NB : J'avais commencé ce chapitre l'été dernier. La vie active ayant enfin commencé, je n'ai plus pris le temps de me mettre devant mon clavier. J'ai essayé plusieurs fois, mais je n'avais ni l'envie, ni l'inspiration pour écrire. Il y a peu, des nouvelles idées d'histoires se sont multipliées dans mon esprit mais je n'avais pas envie de me lancer dans une nouvelle fiction avant d'avoir terminée celle-ci. Ni une, ni deux, je me mets devant le clavier et là, l'envie et l'inspiration me gagnent. Quelle joie de pouvoir vous poster ce chapitre. Il sera un peu court mais je ne pouvais continuer plus loin.

Je vous souhaite à tous une bonne lecture.

Bon courage pour la rentrée à venir.

PS : S'il y a des Beta reader motivé pour corriger les précédents chapitres, je suis preneuse.


~ Chapitre XXV :

« "Danser en temps de guerre, c'est comme cracher à la gueule du diable."»

Hafid Aggoune


Harry était nerveux. Agacé par sa propre attitude, le jeune homme ne cessait de triturer son costume, gracieusement offert par Regulus. Depuis tout à l'heure, il voyait le couple affluer dans la Grande Salle, décorée à l'occasion d'un gigantesque sapin. Hagrid avait sélectionné, d'après les ragots de couloirs, le plus grand arbre de la forêt interdite. Regulus était passé devant lui, le dos droit et le visage fermé, visiblement mal à l'aise au bras de la jeune Borringer qui semblait dans le même état. Harry les suivait du regard, fixant la nuque de son ami, raide malgré un pas assuré et noble. Puis, il eut comme une intuition et se retourna.

Lorsqu'il l'aperçu au sommet de l'escalier de marbre, Harry sentit son cœur manquer un battement. Il se souvenait d'Hermione dans sa jolie robe de soie rose lors du bal du tournoi des Trois Sorciers, resplendissante. Cependant, ce soir-là, il se sentait différent, bien plus ébloui par l'élégance de sa cavalière. Il contempla sa gracieuse démarche tandis qu'elle descendait la volée de marche, une main sur la rampe, glissant sur le bois précieux, l'effleurant à peine du bout des doigts. Son regard était perdu sur ses pas, veillant à ne pas s'effondrer avec les talons qu'elle portait, dissimulés sous un jupon vaporeux, d'un gris lunaire qui saillait à sa mystérieuse personne. Un tissu, plus épais, entourait sa taille fine par plusieurs tours, marquant la séparation avec un bustier gris foncé incrusté de brillants et de paillettes. Elle semblait tombée tout droit du haut firmament. Ses cheveux étaient remontés en un chignon tout en simplicité et en élégance, dénudant sa nuque ainsi que sa poitrine décorée d'un simple médaillon d'argent. Quelques mèches viennent s'échapper de son attache, encadrant son visage souriant.

Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, Harry lui tendit son bras sans une parole. Parfois, les mots sont inutiles. Sofia lui répondit par un léger sourire teinté de timidité, les pommettes rosies de plaisir. Ils franchirent ensemble les portes de la grande salle et se mêlèrent aux autres étudiants. Il ne prêta que peu d'attention à la décoration des lieux et pourtant elle en valait la peine. Les préfets s'étaient réellement impliqués dans ce projet pour apporter un cadre idyllique aux étudiants. Le survivant guida sa cavalière jusqu'à une longue table, normalement utilisée pour accueillir les élèves d'une des maisons de Poudlard, recouverte d'une nappe blanche et parsemée de mets en tous genres et surtout de cocktails givrants. Les deux jeunes y trempèrent à peine leurs lèvres qu'ils sentirent une vague de froid les submerger, sans pour autant que cela soit désagréable.

- Sympa ces cocktails, n'est-ce pas ?

Lily était resplendissante dans sa robe aussi noire que l'ébène, véritable écrin de soie, soulignant sa peau porcelaine et sa taille svelte.

- C'est ton idée ? demanda Harry en avalant une nouvelle gorgée de ce breuvage.

La belle acquiesça joyeusement, ravie que cette boisson obtienne son aval.

- C'est vraiment étonnant, renchérit Sofia malgré un léger frisson et une chair de poule.

- Merci Dollovan, répondit Lily avec un grand sourire. Je dois y aller. J'ai encore tellement de choses à préparer avec James et les autres préfets. Profitez bien de votre soirée.

Et alors qu'elle allait tourner les talons, Lily se tourna vers Sofia.

