C'était la St-Valentin, quelle belle journée pour terminer un nouveau chapitre d'une histoire d'amour, hein? Je fais une petite fleur à mon ami Chantale-la-team-Jacob et j'incorpore Jake quelque peu. Mais je ne peux pas le mettre tout rose quand même! Je suis une team-Edward qui se respecte! Bon, je n'en dis pas plus, lisez et livrez vos commentaires, c'est toujours apprécié!
PS: Tous les personnages appartiennent à SM mais l'histoire est mienne!
«Bella, tu peux venir nous rejoindre?»
«Une seconde, j'arrive!»
Café à la main, appuyée contre le cadre de la porte de la salle de pratique, je fais un geste de la main pour faire patienter Jacob et le reste de la bande déjà assis derrière la table placée devant la scène. Ils sont prêts à commencer mais mon attention est dirigée vers une seule petite personne et je voudrais que l'échange entre Angie et moi soit plus que constructive. Dans le peu de temps que j'ai dans mes poches, je n'ai pas envie de perdre même quelques secondes pour détourner mon regard et joindre à mon geste un contact visuel avec mes partenaires. Ses traits sont tirées, elle a le teint blafard et les cheveux en bataille. Ce n'est pas la petite Angela toujours bien mise que nous avons l'habitude de côtoyer.
«Tu n'as pas vu ta mère depuis une semaine?»
«Heu... non.»
«Comment?»
«Quoi comment?»
«Tu ne l'as pas vu parce que tu n'es pas chez toi ou parce qu'elle n'est pas chez elle ou parce que vos horaires ne concordent pas...»
«C'est comme un genre d'interrogatoire Bella? Parce que je n'ai pas de comptes et encore moins ceux de ma mère à te rendre!»
«C'est juste parce que je m'inquiète! Gisèle n'est pas rentrée de toute la semaine au travail et je n'ai pas de nouvelles. Alors si tu me dis que tu ne l'as pas vu...»
«Elle doit jouer les martyres à la maison. C'est moi qui suis partie depuis l'autre dimanche. Elle m'a fait une crise du tonnerre et j'suis plus capable. Tu comprends? Elle ne me lâche pas une minute, elle me harcèle! Avant de faire l'irréparable, j'ai sacré l'camp. François a un appartement avec d'autres colocataires et il me laisse parasiter.»
«François Massicotte?»
«Ouais, c'est mon chum!»
«Ton chum! Dans son appartement!»
«T'as un problème avec ça aussi?»
Son regard brûlant de colère embrase mon calme et le consume tranquillement. J'aurais besoin d'Edward en ce moment. Je sais que j'ai quelque chose ici mais je ne sais pas comment le gérer. Son ton méprisant déclenche mes signaux -Alerte rouge - et je ne sais pas si je serai capable de garder le contrôle.
«Il n'y a pas de aussi Angie. T'ai-je déjà dit que j'avais un problème avec toi?» Elle peut être tellement condescendante avec son petit sourire en coin. Grrrr! «Réponds! Pourquoi t'en prends-tu à moi?»
«Tu parles comme ma mère! Vas-tu aller pleurer dans ton coin et dire que tu fais pitié aussi?» Elle ne peut se contenter de m'insulter en mots, elle en ajoute en imitant une pauvre vieille pleurant misérablement. Et elle le fait bien car je peux facilement voir Gisèle dans son interprétation. (Elle n'a pas eu le premier rôle pour rien!) Elle arrête son petit jeu promptement et son regard se durcit. «Garde tes inquiétudes pour toi Bella, j'ai assez des miennes pour m'accaparer celles des autres en plus. Tes petits airs de sainte-nitouche, garde-les aussi! Juge-moi pas parce que j'ai un chum qui m'aime assez pour me sortir de chez nous, s'occupe à ce que je ne manque de rien et est heureux de partager son lit avec moi. En 2010, une fille a le droit de dire qu'elle aime baiser avec son chum. Ouhhh! Tu devrais peut-être te boucher les oreilles. C'est ce que ma mère fait quand je lui dis des affaires de même! Anyway, Tim m'attend.»
Sur ce, elle tourne les talons.
«Ouais c'est ça, Tim t'attend comme toujours.» Si je pouvais lancer des rayons laser, je crois que j'aurais mis le feu dans le local, je suis en furie. Elle se retourne.
«Qu'est-ce que tu veux dire par là Bella?»
Je peux jouer à son petit jeu aussi. «Je sais pas... qu'est-ce qu'elle aurait voulu dire ta mère? We are the same! Mets-lui les mots dans la bouche, tu devrais trouver la réponse.»
Elle reste bouche bée. Qu'est-ce qu'elle croyait? Que je n'étais qu'une pauvre stupide straight petite Isabella Swann qui adorait se faire marcher sur le coeur? Si elle pense que je vais la laisser me parler de la sorte! Désolée, mais je ne suis pas sa mère. Sans un autre regard, je passe à côté d'elle pour rejoindre le reste de la bande.
