POV Narcissa
Ca picote.
Ca picote même drôlement.
Utile, incontestablement, ces sorts de cicatrisation rapide, mais on en a pas moins mal pour autant.
La bestiole qui m'a mordu n'est pas contagieuse (Et même si elle l'est,
je connais un Homme que la chair froide n'arrêtera pas), elle est même
plutôt sympa, même si je ne comprends pas bien ni qui elle est, ni ce
qu'elle veut, ni pourquoi elle est là, ni comment mon fils peut courir
aussi vite après le petit Harry, alors qu'ils étaient tout les deux
effondrés y'a pas trente secondes.
Hé, ho, c'est par ici le massacre!
Si carnage il doit avoir, autant laisser faire les (coup d'oeil a Sofio) choses, sans prendre d'initiatives dangereuses.
C'est exactement le genre de message pacifiste que mon devoir de Femme
Attentive m'incombe de faire passer a mon cher et tendre époux, qui
,remit de ses récentes émotions stomacales, se précipite vers nous avec
l'intention très nette de faire subir a Sof un sort que la Charogne
elle-même ne lui envierait pas.
Le cher homme est si soupe au lait a ses heures, et mon bébé dragon a
hérité de ce côté "je fonce tête baissé dans tout ce qui est rouge ou
pas loin", en oubliant au passage de s'approprier aussi la civilité
hypocrite, ainsi que l'aura magnificence de la Haute qui en jette a
fond quant tu sais plus trop quoi dire.
Et ca marche d'enfer, surtout devant les percepteurs et les flics.
Plus d'un qui est parti en pleurant et en appelant sa mère après m'avoir cherché des noises, pétrifié par ma Classe!
Sauf un, un jour, qui était sans doute trop bourré ou trop imbécile
pour prendre garde a ses paroles, et m'avait traité de "mal baisée" en
pleine rue.
Lucius s'est empressé de lui démontrer (aussi bien qu'a moi plus tard) a quel point il avait tort.
On n'a plus jamais revu le peu qu'il restait de lui!
Bref.
Le B-A-BA pour une mère et une épouse raisonnable, c'est de ne pas encourager sa famille a sombrer dans la violence.
Avec le petit Robert ça passait encore, pas trop de risque de les voir
s'entre déchirer jusqu'au stade critique, mais ce Sofio est une grosse
boule de muscles hérissée de piques et de pointes, avec des dents par
dessus, et ces deux zigotos seraient bien fichus de s'abîmer leur
délicats visages respectifs.
Ce qui représenterait un gâchis considérable.
Pas que je n'ai pas confiance en la force de mon mari, seulement je
tiens a le récupérer (et a le conserver!) dans un état respectable, ou
bien après la bataille, il menacerait de faire de l'ombre a Harry
niveau cicatrice.
Je dois les empêcher mutuellement de se sauter a la gorge, .
Pour ça, je m'y connais, mon lulu, cet amour, est plus facile a calmer avec un bisou qu'avec un baffe.
Je me dois de faire un barrage de mon corps pour éviter l'apocalypse!
Non, non, laissez, ça m'embête pas.
Mes bras s'ouvrent tout grands pour l'accueillir, et surtout pour mettre la Bêbête hors de portée.
Vu comment il fonce, le choc va être brutal.
Muscles raidis, lèvres tendues, je suis prête pour la collision.
- "Chéri!"
Smack!
Mission accomplie.
Mon Roi est refroidi, et ça fait encore plus mal.
Tout ça a cause du petit Robert, qui n'est même pas là pour éponger le sang versé par sa faute!
Oh.
Quand on parle du loup, on en voit les crocs.
Le petite Ange Noir est en train d'arriver.
Je sais pas si c'est vrai que les vélanes (C'est ça, hein? Je sais que
c'est pas loup-garou, mais après...) se téléportent, mais Robert est
bien là, alors qu'il y était pas, ni sa chemise rose a fleurs bleues,
agrémentée d'un short vert pomme, et de lunette de soleil orangées très
"New âge".
Je me rappelle encore du commentaire de mon cher et tendre, il y a une heure a peine:
- "Regardez qui voila! Un touriste de mauvais goût visitant un quelconque pays tropical! Ou sont le malibu bleu et le 4x4?"
C'était méchant, moi je trouve que ça lui va bien.
Ses petits poings sont serrés, et ses jolis yeux sombres encore plus sombres qu'a l'ordinaire.
Pas de doutes, le bibi est contrarié.
Et sous le soleil, même un minuscule tout fade a peine visible comme
celui d'aujourd'hui, sa jolie peau blanche va brûler et il sera encore
plus énervé.
Mais je peut pas être partout a la fois.
POV Herbert
Foutue crème solaire!
Indice 200, aucune brûle possible, tu parles, je cuis comme une merguez sur un grill!
Quelle arnaque, cette allée des Embrumes!
J'en étais sûr, les seuls produits qui marchent chez eux, c'est ceux
qui n'ont pour but que de faire souffrir les autres (Protège dents? Qui
a dit protège dents?), ceux qui sont sensé aider, peau de balle!