- J'espère qu'on aura d'autres occasion de se parler.

Sofia n'y voyait là qu'une marque de sympathie mais Harry sentait bien qu'Evans désirait que sa cavalière vienne à son tour dans l'Ordre. Elle avait d'ailleurs abordé le sujet lors d'une précédente réunion. Le survivant était encore incertain de l'attitude à adopter. Lui qui était parti seul dans le passé, sans Ron, sans Hermione, dans le but de combattre seul Voldemort, il se retrouvait embarqué dans une aventure qui impliquait déjà huit personnes.

- Tu penses trop, Nathanaël.

Harry sortit de ses pensées et fixa Sofia d'un air interrogateur.

- Tu avais le regard perdu dans le vague, dit-elle avec une main posée sur son bras, la tête légèrement inclinée dans sa direction, sur le ton de la confidence.

Il le savait, Sofia avait un don mais elle avait également l'art de lire en lui comme un livre ouvert.

- J'ai parfois l'impression que tu me connais mieux que je ne me connais moi-même.

Face à cette confidence, Sofia perdit légèrement son sourire, plongeant dans ses propres réflexions. Harry ne manqua pas de remarquer le trouble de la jeune femme et alors qu'il posait une main sur le haut de son dos, Sofia retrouva sa bonne humeur. Ils passèrent alors leur soirée un peu en retrait, à rire et discuter, à en apprendre toujours plus sur l'un et l'autre, dans la mesure du possible pour le survivant. À la table des professeur, Dumbledore semblait se réjouir d'une telle ambiance, libérée de tous les maux d'hier et d'aujourd'hui, laissant Voldemort au fin fond des esprits.

Pour la première fois depuis son voyage dans le temps, Harry se sentait chez lui. D'ailleurs, emporté par les festivités, il en avait oublié qui il était vraiment et pourquoi il était ici. Ce soir, il était Nathanaël Drawkins et il passait du temps avec ses amis, rien de plus. Il s'amusait, il riait, il dansait même parfois, peut-être pas aussi aisément que Sirius ou Regulus, mais qui pouvait se vanter de se mouvoir avec autant d'élégance ? Alors qu'il observait chacun des convives, Harry remarqua une chose.

- Haley n'est pas là ce soir ?

Regulus et Severus semblèrent également constater cette absence.

- Elle n'avait peut-être pas le cœur à la fête.

- Ludvila n'est pas là non plus… Cours particulier de soins au créatures magiques ? suggéra Régulus avec un petit sourire entendu.

- Le soir du bal de Noël ? C'est étrange quand même, souffla Harry en se perdant dans ses pensées.

- Oui… j'aurai bien voulu la voir en robe.

Severus et Harry levèrent les yeux au ciel mais il fallait avouer que cette femme avait une aura incroyable, une beauté divine si bien que les élèves la surnommaient « la fille d'Aphrodite ». Malgré tout, Harry ne parvenait pas à l'admirer. Bien au contraire, sa voix trainante et aigüe l'agaçait au plus haut point.

C'est à ce moment-là que Sofia rejoignit leur table, le rouge aux joues après avoir dansé un rock endiablé avec Sirius. Dès lors, Harry oublia le reste. Puis, les lumières de la grande salle se tamisèrent lentement jusqu'à disparaitre, ne laissant pour seule lumière le croissant de lune qui trônait au-dessus de leurs têtes à travers le plafond enchanté. Le neige se mit à tomber. S'il avait déjà vu ce phénomène aux périodes de Noël en son temps, cette nuit il pouvait sentir les flocons s'échouer sur leur peau et recouvrir le sol de marbre d'un léger manteau de neige. C'était… magique.

- J'adore Poudlard, souffla le jeune homme, émerveillé.

Le château n'arrêtera jamais de le surprendre. Une légère musique s'éleva dans les airs, une mélodie cristalline, mélangeant piano, chœurs et cloches. Des angelots passèrent l'épaisse double ports. Des murmures emplirent la Grande Salle quand ces petits êtres déposèrent dans les mains de chacun un cadeau.

- Je crois qu'il est bientôt l'heure de découvrir nos présents. Attendons minuit.

Les regards de l'assistance convergent vers l'immense horloge et tous suivirent des yeux la trotteuse. Le temps semblait s'être ralenti. Un élève commença le décompte, puis d'autres suivirent, bientôt tous participèrent à cette envolée de chiffres, professeurs et élèves confondu. Quand le zéro retentit, tous crièrent un « Joyeux Noël » tonitruant, s'embrassant et s'enlaçant avant de s'attacher à déchirer le papier cadeau, avec plus ou moins de soin et de précipitation selon les personnes.

