Bonsoir tout le monde et bonne année 2012 ! Je vous souhaite bien du plaisir et des fics comme vous les aimez.

Je vous présente nos excuses pour ce retard. Comme vous l'avez peut-être constaté si vous êtes passés sur mon profil, j'ai changé de pays et ma connexion n'est pas toujours évidente. Ce n'est pas une excuse, à peine un bout d'explication, mais enfin, voilà. Nous ferons tout notre possible pour que cela ne se reproduise plus.

Puisque j'en suis aux excuses, je préfère prévenir que c'est une chapitre très, très Maraudeurs. Et que j'en suis moyennement satisfaite. Pas de réelle explication à ça, j'espère qu'il vous plaira quand même.

Je remercie comme toujours nos fidèles commentateurs, Mili, Wizzette, Marjanne, Grain de Sable, The Na Na, Océanna, Fenice et Silva.

Je remercie également JKR, qui nous prête gracieusement ses créations pour l'occasion, et vous souhaite une excellente lecture !


Petit rappel chronologique : Nous sommes désormais aux premiers mois 1974.

Au niveau des personnages :

Driana (la Kenyanne), Lizzie (qui parle beaucoup) et Margaret (qui a plein d'idées loufoques) sont les camarades de dortoir de Lily. Y logent aussi Sarah et Mary, dont les autres sont moins proches.

Nick Tallaup est le Professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Marilind Curring est une deuxième année de Poufsoufle - et une ancienne connaissance de Remus.

Daniel Powelt est le petit ami de Persephon, la soeur aînée de Remus. Ils sont tous les deux en septième année.


Et puis les autres on s'en fout

- Sirius, tu fais quoi ?

Il releva la tête vers James et soupira.

- J'écris à… Andromeda, souffla-t-il. Enfin, j'essaie. Je sais pas quoi lui dire…

- Pourquoi tu lui écris ? demanda Remus.

Sirius soupira en se grattant la tête.

- Ben, c'est une idée de James. Je voudrais savoir… Enfin, Bellatrix s'est mariée et… Ca va pas. C'est pas possible. Puis, je veux savoir pourquoi elle s'est enfuie, ajouta-t-il finalement.

- Commence peut-être avec ça, alors, suggéra son ami avec un sourire.

Mâchouillant sa plume, le jeune Black se remit à contempler son parchemin, écrivant quelques mots, raturant, avant d'être finalement satisfait de son œuvre.

Bonjour Andromeda.

Comment vas-tu ?

Ca doit te surprendre de recevoir une lettre de moi alors que tu as été bannie et que je dois plus te parler… Mais… Voilà, je ne sais pas si tu sais, mais je suis à Gryffondor. Et je suis donc censé être courageux, alors… Prenons cette lettre comme une marque d'appartenance à ma maison.

Voilà, je me suis toujours demandé… Pourquoi es-tu partie ? Pourquoi est-ce que tu n'as pas épousé Parkinson comme prévu ? Je veux dire, tu étais fiancée et tout… Et les filles, chez les Black, sont censées épouser qui on leur dit, non ? Pourquoi tu n'as pas voulu ? Surtout que tu avais accepté de te fiancer…

Bellatrix s'est mariée, elle. Là, pendant les vacances. Mais je n'arrive pas à l'imaginer soumise. C'est pour ça que tu n'as pas voulu, toi ? Tu ne voulais pas être soumise à un époux ? Ou alors, précisément pas à Parkinson ? Pourquoi ce Tonks ?

Pardon pour toutes ces questions. Mais j'ai essayé de demander à Oncle Alphard et il a tourné autour du chaudron.

Voilà, j'espère que tu vas bien, et que tu me répondras.

Sirius

Il fourra la lettre dans sa poche et se mit sur ses pieds, soudain impatient.

- On va à la volière ? J'ai fini ma lettre.

- J'ai pas fini mon parchemin sur les Potions, objecta Peter sans lever la tête.

Sirius soupira, se balançant sur ses pieds. James, regardant son ami d'enfance, n'osait pas se lever.