J'ai de la boucane qui me sort par les oreilles. J'essaie de me ressaisir avant de m'asseoir à la table mais ce n'est pas facile. Plus fort que la colère, le sentiment de rejet m'envahit. Ce n'est pas le temps, ni l'endroit d'analyser mon état d'esprit mais c'est étrange comme la solitude puisse prendre toute la place en un instant. Ce n'est qu'une dispute entre mon ange et moi après tout. Et de plus, elle est perturbée, plus ou moins outillée pour survivre à ses événements alors je ne devrais pas me laisser affecter par ces petits accrochages. Jake, comme s'il pouvait lire mes pensées, m'attire à lui et me caresse doucement le dos.
«Hé! Ça va?»
Je fais oui de la tête, ne sachant pas si ma voix saurait masquer mon trouble.
«Ça n'a pas l'air d'aller! C'est Angie?»
«Écoute Jake, si ça ne te dérange pas, j'aimerais bien qu'on ne parle pas d'Angie, ok?»
«Pas de problème ma belle. Tu sais... tu sais que je suis là, hein? Si t'as un problème, une question ou juste pour... un câlin.»
J'ai envie de rouler des yeux croyant entendre le macho en lui ressurgir encore une fois mais lorsque nos regards se croisent, je détecte la sincérité briller dans le sien. Une chaleur intérieure naît, chassant la morosité du moment.
«Merci Jacob, c'est gentil. Mais tu peux oublier le câlin.»
Il sourit et se retourne vers la salle, délaissant les caresses dorsales qui me réconfortaient. Par ses épaules qui tressautent, je sais qu'il rit de ma remarque.
Une main sur mon épaule me fait sursauter et me ramène à la réalité.
«Désolée de te sortir de tes rêveries à la Black Bella!»
«Élyse! J'étais concentrée... et pas sur Dr Black.»
«Ouais, c'est ce qu'elles disent toutes!»
Jacob se retourne le sourire fendu jusqu'aux oreilles.
«J'adore quand tu m'appelles Dr Black ma belle! Ça me donne envie de jouer au docteur avec toi.»
«La ferme Jake!»
Élyse éclate de rire. «On dirait un vieux couple! Changement de sujet, tu viens faire les magasins avec Alice et moi cette fin de semaine?»
«Dans mes plans, bien que je n'ai pas envie du tout de faire du shopping. Ça fait trop longtemps que je n'ai pas vu Alice alors... Je ne savais pas que tu venais avec nous!»
«Ça te dérange?»
«Pas du tout!»
«Votre conversation de fifille est bien intéressante mais on a des jeunes qui se fendent l'âme pour donner un bon spectacle présentement. Peut-on avoir votre attention?»
«Ça va Jake, on se calme le pompon!»
Le pompon! Mais où Élyse va-t-elle chercher toutes ces expressions? J'ai presqu'oublié la richesse de ma nouvelle langue, les difficultés des tournures de phrase. Il faut dire que je suis maintenant à l'aise de la parler couramment, de la lire et de l'écrire. Écrire... je n'ai pas saisi un mot de par mon clavier depuis des lustres. Je n'ai pas continué mon lexique, regorgeant de mots et de phrases aussi agréables à regarder qu'à réciter. Trop prise par les événements, le local. Trop prise par mes émotions, Angie... Ça me fait penser au Saint-Ciméon et nos conversations en français avec mes amis résidents, à madame Bertrand que je néglige depuis que je suis avec Edward. Je devrais aller lui rendre visite. Une vague de culpabilité émerge et frappe les parois de mon coeur. Ce n'est définitivement pas ma soirée. Ça ne devait pas se dérouler de cette façon. J'aurais aimé qu'Edward soit ici.
J'entends au loin Tanya dire au groupe de prendre une pause avant le dernier acte. Je n'ai rien suivi, rien entendu de tout le deuxième acte, perdue dans mes pensées.
«Je vois que tu ne portes pas ta bague ma belle?»
«Hein?» Jake me tire de ma torpeur.
«Ta bague! Tu sais le truc qui brille qu'on porte autour du doigt quand on dit oui, je le veux?»
Le mariage! J'avais complètement oublié que je suis hypothétiquement fiancée. Qu'est-ce que je fais? Je mens? Je ne peux pas mentir! Je ne sais pas mentir!
«Je n'ai pas de bague Jake! Et parle moins fort s'il te plaît, je n'ai pas envie que tout le monde se mette le nez dans mes affaires.»
«Ouuuh! Pas de bague! Serait-ce que mon ami Edward a mis la charrue avant les boeufs?»
«Mais qu'est-ce que vous avez tous ce soir avec des expressions à n'y rien comprendre!»