Harry regarda la petite boite qu'il avait entre ses mains. C'était comme son premier Noël à Poudlard quand il avait reçu un cadeau pour la première fois. Il avait le même sentiment ce soir. Quelqu'un lui avait fait un cadeau.

Du coin de l'œil, Harry observa le clan des Maraudeurs et plus particulièrement l'un d'entre eux. Peter déchira l'emballage avec précaution.

- Tu n'ouvres pas ton cadeau ? demanda Severus.

Harry sursauta. Pris dans son observation, il en avait oublié son propre présent. Sa méthode était quant à lui plus excité et rapide. Le survivant déchira sans attendre le papier noir, fit glisser le ruban d'argent qui l'entourait pour découvrir un écrin.

- Une demande en mariage ?

- Haha, très drôle, Severus. Ouvre ton cadeau aussi qu'on rigole un peu.

Quand Harry ouvrit la boite, il comprit de suite. Il n'avait pas besoin de lire la petite carte manuscrite à l'intérieur. Il savait qui était l'auteur de ce cadeau.

- Regulus…

- Je n'aime pas faire les choses à moitié. Un costume sans boutons de manchettes c'est comme…

Le jeune homme ne put finir sa phrase. Harry, prit dans son élan, l'avait pris dans ses bras, lui servant une accolade qui prit le dernier des Black au dépourvu.

- Merci mon ami.

Harry ne vit pas l'expression de Regulus, mais il sentit très bien ses bras l'étreindre à son tour. Quand ils se séparèrent, Harry remarqua le visage fermé de Rogue, penché sur la lecture d'une lettre.

- Est-ce que…

Severus plia soigneusement le mot, le glissant secrètement dans la poche intérieure de son veston. Il était gêné, mais devant le regard insistant de ses deux amis, il leur montra tout de même ce qu'il avait reçu.

- Une lettre ? Seulement ? s'étonna Régulus.

- Mais elle vaut tous les cadeaux, chuchota Rogue, le regard fuyant.

Harry se pencha sur l'épaule de Regulus pour lire avec lui le contenu de cette lettre. Elle était brève mais les mots employés étaient d'une fluidité et d'une douceur exceptionnelle. Lily lui écrivait son sentiment de manque, ses regrets, mais aussi sa satisfaction de le voir travailler avec James et les autres et son bonheur de le voir abandonner ce chemin qu'il avait emprunter.

- Moi j'aurai quand même glissé un petit cadeau supplémentaire.

- Tu n'as toujours pas ouvert ton cadeau, que je sache, attaqua Rogue en lui arrachant la lettre des mains. Tu as peur ?

Piqué au vif, Regulus nia, évidemment. Mais il n'osait ouvrir ce cadeau. Il avait reconnu l'écriture sur l'étiquette. Il n'y avait que lui pour tracer les R de cette façon.

- Il ne va pas t'exploser au visage, tenta Harry pour le rassurer.

Il y eut un silence gêné entre Severus et Regulus. Comment aurait-il pu savoir que les colis piégés étaient, l'année dernière, une spécialité des Maraudeurs. En parlant d'eux, Sirius venait de sauter sans les bras de Remus, tenant entre ses mains un casque de moto. Harry profita de la diversion pour soulever le couvercle de la boite. Regulus eut un mouvement de recul, mais quand il vit le contenu de la boite, son masque de froideur hautaine s'effondra. A la place, les deux garçons virent une profonde émotion sur les traits de leur ami.

- Zéphyr…

Lorsqu'il baissa les yeux, Harry vit alors un hippogriffe en peluche, délavé et usée par le temps. Elle poussa un léger cri en les observant, chacun leur tour. Cependant, il ne put le détailler davantage, Regulus remit rapidement le couvercle en jetant des regards à droite et à gauche. Il ne fallait surtout pas que les autres apprennent qu'il avait reçu une peluche pour Noël. Quelle honte… Mais nul autre cadeau n'aurait pu le toucher à ce point.

- Profitez de ces dernières minutes, déclara Dumbledore, un sourire ému aux lèvres en voyant une telle harmonie. A une heure, le couvre-feu sonnera, et il sera temps pour vous de rejoindre vos dortoirs.

