Titre : Porte ouverte

Genre : Aventure, romance, énième variation sur les pérégrinations d'une fille ordinaire en Terre du Milieu

Disclaimer : Les personnages et l'univers sont la création de Monsieur Tolkien, gloire et cookies sur lui. Le principale protagoniste, par contre, est mon entière propriété. Cette histoire ne me rapporte pas un sou et c'est aussi bien ainsi.

A la mémoire de Christopher Lee (27 mai 1922 - 7 juin 2015)


You're giving death a kiss, oh little fool now (Hand of Doom – Black Sabbath – Paranoid – 1970)


Le lendemain matin, les membres restants de la Communauté de l'Anneau ainsi que le roi Theoden et son neveu Eomer prirent la route de l'Isengard. J'ignorais ce qui nous attendait là-bas. Saroumane ayant, selon Aragorn, envoyé la totalité de son armée au Gouffre de Helm, il devait à présent se trouver isolé dans son domaine. Il n'en était pas moins dangereux car il s'agissait après tout d'un magicien. Peut-être avait-il obtenu de Sauron des pouvoirs que nous ne soupçonnions même pas. Seul Gandalf aurait été susceptible de nous fournir ce genre d'information mais je n'eus guère le loisir de lui poser la question. Je me contentais de me tenir tranquille sur le cheval de mon Elfe et d'écouter les conversations qui tournaient autour des arbres vivants qui avaient occupé la plaine désolée devant Fort le Cor la veille. A l'instar de Gimli, je n'étais pas mécontente qu'ils aient disparu mais Legolas semblait déçu :

« J'aurais tant aimé visiter cette forêt, dit-il. Les arbres ont une voix et une conscience qu'il doit être merveilleux de connaître.

— Peut-être en aurez-vous l'occasion quand la guerre sera terminée mais vous irez sans moi, affirmai-je avec un frisson. »

Mon Elfe lâcha brièvement la bride de son cheval pour serrer mes doigts entre les siens.

« Les forêts font partie de moi, Lisbeth. Je sais que celle-ci vous fait peur mais vous n'avez rien à craindre. »

Je n'insistai pas mais n'en pensais pas moins. Je m'étais habituée à un certain nombre de phénomènes en Terre du Milieu qui relevaient du surnaturel dans le « monde normal » mais ces arbres… je ne m'y ferais sans doute jamais. Legolas ne dit rien. Peut-être avait-il deviné mes pensées. Il me lâcha la main et la discussion dériva sur autre chose. Je n'y prêtai plus guère d'attention, retournant à mon silence.

La chevauchée dura toute la journée et une partie de la soirée. Nous traversâmes la fameuse Trouée du Rohan. Au fond de cette vallée coulait la rivière Isen, par-delà laquelle s'étandait le territoire de Saroumane. Etrangement, le cours d'eau était à sec. Un ilôt qui aurait dû se trouver au milieu du fleuve jaillait du sol comme une colline desséchée. Un tertre y avait été érigé et de nombreuses lances pointaient vers le ciel. Il s'agissait d'un cimetière mis en place après la mort de nombreux cavaliers du Rohan qui s'étaient battus à cet endroit. Nous nous y attardâmes pour accorder un moment de recueillement au roi et à son neveu, puis nous reprîmes notre route. Plus nous nous approchions de l'Isengard, plus l'atmosphère était malsaine. Malgré l'étrange optimisme qui m'habitait depuis que Gandalf m'avait confié cette mystérieuse bague en rubis, je ne pouvais nier le malaise ambiant. Notre groupe avançait sur une large route longeant la rivière en direction des Monts Brumeux. Une épaisse fumée s'élevait du fond de la vallée. Le magicien annonça une pause pour la nuit au bord de l'Isen. Il faisait nuit et la vapeur floutait la lumière de la lune. Legolas m'aida à descendre de cheval. Il semblait un peu perturbé.