Bon, j'ai été un peu sec. On ne va pas en faire un plat avec ça, non? C'est comme si on avait mis un contrat sur moi pour celui qui me m'amène le plus près de ma limite! Pauvre Jake! Des rides apparaissent sur son front. Il n'a quand même pas à recevoir le vase... C'est pas vrai! Je vais encore culpabiliser? En y regardant de plus près, son petit air renfrogné lui donne quelques années de plus, ce qui ne lui va pas trop mal. Il est définitivement très bel homme. La noirceur profonde de son regard, le hâle de sa peau, la douceur dans ses traits pourtant ciselés forment un tableau déroutant tant les couleurs sont sombres et chaleureuses à la fois.
«Tu es certaine que tu vas bien Bella? Avec Edward ça va?»
Edward ton fiancé... Tu sais celui qui te fait craquer juste à y penser, celui à qui tu as dit qu'un homme de la trempe de Jacob te répugnait presque, tu te souviens?
«Oui, oui tout va bien, c'est seulement que j'ai plein de choses dans ma tête présentement et...»
«J'avoue que j'aimerais bien que ça ne roule pas comme sur des roulettes avec Ed...» Il me fait un clin d'oeil avec son attitude de séducteur que je déteste. Soudain toutes les couleurs chaudes quittent le portrait. Ah! Oui! Je me souviens pourquoi j'ai dit à Edward que Jake n'était pas mon genre. «...mais j'imagine que c'est Angie alors? Tu sais que tu peux me parler ma belle, ne garde pas toute cette merde pour toi seule!»
Pourquoi ai-je envie de pleurer? Je ne vis rien pour me faire consoler quand je jette un oeil autour de la salle. Ces jeunes baignent dans le malheur quotidiennement alors que moi... mais je me sens si seule. Toute cette culpabilité qui m'oppresse depuis que j'ai mis les pieds ici, les gros problèmes émotifs qui cohabitent dans mon espace depuis quelques temps et ce soir... vide. Je me sens vide.
«Hé! Viens ici.»
Il me prend dans ses bras tendrement et me berce. J'oublie que je suis dans un lieu public, je veux juste oublier pour un instant. Oublier la bague qu'Edward m'aurait supposément donnée, qu'il n'est pas ici ce soir, la seule soirée qu'il m'avait réservée en plusieurs semaines, le fait qu'Angie me déteste, que peut-être madame Bertrand m'en veuille de l'avoir oubliée... Je suis fatiguée. Ai-je le droit de verser quelques larmes silencieuses? Oppressée par les récents événements, me libérer de cette tension me soulagerait. Je me donne le droit de faire pitié et de pleurer comme une vieille misérable dans mon coin. Est-ce ainsi qu'Angie m'a dépeint? Les bras musclés de Jake sont enveloppants et différents de l'homme avec qui je suis engagée sentimentalement. Trop différents. Mais qu'est-ce qui me prends! Je repousse Jake brusquement.
«Désolée Jacob... Merci... Heu... Je suis fatiguée, je n'aurais pas dû m'épancher de la sorte.»
«Woaah! Hé! On ne s'est pas roulé une pelle, on se calme! Tu es mon amie, c'est mon rôle de te consoler quand tu pleures!»
«C'est gentil mais...»
«Mais quoi?»
«Mais je crois que c'est inapproprié.»
«Inapproprié! Tu parles comme une veille bonne femme!» Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à me comparer à une femme âgée ce soir! «T'as vingt ans Bella!» Il se passe la main dans les cheveux laissant entrevoir son irritation. «Tu es belle, pleine... pleine de fraîcheur, tu es une femme intelligente... Vis, parle, chante, pleure. Pourquoi te restreindre de la sorte, hein? T'as peur de perdre Ed? T'as peur de le décevoir?»
Bien sûr! Je n'aimerais pas le voir dans les bras d'une autre. J'imagine que c'est vice et versa.
«Regarde!» Il fait un grand geste avec son bras, embrassant la salle complète pour un effet dramatique. «Il n'est pas là ce soir, même si c'était vraiment important pour toi. Tu vis des moments difficiles et il n'est pas là!» Il est sur son échappée, il serre les dents, les poings... il serre peut-être autre chose car tout son corps semble tendu. Il essaie de se restreindre mais il arrive difficilement à se contenir. «Quand il a eu besoin de toi, tu y étais? Oui! Toujours! Tu es toujours là pour tout le monde...»
«Non, tu exagères...»
«Tu es disponible, tu passes tes soirées au local pour être avec lui, avec eux. Je te vois aller avec les jeunes, tu es fantastique Bella. Tu traites Ed comme si c'était de l'or entre tes mains. Et lui? Qu'est-ce qu'il te donne Bella? Le connais-tu vraiment, hein? C'est un gars bourré de problèmes, traînant un mal de vivre qui l'a porté jusqu'à une tentative de suicide, un ex-toxicomane, un baiseur... Tu connais ce côté de ton petit fiancé?»
