtemps que j'avais envie de caler Telma mais je n'avais pas vraiment de prétexte d'amener Link au cœur d'Hyrule. J'avoue que Skyrim m'a grandement inspirée pour le passage dans la bibliothèque (Académie de Fortdhiver), je me demande même d'ailleurs si je ne ferai pas une grosse fanfic sur ce jeu. Bref, je divague. J'espère que pas trop de fautes m'ont échappées et que ce chapitre vous aura plus. Le prochain chapitre sera mis en ligne le plus vite possible!