« Restez près de moi, Lisbeth, dit-il. Je n'aime pas du tout cet endroit. »

Difficile de ne pas partager ce point de vue. L'air lourd remonté depuis le creux des montagnes réduisait la visibilité et collait à la peau. Il faisait étrangement chaud, une touffeur poisseuse comme avant un orage. Nous n'entendions pas un bruit et le lit asséché de la rivière évoquait un paysage lunaire que nous distinguions vaguement dans l'obscurité. J'avais un mauvais présentiment et je sus que nous ne dormirions pas beaucoup cette nuit. Toutefois, je m'étendis auprès de mon Elfe en silence et m'accrochai à ses doigts dans le noir comme une gamine apeurée. Il glissa son bras libre autour de moi. Je retrouvai un peu de cette osmose que nous avions partagée la nuit précédente et me sentis légèrement rassurée. Après tout, c'était à Saroumane que nous avions affaire et il ne devait pas être très content qu'une bande d'individus qui avait mis ses Uruk-hai en déroute aient l'outrecuidance de l'affronter de front. Par conséquent, cette atmosphère désagréable faisait certainement partie du comité d'accueil qui nous était réservé. Je finis néanmoins par m'assoupir pour quelques heures, l'épuisement prenant le pas sur cette inquiétude persistante.

Une sorte de mouvement dans l'air me réveilla un peu plus tard. Mes compagnons s'étaient tous redressés, les sens en alerte. Les étoiles étaient toujours visibles mais le ciel s'était encore assombri. Des ombres noires comme des tentacules rampaient vers nous. Le roi Theoden eut un geste pour tirer son épée mais Gandalf tendit la main pour l'en empêcher et nous ordonna à tous de rester immobiles. Je sentis les bras de Legolas autour de moi et je fermai les yeux tandis que cette espèce de brume sombre s'approchait de plus en plus. La terre trembla soudain sous moi et j'entendis des voix, comme si le brouillard véhiculait un chant funèbre de pleurs et de gémissements. Il me fut impossible de savoir combien de temps dura ce phénomène mais il me parut interminable. Ce fut comme si toutes mes peurs, même les plus enfouies, remontaient à la surface. Je restai accrochée à Legolas dont les doigts étaient crispés sur moi. Je parvenais à sentir sa propre peur. Je ne rouvris les yeux qu'au moment où les voix inconnues cessèrent de sangloter dans mes oreilles.

Nous étions tous très secoués. Le roi Theoden était blanc comme un linge. Un léger tremblement secouait les épaules de Gandalf. Les yeux de Legolas étaient écarquillés et il avait le souffle court. Il serra mes doigts entre les siens jusqu'à me faire mal.

« Nous devons rester prudents, déclara le magicien. Saroumane ne se contentera peut-être pas de ce maléfice.

— Devons-nous repartir dès maintenant ? demanda Aragorn.

— Nous reprendrons la route à l'aube. D'ici là, nous resterons ici. Que chacun reste le plus discret possible. »

Au vu de notre état de choc, il était évident que plus personne ne refermerait l'œil. Je ne pouvais chasser une impression fugace et cauchemardesque de mon esprit. Les ombres qui étaient passées sur nous ressemblaient à des pattes d'araignées. Un frisson me secoua de la tête aux pieds.

« Tout va bien, melethnin ? »

Mon Elfe me regardait avec inquiétude.

« Ça va, répondis-je. C'est juste… comme si j'avais traversé un mauvais rêve.

— Je sais. »

Il eut un sourire de travers et attira ma tête sur son épaule. Je respirai son odeur à pleins poumons pour en tirer un peu de réconfort.

Le reste de la nuit fut relativement calme. La vapeur visqueuse qui envahissait la vallée à notre arrivée s'évanouit peu à peu et, quelques heures avant l'aube, la rivière sembla se réveiller. L'eau jaillit de nulle part. L'instant d'après, l'Isen coulait et la sensation de lourdeur dans l'air avait disparu.

