Et oui, je suis de retour ! Je sais, longue pause (pour moi en tout cas). Mais je vous assure, je n'ai pas chaumé.
J'ai lu vos commentaires avec plaisir en revenant de la campagne. Après une semaine avec ma famille (on était une dizaine de personnes), ça fait du bien de retrouver le calme de mon appartement XD. Les entrevues sont pour le prochain chapitre, et je les ai faîtes un peu différentes de ce que à quoi vous pourriez vous attendre.
Sinon, je recommence normalement l'école dans un mois :O Le temps passe vite. Je voulais finir cette fanfic avant cela, mais je doute que je puisse, maintenant. Donc je vous préviens, à partir de la mi-août, les chapitres vont sortir très rarement. Je m'en excuse infiniment à l'avance. Je vais faire de mon mieux, mais la réussite de mes cours passe quand même avant mon histoire. (Je sais, je sais. Mais où sont donc mes priorités ?)
Question 08: Si vous veniez du Capitole, sur quel tribut mettriez-vous de l'argent ?
Quant à moi, probablement Wade. C'est le plus imposant, avec le score le plus haut des carrières. Et puis... C'est Wade, quoi. ;)
Bref, bonne lecture ! (btw, pff, y'a eu des problèmes avec le site ce matin, j'ai du re-poster le chapitre T.T)
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Oris Vermann, 15 ans, District 6
– Oris Vermann !
Je lève la tête avec surprise. C'est déjà mon tour ? Ça fait à peine cinq minutes que Pomeline est partie. Lentement, je repose le livre que j'avais dans les mains et me dirige vers la femme qui a appelé mon nom. Je me demande ce que les autres ont décidés de faire ? Le choix est facile pour moi. Depuis la mort de Lennox, je me suis entraîné au lance-pierre. J'avais besoin de faire quelque chose. Mes sœurs pleuraient sans arrêt, mon père se noyait dans le travail. La maison était lourde de silence et de deuil. Et la télévision était toujours allumée, à rejouer encore et encore la mort de mon frère. J'avais besoin de sortir, de m'occuper d'une façon ou d'une autre.
Je me réfugiais dans les coins peu réputés du district. Là où se tenaient les soûlons, voyous et prostituées. Là où on pouvait souvent entendre les cris de torture des habitants alors que les pacificateurs s'en donnaient à cœur joie. Les rues étaient sales, les maisons délabrées, les regards suspicieux et les vêtements déchirés. Dans ces quartiers, personne ne me connaissait. Personne ne savait que c'était mon frère, qui était mort.
J'étais un jour tombé sur une vieille femme qui vendait toutes sortes d'objets bons à jetés et qui n'avaient absolument aucune valeur. Parmi ces déchets, j'avais trouvé mon bonheur, un lance-pierre. Il était simplement fait, un peu craqué sur les bords. En plastique blanc, avec un caoutchouc sec et cassant. Mais il était là.
Dans les Jeux de mon frère, je l'avais vu en utiliser un plusieurs fois. Lennox se l'était confectionné lui-même, dans la forêt de l'arène, avec les deux élastiques qu'il avait trouvé dans le sac pris à la corne d'abondance. Il avait abattu quelques oiseaux avec. Et voilà que dans ces détritus que la vieille essayait de vendre, je trouvais moi-même un lance-pierre.
Ce fut la première et seule fois de ma vie que je volais quelque chose. Je n'avais évidemment pas d'argent. J'avais à peine huit ans. Et elle ne me portait pas attention, essayant de convaincre un homme mal rasé d'acheter une chemise plusieurs fois recousue. J'avais tendu la main, pris l'arme, et m'étais enfui à toutes jambes.
Et depuis, je m'étais entraîné, jour après jour. Ça ne me servait à rien, bien sûr. Mais ça me détendait. Quand je lançais un projectile et touchais juste, j'avais l'impression que Lennox se trouvait derrière moi, me félicitant. Et plusieurs fois, même, je m'étais retourné, croyant l'apercevoir. Revoir son sourire, ses yeux pétillants.
Mais il n'était pas là, bien sûr.
Je me rends compte qu'un lance-pierre n'est pas ce qu'il y a de plus impressionnant, comme arme. Et tuer quelqu'un avec serait un vrai miracle. Mais au moins je contrôle cette arme à la perfection. Et s'il y a des petits animaux, dans l'arène, je pourrai me nourrir grâce à cette compétence. Je pourrai aussi m'en servir comme diversion. Envoyer une roche dans une direction, afin d'éloigner d'éventuels tributs de moi. Je peux m'en servir intelligemment, et ainsi ne pas être sans défense.