Harry remarqua qu'il portait un vieux grimoire sous le bras, surement un cadeau d'une tierce personne. Il devait être déçu. Dumbledore ne préférait-il pas qu'on lui offre une paire de chaussette ? Mais l'important, ce n'était pas le cadeau, et cela, il l'avait bien compris en découvrant le présent de Regulus.

Tout à coup, il sentit une douce chaleur émaner contre sa cuisse. Cela eut le don de le surprendre et instinctivement, il glissa sa main dans la poche de son pantalon. La pièce ! Regulus et Severus avait exécuté le même geste que lui. Seul Severus sortit l'item de son costume. 24/12. 00/15. Harry dut se faire violence afin de ne pas se retourner vers les Maraudeurs.

- Alors, qu'est-ce que tu as reçu ?

C'est avec une fierté à peine contenue qu'Harry dévoila les boutons de manchette à Sofia.

- Ils sont magnifique. Parfaitement accordés avec ton costume d'ailleurs. Tu sais qui est l'auteur ?

- Regulus, dit-il en le désignant d'un signe de la tête. Non content de m'offrir un costume, il m'offre les boutons qui vont avec.

Le jeune homme haussa les épaules avec un faux air d'excuse qui arracha un nouveau sourire au survivant. Harry demanda également à voir le cadeau de Sofia. Avec moins d'entrain, elle lui dévoila un long écrin qui renfermait une plume rouge et or.

- Une plume, s'étonna Régulus. Et elle n'est pas taillée pour l'écriture.

- C'est une plume de phénix, souffla Severus en levant les yeux au ciel.

De phénix ?

- Tu sais qui te l'a envoyée ?

Sofia secoua la tête de gauche à droite. Pas même un simple soupçon.

- Et en y regardant de plus près, on peut voir que la pointe et encore légèrement molle. Cette plume a été arrachée très récemment.

Ce ne pouvait être que lui. En levant les yeux vers la table des professeurs, Harry vit le directeur lever son verre dans leur direction avec un clin d'œil. Le message ne pouvait être plus clair.

- Sofia, je suis désolé mais je vais devoir t'abandonner. J'ai une affaire à régler. Je t'enverrai un message d'ici peu.

Et Harry tourna les talons, prenant ses deux amis au dépourvu.

- Quelle délicatesse ! s'exclama Regulus en le rejoignant en compagnie de Rogue.

Harry fit claquer sa langue contre son palais.

- Tu vas vite comprendre. Assure-toi qu'on ne nous suit pas.

Le trio prit alors la direction de la salle sur demande, encore déserte pour l'instant. Dix minutes plus tard, l'armée du phénix était au complet.

- Avant de commencer quoi que ce soit, j'aimerai suggérer un nouveau membre, déclara Harry de but en blanc. Sofia Dollovan. Dumbledore lui a envoyé en guise de cadeau une plume de phénix. Le message est clair non ?

Lily eut un petit rire.

- Je n'y voit aucun inconvénient. J'ai déjà eu l'occasion de lui parler à la bibliothèque. Et si Dumbledore lui-même suggère de la recruter… qui sommes-nous pour refuser ?

Tous approuvèrent. Il n'en fallait pas plus pour qu'Harry se précipite vers une table recouverte de parchemins.

- J'ai l'impression de te voir, deux ans auparavant, quand tu cherchais à tout prix à séduire Lily, déclara Remus sur le ton de la moquerie en passant son bras sur les épaules de son ami.

- Pas à ce point quand même…

- Pire ? suggéra Peter.

Le loup et le rat rirent de bon cœur tandis que James boudait pour la forme avec un sourire au bord des lèvres. Son regard glissa d'ailleurs vers sa Lily, plantée devant Rogue, les bras croisés. Elle ne lui adressait plus ce regard froid et blessé. Bien sûr, la rancœur était encore bien présente mais le pardon est comme une route de montagne, long et semé d'embûches. Dans un autre coin de la salle, Regulus et Sirius se faisaient face.

- Qui aurait cru cela possible ? murmura James.

Il régnait dans la salle sur demande une étrange atmosphère, une certaine allégresse qui poussait les cœurs à s'ouvrir. Tous avaient le sourire au bord des lèvres. Après de nombreux parchemins froissés et raturés, Harry se leva enfin de sa chaise, une lettre cachetée entre les mains.

- C'était si difficile à formuler ? demanda Remus avec un sourire dans la voix.

Harry se contenta d'hausser les épaules avec nonchalance tout en accrocha la lettre à un hibou. Il s'envola par la fenêtre de la salle sur demande.

- Et dire que nous prenons le train dès demain, soupira Peter.