Mes larmes passent de la tristesse à la rage. Naturellement, centré sur lui, il interprète mal mon émotion. Il croit m'apprendre quelque chose sur l'homme que j'aime, il pense être l'homme de la situation alors qu'il ternit l'image de mon dieu grec.
«Alors voilà! MOI, je suis ici! MOI, je peux et je veux te consoler. Il n'y a rien de mal là-dedans. Il n'est pas là? Just too bad for him! De toute manière, comment... comment as-tu pu lui donner ta main si vite? Tu le connais depuis 2, 3 mois à peine! Tu vas faire la plus grosse erreur de ta vie! Vingt ans, c'est trop jeune!»
«De quel droit! De quel droit te permets-tu de me dire quoi faire, de me parler sur ce ton comme si j'avais 12 ans, de parler ainsi de l'homme que j'aime? Tu crois que je ne connais pas l'homme à qui j'ai donné mon coeur? Je connais son passé Jacob. Je sais tout. TOUT! C'est toi qui ne le connaît pas du tout! C'est ton côté compétitif qui parle, pas ton coeur!»
«Compétitif?»
«Jake! Come on! Ne me dis pas que tu n'as jamais pensé mettre mon nom sur ta brochette de conquêtes juste pour le plaisir de faire un pied de nez à Edward!»
Une lueur passe devant ses yeux mais je ne saurais la lire.
«Non, ça ne m'est pas venu à l'esprit.» Sans que je ne vois rien venir, il me soulève et me place sur ses genoux et me plaque contre son torse. La proximité est à son maximum. Il est effrayant de le voir en colère. Utilisant quelques mouvements de son bassin, il provoque une friction au points chauds de notre anatomie. «Mais maintenant que tu en parles...» Il fait danser ses sourcils. Malaise. Il y a des émotions qu'on ne peut cacher. Si son esprit n'était pas au courant, le bas de son corps l'est. Je me sens prisonnière de ses mains, ridicule et déplacée.
«Bellissima, tu sens ce que tu me fais?»
Sa voix est rauque et sensuelle. J'essaie discrètement de me libérer tant je suis inconfortable avec son comportement. Ce qui se passe sous la table reste privé mais tous voient bien que je suis perchée sur son anatomie! Il se joue de moi, je ne suis pas dupe. Que veut-il prouver? Je ne lui laisserai pas savoir que j'ai parfaitement senti l'étendu de son potentiel.
«Jake, ce n'est pas drôle. Lâche-moi. Et ne m'appelle pas Bellissima.» C'est le surnom à Edward...
Il me dépose doucement sur la chaise à côté de la sienne et la tire vers lui jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'air qui passe entre nous. Il se penche à mon oreille pour que personne n'entende.
«Alors, cette bague?»
La situation est tellement étrange. La chaleur réconfortante qui émanait de lui au début du deuxième acte s'est complètement évaporée pour faire place à la hargne en deuxième entracte.
«Tu veux bien lâcher le morceau? Je n'ai pas envie de parler de ça.»
«Tu es bizarre! Toutes les filles rêvent de se marier... en plus avec Edward Cullen! Le bel Adonis! Mais j'ai l'impression que c'est comme si tu allais à l'abattoir!» Je lui lance un regard noir et déplace ma chaise pour respirer un peu. La jalousie transpire de ses pores.
Les jeunes reprennent la scène, quel soulagement! Si cette soirée peut finir! Je ne regarde pas Jacob de tout le dernier acte. Il semble se calmer. Trop tard, toutes mes forces m'ont quittée. Je regarde, j'écoute mais je ne réfléchis plus. J'attends et je mets ma switch à off comme dirait Jasper. Je ne sens plus. Je ne sens pas que Jacob a replacé sa chaise tout près de la mienne. Je n'entends pas qu'il me parle, je ne sens pas qu'il a adouci le ton de sa voix, je n'ai surtout pas entendu quand il m'a demandé pardon... car il ne l'a pas demandé. Il aurait dû.
«Ils sont super nos poulains ce soir, hein Bellissima?»
Je n'ai plus de voix. Il me reste qu'un souffle, un soupir.
«Cesse de m'appeler comme ça Jake, please!»
Il est définitivement trop près, entièrement dans ma bulle. Je suis trop en colère pour l'incorporer. Il se penche de quelques centimètres supplémentaires et me susurre à l'oreille.
«Alors comment veux-tu que je t'appelle?»
«Get out of my space!... NOW! Jake!» Il relève la tête mais reste aussi collé à ma chaise, le sourire aux lèvres. «You are such a prick tonight! Mais qu'est-ce qui te prend? »
«Rien du tout!»
«Je ne suis peut-être pas la fille la plus en vogue mais je sais quand un homme flirte avec moi! Quoi? Tu as des besoins affectifs non comblés? T'as besoin de te faire rassurer sur ton pouvoir de séduction? Parce que tu vois, ce n'est vraiment pas le moment!»