Je passe la porte, m'introduisant dans la salle d'évaluation. Les juges me jettent à peine un regard, semblant s'ennuyer profondément. Je prends une grande inspiration et les salue avec respect, même s'il n'y en a que deux ou trois qui le remarquent. Je cherche des yeux mon arme, essayant d'ignorer l'état quelque peu inquiétant de la pièce, qui semblent avoir été mise sans dessus dessous. Qu'est-ce qui a bien pu se passer ici ?
Finalement, je trouve les lance-pierres et frondes, de proches voisines. Je m'empare de celui fait d'un bois sombre. C'est de loin le plus beau lance-pierre que j'ai jamais vu, et je suis heureux d'avoir la chance de m'en servir au moins une fois. Dans l'arène, ce n'est pas sûr qu'ils en mettent un, mais j'espère que si je leur montre mon habileté, ils vont le considérer.
Je prends ensuite de grosses billes utilisées comme projectiles et me mets en position. Fermant un œil, je vise ma cible et relâche la tension. La bille atterrit exactement là où je voulais. Je recule de quelques pas, recommençant le manège. Pour le moment, tout se passe comme prévu. Je vise toujours juste, avec un lance-pierre. Je m'y entraîne depuis des années, après tout. Même Lennox n'était pas aussi bon que moi.
J'augmente ensuite la difficulté, envoyant plusieurs projectiles à la fois, ainsi que variant les tailles, les distances et les cibles. En jetant un regard vers les juges, je peux voir que certains me regardent maintenant avec intérêt. Mais trop peu à mon goût.
– C'est assez. Tu peux te retirer.
Je repose mon arme avec regret. Malgré le stress de la situation, j'ai toujours un immense plaisir à me servir d'un lance-pierre et à relever différents défis, à faire de nouvelles expériences.
J'incline la tête et sors de la pièce. Je me demande ce que Lennox leur a montré, à ses Jeux. Savait-il se servir d'une arme ? Je ne me souviens plus, j'étais trop jeune. Il était mon héros, à l'époque. J'étais persuadé qu'il allait gagner haut la main. Et je lui avais fait promettre de revenir. Comme il avait dû sentir de la pression, alors que son petit frère pleurait dans ses bras. Je m'en veux, maintenant, de l'avoir fait promettre. J'aurais dû lui dire au revoir, à la place.
Ces Jeux… C'est ma façon à moi de lui dire au revoir. De tourner la page. Lennox ne fait plus parti de ma vie, mais à cause de la façon dont il est mort, je n'ai jamais réussi à l'accepter. Maintenant, alors que je vis ce qu'il a vécu, je crois que je peux.
Lennox, regarde-moi bien. Je passe à autre chose. Il est temps pour toi de mourir pour de bon. Et moi de faire la paix avec cela. Je ne sais pas si je vais survivre aux Hunger Games, mais je vais tout faire pour. Et si je réussis, vas-tu me laisser vivre ma vie ?
Oris Vermann : Score de 6
Laurel Wellwood, 15 ans, District 7
Je regarde mon partenaire de district avec soulagement. Ce matin, il s'est apparemment lié d'amitié avec deux autres tributs. Au moins, il ne va pas se retrouver seul pour le bain de sang. J'ai l'impression qu'un poids s'est enlevé de mes épaules. Un énorme poids. Plus les jours passaient, plus je me sentais engloutie par la culpabilité. Et pourtant, il n'était pas question de m'occuper de lui. Mais maintenant, il est avec la noire du onze. Il n'est pas ma responsabilité. Elle peut le protéger.
– Laurel Wellwood.
Je me lève, me dirigeant vers la femme. Depuis que le garçon du six a été appelé, je suis restée perdue dans mes pensées, incapable de faire quoi que ce soit. La quinzaine de minutes qui est passée a été interminable. Je suis contente que ce soit enfin mon tour. Je n'ai jamais été bien, avant un test. Pendant, il n'y a aucun problème, et après, je ne ressens que du soulagement. Mais juste avant, c'est horrible. Je sue, j'ai des crampes au ventre et les mains tremblantes.
Je craque nerveusement les jointures de mes mains et secoue la tête plusieurs fois avant d'ouvrir la porte. Ça va passer vite, je vais bien réussir. Et grâce à mon score, je vais attirer des sponsors.
Je me dirige sans hésitation vers les haches, à mon entrée dans la pièce. Les juges ne me portent pas grande attention, mais peu importe. Maintenant que ça a commencé, je me sens calme. Je sais que je peux le faire. Je m'empare d'une hache simple, plutôt rustique. Elle est un peu plus lourde que celle que j'utilise à la maison, mais c'est celle qui lui ressemble le plus. Ma hache est unique, car c'est mon père qui me l'a faîte lui-même, pour mon douzième anniversaire. Afin de me changer les idées avant ma première moisson.