- Moi non plus, fit Remus. Vous avez qu'à y aller tous les deux, ajouta-t-il en souriant.

Sirius lui lança un regard reconnaissant et avec un haussement d'épaules, James se leva à son tour. Le chemin jusqu'à la volière se fit sans encombre, et Sirius prit soin de choisir un hibou de l'école.

- Tu crois qu'il saura la trouver ? demanda-t-il avec une brusque inquiétude. Je ne sais même pas où elle habite, j'ai juste son nom. Si Persephon ne s'est pas trompée…

James sourit au souvenir de leur discussion avec la sœur aînée de Remus. Les réactions de Sirius...

Trois jours après la reprise des cours, ils avaient croisé Persephon et Daniel dans les jardins et s'étaient précipités. Après quelques échanges de vœux et de banalités, Sirius, brûlant d'impatience, s'était tourné vers la sœur de son ami pour demander du but en blanc :

- Tu sais le nom du… de celui que ma cousine a épousé ?

- Heu… avait été la première réponse de Persephon, interloquée.

- Andromeda, n'est-ce pas ? était intervenu Daniel. Elle était pas fiancée à un Serpentard ?

Sirius s'était alors raidi, se rendant compte que tout le monde ne savait pas ce qui était arrivé à Andromeda Black. Il n'était pas sûr d'avoir envie d'en parler. Surtout à Daniel, après tout, il ne le connaissait pas, et ça ne concernait que sa famille.

- Elle a… préféré un autre, avait dit James avec un rapide coup d'œil vers son ami. Un garçon de Serdaigle, de son année. Ca ne vous dit rien ?

- Si, attends, je sais, avait dit Persephon. Ca va me revenir…

Elle s'était pris la tête entre les mains, ses lèvres marmonnant des sons inintelligibles.

- Tonks ! Ted Tonks, c'est ça. C'était le meilleur ami de notre Préfet, tu te souviens ? avait-elle ajouté en se tournant vers son petit ami.

- Ah, oui, je vois. Et tu dis qu'elle l'a épousé ?

- Elle passait beaucoup de temps avec lui, avait observé Persephon en haussant les épaules. Ils avaient flirté en cinquième année, avant qu'elle soit fiancée. Et en septième année, sur la fin, ils étaient inséparables. Toujours à chuchoter dans leur coin… Et ça n'avait pas l'air de plaire à sa sœur, Bellatrix faisait toujours des remarques. Quand j'ai su qu'elle n'avait pas épousé Parkinson, j'en ai conclu que…

Sirius avait hoché lentement la tête, faisant tout son possible pour ne pas grincer des dents. Les Serdaigle étaient trop intelligents…

- Tonks, donc, c'est bien ça ? avait-il demandé en guise de confirmation, la coupant avant qu'elle ne continue trop longtemps son histoire. Merci, Persephon !

Et c'est ainsi qu'il se retrouvait à la volière, contemplant sa lettre sur laquelle il avait soigneusement écrit un Andromeda Tonks qui résonnait très étrangement à son oreille. Comment faisait-on pour ne plus être un Black ?

James lui tapota l'épaule, le sortant de sa transe. Il marcha jusqu'à la fenêtre et lança le hibou, qu'il regarda voler jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un point dans le ciel.

- On fait un tour avant de rentrer ? lui proposa James tandis qu'ils redescendaient les marches.

Sirius lui retourna un sourire rayonnant. Décidément, son ami le prenait par les sentiments…

Ils prirent l'escalier qui menait à Brocéliande, mais continuèrent à descendre – ce qu'ils n'avaient finalement jamais fait jusque là. Les escaliers étaient sombres et ils descendirent de nombreuses marches avant d'arriver sur un couloir vide, qu'ils traversèrent en silence, un peu impressionnés par leurs propres pas qui résonnaient. L'un un après l'autre, ils se retournèrent plusieurs fois pour guetter si personne n'était après eux, retenant leurs respirations, persuadés d'avoir entendu du bruit… Mais ce n'était qu'eux. Enfin, le couloir s'ouvrit sur une salle ronde, avec cinq portes.