Nous reprîmes la route à l'aube pour quitter sans regret ce sinistre endroit. Le temps était toujours au brouillard et, malgré la levée du sortilège qui nous avait frappés durant la nuit, l'atmosphère sentait toujours aussi mauvais. Notre moral à tous semblait en souffrir. Tous les visages étaient fermés et j'avais hâte d'en finir avec cette histoire. J'étais persuadée que tout irait bien une fois que ce serait terminé. Nous chevauchions toujours sur cette large route qui traversait des paysages désolés, des restes de petites forêts brûlées, des champs laissés à l'abandon. Le territoire de Saroumane était à l'image de ses desseins, lugubre et morbide.

Après plusieurs kilomètres parcourus dans un silence de plomb, notre groupe atteignit enfin l'Isengard en lui-même, vaste domaine construit à flanc de montagne et entouré d'une large muraille en ruine. Un ouragan gigantesque semblait avoir dévasté l'endroit : le sol en partie inondé était jonché de décombres et d'objets divers, tous brisés, gonflés d'eau, inutilisables. L'entrée de la forteresse, qui avait dû être impressionnante jadis, était en ruine. De gros morceaux de métal, des gonds, des charnières, traînaient dans la boue. L'air sentait la glaise et la charogne. Nous longeâmes l'enceinte de pierre circulaire au centre de laquelle se trouvait une grosse tour noire et impressionnante d'aspect. Il s'agissait d'Orthanc, le bâtiment dans lequel s'abritait Saroumane.

Contourner ce mur en partie délabré nous prit un certain temps. L'endroit semblait désert mais, en revenant près de l'entrée, nous aperçûmes un nuage de fumée qui n'était pas là à notre arrivée. Gandalf serra entre ses pieds les flancs de son cheval et partit en avant. Le reste du groupe suivit le mouvement et, à notre grande surprise, nous découvrîmes Merry et Pippin perchés sur un tas de gravas.

Les volutes bleues que nous avions vues un peu plus tôt venaient de leurs pipes.

Les deux Hobbits semblaient en pleine forme. Visiblement, leur mésaventure avec les Uruk-hai et les arbres de la forêt de Fangorn n'avaient en rien entamé leur bonne humeur. Ils nous accueillirent en souriant d'une oreille à l'autre.

« Mes seigneurs, bienvenue en Isengard ! »

Gimli éclata de rire. « Les coquins ! », s'écria-t-il. Il était difficile de dire si le Nain était content de les revoir ou s'il leur en voulait de se la couler douce tandis que nous avions passé des heures éprouvantes en allant les récupérer. Quoiqu'il en soit, Merry et Pippin s'amusèrent beaucoup de cette réaction. Ils racontèrent que le domaine était tombé et qu'un dénommé « Sylvebarbe » souhaitait s'entretenir dans les plus brefs délais avec Gandalf et le roi Theoden. Le magicien et le souverain prirent donc congé en emmenant Eomer avec eux. Aragorn demanda aux Hobbits ce qu'il était advenu d'eux depuis leur enlèvement près du lac de Sarn-Gebir mais Gimli l'interrompit en déclarant avoir faim. Il était plus de midi et nous n'avons pas mangé grand-chose depuis la veille. Nos deux compagnons nous proposèrent alors de nous rendre dans ce qui restait du garde-manger de Saroumane, ce qui me fit froncer les sourcils.

« Il ne doit y avoir que de la nourriture d'Orques là-dedans, dis-je. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils mangent mais vu leurs têtes, ça ne doit pas être très bon pour le teint. »

Gimli illustra mes propos d'un hochement de tête et Legolas rit doucement.

« Détrompez-vous, Lisbeth, répondit Merry. Saroumane avait des Hommes pour son service personnel et ils ne se nourrissaient pas comme les Orques. Beaucoup de denrées ont été emportées mais il reste largement de quoi faire un bon repas. »