Je me souviens la première fois que je l'ai manipulée. Elle était extrêmement lourde dans mes mains d'enfant, et m'a causée de nombreuses ampoules et échardes. Mais elle était à moi, et avec elle je pouvais m'entraîner aux côtés de mon père. Ça avait toujours été mon rêve, d'utiliser une hache comme le faisait mon père. Je pouvais passer des heures à l'observer, alors qu'il abattait son arme d'un puissant mouvement, la sueur perlant sur son front. Il était comme un dieu, pour moi.
Ma mère dit souvent que j'aurais dû naître un garçon, tellement je ressemble à mon père. J'aime la même nourriture, les mêmes activités. Je parle comme lui, ris comme lui. Je blague souvent que je suis son clone. C'est ma fierté.
Maintenant, je m'apprête à utiliser le plus beau cadeau que mon père ne m'ait jamais fait, le maniement de la hache, afin de tuer. Je me sens mal, d'utiliser ce don ainsi, mais je sais qu'il comprendra. Je dois revenir.
– Tu peux commencer, dit une voix féminine.
Je hoche la tête, ignorant les juges. Je ne dois pas faire attention à eux, seulement me concentrer sur ce que je fais. J'ai appris toutes sortes de choses, avec papa. J'ai passé des heures à ses côtés, à apprendre comment manier cet outil, que je transforme maintenant en arme.
Je soupèse la hache et la manipule souplement, la passant d'une main à une autre pour bien la sentir. Puis je commence. D'abord, m'assurer que les juges me regardent. Et je sais parfaitement quoi faire pour cela.
Je m'avance avec confiance vers l'un des arbres d'escalade. Ils sont en faux bois, mais je peux probablement les couper de la même façon qu'un arbre normal. Je choisis le plus gros d'entre eux, et levant bien haut ma hache, me met au travail. Vise toujours la même incision, donne le moins de coups possibles, le plus fort possible. Fais attention à ce qu'il ne te tombe pas dessus.
Je me répète les conseils de mon père, ayant l'impression qu'il se trouve juste derrière moi, à me souffler quoi faire. C'est ça, ma belle. Tu fais du bon travail. C'est là qu'on voit que tu es ma fille ! Tu as mon talent ! Je lui avais tiré la langue, lui demandant s'il doutait que j'étais sa fille, avant. Il avait répliqué qu'il n'avait jamais fait de test de paternité, après tout. Et il avait éclaté de rire, s'emparant de ma taille et me trimbalant jusque dans la maison.
Un sourire s'étire sur mes lèvres alors que l'arbre d'escalade s'effondre bruyamment. Je me tourne vers les juges, qui me regardent tous avec des yeux ronds. Je n'ai pas fini, vous allez voir.
Je me tourne immédiatement vers les pantins encore debout, une dizaine tout au plus. Brutalement, j'entreprends de les découper, tranchant la tête d'un, entaillant le ventre d'un autre, coupant les bras d'un dernier.
Puis le temps est venu de faire mon coup final. Je me suis essayée quelques fois, à la maison, mais je n'ai jamais très bien réussi. J'espère que la chance sera de mon côté. Je m'éloigne rapidement des pantins et étire mon dos et mes bras. Fermant les yeux, je compte jusqu'à trois, prenant de grandes inspirations.
1… 2… 3.
Je m'empare du manche de la hache, proche de la lame, et regarde ma cible. Il faut au moins que je touche le pantin. Peu importe où, je dois juste le toucher. Je recule d'un pas, amène mon bras vers l'arrière. Et je lance.
La hache se plante dans le crâne du pantin avec un bruit mat. Je sursaute, surprise d'avoir aussi bien réussi. Et prends immédiatement une expression morne, comme si ce que je viens d'accomplir n'est pas du tout extraordinaire pour moi.
Je me tourne vers les juges et incline la tête sèchement, retenant mon sourire. La plupart me regardent, maintenant. J'ai réussi à retenir leur intérêt. Mon score devrait être plutôt bon, alors. Ils me font signe de partir, et le cœur léger, je sors de la pièce.
C'est fait. J'ai réussi. Si seulement mon père était là, il serait fier. Sa fille chérie a fait un bon travail, elle s'en est bien sortie. Je pense à mes deux parents, qui m'attendent avec anxiété à la maison. Je vais leur montrer, que je peux réussir. Je peux gagner les Hunger Games et revenir. Ils n'ont pas à s'inquiéter.
Ils me manquent tellement…
Laurel Wellwood : Score de 7
Vamos Herriot : Score de 2
Yohan Flamsteed, 16 ans, District 8
– Tu m'écoutes ?
Je relève la tête avec surprise. Nayad fronce les sourcils et s'empare discrètement de ma main.
– Est-ce que ça va ?
– Oui, c'est juste… Le stress, quoi.
– Tu n'as pas à t'en faire, voyons, dit-elle avec un sourire.
Je hoche faiblement la tête. Elle semble toujours si sûre d'elle.
– Tu disais ?