- Qui sait, on va peut-être trouver la Salle Inversée, murmura James.

Sirius sourit et se dirigea vers la première porte, à leur gauche. La pièce derrière n'était pas très impressionnante, à leur grande déception. Elle était petite, davantage que leur Salle Commune, et ses murs étaient nus, gris, sans aucun tableau. Pour tout ornement, si ce mot était juste, il y avait un grand tapis sur le sol qui représentait le Grand Hall dans les moindres détails. Les deux garçons passèrent plusieurs minutes à genoux, observant un aspect ou un autre auquel ils n'avaient jamais fait attention, avant d'être attirés par la deuxième porte de la salle, à l'opposé de la première. Après s'être consultés du regard, ils traversèrent et ouvrirent.

Pour se retrouver dans le Hall, en face de l'entrée de la Grande Salle. Ils se retournèrent pour ne voir que le mur derrière eux, la porte qui les avait fait arriver là ayant disparu.

- Bon… Ca c'était bizarre, remarqua James avec un sourire extatique.

Ils reprirent le Grand Escalier mais, à peine arrivés au milieu des marches, entendirent une voix qui leur glaça le sang :

- Tiens tiens tiens, messieurs Black et Potter, dans les couloirs après le couvre-feu… Veuillez me suivre, je vous emmène chez le professeur McGonagall.

Ils suivirent donc Rusard, la mine sombre, tandis que le concierge parlait à Miss Teigne de tout ce qu'il rêvait de leur faire subir, du récurage de la Salle des Trophées avec une brosse à dents à l'enchaînement par les pouces dans un des cachots de Poudlard. Arriver devant le bureau de leur professeur de Métamorphoses fut presque un soulagement, à ce compte-là.

Elle les accueillit en fronçant les sourcils :

- Que faisiez-vous dans le Grand Hall ?

- On… a pas vu l'heure passer, tenta James avec un faux sourire contrit.

- Bien entendu. Vous aurez deux heures de retenue et j'enlève 10 points à Gryffondor. Pour chacun d'entre vous, ajouta-t-elle en voyant Sirius ouvrir la bouche.

Il a referma en se renfrognant, tandis que le professeur rappelait le concierge.

- Monsieur Rusard, veuillez raccompagner ces messieurs à leur Salle Commune et veiller à ce qu'ils y rentrent bien.

- Pitié, Madame, fit alors James la voix pleine de rire et les yeux malicieux, raccompagnez-nous ! Ne nous laissez pas en compagnie de l'haleine fétide de cet être… Et de son chat !

Sirius éclata de rire malgré le regard furieux de McGonagall qui venait d'ajouter une heure de retenue à James.

- A vous également, Black ! Maintenant, disparaissez !

Le lendemain soir, Sirius décida d'aller manger à la table des Serpentard. Il ne savait pas trop s'il se sentait honteux d'avoir envoyé sa lettre, à l'encontre de toutes les règles des Black, ou s'il était heureux de cette transgression. Imaginer la réaction qu'aurait sa mère si elle savait… Il frissonna d'anticipation, un courant glacial se faufilant le long de sa colonne vertébrale. Mais elle ne saurait pas, jamais… Il pouvait lui cacher des choses – leur cacher des choses… Nan, il voulait juste profiter de son frère et de leur nouvelle bonne entente à la suite des vacances de noël.

N'est-ce pas ?

Il s'assit face à Regulus, qui l'accueillit avec un sourire fin que Sirius savait chaleureux, même s'il n'en avait pas l'air. Il le salua de même et adressa un signe de tête aux deux amis de son frère, Lestrange et Croupton. La conversation roula sur les cours et le prochain match de Quidditch entre Serpendard et Serdaigle.

A quelques places de là, Severus Rogue les observait à la dérobée. Plus l'année avançait, moins il comprenait Regulus Black. Il s'entendait avec son frère comme avec sa cousine, était silencieux mais attentif, recevait d'un même front hommages (il était un Black) et moqueries (il n'était que le deuxième fils). Au départ, Severus l'avait pensé faible, impressionnable, voire un peu idiot. Mais il se persuadait davantage chaque jour que le jeune garçon avait plus que sa place chez les vert et argent.