Je haussai les épaules et nous suivîmes les Hobbits dans un bâtiment troglodyte. Ils avaient allumé un feu dans la cheminée qui perçait la roche et la lumière entrait à flots par les fenêtres. Effectivement, la nourriture était tout à fait civilisée. De la viande séchée, du pain, du miel, du vin. Le déjeuner fut accompagné du récit des aventures de Merry et Pippin. Aragorn ne s'y était pas trompé quand nous avions découvert le champ où les Rohirrim avaient tué les Uruk-hai. Les Hobbits avaient profité de la débacle pour prendre la fuite vers la forêt. Leurs ravisseurs avaient essayé de les poursuivre mais les arbres vivants de Fangorn les avaient attrapés pour les présenter à Gandalf qui se trouvait justement dans le secteur. Ils avaient ensuite passé un certain temps aux côtés de ces arbres qui, en se sachant menacés, avaient décidé de prendre d'assaut l'Isengard, laissant le domaine dans l'état où nous l'avions trouvé à notre arrivée. En les écoutant et en repensant aux récits de Bilbon à Fondcombe, je me demandai si tous les Hobbits avaient cette capacité de rendre leurs histoires captivantes, a fortiori s'ils avaient vécu des choses extraordinaires. Finalement, Merry et Pippin s'en étaient bien sortis malgré les créatures bizarres qu'ils avaient fréquenté tous ce temps. Ils semblaient en excellente santé et ils avaient grandi. Je ne fus pas la seule à m'en étonner puisque Gimli les interrogea sur cette croissance inattendue. Ils nous apprirent qu'ils avaient bu de l'eau des Ents, ce qui avait amélioré leur condition physique.

« Vous devriez arrêter d'en boire, plaisantai-je. Sinon, vous deviendrez plus grands que moi.

— Lisbeth, ma chère, vous me dépassez déjà en taille, ce qui ne vous donne pas lieu de vous plaindre, plaisanta Gimli.

— Vous êtes un Nain, c'est différent. »

Ledit Nain rougit derrière sa barbe et marmonna quelque chose que je préférai ne pas écouter. Legolas me prit la main sous la table et serra mes doigts entre les siens. La conversation changea ensuite de sujet et j'eus alors l'impression que la peur qui m'avait collé à la peau depuis cette terrible nuit dans le lit de l'Isen avait quelque peu reflué.

oOØOo

Après avoir mangé, nous allâmes tous nous asseoir dans les ruines pour discuter en attendant le retour de Gandalf. J'avais cru comprendre qu'il s'entretenait avec les Ents et je n'avais pas très envie de voir ça. Les dégâts dans tous l'Isengard montraient bien ce dont ces arbres vivants étaient capables quand on les mettait en colère. Au bout d'un moment, le magicien ainsi que le roi et son neveu réapparurent dans nos champs de vision. Nous nous levâmes pour aller les rejoindre. Merry nous avertit des dangers que représentaient les dalles branlantes sous la vase, aussi il fallut faire attention où nous mettions nos pieds. Mes bottes furent immédiatement gorgées d'eau, ce qui rendait l'avancée encore plus difficile.

« Je dois faire une visite d'adieu à Saroumane, dit Gandalf quand nous fûmes près de lui. C'est dangereux, sans doute inutile mais il le faut. Ceux d'entre vous qui le désirent peuvent m'accompagner mais faites attention ! »

Bien évidemment, personne ne voulut manquer cet événement malgré le danger. J'étais un peu curieuse de savoir à quoi pouvait ressembler cet ancien allié qui avait rejoint le côté de Sauron et, par ailleurs, j'étais persuadée qu'il ne pouvait pas avoir le dessus sur nous malgré les avertissements de Gandalf. Nous suivîmes donc le magicien en pataugeant dans la boue jusqu'au pied de la tour d'Orthanc. Le bâtiment de pierre noire était gigantesque. Sur l'une de ses faces, un escalier menait à l'entrée et une fenêtre avec une balustrade se trouvaient au-dessus de la porte. Gandalf ouvrit la marche, Theoden à ses côtés, et nous restâmes quelques pas derrière eux. Le magicien frappa à la porte, exhortant Saroumane à sortir. En guise de réponse, une voix qui ne m'était pas inconnue siffla :

« Qui est là ? Que voulez-vous ?