– Rien d'important. Je me demandais juste ce que j'allais dire, à l'entrevue. Avec Cyprian…
Elle se tait immédiatement et un silence inconfortable s'installe. Les baisers de ce matin me reviennent en tête et je me sens rougir. J'ai l'impression que ce n'était qu'un rêve. Nayad qui m'embrasse ? Nayad qui m'avoue être amoureuse ? J'ai toujours cru que ça ne resterait que dans mon imagination.
– Et pour l'évaluation, tu sais ce que tu vas faire ? demandai-je pour briser le lourd silence.
– Camouflage ! C'est ma force, vu que je veux aller en design ! s'exclame-t-elle avec enthousiasme.
– Tu n'as pas peur que ça te donne un score plutôt bas ? C'est pas le truc le plus impressionnant…
– Pas de problème. C'est même mieux. Si mon score est bas, les autres tributs ne feront pas attention à moi. C'est ce qu'Ayelet a dit, non ?
Je hoche la tête. Notre mentor nous a conseillé de faire profil bas. Vu que cette année, il y a beaucoup de tributs qui ressortent, comme le type noir du onze – il s'appelle Fir, il me semble, – et ses deux alliés du neuf, ainsi que le gars du cinq, qui semble bien se débrouiller avec une épée, l'attention des carrières sera sur eux au bain de sang et ça nous donnera plus de chances de survie. Elle nous a aussi conseillé de ne surtout pas aller dans la corne d'abondance. Courir le plus loin possible, le plus vite possible. C'est son conseil.
– Dis… murmure Nayad en se penchant vers moi. Tu crois que je devrais le dire à l'entrevue ? Pour nous deux. Je ne veux pas mentir à Cyprian, après tout…
– Non !
Elle sursaute et me regarde avec de grands yeux.
– Tu as entendu Ayelet. Si tu veux avoir des sponsors, tu dois attendrir les gens du Capitole avec ton amoureux qui t'attend à la maison.
– Mais c'est mentir…
– C'est pour survivre ! Je croyais que tu voulais rentrer à tout prix !
– Bien sûr que je le veux !
– Alors tu sais ce que tu dois faire. Cyprian comprendra, lui aussi.
– Tu crois ?
– J'en suis sûr.
– Mais toi, comment tu auras des sponsors ?
– J'ai l'orphelinat.
– C'est vrai.
– Tu comprends alors, Nayad ? Notre relation est un secret. Elle doit le rester.
Elle hoche faiblement la tête, la mine triste. Elle est tellement honnête, cette fille. Tellement optimiste, et gentille, et un peu tête en l'air. Ses bons points comme ses mauvais… J'aime vraiment tout d'elle. Plus je la connais et plus ce sentiment se renforce.
Je regarde la salle avec ébahissement. Tout d'abord, il y a les pantins empilés dans un coin. Tous dans des états plus horribles les uns que les autres. Ensuite, il y a une table carrément cassées en deux. Et puis, il y a un arbre d'escalade, un arbre, tranché au niveau du tronc. Mais que s'est-il passé ici ? Quels tributs ont faits autant de dégâts ? Et c'est eux que je suis sensé combattre dans l'arène, pour protéger Nayad ?
J'ai un petit rire nerveux et la Haute-Juge, Delphi Scrymgeour, lève un sourcil.
– Quelque chose de drôle ?
– Non… Non, rien.
– Commence, alors, dit-elle sèchement.
Je hoche la tête.
– Je veux faire du corps à corps.
Elle claque des doigts. Un Muet qui semble du même âge que moi entre et se place devant moi. Je frotte mes paumes moites contre mon pantalon et le salut timidement, me mettant en position. Il n'a aucune réaction, attendant que je l'attaque. Ce que je fais après de longues secondes d'hésitation.
On se bat ainsi pendant d'interminables minutes. Je fais du mieux que je peux, mais je n'ai pas l'impression de très bien m'en sortir. Avant les journées d'entraînements, je ne m'étais jamais battu de ma vie, après tout. C'est Ayelet qui m'a conseillé de faire du corps à corps, car il y a de fortes chances que je n'ai aucune arme, dans l'arène. Qu'il faut au moins que j'ai un moyen de me défendre.
Finalement, la Haute-Juge m'ordonne d'arrêter. Je le fais avec soulagement, quittant la pièce aussi vite que possible dès qu'ils m'en donnent la permission. La porte refermée derrière moi, je m'appuie au mur et me laisse glisser au sol.
Pourquoi donc me suis-je porté volontaire ? J'avais des rêves, des idées irréalisables que je pourrais être le héros, pour une fois dans ma vie. Sauver l'orphelinat, sauver Nayad. Être différent. Ne plus être l'orphelin dont les autres rient parce qu'il n'a pas de parents, ne plus être le garçon adopté seulement pour les tesserae. Ne plus être le gars trop timide pour même parler à la fille de ses rêves.