Je viens pour me plaindre auprès de celui qui m'a conseille CE produit, dans CETTE boutique.
Lucius, mon Adversaire.
Décidément, ce type me déteste, et il ne s'en rends même pas compte.
Ah, il est là.
Avec sa tenue de tennisman milliardaire a la manque, on le voit de loin.
Mais qu'est ce qu'ils trafiquent?
Ah. C'est comme ça.
Pour ce que je peux voir, et je peux, la vision des vampires étant
environs cinq cent fois supérieure a celle d'a peu près tout les
autres, "Mon adversaire" est assis a même le sol, sa lèvre inférieure
éclatée et un sourire idiot d'amoureux transis sur le visage.
Juste en face, Madame Circée avec un gros bleu sur la joue, en train de
supplier...Sophocle?...de ne pas le prendre au sérieux, qu'il rigole,
qu'il faut surtout pas s'énerver, que tout le monde il est beau tout le
monde il est gentil.
Elle trace des coeurs dans l'air du bout des doigts, sous les regards qui attendri, qui atterré, des deux Mâles.
Il n'en mène pas large, mon Sophocle.
- "Potter! Attends! Arrête toi! Je dois te parler!"
- "Pas question! Je suis sûr que tu vas encore me taper, ou me mordre! "
Ils passent devant moi a toute vitesse, sans cesser de s'engueuler.
Qu'est ce qu'il leur prends, a ceux là?
Et d'ordinaire, c'est pas le contraire?
Le blond qui court et l'autre qui le poursuis en gémissant?
Ca y est, sois le Polynectar est vendu en pharmacie a prix modique, soit le monde a enfin décidé de tourner a l'envers.
Voyons les choses du bon côté.
Avec ce tumulte, Soph ne m'as pas remarqué, reste plus qu'a faire demi-tour et partir discrètement.
Les vampires n'ont pas d'odeur, et parfois c'est bien utile.
POV Lucius
Huh?
Je ressens comme une présence.
Une présence connue et inconnue a la fois, couplée d'une vieille impression de danger, vague et repoussée.
Cette sensation ne saurais être engendré que par un monstre apprivoisé depuis peu.
Autrement dit, le petit Herbert.
Tu tombes bien, toi!
J'ai deux mots a te dire a propos de tes fréquentations, jeune homme.
Et je te trouve plutôt gonflé de revenir que maintenant, en nous laissant gérer le copain névrotique.
Personne ne saurait nous taxer d'intolérance, ma femme et moi (Draco ne
compte pas, il est mineur et chiant), on t'a accepté sous notre toi
pour une durée limitée en passant outre tes petites "particularités",
les trois vases d'époques réduits en miettes, la peinture des murs,
l'esquintage de notre unique héritier, et même ton semi-friquotage
d'avec le Survivor.
Mais que tu ramènes chez moi un collègue modèle XL, aussi sympa qu'une
bétonneuse en marche, et la convivialité de Jason Voreheger, là je dis
non!
J'ai trois enfants a la maison, dont je suis responsable!
Et je compte ma Reine parmi les enfants.
Oui, je sais.
Je sais que c'est un terrible cliché on ne peut plus misogyne, mais il faut la voir pour comprendre.
Alors a cinq, je vais être obligé de te dénoncer, pour avoir la paix.
Je suis sûr que tu comprendras.
Cinq.
POV Herbert
- "Heu...Sophocle?"
Je sursaute.
C'est la voix du mon Adversaire, ça!
Je crains le pire.
Bien qu'il ne craigne plus rien en ce qui me concerne, je le soupçonne
de cultiver a mon égard un fond de méfiance, un reste d'incertitude qui
le pousse a me faire des vacheries si il en a l'occasion.
- "Si tu cherches Herb..."
Non.
Il ne va oser.
Il n'ira pas jusque là, il ne serait pas capable!
Je n'ai rien fait de si grave qui appelle un tel châtiment!
- "...il est là-bas, près du rosier rouge. Comme de par hasard."
DAMNED!
Je hais, je déteste, j'exècre ce vieux croûton peroxydé!
- "HERB!"
Le rugissement sauvage et bien connu de Sophocle me vrille les tympans.
Bonjour la grâce et la discrétion légendaire des créatures de Satan.
Bon.
Puisqu'aucun d'eux ne me laisse le choix, il me reste plus qu'a m'envoler a tire d'aile le plus loin possible.
Une fois encore.
Le ciel est d'un gris sale qui donne envie de le frotter, j'espère qu'il ne va pas pleuvoir.
Adieu donc, tous, Herbert viens d'appliquer sa ligne de conduite favorite:
- "Je pense, donc je FUIS!"
Floupp.
Heureusement qu'il y a peu de vent aujourd'hui, ça peut être vachement
dangereux pour une bête aussi petite qu'une chauve souris.
Tenez par exemple, mon pote Arthur qui tenait absolument a voleter un jour de mistral, ben on l'a plus jamais revu!
Son père était très fâché.