Il soupira discrètement en entendant Black – l'Héritier – éclater de rire, et se leva tranquillement pour rejoindre la salle où il travaillait ses potions.
Regulus le rejoignit quelques instants plus tard et observa quelques instants le chaudron qui bouillonnait déjà avant de commencer à couper des racines de rhododendron. Ils ne seraient que tous les deux, ce soir-là.

- Comment vas-tu ? demanda-t-il prudemment.

Règle d'or de Serpentard : toujours tourner autour du chaudron.

- Bien, sourit son « élève ». J'ai dîné avec Sirius, ce soir. Il était de bonne humeur.

Bon, il était percé à jour.

- Vous avez passé un bon noël.

- Oui, assura Regulus. Notre cousine Bellatrix s'est mariée. Une belle cérémonie. Toi ?

Severus serra compulsivement les lèvres. Evidemment, bien fait pour lui. Il jeta un rapide coup d'œil vers le plus jeune, concentré sur ses racines, et décida de ne pas répondre. Au lieu de ça, il sortit soigneusement de son sac un sablier fin, décoré de fils argentés sur tout son pourtour. Il le posa sur la table, ajouta trois gouttes de jus de sumac vénéneux à sa potion avant de retourner le sablier d'un geste sûr.

- Bel objet, commenta Regulus.

- C'est un cadeau, admit Severus, d'une voix suffisamment calme pour cacher, espérait-il, son contentement.

Le jeune Black hocha plusieurs fois la tête, silencieusement.

- Evans ne vient pas ce soir.

Beaucoup trop intelligent, se dit une fois de plus Severus. Evidemment.

- Non.

Regulus n'insista pas, et son aîné regarda un peu plus longuement son sablier. Lily le lui avait offert pour son anniversaire – et fêtait ce soir-là celui de Margaret. Il se demandait de façon lancinante ce qu'elle offrirait à son amie, et se sentait ridicule. Il soupira. Il aurait préféré l'avoir pour lui tout seul.

Lily, elle, ne pensait pas à lui.

- … une citrouille au beurre, voyons !

Les six filles piquèrent un véritable fou rire. Dans le dortoir des filles de troisième année de Gryffondor, l'ambiance était au beau fixe. Margaret et Lizzie rivalisaient de blagues, et Lily en avait mal aux côtes.

- Oh, des plumes en sucre ! s'extasiait l'héroïne de la fête. Merci, Mary, ce sont mes sucreries préférées.

- C'est bien ce que j'ai cru comprendre, rougit la petite blonde.

- Ah la la, que va-t-on faire de toi ? soupira dramatiquement Driana en tapotant l'épaule de Margaret, qui éclata à nouveau de son rire communicatif.

- Hé, vous savez comment on reconnait une harpie dans une foule ? demanda à son tour Sarah.

oOoOoOoOoOoOoOo

- Bon, heu, je vais y aller.

Sirius, James et Peter levèrent la tête plutôt brusquement, interrogeant Remus du regard. Puis James sourit.

- Il va voir Marilind. Pour travailler, fit-il en insistant sur le dernier mot avec un jeu de sourcils.

Remus rougit et baissa la tête, se contentant de rassembler ses affaires. James était vraiment trop bête.

Il sortit de la Salle Commune en entendant son ami rire derrière lui.

Tout ça, c'était de la faute de Cassandra. Quel besoin avait-elle d'aller raconter à James que Marilind était son « amoureuse » ? C'était même pas vrai en plus ! Mais ses dénégations n'y avaient rien fait, et James l'asticotait dès qu'il pouvait avec ça, en général en s'associant avec sa sœur, cette traîtresse. Sirius aussi, mais Sirius semblait moins intéressé que James par les faits et gestes des filles.