Je voulais changer ma vie. Changer qui je suis.
Et comme un idiot, je me suis retrouvé dans les Hunger Games de mon plein gré. J'ai vraiment été naïf et imbécile. Je me suis imaginé avoir une chance, pouvoir me battre, pouvoir protéger mon amour, mon enfance. Mais rien qu'à voir l'état de la salle d'évaluation, je sais que je ne suis pas à la hauteur. Je vais me faire manger tout cru, et je ne pourrai rien y faire.
J'ai toujours été un faible, et les Jeux ne vont rien y changer. Je vais mourir.
Nayad Perthshire : Score de 4
Yohan Flamsteed : Score de 5
Silver Ivory, 17 ans, District 9
Les juges me jettent à peine un regard quand j'entre dans la pièce. C'est dans ce temps-là que j'aimerais pouvoir lancer des éclairs avec mes yeux. Qu'ils comprennent que je mérite du respect. Que je ne suis pas inférieure à eux. Qu'ils paient pour ce qu'ils nous font, à nous les enfants des districts. Pour qu'ils souffrent.
Je prends une grande inspiration, me rappelant le conseil de Wren de garder mon calme. Je dois leur plaire, afin qu'ils décident de ne pas me tuer au bain de sang. Je dois les impressionner, pour qu'ils croient que je pourrais faire un bon spectacle. Je ne peux peut-être pas me battre. Pas bien en tout cas. Mais je peux faire quelque chose qui ne leur permettra pas de me prendre à la légère.
Je m'avance à pas sûrs vers la table où se trouvent tous les couteaux sans attendre d'avoir la confirmation des juges qu'ils sont prêts à m'évaluer. J'en prends un de taille moyenne à la lame fine. Lentement, je m'avance vers les juges, m'assurant qu'ils me voient bien. Je ferme les yeux quelques secondes, essayant de calmer ma respiration et de me préparer. Ça va faire mal, mais il le faut.
J'appuie la lame contre mon bras droit, et sans me laisser le temps d'hésiter, fais une longue entaille. Je me mords la langue pour retenir le gémissement de douleur et le sang se met à couler le long de mon bras, s'écrasant gouttes après gouttes sur le sol. Quelques juges se lèvent d'un bond et me regardent, les yeux arrondis. Je lève la main gauche afin de les calmer.
– Tout va bien. J'avais besoin de faire ceci afin de vous montrer mes compétences. Vous pouvez vous rasseoir, je sais ce que je fais.
Ils me lancent des regards surpris et interrogateurs. Seule la Haute-Juge est restée complètement sereine. Je garde le couteau dans une main et me dirige vers la station des plantes. En quelques secondes, je trouve ce que je cherche, ignorant tant bien que mal la douleur qui me tenaille.
Je mâche la plante et l'applique doucement sur ma plaie. L'hémorragie diminue et la douleur aussi. Je me permets un soupir de soulagement. C'est ensuite le temps de recoudre le tout. Je me dirige vers les arcs, et avec mon couteau, je tranche la corde. C'est un fil un peu trop large, mais il fera l'affaire. Et je dois leur montrer que je suis capable de faire des premiers soins dans un environnement difficile.
J'entreprends ensuite de fracasser la lame de mon couteau contre le mur, réussissant après plusieurs essais. À ma grande satisfaction, je me retrouve avec un petit morceau coupant. J'enlève les plantes, qui étaient là pour calmer l'hémorragie. Et je recouds la plaie avec dextérité, malgré avoir seulement une main et ma bouche pour le faire.
Finalement, je remets les plantes par-dessus et enroule le tout d'un pan arraché de mes vêtements. Tout cela est fait en à peine quelques minutes, et je ne peux retenir un sourire fier. Ma plaie est encore douloureuse, mais c'est très supportable.
Quand je me tourne vers les juges, certains me regardent avec des yeux ronds. Je crois que j'ai réussi à laisser une impression. Et j'espère que même si je n'ai montré aucune habilité à me battre, ils trouveront mon don tout aussi intéressant pour les Jeux. Ils doivent savoir que je me suis alliée avec deux autres tributs, qui eux au moins savent à peu près se battre. Ça devrait jouer en ma faveur.
– J'ai fini, dis-je simplement.
– Tu peux te retirer, alors. Passe donc à l'infirmerie, au cas où, me dit calmement la Haute-Juge.
Je hoche la tête et m'éloigne, le sourire aux lèvres. L'évaluation est terminée.
Un Muet me montre le chemin vers l'infirmerie. À l'intérieur, il y a déjà une autre tribut, la fillette du six. Elle pleure à chaudes larmes, écrasée sur son lit. Je détourne les yeux, voulant lui laisser un peu de dignité dans son moment de faiblesse.