D'une part parce qu'il n'était pas allé chasser la vieille, d'autre part parce qu'il n'irait plus jamais.
Le seul truc embêtant avec cette transformation, c'est la vue.
Pour se repérer au son dans un coin pareil, bonjour!
Ok, reste a s'élever le plus haut possible et a planer en ligne droite, jusqu'à ce que les ailes m'en tombent.
He!
quoi?
T'as pas oublié comme un détail?
Quoi? Qui me parle?
C'est ton ventre, banane!
La ferme! C'est pas le moment!
Trouillard! Si tu crois que ca va fonctionner comme ça! Je suis vide depuis hier soir!
Rien a faire, fous moi la paix!
Pas question! Les muscles gueulent qu'ils veulent pas travailler
maintenant! On va prévenir le cerveau, et lui ordonner de couper les
vannes!
Non! Pas maintenant! Pas ça! Pitié!
C'est de ta faute! T'avais qu'a remplir ta part du contrat! Allez les gars, a trois on coupe tout!
Non! Non!
Clac.
Tout devient noir, et je sens même pas que je tombe.
Pourtant, c'est indiscutable.
POV Draco
- "Regarde! Dans le ciel, un truc qui tombe! "
Hinhin.
Non, tu ne m'auras pas ainsi.
Si tu crois me posséder avec un piège aussi grossier, c'est que tu me juges décidément bien mal.
Ce qui ne saurait pas étonnant, pour la bonne raison que mal juger les
gens est ta spécialité, et ce depuis le début de ta scolarité.
Cours, cours!
Tu auras beau courir, il faudra bien qu'un jour tu t'arrêtes, ne
serait-ce que pour emplir d'air tes poumons rachitiques durant un quart
de seconde!
Et là je t'aurai.
Et là, tu l'écouteras, mon point de vue, que je compte bien t'assèner avec ou sans ton consentement!
Je suis gonflé a bloc.
Enfin, je veux dire, rien ne saura altérer mon bel enthousiasme, ni ma détermination légendaire!
Les Malfoy se sont toujours illustré par leur ténacité au cours des
siècles, et je suis la preuve vivante que cette noble tradition se
poursuit encore à ce jour!
Couic.
Qu'est-ce?
Ce couinement impromptu viendrait-il d'en haut?
Peste, le pauvre diable a raison!
Force m'est donné de constater qu'une petit forme noire, se découpant sur l'étendue grisâtre tombe effectivement du ciel!
Forme que je reconnais comme étant un oiseau quelconque.
Aucune importance.
Si les oiseaux se sont mit en tête de tomber du ciel, et bien grand
bien leur fasse, et je ne vois pas pourquoi j'irais m'immiscer dans les
choix personnels de mes contemporains a plumes.
S'ils souhaitent tomber, ma foi qu'ils tombent!
Je vais pour poursuivre ma course, quand IL s'arrête brusquement, geste
auquel mes propres poumons enflammés lui seraient presque reconnaissant.
Joie.
Allégresse.
Ca y est, il a du admettre sa défaite.
Admettre qu'il ne faisait pas le poids contre moi, qu'il ne l'a jamais
fait, et qu'il s'apprête à se confondre en excuses pour la puérilité de
son attitude, d'à l'instant et de ces derniers jours.
Ca va.
Dans ma grande mansuétude, je te pardonne, Potter.
Draco Malfoy, garçon trop honorable, trop cynique, et trop essoufflé pour t'en tenir rigueur.
Je fais un pas dans sa direction, le regard plein de bienveillance, de charité, de clémence et d'indulgence, et il recule.
Bon.
Ne nous décourageons pas.
Nouveau pas, nouveau manège.
Dammit.
C'est quoi, son plan?
Diantre.
Qu'est ce qu'il trafique encore?
En tout cas c'est pas cette fois que je vais le choper, on dirait.
Sous le coup de la frustration, mon vocabulaire s'en ressens.
I beg your pardon.
Il ne bouge pas.
Ses yeux sont fixés sur la forme chutante, tout en prenant soin de conserver entre nous une distance respectable.
L'incroyable se produit, là, sous mes yeux, Harry Potter songe.
Puis son regard lourd tombe sur moi.
- "Attrape le!"
Vu l'hésitation qui a précédé cette phrase, ainsi que l'expression
boudeuse qu'arbore son visage disgracieux, m'adresser la parole est
pour lui quelque chose de pénible.
Je m'en offense.
Pourquoi lui obéirais-je, alors qu'il me traite comme la pire des racailles?
- "Hors de question! Je vous rappelle aimablement que le Seeker de
génie ici, c'est vous, Sir! Alors si vos instincts sportifs vous
titillent au point que vous ne puissiez vous contenir en public, je
vous en prie, sentez vous de libre d'attraper cette chose sans vous
préoccuper des circonstances!"
Il grimace.
- "Mais je peux pas! Elle est a ton niveau! moi j'ai pas le temps d'y arriver! Drac, fait un effort!"
- "J'ai dit non! Et non c'est non!"
- "S'il te plaît!"