Je sens Jacob se crisper. La même lueur que je n'ai pu décrypter plus tôt reparaît.
«Parce que tu crois que je te draguais? Vraiment Bella, si je te voulais, tu aurais visité mon lit depuis un petit bout déjà!»
Il détourne son regard comme si j'étais le moindre de ses soucis. Ah! Le goujat!
Comment peut-il passer d'un état à un autre, comment peut-il avoir cette attitude? Il se dit mon ami, me fait la morale, me traite comme une princesse et en un temps, trois mouvements, il devient le séducteur mielleux des films de série B. Comment un homme peut-il dire de tels clichés à une femme. Est-ce que ça fonctionne sur certaines? Je regarde Tanya et Élyse au bout de la table. Peut-être avec elles. Je détourne la tête et vois ses fans, quelques infirmières qui travaillent avec lui au local, fidèles au poste chaque lundi soir pour admirer Docteur Black en action sous les projecteurs. Définitivement avec elles. Et puis moi, femme d'un seul homme, loin des jeux de la séduction, loin de cette jungle d'hormones et de faux semblants. Je rejoue la scène dans ma tête, voyant Jacob refaire ses quelques lignes de macho avec les cheveux bien lissés vers l'arrière, le sourcil droit relevé, chemise de soie et parfum capiteux en prime. Hé! Poupée, je n'ai qu'à cliquer des doigts et tu es à moi. C'est tellement ridicule que je me mets à rire à dose légère... puis à dose moyenne. Ce que c'est bon de rire de soi, de l'autre! Aaaaah! Pourquoi se prendre si au sérieux, relativisons. Toute la tension qui s'est bâtie entre ces murs se libère sur le coup de théâtre que je viens de me créer. Je ne ferai jamais partie de cette comédie que se livre hommes et femmes pour tromper leur solitude. Je sais bien vivre avec moi-même, je n'ai pas besoin de consolider mes forces d'attraction pour me sentir vivante... ou du moins femme.
Il y a bien assez de malheurs dans le monde pour en remettre une couche.
Jacob me fixe d'un drôle d'air, c'est le silence autour de moi. Je sens des dizaines de paires de yeux converger dans ma direction. Rire toute seule a ses inconvénients. Une bouffée de chaleur me monte aux joues et j'applique mes doigts glacés pour masquer la couleur et faire baisser la température. Voyant mon trouble, les yeux du joli médecin se plissent de plaisir pensant probablement que ses paroles m'ont troublée. Ah! Ce n'est pas vrai que je vais laisser croire à Jacob Black que ses phrases à la noix me font de l'effet!
«Désolée! Je faisais une relecture mentale d'une conversation que j'ai eu avec un dragueur émérite et... it was so funny...» Je me remets à rire. Personne ne parle. «...and so ridiculous....». Silence total. Bella, sort de ta tête, tu vois bien qu'ils ne comprennent rien de ce que tu racontes. Ouais. Mais Jacob comprend lui Mouahahah! «Continuez, continuez.» Je fais un geste de la main les stimulant à se détourner de moi pour vaquer à leurs occupations. Je regarde mes deux comparses féminines qui me sourient, complices. De mes lèvres, elles décodent ce simple message : «Je vais prendre l'air deux minutes.»
Elles acquiescent. Je me lève. Jacob tape du talon et ne me regarde plus. Je me penche à son oreille.
«Tu peux toujours rêver Jacob Black.»
Je vais voir Bella dans... trente-cinq minutes... tout au plus... si je n'attrape pas tous les feux rouges arrivé dans la vieille ville. Bella, Bella, ma Bellissima. Elle doit dormir à l'heure qu'il est. Dans mon lit. Merde, je dois changer de frère. Emmett est trop et trop longtemps.
Trop comme dans il parle trop, il parle sans cesse. Ce soir, tout y est passé, de la meilleure saison de football qu'il n'a jamais suivie, du manque de promotion pour le soccer professionnel (comment peut-on découvrir nos talents provinciaux si on incite pas les jeunes à s'inscrire à des clubs, hein?), de la dernière défaite du Canadien de Montréal et de la démission de Bob Gainey à la tête de l'organisation (je m'en tape du hockey – entendons-nous, j'adore aller au centre Bell pour regarder une bonne partie mais l'appel de leur fameux hot-dog est presqu'aussi attirant à mon avis), du choc d'avoir une serveuse purement québécoise alors qu'il n'a jamais vu que de belles asiatiques travaillant ici, de sa vie sexuelle en déclin (ils sont passés de deux fois par jour à une fois aux deux jours – entendons-le, il pense à une thérapie), et j'en passe. Naturellement, il m'a parlé de sa relation avec sa Rosie pour m'aider à convaincre ma Bella de se marier avec moi (j'essaie juste d'oublier les détails croustillants qu'il a disséqués en long et large et assez fort pour que nos voisins de table puissent aussi en saisir l'essentiel – mais qui veut entendre les détails de la vie sexuelle de son frère!). C'est Emmett, le sans filtre. L'avantage, c'est qu'on sait exactement ce qu'il pense. En fait on sait TOUT ce qu'il pense.