Le médecin me salut distraitement et me dit de m'asseoir. Il examine ma plaie.
– Bon travail avec la couture. Tu as déjà fait ça ?
– J'étudie pour devenir médecin.
– Je vois. Tu as du talent.
– Merci. Qu'est-ce qu'elle s'est fait ? dis-je en pointant la fillette avec curiosité.
– Poignet cassé. Le moment est mal choisi pour avoir une telle blessure.
Je hoche la tête. Ses chances viennent de diminuer de moitié, avec le poignet cassé pour les Jeux. Je peux comprendre qu'elle semble si désespérée. J'ai fait attention de me faire une blessure qui ne devraient pas me déranger dans l'arène même si elle ne guérit pas complètement.
Le médecin applique un genre de crème, disant que ça devrait aider à cicatriser beaucoup plus vite. Je hoche la tête distraitement, ne l'écoutant pas vraiment. Il refait mon pansement et me tapote le bras.
– Reste ici pendant que je vais chercher des anti-inflammatoires.
Il sort et les minutes passent. La fillette s'est finalement calmée, se contentant de renifler de temps en temps. Je l'ignore consciencieusement. Ce n'est certainement pas moi qui va la rassurer, puisque si elle meurt, c'est d'autant mieux pour moi. Bien sûr, elle fait pitié, et elle mérite certainement de vivre elle aussi. Mais la compassion n'est pas une émotion que je peux me permettre alors que j'entre dans les Hunger Games. Déjà que j'en ressens beaucoup trop à mon goût pour Wren.
La porte s'ouvre en claquant et je tourne mes yeux vers le nouvel arrivant. C'est justement Wren. Je me lève d'un bond, me précipitant vers lui. Il est couvert de sang et on peut voir de nombreux bleus qui commencent déjà à se former sur sa peau. Sans compter les égratignures. Mais ce sont ses yeux, que je remarque le plus. Ils sont voilés, vides.
– Wren ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Ça va ? demandai-je avec affolement, le menant vers un lit.
Il se laisse faire mollement, traînant des pieds.
– C'est quoi, tout ce sang ? Tu t'es blessé quelque part ? Montre-moi !
Il secoue la tête, le seul signe de conscience que j'ai vu depuis qu'il a passé la porte. Sa respiration s'accélère et ses yeux se tournent vers moi, l'agonie et la peur se mélangeant dans son regard.
– Ce n'est pas le mien… dit-il lentement.
– Quoi ?
– Je… Je l'ai tué…
Silver Ivory : Score de 7
Wren Keene : Score de 11
Rendwick Whishart, 15 ans, District 10
– Ça va ? demandai-je innocemment.
Eevi me lance un regard surpris, puis elle sourit gentiment.
– Depuis hier, oui.
– Tu n'es pas stressée pour l'évaluation ?
– Pourquoi je le serais. Je me fous de mon score.
Je hoche la tête avec compréhension. Elle se balance d'un pied à l'autre avec un petit sourire. Étrangement, elle semble… heureuse depuis que je lui ai dit que je la tuerai. Ce n'est pas le scénario parfait pour moi, mais au moins j'aurai une victime. Et puis, ce n'est pas comme si je suis obligé de la tuer rapidement. Une fois qu'on est tous les deux, éloignés des autres tributs… Je pourrai bien faire ce que je veux.
Comme elle m'a regardé avec reconnaissance, hier… Je n'avais jamais eu ce genre de regard tourné vers moi. C'était… jouissif. J'imagine la trahison qu'elle va ressentir quand elle se rendra compte que je n'ai aucune intention de la tuer sans douleur… ah... J'ai hâte.
– Tu vas faire quoi, alors ? dis-je pour continuer la conversation.
– Rien. Je vais me tenir devant eux et je vais attendre qu'ils me disent que je peux partir.
Je la regarde avec surprise. Plus je lui parle, plus elle me semble… étrange. J'imagine que quelqu'un qui veut mourir pense différemment. J'ai souvent pensé au suicide, moi aussi. Je ne l'ai jamais considéré sérieusement. Même si j'ai toujours trouvé ma vie misérable… D'une certaine façon, je veux quand même vivre. J'ai l'impression d'avoir des choses à accomplir. Peut-être que j'attendais les Jeux ?
– Et toi, tu vas faire quoi ? ajoute Eevi, comme si elle venait de se souvenir qu'on tenait une conversation.
– Combat au couteau, je crois… C'est ce que Jacinth m'a conseillé.
Eevi hoche distraitement la tête. Notre mentor fait de son mieux pour nous aider, mais nous ne sommes pas les tributs avec le plus de promesse, et Eevi ne l'écoute même pas. On est probablement les derniers tributs qu'elle pourra aider, à cause de sa maladie qui devrait bientôt la tuer, et elle s'est retrouvée avec nous. J'ai envisagé de lui proposer d'écourter ses jours, avant d'entrer dans l'arène. Question de me faire un peu de pratique. Mais je ne veux pas prendre le risque d'être disqualifié des Jeux.