- "Même pas en rêves!"
Attendez.
Rêverais-je, ou bien...
Non, c'est tout ce qu'il a de plus concret.
Hosannah.
Pour une fois depuis ce qui me parait être une éternité, je suis bel et bien en position de force, pourquoi ne pas en profiter?
Mes camarades de maison m'en voudraient certainement a juste titre, si
je ne sautais pas sur l'occasion de performer un petit chantage a
Celui-Qui-A-Survécu-Et-C'est-Dommage.
- "Potter, c'est entendu. J'accepte de rattraper cette chose, mais a
une condition. Que tu cesses de jouer les filles de l'air, et que tu
acceptes de m'écouter."
- "Ok!"
...
Je n'en reviens pas.
Comment peut-on changer d'opinion avec telle facilité, mettre une telle
rapidité a retourner sa veste, Merlin, jusqu'où ira l'irresponsabilité
de cet imbécile?
Et moi alors, moi qui gâche mon énergie et mon oxygène depuis tout a l'heure, qu'en fait il?
Et mes muscles qui depuis tout à l'heure hurlent leur douleur infinie, qu'en fait ils?
Je vais vous dire, il s'en balance royalement.
Il peut claquer, Draco.
M'aimer, m'aimer, c'est bien beau, mais c'est du vent, toutes ces
belles promesses, ces démonstrations d'affection, tout ça, mais il
n'éprouve aucune gêne a me laisser souffrir de la sorte.
C'est bien toi ça, Potter, plus tu les aimes, plus tu les laisse mourir.
...
Ca aussi, il faudra bien que je lui précise que je n'ai aucune
intention de passer l'arme a gauche pour l'unique crime d'avoir reçu
-malgré moi!- les bontés du sauveur.
Palsembleu!
Voilà l'objet du marché qui manque de m'échapper.
Je n'ai que le temps de lever les yeux, avant d'apercevoir la chose en
question se diriger vers moi, et Hop, si je puis m'exprimer ainsi.
Comme j'en ai déjà fait la remarque auparavant, la spontanéité de mes réflexes est et reste digne d'admiration.
La créature est encore tiède.
Sa façon de se débattre faiblement entre mes mains crispées prouve que je n'ai pas a faire a une deuxième charogne.
Il est aisé de ne pas éprouver pas de grand dégoût a tripoter ainsi une
chauve-souris, étant bien trop habitué a en manipuler durant les cours.
A la différence que celles des cours étaient froides depuis belle lurette.
Ses ailes sont protectivement repliées sur elle, je n'ai aucun mal a les déplier dans leur largeur totale.
Bheu.
Nauséabond.
- "Potter! J'ai rempli ma part du marché! Je l'ai, ton truc!"
Je soulève bien haut mon ridicule trophée.
- "Voici ce que tu as demandé! Viens le prendre!"
Misère.
Il pose sur moi le même regard qu'aurait un rongeur hésitant, devant un chat lui agitant sous le nez un morceau de fromage.
Enfin, il se décide, et approche a petits pas récalcitrants.
Sa méfiance est telle qu'il marche presque de côté.
A un peu moins de deux mètres, il se fige, sa main se tends.
- "Donne!"
- "Prends le!"
- "Non! Toi donne le!"
Ce petit jeu peut durer longtemps, il est de mon devoir d'y mettre un terme.
Je tends donc mon bras au maximum dans sa direction, afin de bien lui
faire comprendre que je n'ai pas l'intention de lui sauter au collet
-pour le moment- .
- "Approche, je ne vais pas te mordre. Allez, approche, Harry."
Entendre son nom alerte ses sens.
Il s'exécute, on ne peut moins sûr.
Enfin, il tends le bras à son tour et se saisit de la chose, qu'il
blotti gentiment contre son torse malingre afin de l'examiner plus a
son aise.
Ses yeux se dilatent d'effroi.
- "J'en étais sûr!"
A présent totalement inattentif a ma présence, je le vois déposer la
bête a terre avec une infinie précaution, puis la pousser du doigt.
- "Herb! Herb, tu m'entends!"
Comment?
De quoi?
Qui?
...
Ai-je bien entendu, cette créature, se serait l'autre, l'autre créature, se serait la même, la créature de Satan?
Non!
Il doit se tromper.
Il faut qu'il se trompe.
Harry est paniqué au point de non retour.
Accroupi devant la bête inconsciente, je le vois agiter frénétiquement les bras, la tête, glapissant:
- "Herb! Herb! Oh, Herb! Oh My, oh My, oh My, oh My! Qu'est ce que je
dois faire? Qu'est qu'y faut faire! Appelez un médecin! Un
vétérinaire! Quelqu'un! A l'aide! "
Mon attention est détournée par plusieurs galopades, tout proches.
Holà.
Ses glapissements ont attirés l'attention du reste des zouaves.
Bon, derechef.
Tout cela n'est pas de mon ressort.
Je décide de rester a l'arrière plan, et de ne pas me mêler de ce qui risque d'arriver ensuite.
Pas fou!