Il retrouva Marilind dans la Bibliothèque et oublia bien vite ses amis en attaquant la Défense Contre les Forces du Mal. Le professeur Tallaup expliquait bien, et de toute façon, Remus avait toujours aimé ses cours. Marilind, en revanche, avait visiblement plus de difficultés, et le jeune Lupin se faisait un plaisir de l'aider. La leçon qu'ils revoyaient ce jour-là portait sur les Pitiponks.

- Mais, Remus, je ne comprends pas. C'est la même chose ou pas que les feux follets ?

Ils passèrent finalement un excellent moment et se quittèrent en entrant dans la Grande Salle, chacun rejoignant ses amis.

Evidemment, James l'accueillit avec un grand sourire et une tape sur l'épaule, ce qui le fit rougir. Maudit James. Maudite Cassandra.

- Alors, ces… « animagi », fit-il pour détourner la conversation, en prononçant le mot fatidique sans émettre de son.

Sirius se renfrogna avec un soupir.

- Tu sais combien il y a de races de chiens ? Moi oui, maintenant. Et je vais te le dire. Il y en a 335, officiellement bien sûr. Le poids va de 900 grammes pour les plus petits…

- Oh, oui, je te vois bien en basset, l'interrompit Peter.

James éclata de rire, rapidement suivi par Remus, tandis que Sirius lançait un regard noir à son ami.

- Ou en yorkshire agressif, ajouta James.

- Les plus gros font 140 kilos ! assena Sirius d'une voix plus forte pour couvrir les rires. D'un extrême à l'autre, hein, y a de quoi faire… Je m'en sors pas.

Remus lui offrit un visage contrit en guise de compassion. Il savait de moins en moins ce qu'il devait penser de leur idée d'animagi. Oh, bien sûr, il était heureux, incroyablement touché qu'ils essaient de faire ça pour lui. Mais c'était difficile, dangereux… Et il était loin d'être sûr d'en valoir la peine.

- Je t'aiderais bien, grimaça James, mais j'ai entraînement de Quidditch… Londubat nous met une pression folle, en ce moment.

- Je sais, grogna Sirius. C'est pas grave, va.

Le lendemain, au petit déjeuner, James vit à nouveau arriver son journal d'un air morne – mais se pencha dessus néanmoins. Les trois autres parlaient du cours de Soin aux Créatures Magiques lorsque James poussa une exclamation.

- Ecoutez ça ! Le commandant Potter ferait-il ses preuves ?

Un communiqué officiel du Département des Aurors nous annonce que la marque sinistre qui a accompagné plusieurs assassinats ces derniers mois – dont celui de la famille Harmony – serait la signature d'un groupuscule terroriste, peut-être lié aux indépendantistes irlandais moldus. Les Aurors n'ont pas encore identifié de membres de ce groupuscule mais seraient sur de bonnes pistes !

Une photo de la fameuse marque illustrait l'article, comme leur montra James. Il restèrent un moment silencieux devant ces deux serpents qui sortaient d'un crâne, entre dégoût et fascination.

- C'est bien, non ? remarqua finalement Sirius. Ca montre qu'ils avancent.

James hocha la tête, silencieux. Manifestement, il pensait à toute autre chose. Il ne dit pas grand-chose de la journée, d'ailleurs, et fila dès la fin du cours de Sortilèges à son entraînement de Quidditch. Les autres retournèrent dans leur Salle Commune et Sirius ressortit son livre de chiens avec un soupir.

- Peter, s'il te plait, finit-il par demander. Aide-moi, ou je crois que je ne deviendrai jamais un animagus.

- Mais si, ne t'en fais pas, le rassura son ami.

Avec une certaine satisfaction, Peter abandonna son devoir et s'empara du livre que Sirius feuilletait avec désespoir. S'il y avait bien un domaine où il serait toujours le meilleur, c'était bien les animaux. Et que les autres lui demandent conseil sur le sujet le réconfortait agréablement, tant il se sentait à la traine en Métamorphose, matière où Sirius comme James excellaient.

- Alors… On a dit gros chien, noir, avec pas mal de poils… Certainement pas un labrador, mais vraisemblablement pas un rottweiler non plus, affirma-t-il. On va trouver, tu vas voir.