- Ces derniers mois sont passés à une vitesse.

James n'avait effectivement pas vu le temps passer, entre son nouveau rôle de préfet en chef, son entreprise de séduction et leurs recherches sur Drawkins. Au final, après maintes suspicion, James sentait qu'il pouvait lui faire confiance. Après tout, Rogue avait été assez fou pour le suivre dans un combat contre les forces du mal, lui, le petit chimiste adepte de magie noire. Le petit s'était à nouveau réunit autour d'un bon feu de cheminée. Harry s'amusait d'ailleurs à faire refléter les flammes dans ses tout nouveaux boutons de manchettes et Regulus le regardait, d'un air moqueur, certes, mais aussi avec fierté et attachement.

- Qu'est-ce que vous avez prévu pour les vacances ? demanda Peter afin de casser le silence qui s'était soudainement imposé.

Tous se regardèrent, attendant que quelqu'un prenne la parole en premier. Peter, une nouvelle fois, se dévoua.

- Je pars en Grèce cet été. Il y a pas mal de sites sorciers apparemment.

- Cela te ressemble bien, Peter. Des vacances éducatives, se moqua Sirius.

- Oui, mais il y fera bien plus chaud qu'ici.

Tous éclatèrent de rire face à la répartie, toute nouvelle, de Peter et à la tête déconfite que faisait Black.

- Noël sans la neige… c'est impensable pour moi, déclara James, le regard pétillant. Je vais passer les vacances chez mes parents.

- Et moi chez les tiens aussi.

Sirius tapa dans la main de son « vieux frère », comme il aimait parfois l'appeler… mais pas ce soir. Ce soir, il avait retrouvé son petit frère, ce n'était pas le moment de le vexer en appelant James « mon frère ».

- Je retourne chez les parents aussi…

Regulus avait l'air moins enjoué. Depuis l'épisode de Kreatur, il avait des frissons rien qu'en pensant à sa mère et ses propos sur le Lord Noir.

- Ce sera Poudlard pour moi, comme d'habitude, avoua Severus, le visage inexpressif.

Plutôt crever que de retourner là-bas. Remus avoua également retourner chez ses parents pour les fêtes de Noël mais il avait prévu de ne pas quitter la maison. Surement à cause de la pleine lune. D'ailleurs, vu le regard que s'échangèrent les maraudeurs, cela ne faisait aucun doute. Severus s'était également crispé. Harry avait l'espace d'un instant oublié qu'il était au courant de ce détail.

- Et toi Nathanaël ? demanda Regulus.

- Je compte rester à Poudlard mais je demanderais bien à Dumbledore de m'autoriser quelques sorties pour aller chez Drago.

Il ne comptait pas arrêter les recherches. Bien au contraire, il pensait les intensifier. Les cours étaient terminés, il fallait en profiter.

- Tu ne dis rien, Lily.

Les regards convergèrent vers la jolie rousse qui rougit de cette soudaine attention.

- Poudlard aussi. Ma sœur a invité toute la famille dans sa nouvelle maison pour Noël mais je n'ai pas tellement envie de la revoir.

Et Pétunia ne l'avait pas invité. Pire. Elle avait même supplié leurs parents afin qu'elle reste dans son « école de dingues », juste pour cette fois. Elle ne demandait pas grand-chose, une simple exception. Si elle avait longuement pleuré après la lettre de sa mère, maintenant, elle s'en trouvait soulagée.

- Et si vous veniez tous à la maison ?

James était-il fou ?

- Drawkins, tu n'as plus de famille directe, n'est-ce pas ? demanda Potter.

- Merci de me le rappeler…

- Ce que je veux dire, c'est que tu n'as pas de tuteur. Tu es pupille du ministère de la magie. Or, qui représente le ministère à Poudlard ?

- Dumbledore, s'écria Peter.

- Exactement. Donc…

- Il peut me signer une autorisation à séjourner chez toi. Du jour au lendemain, c'est possible ?

A Poudlard, tout est possible….

La jeune armée du Phénix finit par s'endormir dans la Salle sur Demande, paisiblement, des projets plein la tête. Et à la première heure, Dumbledore entendit du bruit dans les escaliers qui menaient à son bureau. Un « toc toc » énergique retentit. Le vieil eut à peine le temps de donner l'autorisation d'entrer qu'il se retrouva face à face avec un bande de jeunes, le suppliant de faire une dérogation pour les vacances de Noël.

Tant d'énergie, de courage et de vaillance.

Comment refuser ?