POV Harry
Herb! Herb! Herb!
Mais que t'es il arrivé?
Qu'est ce que tu nous fous, là?
On se crashe pas comme ça, en plein après midi, sans raison apparente, c'est dangereux!
Pourquoi il redevient pas humain, hein?
Pourquoi il bouge plus du tout?
- "Herb! Herb! Réponds, réponds, nom d'une pipe!"
- "DEGAGE!"
Une poigne puissante m'agrippe a l'épaule, broyant la chair, faisant
crisser les os, pour me projeter avec violence dix mètres plus loin.
...
PONK.
Aïe!
Aieaieaieaieaieaieaieaie...
Oh.
Je vois le ciel.
Céleste vision d'apocalypse, c'est on ne peut plus ésotérique, n'est ce pas?
Nan.
Sans lunettes, c'est plus qu'une espèce de brouet grisâtre et laid, qui fait encore mal aux yeux de par sa faible brillance.
Il est vachement grand, n'empêche.
Tu m'étonnes qu'on ait pu y entasser autant de gens depuis l'histoire de l'humanité, et dois y avoir encore pas mal de place.
Un petit coin tout mou et tout moelleux, avec un juste peu de soleil, pour moi ce serait possible?
Je délire, là.
Mais c'est normal, je sens plus mes membres, et je suis presque sûr que
mon crâne a cogné contre une pierre dure, et que c'est le crâne qui a
produit le petit craquement que j'ai entendu.
J'ai pas mal, mais mon cerveau n'est plus qu'une mélasse informe et indigeste.
Ce qui est sûr, c'est que je ne bougerai plus avant un bon moment.
Reste a espérer que ca ne s'éternisera pas, j'ai pas que ça à faire.
Holà Faucheuse, déguerpi, carogne!
J'ai un monde a sauver, m...
...
...
.
POV Narcissa
Il est temps que ce gentil jeune homme nous quitte.
Ce n'est pas qu'il soit méchant ou désagréable, non, mais il est emporté, et il ne se contrôle pas très bien.
Il est temps que Sophocle s'en aille.
Mais je ne peux pas lui dire, et mon époux non plus.
Mon dragon est a l'ouest, et le petit Harry...
N'en parlons même pas.
Je n'ai pas peur, il n'y a pas de quoi avoir peur, nous avons la
situation en main a plus de soixante pour-cent, et c'est ce qui compte.
Tant que tu restes au dessus des cinquante, dit mon Lucius, tu n'as pas le droit de laisser tomber!
Le cher homme, il a bien raison.
Je n'aurai jamais peur, avec lui près de moi.
Seulement mon coeur est tout serré, et je sens bien que mon sang bat
plus vite dans mes poignets, ça fait du bruit et c'est désagréable.
Oh, Sophocle, vas-t-en s'il te plaît!
Je n'ai rien contre toi, mais vas-t-en!
Je t'aime bien, mais...ma famille...et toi...je veux pas trop que vous restiez ensembles...je..
Je...
Je sais plus du tout ou j'en suis, y'a un branchement qui se fait pas.
Chéri 1, Chéri 2, Chéri 3, a l'aide!
Ha!
C'était quoi, ce "FLOUF!", là-bas?
POV Lucius
Oh, Merlin.
Y'a pas a dire, tout va de mal en pis depuis cet après midi.
Heureusement que j'ai réussi a convaincre ma précieuse amie de rester
en arrière, ou ce spectacle n'aurait pas manqué de lui faire de la
peine.
La pauvre était toute blanche, toute roide sur la chaise longue
abandonnée, a triturer ses mains délicates et a mordre distraitement
son propre col.
Et a présent, c'est a moi de tout régler.
Autant essayer de se forger une vision globale de la situation.
En ce moment, c'est Harry qui paie le prix fort, le pauvre gosse gît
sur le sol, visiblement inconscient, alors qu'une petite flaque
vermeille s'épanche de sa tempe.
Houlà.
C'est pas bon ça, pas bon du tout.
Plus loin, cet espèce de sauvage agressif, penché sur son compatriote, l'air affolé.
Encore plus loin, mon fils, totalement hébété.
Ca en fait deux dans les choux, deux en transe, et le Monstre et moi pour gérer la fin de cette histoire absurde.
- "Draco! Draco, tu m'entends! "
Ses paupières papillonnent, alors qu'il reprends progressivement conscience de son existence terrestre.
Puis son regard encore un peu trouble me trouve, et une brève lueur de soulagement y passe.
- "Père."
J'y crois pas!
Il n'y avait dans ce simple mot ni colère, ni dédain, ni indifférence.
Pas même un brin d'ironie!
Tu parles d'un première.
Ca c'est un cas classique d'éclat d'"affection impromptue", celle qui
sort exclusivement au mauvais moment/mauvais endroit, et qui engendre
un tas de complications.
Mais c'était trop beau pour durer, le voila a peine sortie du semi-coma
ou il se réfugiait, qu'il se prends sans préavis la Réalité Des Choses
en pleine poire.