L'air déterminé, Sirius se pencha à nouveau sur le livre avec lui.

- Je pensais plutôt au type molossoïde, tu vois ? Chien des pyrénées ça me semblait pas mal mais ils sont pas noirs…

- Oui, je vois… Un Hovawart, peut-être ?

- Peut-être… Mais il me semble que la tête était plus fine, plus… pointue…

- Oh, alors il faut regarder du côté des lupoïdes… Un berger ?

- Ben, ils sont soient trop petits, soit pas assez poilus…

- Même celui-là ? Regarde. Le berger belge Groenendael… (1)

Sirius contempla pensivement la photo que lui montrait Peter. Un gros chien noir s'y ébattait joyeusement. Il avait de longs poils noirs et un regard vif, les oreilles bien dressées. Bon, il l'imaginait un peu plus gros, mais…

- Essaie de retrouver les sensations de tes rêves, si t'es pas sûr, lui conseilla Peter. Regarde bien l'image et concentre-toi, ton animagus devrait te dire si c'est lui ou pas.

Soufflant tout doucement par les narines, Sirius fit ce qu'on lui proposait. Il regarda longuement le chien qui courait et sautait, tentant de s'imaginer dans ses os. Et finalement, ça marcha plutôt bien : il eut un moment la sensation d'avoir une balle dans la bouche et l'envie d'aboyer…

Peter choisit ce moment pour le secouer doucement par l'épaule, le faisant sursauter.

- Hé, plonge pas trop, hein !

Sirius lui lança son plus beau sourire.

- T'as raison, c'est çui-là. Merci.

- De rien, sourit son ami en revenant, encore et toujours, à son devoir de Métamorphoses.

Décidément, McGonagall serait sa mort, décida-t-il. Comment diable voulait-elle qu'il sache pourquoi il était plus facile de transformer un oiseau en mammifère plutôt qu'en insecte ? Et puis, qui s'en inquiétait d'ailleurs ?

Il soupirait pour la énième fois lorsqu'il s'aperçut que Sarah se tenait devant leur table, attendant visiblement que l'un d'eux la remarque.

- Oui ? fit-il.

Sirius leva à son tour la tête.

- Oh heu, je… Je venais demander un truc à Sirius, dit-elle en rougissant.

Il haussa les sourcils, attendant qu'elle continue.

- Voilà, je sais pas si tu as vu, mais il y a, heu, une sortie à Pré-au-lard ce week-end, et je me demandais, heu, si je pourrais y aller avec toi ?

- Ben… Ouais, bien sûr, si tu veux ! répondit Sirius avec un haussement d'épaules.

- Super, fit-elle avec un grand sourire. On se retrouve dans le Grand Hall après le petit-déjeuner samedi, d'accord.

- D'accord, dit le jeune Black en retournant à son livre.

Le système respiratoire de l'oiseau est plus proche… Pfff, maudite Métamorphose, pensa une nouvelle fois Peter.

Comme convenu, le samedi, Sirius attendit Sarah à la sortie de la Grande Salle en discutant avec ses amis. Lorsque la jeune fille les rejoignit, toute souriante, ils se dirigèrent d'un même pas vers Rusard, qui vérifiait soigneusement toutes les autorisations de sortie d'un air hargneux. Ils devisèrent tranquillement pendant tout le trajet, établissant un plan de toutes les boutiques qu'ils voulaient visiter.

- Tu veux aller quelque part en particulier, Sarah ? lui demanda Remus au bout d'un moment en constatant qu'elle ne prenait pas part au débat.

- Ben, heu… Je ne sais pas, je pensais, peut-être… Les Trois Balais, non ?

- Oui, on finira par ça, décréta Sirius. Comme ça, on pourra se reposer après les courses.

James et Peter approuvèrent d'un signe de tête, et Sarah se renferma.

Elle ne dit pas grand-chose pendant qu'ils faisaient leurs achats chez Honeydukes et chez Zonko, n'acheta rien non plus, se contentant de regarder les étals et de jeter des coups d'œil à la dérobée vers le groupe de garçons qui l'accompagnait. Sirius ne comprenait pas pourquoi elle avait souhaité venir avec eux si c'était pour ne rien dire, d'autant qu'elle les empêchait de parler clairement des animagi.