– Eevi Hayse !
Eevi se lève lentement, m'accordant à peine un regard alors qu'elle se dirige vers la salle, la démarche complètement détendue. Elle est toujours si calme. J'ai hâte de voir sa détresse, dans l'arène. C'était bien hier aussi, quand elle s'est rendue compte qu'elle n'était pas capable de se tuer. Le désespoir qu'elle devait ressentir… Et le désespoir qu'elle va ressentir…
J'espère vraiment pouvoir briser ce regard vide qu'elle a en tout temps.
Je regarde les autres tributs qui restent dans la salle. Nous ne sommes plus beaucoup, et le silence est de plus en plus pesant. La plupart ne tentent même plus de faire croire qu'ils sont occupés. Ils se contentent de se tenir dans un coin, perdus dans leurs pensées. Comme moi.
Et c'est enfin mon tour, à peine quelques minutes plus tard. Il semblerait que les juges ont vite compris qu'Eevi ne ferait rien. Je rentre dans la pièce et mes yeux se posent immédiatement sur la petite marre de sang devant les juges. Je m'approche à petits pas et je sais que ma respiration s'accélère.
Est-ce le sang d'un autre tribut ? Qui ? Une fille, un garçon ? Comment se l'est-il fait ? Est-ce que c'est grave ? Est-ce que je pourrai le voir ? Est-ce que la personne est défigurée, morte ? Non, ce n'est pas assez de sang pour être une blessure mortelle.
Comme j'aurais aimé être là…
– Commencez, me dit une voix glaciale.
Je relève la tête et observe les juges. Ils semblent tous… excités. Comme si les évaluations qu'ils ont vues ont portées leurs fruits. Il doit y avoir des tributs intéressants, cette année. Ma mentor m'avait dit que rendus au dixième district, les juges sont habituellement complètement désintéressés et qu'ils se contentent de manger et de se parler entre eux.
Je me détourne du sang avec regret et me dirige vers les couteaux. Au passage, je remarque un matelas lui aussi recouvert de sang et j'écarquille les yeux. Mais que s'est-il passé dans cette pièce ? Je m'imagine une des filles carrières, celle du quatre de préférence, avec ses longs cheveux blonds et sa démarche confiante qui me rappelle Iris, se blesser avec une arme et se mettre à saigner abondamment. Je me sens vaguement excité et je tente de me changer les idées, afin de ne pas complètement gâcher mon évaluation.
Je m'empare d'un couteau et m'approche d'un pantin. J'entreprends de le planter dans différents endroits, comme me l'a appris l'instructeur durant les entraînements. Je n'ai pas particulièrement de talent, mais je peux au moins faire cela. Si je peux m'approcher d'un tribut, dans l'arène, je peux me défendre, et surtout, tuer.
Mais je n'arrive pas à bien me concentrer, mes pensées retournant aux taches de sang sur le matelas et à la petite marre au sol. J'image ce même sang qui sort du corps d'Eevi, alors qu'elle me regarde avec terreur, se rendant compte que je ne suis pas du tout le bon samaritain qu'elle croit. Alors qu'elle se rend compte de son immense naïveté. On croirait qu'après sa sœur, elle ne ferait plus confiance à personne. Mais non, elle est une vraie idiote.
Et grâce à elle, je vais pouvoir réaliser mon désir le plus cher; tuer.
Eevi Hayse : Score de 3
Rendwick Whishart : Score de 3
Winna Aldjoy : Score de 5
Fir Rollo : Score de 10
Wyvern Edenthaw, 15 ans, District 12
– Plus que nous deux, hein...
Alto hoche distraitement la tête.
– Je t'ai vu parler avec les carrières, continuai-je timidement.
– Oui, je me suis allié avec eux.
– Vraiment ? Comment t'as fait ?
– Je leur ai fait voir l'avantage de m'avoir.
– Et moi alors ? dis-je avec détresse.
Il tourne vers moi son regard toujours si mystérieux et attirant. Lentement, il tend la main et me caresse la tête avec légèreté.
– Tu viens avec nous, bien sûr.
Je lui souris. Une chance qu'il est mon partenaire de district. S'il n'avait pas été là, je me demande ce que je serais devenue. J'aurais probablement été morte de peur en permanence, roulée en boule dans un coin, à ne parler à personne, à être suspicieuse de tout le monde. Mais Alto me fait me sentir en sécurité. Il semble si sûr de lui, si en contrôle. Il sait ce qu'il fait. Et il va me protéger.