Réalité incarnée pêle-mêle par:
Harry a terre, baignant dans son sang.
Narcissa hors de vue.
Sophocle a moins de cent mètres, accroupi près d'un Herb au 36ème dessous.
Et là, il panique.
C'est moche a voir, une panique muette.
Pendant quelques secondes, il ne bouge plus du tout, puis d'un coup se met a trembler violemment.
Sa respiration s'accélère, s'alourdit, devient bruyante, sifflante, au point que son torse s'abaisse et se redresse visiblement.
Ca doit être ça qu'on appelle l'hyperventilation, quand tu te mets à faire des bruits de ventilateur hypertrophié.
Et mince.
Il choisit bien son moment pour me faire une crise d'angoisse sur pieds, celui là.
Mais si on est de ceux qui se forcent a ne voir exclusivement que le
bon côté des choses (Et y'a interêt), son comportement face au danger
potentiel s'est nettement amélioré.
Il commence par s'enfuir en courant, puis il s'évanouit (s'évanouir,
c'est quand même rester sur place), et maintenant il angoisse.
Comme dirait Babar, c'est un élève qui fait des progrès.
- "Draco. On reste calme. On respire. Tout va bien, papa a la situation
bien en main, il va tout arranger. Aucune raison de s'en faire! Vas
donc plutôt t'occuper de ton copain! Je gère! Sans problèmes! "
Je suis presque quasiment convaincu que j'ai peut-être raison.
Mine de rien, je m'approche du cadavre le plus proche, ou comment être doublement décédé en un minimum de temps.
- "Comment va-t-il?"
Sophocle est trop inquiet pour se soucier de qui il a à faire.
- "Il ne réponds pas! Il est tout pâle!"
Ca, c'est peu de le dire.
La pâleur étant une obligation pour tout vampire respectueux des
traditions de son peuple, le degrés inférieur de la dépigmentation
prends chez ce garçon des proportions inquiétantes.
En clair, il est carrément en train de devenir transparent sous nos
yeux, on commence même à distinguer le brun-noirâtre de la terre sous
son coude gauche.
Pauvre gosse, de cent quarante ans.
S'il n'est pas canné une seconde fois, le réveil risque de ne pas lui faire plaisir.
- "Et qu'est ce qu'il faudrait faire pour le remonter?"
- "Je l'ignore...je l'ignore! "
- "Vous n'êtes pas médecin?"
J'use de mon petit ton special, détaché et distant, normalement réservé
aux situations les plus catastrophiques, suintant de politesse et
d'indifférence sous-jacente, et constate avec délice que mon attitude
négationiste le crispe.
- "Psychologue seulement! "
- "Parlons-en. Pour mettre Herbert dans tel état pareil par ta simple
présence, tes talents de sociologue doivent dépasser l'entendement. "
J'ai pleinement conscience d'être en train d'éteindre l'incendie au chalumeau, et ça m'amuse.
- "Je suis psychologue! Mon terrain, c'est l'inconscient! "
- "Rectification: l'inconscience. "
Pas un applaudissements admiratifs pour cette remarquable prouesse d'esprit.
La finesse est décidément bien délaissée de nos jours.
POV Draco
Harry.
Harry, harry, harry.
Ca y est, ils t'ont tué pour de bon, ces forcenés?
Mon coeur cogne douloureusement dans ma poitrine, maltraité par cette
accumulation d'émotions inattendues, aussi variées que déplaisantes.
J'ai peine a me déplacer.
Mes membres semblent raidis par l'appréhension, entravés par mes muscles tétanisés, gonflés de nerfs aux limites de la rupture.
Malgré cela, il faut bouger.
Bouger, se déplacer auprès du petit corps lamentablement affalé dans la
poussière, auquel personne ne daigne accorder la moindre attention.
Difficile a croire qu'un tel choc ne l'ai pas brisé dans son intégralité.
J'ai toujours soupçonné que son squelette atrophié devait posséder la solidité d'une arrête de sole.
Voila l'occasion ou jamais de vérifier cette hypothèse.
- "Harry? Harry..."
Il est mort.
Il est mort, j'en mettrais ma main a couper.
Il est mort et c'est entièrement, indéniablement, indubitablement de ma faute.
Ma poitrine si agitée s'évide brutalement de l'intérieur, alors que
tout mes organes semblent remonter lentement le long de ma gorge, avec
la ferme intention de quitter mon corps.
Ma faute, ma faute, MA FAUTE!
Malgré moi, je sens mes yeux se border de larmes rageuses et impuissantes.
Dammit!
DAMMIT! DAMMIT!
Dans un élan de désespoir, mes jambes me trahissent, mes poings viennent marteler furieusement le sol asséché.
Enfin, soyons exacts.
Si mon poing gauche s'est effectivement écrasé dans la terre, la
trajectoire de son conjoint a pris fin contre quelque chose de bien
plus tendre, se révélant être le ventre de ma victime.
A trois reprises.
Dammit derechef, non content d'avoir mit un terme a sa vie, me voila en plus prit à manquer de respect a sa dépouille!