- Je crois que je commence à bien connaitre mon chien, dit-il avec une grande satisfaction une fois qu'ils furent attablés devant une bièrabeurre.

-Oh, tu as un chien, Sirius ? demanda Sarah.

- Non, c'est pour Remus, fit Peter.

Avant de fermer les yeux un dixième de seconde. Les quatre garçons échangèrent un regard.

- Oui, notre ami Remus ici présent a un petit problème de fourrure, intervint James. Et on s'est dit qu'un chien pourrait l'aider à le régler.

Sirius sourit d'un seul coin des lèvres, tandis que Peter étouffait son rire et Remus son exclamation dans leurs verres. Sarah les regarda sans comprendre.

- Un problème de fourrure ? insista-t-elle en voyant qu'ils n'allaient pas élaborer.

- Oui, son lapin, reprit James qui avait l'air de s'amuser prodigieusement. Tu comprends, ses parents lui ont offert ça pour noël donc il a pas osé dire non, mais il est un peu… particulier.

- Le lapin de Remus ? Vraiment ?

- Vraiment, affirma James.

Sirius, Peter et Remus riaient maintenant à gorges déployées. Sarah, elle, était perplexe, mais n'osa plus poser de question et peu à peu, les garçons se calmèrent pour reprendre une conversation sur le Quidditch à laquelle la jeune fille ne participa pas davantage. Remus allait défendre une fois de plus les Catapultes lorsque Sirius, qui avait décroché de la dispute quelques minutes plus tôt, demanda soudain, à voix basse :

- Dites, vous savez pourquoi y a tous ces gens qui s'embrassent ?

- Parce que c'est la Saint-Valentin, intervint Sarah en rougissant.

Les garçons échangèrent un regard consterné et soupirèrent en chœur, vaguement dégoutés.

- On rentre ? grimaça James.

Les autres hochèrent la tête et se levèrent dans un bel ensemble pour prendre le chemin du retour, toujours suivis par Sarah qui faisait maintenant carrément la tête. Quand ils arrivèrent dans leur Salle Commune, elle fila dans son dortoir sans demander son reste.

- Ben qu'est-ce qu'elle a ? demanda Sirius à voix haute.

- Je crois, fit la voix amusée de Driana derrière lui, qu'elle espérait être seule avec toi à Pré-au-lard, aujourd'hui.

Sirius, médusé, la suivit du regard tandis qu'elle montait à son tour vers le dortoir des filles, avant de se tourner vers ses amis.

- Les filles, dit James en tournant ses mains vers le ciel.


(1) Hum, quelle passionnante conversation sur les chiens, pas vrai ? Je vous en aurais volontiers fait un billet LJ complet, mais j'ai difficilement accès à LJ, malheureusement. Je vous renvoie donc, si vous souhaitez en savoir plus, sur la page wikipedia du chien (et sur celles des différentes races si vous voulez une idée imagée). J'ai finalement choisi le Groenendael, de façon un peu arbitraire, mais j'espère que vous approuvez ce choix. Encore un très bonne année à tous et surtout, n'hésitez pas à commenter !

Et, pour fêter, nous l'espérons, notre 200° review qui devrait arriver avec ce chapitre (on compte sur vous !), nous avons piqué l'idée à Fenice de vous proposer... Un OS (ou plutôt, des). Vous pouvez nous soumettre une idée d'OS, de scène, sur nos personnages principaux ou secondaires, et nous vous les écrirons ! A vous de nous dire aussi si vous préférez à cette occasion que je les regroupe dans un recueil à part ou que je les poste ici, comme des interludes au milieu des Chroniques. (J'insiste, hein, plutôt de l'ordre de l'anecdote que du scénario parallèle, s'il vous plait, on a déjà suffisamment de mal à écrire nos chapitres...)

A bientôt ! Promis, le prochain, il sera là le 20 février. Je m'y mets tout de suite ! (ou pas...)