Je prends une grande inspiration. Ça fait quelques temps déjà que j'essaie de me convaincre de le faire avant qu'on n'entre dans l'arène. Une fois à l'intérieur, je ne pourrai pas avoir ce genre de conversation, pas avec les caméras constamment sur moi. Je toussote légèrement, essayant d'attirer l'attention de mon partenaire.
– Quoi ? demande-t-il gentiment.
Je me sens rougir et mon cœur bat à cent à l'heure. C'est un miracle qu'il ne l'entende pas. J'ai les mains moites et la tête qui tourne légèrement. Mais je dois le faire. C'est ce qu'aurait fait Avery. Et je dois devenir un papillon. Je suis un papillon.
– Hum… Comment dire… J'imagine que tu t'en doutes, mais je voulais quand même t'en parler, parce que… c'est peut-être ma dernière chance...
Il hoche la tête, me regardant attentivement. Je me sens immédiatement rougir et il pose une main rassurante sur la mienne, comme pour me dire que tout va bien. Quoi que je dise, il va l'accepter. Je prends une grande inspiration. J'ai l'impression que la tête me tourne.
– Je… Je crois que… j'ai des sentiments pour toi, dis-je d'une voix minuscule.
– Des sentiments ?
– Je… euh… Ben je suis amoureuse, quoi, bafouillai-je de plus belle.
– Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
– Quoi ? Rien… Non, juste… Je voulais te l'avouer, et…
Un sourire moqueur s'étale sur ses lèvres et il m'ébouriffe les cheveux.
– Ça va, je sais. Merci de tes sentiments, dit-il doucement, me regardant droit dans les yeux.
Je reste silencieuse quelques secondes, ébahie. Finalement, je me reprends et me mords la lèvre.
– Tu veux me dire autre chose ?
Je hoche la tête.
– Est-ce que… Je sais que je n'ai aucune chance, mais… j'aimerais bien savoir ce que tu ressens. Pour moi, je veux dire, ajoutai-je précipitamment.
– Je ne sais pas trop, avoue-t-il sincèrement. Mais je dois t'avouer que je ne veux pas trop y penser. On s'embarque dans les Hunger Games, et l'un de nous doit mourir. Tu comprends, j'espère ?
Je baisse la tête. Je comprends ce qu'il veut dire, bien sûr. Je sais qu'il a raison. Mais je ne pouvais pas empêcher l'espoir. Je m'accroche à ses paroles.
– Ça veut dire que… si tu y pensais, ça pourrait être réciproque ?
Il me regarde longuement.
– J'imagine, oui. Ça pourrait.
Un immense sourire me fend le visage. Je sais bien qu'il ne se passera rien, que lui ou moi devra mourir, dans l'arène. Et peut-être même nous deux. Mais que mon amour de longue date puisse être réciproque, même si ce n'est pas confirmé, et même si on ne pourra pas être heureux ensemble, je trouve que c'est un cadeau merveilleux avant ma mort. Parce qu'en y pensant rationnellement, je sais très bien que mes chances de survivre sont presque inexistantes. Et ça va. Je m'y prépare, depuis quelques jours. Je vais profiter de mes derniers jours autant que je le peux, aux côtés de celui que j'aime.
Si seulement Avery pouvait être là, elle aussi. Je n'aurais plus rien à redire.
– Merci, dis-je doucement.
Il lève les sourcils dans une question silencieuse. J'ouvre la bouche pour lui répondre, choisissant bien mes mots.
– Wyvern Edenthaw !
Je me tourne vers la voix de la femme et Alto me tapote gentiment la main.
– Bonne chance.
– Toi aussi, dis-je en souriant. Et je disais merci… d'être là. Je suis contente de t'avoir comme partenaire.
Je m'éloigne sans attendre sa réaction, contente de mon accomplissement d'aujourd'hui. Je crois que je commence à comprendre c'est quoi, être un papillon. C'est simplement être moi-même, sans avoir peur de le cacher.
Pour la première fois depuis la moisson, je me sens relativement sereine. Je me sens bien. Je sais que je m'apprête à faire l'évaluation, mais je prends les paroles d'Alto à cœur. Je n'ai pas à m'inquiéter de mon score. Je n'ai qu'à faire de mon mieux, et il s'occupera du reste.
Avery, est-ce que je fais les bons choix ? Es-tu fière de moi ? Comme j'aimerais te voir, maintenant. Te montrer le nouveau moi, et entendre tes commentaires moqueurs, voir tes yeux doux. Mais je n'ai pas plus besoin de toi, Avery. Je suis devenue un papillon. Et je vais le montrer aux juges et à tout Panem. Et à toi. Tu vas voir, Avery. Ça se passe bien pour moi. Tu n'as pas à t'inquiéter.
Wyvern Edenthaw : Score de 3
Alto Naysmith : Score de 9
Mais comment donc Alto a-t-il eu un tel résultat :O Moi je sais, moi je sais :P Commentaires ? Insultes ? Je prends tout ! :D