- "Theu!...theu..."
Il tousse.
S'étouffe, crachote, bavoche, respire.
Il respire.
Il RESPIRE.
J'échappe un gloussement nerveux involontaire.
Merlin soit loué, on dirait bien que l'incroyable épaisseur de sa boite crânienne néandertalienne a préservé sa vie.
Ma brutalité involontaire l'a tiré de ses limbes.
Merlin.
Je ne sais ce qu'il convient de ressentir.
J'hésite entre un immense soulagement, une profonde consternation, ou le cribler a nouveau d'insultes méritées.
Ses yeux s'ouvrent d'un coup, toujours aussi grands, toujours aussi
verts, toujours aussi vitreux et inexpressifs, mais ma foi, ils sont
ouverts et c'est ce qui compte.
...
Je le regarde se relever avec peine jusqu'à atteindre une position
assise, et constate ses cheveux hirsutes, relevés d'un coté, poisseux
de sang.
- "Drac."
Hannone-t-il d'une voix plate, encore titubant.
Le retour au réel parait difficile, et la récupération des données est pénible, mais fructueuse.
- "Drac! Ou suis-je? Qu'est ce qui s'est passé? "
Je dois parler.
Je ne peux pas.
La difficulté de mon énonciation vient du fait que ma carotide a cru
bon d'effectuer un noeud de cravate autour de ma première lombaire, et
ne semble que peut décidée a s'en détacher.
Pourtant, il faut parler.
Dire quelque chose, n'importe quoi.
Non, certes pas n'importe quoi! Pour là ou cela me mène de l'ouvrir a tort et a travers...
Il me faut trouver les mots justes, ces mots qui rassurent, qui bercent, qui soulagent.
Je ne les connais pas, allant même jusqu'à douter de leur existence
profonde, toutefois la culpabilité que je ressens me pousse à faire un
effort.
Je peux le faire.
Je vais le faire.
Vous allez vois si je peux pas le faire!
Ma bouche s'ouvre, va pour répondre, je m'entends distinctement prononcer:
- "Tu m'as fait la plus belle fausse joie de ma vie."
...
Je renonce.
POV Harry
Il baisse la tête, dévasté.
Eh ben, il me l'ont mit dans un bel état mon dragon.
Toute ces péripéties ne lui réussissent vraiment pas.
Sa permanente se barre de tout les côtés, comme si on lui avait collé sur la tête un hérisson écrasé de frais.
Yeux clos, poings serrés sur ses genoux écartés, le teint écarlate, au bord du nervous breakdown.
Je crois qu'il culpabilise.
Te frappe pas, pour une fois c'était pas ta faute.
Allez, souris!
Si t'es gay, ris donc.
...
Sorry.
Faut que je dise un truc.
Un truc grandiose dont j'ai le secret, un truc qui détendra considérablement l'atmosphère, un truc génial quoi.
- "...je peux encore mourir."
Il frémit, puis ouvre une paire d'yeux étonnés.
- "C'est vrai, j'insiste, j'ai un gros trou dans la tête. C'est moche et sale, et si ça se trouve, ça guérira jamais!"
- "...tu dis ça pour me faire plaisir."
La voix est morne.
- "Non, je te jure! Je peux encore me taper une hémorragie mortelle. Suffit juste d'attendre. "
Je vois ses lèvres se déformer d'un rictus nerveux.
Il porte une main a sa bouche, le dos agité de soubresauts hystériques.
- "Tu...tu ferais ça pour moi, Potter?"
La voix est hachée, entrecoupée de hoquets.
Ouais, on progresse, continuons comme ça.
Je réponds avec douceur.
- "Bien sûr. Je ferais n'importe quoi pour toi."
Il éclate d'un rire violent, et quelques larmes se permettent de dégringoler le long de ses joues en feu.
POV Lucius
Qui que ce soit-soit loué, le Survivant a survécu!
Et après mûre réflexions, quoi de plus normal pour un Survivant.
Je me comprends.
Et d'un de debout (ou tout comme) , reste un a terre, même si celui la
est claqué, au moins ça s'équilibre et le principal est sauf.
Tient...ca y est, à force de supplications et de baffes, la créature étendue reprends des couleurs.
Il aurait même tendance à en reprendre un peu trop.
On dirait bien que la vue de Sophocle au premier réveil ne l'enchante
pas spécialement, il pâlit, rougit, verdit, son visage finit par
ressembler à une palette de peinture utilisée il y a peu.
Et puis il gueule.
A côté, mon fils pleure et rit dans le désordre, tout en essayant
d'asphyxier le pauvre bléssé dans une sorte d'étreinte de catch.
Et la bas je devine Narcissa qui, en ayant fini avec ses ongles, s'attaque les peaux.
Les beuglements du monstre remit sur pieds redoublent, on dirait une
femelle poussée a bout qu'un collègue de travail aurait pincé a un
endroit innommable, une fois de trop.
- "CA SUFFIT, SOPHOCLE! SI TU ME HARCELES ENCORE LONGTEMPS, JE METS FIN A MES JOURS! ET JE VAIS LE FAIRE!"