Trop comme dans il mange trop, il mange comme un porc. La première tournée de sushi n'était qu'une première entrée. Il s'est senti repu qu'après quatre services, trois verres de vin (j'ai dû aller le reconduire – naturellement, je suis TOUJOURS le chauffeur désigné!), deux desserts et une facture (que j'ai payée!). On a dû faire perdre un kilo à notre jeune demoiselle avec tout le va-et-vient qu'on lui a fait subir.
Bref, si Emmett était un frère normal, ça fait deux heures que je devrais la regarder dormir.
Soupir.
Elle est tellement magnifique lorsqu'elle dort. Ses traits sont tellement délicats, parfaits... et dans son sommeil, elle ne fronce pas les sourcils, n'a pas ses petits plis au-dessus du nez parce qu'elle réfléchit (et elle réfléchit ma Bella), elle sourit souvent, a ses magnifiques boucles éparses autour de son joli minois. Et elle parle. Elle dit des choses magnifiques qui n'ont souvent aucun sens. Mon nom revient régulièrement mais Charlie aussi, et Renée (elle lui rappelle de barrer la porter, fermer le four avant de quitter la maison, de prendre un taxi si elle a pris de l'alcool). Elle me fait rire. Non mais qui connait quelqu'un qui nous fait rire même en dormant! Bella peut le faire. Elle pleure parfois. Elle a pleuré lorsque je lui ai parlé de mon passé. Mais je sais qu'elle ne dormait pas vraiment cette nuit là.
Je l'aime.
Trente-huit minutes, ça fait trois minutes de décalage sur l'horaire... pas si pire Trois-Rivières la nuit! J'aime bien ce petit patelin comparé au gros Montréal pleine d'actions et de lumières. Il faut dire qu'un allée (dans l'heure intense de circulation) et un retour (dans la culpabilité d'avoir manqué à ma promesse d'être au local ce soir – c'est souvent quand une chose se termine qu'elle nous tombe dessus) dans la même soirée, c'est épuisant. J'ai déçu Bella en n'étant pas à sa pratique ce soir. J'espère qu'elle ne m'en veut pas, qu'elle a passé une belle soirée. Je le saurai au plus tard demain matin parce que je suis enfin arrivé et que sa voiture est belle et bien stationnée devant ma porte. J'ai douté un moment qu'elle ne soit là.
Quand on espère trop, on est grandement déçu quand les événements ne se déroulent pas tels que prévus.
Contrairement à moi, ma Bella est fidèle... et digne de confiance. Je la vois mère de mes enfants, je la vois les bercer, les embrasser, leur lire des histoires avant de se coucher. Les remettre à leur place quand ils désobéissent, les consoler, les écouter, leur parler. Toutes ces choses qui m'ont tant manquées. Autant Sénior a pris toute la place dans ma tête et dans mon corps, Élizabeth est restée en dehors de ma vie. Elle n'était juste pas là, comme une mère virtuelle, une génitrice. Elle vivait dans son ombre, je n'existait pas pour elle... elle n'existait pas elle-même. Je ne lui en veux pas de ne pas m'avoir aimé, je n'ai plus de place pour ajouter une âme manquante à mon enfance. Je veux tout oublier ce qui est derrière et regarder vers l'avant. Et devant moi, c'est ma porte. Derrière cette porte, la femme que j'aime, que je veux faire mienne.
Elle dort probablement à poings fermés à l'heure qu'il est. Et moi, le chanceux, je la regarderai dormir.
C'est difficile de ne pas faire de bruit dans sa propre maison. On a nos habitudes, nos petites manies.
Je lance mes clés dans une assiette de verre placée sur la petite table d'entrée aussitôt les deux pieds dans le vestibule. Je l'ai presque fait (je ne dois pas oublier que j'ai laissé mes clés dans mes poches).
J'aime me mettre le nez dans le réfrigérateur pendant que je me déshabille pour fouiner et imaginer ce que je pourrais manger après avoir pris ma douche. J'utilise ensuite mon pied pour fermer la porte avec fracas. Pour la première fois ce soir, j'ai utilisé la poignée du réfrigérateur pour fermer la porte en douceur. Qui aurait cru qu'une poignée pouvait être aussi versatile ;-)
Esmée m'a bien élevé. Je remets toujours la lunette de la toilette en place lorsque j'ai terminé. J'ai appris à le faire à mes dépens. Sa réaction a été assez violente lorsqu'un jour elle est tombée dans le bol parce que je n'avais pas baissé le siège. Je n'ai jamais oublié par la suite. Mais quel homme prend le temps de remettre le siège en place (peu) et en plus, avec délicatesse (probablement aucun)! Chanceux que je fasse au moins parti de la première catégorie. On ne s'arrête pas à tout le vacarme que l'on produit, les hommes, pour se soulager! De base, il faut comprendre que le domaine de la salle de bains est hormonal. Pour les filles, c'est le paradis des petits pots. Pour les hommes, l'occasion d'être mâle. Tout est dans le challenge de bien s'aligner, debout l'engin en main. L'intensité dans le son que produit le jet d'urine est proportionnel à la puissance de celui-ci, la précision et à la grandeur de l'homme en question. Faire du bruit, c'est viril. La preuve? Entre boys, on laisse la porte ouverte pour montrer (faire entendre) de quoi on est capable comme quand on était petit et qu'on faisait des concours de celui qui urine le plus loin. Ce soir, j'ai fait pipi assis. Humiliant. Mais je l'ai fait pour elle.