— Allez chercher Saroumane, puisque vous êtes devenu son valet de pied, Gríma Langue-de-Serpent, et ne nous faites pas perdre notre temps ! »

Nous attendîmes un peu puis une autre voix retentit :

« Eh bien ? Pourquoi vous faut-il troubler mon repos ? Ne voulez-vous donc me laisser en paix ni jour ni nuit ? »

Je levai la tête. Appuyé contre la balustrade se tenait un homme très âgé, vêtu d'un ample manteau immaculé. A l'instar de Gandalf, il avait de longs cheveux et une barbe blanche mais sa figure était plus allongée et ses sourcils plus épais. Ses yeux étaient profondément enfoncés dans ses orbites et son visage était privé de toute expression. Cependant, il se tenait penché au-dessus de nous comme un vieux professeur sur le point de réprimander un mauvais élève. C'est d'ailleurs d'un ton mêlant douceur et condescendance qu'il s'adressa au souverain du Rohan.

« Vous avez mené bien des guerres et tué nombre d'hommes, roi Theoden, et pourtant, vous avez tout de même fait la paix ensuite. Ne pouvons-nous pas tenir conseil comme nous l'avons fait jadis, mon vieil ami ?Ne pouvons-nous faire la paix, vous et moi ? »

L'interpellé ne se laissa guère tromper par ce discours. Il traita Saroumane de gibier de potence et affirma qu'il ne serait en paix que quand le magicien aurait répondu de ses crimes. Bien entendu, ce ne fut guère au goût du maître de l'Isengard qui renonça à ses belles paroles pour traiter Theoden de « vieux radoteur » et insulter son peuple qu'il semblait considérer comme des paysans répugnants et alcooliques dont la progéniture se roulait par terre avec les chiens. Si au début, sa voix avait été douce et presque mélodieuse, elle avait à présent ces accents cruels et sournois que j'avais entendus à Edoras alors qu'il possédait le roi. Il s'adressa ensuite à Gandalf et l'invita — comme il semblait l'avoir déjà fait auparavant — à rejoindre sa cause, sous-entendant qu'il s'était accoquiné avec des minables dans un combat perdu d'avance. Le débat dura un moment, aucun des deux magiciens ne voulant céder le moindre pouce de terrain. Finalement, agacé, Saroumane tourna les talons pour quitter le balcon. Gandalf le rappela et fit appel à toute sa puissance pour le traiter d'imbécile et le renier :

« Je ne suis pas Gandalf le Gris que vous avez trahi, dit-il. Je suis Gandalf le Blanc, qui est revenu de la mort. Vous n'avez plus de couleur, à présent. Votre bâton est brisé. »

Il y eut un craquement sinistre et le bâton que tenait Saroumane se fendit en deux. Le magicien déchu couina, bascula en arrière et disparut. A ce moment-là, un très gros projectile surgi de nulle part frôla la tête de Gandalf et tomba dans l'escalier en y creusant un trou. Il roula ensuite un peu plus loin. Sans me préoccuper de mes compagnons et suivie de près par Pippin qui lui aussi avait suivi du regard la course de l'objet, je m'approchai pour jeter un coup d'œil. C'était une très grosse sphère, un peu comme les boules de cristal des voyantes en pacotille du « monde normal », à la différence près qu'elle était noire. Des étincelles semblaient crépiter à l'intérieur. Je me penchai et plongeai mes doigts dans la vase pour la récupérer. Sans savoir pourquoi, j'étais sûre que la laisser là n'était pas une bonne idée. Ce n'était certainement pas un objet ordinaire. J'eus du mal à l'attraper. C'était lourd, froid et glissant. Derrière moi, j'entendis la voix de Gandalf :

« Lisbeth, soyez prudente, mon enfant, et apportez-moi cela. »

Je me redressai, la boule de verre dans les mains, et me tournai vers mes compagnons. Gandalf avait redescendu l'escalier. En quelques secondes, je fus prise de violents maux de tête et d'une nausée insupportable. Je ne pus faire plus de trois pas. Une sorte de choc électrique me traversa et je perdis conscience, m'écroulant dans la gadoue.

A suivre.