Il soulève sa manche, exhibe son poignet exsangue.
- "ATTENTION, SOPHOCLE! JE VAIS ME TAILLER LES VEINES!"
L'interpellé ne parait pas vraiment inquiété du comportement extrémiste de son compatriote.
Ce serait plutôt le contraire vu l'expression d'intense lassitude qui
envahit son visage scélérat, il tire un opinel crasseux de sa poche de
pantalon, et le lui tends, stoïque:
- "Tiens. Fait le. On te regarde. "
Herbert ne se démonte pas, lui retire l'outil des mains et entreprends de mettre sa menace a exécution.
Et moi je me prépare a assister au spectacle avec une nonchalance équivalente a celle du grand monstre.
Il taille, taille, et rien ne se passe, c'est tout comme s'il tailladait une branche de bois.
Sa chair blanche s'ouvre sur rien, un tantinet recourbée, puis se referme paresseusement jusqu'au coup suivant.
Il aura beau s'acharner, ses blessures se refermeront encore, et toujours, il n'en conservera pas une trace.
Au bout de plusieurs secondes de ce manège ridicule, le carnassier adulte lui ôte fermement l'arme des mains.
- "Ca suffit. Ca marchera pas plus que la dernière fois. Et que celle d'avant. Et que celle d'avant."
- "La première avait marché."
Objecte piteusement l'imbécile, le teint encore rouge.
Sophocle affiche un sourire rayonnant, découvrant une série de dents blanches et tranchantes.
- "Oué. Heureusement qu'Ella était là. Sinon toi et moi, on se serait jamais rencontrés."
- "Bien m'en aurait prit de le faire un autre jour que ce maudit soir,
ou cette grognasse traînait ses basques! Elle m'a fait un mal de chien,
et en plus ça la faisait marrer! Je la déteste! Et je te déteste aussi!
"
- "T'es gonflé. Admet que tu t'es bien vengé, la nuit d'Haloween!"
- "C'est pas moi qu'ais prévenu les exterminateurs. C'est elle qui
faisait trop de bruit. Et puis tant pis, elle avait qu'a pas me faire
chier."
- "Tu sais que la dernière fois, j'y ai échappé de peu."
- "Je m'en doute. La prochaine fois, je leur filerait un plan détaillé de ta grotte, comprenant toutes les sorties de secours! "
- "J'en doute pas..."
Ses yeux sombres vagabondent partout ou son homologue ne se trouve pas,
et finissent invariablement par tomber sur les tourtereaux enlacés.
- "Harry! Qu'est ce que ce maniaque t'as encore fait subir?"
Il plante là son admirateur pour se ruer au chevet du Survivor.
L'admirateur en question fait la tronche, mais n'ose pas trop la ramener, conscient qu'il n'a pas la parole dans cet situation.
- "Harry, Satan, tu saignes...lâche le, toi! "
D'une simple poussée mon fils est éjecté de côté, Herb prends allègrement sa place.
- "Ca va? Tu as mal? Qu'est ce qu'il t'a fait, ce malotru?"
- "Non, non, j'ai rien! Je te jure! C'était un accident! Je suis..."
Je capte son oeillade au grand vampire.
Je capte également les petits signes suppliants que ce dernier lui envoi afin de le faire taire.
Pas gonflé, celui là, heureusement que ce môme est un exemple de complaisance.
- "...tombé! L'accident bête! Drac est venu a mon secours. Je suis tombé, comme toi! Et c'est aussi Drac qui t'as sauvé!"
Ses émois récents l'empêchent de continuer a bavasser, ses derniers
mots se coincent, s'entremêlent, deviennent bouillie, l'obligeant a
reprendre son souffle.
Alors qu'il inspire avidement, son doigt squelettique désigne mon fils du doigt:
- "Dis...merci!Allez!..."
Herb est pas chien, il obéit, a reculons.
- "...n'ci."
- "...d'nien."
Une fois cette formalité accomplie, il se tourne de nouveau vers son galant.
- "Ecoute, Sophocle, énonce-t-il du plus calmement du monde, c'est fini entre nous. J'ai trouvé quelqu'un d'autre."
Oh non.
Ne me dites pas que ce qu'il mijote depuis tout a l'heure, c'est...
Une de ses main agrippe celle du petit balafré, alors que l'autre lui claque "amicalement" le postérieur.
- "Pas vrai, Harry? "
La vache!
Ca c'est un beau calculateur, ça madame!
Et vu la tête de Harry, c'est également son point de vue.
Je me pose la question, les vampires n'auraient-ils pas tendance a faire preuve d'un tantinet d'égocentrisme?
Et on peut même pas dire que c'est dans le sang.
Haha.
Critch.
Le verre que le Grand tenait dans sa main vient d'éclater en une pluie
de fragments translucides, déchirant sa peau sans qu'il ne paraisse
s'en apercevoir.
J'aurais du m'en douter, Sophocle est un vrai violent, et tout ça va finir en carnage généralisé.
Bon.