Après une douche minute, je me suis déplacé sur la pointe des pieds, sans ouvrir de lumières, ai même réprimé des injures lorsque je me suis heurté l'orteil sur le bord de ma commode pour m'allonger à côté d'elle sans la réveiller.
«Edward?»
Sa voix n'est pas encrassé de sommeil.
«Tu ne dormais pas?»
«Je t'attendais.»
«Vraiment? Tu n'aurais pas dû, tu as cours demain matin.»
«Je n'avais pas sommeil.»
«Avais-tu peur?»
«Non, non. J'ai eu une soirée ordinaire et j'avais hâte de te voir.»
Je me tourne pour allumer ma lampe de lecture sur ma table de chevet. J'ai besoin de la regarder dans les yeux. Elle a les traits tirés, les yeux un peu rougis. Elle a pleuré.
«Qu'est-ce qui s'est passé?»
«C'était ordinaire, rien de plus.»
«Tu as pleuré, ne me dis pas que ce n'était rien. Parle-moi Bella.»
«Rien de grave, je suis un peu fatiguée, c'est tout. Ça va mieux maintenant que tu es là.»
Je m'approche et la prends dans mes bras. J'enfouis mon nez dans sa chevelure. Humm! Elle sent tellement bon. Elle est tellement adorable... et si sexy avec mon chandail en guise de pyjama.
«Parle-moi. C'est la pièce? Tanya t'a encore fait une remarque désobligeante?»
«Non, elle me laisse tranquille depuis que tu lui a as parlé. Et les jeunes ont été extraordinaires. J'ai eu un argument avec Angie et ensuite avec Jacob...»
Garde ton calme Edward, garde ton calme.
«Jacob! Qu'est-ce qu'il t'a fait?»
«En fait, je ne comprends pas trop. J'ai voulu tirer un peu d'info d'Angie et elle s'en est prise à moi, m'a insultée. J'étais bouleversée, elle ne m'avait jamais parlé sur ce ton. Jacob a été gentil, a bien vu que ça n'allait pas. Il m'a consolé et tout mais il est devenu a totally prick after that. Il ne cessait de me demander pourquoi je n'avais pas de bague, que j'étais trop jeune pour me marier et bla bla bla.»
Le salaud. LE SALAUD.
«Je suis désolé de t'avoir mise dans cette situation. C'est ma faute, j'aurais dû fermer ma grande trappe. Pardonne-moi Bella.»
«Je pense aussi que tu aurais dû... comment dis-tu cela? Fermer ta trappe? Qu'est-ce que tu voulais que je lui dise, hein? Je n'ai pas de bague parce que mon petit-ami a inventé un mariage bidon pour te la boucler? C'était tellement embarrassant.»
«Je n'ai pas inventé un mariage bidon! Je t'ai réellement demandé ta main, c'est toi qui a refusé!»
«Ai-je dit oui? Alors c'était bidon!»
Non mais je rêve! On argumente à deux heures du matin! Je n'étais pas censé la contempler dormir?
«Tu aurais dû être là ce soir. Je n'ai... je n'ai pas assuré. Ni avec Angie, ni avec les autres parce que j'étais tellement déconcentrée que je n'arrivais pas à être présente pour la troupe.»
«Je te demande pardon Bella, je sais que je t'avais promis d'y être. Mais tu dois comprendre que c'était vraiment important que je vois Emmett, je n'ai jamais le temps de descendre à Montréal à cause du local.»
«Est-ce que tu crois que j'ai du temps moi?»
«Je sais ma belle mais je suis vraiment pris dans mes engagements avec toutes ces réunions entre intervenants. Si je ne suis pas là, ça va partir tout croche et je vais perdre le contrôle!»
«Moi aussi je néglige mon monde à cause du local Edward. Je passe mes soirées là-bas pour être avec toi. Si je n'y étais pas, on ne se verrait jamais. Est-ce que tu sais depuis quand je ne suis pas allée au Saint-Ciméon?» Je l'ai rarement vu si en colère. Elle est magnifique! «Ça fait deux mois que je n'ai pas parlé à madame Bertrand! DEUX MOIS! J'ai réorganisé mon horaire en fonction de toi. Je n'ai pas fait le repas de Charlie depuis des semaines! Je demandais une soirée. UNE soirée... tu n'y étais pas! Tu sais ce qu'il m'a dit Jacob Black quand je pleurais dans ses bras? Qu'il était là lui.»
Et vlan! Une claque au milieu du visage ne m'aurait pas plus brassé. Elle me regarde, les yeux écarquillés, surprise elle-même de sa révélation. Je sens mon coeur se serrer, pomper tout le sang qui était dans mes extrémités pour se nourrir et couvrir le choc qu'il vient de subir. Je me sens le visage livide, les mains et les pieds froids. Ma Bella a pleuré dans les bras d'un autre. De lui. Je n'étais pas là pour elle. À quoi ai-je pensé, faire des plans de mariage à une centaine de kilomètres de mon bonheur alors que j'aurais dû être les bras qui l'enlacent. Du coup, je ne peux m'empêcher d'être déçu qu'elle se laisse toucher par lui. Elle sait ce qu'il représente pour moi.
«Je te demande pardon.» Que puis-je dire de plus? C'est loin de ce que j'avais anticipé comme accueil. Les sushis ingurgités un peu plus tôt remontent et je dois me lever et courir à la salle de bains pour ne pas étaler mon repas digéré sur le plancher.
J'entends ses petits pas me suivre jusqu'à la toilette. Je n'ai pas envie qu'elle me voit comme ça. Je la repousse et ferma la porte avant de me projeter au-dessus de la toilette (la lunette baissée) et régurgiter tout le contenu de mon estomac. Je m'affale sur le plancher, épuisé.
«Edward ouvre la porte.»
Une petite voix sourde, étouffée par l'épaisseur de la porte.
«Ça va aller Bella, va te recoucher.»
«Ouvre la porte.»
«Non.»
«Edward, arrête de faire l'enfant. Ouvre.»
Faire l'enfant... fais-moi rire. Je me lève, me regarde dans le miroir. Non, je ne suis pas beau à voir. J'ouvre les robinets, l'eau qui s'écoule masque la petite voix suppliante qui me demande pour la énième fois d'ouvrir la porte. Je me lave les dents et le visage en prenant tout mon temps. Je ferme les robinets. C'est le silence totale et je sens un vent de panique m'envahir. Est-elle partie? J'ouvre la porte en trombe et trébuche sur une petite boule informe sur le plancher.
«Bella!» Je m'assieds par terre et l'enlace. C'est fou comme cette petite femme de moins de 55 kilos peut me bouleverser autant! L'avoir dans mes bras, abandonnée, c'est être vraiment rentré à la maison.
«Edward!» Elle pleure, a le visage décomposé. «Ne sois pas fâché, je ne voulais pas... c'était juste une mauvaise soirée. Je suis désolée de te mettre ça sur le dos. Je ne voulais pas te faire du mal.»
«Je sais. Mais ça fait un choc d'apprendre que tu étais dans les bras de Jacob Black pour te faire consoler.»
Elle fait un petit sourire timide.
«Je ne t'ai pas dit que je l'avais aussi remis à sa place.»
«Comment?» Ça commence à être intéressant.
«Il a pris son rôle de protecteur un peu trop au sérieux. Je ne me suis pas laissée impressionner et je l'ai remis à sa place. Point. Et toi? Ça va mieux?»
«Je pense que Jake et les suhis ne font pas bon ménage.»
La tension est redescendue, nous rions tous les deux. Je lui demande pardon de ne pas avoir été présent ce soir et tous les autres soirs depuis des semaines, de ne pas avoir été à l'écoute de ses besoins, d'avoir menti à Black pour les fiançailles et que promis, demain soir on prépare un souper à Charlie et visite madame Bertrand. Fuck le local! Que j'ai pensé à elle toute la soirée et que j'adore quand elle porte mes vêtements. Bella me caresse le visage en me soupirant combien elle m'aime et qu'elle s'est ennuyée de moi. Que je suis le seul qui la calme et la fait réfléchir dans la bonne direction dans des situations telles que celle avec Angie. Qu'elle aurait voulu me frotter le dos et me passer une serviette d'eau froide pendant que je vomissais mon souper. Que Jacob est un bon ami mais sans plus, que personne ne prendra jamais ma place dans son coeur. Que oui, elle veut bien me marier si ça me fait plaisir (Ah! Non! Quand tu diras oui Bella, c'est parce que tu auras attendu cette question avec toutes les fibres de ton corps... et je sais que ça viendra. Je sais être patient, je saurai attendre...) et qu'elle serait même prête à manger de la viande si je le lui demandais (là-dessus, je pourrais la prendre au mot!).
Je dois me rétracter.
Quand on espère trop, on n'est pas nécessairement déçu quand les événements ne se déroulent pas tels que prévus. Ils peuvent prendre des tournures inattendues.
